Le Messager (Lewiston, Me.)
August 29, 1953

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Le MESSAGER MCMMf OC l'AMMCE FMMCMIBS Publié chaque jour excepté le dimanche et les (ours œ fête è M5 me Ihben. UwMm, Maine, par le Messager PubRakinf Ce-, fét 4-5795. l£ MESSAGER n'est pes financièrement responsable des arreurs typo graphiques qui changent le sens, et toute -annonce contenant une telle erreur sers publiée gratuitemenl de nouveau. IE MESSAGER se réserve le droit de refuser les annonces inadmis efele Payez au porteur du MESSAGER ê lewîstort-Aubum *54 par semaine d'avance au Bureau du MESSAOCR conformément aux régies du Service Chaque vendredi soir. fout abonnement au mois bu è l'année est payable des Postes. _ 1 MOIS SI JB S MOIS_II» MOB UN AN $4.90 MM NÔRS DS IA NOUVfUS-ANOlETEttS-SIO.OQ frtimfcn de rAMance 4n Ja um*«* France Américakia '_' Mtrad as Second Clan Matler. December 22. 1905 et lhe Port Office •I Lewitfon. Maine, under lhe Ad of Mardi 3rd. 1879. REGARDEZ VOS N’oublies pas, à partir de lundi de regarder vos billets d’un dollar pour voir s’ils correspondent avec les numéros de série que nous publierons tous les jours jusqu’à nouvel ordre, dans le Mes sager. Tous les jours, quatre de ces billets, mis en circulation la journée précédente, auront une valeur de cinq ou dix dollars alors qu’ils seront présentés à nos bureaux. Le jeu promet d’être intéressant. COTE D’AMOUR A LA BAISSE Les Américains sont peu populaires en Euro pe ils le deviennent de moins en moins, ils s en .rendent compte, ils ne comprennent pas très bien pourquoi, ils en souffrent ou s’en irritent, ils commencent à l’avouer publiquement. Au len demain des hostilités, ils ont pris en charge un continent matériellement ruiné, moralement ef« f ondté. Ils ont dépensé beaucoup d’argent pour le remettre en état; avec une générosité certaine, m»U aussi avec la conviction que la restauration européenne était une condition indispensable de l’autorité des Etats-Unis dans le monde. Mais cet te politique a été des plus maladroites dans ses méthodes d’action. Les Américains ont fait figu re de parvenus; c’est le cas de le dire, ils ont trop joué à l’onele d’Amérique! Aujourd’hui, les Européens' souhaitent plus que tout que les Aaaérieains résident aux Etats Unis! Ils s’opposent à eux sur une foule de ques tions. Eu Grande-Bretagne, ou favorise de plus 'eu plus un rapprochement avec Moscou, l’admis ■ion de' la Chine communisté aux NationsrUnies, des en^gates commerciales avec les pays situés .derrière le rideau de fer. En France, le rêve de Washington d’une armée européenne apparaît lointain; fl y a même de nombreux hommes d’E tat pour souhaiter que leur patrieabandonne la lutte anticommuniste en Indochine.^ moins quo le* Américains n’acquittent la note. La partie est dure «n Allemagne occidentale pour le «banco Ber Adrnaurr où ses principaux adversaires, les ./'.'.'sodeliries, soutiennent que la Russie ne permet-,, >>.tavi jamais la réunification de leur pnysîsi les Al- lrmands adhèrent à l’armée européenne ou aé> captent que les Etats-Unis conservent des bases ,y, militaires en Allemagne. En Italie, l’appui améri- y. eain a grandement nui à de Gaisperi; on ne par donne pas à Washington ses conversations, cordip les avec Tito, où l’on voit une menace pour IV venir de Trieste. Le KMentinent de chaque pays peut eorreo* pondre à des mobiles différents, mais le résnl» tat d’ensemble est identique. On reproche aux Etats-Unis le “MeCarthiame”, les tarifs élevés, les coupures budgétaires dans l’aide à l’étranger, la raideur systématique à l’endroit de l’URSS. On leur reproche surtout, plus confusément et sans toujours l’exprimer, de vouloir se substituer, grâ ce à leur puissance économique et militaire et à leurs ressources financières, à un vieux conti nent chargé d’ans, de traditions et de gloire. C’est là un écueil psychologique qu’il est à peu près impossible d’éviter. NOTRE FEUILLETON Le démon au visage d’ange jksa (Suite) —Comment peux-tu porter ain si Miefchior? Parce que cette jeu ne femme a voulu prendre sa pla ce d’épouse, tu lui donnes tort en approuvant des rancunes odieu ses? Je ne te comprends vrai ment pas! —Des rancunes odieuses? ré-! péta Melchior d’un ton acerbe. De quels termes oees-tu te servir? Ab! ah! je vois que cette finri queta vous avait jeté de la pou dre aux peux à vous aussi. Une dangereuse petite créature. Elle avait réussi à aveugler don Rai naldo quelque sérieux et difficile à émouvoir qu’il fût... Qu'est-ce qu’il dit de cela lui? Parait-il é prouver quelque chagrin? —Nous ne l’avons pas vu de puis le surlendemain de l’acci dent, où il est venu nous appren dre que les recherches demeu raient vaines. —Il n’a pas encore fait pré venir sa mère... Un singulier personnage lui aussi!... Anfin, on ne conserve plus de doute au sujet de cette mort? —Je ne le crois pas, dit froi dement Anne. Mais don Ralnalde n’était pas ches lui. Du moins, cette réponse fut faite la serrante. Isabelle se garda de dire A son père que, peu d’instants auparavant elle avait vu sa silhouette à la porte vitrée du salon. Le lendemain, M. de Villafer da descendit A Favigny, Mlle Fauveclare surent, par la snite, qu'il avait fait la déclaration du décès de sa femme puis s’était rendu aux Belles Colonnes où il n’était pas demeuré plus d'une demi-heure. .Deux jours plus tard le jeune comte se présenta ches ses voisi nes. Il venait leur faire ses adieux car il quittait les Baux Vertes dans la matinée du lendemain. —Vous vous installes aux Bel les Colonnes? demanda Anne. —Non, je pars pour Paris et ensuite après un court séjour à Palàmès, je compte voyager en Orient. —Dona Encan» selon, sans dou te, va aussi abandonner Favigny? Il y avait dans l'accent d’Anne une sorte d’hésitation en pro nonçant le nom dé Mine de Vil lafetrda. —J’Ignore quels sont les pro jets de ma mère. Sur cette réponse très brève, don Rainaldo resta un moment silencieux. Il avait depuis le dé but' de l’entretien une phytiono nomle presque rigide A force de froideur. Anne se demandait: Qu'éprouve-t-il? A-t-il de grands regrets? Quitte-t-il cet en droit parce qu’il né peut plus supporter dp vivre .là et elle a péri ai tragiquement? La voix de Rafépldo s’éleva de nouveau, très calme: —Croyes-vous mis. cousine que la fille de .Qéronia accepterait, de prendre définitivement,Inès-ches .elle, comme pensionnaire? —Mais je le crois. Bile à gran de estime et grande compassion pour cotte pauvre femme, Vonles vous que je le lui fasse, deman der, dès aujourd’hui? —rOni je.vous prie... Inès re fuse de quitter ce pays. Elle veut aller prier chaque jour près de ce lac.., Los paupières d'une mate blan cheur battirent un instant sur leu yeux devenus plus sombres. —Je tiens A lui donner satis faction, puisque Enriqueta l’ai mait. Vous dire* anx Géronin qu'ils fixent un large prix de pen sion qne mon régisseur aura l'or dre de leur, payer chaque tr.mee tre. De même Je pourvoirai a son entretien, a tous lés frais' de ma ladie, s’il est nécessaire. —Elle sera bien soignée par Marceline et nous la verrons sou vent Jusqu’à ce que nous redes cendions A Favtgny. Mais peut-ê tre ne supportera-t-elle pas le ru de hiver de cette hauteur? —Peut-être en effet. Mais Je crois qu’il sera bien difficile de la faire partir d'ici. Elle n’a plus sa raison très nette. On ne* peut dire qu’elle soit positivement fol le, mais elle divague parfois sur certains sujets... Don Rainaldo s’interrompit pendant quelques secondes Un ra pide frémissement venait de pas ser sur son visage. —Ce sont des idées fixes dont il sera, Je erois très difficile de la guérir. Mais Je compte sur vous, ma cousine pour recom mander aux Géronin d’être dis crets, de ne pas répéter les pro pos sans fondements de cette pauvre eréature. —Soyez mbs crainte, ni M*r celine ni eon père n’en diront mot Inès ne peut être mieux que cket eux, de toute façon. Et j'espère que peu à peu elle reprendra wou te m raison. —Je veux l'espérer aussi... A tous, ma cousine je dois de grands remerciements pour l'aide que tous m'avez donnée... et pour votre sympathie. II se levait en parlant. Sa voix prenait des inflexions ador.cies, son regard s’animait d’une émo tion fugitive. —Enriqueta avait pour vous une profonde reconnaissance, qu'elle n’a pas eu le temps de vous montrer. Votre visite, ma cousine iMbelle, lui avait fait un grand plaisir et elle m’a ourlé de vous ce soir-là. En souvenir d’elle, je vous ferai remettre un objet lui ayant appartenu, si vous le voules bien? TrOb! j'en serais si heureuse! ait Isabelle. Les larmes montaient à ses yeux. Le regard de Rainaldo s’at tarda un instant sur ce petit visa ge palpitant d'émotion. Puis le jeune homme s'inclina, balsa la main qup lui tendait Anne, serra celle d’iMbelle. En sortant de salon, U avait repris sa physiono mie fermée, impénétrable. Mpis Isabelle la porte à péine refer mée sur lui, se tournait vs-s sa tante et demandait la voix an peu tremblante. —Tante Anne ne croyes-vous pas qu’il souffre... et «u'U la' regrette beaucoup? —ul, je le «rois. y —Je me demande pourquoi E ne le laisse pas voir.:-, à nous, du moins dont II reconnaît -la sympathie. —6a sature est ainsi mon en fant... fermée, orgueUlente..v mais peut-étré-piàs-sensihle qa’en. M le.-pense. Isabelle après un court silence demanda en baissant Ustinctly»-' ment la voix: —Ke penses-vous pas qu'il .y a quelque chose entre sa mè.*e et lui? Car, sans cela, serait-il ad missible qu’il ne connût rien, comme il le dit, des projets de Mme de tfillaferda? —11 faut bien le supposer en effet. Mais quelle est l’étendue de ce dissentiment, voilà ce que nous ne pouvons savoir. —Oh! je suis si contente que la pauvre Enriqueta ait pu dé masquer la méchanceté de sa bel le-mère aux yeux de don Rainai do! s'écria Impétueusement Isa belle. Anne répliqua d’un air pensif; I —Oui... mais peut-être août* fre-t-il d'avoir, à juger sévère ment sa mèjra. XVUI Les préoccupations que la mort d’Enriqueta avait introduites dans, l'existence de Mlles Fauve elaré se trouvèrent promptement submergées par un événement inattendu pour Aubert et Isabel le, mais prévu par Anne, surtout depuis les confidences de Dona tienne. IJn matin Melchior arriva aux Eux Vertes à l’heure du déjeu ner. Aubert se trouvait là ayant réintégré le logis pour laisser à Inès sa chambre dans la maison forestière. Au cours du repas, Jd. Féuveclare se montra sec et cas sant plus qu'à l’ordinaire. Il par la aigrement de don Ralnaldo, qui n'avait pas daigné prendre congé de lui autrement que par une car te où U l’avait tracé quelques mots. '—Dona Encarnaeion resie-i-ei 1« encore 4 Favlgny? demanda Anne. —Oui, deux «n trois semaines LA-dessus M. Fauveclare se renferma dans une taciturnité dont il sortit seulement quand tous furent passés au salon où Isabelle lui servait son café: —Je suis venu vous annoncer une nouvelle Anne... et a vous mes enfants. Je me remarie. Ces mets furent lancés d’un ton 'acerbe et coupant signifiant clairement: "Et ne vous permet* tes pas d’objections, hein?” t Isabelle qui venait de s’asseoir près de sa tante, eut un léger sur saut. Aubert debout au seul] de la porte vitrée, le regard perdu dans la brume qui enveloppait aujourd'hui )a montagne, se dé* tourna si brusquement qu’il ren versa une petite chaise placés der rière lui. Seule Anne ne témoi gna pas de surprise. Mais sa vola tremblait un peu en demandant: —Avec qui done? —Mlle de Wlnfeld. plus violent et accompagné de ees plus violent et accompagné de ee mots: —Oh! ce n’est pas possible! Aubert avait tressailli. Pen dant quelques secondes, dans soc visage p&li par l’émotion doulou reuse, les roux eurent un ardent éclat de colère. Anne aussi était devenue tonte paie, bien qu’elle s’attendit 4 la réponse. —Mlle de Wlnfeld?.. Cette ék trangère? Melcbior leva les épaules. —Qu’importe Elle a dbs~benti mentq très fraaçais... et c’ept aae personne tout à fuit char 'Mante, distingués,' sérieuse,' in telligente. Doua Eacarnàclon en' tait te plus grand cas. Elis te ddte généreusement, et C'est 4 «ouM A'etU, -paur asetetgr 4 «on mariage, qu’eHe retarde de >feis f semaines son départ. —Quel, ce serait si tdt? .—Dans trois semaines exacte ment. Voue eves te temps ndeee saire pour organiser vos tcilet chapelle des* Belles .Colonnes, en •car la cérémonie se fera daos te tes...- quelque ehoee de stmpte, tonte intimité. —C’est bien. Nous aérons prê tes. Anne par en effort de volon té dominait son émotion pour fai re cette froide réponse. 4A Suivre) t r Ï***>'£> r* I rf ,-ü-» a%

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