Le Messager (Lewiston, Me.)
January 16, 1953

Historic newspapers carry the language, views and graphic reporting of their time, including racist content. They are shown to teen and adult profiles.

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Le MESSAGER MEMBRE DE L'AGENCE FRANCE-PRESSE Publié chaque |our excepté le dimanche et les lours de fête è 225 rue Usbon, Lewiston, Maine, par la Mtiujar Publishing Ce., Inc TéL 4-5735. U MESSAGER n'est pas financièrement responsable des erreurs typo graphiques qui changent le sens, et toute annonce contenant une telle erreur sera publiée gratuitement de nouvau. LE MESSAGER se réserve le droit de refuse» les annonces Ine&rtls •R>le Payez au porteur du MESSAGER è Lewiston-Auburn 25é par semaine Chaque vendredi soir, fout abonnement eu mois ou ê Tannée est payable «devance au Bureau du MESSAGER conformément aux régies du Service des Postes. I MOIS „.TTr-TT-T $1.00 MOIS $4.50 3 MOIS_$2.25 UN AN-ÇS.00 MORS DE IA NOUVEUE-ANGUtERRE $10.00 Mimhrj de l'Alliance des Journaux fronce Américains fentered et ““.cond Class Mener, Decamber 22. .1905 et the Post Office gt lewiston. Maine, under the Act of Merch 3rd. 1879. •ACCIDENT BIZARRE Noos savions depuis longtemps qu’il était pos sible pour des chevaux de prendre le mords aux dents, mais nous ne savions pas qu’il était possi ble pour une locomotive de faire la même chose. Si le plancher de la gare de Washington avait été plus solide lors de l’accident bizarre hier matin, le train aurait pu continuer son chemin et se ren dre jusqu’au capitol dont il n’était'pas très .éloi gné d’ailleurs. NOUVEAU RECORD DE SURETE Notre population sè doit un compliment. Pen dant l’année qui vient de s’écouler il y a eu moins de fatalités de route dans le Maine que pendant les années précédentes. Les records indiquent que 137 personnes ont perdu la vie à cause d’ac cidents d’automobiles. Cela est un bon record, mais ce n’est pas un record assez bon. Certaine ment, les familles de ces 137 familles ne croient pas que le record est assez bon. Nous pouvons faire beaucoup encore pour réduire le nombre des accidents de la route. Prenons la résolution d’être plus prudents pendant l’annéè courante. IB RAPPORT BIRD Le journal du matin de Portland publié aujour d’hui dans son entier le rapport Bird à la Légis ’r' lature sur son enquête dans les activités de liqueur dans le Maine. Malheureusement, le rapport est tellement long qu’il faudrait à notre personnel limité des semaines entières pour en faire la tra duction. Nous en donnerons cependant les extraits les plus intéressants. Une bonne partie du con tenu du rapport est déjà connue du public, par ticulièrement ce qui a rapport à l’audience pu blique d’Augusta, ainsi que les procès en cour supérieure. Dans le rapport de i avocat Bird, ancien agent du FBI, il défend l’attitude et les déclarations de Herman D. Sahagian de la Fairview Wine Corpo ration comme étant véridique. Il critique le Séna leur (ex-gouverneur) Frederick G. Payne, parti culièrement à cause de ses relations très amicales avec Frederick et Nicholas Papalos, tous deux trouvés coupables en cour de corruption. Une grande partie du rapport est consacré à cette cri tique de Payne, alors que Bird compare le témoi gnage rendu par Payne en cour et aux audiences publiques avec des faits connus et le témoignage d’autres témoins. Le nom du Sénateur Margaret Chase Smith est mentionné dans le rapport. Au cune accusation n’est portée contre elle, mais il fait ressortir son amitié avec les frères Papalos et il y a mentions de visites rendues par elle au ma gasin de télévision de Fred Papalos à Boston. Sahagian a trouvé un défenseur en la personne j de Bird. Dans son rapport il déclare que les faits indépendents découverts au cours de son enquête indépendants découverts au cours de son enquête son témoignage, que l’embouteilleur de vin de Gardiner avait toute raison de croire qu’il payait de la “graft” pour garder ses produits sur les ta blettes des magasins de liqueur de l’Etat* w Feuilleton du Messager Le Prince Blanc f3 (SUITE) —Mais cela n'a pas l’air de lui faire plaisir de le retrouver! observa-t-elle devant le visage bouleversé de Marilou. Pourtant il est très bien! Pendant ce temps, M. de Cas teirac, secondé par sa femme af fable et charmante avec un soup çon de condescendance, s’émer veillait d’une telle coïncidence. —Par exemple! Vous vous con naissez... Mais tu ne m’en as rien dit, petite cachotière... Que c'est amusant! —Comment voulez-vous que votre fille puisse vous en parler, mon ami? Elle ignorait le nom de votre invité? Mais il faut nous raconter un peu, Marilou... Mais Marilou ne semblait pas prête à expliquer quoi que ce soit. Elle demeurait obstinément silen cieuse avec, pour envelopper le jeune aviateur, un regard où to.i* un monde de pensées farouches semblaient se jouer parmi les paillettes d’or. Et ce fut lui qui expliqua, avec une bonne gr&ce cna> mante: —Notre première rencontre fut le fruit du hasard, comme celle ci. Il y a deux mois, mon appareil me '.a sss en panne au-dessus de '.a propriété où Mademoiselle ar rosait ses roses... J'ai gardé de l’accueil que me firent Mme Cts teir&c et sa petite-fille un sou venu plein de gratitude charmée! —C’est charmant! dit avec une douceur insinuante Eisa de Cas teiiac. Ainsi, vous allez vous trouver en pays de connaissance e* r.oins dépaysé dans ce vt'tege où vous n’avez nulle relation! —Or nous souhaitons que vous vous y plaisiez, mon jeune ami! fit avec une rondeur un peu af fectée M. de Casteirac; il -faut con considérer cette maison com me la vôtre. Ces enfants ne de manderont qu’à vous piloter dans le pays. Jim est une excellente ra quette, mes filles aussi, d'ailleurs Quant au garage, U renfer me trois autos et vous pourrez en disposer quand boa vous semble ra, A votre gré, mon cher! .Nullement intimid Michel ac ceptait ces témoignages d’amabi lité sans la moijdre srprise, sem l'.u'i-il, et même avec cette di gui't aristocratique qui semblait toujours condescendre plutôt que recevoir. M. de Castelrae le sentit et net ttiaent qu’il perdit pied un mo ment dans sa bonhomie voulue, s'embrouilla et se tut, déconte !iu«*é sous le renard indélinis **ble, à la fois souriant et invo lontairement hautain de son nou veau collaborateur. Comme s'il n’attendait que ce la, Michel en profita pour se re tourner vers Marllou qui demeu rait silencieuse, tandis que M. de Castelrae chuchotait k sa femme —Mais c’est qu’il est vraiment très bien! Un bon chic, une allu re... très, très bien... Entre ses dents luisantes, Eisa glissa d’un ton à peine percepti ble: —Presque trop! On sent une personnalité sous ce regard... Il fallait toujours à M. de Cas rac un certain temps pour com prendre. Il s'effara tout en sui vant sa femme vers la salle à manger: -—Comment? Trop bien? Mais, ma chère, je ne vous comprends pas. Derrière eux, très à l’aise, le jeune pilote faisait revivre près de Marllou ses souvenirs de Golfe Juan. —Dltes-mol, Mademoiselle, est es que vos roses n’ont pas trop souffert après mon départ. N’ont elles pas refusé l’eau polluée par H? I I I mon “amérissage” forcé? —Mais enfin, fit Eddy en se mêlant à la conversation, nous I expliquerez-vous comment vous vous êtes connus an juste? Avec une gentillesse pleine d'entrain, Il leur raconta l’aven ture en détails. Jim, passionné, se mêlait à la conversation, Eddy ap prouvait de son joli regard rê veur. Seule Marilou, murée dans un silence farouche, semblait au martyre et jetait par moments sur l’innocent aviateur des re gards noirs où l’or ne jouait plus qu’en fulgurants éclairs. Pendant tout le repas, elle de meura ainsi, concentrée, silenci euse, absorbée semblait-il dans une rêverie douloureuse et, à plusieurs reprises, eMe sentit pe ser sur elle le regard surpris de Michel, tandis qu’il bavardait a vec son frère et sa soeur. Pauvre Marilou, entre les cu riosités inquiètes de son père Jim et la silencieuse surprise des et de Mme de Casteirac, l’étonne ment d’Eddy, les taquineries de regards du jeune pilote, elle se débattait dans une sorte de pa nique intérieure bien pénible. Trop de questions, de sujets d’étonnement, de méfiance et d’indignation assiégeaient son esprit pour qu’elle pùt prendre la moindre part la conversation légère, mondaine. Elle ne pouvait encore parvenir à comprendre comment Michel était là_elle ne pouvait croire qpe ce fût à lui qu’on destinait l’odieuse comédie, le guet-apens sentimental qui, dès la première minute, avaient révolté son Ame droite et son esprit honnêtee. Certes, elle avait été indignée quand elle avait compris quel rôle sa belle-mère entendait lui faire jouer, à défaut de sa soeur, auprès d’un inconnu désarmé, dans un dessein qu’elle ne pouvait deviner; mais qu’elle sentait obs cur et grave... Mais l’idée que c’était ce garçon charmant, qui s’était montré envers elle si franc et si ^sincère un soir, qui allait être la proie des manoeuvres de l’aventurière que son père avait introduite sous leur toit, la bou leversait. Et elle se jurait bien de ny participer en aucune fa$on: Ah! Moins que Jamais! Moins que jamais! se répétait-elle, avec une sourde indignation. C’est dé jà bien assez que je ne epuisse l'avertir, le mettre en garde con tre ce qui se trame, puisque je l’ai juré à Papa... Mais qu’est-il donc venu faire ici? Pour quelle raison, lui qui était pilote d’es sais d’une autre maison^ est-il venu chercher dans celle-ci nn poste différent, à ce que je com prends... Aussi, dès que, le café servi sur la terrasse, elle put s’isoler un peu, elle gagna les marches qui descendaient au jardin. Elle vou lait calmer le bouleversement de tout son être, se reprendre un peu... Elle tressaillit lorsqu'elle entendit une voix câline qui disait près d’elle: —Vous n'êtes guère bavarde, ce soir. Mademoiselle Marilou? Elle riposta, involontairement agressive: —Je re le suis jamais ici au tant qu’à Golfe Juan! -—Je regretterai souvent, alors, le temps de Juan. —Vous n’en aurez guère le soi sir, je pense. Car si j’ai bien com pris, vous allez être.... Une certaine raideur passa dans le ton de la voix qui ré pondait: —L’employé de Monsieur votre Père, oui. Mademoiselle. Vous a vez fort bien fait de me rappeler ce détail que m’avait presque fait oublier jon accueil si charmant, 111 f h u i 11 i I h r !l!l !î si aimable, ainsi que celui de tou* te votre famille. Elle comprit qu’il était blessé et mettait sur le compte de cette nouvelle situation, peut-être, son changement vis-à-vis de lui. Ins tinctivement elle protesta, la voix étouffée: —Oh! Vous ne croyez pas, tout de même?... La même voix froide riposta: —Je n'ai rien à croire, Made moiselle. Je m'en rends parfaite ment compte soudain. Je saurai rester à ma place. Ne craignes plus de ma part de nouvelles et intempestives réminiscences d'un Jour où je fus près de vous en égal, votre hôte! Elle essaya de protester en core: —Mais .ce n'est pas cela, Je vous le jure! Seulement, je me demande un peu comment il se fait que j« vous retrouve ici.... —Comme ingénteur à l'usine devM. Casteirac? Ma foi, tout sim plement parce qu’on m’a offert cette place que je n’avais nulle raison de refuser! —On vous l'a offerte? répéta t-elle, replongée dans un abîme de perplexité. Elle sentit que, dans l'ombre ctaire, il la regardait de côté avec un étonnement déçu. —Mais oui! Je ne l’ai pas solli citée cependant, lorsque le nom de cette firme, connue et ap préciée dans le monde de l'avia tion, me rappela notre charmante camaraderie de 4>olfe Juan, je n'ai pas eu l'idée de refuser... peut-être ai-je eu tort? —Mon Dieu! fit-elle navrée soudain à l’idée de se découvrir une responsabilité môme indi recte dans cette aventure qui'ré voltait son sens droit et honnête. Mon Dieu! Ce n’est pas à cause de mol que vous avez accepté, au moins? C’est que ce serait déso lant, voyez-vous! Elle ne se rendit compte de l’é trangeté de cette exclamation que lorsqu’elle l’eut proféré, en devi nant le haut-le-corps qui raidis sait à côté d’elle la haute silhou ette. Et ce fut une voix glacée, cou» pante comme une lame d’acier, qui tomba entre eux: —Mais pas du tout, Mademoi celle... Je n'ai oaj eu un instant celle idée, rassurez-vous... pas plus que vous n'avez eu celle de me taire offrir cette place par voire Père, certes! —Oh! non! Non... protesta-t elle. Surtout pas cela, il ne faut pas le croire... pas cela! Elle était soudain éperdue la pensée qu’il avait peut-être pu le supposer. Mais, du même ton froid, il murmura: —En vérité, Mademoiselle, vous semblés attacher à ces cho ses une importance bien dispro portionnée! —C’est que... je ne- voudrais pas que vous puissiez le croire. ...et en tirer quelque con clusion trop flatteuse pour un pauvre diable comme moi? Non, non, soyez tranquille... Je n’ai pas une telle fatuité. —Ce n’est pas cela,' fit-elle malheureuse et ne sachant com ment effacer ce que son attitude pouvait avoir de blessant pour qui ne connaissait pas le senti ment qui la dictait; mais, vous comprenez, l’idée ne m’en serait pas venue... Je vous croyais pi lote d’essais simplement, moi et —Je suis aussi ingénieur, Ma demoiselle, et même inventeur. Je vous l’ai confié en une ininuto d'abandon et... <A SUIVES) il ÜÜiiiiÜllii! i n i M i II!

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