Le Messager (Lewiston, Me.)
June 24, 1932

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0 14 pages S Je Annee INo.4» ‘■M LE MESSAGER, LEWISTON, MAINE, VENDREDI, 24 JUIN 1932 L’ŒIL Dimanche malin, pendant la para de de la Ht-Jean-lïaptlste, on pourru voir faeilenient s'il y a bien de» “t'anayens" malades ou infirnies l> sera facile de les compter, parc* qu'on les verra sur les trottoirs an lieu de les avoir clans les rangs. Il est vrai qu'une parade sans sjiecta leurs, ce n'est pas encourageant mais qu'on se rassure, il y aura as ses de concitoyens des antres natio nalités isur les trottoirs ou aux fe nêtres, pour voir le défilé, sans qu’il y ait de nos prétendus "compatrio tes" stationnés dans leurs automo biles le long des rues ou encore de bout prés des maisons. Dimanche, si on ne marche ]ms dans la |NU-udc, c’est qu'on sera malade ou qu'on viendra de prendre une purgation! Des hommes, c’est fait pour mar cher! L’ex-maire Drann a reçu, -lun di, un vote populaire qui prou ve que loraqu’inne ville est unie, ça compte pour quelque chose. M. Dû-bord, de non côté, a prou vé à un grand nombre que -les "p'tlts Canayena". même danu le Maine, peuvent obtenir -un gros vote, même .pour gouver neur. Trois liourrahii pour Bran.n et Dubord. Si vous îi'ctcs pas encore allé voté à la porte de l’hôtel DeWitt en fa veur ou contre la Prohibition, aliex y de grand coeur. Il ne vous en coûtera rien si vous ne voulez rien donner, mais votez quand même, c'est ça qui compte le plus. Avec les vêtements féminins transparents eomrne on en voit à chaque mil mite de la journée, Ic3 RayonB-X n'ont plus leur raison d'être. 'Le soleil o-u la lumière du jour produisent le même -résultat. Des novateurs viennent d’établir un service «le bateaux-taxis sur la rivière Tamise à I/ondres. On pour rait difficilement faire la même cho se sur notre Androscoggin, bien que notre rivière s«ilt pleiue «l’eau." Il faudrait absolument et au t£ plus vite possible découvrir quel «taInt invoquer pour ob-te i> nlr de la- pluie, sans ça les -peti te*! patates ne seront pas groa ms. ifs Hm fthiail^ rt^Vra'Twk ont volé victoire n NcliMcIinK, muta tout même ce dernier ne devrait paa lamenter car il parait que su part des bénéfices est de 9173,425, tandis que Hliarkey, le soi-disant vainqueur n’a reçu que IjtHfl, 1OO. Sur 25 box eurs de renom consultés, 21 ont r Crile, de Cleveland, vient de dé clarer que le goitre était le oi gne d’une intelligence haute ment développée. loi Presse Associée nous H|i|Hrml que }I, Aristide Itriand, le premier* ministre de France mort récemment, n laissé une fortune de $3,1)00! ("est scandaleux, épouvantable! Quel MAUVAIS exemple pour les po liticiens américains qui en un ou deux termes d'office se retirent avec •les fortunes de six, sc|»t et souvent huit chiffres! Tandis que durant tou te une vie de sacrifice au service de sa put rie M. Itriaml n'uvait accumu lé que trente-six cents dollars, à |H‘i ne de quoi vivre pendant un un uux Etats-Unis! la*s Français devraient avoir honte d'être aussi arriérés et de posséder de telles idées sur la vé ritable HONNÊTETÉ MODEKXE! Le gouvernement d'Ottawa nous apprend que le Canada a exporté 140,000 gallons de whis key durant le mois de mai. J jeu -prohibit ionnistee devraient bien essayer de découvrir ei cette boisson défendue a été envoyée au pôle nord. ou vers le sud. L'ami Norman Thomas, rédacteur sportif du la-wiston Journal, mas de véritable traduction en anglais. Que |>enscrait-U de “nions trous errors”? Qu'importe, “Norni' conviendra avis- nous que l'affaire IJndbergli, la i’roliiliition, les gang sters etc. font des Etats-Unis la ri sée de tous les pays qui ont un tant soit peu de sens commun, t'e n’csi pas notre faute à nous, ni à l'ani Thomas, si la nation umérlciilne est ■naïade, t’e n'est pas en cachant soi défauts qu'elle guérira. Nous ai mons bien les nombreuses qualité) qui la caractérisent, mais elle a dis défauts en maud Il y a uni chose qu'elle fait bien, ce|iendaut ci sont ses records sportifs iiiuit pas celui de Sharkey! O'allleurs dans ses "S|N>rt Banda iclics”, l'am Thomas est avec nous eu reconnais sam que la remontre Krhnicling Sharkey n'a pas été juste. Nous soin mes «loue en bonne compagnie!

I.» formation d'un gentleman re quiert trois générations ou dlx-l»uit leçons de danse. LA CONVENTION DÉMOCRATE S’OUVRE LUNDI LA SAINT-JEAN-BAPTISTE DIMANCHE, A STE-FAMILLE Programme complet de la célébration.—Ordre de la Parade et itinéraire—Détails de la soirée à Thôtel de ville Les différents comités de la ligue des sociétés de langue française de Lewlston-Auhurn préposés à organi ser la célébration de la St-Jean-Bap tlste ont terminé leur tâche, non sans être satisfaits des résultats qu'ils en attendent. La célébration, cette année, aura lieu â t’église Ste-Famille. Déjà l'on peut voir nombre de résidences pa voisées grâce au travail individuel ou à rtnltia:ive 'du décorateur Grif fin. La Parade Le matin, il y aura grande parade avant la messe à Ste-Famille. Le rassemblement se fera dans le raie municipal, à 9 heures et aura pour centre la fontaine du milieu. Le co mité nous prie de bien recommander 1‘i -Æ M. Ll'CIEX LEFEBVRE l’irMdrnt de lu Ligue dos Sociétés à tons les groupements, sans excep tion, de se rassembler dans le parc à 9 heures, car 11. est bien entendu que le départ se fera à 9 heures 39 précises, et non pas plue tard. Le commandant de !n parade sera le capitaine Cléophas H. Morin, de li Oarde Nationale, oganisatioti où la discipline est à l’honneur, Pone. à 9 heures 30 précises, la parade se met tra en branle et les sociétés qui ni seront pas prêtes devront se rendre seules à l'église. Aucun retard ne se ra toléré. Voici quel sera l'ordre du rassem blement: l-a première division prendra ses rangs dans le parc, face à la rue Chestnut la 2e, en haut de la fon taine; la 3e. à droite de la deuxiè me division, dans l'allée de la rue Middle; la 4e, à gauche de la 2e di vision. dans l'allée de la rue Knox.— Les autos se tiendront sur la nie Purk, du côté est, la droite reposant prèe Foyer Muni cal, organisation féminine de Lewlstoin et Auburn qui s’occupe de musique et littérature, donnera un thé à l'hôtel DeWltt de 3 à 5 heures dimanche après-midi en l'honneur de Monseigneur Camille Roy, P. A., de Québec, un des Invitée du jour. Mlles Alberto Gaatonguay et Charlotte Midland du Foyer qui (A suivre sur lu Oc |sige) UN BEAU GESTE Lu main* F. llarold Dubord, de Waterville, «pii était candi dat démocrate à la nomination pour gouverneur, aux primaires de lundi, nous adresse ce qui suit “Je suis très flatté du vote que j'&i reçu à l’élection primaire démocratique. Je suis particulièrement heureux du vote qui m’a été donné dans ma ville et mon comté. A tous mes amis et parti sans. de partout, je désire exprimer mes sincères remerciements. J'ai déjà adressé mes félicitations au juge Brann et notre travail maintenant est de l’élire en septembre, avec une Législature dé mocrate.” Voilà certainement, de la part du maire Dubord, un geste (pii vaut d’être souligné et (pii prouve un bel esprit de renoncement en même temps qu’un vrai coeur démocrate. M. Dubord n’y perdra pus, c'est certain. L’Indignation de ces Journaux Le retard du procès dej Gorgulov soulève dej vifs commentaires PARIS. 24—(Ü.R>— De nouveaux retarda dans lo commencement du procès de Paul Gorgulov, l’assassin du président Paul Dauraer, soulèvent I de vives critiques ‘dans les journaux français, lis font remarquer que lo hommes, jusqu’à Tengkow, oû il re cevrait l’hospitalité d'un des amis du général. De fait, la nuit qu’il passa chez cet ami sûr, le bouddha vivant fut asnasslné par les soldats qui l’a vaient accompagné: ces derniers s'emparèrent des fusils, des mitrail leuses, et des bagages de leur victi me, et s’enfuirent. I*es autorités np semblent pas s'émouvoir outre niesu re de coup prémédité, et les ban ditn n’ont sans doute rien à craindre, tandis que le corps du bouddha, que l'on conserve dans le sel. s’achemine vers Koukounor. où il sera enseveli dans la lamasserie avec tous les hon neurs prévus.

t'ne mort tragique Sorel,, 24—Lucien Ijatour. 30 ans. père de famille, de St-lgnace de Loyola, employé comme journalier aux chantiers maritimes lu gouver nement. à St-Joseph de Sorel. s’est noyé accidentellement en travaillant sur la drague N’o. 12. sur le S!-Lau rent. à la traverse Bée:ncour. Il a vait été enviv* le« Démocrates à propos de cette même question. N'ayant pas réussi à faire quelque chose de bien eux-mêmes, les répu blicains espèrent sans doute que les démocrates feront de pareille© bé vues et si cela arrive, 11 est très évi dent que les chances d’une victoire républicaine seront grandes. Jouett Shouse, secrétaire exécutif de comité national démocratique, a récemment 'établi les quartiers géné raux du Comité à l'hôtel Congres», à peine quelque» heures après l'éva I cuatlon du même local par les ré publicains. D'après lui, les démoora tes iront un peu plus loin que leur» adversaires au sujet de la prohibi tion mais 11© ne favoriseront pas I complètement le rappel. La planche pour le rappel, qui sera présentée I après les débats de 1a convention consistera en une déclaration brève, à point, et elle engagera le parti an principe de sou mettre un nouvel amendement au peuple, exigeant que le contrôle du commerce des liqueurs soit laissé aux Etats, et garantis sant la protection aux Etats Secs. St Sj un tel plan était adopté, le gouver- il nement fédéral n'auralt pas le pou voir de se mêler des affaires d'un '-/i Etat humide. k CHANCE DE CHICAGO? CHICAGO, 24—(U.R)—Les candi dats mis en nomination aux couve n fions politiques de Chicago ont ga- gné les élections, dans la 'majorité des cas, dans le passé. La convention républicaine ayant eu lieu loi la semaine dernière, et !a convention démocratique ayant lieu Ici également la semaine pro chaine, la "chance de Chicago” tra vaillera peut-être des deux côtés et aura pour résultat une course très contestée. La convention répulblicailne fut la 16e et la convention démocratique, la 17e tenues à Chlcago depuis 1860. Neuf des 15 '‘tickets” mis en noml- rit; nation Ici ont gagné, dont «ept sur 10 étaient républicains, et deux sur quatre étalent démocrates. Le tickst choisi à l'unique convention du par ti progressiste tenue ici a perdu. La convention républicaine de 1860 avait mis en nomination Abra ham .Lincoln pour président, et Hah nibal Hamlin pour vice-président. Ils furent élus. OjOns ne la oerniere oouveiM-ioii a Chicago, en 19 20, le» républicains nommèrent Warren G. Harding pour président et Calvin Coolidge pour vice-président. Ils furent élus. Voici au ou jet des autres conven tions de Chicago: 1H04-—«Démocrates George B. McClellan pour président George Hunt Pendleton pour vice-président. Défaits. 1H68—Républicains—U. S. Grant f v pour président; Schnyler Col/ar pour vice-président. Elus. IMtO—Républicains James A. Garfleld 'pour .président; Oheeter A. Arthur pour vice-président. Elus. 1884—Démocrates—Grover C lo ve I a n.1 pour .président; T. A. Hen dricks pour vice-président. Elus. 1884—Républicains James G. Rlaine pour président: John A. Lio gan pour vice-président. Défaits.» 1888—Républicains Benjamin Harrison pour président: Devi P. orton pour vice-président. Elus. IHOS—Démocrates—Grover Cle veland pour .président; Adilal E. Ste venson pour vice-président. Elus. 1800—Démo<'rate» W'illiam J. Bryan pour président: Arthur Sew ali pour vice-président. Défaits. HMH—Républicains Théodore Roosevelt pour président; Charles W. Fairbanks pour vice-president. Elus. J008—(Républicains—William H. Tatt pour 'président; James S. Sher man pour vice-président. Elus. 101‘2—.R|âp ii bltioai ns—W111 lam H. Taft pour président; James S. Sher man pour vice-président. Défaits. 101*2 Progressifs Théodore Roosevelt pour président; Hiram W. Johnson pour vice-président. Défaits. 1016—'Républicains—Charles E. Hughes pour président; Charles W. Falrbanks pour vice-président. Dé faits. RECEPTION A RITCHIE BALTIMORE. Md. 24—'Hier soir, une foule de citoyens enthousiastes ont fait uno réception magnifique au gouverneur Ritchie, A l'occasion de i;a candidature à la présidence dce Etats-Unis, en vue de la convention nationale démocratique qui s’ouvrl ra lundi, à Chicago. ■Le gouverneur a été l'objet d'une ovation prolongée lorsqu'il fut invi té 4 adresser la parole. Il s’est dé claré carrément en 'faveur du rap pel de la Prohibition. Le gouverneur Ritchie a dit aussi qu'il était temps d'enlever à la bureaucratie de Wash ington l’Influence néfaste qu'elle ex erce sur 1e système scolaire natlo i ual. Roosevelt ALBA.N’Y. N. Y., 24—(U.PJ—frank lin D. Roosevelt aime à se dire un "fermier". Possédant un record de travail ac compli dans la vie privée et diplo matique, H fut suprêmement heu reux, il y a plusieurs années, parce qu'une récolte expérimentale de ci trouilles qu'il avait cultivées i. Hyde Park fut vendue à profit sur le mar ché de New York. Roosevelt est né sur la ferme de son père à Hyde Park, en 1882. Thé odore Roosevelt, un cousin éloigné, était déjà actif en politique. Plu* tard, lorsque “T. R.” (comme le gouverneur aime toujours à appeler son distingué parent) était prési dent. le Jeune Krankltn était un vi siteur fréquent à la Maison Blan che. Sa familiarité avec W'ashington est plus qu’académique. Comme 11 revint à Albany comme gouverneur, tans l'environnement familier de l’é diftce exécutif, où U Jouait avec ses cousins durant le terme de Théodore Roosevelt comme gouverneur, de même le gouverneur actuel alla à Washington comme assis tant-eecré A «livre eur 1* 9e psfe) _•

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Quoi de Neuf? «III. É.III I 1i6b chapeaux de plage deviennent de plus en plus grands, si l’on s'en rapporte aux récents modèles. Ce «ont des chapeaux mous, très pitto resques et assex jolis pour tenir leur place avec» les parapluies de plage les plus gais. Le chapeau illustré est fait avec paille rude, de ton nou veau vert. On a Retrouvé le Chef Gauthier Son cadavre flottait de pois 98 heures sur Ton de noire MONTREAL, 24— C’est, flottant 'entre le quai de béton et la paroi de la cale-sèche qu’une triple explo alon éventralt vendredi matin, que le cadavre du chef Raoul Gauthier fu’ découvert, mardi matin. Le scaphandrier Sylvestre Cormier avait quitté les lieux à minuit aprè3 un dernier plongeon dans le réser voir No. 8 du lugubre “Cymbelfne” dont le désastre rappellera toujours le Souvenir des 26 victimes de la ptu.s gigantesque catastrophe jamais ar rivée dans le port de Montréal. Une équipe de nuit composée d’un grou pe d'ouvriers de la Canadien VIcker* et des pompiers O. Laberge et R. Du CBppe. sous les or ires du lieutenant Watson, continuaient des rechercher sommaires, qui en chaloupes, portant des phares puissants, qui avec der grappins rftclant le fond des réser voirs. Tous ces hommes songeaient -,,à découvrir “le chef”. Le calme lourd régnait sur le bas sln de la Vickers lorsqu’un cri re pentit. C’est Charles Bray, employé de la Vickers (dock fireman) qui vient d’apercevoir flottant entre le quai et la cale-sèche une forme noi re sur laquelle les reflets lumineux des phares jettent des lueurn fauves. Vivement des chaloupes sont ame nées. Les pompiers Duceppe et La herge du poste 4 4 examinent avec at tention ce cadavre que l'on tire main tenant vers la berge. Mais commen* reconnaître les traits de cette fac-1 qu’une huile couleur d'encre a souil lée! La découverte du cadavre a mis en branle tout le système de commu nications. Bientôt voici le fourgon •de 4la morgue, puis le chef adjoint Careon, le chef Doolan, 'Puis le Dr Lafleur. Le cadavre est maintenant remis aux officiers de la morgue. Déjà, il a été reconnu car la va reuse de caoutchouc entr'ouverte a laissé voir les boutons de l’uniforme. C’est le chef, c'est lui! Par une ironie du sort qui s’est montré si cruel ces dernières heures. 11 est le dernier des sienu à sortir de l’onde. Dans quelques heures, il les retrouverait dans leur tombe, aux quartiers généraux d’où, l’autre jour, il s’élancait le premier comme tou. jours. vers sa fin! L’état du cadavre Lorsque la dernière explosion de la cale-sèche eut lieu, !e chef Gau thier était debout sur la passerelle de la cale-sèche juste au-dessus du foyer de l’explosion. Plusieurs ru imeurs circulaient à- son sujet. Les uns prétendaient avoir vu le chef Oauthier projeté dans l’espace. Plusieurs avaient exprimé la crain te de ne retrouver le cadavre da chef Gauthier que dans un état de mutilation qui le rendrait 41ffictle à identifier. La réalité est moine désolante: le cadavre du chef Gauthier n’eet pas mutilé. Le visage et les mains ont 4té brûlég mais les Vêtements ont pro tégé adéquatement le corps. Cepen dant, te séjour 'prolongé dans l'eau et l'huile a boursoutflé et dilaté le3 chairs et surtout gonflé le corps. Lomque le travail de l'embaumeur fut achevé la dépouille mortelle était fort bien reconnaissable. -:o: Ils Ven Allaient aux Funérailles Un pompier d’Ottawa est tué en se rendant au service des victimes de Montréal MONTREAL, 24 Le pompier Edouard Lacroix d’Ottawa, s’est tui dans un accident l’auto à sept milles de St-Eustache. Quatre pompiers d’Ottawa étaient en route cour Ici ufln d’assister aux funérailles du chef Raoul Gauthier et de troto autres pompiers de Mont réal, qui perdirent leur vie dans le désastre survenu à la cale-sèche Vic kers ici. Leur automobile, quittant subite ment la route, frappa d'abord un petit arbre, puis un plus gros, et ca pota. Le 'pompier Lacroix, assis dans le “rumble seat” de l'auto, fut tué raide. Ses compagnons ne furent pas trop blessôi. L'aecl.lent e’est iprodult quand le pompier Marcostie qui conduisait, voulut lever le pare-brise à l'avant de sa machine. Le pompier Lacroix a sucenmbé il une fracture du crâne. Il était âgé de 35 ans. Les autres blessés sont: Aylr.ic" Weedmarck. 25 ans. blessures à la tête, et choc nerveux: Lomé Murcoo tie, 30 ans. contusions et choc ner veux; Armand Fagé, 29 ans, choc nerveux et contusions. ■-:o:.— Médaille Vail Jameft J. Geagan. Jeune employé de la New England Téléphoné Telegraph Co. est un des gagnant» d'une des deux médailles nationales Vail accordées cette année pour Ber vice distingué. L'autre récompense va à Richard C. Ilsen, de la New York Téléphoné Co. à Chicago. Chacun des deux re cevra une médaille d'argent et un honoraire de $250. Ceo récompenses sont accordées haque année par un comité repré -entant le fonds Souvenir Théodore X. Vail, établi en mémoire du pre mier président de l'American Télé phoné and Telegr&ph Company, et elles ont pour but de reconnaître les actions qui illustrent notablement l'idée qu’avait iM. Vail du service public. Le jeune Geagan, qui demeure à Charle&town. Mass., a préalablement reçu la médaille de bronze Vail, de sa propre compagnie, ainsi que la reconinataoance de la part d’autres agencée, comme résultat de sa con duite durant l'après-midi du 30 juil let 1931, pendant ■qu'il travaillait dans les cours de chemin de fer à ia North Station, Boston. Ce jour-là, j grâce à une endurance extraordinai re et à urne volonté déterminée, il sauva un scaphandrier qui allait se noyer. Quant à Olsen. il fut la cau se directe qu'un bandit armé qui me naçait la caissière d'un établisse ment fût arrêté par la i>oMce. -:o: Faut-il Etre Sévère? C'est là une question que l'on me pose souvent, au cours de ces con versations que tiennent bien volon tiers les femmes entre elles, alors que les jeunes mamans demandent aux vieilles, dont je suis, des con seils—qu’elles ne suivront pas— pour l’éducation de leurs enfants. Faut-il être sévère? Je ne sais plus qui a dit que l'é ducation des enfants ne pouvait être l’objet de règles uniformes, les Partout où vous allez, vous trouvez ee malt é toujours recommandable Même le bébé préfère le Blue Rib bon Malt—mais, sans doute, 11 tient de la mère. Et la mère sait qu’elle peut se fier sur sa haute qualité, ex actement la même chaque fois qu’elle en achète. Pour une bonne raison. Ee contenu de chaque boite est essayé et éprouvé, non pas une fois, mais de nombreuses fois, afin de s’assurer qu’il se conforme la rigide spécification de Blue Rlbbon. Botte pleine capacité de 3 livres. WHCAtVCR VOU CO.VOU flND BLUE RIBBON MALT JtMiRtCÂ'S BtCCeST S£UÆA mêmes pour tous, et qu'en réalité, chaque cas demandait un traite* ment différent, tant est diverse, ronltlple, la nature même de l’en*' tant. Cependant, pour répondre A la question qui forme le titre de ce court article, pour faire suite auesi à l’affirmation précédente, on peut dire qu’il existe une règle, une rè gle absolue, et que c’est l’obliga tion, pour celles qui ont la charge d’élever des enfanta, d’être, non pas sévères peut-être, mais “strictes”. Il faut être “stricte” aussi bien dans la loqange que dans le bl&me, dans la récompense que dans la pu nition. Etre “stricte” signifie être "Justo” et on m» le sera Jamais as sez avec les enfants. La base même d’une bonne éducation set dans la Justice que l’on témoigne aux tout petits d’abord, ensuite à tous, au tour des tout petits. L'enfant naît, dit Jean Jacques Rousseau, naturellement bon. Je n’en sais trop rien, Je l'avoue, mais ce que Je sais, et par expérience, c’est que l’enfant naît avec un sen timent exact de ta Justice. Peut être pan toujours très développé pour lui-même, male existant sûre ment pour les autres. Il saura être Injuste envers «es parents, ses maî tres ou ses camarades et ne s'en rendra peut-être pas très bien comp te, mais 11 saisira tout de suite t'in Justice, s’il en existe, dans les ac tes de ceux qui l'entourent. Nous devons être Justes d'abord, pour pouvoir exercer toute notre autori té sur l'enfant. Nous devons être strictes ensui te,—c'est-â-dlre que nous ne devona jamais laisser passer quelque chose de répréhensible que nous voyons, que nous apprenons, sans en faire l’tmmédiate réprimande et sans ex pliquer surtout les raisons, le pour quoi de notre réprobation. Il né s'a git pas seulement, en effet, de dire aux entants que “l'on ne fait pas cela", que “c'est défendu", que "c’est mal”, mais il faut encore et avant toute chose leur dire pour quoi c'est mal, dans quel but c'est défendu, pour quelle raison on ne le fait pas. Comme le raisonnement pur ne suffirait peut-être pas à In fluencer un petit cerveau, employ ons aussi le levier si puissant du sentiment et faisons appel au coeur du tout petit, en lui disant quo "cela fait de la peine maman." Mais n'agissons ainsi qu'à bon escient,—ne réprimandons pas k tort et à travers, parce que nous sommes nerveuses, parce que nous sommes pressées ou paras que nous avons eu. une petite "cmcane" avec le père du petit innocent. Une ré primande injuste ,une gronderle Imméritée, une irritabilité par trop susceptible, sont autant de fléaux dans l’éducation d’un enfant. Il no comprend plus,* Il s'étonne, 11 *e fait craintif, 11 se replie sur lui-mê me, 11 devient renfermé et retire sa confiance. Chose grave entre tou tes. La confiance de l’enfant est, en effet, à la base même d'une bonne éducation et nous devons tendre tous nos efforts la garder tou jours Intacte et aussi grande que possible. Si nous devons être strictes dans la réprimande, tout en l'envelop pant de» explications nécessaires, nous devons l’être tout autant dans la punition, si le fait reproché, ou un autre analogue, se reproduit, surtout à brève échéance. Mais cet te pnnition, dans mon esprit, est loin d'être des "coups”, al légers, si inoffensifs soient-ils. Neuf fois sur dix. Un 11e produisent aucun effet. Il vaut beaucoup mieux punir le petit, ou la petite, dans son amour propre, dans son plaisir, dans ses jeux, d’une manière raisonnable et I non -pas exagérée, que de les bruta liser. j lin châtiment, petit ou grand, laisse toujours dans l'esprit et le coeur de l’enfant, comme de l'hom me, un peu ou beaucoup de ran coeur et dlalgreur. N'en usons donc qu'aussi rarement que possible et quand nous ne pouvons véritable ment pas faire autrement. S'il est bon de châtier, s’il est Juste de réprimander, et c’est non 1 .H" seulement Juste mêla Indispensa ble, Il est utile aussi, souvent mê me primordial, de savoir louanger et récompenser! Mais là encore, faisons bien altération et ne glfs Bons pas dans l’excès si répandu de louanger avec exagération, car, non seulement nott* devenons nous-mê mes ridicules aux yeux d'autrni, mais nous créons encore ches l’en fant un sentiment d'orgueil, de fa tuité, de contentement de soi qu'il n’a que bien trop, lui-même, ten dance naturelle à posséder. Nous le rendons insupportable et nous fai sons naître dans notre esprit, dans son coeur, une opinion suffisante de lui-même qui le poursuivra très longtemps, si ce n'est toute sa vie, au plus grand dommage de son en tourage. Là aussi il nous faut être très strictes eit ne rien faire à la lé gère. 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Religion et Nationalité “Le Messager" U fia* atout Journal d* la XoiMltoiiiMim Publié trois foi* U lOBtlaé l Lmrox, MEBOBEDI BT VEVDEBOI Ordinairement à 4 heure* d* Vaprè*-inldt —pur— LG MESSAGER PUBIJ8HING CO. 23B Rue Liuboa, I^ewlston, Me. ABONNEMENTS V. Sit noie.$1.00 aViAn.$2.00 r' C»M(to, Un An.$4.00 VENDREDI, 84 JUIN 1032 FABLES ET SYMBOLES Le Maître et les Écoliers Le désordre se mit un jour dans une éeolc. Ije maître était uu ignorant, Disait la classe, et sur sa chaire Un réformateur en colère Ecrivit A BAS LE TYRAN Un écolier prend la parole Et dit :—Pourquoi donc obéir A cet homme qui nous tourmente î „i Nous a-t-on seulement admis à le choisir 1 —Non, répond la marmaille ardente. A bas le pédagogue et tous allons aux voix Pour en faire un de notre 'choix. Cependant on s’agite, on crie, on fait tapage. Et de dieux gendarmes orné, Survient le maire du village Puis le pasteur, homme très sage, Harangue avec douceur le troupeau mutiné. On m’a dit qu’il leur tint à peu près ce langage —Vous voulez, mes enfants, par vous-mêmes choisir L’homme auquel la raison vous dira d’obéir. Si c’est, possible à vous, c’est votre droit peut-être. Mais quand les écoliers, intelligents censeurs, Pourront sans se tromper choisir leurs professeurs, Ils n'auront plus besoin de maître, Les enfants le comprirent-ils S’ils n’étaient pas assez subtils Pour saisir la raison de cette allégorie Et imur en dégager un sage enseignement, Sans doute la gendarmerie Aura complété l'argument. Mais ou arrivera le sage Sera-t-il porté au pouvoir par le suffrage des multitudes sera-t-il salué comme maître dans les éco les publiques des hautes sciences Peut-être. Mais ce n’est pas sur cela qu’il peut et qu'il doit compter. lia multitude choisit toujours ceux (pii la représentent le mieux. Or. ce (pii représente le mieux l’ignorance des multitudes, ce li’cst pas la science ELI PIIAS LEVI. UUMJVUÜJNTAIKES Prise on bloc, 1’huinanité est un enfant qui raisonne à peu près comme l’écolier de la fable. 11 y a à peine cinq siècles, l’enfant, croyait encore que la Terre était plate et «pie le firmament lui payait un tribut. 11 arriva qu’un maître d’école découvrit que la Terre était ronde et qu elle n’était, dans l’Espace, qu’un point insignifiant. 11 faillit monter sur le bûcher comme tribut à l’ignorance. N’accusons pas l’Inquisition. (Tétait l’esprit du temps qui se révoltait contre la science. L’enfant a, depuis, appris quelque chose. Il commence à peine à apprendre. Il croit encore à la lettre des fables bibliques et une foule d’ab surdités et d’histoires à dormir debout. Par exemple l’athée croit à l’absurdité d'un Monde sans cause. L’Idolâtre croit en un Dieu do bois. Le polythéiste, le sabéen, le fétichiste, le panthéiste, le monotéis te et toute la kyrielle des adorateurs de divinités, croient encore en des dieux de différentes définitions, lorsque le sage sait que Dieu est indéfinissable. Le Christianisme l’a rendu symboliquement palpable aux croy ants sèus le voile de l’amour et de la communion, vérité cachée sous un profond mystère. Aux enfants, il faut d«'s contes de fées. Ijcs vérités pures éblouis sent leurs yeux et dépassent leur entendement. Faites-lcur-la voir toute nue. Elle les scandalisera. C’est donc pour cette raison qu’on, leur la présente cachée sous des voiles épais. Ainsi masquées ils y croiront, ils la verront. Elle, sera pour eux ce que l'idole est à l’idolâtre, une image grossière de la réalité. Qu’un sage élève la voix et enlève à la Vérité «es voilcàf Oh horreur On s’écrira à bas l’hérithpie r La foule s’ameutera et écrasera 1’impudent. Il ne faut pas at taquer les forces «1e front. L’ignorance, «s’est un pouvoir, c’est une légion. lai multitude est la tour «le Babel «le la raison. L’enfant ne rai sonne pas. Tout est confusion dans son entendement. Que faire On lui donne un maître et, au maître, une férule. O. THIBAULT. A TRAVERS LES SCIENCES L’Alcool Pourquoi rougi Ut-11 le nez?. Pour quelle raison les personnes qui invhl’bent trop d’alcool ont-elles souvent le nez rouge? Un spécia liste en maladies des nerfs, de Vien ne. Autriche, le I>r B. Kauders, nous en fournit l'explication. Le secret, selon Jui, est que ru&a ge habituel de l’alcool efTecte un pe tit centre nerveux dans le cerveau, qui contrôle la contraction et le re lâchement des petits vaisseaux san guins, tels que les petitfw artères et les capillaires. Ce centre nerveux est affecté par l'alcool. Sa fonction est de relâ cher les vaisseaux sanguins, et si cette fonction fait défaut, U en ré sulte la rougeur du visage et la couleur rose de la peau, qui suivent ai souvent l'Ingurgitation répétée de l'alcool. D'un autre côté, lorsque quelque dérangement affecte ce centre ner veux dans la direction Inverse, Il en résulte des contractions multiples des milliers de petit» muscles daim les parois desquels sont logés Its petits vaisseaux sanguins. l’ne bonne partie du sang qu’ils contiennent en est enlevée et lal PMU devient pâle. Certaine médl

camenta ont les mémos effets. En suite, il y a la frayeur soudaine, qui peut causer la pâleur. IVusage habituel de l’alcool sem ble accoutumer ce centre nerveux à se relâcher, ce qui fait que les vaisseaux sanguins, 'particulière ment de la peau du nez. et des au tres parties du visage, sdnt dans un état de relâchement constant. MARIAGE NATUREIi C'est un fait curieux que la ma nière de mariner certains articles alimentaires dans le vinaigre a été Inventé par les 'bactéries qui peu plent les marais depuis des millions d'années. En Europe, il n’est pas rare de trouver des articles en bois, en cuir, et d autres matériaux périssables, enfouis dans des marais anciens. Lsnirs formes et leur texture sem blent indiquer qu'ils «ont les reli ques d'équipement de soldats ro mains, ou de peuples qui habitaient ces environs t| y a bien longtemps. 1 11 y a quelques années, en Suède, dans un marais assez profond, on découvrit un manteau circulaire, tissé, avec d« la bonne laine, qui da tait de l'âge de bronze.— au moins 60» ans Hvant norte ère. Comment iea marais conservent ils ces articles périssable? la. |a manière exacte qu'une Jarre remplie île vinaigre conserve les aliments. •>*t-4-dlre en décourageant les bac térie* et autres organismes, qui a- mènent la détérioration avec un acide faible. »ém* acide, c'est certain; j I» vinaigre eut une faible solution d'acide acétique, tandis que les ari des des marais forment un mélange complexe d’une infinité de choses, mais le prinuclpe est exactement le même. Tous les organismes (nous autres compris,) requièrent certaines con ditions chimiques .pour vivre. Si no tre sang devient trop acide, noua tombons malades et nous mourons. Il en est de même des bactéries et des autres germes. 'Leurs pro cessus vitaux produisent des arides, et bI ces acides ne sont pas enlevés par les excrétions, les germes finis sent par mourir. Voilé ce qui arrive dans un ma rais. 11 n’y a pas d'issue pour ses eaux. Les acides formés par les mloroorganlsmes s'accumulent de telle sorte que l'encombrement de vient si ifort qu’ils ne peuvent plus vivre dans ce milieu. SI l’on considère que la détério ration ne peut se déclarer que par 1'.Intermédiaire! de» bactéries, des levains, des microbes, etc., tout ce qui est recouvert par l'eau du ma rais est conservé, ou bien ne se cor rompt que très lentement. L’eau des marais est très hostile aux autres microbes que ceux de la détérioration. 'La plupart des ger mes ne peuvent pas survivre son acidité. 'Dans les Ages d’explorations, les matelots qui descendaient è terre pour y puiser de l'eau, apprirent bien vite'que l’eau brune, à l'odeur putride, provenant d'un marais, était parfois une eau meilleure que celle prise dans des marais à l'eau claire, ou celle de rivières au d’é tangs. Ils ne surent jamais pour quel les raisons, mal», sans le savoir. Ils buvaient de l’eau désinfectée par le moyen de la chimie. Dr BOHEMIEN. Pour les Femmes Consommons beaucoup de miel Les ruoheg sont 'de nouveau ali gnées, et dans chacune d’elles, la fa mille est complète. Chaque matin, les abeilles ouvriè res quittent le "foyer” pour accom plir leur tâche journalière. 'Elles vont dans les campagnes et les près, butiner le pollen des fleuns et, chargées de leur précieux far deau, elles reviennent fidèlement, ap porter aux travailleurs de l’intérieur, l’élément nécessaire à la fabrication du miel. Lorsque les abeilles ont ainsi bien travaillé et qu’il est temps de re cueillir la récolte melllfère, il né faut pas seulement ipenser à la vent) lucrative que l’on en peut faire. Vendre du miel aux autres, pour les faire se délecter, c’est évidemment une bonne chose; mais, ce qui est mieux encore, c’eut de procurer à si famille l’avantage de s’en régaler. Il est 'depuis longtemps reconnu que l’on ne consomme pas assez de miel. L’apiculteur, plus que tout autre, est blâmable de ne pas procurer à sa famille l'occasion d’en dépenser ben ucoiip. Le miel est un nectar précieux que tout le monde aime. En iplus d’étre un aliment, Il est aussi un remède. Il est souverain dans les maux d" gorge, parce qu’il calme l’irritation. Il constitue également un laxatif aussi précieux que doux et Inoffensif. Il est certain qu'il n'est pas un laxa tif violent, mais il n’est rien comme le miel pour stimuler un intestin simplement paresseux. Pour l’intes tin. il est préférable de le prendre au lever. I«a dose ordinaire est une petite ta rue â café. Le miel est très facilement digé ré. De plus, ses sucres sont très uti les au foie en ce sens qu’ils augmen tent son pouvoir antitoxfque. Loi personnes, dont le foie fonctionne mal, 1 devraient donc en user fréquem ment et il vaudrait mieux, pour elles qu’une médecine quelconque. Considéronn maintenant le miel au point de vue culinaire. Au lieu d’emr loyer toujours le su cre pour sucrer les divers aliments, pourquoi ne pas se servir de miel? Le thé et le café édulcorés au miel sont vraiment délicieux. Est-Il rien de plus exquis qu’une coupe do crème épaisse ft laquelle on a ajouté une couple de euillérées â soupe de miel? Aucun sucre, ni raf finé soit-il, ne peut communiquer â la crème une saveur aussi délicieuse. Et que dire de l'emploi du miel dans les pâtisseries? i-.es peignes au miel sont les meil leurs qui soient. Le miel fait encore des tartes, deo biscuits et des Râteaux recherchés. Rien ne vaut le miel comme addi tion à la crème fouettée devant ac convpagner une gelée ou un blanc mange. Une couche épaisse de miel éten due entre les parties d’un g&toait tranché, avant de le glacer, n'est pas pour en diminuer et le goût et !a qualité, croyez-moi. Mères de famille, faites des tar tines au miel à vos petits pour leur goûter, étendez du miel sur les bis cuits que vous leur donnerez, don nez-lenr-en comme dessert au repas. Enfin, employez le miel libérale ment, sachant bien qu’il est bon pour tous. Surtout, si vous avez des ruches nombreuses et «réduisant du miel en ibondanee, n'allez pas en priver vo re famille. fVrsuadez le père de vu. I>etltn que ces enfants, qui porteir ton nom, doivent être les premier-, tervis et que la vente ne doit s. 'aire que lorsque ceux-ci en ont eu eur large part. I^e miel que l’on achète au niagi dn est-ll toujours pur?... Je voudrais le croire. En tous cas e sais fort bien que le miel. Tarfois ie crlstallse et. avant de terminer e ne veux pas manquer de voue in diquer. mes chères Uctrices. un noyen de remédier A la cristallisa Ion du miel, moyen très simple, l’allleurs. Il suffit de placer le pot de mie’ rlslulllsé dans un récipient eonte isnt de l’eau froide et de le mettre ur un feu doux Lorsaue l’eau sera rrlvée au point d’ébullition (on n« alwte pas bouillir l’eau», le mltl era liquéfié et de nouveau propre A a consommation. (’LAl’DKTTK. ENFANTS Voici Tenir l'époque où les en tante «ont rendue A leurs parente Pendant le coure de l’année scolai re, Us partagent leur temps de veil le par moitié ou à peu près, entre l’école où lie sont trop' sages et le maison où lie se rattrapent par une exubérance accrue de l'Immobilité et de l’attention ou, plutôt, de la tension scolaires. Il y a aussi les pensionnaires. Les parents sont débarrassés de ceux-là pendant tout le reste de l'année; Ils ne les revoient qu'aux vacances. Mais une longue absence du foyer demande un rajustage non molni long pour les faire entrer dans 1« moule familial commun, pour leui faire réintégrer les habitudes d'or dre, de propreté, de politesse, qu'il' ont perdues ou compromises datif lot usines de fabrication en série Toiles sont et telles resteront, eut Jamais avoir une deuxième mère; mais le père peut avoir une deuxième femme. (Il y a d'honorables exceptions; mais l'exception n’est pas la règle. Un tiers de l'enfant tient du père. Un enfant pauvre n autant de plai sir à Jouer avec des sous qu'un en-" fant riche avec des pièces d’or. Un enfant qui ne Joue pas et. n'a gite pas sa langue n'est (ms en san té. (Il arrive que la? mères, notam ment. ne «ont pas çn santé parce que Jeu enfants Je «ont trop. C'est la grande loi de la nature: il faut que la vie nouvelle se grefTe eur le vieux tronc que «es exigences font dépé rir l’n enfant vivant veut tout voir; on doit aller avec lui et lui montrer. (Dans quelque temps, avec le pro grès de l'aviation et les excursions dans la stratosphère, cela seiÿi peut être possible; pour le montent, il faut lui op|H>ser souvent des tins de non-recevoir quand il demande la lune). Si l'enfant ne se sent pus (l'appé tit pour le pain, ne lui donnez pas dit gâteau, (l-'onniile heureuse pour condamner les gâteries qui ont fait, tant de inauvnises santés parce qu'on donne des boissons gazeuses ù des petits qui ne veulent pns.de lait). Enfin, cette citation poétique: Us enfants sont le pont qui eon (luit les parents au ciel. Bien dee foie, quand on s’informe à une mère de «es enfants, elle ré pond: “Ils sont turbulents: je voue J assure qu’i.l« me font faire mon pur l gatolre sur terre." Exactement, ma dame. Et voilé .pourquoi lea enfants «ont le pont qui conduit les parents au ciel et que la sentence alleman j de. optimiste, rejoint la française I plus pessimiste. C'est l'entente cor diale entre deux psychologie». “Tu Seras Roi” Une prophétie réalisée "L’Illustration” de Parla a conaa cré son dernier numéro à “la vio et la mort du président Paul Ooumer". lie l’article sur l'enfance et la jeu nesse “exemplaires’’ de Doumer par M.« pauh-Louts Cadillac, nous extray ons cette curieuse anecdote: C’est au cours de ses années de jeunesse qu’il lui fut un soir mnrmu ré â l’oreille, comme à Macbeth sur la lande: “Tu seras roi!” L’anoclote— Inconnue, Je crois vaut qu’on la conte, car elle prend une tragique signification. Voué le Jour aux besognes maie lielles, le jeune homme consacrait là plus grande partie de ses nuits à m l'étude. Dé tÇijrtfa à autre, pourtant, il fréquentait, le soir, lin milieu d'ar tistes et d'étudiants. Un jour, dans une de ces régnions, quelquéts-uns de ce6 jeunes gens demandèrent par Jeu fl une chiromancienne connue, invi tée dans la intiiaon amie où se tenait l'assemblée, ntp*déchiffrer les lignes tie leurs mqins. Avec bonne grâce elle ÿ consenm". Cependant, l’un d’eux le plus jeune, le plus timide, demeu rait fl l’écart dw groupe animé quand, s'avançant tout d’un coup venu lui, ta diseuse d’itvenlr lui demanda: "Monsieur, voulez,-vous me confier, votre main?"- Rougissant, Paul Do-i tner ho laissa' saisir la main gauche et quelques secondes plug tard, !a devineresse lui déclarait- "Monsieur, vous mourrez au faite des plus grau.! s honneurs”. Cela m'a été conté voilà quelques Jours ipeiné, dans ce palais de l'tî lysée où gisait encore la dépoui.'.e du président, par un de ses familiers qui tenait 1 fait de la bouche mémo de l'inlérrssé. ENLEVEZ LE DOUTE PARTOUT Où C’est Possible I E fait que nous gérons une banque ne signifie pas que nous exerçons un monopole sur l'intelligence, mais la nature particulière de notre ouvrage nous fournit une expérience a3sez grande pour pouvoir aider aux autres. Si les hommes d’affaires consultaient leurs banquiers plus souvent, il y aurait moins de pertes. 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FEUILLETON WWW WWWWWWWWWWWWW LE CALVAIRE DE PAULE Numéros 65 l (Suite) —Je comprends, c’est lui qui vous a fait découvrir que la vie religieu se ne vous convenait point. Après vous avoir enlevée à votre commu nauté, où voue a-t-il conduite? —A Maçon d’abord, à Lyon en suite. —Comment avez-vous vécu? —11 travaillait. —Que faisait-il? —Je no sais pas. —Vous cesse* de dire la vérité. Mais passons. Votre amoureux s'ap pelle-t-il réellement Ernest Mlcard? —Oui, monsieur. —Je crois que vous mente* en core: mais, en ce moment, l’identi té de votre amoureux noue importe peu. Depuis combien de tempe êtes vous ù Grenoble? —Depuis huit jours. —Arrivant de Lyon? —Oui. monsieur. —Oh! pas directement: mais en faisant un assez long détour pour vous arrêter à Bellombe. —Monsieur.. —Prévenue, c'est maintenant que Jn vous adjure de dire toute la vé rité. —Je n'ai plus rien dire; je ne répondrai plus vos question*. —Ernestlne Pacaud, prenez gar de! SI vous voulez avoir droit A no tre indulgence, parlez, parlez! Ali! vous ne savez pas tout le mal qui peut être fait et que vous pouvez empêcher en faisant des aveux com lüets et immédiats. “On s’est adressé à vous et à vo tre amoureux .votre complice, et moyennant une somme d'argent pro bablement assez forte, vous vous êtes chargés d’enlever la comtesse de Verdraine. Cela, vous ne le niez pas, vous ne pouvez pas le nier. Vous avez revêtu votre costume de religieuse et, vous disant la supé rieure de la communauté d’Alpé rlne, vous vous êtes présentée à la comtesse de Verdraine. Vous lui n voz dit que le comte de Verdraine, dangereusement malade à Alpérine, n’ayant plus que quelques heures A vivre, demandait à la voir. "Trompée par vos manières, vo tre air piteux, votre langage mysti que et l’habit que vous portiez, la comtesse a cru tout ce que vous lui disiez, et, ne pouvant soupçonner le piège que vous lui tendiez, elle vous a suivie. Ernestlne Pacaud, où a vez-vous conduit la comtesse de Verdraine? La misérable garda le silence. —Comme M. le juge d’instruc tion. dit le procureur de la Répu blique. je vous promets que l'on se ra indulgent pour vous; mais ré pondez ;où est la comtesse de Ver draine? —Je n'ai plus rien A dire. —Malheureuse! mais l’on vous a donc payôe bien cher le silence que voua. vhns_,ojj&Uiiez A garder! —-Misérable femme, dit le juge d’instruction d’une voix vibrante d’irritation, vous espérez donc, vous et votre complice, que votre maître, celui qui vous a payés pour enlever la comtesse de Verdraine, vous ar rachera des mains de la justice qui vous tiennent? Eh bien! vous vous trompez: si riche et si puissant qu'il soit, l'homme dont vous n’ôtes que les vils instruments ne vous sauve ra point, et lui-même, plus coupa ble encore que vous, sera puni sé vèrement. “Sans doute, comme vient de le dire M. le procureur de la républi que, on a payé cher votre silence, et peut-être aussi vous a-t-on fait jurer de ne pas nous révéler le nom de l'homme dont vous avez été les agents. Mais son nom nous le con naissons. nous ne vous le deman dons pas. Nous voulons savoir de vous où est la comtesse de Verdrai ne. DiteH-le-nous. Où a-t-elle été conduite, où est-elle enfermée? La femme était pâle, troublée, très agitée, mats elle ne répondit pas. Elle avait pris la résolution de garder le silence. Les magistrats eurent beau la prendre par tous les bouts, la prier, la menacer, ils ne parvinrent pas A lui faire desserrer les dents. I^e juge d instruction signa un nouvel ordre d’écrou et les gendar mes emmenèrent Ernestlne Pacaud. Etienne était dans la désolation. Quant aux magistrats. Us ne pre naient pas la peine de dissimuler leur contrariété, leur dépit. Sans doute on arriverait à savoir où était la comtesse, grâce à la sur veillance dont M. de Miray allait être l'objet; mais cette surveillance pouvait n’avoir un résultat favora ble que dans plusieurs jours, et l’on se reudatt compte des mortelles an goisses que devait éprouver la victi me. Hélas! n’y avait-il pas déjà trop de temps que la malheureuse com tesse avait été livrée à M. de Mi ray? Ni Etienne ni les magistrats n’osaient se demander ce qui avait pu se passer dans la semaine qui tenait de s'écouler. —Monsieur Denizot, dit le juge d’instruction au jeune homme, ^I. le procureur de la République et mol nous partageons vos anxiétés au su jet de la comtesse de Verdraine. et comme vous, nous voudrions sans retard sa délivrance. Oette après midi je ferai ramener devant mol Ernestine Pacaud. Elle aura réflé chi et peut-être se décidera-t-elle à parler. Espérons-le. Dans tous les cas nous devons compter sur les deux agents à qui j’ai confié la mis sion de surveiller M. de Miray e» qui sont maintenant arrivés Ver draine. "Ce que non» ne pouvons pas sa voir d u» côté, nous l'apprendrons de l'autre. Ayez confiance et es poir. Vous allas rentrer à votre hô tel et vous attendrez. Aussitôt qui» nous «aurons quelque chose, vous serez averti. Etienne prit rongé des magistrats et. suivi de Miro. retourna triste ment à l’Hôtel des Alpes. l'ne heure plus tard. Burgoln fut élirait de as cellule et amené à I hôtel, où une perquisition fut faite dans «a chambre. On ne fit aucune découverts Intéreaeants. Une modes te somme d* trois petits frsnca fut trouvée dans le tiroir SI le taux in* génleur avait des lettres, des pa piers compromettants, Il les avait mis en lieu, sûr avec les trente mille francs qu'il avait reçus de M. de Miray. Si les deux misérables n’avalent pas tout de suite gagné la frontière, comme c'était leur intention après avoir touché la somme qui leur a vait été promise, c'est que, persua dés que ni la justice, ni personne ne s’occupait de la disparition de la comtesse et que par conséquent Ils n'a valent rien à craindre, ils vou laient, avant de disparaître, arra cher encore une vingtaine de mille francs à M. de Miray. Celul-cl, en effet, s’était mis dans une situation qui ne lui permettait guère de se soustraire au chantage. Bargoln et sa complice voyaient dans le baron millionnaire une poule aux oeufs d’or. XI NOUVEAU DRAME Un événement terrible, que ni les magistrats ni 'Etienne ne pouvaient prévoir, allait changer la situation. Nous avons vu le comte de Ver draine quitter brusquement la vieil le Marianne. Connaissant parfaitement la ville, la comte se rendit par des rues dé tournées che* un loueur de voitures et Ht atteler un cheval à un tilbury pour qu’on le conduisit à Verdral ne. La voiture était légère, le cheval bon trotteur; le trajet s’efTectua en moins d'une heure et demie. A l’entrée de l’avenue du châ teau, le comte renvoya la voiture et marcha vers la grande grille sous une haute voûte de verdure formée par le rapprochement des branches de deux magnifiques rangées d'or mes séculaires. II sonna à une porte. Le concier ge lui ouvrit. Ce concierge, en fonctions depu's trois seirtoines seulement, ne con naissait pas le comte. Du reste. M. de Miray avait fait maison nette. De tous les anciens serviteurs du château, il ne restait plus que le maître jardinier —Que veut monsieur? demanda le portier. —Voir M. de Miray. —Je no crois pas que M. de Mi ray puisse vous recevoir: il va sor tir. Voyex, voilà son cheval sellé qui l’attend. —M. de Miray me recevra quand même, je suis un de ses amis. Le concierge n’avait pas reçu l’ordre de congédier les visiteurs. Il laissa passer le comte qui traversa la cour d'un pas rapide, tout en je tant un nouveau regard sur le che val sellé qu’on venait de faire sor tir de l'écurie et qu’un palefrenier •tenait par tg-bride. M. de Miray allait sortir, en effet, et mystérieusement, par des che mins déserts ,se rendre à la Tour-, du-Moine. Depuis la visite qu’il lui avait faite le lundi, il n’avait pas revu la comtesse. Nous savons qu'il avait prévenu sa prisonnière que, par mesure de précaution et de pruden ce, il laisserait passer quelques jours avant de revenir â la Tour-du Moine. SI grande que fût sa confiance dans les gens qui l’avalent servi, il n’avait pas été sans redouter, certai nés indiscrétions: d'autre part il a valt craint que l'enlèvement de la comtesse ne donnât lieu à une en- J quête et que les soupçons ne se por tassent sur lui, malgré le mystère dont lui et ses complices s'étalent entourés, malgré toutes les précau tions qui avaient été prises. Depuis cinq jours, 11 n'avait pas mis les pieds hors du ch&teau. Cha que matin U avait reçu d'un hom- j me de confiance une lettre qui le renseignait sur tout ce qui se pas-1 sait ou se disait A Grenoble. De plus il avait lu chaque jour les journaux avidement et non sans Inquiétude. I Mais ni les lettres, ni les journaux ne parlaient de l'enlèvement. On ne savait rien à Grenoble. Si l'on s'in- qulétalt quelque part de la dispari tion de la comtesse de Verdraine, cc n'était pas dans l'Isère. M. de Miray avait donc vu ses craintes disparaître peu à peu; il s’était tranquillisé. Maintenant 11 pouvait agir, mettre à exécution ses sinistres projets. Il était bien décidé, cette (ois, A avoir raison de toutes les résistances de sa victime. La comtesse serait A lui, il l’avait Juré; 11 posséderait cette femme (1ère et orgueilleuse dont les méprisants dédains n'a valent servi qu’à exciter les fureurs de sa passion. Mais quels moyens emploierait-il pour s’emparer de la .comtesse, pour assouvir son épouvantable passion? C'était son secret. Il était sur une pente fatale où l’on ne peut plus s'arrêter. Il n’a vait pas recuffc devant un premier crime, il ne s'arrêterait pas devant un autre crime. Et il fallait ‘qu'il fût bien résolu à tout oser, car il avait prévenu ses gens qu’on n'eût pas A l’attendre pour dîner le soir et que, très probablement, il ne rentrerait que le lendemain. Il achevait de s'habiller; son va let de chambre venait de lui atta cher ses éperons: il se regardait complaisamment dans une glace. Laid, il se trouvait beau; serré, san glé dans son vêtement, il croyait avoir fait disparaître son obésité; commun dans ses manières, presque grotesque dans son allure, il se flattait de posséder toutes les dis tinctions. 11 ne manque pas de ces hommes qui ne peuvent jamais se voir tels qu'ils sont, qui s'extasient dans la satisfaction d’eux-mêmes et se gri sent de leur personne. M. de .Miray renvoya son valet de chambre par ces mots: —Allez dire que je descends A l’instant. j Le valet de chambre disparut, I laissant la porte ouverte. Le baron s'admira une fols en I core, en jetant un dernier coup d'oeil dans le miroir qui réfléchis sait sa personne. oh! ^étranglé, et les yeux èlfarés, blêmissant, il resta Immobile, com-' me cloué sur le parquet. Le comte de Verdraine était de vant lui, ayant sur les lèvres un sou rire singulier. Certes, l'apparition était foudroy ante. La fameuse tête de Méduse ne pouvait pas produire uft plus terri ble effet. —Eh quoi! fit le comte d’un ton parfaitement calme, est-ce IA le bon accueil que l’on fait A un ami après une si longue séparation? Tu ne m'attendais pas, c’est vrai, cher a mi; mais ce n’est point IA une rai II se retourna, laissa son ponr me regarder confine un fantAme sorti de la tombe. Oh! ba ron, Je croyais en entrant, ici que tu allais me sauter au cou et tu ne me tends même pas la main. —La surprise... l'émotion... la joie... balbutia de Miray. —Oui, je comprends, l’émotion. Le baron tendit sa mata trem blante. —Non, dit le comte, c'est trop tard, j’aurais l’air de t’avoir forcé à me prouver que tu es toujours mon ami. Il parait que tu te dispe sais à sortlr, ton cheval est dans la j cour et Je te vois habillé, éperonné. —Oui, en effet, Je vais sortir. —Une promenade? —Non, une visite, je suis atten du. —Bah! on t’attendra. —Impossible de me faire atten dre, il faut que je parte, il le faut absolument. —De Miray, tu vas me faire croire que ma visite te contrarie, que tu veux te sauver de mol. —Mais non, au contraire; d’ail leurs nous sommes gens de revue et demain, si tu veux. —Demain, baron, est-ce que Je sais où Je serai demain? Et tol niéme, sals-tu où tu seras? L’avenir n'appartient à personne; un homme sage n'a le droit de compter que sur le temps présent. J'arrive de Paris exprès pour te voir, te faire connaître mes projets, mes pensées. Tu n’as pas le droit de me congé dier comme, un Importun, tu remet tras ta visite à plus tard et nous al lons causer. —Mais comte, Je t’assure. —Peut-être as-tu peur que nous soyons surpris, qu'on vienne trou bler notre conversation intime; pour qu’on 11e nous dérange point, il y a un moyen, tu vas voir. Rapidement, de Verdralne ferma la porte, poussa les verrou, lit Jouer la serrure et mit la clef dans sa po che, sous les yeux de M. de Miray, stupéfait. —Voilà, dit le comte, se rappro chant du baron. Avec ta permission, cher. Je m'assieds et je t’invite à faire comme mol. De Miray se remit à trembler; pour un peu, le comte aurait enten du claquer ses dents. —Il sait tout, pensa-t-U, il vient me réclamer sa femme Il se laissa tomber lourdement dans un fauteuil. —Maintenant, cher ami, reprit le comte, toujours avec le même calme froid, nous allons causer. Mais, d’a bord, peux-tu me donner des nou velles de ma femme et de mes fils? —Non, Je ne sais pas. balbutia de Miray devenant vert. —J'ai appris qu’elle avait quitté les Bergères après que tu en fusses devenu le .propriétaire, pour retour ner-en Bourgogne, ainsi elle ne t’a pas écrfK, 4u ÿmores si elle a été j biqa,.reçue parles parents? —rJe ne unis Hieii. I —En ce cas, Je comprends que tu ne puisses rien m'apprendre. Il j parait que Paule et ses enfants se sont mis en route à pied; comment diable n'as-tu pas empêché la com tesse de faire une pareille folie? —Elle est partie la nuit, sans a voir prévenu personne. —Mais pourquoi? —Je ne peux pas te dire. Une idée... la douleur, le chagrin. —Oui, la douleur, le chagrin, prononça sourdement le comte. Mais c'est bien, laissons cela, n'en par Ions plus, ce qui eet fait eat fait. Dans sa famille la comtesse de Ver draine retrouvera la tranquillité. —Je me trompais, 11 ne sait rien, se dit de Miray. Bit 11 reprit avec assurance: —Voyons, dit-il d'un ton un peu rogue. qu’as-tu me dire? —Mais, mon cher, Je viens te re mercier de tant de preuves d'ami tié, que tu m'as données. —Me remercier? —Ton dévouement et ta généro sité ont été admirables. —Que veux-tu dire? —Comme je te' reconnais bien? Tu mets le comble à ta générosité en ayant l’air de ne pas te souvenir. Mats Je n’al pas oublié, mol, je me souviens, moi!... Ce billet, ce billet faux que tu as payé et retiré des mains du banquier... Il est vraf que tu m'avais dit de ne pas être; Inquiet, que tu retirerais ce fameux billet lorsqu'il te serait présenté; mais quand l’échéance est arrivé,] j’étais ruiné ou peu près, et tu le savais. C'est beau ce que tu as fait, c’est noble, c'est grand!'.. Voilà do: la véritable amitié!... Ah! baron.! baron, quand je pense que c’est à toi j que je dois de ne pas être aujour- d'hui sous les verrous, mordant au pain noir des prisonniers! Baron, I tu as une Ame sublime! De Miray ne put s’empêcher de i tressaillir, tant 11 y avait d'ironie mordante dans l'accent et les paro-| les quo le comte venait de pronon- cer. De livide qu’l! était tout à l'heu-. re, il était devenu rouge comme un coquelicot. Devinant que Maxime lui tendait un piège afin de le prendre en fla grant délit de mensonge, il répon dit: —Comte, ce n’est pas mol qui ai payé le billet* «—Hein! ce n'est pas toi? —Il no m'a pas été présenté. —En vérité! Mais qui donc l’a, payé? I —La comtesse de"Yerdraine. —Elle, allons donc! —Le banquier a reconnu que le billet, était faux; 11 a prévenu la comtesse sans avoir averti moi-mê me, et elle a payé. —Avec quoi? Elle n’avait pas d’argent. •—Elle n’avalt pas d’argent, mais elle avait ses bijoux, qu’olle a ven dus. —La comtesse de Verdraine a vendu ses bijoux! —Oui. —Et quelle somme lui en a-t-on donné, le sais-tu? —Quarante mille francs, juste le montant du billet. —Ah! maintenant. Je comprends pourquoi elle est partie à pied; elle ne pouvait faire autrement. Mais, de Miray, comment ne lui as-tu pas donné au moins ce qu'il lui fallait, pour son voyage? —Quand J’ai appris qu’elle avait vendu ses bijoux et qu'elle ne pos sédait plus rien, elle était partie. Il y eut un moment de silence pendant lequel le comte, ayant un mauvais sourire sur les lèvres, tint de Miray pantelant sous la flamme de son regard. —Dis donc; baron. reprit-il, qu'elle diable d’idée as-tu eue d'a- j cheter Verdraine et les Bergères? j Le châtelain interloqué ne trouva rien à répondre. —Voyons, dis-le-moi, insista le comte, pourquoi as-tu acheté Ver draine et lea Bergères? —Pourquoi?... —Oui, pourquoi? —J’avais un placement d'argent k faire, répondit de Miray, visible ment mal à son aise; et puis, en pensant ton grand-père, le mar quis, à la baronne de Rressac, 4 toi, Maxime, je me suis dit que cfe se rait une honte de voir tomber Ver dralne entre les mains d’un de ces orgueilleux parvenus qui cherchent à se décrasser en se frottant contre les murs de nos anciennes demeu res seigneuriales. Voyons, ne vaut-11 pas mieux que ce soit mol qui aie Verdraine que Flachant, le gantier de Grenoble, qui voulait l'acheter? —M. Flachant avait, autant que toi le droit d'acheter Verdraine, car lql aussi, est archi-millionnaire. Mais veux-tu que je te dise une Idée qui m'est venue? —Oui, dis. —Eh bien! connaissant ta géné rosité, ton noble coeur, j'ai pensé un instant que tu avais acheté Ver dralne et les Bergères tout simple ment pour me les conserver, pour me les rendre. M. de Miray sourit, si l’on peut appeler sourire grimacer horrible ment. —Oh! rassure-toi, continua le comte. J'ai bien vite compris que mou idée était insensée; si grande que puisse être l'amitié,' elle a ses limites et ne saurait aller jusqu'au sacrifice de soi-méme; les choses de la vie réelle ne sont pas celles de la Action. D’ailleurs, voudrais-tu, toi, millionnaire, n'ayant que des colla téraux que tu ne connais même pas, me faire présent, comme un prince des conte» de fées ou des Mille et une nuits, de Verdraine et des Ber gères, que je te répondrais: Non! Ma vio est Aille. Je n’ai plus besoin de rien. Je n'aspire plus qu'à une chose, baron, au repos de la tombe. —Oh! At de Miray. —Mon Dieu, oui, j'en suis arri vé là. Mais toi, baron, qui es do sept ou huit ans plus âgé que moi, ne trouves-tu pas que l’existence est un fardeau lourd à porter et que mourir tout d'un coup, frappé par la foudre, par exemple, serait une dou ce chose? —De Verdraine, avec tes paroles de l'autre mode, tu m'effrayes! —Ah! en! baron, aurais-tu peur de mourir? t —Mais tu es fou! décidément, tu deviens sinistre! —De Miray, qu’est-ce que compte la vie d'un homme dans l'éternité? Ce que compte une goutte d'eau dans l'Océan, f.a vie n'est rien et ne vaut rien. Ecoute, nous avons as sez vécu l’un et l'autre, trop même. Je veux aller voir ce qui se passe n-ti delà de la tombe, et comme J'ai pour toi la plus tendre amitié, j’ai résolu de t'emmener avec moi. De Miray se dressa comme mû par un ressort, frissonnant, les yeux itagards. —Es-tu fou, es-tu réellement fou? s'écrla-t-ll éperdu. De comte s'était aussi dressé de bout, le regard flamboyant, les lè vres crispées. —Baron, dit-il d'une voix sourde, je veux mourir et je veux que tu meures avec moi. —Au secours! cria de Miray. Et il voulut se jeter sur le cor don de la sonnette. Mais d'un bond le comte se trou va devant lui. barrant le passage. De Miray recula épouvanté. Il vou lut crier encore. Il ne sortit de sa gorge qu'un «on rauque, étranglé, pareil'à un râle. La peur le paraly sait. Le comte tira de sa poche un re volver. *&j —Baron, dit-U d’un ton farou- che, nous allons mourir. De Mlray recula Jusqu’au fond de la chambre. Les yeux lui sortaient de la tête; H n’avalt plus figure hu maine. De nouveau, 11 essaya* de dTler, d’appeler à son secours. Im possible. t’"; Le regard du comte, d’tne fixité effrayante, pesait ni lourdement sur M. de Mlray, qu’il se courba, écra sé. —-Baron de Miray, reprit le com te, tu es un misérable et il n’y a que ton hypocrisie qui puisse égaler et même surpasser ta lâcheté. Al lons, baron, allons, mets bas ton, masque et laisse-mot te voir dans' toute ta laideur morale et physique. Vraiment, baron, tu es affreuse ment laid et tu me fais horreur!. Oh! misère! Et j’ai pu croire que cot homme était mon ami! Mais es- tu un homme, de Miray? Non, tu es, comme moi, une espèce de monstre à face humaine. “Pourquoi te disais-tu mon ami. pourquoi, quand tu n’étais qu’un en nemi perfide et lâche? J’ai écouté tes paroles venimeuses, j’ai suivi tes pernicieux conseils et tu sais où ils m’ont conduit. Certes, Je ne Valais pas grand’chose. je le reconnais; mais tu as su détruire ce qu’il y a vait encore de bon en moi. “Tu m’as poussé à abandonner ma femme et mes enfants, tu m’as fait rouler sur la pente fatale et jusqu'au bord de l'abîme où Je suis arrivé. Tu voulais ma ruine/ma dé gradation. mon déshonneur. Tu m’as fait commettre le crime de faussaire l avec l’espoir que le nom de Ver draine serait flétri publiquement par une cour d'assises. "A tout prix, tu cherchais à te débarrasser de moi. afin de ne pas me voir apparaître tout à coup com me un vengeur. Car ce n’était pas assez pour toi de me perdre, il fal lait que Paule et ses enfants fus sent tes victimes. Tu voulais me i prendre ma femme ,tu voulais salir, déshonorer la comtesse de Verdral ne. Mats elle t'a répondu comme tu le méritais, en te repoussant avec i horreur et dégoût. “J’ai le droit de te crier; Misé rable, qu’as-tu fait de ma femme et do mes enfants? “C'est par peur de toi ,c'est pour t’échapper que la comtesse de Ver draine s’est enfuie des Bergères. Et si tu ne sais pas ce qu’elle est de venue, je vais te le dire: A bout de v force, mourant de faim, elle est tombée sur la route; des saltimban ques l'ont recueillie, ne donnant plus signe de vie. et à l’heure pré sente, elle est morte peut-être. “Baron de Miray, s’écria le com te d'une voix terrible, je ne te par donne point, pasf plus que Je ne me pardonne à moi-même! Je te le dis une dernière fois, nous avons assez longtemps vécu; je vais te tuer et je me tuerai après. Il marcha vers M. de Mlray, prêt à faire feu. Celui-ci. instinctivement, chercha un endroit pour s’abriter et un cri d’épouvante, rauque, horrible, s'é chappa enfin de sa poitrine haletan te. A Suivre Chapitre No* 20 Le Monde des Esclaves Tarzan et les Hommes-Fourmis Us ttlVON Le palais du roi des hnniines-founnis était une véritable fourmilière d’humanité, capa ble, de loger huit mille personnes. La cité comprenait dix habitations semblables lé gèrement plus petites que celle du roi Aden drohahkis. Cinq cent mille gens y demeu raient, surtout esclaves, artisans, serviteurs. Un autre demi-million, travailleurs inex périmentés, vivaient sons terre. Ces habita tions à dômes étaient bien ventilées. L’inté rieur d’un dôme, où la lumière ne pouvait pénétrer, était éclairé par d’immenses chan delles. Tarzan, sachant qu’il était trop grand pour y pénétrer, observait. Les eselaves des homuies-fourmis étaient des prisonniers de guerre ou leurs desecit dants. On les traitait bien. Une fois, un ai® cien roi avait choisi sa compagne parmi les femmes esclaves. Tarzan apprit du prince Komodoflorensal qu’on se préparait à com battre un ancien ennemi. ’îi >IU. br Edgar Un Burroufh». Inc AU rtghtc rewrvcd Cet ennemi «'tait Veltorismakus dont le roi avait une fi11«* connue comme la plus belle créature au monde. Le prince n’avait pas de femme, et la future princesse, Jan/.a ra, conviendrait au fils d’Adendrolialikis. lai seule chose qu'exigerait le prince de sa fem me serait de lui donner un futur roi. J C îm, by M*« Un Bumnulu, tac. AU n*hu nwmd. Pendant tpi’on préparait cette xjition, Tarzan fut laissé à ses pensées. H s'intéres sait aux activité* incessante» de ce peuple. Il observait la liyr*>«*«* d'esclaves travail'ant à la construit ion île «lûmes, un il allait sur le» ferme» voir labourer le »ol très riche en cul ture.

Iles esclaves poussaient des charrues ti rées par de petites antilopes «pii étaient les seules bêtes «le somme, le** esclaves é mie ut toujours accompagutut par <l«*s guerriers pour empt-eher l’évasion ou la révolte, ou pour protéger esclaves eux-mêmes con tre les bêt«‘s ou les hommes. 1.0 seul vôtoinont «leu esclaves riait une tunique rte vert vif <jui lotir allait aux jre tioux, ot portant, sur lo devant et le dos, l’emblènie de leur ville natale, loi et là dans la cité allaient et venaient des milliers d’os davos à tuniques blanches portant des em blèmes rouges. ’l’*»r/ali -.'luilut mi vile à cette mélIonie do distinction. Chaque esclave était «le corps et «me à son maître. Aux nombreuses questions que posait Tarzan quant aux possibilités de sortir de ce monde bizarre, on lui répondit qu'il était faeile d’y pénétrer, mais pas si fa cile d'en sortir.

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