Le Messager (Lewiston, Me.)
April 27, 1925
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CURIEUSES IMPRESSIONS 1 Va Américain en Allemagne «i “ïlsxont des yeux et Ils ne votent pas. Il» ont des oreilles et ils n'en tendent pas.” Ainsi parlait l'Ercle* siaate. Mais 11 n'avait certainement pas en vue les journalistes améri cains. qui ont d’excellents yeux et de bonnes oreilles. M- Frank H. Si monds, lequel est peut-être le pre mier publiciste actuel des tats-Tînl», l'a montré, l’autre jour, en racon tant avec infiniment d'humour aux membres du club américain de Pa ris, ce qu'il avait vu et entendu à Berlin, d’où il vient: —Je me detnrndnis: "De quoi les Allemands ont-ils l'air?”, a-t-ll ra conté. Eh! bien, la réponse est sim ple: ils ont encore l'air d'Atre--,en guerre. En tout cas, ils ont l’air de gens qui, ayant eu la scarlatine, ont encore leur penu qui pèle. “Je me demandais aussi: “Com ment se sentent-ils?” Ils se sentent fntigués et indécis. Ils ont peut-être bien des canons cachés sous leurs lits; mais ils n'ont pour le moment pas la force de les tirer de là-des sous. “Garderont-ils leur république? Oui, sans doute parce qu'ils veulent avant tout avoir' de l’argent. Et ils savent qu’ils n’en auront pas, s’ils se remettent en monarchie. Et puis, quel monarque prendre? Le kaiser. “Il est sorti la tête la pre mière, vous disent-ils, il ne rentrera que les pieds devant,” he kron prinz? Il n’est pas sérieux. Son fllsf Peut-être. Mais ce n’est pas sflr. “Pensent-ils encore à l'Alsace? Non, du tout. LES MERES DES FILLES Tronvcront profit à lire, la lettre de Mme Quigg, disant comment le ’Lydia K. Pinkluun’s Vegotable Coiupoond a aidé à sa fille Royersford, Pa.—“Ma fille était malade depuis l'âge de 13 ans. elle 11u11 nreguiieie et sujette à de terribles maux de tête, ainsi qu’à des douleurs au dos et aux côtés. Elle fut ainsi pondant six mois, avant que je commençasse à lui faire prendre le Lydia E. Pink ham’s Vcgetablo compound. 11 lui aida beaucoup. Elle n’est plus ennuyée par les maux de tête et de dos ou les crampes. Elle est régulière. Je recommande le re mède aux mères dont les filles souf frent des mômes troubles.” Mme QUIGG, 210 Main Street, Royeçs ford, Pa. Autre lettre d'une Mère Roxbury, Mass.—“A l'âge de 16 ans, ma tille était épuisée, nerveuse et pauvre en sang. Ces troubles la rendaient nerveuse et incapable de travailler. Elle essaya plusieurs re mèdes qui ne lui tirent pas de bien. Finalement je lui conseillai de pren dre le Vegetable Compound. Depuis elle a gagné en santé et en force; elle travaille maintenant constam ment. J’ai raconté ces faits à plu sieurs mères.”—Mme HUDSON, 252 Eustis St., Roxbury, Mass. (13) "—T/Alsace est allemande, vous disent-ltc; mais, après tout, puis* <iu'elle aime mieux être française, qu'elle le soit! “Aoceptent-lls leur frontière, orientale? ça, non. Et ils jurent que jamais ils ne l'accepteront. Jjb couloir de Dantzig, voilà leur Aléa l.OJTalne. "lin résumé, ils désirent la paix, parce qu'ils sentent qu’il leur est impossible de faire la guerre. D’ail leurs, ce sont leurs industriels qui les niènwt, et leur4 industriels, de puis la wuhr, comprennent qu'il leur faut la paix, parce que c'est la seule chance qu'il» aient de conser ver leur ■suprématie.’* Sur une question qui lui fut posée au sujet, de la Pologne, oit il vient également de séjourner, M. Frank H. Simonds s'est montré très net: —I.a Pologne, a-t-il dit, fera tuer jusqu'à son dernier homme plutôt que d'abandonner un ponce de son territoire. Chaque fois qu'il y a une difficulté en Europe, on trouve tou jours quelqu'un qui, pour la .résou dre, est prêt à vendre la Pologne. 1æ Pologne en a assez de ce jeu. Et elle sait que. si elle devait se battre, elle- ne se battrait pas seule. ..:o: PARADIS FISCAL Contribuables, nies frères, voie! un tuyau précieux et tout à fait gra tuit. Savez-vous qu’il y a an moins un endroit en France oâ l’habitant ne paie ni'un centime d’impôt, ni de droits de douane et ignore les bien faits du cadastre. Ce pr.radis fiscal est nie de Sein. Ses onze cents habitants sont, pa raît-il, exempts de la plus légère imposition. En ces temps do ser ment d’honneur et de douce déci me. c’est véritablement un avantage fort appréciable. En outre, ces braves gens igno rent tout de l’auto, du théâtre et même du cinéma. Et ils sa portent si bien qu’il n’existe, dans leur île, ni médecin, ni pharmacien. Est-ce que tout cela ne vous don ne pcs envie d’aller habiter là-bas? Tout au moins pendant les vacan ces.
:o: FEMME FORTE AMERICAINE l’ne revue d’agriculture de New York a posé cette question singuliè re et bien américaine: Que vaut, en bon argent une femme pour son ma ri? Une abonnée a répondu: “Dtuis les trente années de ma vie de ma riages, j’ai servi 235,425 repa.s, fait "3,190 pains, 5,930 gâteaux et 7, 960 pâtés. J’ai mis en conserve 1. 650 chopines de fruits, élevé 7.660 poulets, baratté’ 5,4 50 livres de beurre, employé 36.461 heures à ba loyer, à laver et ù nettoyer. J’esti me la valeur de mon travail à $115, 455.50, et je n’en ai pas reçu un seul. Mais j’aime encore mon mari et mes enfants et n’hésiterais pas à tout recoinencer pour eux. l„a femme forte de l’Ecriture ne calculait par de cette manière, elle visait à la verture, non an rende ment en métal. Elle n'aurait pas provoqué in question que pose la revue américaine. Im “Croix", Paris FETE AUX ORPHELINS Dix mille enfanta des orphelinats do tout** les parties de la ville da New-York ont eu le rare privilège, C2« jours derniers, d’essHter g.--ntul* tement au clrtiuo au Madinon Squa re Garden, les invités des directeur» de Hlngling Brothers et Barnum 6 Bailey. Vingt-mille yeux ont dévoré tout l'avant-midi toutes le» choses qui s’offraient à eux. Tl s'agissait d’un-î représentation spéciale pour les or phelins, dans l'avant-midi, et les grandes personnes n’avaient autre chose h faire que d° ,out faire en leur possible pour égayer les jeunes orphelins. L'argent n’était aucune ment nécessaire, car des pistaches et de la limonade furent distribuées gratuitement, il semblait que la provision de pistaches durerait tou jours. tant il y r«vaU et même les autorités du cirque mirent assez de personnel à la disposition des or phelins pour qu’ils distribuassent de3 pistaches aux bêtes dans la mé nagerie. Tous les enfants ont fait les doux trajets dans dos camions de la di reclion du cirque, et un incident se produisit: 2,000 arrivèrent trop tard et ne purent être accommodés. Le. direction aura une .représenta tion spéciale pour eux plus tard. l I L’UNION MUTUELLE Cie d’Assuranee-Vie POBTLAND, MAINE. •L'Union Mutuelle Bollici td1 respectueusement la con tinuation bienveillante du public en faveur de son gé rant, M. Louis Lachance. POURQUOI VOUS DEVEZ ASSURER VOTRE VIE
Parce que c’est un devoir envers ceux qui dépendent de vous, et que c’est une prévoyance pour vos vieux jours. Parce que vous avez main tenant une bonne santé qui vous permet de vous assu rer, et qu’en retardant de le faire cela voua coûtera plus cher. L’Union Mutuelle de Portland transige des affai res d ’Assurance-vie depuis soixante-douze ans. Elle possède un Actif de près de Vingt Millions de Dollars, et est LA SEULE COMPA GNIE SOUS I/A LOI D.E NON-CONFISCATION DE L’ETAT DU MAINE. Agence LOJiS LACHANCE. gérant College Block Lewiston, Maine. Tél. 211-R Vous Pouvez Vous Soula ger de la Constipation' Vcycz.y jièà aujourd'hui^* 'Jlet toye* vos intestins nu moyen du laxatif d’herbes pures qui est en usage depuis 'plus de soixante quinze au#, i ï- Dr.Trties Elixir Le Vrai Laxatif des Familles Mme F. E. Smith, 112 Huntington Ave., Boston, écrit# “J’ai «pris du Dr. Trul’s Élixir pour' ia’ ctonBti. pation et trouve qu’il est plus cf Ticace cjuo tout ce quo j’ai encore ‘'employé.”- Vous connaissez les symptômes de la constipation chroniquel Ai greur d’estomac, rapports#jftiaü vaise haleine, vue morne et abat tue, maux de tête continuels et mal en train général,! mauvaise humeur. Permette* que le Dr. True’s Elixir vous soulage. Gran deur de famille $1.20; autres grandeurs 00c et 40c. Employé avec succès depuis plus de -Î5 ans. RADIO ETJLA PRESSE Ijes membres de la Presse Asso ciée se sont déclarés, ces Jours der niers, h New-York, en laveur de li transmission par radio dés nouvel les d'importance nationale,; et inter nationale, eu cours d'und* réunion préliminaire à l'assemblée'régulière annuelle qui eut lieu mercredi. 11 fut reco ni mondé d'autoriser 1.» bureau dé dtvectfon ft permettre la transmission limitée dos événements importants sotis garantie. Une réso lution ft cet effet, nui a été adoptés à la séance de lundi, a été soumise pour ratification à l'assemblé-s do mercredi. Cette résolution se lit ainsi: “Attendu que les progrès consi dérables et continuels du radio of frent de nouveaux problèmes qui no furent pr.s prévus lorsque les règle ments et lots actuels do la Presse Associés furent adoptés; "Attendu que le grand intérêt pu blie manifesté a l’égard des résul tats des élections présidentielles et des autres événements pouvant In téresser toute la nation, a souveut soulevé la question de l'opportunité de permettre l'usage limité et con trôlé de nouvelle» de la Presse As sodée pour la transmission par ra dio de tels événements importants; “Il est résolu que le bureau de di rection soit autorisé ft adopter le-* réglements nécessaires qui permet tront l’émission par radio de telles nouvelles de l'association qui pour ront. être jugées d’une certaine im portance’ nationale ou internationa le, ft pourvoir il des gcrantles adé quates et il exiger que dans chaquo cas le crédit en soit donné à la Pres se Associée.’* s CORRUPTION DES MOEURS Lcd tendances féminines à se fai re une ‘'nouvelle liberté" et de se conipltIre dans tous les vices pro pres aux hommes ont même envahi les hlgh, schools de jeunes filles, a déclaré le professeur M. V., ©’Sh-ea, de rUniverslté du Wisconsin qui tral'alt ft Chicago, de la "Psycholo gie de l'Adolescence” il la conféren ce nationale des Camp Flro Gtrls. “Même les jeunes étudiantes fu ment des cigarettes et boivent des hlgh balls. De nos jours, les Influen ces du pays portent les jeunes filles fl être indociles et 1*1 i.sées et il se complaire dans tous les sophismes. On veut vivre trop vite et les autres facteurs de corruption sont le ciné ma. l'auto et la danse moderne. On recherche les émotions nouvelles, l’éneryement et l’on marche fl grands pas vers la corruption do3 moeurs. Geo. 0. LaRochelle AVOCAT 240 rue Lisbon, Lewiston. CHAMBRES. 4-B Téléphone S0«J no Bois de Boîtes Durant deux Ç7 CH 10 voyage mois Q bOU Bon combustible—Tél. 1912 JAMES P. MOWEE A. A. COBB, M. D. r UX. OREILLES, NEZ. OOBOB Allaitement de Lnnettee HOPITAL P RI VB 243 rue Main, Auburn. On perle frencele ne Vos Dents Traitées -proprement par un homme qui donne son attention personnelle. 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Sou vent aussi j’avais la migrai ne, ce qui contribuait à m’af faiblir de plus en plus. J’ai pris des Pilules Rouges pour me tôu'ifîer et, en très peu de temps, je me portais bien, j’étais forte, avais un bon ap pétit et une bonnedigestion”. Mme Geo. Laliberté, 173, Spring, Manville, R.I. “Je souffrais de mauvaise digestioudcpuisaudelàd’une année. Cela m’avait affai blie j’avais des douleurs de dos et quand j’avais un peu travaillé, je me sentaissi fa tiguée que je ne dormais pas de la nuit. Je savais que beaucoup de femmes avaient été soulagées en employant des Pilules Rouges et c’est eu prenant moi-même ce re mède que je me suis remise”. Mme Hercule Longpré, Pointe-aux-Tremblcs, Mon tréal. “J’étais considérablement affaiblie pardes maladies pré maturées que j’avais subies et j’avais à souffrirde toutes sortes de malaises. Depuis que j’ai pris des Pilules Rou ges, tout est changé je me sens vigoureuse et je n’ai plus les ennuis d’autrefois”. Mme Adolphe feéland, Loui seville, (Maskinongé), P. Q. CONSULTATIONS GRATUITES. Les méde cins de la Compagnie Chi mique Franco-Américaine donnent des consultations gratuites à toutes les femmes qui viennent les voir ou qui leur écrivent. Les Pilules Rouges pour les Femmes PAlcs et Faibles sont en vente chez tous les marchands de remèdes et sont sans contredit le remède le meilleur marché. N'acceptez jamÀis de substitution voyez à ce qu’on vous donne le* véritables Pi lules Rouges de la Compagnie Chimique Franco-Américaine. Si vous ne pouvez vous les procurer dans votre localité, écrivez-nous, nous vous les enverrons sur réception du prix, 50 sous la boite. COMPAGNIE CHIMIQUE ERANCO-AMERICAINE Entée, 274, rue St-Dcais, Montréal. FEUILLETON DU "MESSAGER” No. 31 LA Jolie Boiteuse Roman dramatique Deuxième Partie “La Carte à Jouer” C'étaient là les principaux chefs d’accusation. Courpierre, Marquis, Bénédict et Sarah nièrent énergiquement, cha cun en ce qui le concernait. Marquis avait pour maxime l’ex clamation célèbre jetée par Avinain du haut de l'escalier de la guillo tine: —N'avouez jamais! Quand les dossiers furent ren voyés devant la chambre des mises en accusation, ce ne fut plus qu’un retard de quelques jours. L’affaire devait venir en cour d’assises le S mai. Le jour de la séance arriva. Pendant l’instruction, quelque» détails avaient transpiré sur les mystérieux crimes auxquels deux des misérables avaient été mêlés. De telle sorte |ue la salle de la cour d’assises réservée au public était pleine. Les débats durèrent deux jours et furent très animés. Marquis, dans sa longue carrière, avait accumulé bien des crimes, mais comme jamais, même dans les cir constances les plus difficiles et les plus désespérées de sa vie, le sang froid ne l’avait abandonné, il n’a vait point laissé derrière lui ces in dices accusateurs que les criminels vulgaires sèment, comme à plaisir sur leurs traces. II n’y avait contre lui et Cour pierre, sur la plupart des chefs d’ac cusation, que de fortes présomp tions, une certitude morale, sans preuves véritables. Marquis, imperturbable, répondit à toutes les questions sans se trou bler une ^seconde. Quant à Courpierre, suffisamment stylé, il ne'commit point d’impair, et, comme sa leçon était faite de puis longtemps, on reconnaît là l’expérience de Marquis— leurs ré ponses concordèrent pendant l’ins truction et les débats. Restaient les meurtres de Ledrut et de Chambarand, l’empoisonne ment de Céleste et la tentative con tre Claude. Sur la question de l’empoisonnè ment, le docteur Laurent avait été entendu par le juge d’instruction, d’abord, avant d’être ciié coratno té moin il la cour d’assises. Le docteur, pris de scrupules, re fusa de se prononcer. Marquis n'avoua ni l’un ni l’au tre. 11 mit la mort de Chambarand sur lo compte d'un suicide. Quant à Ledrut, il prétendit ne l’avoir jamais vu et mit en demeu re Corentin et la justice d’expliquer pourquoi et dans quelles circons tances il aurait été recherché par cet agent. La délibération fut longue... Enfin, un huissier cria: “Silen ce! et la cour rentra, reprit sa place, en même temps que le jury. Le défaut de preuves dans plu sieurs chefs do l'accusation et l’hé sitation qui avait pesé sur la plus —gr'PMrawvy B’wtHiytiM a—bm grande partie des déliais avaient exercé une influence sur l’esprit des jurés. Ils reconnurent, par une étrange aberration d'esprit dont les Jurys ont donné _en ces derniers temps plusieurs exemples fâclieux, ils re connurent. disons-nous, Marquis et Courpierre coupables, mais admi rent des circonstances atténuantes. Les deux bandits, au lieu d'étro condamnés à mort, dénouement qu'ils attendaient, ne furent con damnés qu’aux travaux forcés à per pétuité! Quand ils entendirent prononcer cette condamnation, ils relevèrent la tète soudain, un sinistre éclair dans les yeux. Et ils se regardèrent, mus par la même pensée. Les lèvres de Marquis murmurè rent. sans qu'aucun son sortît de sa bouche: -—Les travaux forcés? Cayenne? On en revient! Et Courpierre comprit. Quant à Bénédict et à Sarah Cof fre-Fort, il n'existait contre eux que l’accusation de complicité dans la tentative d’empoisonnement et la loi reconnaît difficilement les tentatives de ce genre, presque Im possible à prouver et dans la tentative de meurtre contre Claude Preux. Sarah fut condamnée à dix ans de réclusion. Ilénédict à dix ans de travaux forcés. Les gendarmes emmenèrent les condamnés ot las témoins s’en al lèrent. Quant à Corentln, ne s'occupant plus des autres. il était sorti, emme nant Jeanne, qu’il entraîna sur la boulevard du Palais. Là, ils marchèrent quelques ins tants l’un à côté do l'autre, sans s’a dresser la parole. Ils étaient pâles tous les deux et un pli creusaiÉ leur front. A la fin, ils s’arrêtèrent, et Jean ne formula à limite voix mais sa voix tremblait légèrement les ré flexions qui lui étaient venues. —Ainsi, dit-elle, cet homme a tué mon père qui était envoyé là par la justice mon père qui faisait son devoir... il l’a tué... et pour condamnation, les travaux forcés... il aura la vie sauve, car vous le connaissez, cet homme, Core.itih, vous savez queJle est son énergie, de quelles ressoudes d'esprit et d'inventiop il dispose. Marquis ne restera pas à Cayenne, assurément... Il reviendra en France, oit il re commencera bit vie de crimes, de' meurtres. Est-ce donc là la jus tice?... Et croyez-vous mon père suffisamment vengé? —Hélas! Jeanne. qu?. faire? La justice est au-dessus de nous, passe au-dessus de nos tètes... Si j’avais écouté, ma première inten tion, au lieu de livrer Marquis et Courpierre au parquet, je me serais fait justice moi-même... je n’en ai pas le droit, c'est vrai! mais j'en ai tant vu à la préfecture! 11 y avait Jù deux vipères. peu impor te le pied qui les eût écrasées. Aujourd'hui, nous ne pouvons plus rien, nous avons les bras liés par cet arrêt du jury, par cette condam nation étrange qui les sauve. Nous n'avons plus qu'à nous résigner! —Nous résigner, mon ami, ja mais! Tant que ces deux hommes n'auront pus payé de la vie 1 assas sinat de mon père, je ne considé rerai pas que notre tâche est ter minée —Cependant... que pouvons nous faire? —Vous, rien, mon mni... N’é tes-vous pas lié par votre devoir, par vos fonctions à la préfecture? —Quel est donc votre projet, et pourquoi semblez-voua ne pas vou loir me le confier? —Oh! je n liésite pas, je vais vous le dire. Je trouve la sentence de la cour d'assises injuste. Je veux lui substituer ma sentence à moi. —Votre sentence, Jeanne!. —Marquis et Courpierre ont tué mon père!. Us méritent la mort... Us mourront!... je le veux! Et c’est moi qui les punirai, dussé-je moi-mémo périr.s à la peine!. Ecoutez-moi, mon ami. je vais être plus claire. Ces deux hommes vont partir pour la Guyane, où ils seront, transportés? -Oui, et probablement envoyés au pénitencier da i’Ue itoyale ou de Sainte-^larie. —Elt bien, je-yeux les suivre. —Pourquoi? —Pour attendre patiemment l’heure de la punition pour dux. —-Vous iriez à Cayenne? .—Oui. Et je u'âi pas d'argent, je n'en al pas assez du .moins, mais j’ai songé à Céleste, qui est très riche. Elle m'aime. Elle ne refusera pas do nie prêter ce qu'il me fau dra. J’en suis sûrfe# c; —Et vous iriez seule! —J'al compté sur-vous, mon ami. Je sais que vous ne” m'abandonne rez pas. Me suis-je trompée? —Non. certes. Et je vais à l’ins tant signer ma démission. I)e cette façon, je serai plus libre. Quand nous écrous revenus de notre expé P, lit» til'l'jQil! j. dition, je trouverai toujours bien do quoi m’occuper. .Tl. Cluude Preux no m'abandonnera pas. —Allez, mon ami. Et pendant que vous serez à la préfecture, moi j'irai voir Céleste et je lui dirai mon projet. Le soir ils se retrouvaient ensem ble. —Je suis libre, dit Corentin, ma démission est acceptée. Ce n’a pas été sans peine! M. Claude la refu sait. —Et moi, j'ai cent mille francs pour notre voyage, dit Jeanne. Et ils firent leurs préparatifs de départ. EPILOGUE LES DEUX SENTENCES I Nous avons traversé l’océan et nous sommes sous le brûlant soleil de la Guyane française, aux lies du Salut. Le jour où nous introduisons nos lecteurs dans le bagne. à deux heures de l'après-midi, c’est le mo ment du repos, et les forçats, grou pés çà et lù, sous l’oeil des surveil lants, sont accablés par l'épouvan table chaleur d’un soleil torride. Non loin du rivage, adossés con tre un palétuvier, deux forçats cau sent à voix basse. Ce sont Marquis et Courpierre. ils ont changé tous les deux leur costume. Marquis, son habit râpé, son pantalon collant, son chapeau à haute forme, Courpierre, sa blouse, ses demi-bottes et son chapeau de feutre mou, contre l’uniforme régle mentaire du bagne de Cayenne. Ils ont tous les deux la chemise et le pantalon de toile grise, le cha peau de paille et les sabots. Cour pierre fume sa pipe et Marquis réflé chit, tout en ne perdaut pas do vue le surveillant qui les examine à la dérobée et passe auprès d’eux à cha que instant." Courpierre et Marquis échangent de rares paroles. Ils sont .au bagne depuis un mois déjà, et depuis le lendemain même de son arrivée. Marquis rêve de fuir. Son Imagination inventive est en éveil. Et il a trouvé, et c’est son projet d'évasion qu’il communique à son complice; car il ne veut pas s’eu aller seul, il s’est pris d’une certai ne amitié pour Courpierre, à force de vivre *avec lui des mêmes crimes et de courir uvoe lui les mêmes dan B gers. Et si Marquis a une chance do gagner la colonie anglaise, où il trouvera droit d'asile, où il sera sauvé, il veut que cette chance Courpierro la partage avec lui, com me jadis les dangers et les crimes. Amitié de bagne, moins rare qu’on ne pense! Le projet de Marquis est auda cieux; c’est‘la mort au bout de ce projet s’il ne réussit pas! Courpierre le comprend si bien qu’il en est devenu tout soucieux, malgré son courage aveugle et sa toi en Marquis. Courpierre, ii voix basse, fait des objections. Et pour le persuader, lui enlever ses craintes. Marquis lui raconte de point en point comment il a com biné leur évasion, une tentative étrangement dramatique et dont on parle encore dans les pénitenciers de Cayenne! —Ecoute-moi bien, disait Mar quis, et surtout ne me force pas de répéter, parce que je ne veux pas être long et le surveillant a l'oeil sur nous. —J’écoute. Je ne t’interromprai pas une seule fois. Alors, par phrases entrecoupées de silences nécessités par les fré quentes apparitions des surveillants auprès d’eux, Marquis commença son récit. Pour que nos lecteurs compren nent bien l’originalité de la tenta tive qu’avait rèv.ée le bandit, nous devons, auparavant, leur donner quelques explications sur la confi guration de l’He Koyaffe, où il était interné. Pour approprier cette fie à sa nouvelle et Binistre destination, il avait fallu exécuter de grands tra vaux de terrassement. Lie même que, pour trouver sur les plateaux supé rieurs l’emplacement nécessaire aux baraquements, il ne fallait rien né gliger. I/ensemble des baraques dans lesquelles lés transportés fu rent parqués par escouades ou cham brées, les casernes des soldats et des surveillants, la gendarmerie, le loge ment du commandant particulier, ceux des officiers, des agents divers. l’I^ôpitul, l'église, les magasins et leir ateliers de confection absorbè rent tout l’espace. Dans la partie Inférieure de l’île on installa un quai, un dépôt de charbon, des chantiers, des forges et des ateliers d’ajustage pour les réparations des bfitiments à vapeur. Et lorsque tout cela fut prêt, on s’aperçut qu’il ne restait point de plttce pour le cimetière. {A j»ume£ LE COIN DE LA MODE Par SIUrJcy Sharon BÜTTKRICX 6018 -w La robe avec tabllet: une autre nouveauté de la mode printanière. Un modèle de robe d'éfé. du genre de celle illustrée aujourd'hui, fut récemment montré aux chtimrs de courses do Longchamps. Les dé tails caractéristiques de cette blou se étaient le collet dit encolure-cra vate les itnanchas très courtes et le tablier par petits plis craquelés. Les tissus employés sont pins brillants que jamais pour la pro chaine saison et les soies imprimées ds couleurs voyantes obtiennent une très grande vogue. La question de la manche est im portante à l’heure actuelle, mais apparemment il n'exlste pas de loi fixe lu gouvernant. La règle veut cependant que lorsqu’elle est lon gue le bas en soit un pou bouffant au poignet; surtout dans le cas des soles et Georgatleà. ÎN'atftrellement la manche courte sera très populaire pour- i’été prochain, surtout parmi les jeunes femmes.
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