# Toolia Ulvik — Cancer du sein à 33 ans : résilience, course & redéfinir la vie

An episode of [UMEA | Le Balado](https://invisiblenetwork.ai/podcast/1869986285), 2 Jun 2026, 1 h 17 min.

Audio: https://episode.flightcast.com/01KSQ9FP0PKNH724302J7EVWQM.mp3

Dans cet épisode du balado umea, je reçois Toolia Ulvik — kinésiologue, physiothérapeute, athlète, et une femme de 33 ans qui traverse l'un des défis les plus exigeants qui soient : un cancer du sein de stade 3. Toolia incarne la résilience, la vulnérabilité et la force tranquille. À 33 ans, au sommet de sa forme physique et mentale, elle reçoit un diagnostic qui bouleverse tout : un cancer triple positif, agressif, qui nécessite des traitements lourds et prolongés. Chimiothérapie, double mastectomie, radiothérapie, ménopause induite — et malgré tout, elle continue de courir, de sourire, de partager son histoire avec une authenticité désarmante. Ce qui rend cette conversation si puissante, c'est que Toolia refuse de se victimiser. Elle choisit de voir ce défi comme une traversée, comme un ultra marathon où chaque jour est une étape, où la résilience se construit pas à pas, où la joie devient une médecine, et où la communauté devient un ancrage essentiel. Elle parle avec une franchise totale de ce que personne ne dit assez : la charge émotionnelle d'annoncer un diagnostic à ses proches, la difficulté de recevoir les réactions des autres, l'importance de demander de l'aide sans honte, la transformation identitaire qui accompagne la perte de ses cheveux, de ses seins, de son cycle menstruel. Mais aussi, et surtout, elle parle de la beauté des moments de connexion humaine, de la gratitude immense qu'elle ressent face au support reçu, et de la façon dont le mouvement — courir, danser, bouger — est devenu sa thérapie, sa médecine, son ancrage. Dans cet épisode, on explore : • Le parcours de Toolia — de l'athlète au sommet de sa forme à la patiente en traitement pour un cancer du sein agressif • Le moment du diagnostic — comment elle a découvert la masse, le processus médical, et la nouvelle qui a tout changé • La ménopause induite à 33 ans — les injections de Zoladex, les effets secondaires, et comment ça change son corps et son identité • La transformation physique — la perte des cheveux, des sourcils, des cils, des seins, et comment elle a appris à redéfinir sa féminité • Le GoFundMe — pourquoi elle a dû arrêter de travailler, comment elle a reçu une vague d'amour incroyable, et pourquoi elle va réouvrir une levée de fonds • Le rôle du support comme médecine — comment la communauté, les amis, la famille, et même des étrangers l'ont portée à travers ce défi • Les « bids for connection » — comment elle crée des moments de connexion humaine avec des inconnus, et pourquoi c'est nourrissant pour l'âme • La course à pied comme thérapie — pourquoi elle continue de courir pendant la chimio, comment elle a adapté son approche, et pourquoi bouger est devenu sa médecine • Son rituel avant chaque chimio — danser avec 200 personnes à distance, visualiser ses cellules heureuses, et entrer dans le traitement avec de la joie • Le Arctic Triple en Norvège — son rêve de courir au Lofoten en 2027, et comment ce projet boucle la boucle avec sa première course de trail • La philosophie norvégienne « Friluftsliv » — vivre en connexion avec la nature, s'adapter à elle plutôt que de la contrôler • La quête de sens — pourquoi elle croit que les choses n'arrivent pas pour rien, et comment elle refuse de se victimiser Toolia parle avec une vulnérabilité rare de ce que personne ne dit assez : que la résilience ne se construit pas dans l'absence de douleur, mais dans la capacité à continuer malgré elle. Que la joie peut coexister avec la souffrance. Que demander de l'aide n'est pas une faiblesse, mais un acte de courage. Et que chaque jour, chaque moment de connexion, chaque pas en montagne est une victoire. Un épisode essentiel pour toutes celles et ceux qui traversent un défi, qui croient au pouvoir de la communauté, et qui rêvent de vivre avec authenticité, gratitude et résilience.

## Transcript

[0:00] Aujourd'hui au Balado IMEA, on reçoit une invitée d'exception.
[0:06] C'est définitivement l'un des épisodes du Balado qui a été le plus transformateur pour moi.
[0:14] J'ai l'impression qu'il va avoir eu un impact énorme,
[0:17] puis je suis certaine que ça va être la même chose pour beaucoup d'entre vous.
[0:22] Je reçois une femme dont la trajectoire vient profondément redéfinir ce que ça veut dire la résilience,
[0:28] ou juste simplement continuer d'avancer.
[0:31] Je reçois Thulia Ulvik, qui est une athlète, une kinésiologue et physiothérapeute de formation,
[0:38] une jeune femme de 33 ans, qui est profondément ancrée dans le mouvement,
[0:42] puis aujourd'hui qui traverse l'un des défis les plus exigeants qui soient.
[0:47] À 33 ans, elle a reçu un diagnostic de cancer du sein de stade 3,
[0:52] qui est une forme agressive qui nécessite des traitements lourds et prolongés.
[0:57] Puis, elle a eu un diagnostic de cancer du sein de stade 3,
[0:58] puis c'est une réalité qui bouleverse non seulement son corps,
[1:02] mais aussi son identité, son quotidien, sa capacité à travailler.
[1:07] Puis, elle vient sur le balado pour nous raconter son histoire,
[1:12] nous parler avec un message d'espoir, un message positif.
[1:17] Vous allez voir, c'est un être rayonnant, lumineux.
[1:21] On ne tombe pas vraiment tant que ça dans le médical, on l'aborde un peu,
[1:26] mais on parle vraiment de...
[1:28] Vraiment, cet épisode-là est en train de la transformer en profondeur.
[1:31] On parle du support des autres, de la réaction de l'entourage,
[1:36] puis de sa transition vers la nouvelle version d'elle-même, sa nouvelle identité.
[1:42] On parle de féminité, de son rapport à son corps, puis à sa personne qui change.
[1:50] Le rôle du support comme ancrage, pas juste comme ancrage, même comme médecine.
[1:55] Puis, le sport aussi, non pas pour performer, mais pour traverser cette période-là.
[2:03] Puis, on parle vraiment beaucoup de vulnérabilité, de devoir demander de l'aide,
[2:08] de s'appuyer sur une communauté.
[2:11] Puis, tout ça, à quel point c'est important quand tout est incertain.
[2:15] Puis, c'est tellement émouvant de l'entendre parler parce qu'elle est tellement poussée.
[2:20] Vous allez voir, il n'y a rien de plus inspirant.
[2:22] Puis, Thoulia, non seulement, elle traverse cette grande période-là,
[2:24] tu sais, on parle même du lien avec les médecins, du processus sportif adapté à sa réalité,
[2:32] mais elle a un projet de courir un ultramarathon très prochainement.
[2:38] Puis, elle veut en faire un contexte de documentaire qui vient donner aussi du sens à tout ça,
[2:43] qui vient créer un impact chez les gens.
[2:46] Pas qu'elle n'avait pas d'impact avant parce qu'elle en a très certainement.
[2:50] Bref, c'est une conversation sur la résilience, sur la reconstruction,
[2:53] sur ce que ça veut dire d'avancer.
[2:54] Concrètement, pour elle, une conversation des plus inspirantes.
[2:59] Vous allez voir, ça m'a vraiment beaucoup émue.
[3:02] Puis, il y a plusieurs façons de supporter Thoulia également.
[3:06] Je sais qu'au moment de la diffusion du balado, il va y avoir un GoFundMe ouvert pour la supporter.
[3:12] Puis, je vous invite tous et toutes à la supporter, que ce soit à travers ce GoFundMe-là
[3:18] ou en connectant avec elle, en lui envoyant des bonnes énergies,
[3:22] puis en lui donnant des contacts.
[3:24] Vous pourrez peut-être avoir besoin pour son projet de documentaire.
[3:28] On parle de contacts pour aider à financer le tout.
[3:32] Donc, elle va en parler beaucoup plus dans le balado.
[3:36] Je la laisse décrire tout ça.
[3:39] Mais voilà, j'espère que vous allez apprécier.
[3:41] Moi, c'est genre ressort, changer, grandir.
[3:46] Je n'ai pas de mots.
[3:46] Donc, voilà, j'arrête de parler.
[3:48] Bonne écoute.
[3:49] Bienvenue, Thoulia, au balado.
[3:51] Merci.
[3:51] Merci d'être là.
[3:52] Merci de me recevoir, vraiment.
[3:54] Bien, écoute, on ne se connaît pas encore.
[3:57] C'est la première fois qu'on se rencontre aujourd'hui.
[3:58] Puis, je vais apprendre à te connaître à travers le balado.
[4:02] Je n'ai pas écouté ton récent épisode avec Toutrelle,
[4:06] qui avait l'air vraiment excellent,
[4:08] parce que beaucoup, beaucoup de personnes l'ont partagé.
[4:11] Puis, je sais qu'on va aborder des sujets complémentaires au balado de Toutrelle.
[4:17] Donc, j'invite tout le monde à aller l'écouter également.
[4:20] Mais j'ai envie quand même, pour toutes celles et ceux qui ne te connaissent pas,
[4:23] que tu t'introduises à la communauté du balado humain.
[4:27] Oui, bien, moi, c'est Thoulia, moitié norvégienne, moitié québécoise,
[4:31] d'où le nom assez unique.
[4:34] Je suis physiothérapeute, kinésiologue.
[4:37] Je suis aussi certifiée en respiration consciente et soins somatiques.
[4:42] Et dernièrement, avant que je tombe malade,
[4:49] j'ai donné un voyage sportif de randonnée avec Mouvement Zen Active,
[4:53] au nord de la Norvège.
[4:55] Donc, je fais plein de projets différents et qui me stimulent,
[4:59] mais dans le même domaine de la santé des humains et du sport.
[5:05] Dernièrement, ma vie a vraiment changé.
[5:08] Le 25 juillet 2025, j'ai reçu un diagnostic de cancer du sein, stade 3.
[5:15] Donc, évidemment, ça a chamboulé ma vie.
[5:18] Et depuis, mon travail temps plein, c'est la guérison.
[5:22] J'aime ça le dire comme ça.
[5:23] Parce qu'on n'imagine pas à quel point c'est un travail temps plein.
[5:28] Et donc, je focus toute mon énergie là-dessus.
[5:32] Pourquoi c'est un travail temps plein?
[5:33] Comment ça ressemble à quoi ta vie depuis que c'est arrivé dans ta vie?
[5:37] C'est beaucoup de rendez-vous.
[5:38] C'est pour ça que, tu sais, c'est pas un travail, mais le focus est là.
[5:44] Donc, c'est beaucoup, beaucoup de rendez-vous à l'hôpital,
[5:48] des tests, des rendez-vous avec différents professionnels de la santé,
[5:52] aux trois.
[5:53] Trois semaines, par exemple, j'ai eu de la chimiothérapie à l'automne.
[5:58] Une des chimiothérapies qui est la plus agressive et la plus ciblée
[6:02] parce que le cancer du sein que j'ai, c'est un triple positif.
[6:06] Donc, HER2 positif, progestérone positif et estrogène positif.
[6:12] Ce qui veut dire que le cancer est hormonodépendant.
[6:15] C'est aussi un des cancers qui se développe le plus rapidement.
[6:18] Et puisque je suis jeune, ah oui, j'ai 33 ans, by the way.
[6:20] Oui, t'as quel âge?
[6:22] Oui, 33 ans.
[6:23] L'âge d'éveil spirituel.
[6:26] Donc, assez particulier que je vive un changement total de tout mon corps
[6:34] et à travers tout ça.
[6:38] Donc, comment ça se passe?
[6:40] Il y a un diagnostic, évidemment.
[6:42] Ensuite, on rencontre l'oncologue et on a un plan de traitement.
[6:45] Est-ce que c'est rapide, toutes ces étapes-là, à partir du moment?
[6:48] Tu sais, comment c'est arrivé, cette nouvelle-là, dans ta vie?
[6:51] Est-ce que t'avais une douleur?
[6:54] Comment est-ce que tu l'as su?
[6:57] Donc, si on revient un peu en arrière, je reviens de mon voyage en Norvège en juin.
[7:03] Je suis vraiment au top de ma forme et au top de, je dirais presque de ma vie à ce moment-là
[7:09] parce que je reviens d'un gros high, un voyage incroyable.
[7:12] J'ai fait ma première course en trail en Norvège aussi, au nord de la Norvège.
[7:16] Donc, je reviens et je suis extrêmement heureuse.
[7:20] Et je découvre une masse dans mon sein gauche.
[7:23] Ensuite de ça, c'est une masse assez grande, 4 cm.
[7:26] Donc, tu sais, on peut imaginer comme un noyau d'avocat.
[7:31] Je ne sais pas pourquoi j'ai cette référence-là.
[7:33] Est-ce que t'as mangé un avocat tout à l'heure?
[7:35] Non, mais on dirait que comme ça, ça me fait penser exactement à un noyau d'avocat.
[7:41] Et donc, j'appelle mon médecin de famille.
[7:43] Je vois mon médecin de famille.
[7:44] Elle m'envoie immédiatement en mammographie.
[7:46] Ça, ça prend peut-être deux semaines.
[7:48] Ensuite de ça...
[7:50] J'ai une biopsie.
[7:51] Ça prend un autre peut-être deux semaines.
[7:53] Donc, le diagnostic arrive le 25 juillet.
[7:56] Et j'ai l'impression que j'ai commencé le processus le 12 juin.
[7:59] Donc, un mois et demi après, j'ai un diagnostic.
[8:02] OK.
[8:02] Toi, tu sentais déjà que tu n'allais pas avoir des bonnes nouvelles à ce moment-là,
[8:08] à partir du 12 juin, quand tu es sortie de ton rendez-vous médical?
[8:13] C'était très partagé.
[8:15] Parce que beaucoup de masses peuvent être...
[8:20] Bénin.
[8:21] Oui, je ne sais pas comment dire en français.
[8:22] Bénin.
[8:23] En tout cas, vous nous admirez en commun.
[8:26] Donc, beaucoup de gens, pour être positif, m'ont dit,
[8:30] mais non, mais ça peut que ça soit bénin.
[8:32] Inquiète-toi pas.
[8:34] J'avais quand même un sentiment que c'était quelque chose de grave.
[8:38] Et j'essayais de me dire, je dois catastrophiser.
[8:42] J'essayais de me dire, non, ce n'est pas ça, non, ce n'est pas ça.
[8:46] Mais je t'avoue que ce mois-là, j'ai été très absente.
[8:50] J'étais très absente mentalement au travail.
[8:53] C'était très difficile d'être concentrée.
[8:54] Je n'en ai pas parlé parce qu'on ne savait pas encore.
[8:57] Donc, moi, je suis dans un processus de stress mental,
[9:00] une lourdeur qui me met un peu dans un fog inès,
[9:05] comme un brouillard mental, jusqu'à temps que le diagnostic tombe.
[9:09] Quand le diagnostic est tombé,
[9:13] même mon médecin a eu de la difficulté à me le dire.
[9:16] Puis, le soir d'avant, j'ai vraiment pleuré beaucoup
[9:19] en pensant, je pense que ça va tomber, un diagnostic positif.
[9:24] J'avais vraiment un grand feeling que ça allait être ça.
[9:28] Je ne pourrais pas dire pourquoi.
[9:31] Et quand le diagnostic est tombé, c'est exactement comme dans les films.
[9:35] C'est très difficile à croire.
[9:39] On se pense dans un film, une réalité altérée.
[9:44] On entend la nouvelle.
[9:46] Pour moi, j'entends la nouvelle, c'est très grave.
[9:49] Je suis à la maison, chez mes parents.
[9:53] Mais mes parents étaient en Norvège, en plus.
[9:55] Je monte en haut et je le dis à mon grand frère.
[9:58] On vit la nouvelle ensemble.
[10:00] Et le lendemain, je me souviens, je suis allée courir.
[10:02] Puis, pendant toute ma course, c'est comme si je suis encore dans un genre de brouillard.
[10:07] Ce n'est pas possible que ça soit vrai.
[10:09] J'ai 33 ans, je suis super en forme.
[10:14] Jamais, je n'ai pensé que ça pourrait m'arriver.
[10:16] Et pourtant, oui.
[10:19] Et ce n'est pas génétique.
[10:21] Ce qui est assez étonnant aussi, de mon côté.
[10:23] Parce que du côté de mon père, il y a eu un cancer du sein de ma tante.
[10:27] Il y a d'autres cancers.
[10:29] Mais mon test génétique était négatif.
[10:31] OK.
[10:32] On peut savoir que le cancer du sein est génétique au moment où est-ce qu'il est diagnostiqué?
[10:38] Ils vont faire un test génétique par la suite.
[10:41] Donc là, il y a un diagnostic.
[10:42] Et là, on voit un oncologue.
[10:43] Et là, il y a plusieurs tests qui doivent être faits.
[10:46] Un TEP scan pour aller voir tous les autres organes.
[10:49] Aller voir.
[10:49] Est-ce que ça s'est propagé?
[10:51] Donc, il y a plein de tests, le test génétique, avant de commencer la chimio.
[10:54] Donc, c'est un autre mois et demi qui passe avant que je commence la chimiothérapie.
[11:01] Mais c'est moins difficile ce mois-là que le mois d'avant.
[11:05] Parce que quand tu ne sais pas ce qui va arriver, c'est plus difficile d'être dans l'inconnu.
[11:09] Et là, quand tu as un plan, c'est comme si tu peux te préparer mentalement à affronter ce plan-là
[11:16] et commencer le processus de guérison.
[11:18] Puis comment tu te sens dans ton corps tout le temps que tu as le diagnostic,
[11:26] mais il n'y a pas encore d'action concrète menée pour traiter le cancer?
[11:33] Est-ce que tu as l'impression que tu es un étranger dans ton corps?
[11:38] C'est vraiment bizarre comme question.
[11:39] Oui, non, c'est une bonne question.
[11:42] C'est sûr qu'il y a une masse.
[11:43] Puis en plus, pour ceux qui ne voient pas le visuel en ce moment,
[11:48] je ne pense pas qu'on voit avec mon chandail, mais j'avais des petits seins.
[11:51] Donc, la masse prenait presque, rendu là, la moitié de mon sein.
[11:54] On la voyait sur... Moi, je la voyais dans le miroir.
[11:58] Donc là, il y a une grosse masse qui sort vers l'extérieur,
[12:03] qui fait mal quand je me couche sur le ventre.
[12:05] Mais je n'ai aucun autre symptôme à part la fatigue et aussi comme un genre de...
[12:10] Je reviens au brouillard mental parce que je me suis même foulée une cheville.
[12:14] J'étais censée faire le QMT.
[12:16] Je me suis foulée une cheville dans une rando, mais comme vraiment...
[12:18] Je n'ai vraiment pas rapport, juste que je ne suis comme pas là.
[12:23] Puis d'ailleurs, c'est pas mal ça que j'ai fait tout le mois de doux.
[12:27] Qu'est-ce que... Il y a certaines femmes qui vont faire énormément de recherches,
[12:31] qui vont être comme, c'est quoi toutes les choses que je peux faire,
[12:34] tous les traitements, tout ce que tu veux savoir sur le cancer.
[12:39] Et il y a des personnes comme moi qui décident de juste vouloir profiter de la vie à fond
[12:46] avant de commencer la chimio.
[12:48] C'est ça.
[12:48] C'est quoi ta façon de protéger de la vie?
[12:50] Aller courir, oui.
[12:52] Tu étais déjà une coureuse.
[12:53] Oui.
[12:53] J'imagine.
[12:54] Oui, c'est ça.
[12:55] Depuis combien de temps tu cours?
[12:56] 2020, à peu près, oui.
[12:59] Au niveau de courir comme régulièrement.
[13:03] J'ai commencé à courir pas mal avec le COVID, comme beaucoup de gens.
[13:07] Tu habites dans quel coin?
[13:08] J'habite sur le plateau.
[13:10] OK, parfait.
[13:11] Tu as toujours été à Montréal?
[13:12] Non, je suis arrivée à 17 ans de l'Estrie.
[13:15] OK.
[13:15] Une fille de campagne, de la nature.
[13:17] OK.
[13:18] J'ai habité en Norvège aussi étant petite.
[13:21] Ça se dit bien.
[13:22] Oui, c'est ça.
[13:23] Pas mal nordique, mes origines.
[13:25] Canada et Norvège, quand je voyage, c'est quand même assez drôle comme réponse.
[13:31] Et donc, les montagnes, je pense que ça vient de là, mais les montagnes, c'est vraiment
[13:34] mon healing space, mon happy place, donc ma place de guérison, ma place où je me sens
[13:39] le plus connectée et le plus zen et le plus heureuse.
[13:43] Donc, pendant ce mois-là, je suis allée courir beaucoup, beaucoup, beaucoup en nature.
[13:47] Je suis allée danser avec mes amis à un festival.
[13:51] C'est là que je leur ai annoncé.
[13:53] J'avais un festival de bien-être et de musique une semaine après mon diagnostic.
[13:58] Et la grande question, c'est est-ce que j'y vais?
[14:01] Puis ma soeur, je me souviens, sa réponse était tellement parfaite.
[14:04] Elle était comme, fuck oui, tu y vas, puis tu vis ta best life parce qu'on ne sait pas
[14:08] comment tu vas te sentir après.
[14:10] On ne sait pas ce qui va arriver.
[14:11] Donc, ce n'est pas le moment d'être prudente, si on veut, ou de te retirer de la vie.
[14:18] Au contraire, fonce, vis-là, vis du bonheur, remplis tes cellules de high vibrations,
[14:27] d'énergie positive, puis remplis d'amour, puis affronte le cancer avec cette énergie-là.
[14:34] Donc, moi, c'est comme ça que je l'ai perçu à ce moment-là.
[14:40] Puis, je commençais à l'annoncer.
[14:41] À mes amis, à mon entourage, ce qui est une grande étape que je n'ai pas souvent
[14:46] entendu parler dans les documentaires ou les podcasts ou des choses comme ça.
[14:50] Comment tu l'annonces?
[14:51] Mais, c'est ça, quand tu as reçu la nouvelle, est-ce que tu étais seule?
[14:54] Oui.
[14:55] En avais-tu parlé à qui que ce soit autour de toi?
[14:57] Oui, j'avais parlé à ma famille de la masse.
[15:01] J'ai dû appeler mes parents.
[15:04] Très difficile de contacter mes parents à ce moment-là parce qu'ils sont comme dans
[15:08] un chalet, pas vraiment de réseau.
[15:10] Ils n'ont pas de...
[15:11] Ils n'ont pas pris un forfait cellulaire norvégien.
[15:14] Puis là, je me souviens...
[15:15] Ils sont en Norvège actuellement?
[15:16] Non, ils étaient en Norvège à ce moment-là.
[15:19] Dans un grand voyage, disons, de six semaines.
[15:23] Puis là, ça faisait juste deux semaines qu'ils étaient là.
[15:25] Puis, ma mère est norvégienne, mon père est québécois.
[15:27] Donc, ça, elle est visitée la famille.
[15:28] Puis là, ils s'en vont dans un chalet.
[15:30] Et je me souviens, ma mère était sur le bus pour se rendre au chalet où il n'y a
[15:34] aucun réseau, aucune connexion, rien.
[15:36] Puis, j'insiste vraiment.
[15:38] Je suis comme, non, non, mais maman, il faut vraiment que je te parle parce que
[15:41] ils sont comme, oh, on va vous parler après.
[15:43] Ils sont...
[15:44] C'est ça, on va vous parler après, on va te parler après.
[15:47] Puis, je suis comme, non, il faut que je te parle tout de suite.
[15:50] Et je lui ai annoncé au téléphone.
[15:52] Elle l'a annoncé à mon père.
[15:54] Et ils sont revenus une semaine après.
[15:55] Ils ont écourté leur voyage sans ressentant le besoin de revenir pour être là pour moi.
[16:01] Je l'ai annoncé à mes frères, à ma belle-sœur le jour après.
[16:06] Donc, ça, c'était assez rapide.
[16:09] L'annoncer à mes amis, c'était...
[16:11] Une goutte après l'autre.
[16:13] C'est comme un ami après l'autre.
[16:15] L'annoncer au travail.
[16:17] Et à chaque annonce...
[16:19] Tu dois recevoir l'émotion des autres aussi.
[16:22] Oui, c'est ça. Exact.
[16:23] Comment tu...
[16:24] Je ne peux même pas imaginer la charge émotionnelle
[16:27] de recevoir cette annonce-là d'une part,
[16:29] que ce soit ta vie, mais après ça,
[16:32] d'avoir la pression.
[16:33] Je ne sais pas comment expliquer.
[16:34] Ce n'est pas juste la pression, mais la charge émotionnelle
[16:37] de devoir l'annoncer ensuite aux autres.
[16:40] Puis, je m'en souviens...
[16:41] J'imagine savoir que tu amènes de la tristesse
[16:45] chez les gens que tu aimes le plus au monde.
[16:47] Oui.
[16:48] Puis aussi, c'est surtout la question
[16:49] quand est-ce que tu l'annonces?
[16:51] C'est quoi le bon moment?
[16:53] Est-ce qu'il faut que je te dise
[16:54] qu'il faut qu'on parle et que c'est super stressant?
[16:57] Ou est-ce qu'il faut que j'aille prendre un café
[16:59] ou est-ce que je fais juste de l'annoncer quand on se voit
[17:00] parce que je préfère te l'annoncer en personne?
[17:04] C'était beaucoup ça, mes réflexions.
[17:05] Au début, je prenais vraiment comme un moment important
[17:08] pour l'annoncer.
[17:10] Ou je l'annonçais au début.
[17:11] Je l'annonçais au téléphone
[17:11] pour que ça soit peut-être moins une grande charge pour moi.
[17:17] Parce qu'étonnamment,
[17:18] énormément de gens ont une histoire personnelle à eux
[17:22] par rapport au cancer.
[17:25] Ils ont perdu des gens, eux, par rapport au cancer.
[17:28] Donc, tout de suite, ils se retrouvent dans leurs émotions
[17:30] personnelles, à leur histoire personnelle.
[17:34] Et la peur, pour moi, de me perdre,
[17:38] on en est à quel stade?
[17:41] Moi, c'est un stade 3, le cancer.
[17:44] Donc, quand même un stade avancé et agressif.
[17:48] Et donc, c'est quoi la bonne réaction à avoir?
[17:53] Il n'y en a pas vraiment.
[17:55] Souvent, la réponse qui n'est pas ma réponse favorite,
[18:00] c'était le cancer du sein.
[18:02] Ils ont tellement de bonnes avancées maintenant.
[18:05] Comme tu vas t'en sortir, c'est sûr.
[18:07] Ah, banaliser.
[18:08] Est-ce que c'est le fait que les gens banalisent?
[18:11] Ou c'est le fait qu'ils arrivent directement à une conclusion
[18:14] qui n'est pas du tout assurée?
[18:18] Ça vient d'une bonne place, évidemment.
[18:21] Mais je pense que c'est plus le positivisme toxique
[18:27] de comme, ah, mais de toute manière,
[18:29] ils ont plein de traitements.
[18:30] Mais comme, je viens de me faire apprendre que j'ai le cancer,
[18:34] comme il n'y a aucun commentaire en ce moment
[18:37] qui va me faire sentir mieux.
[18:39] À part, dans le sens de...
[18:40] En termes de solution, à part, je vais être là avec toi,
[18:45] tu ne seras pas seule.
[18:46] Puis c'est vraiment ça que je pense que les gens ont envie d'entendre.
[18:50] Parce que c'est extrêmement épeurant.
[18:51] Il y a beaucoup d'incertitudes.
[18:53] Puis le fait d'entendre qu'il y a plein de recherches
[18:55] puis qu'il y a plein de traitements, oui.
[18:58] Mais est-ce que ça change quelque chose dans mon état émotif
[19:00] par rapport à la nouvelle?
[19:01] Certainement pas.
[19:02] En tout cas, pour moi, là, je parle vraiment personnel pour moi.
[19:05] J'imagine que ça serait différent si c'était une personne,
[19:08] tu sais, ton entourage médical qui venait de dire ça
[19:14] avec des faits assurés en disant,
[19:16] écoute, mais de toute façon, j'imagine qu'ils ne disent pas nécessairement ça.
[19:21] Je ne sais pas.
[19:22] Bien oui, oui.
[19:23] Venant de mon oncologue, quand il dit,
[19:25] ah bien, tu sais, c'est le cancer le plus agressif
[19:28] parce que c'est un triple positif.
[19:30] Mais c'est une bonne nouvelle parce que ça veut dire
[19:32] que le traitement qu'on a maintenant est extrêmement ciblé
[19:36] et donc attendu.
[19:38] Ça attaque très, très bien la masse cancéreuse.
[19:41] Donc, tu sais, ça, oui, ça me va.
[19:43] C'est mon oncologue.
[19:45] C'est mon oncologue qui me dit ça.
[19:46] À présent, personne d'autre, à part si tu es un médecin.
[19:51] Mais tu sais, ça vient d'une bonne place.
[19:52] Ça vient de la bienveillance.
[19:54] Mais je pense que ça revient au fait d'être sympathique versus empathique
[19:58] quand quelqu'un t'annonce une nouvelle difficile.
[20:01] C'est quoi la différence pour ceux qui ne savent pas?
[20:02] Oui, sympathique, ça va être de vouloir trouver une solution,
[20:07] de vouloir être dans...
[20:08] le positivisme, d'être dans...
[20:11] Oui, trouver une solution, surtout.
[20:12] Puis empathique, ça va être de vouloir se mettre à la place de l'autre
[20:17] et donc d'essayer d'imaginer les émotions qu'elle vit
[20:21] et d'être présent avec la personne dans...
[20:25] J'ai une image parce qu'il y a une vidéo là-dessus
[20:27] où est-ce que tu rentres dans la cave avec la personne
[20:29] puis tu lui dis la main.
[20:31] Au lieu d'être en haut puis de lui lancer une corde
[20:33] pour qu'elle sorte de la cave.
[20:34] Je comprends.
[20:35] C'est très, très...
[20:36] OK.
[20:36] C'est une image.
[20:37] Oui, c'est ça.
[20:38] Donc, je pense que quand quelqu'un a une grande nouvelle
[20:41] à t'annoncer, de l'empathie, c'est vraiment la bonne chose
[20:46] à aborder et la sympathie, c'est plus difficile à recevoir.
[20:51] Ou même de demander...
[20:52] Comment t'as envie aussi qu'on soit là pour toi.
[20:54] Comment je peux te supporter.
[20:56] Oui, il y a un ami qui m'a demandé ça récemment encore.
[21:00] Il me le demande souvent.
[21:01] Il est comme, comment je peux te supporter là-dedans?
[21:04] Puis chacun a une réponse personnelle
[21:06] puis ça va dépendre aussi du moment où tu es dans ton...
[21:08] dans ton processus, tu sais.
[21:11] Est-ce qu'il y a des moments que t'as pas envie d'en parler du tout
[21:13] puis t'as envie de te faire changer les idées?
[21:15] Comment que les gens, ils peuvent le mieux te supporter
[21:19] ces temps-ci puis depuis le début?
[21:22] Oui.
[21:23] Moi, je suis vraiment reconnaissante
[21:24] et très, très, très, très chanceuse
[21:27] d'avoir reçu énormément de support.
[21:29] Puis il y a eu une grande...
[21:31] Je pense que tu l'attires en passant ce support-là.
[21:33] Je veux juste te dire, je pense que c'est vraiment une énergie.
[21:36] Tu sais, juste parenthèse,
[21:38] j'ai entendu parler de toi.
[21:41] Bien, c'est Lisha notamment
[21:42] qui m'avait parlé de toi aussi.
[21:44] Puis bien, je pense que toutes les deux,
[21:45] on t'a connue un peu dans les mêmes moments.
[21:47] Puis elle me dit, tu vas voir,
[21:50] c'est un être vraiment rayonnant.
[21:53] Puis...
[21:53] Lisha, c'est ma coach.
[21:54] C'est Lisha qui est ta coach.
[21:56] Elle a dit d'autres mots aussi,
[21:57] mais ça m'a vraiment comme percutée là.
[22:00] À quel point...
[22:01] Puis c'est ce que tu es définitivement.
[22:04] Mais en tout cas, excuse-moi.
[22:05] Merci, c'est gentil.
[22:08] Mais...
[22:08] J'ai beaucoup, beaucoup de reconnaissance
[22:12] face à ce que je vis
[22:14] parce qu'une des grandes leçons
[22:17] ou une des opportunités
[22:20] que ça m'a amenée,
[22:22] c'est de voir à quel point
[22:24] je suis bien entourée.
[22:25] Et une grande, grande vague d'amour
[22:27] que j'ai reçue quand j'ai annoncé la nouvelle
[22:29] et aussi du fait que j'ai dû
[22:32] annoncer un GoFundMe
[22:34] parce que j'ai dû arrêter de travailler
[22:36] et que je ne suis pas éligible
[22:38] aux...
[22:38] aux...
[22:38] aux soutiens financiers du gouvernement
[22:40] comme travailleur autonome.
[22:43] Là, je tiens à souligner
[22:44] qu'il y a du soutien
[22:45] pour les travailleurs autonomes.
[22:46] Quand tu t'inscris
[22:47] aux cotisations de travailleurs autonomes,
[22:50] moi, ça faisait trois mois
[22:51] que je venais de tomber
[22:52] travailleur autonome.
[22:53] Donc, je n'avais pas encore fait...
[22:55] En tout cas, je ne savais pas
[22:56] ces démarches-là.
[22:58] Donc...
[22:59] Donc, c'est pour ça
[23:00] que je ne suis pas éligible à rien
[23:02] par rapport au financement.
[23:04] Et donc, là, c'est la question
[23:06] avec ma famille.
[23:07] Comment est-ce qu'on passe
[23:07] au travers de cette année?
[23:08] Comment est-ce qu'on est là
[23:09] financièrement?
[23:10] Ce qui est un autre stress.
[23:12] Et donc, j'ai décidé
[23:13] de partir un GoFundMe.
[23:14] Quand j'ai parti le GoFundMe,
[23:16] j'ai reçu une énorme vague d'amour
[23:19] de mes amis,
[23:21] mais aussi de tout mon entourage
[23:22] et toute la communauté.
[23:23] J'appelle ça la communauté
[23:24] parce que c'est des connaissances aussi,
[23:27] autant que des amis proches.
[23:29] Et en une journée,
[23:30] j'ai atteint l'objectif.
[23:31] Wow!
[23:32] Incroyable!
[23:33] Bravo tellement!
[23:34] Ça m'a tellement...
[23:35] Bien, en fait, tu sais,
[23:37] bravo à la communauté,
[23:38] parce qu'il n'y a pas vraiment
[23:40] de bravo à moi, mais...
[23:41] C'est parce que ça doit quand même
[23:45] être difficile d'ouvrir un GoFundMe
[23:47] puis de partager...
[23:48] Oui, extrêmement vulnérable.
[23:51] Je m'imagine,
[23:52] je ne peux même pas m'imaginer,
[23:54] mais je peux...
[23:56] Chaque don doit être vraiment spécial pour toi.
[23:58] Oui. Puis juste le fait de voir
[24:01] des gens qui repartagent,
[24:02] qui sont comme, hey, il faut aider notre amie Thoulia.
[24:06] Juste ça.
[24:06] Puis, tu sais, toute cette vague-là,
[24:08] l'amour, je l'ai reçu avant ma première chimio.
[24:11] Donc là, je me souviens,
[24:12] je me suis couché le soir avant ma chimio,
[24:14] puis au lieu d'être stressée, j'étais juste émue.
[24:16] J'étais tellement reconnaissante, ça me donne encore
[24:18] des frissons, parce que
[24:19] c'est comme si ça...
[24:22] Tout cet amour-là, puis le support que je reçois,
[24:24] ça guérit
[24:25] une blessure profonde
[24:29] en moi,
[24:30] d'abandon, comme si c'est
[24:32] hey, on t'aime,
[24:34] on te veut ici, on est là
[24:36] avec toi, puis tu ne seras pas toute seule là-dedans.
[24:38] Puis c'est encore ça.
[24:42] Puis ça, c'est
[24:42] vraiment comme quelque chose d'important,
[24:47] c'est de rester présent aussi
[24:48] dans un challenge qui est aussi long,
[24:50] qui peut être très tricky, d'être
[24:52] présent dans l'endurance
[24:54] de ce challenge-là, de ce défi-là
[24:56] que je vis, parce que
[24:58] c'est facile d'être là
[25:00] au début et à la fin de ta course,
[25:02] disons, puis là, c'est comme un gros ultra
[25:04] que je fais. Puis, tu sais, j'allais dire, toi,
[25:06] tu vas faire des références à l'ultra, à faire les...
[25:08] C'est ça. Le processus, c'est bien.
[25:10] Exactement. C'est mon ultra. Puis là,
[25:12] il faut être présent aussi pendant la course.
[25:14] Parce que ce n'est pas juste au début, puis à la fin.
[25:17] J'ai besoin de
[25:18] support ici et là.
[25:20] Il y a des vagues de
[25:22] moments difficiles, de nouvelles
[25:24] difficiles aussi.
[25:26] Et parfois aussi,
[25:28] il faut que
[25:30] le support se passe la balle.
[25:33] Dans le sens de, ma famille
[25:34] a besoin de sentir...
[25:37] Eux, ça les touche tellement de sentir
[25:38] qu'il y a d'autres supports aussi pour moi.
[25:41] Donc, mes meilleurs amis
[25:42] aussi, tu sais, des fois, eux, ils vivent
[25:44] des choses difficiles, ils ne sont pas tant présents. Puis, il y a d'autres
[25:46] personnes qui arrivent dans ma vie
[25:48] avec un petit touche de bonheur.
[25:50] Ils m'apportent un repas alors que je les connais
[25:52] à peine. Ils me visitent à l'hôpital alors que je les connais
[25:54] à peine. Des moments comme ça,
[25:56] j'en vis plein. Donc,
[25:58] je vis une énorme expérience
[26:00] humaine où est-ce
[26:02] que je vois l'humanité
[26:04] chez les gens. Puis, c'est ça qui est magnifique.
[26:06] Puis, je suis vraiment reconnaissante.
[26:08] C'est vraiment le cadeau
[26:11] à travers tout ce défi-là.
[26:13] C'est l'expérience humaine que je suis en train de vivre
[26:14] puis les moments d'humanité
[26:16] chez mes voisins qui m'apportent des repas,
[26:19] qui prennent soin de mon chat,
[26:20] qui... Toutes les tâches, là, ils sont
[26:22] mobilisés.
[26:24] Je pourrais en parler pendant des heures, là.
[26:26] C'est tellement cute, toutes les choses que je vis.
[26:29] Parfois, des bénévoles
[26:30] qui me reconnaissent à l'hôpital puis
[26:32] qui ont vu un article de moi dans le journal
[26:34] par rapport à la course que je veux faire.
[26:36] On pourrait y revenir, mais qui me fait un gros
[26:38] câlin. Puis, comme, tu vas y arriver.
[26:40] Puis, tu sais, des moments comme ça que je vis
[26:42] qui... Que je vis
[26:44] parce que j'ai ouvert
[26:46] mon coeur très vulnérable
[26:48] en disant, hey, je vis
[26:50] quelque chose de vraiment difficile puis j'ai besoin d'aide.
[26:53] Puis, ça,
[26:54] c'est un grand défi chez l'humain,
[26:56] je pense, de demander de l'aide.
[26:58] C'est très,
[26:59] très, très, très vulnérable.
[27:02] Est-ce que des fois, justement, quand t'es dans
[27:04] des moments...
[27:06] Je vais te poser la question, parce que,
[27:08] tu me sembles tellement positive, puis je me pose
[27:10] la question si des fois, t'en as des
[27:12] moments aussi de... Bien, j'imagine
[27:14] des moments de plus de vulnérabilité, puis dans
[27:16] ces moments-là, est-ce que t'es encore capable
[27:17] de lever la main puis de dire,
[27:19] là, je redescends un peu, j'ai besoin
[27:22] de quelqu'un, j'ai besoin d'aide. T'es-tu capable
[27:24] d'avoir ce réflexe-là?
[27:25] Oui, c'est difficile, toujours difficile,
[27:28] mais j'essaie
[27:30] vraiment de partager mon histoire
[27:32] avec beaucoup d'authenticité.
[27:34] Donc, je partage les moments difficiles
[27:35] et les moments plus fun.
[27:38] Ou de
[27:40] bonheur, disons. Parce que je vis des grands
[27:42] moments de bonheur, comme je vis
[27:44] des grands moments de détresse.
[27:47] La chimio,
[27:48] à l'automne, je le décris
[27:50] comme s'approcher de la mort
[27:52] d'une façon consciente.
[27:55] Qu'est-ce que ça signifie
[27:56] pour toi?
[27:57] C'est difficile à décrire,
[28:00] mais c'est comme si
[28:01] la semaine après avoir reçu la chimio,
[28:04] puis ça, c'est mon expérience à moi,
[28:06] mais c'est comme s'il y a
[28:08] un moment où plus rien
[28:10] ne fonctionne dans ton corps.
[28:12] Donc, c'est pas de la fatigue, c'est plus
[28:14] que ça. C'est une
[28:16] pause,
[28:18] un silence dans ton corps
[28:20] comme si
[28:20] peut-être que c'est ce qu'on ressent avant de mourir,
[28:24] je me le demande.
[28:26] Mais de m'approcher comme ça
[28:28] de la mort et
[28:30] de la frôler et
[28:31] d'y penser,
[28:34] ça m'approche encore plus de la vie
[28:36] selon moi, parce qu'après, je vis des moments
[28:38] de vie, de gratitude qui sont tellement
[28:40] high que...
[28:42] Quand ta santé revient après la chimio,
[28:44] par exemple, qu'est-ce qui peut ensuite
[28:46] reprendre la course, on peut en reparler
[28:48] par après.
[28:49] Ou juste d'être bien. Juste d'être bien,
[28:52] ça me donne des highs d'être bien,
[28:54] de bonheur.
[28:56] C'est fou, là.
[28:57] Quand tu vis quelque chose où t'es vraiment
[29:00] pas bien, puis tu le vis sûrement
[29:02] dans tes expéditions...
[29:03] Je peux pas comparer.
[29:04] Mais quand même, quand tu sors
[29:06] sûrement d'un...
[29:08] Quand tu reviens d'un voyage, où est-ce que t'as
[29:10] peut-être pas eu toute la bouffe que t'aimes manger?
[29:13] Ou peut-être que t'as pas eu...
[29:14] Ma seule comparaison que j'ai eue,
[29:16] c'est... Bien, encore là, c'est pas du tout
[29:18] une comparaison, c'est...
[29:20] J'avais été anémique très, très
[29:22] sévère dans une expédition,
[29:25] mais comme je suis rendue à moins un
[29:26] de féritine, puis c'était comme si je respirais toujours
[29:28] dans un sac de plastique, puis je manquais
[29:30] tout le temps, perte de connaissances,
[29:32] c'était vraiment...
[29:35] Je me sentais plus moi-même,
[29:37] j'étais pas capable de courir,
[29:38] même pas un kilomètre pendant longtemps,
[29:40] puis je comprenais pas qu'est-ce qui se passait avec moi.
[29:42] Ça, c'est le moment où est-ce que je...
[29:44] Puis sinon, effectivement, en expédition,
[29:46] il y a eu un moment où est-ce que je pensais que c'était la fin,
[29:48] mais c'est très... C'est pas pareil, là.
[29:50] Mais je comprends...
[29:52] C'est vrai que, tu sais,
[29:54] quand on vit des...
[29:56] des bas
[29:57] qui nous font réaliser
[30:00] la chance qu'on avait hier,
[30:03] par exemple,
[30:04] quand le hier revient, ça doit être
[30:07] vraiment, vraiment, vraiment...
[30:08] vraiment magique.
[30:09] Oui. Comme quand tu perds quelque chose, tu réalises
[30:11] qu'est-ce que t'avais.
[30:13] Donc, c'est un peu la même chose
[30:14] quand ça revient ou si ça revient.
[30:17] D'ailleurs, j'ai fait de l'anémie aussi,
[30:19] post-chimio, puis je t'entendais
[30:22] en parler avec Benoît, je pense.
[30:24] Benoît, oui. Benoît Boulanger.
[30:26] Oui. Puis je reconnaissais
[30:28] le... J'étais comme, oh mon Dieu, c'est pour ça
[30:29] que je suis fatiguée.
[30:31] Est-ce que tu connais Rizihab?
[30:33] Non. Mais il va falloir que je t'introduise à Riz.
[30:36] Parce que Riz,
[30:38] c'est un homme vraiment, vraiment
[30:39] inspirant. Son énergie me fait beaucoup penser
[30:41] à la tienne. Il est passé sur
[30:43] certains balados, si tu veux
[30:45] apprendre à le connaître au
[30:47] préalable. Mais c'est
[30:49] un homme
[30:51] qui coach, slash, mentor
[30:53] beaucoup de gens autour de nous.
[30:55] Il prendra jamais la place de ta charlie-chia,
[30:57] jamais. Mais il est passé au travers
[30:59] d'un cancer rare.
[31:02] Un type de cancer
[31:03] du sang, si je ne me trompe pas.
[31:06] Puis encore,
[31:08] par moment, des périodes
[31:10] de chimiothérapie. C'est un aventurier
[31:12] d'abord. Donc, il se promène
[31:13] à travers
[31:14] des expéditions
[31:17] dans Dead Valley, puis un autre
[31:20] en Argentine, puis un autre
[31:22] assis. Puis là, il va monter des montagnes,
[31:24] puis il fait plein de choses. Mais entre
[31:26] ses épisodes de chimio, par exemple,
[31:28] il passe à travers...
[31:30] Il y a eu beaucoup d'ennemis
[31:32] dû à sa chimio, mais il a testé
[31:34] beaucoup de choses, puis il se soigne beaucoup
[31:36] en ayant une approche holistique.
[31:38] Il s'est aussi fondé sur
[31:40] la santé,
[31:41] entretenir
[31:42] un bonheur, une reconnaissance
[31:46] d'être. Je pense
[31:48] que ça serait vraiment le fun de te mettre en contact
[31:50] avec lui, parce que c'est un être
[31:51] aussi lumineux
[31:53] que
[31:53] toi, là.
[31:58] Oui, bien, aujourd'hui,
[32:00] justement, j'ai vu une
[32:02] chirurgienne plastique, puis
[32:03] je parlais du fait que je cours
[32:06] pendant la chimio,
[32:08] et elle me disait...
[32:10] Puis c'est la première fois que j'entends quelqu'un
[32:11] du staff médical me dire ça, puis c'est vraiment
[32:13] ma philosophie depuis le début, c'est que
[32:15] moi, je me crée des moments de joie, parce que je pense
[32:17] vraiment que c'est ça, la médecine,
[32:19] d'avoir du bonheur qui
[32:21] circule dans mon corps.
[32:24] Puis elle me disait, bien,
[32:25] si tu cours, puis ça te procure de la joie, c'est ça, la médecine.
[32:28] Puis j'étais comme, wow, c'est la première fois que quelqu'un me disait...
[32:30] Enfin! Oui, c'est ça, vraiment.
[32:31] J'étais vraiment heureuse d'entendre ça.
[32:33] Mais veux-tu l'approfondir un petit peu plus, ce concept-là?
[32:36] Parce que je trouve ça vraiment intéressant, puis je pense
[32:37] que c'est applicable à plusieurs égards aussi.
[32:40] Oui. Bien, c'est un peu ce que j'ai fait
[32:41] le premier mois. Dans le fond, j'étais juste comme,
[32:43] whatever brings me joy. Peu importe ce qui m'apporte
[32:45] la joie, c'est ce que je vais faire en ce moment.
[32:48] Je vais aller
[32:49] aussi même danser,
[32:52] je vais aller courir, je vais voir
[32:53] des amis, puis ce que j'imaginais,
[32:56] c'est que je vais remplir mon
[32:58] verre de tellement d'amour
[33:00] que je vais arriver
[33:01] en chimio, puis
[33:03] je vais guérir
[33:06] grâce à des énergies
[33:07] positives dans mon corps.
[33:09] Puis je l'imaginais, je le visualisais
[33:11] comme si
[33:12] je danse avant chaque chimio à l'hôpital,
[33:15] par exemple. C'est un de mes rituels.
[33:17] C'est ta meilleure rituelle, oui.
[33:19] Puis j'invite tout le monde à danser
[33:21] avec moi de chez eux. Fait que je
[33:23] leur envoie une chanson, puis là
[33:25] j'ai comme, j'ai un petit
[33:27] channel de 200 personnes, puis
[33:29] je pense qu'il y en a beaucoup qui le font.
[33:31] Il y en a qui m'envoient des vidéos,
[33:33] parce que moi, je me filme,
[33:34] puis je danse tout le temps
[33:36] sur une chanson avant chaque chimio, puis
[33:38] j'imagine mes petites cellules qui dansent,
[33:41] puis qui sont vraiment heureuses.
[33:42] Puis là, il y a comme les cellules
[33:44] du cancer qui sont comme bougonnes,
[33:46] puis qui veulent pas, mais qui se font comme
[33:48] envahir par les cellules.
[33:49] Les cellules qui sont heureuses. Fait que tu sais,
[33:52] c'est prouver ça, de visualiser des choses,
[33:54] ça va aider ton corps
[33:55] de le manifester, de
[33:58] tu sais, d'entrer dans la chimio
[34:00] avec de la joie, en pensant, ça, ça me guérit.
[34:02] Ce qui est très difficile, parce que c'est un
[34:04] paradoxe, parce que comme je te disais, ça se fait
[34:06] sentir comme si t'allais mourir, ou
[34:08] vraiment pas bien, plus malade
[34:10] encore dans la
[34:12] première semaine, mais c'est quelque chose qui
[34:14] te guérit, parce que c'est une bombe atomique
[34:16] dans ton corps, et on
[34:18] veut qu'elle élimine le cancer, mais
[34:20] malheureusement, ça affecte plein d'autres cellules,
[34:22] puis ça affecte plein d'autres choses dans ton corps.
[34:25] Est-ce que ça te fait peur
[34:26] quand tu rentres là-dedans? Bien, j'imagine.
[34:29] Oui, bien, la chimio
[34:30] que j'ai fait
[34:32] à l'automne, j'ai eu
[34:34] six traitements de PTCH, donc
[34:36] c'était plus
[34:38] la semaine qui suivait.
[34:40] Le jour de la chimio, ça va, mais je savais
[34:42] que mon jour 3, 4, 5, 6,
[34:44] ça allait être vraiment difficile.
[34:46] C'est pas de la peur, de l'appréhension, oui,
[34:48] et
[34:50] de l'épuisement, parce que ça s'accumule,
[34:52] c'est de plus en plus difficile.
[34:54] Mais en sachant que mon jour 7,
[34:56] je suis sûrement allée courir,
[34:58] ça va. Par contre,
[35:00] de
[35:00] le vivre encore et encore et encore,
[35:03] l'épreuve d'endurance, c'est ça
[35:05] le plus difficile sur le mental.
[35:07] Parce que la chimiothérapie, est-ce qu'elle est terminée
[35:09] à ce jour ou tu vas devoir continuer d'en faire?
[35:12] Oui, donc, en fait, moi,
[35:13] le 2 janvier, j'ai terminé la chimio,
[35:16] le protocole PTCH. Puis ensuite
[35:17] de ça, j'ai eu une double mastectomie,
[35:20] une chirurgie, donc, qui ont enlevé
[35:21] mes deux seins. Et
[35:23] pendant la chirurgie, on a vu aussi
[35:26] qu'il y avait des ganglions d'affectés,
[35:27] donc ils ont enlevé toute ma chaîne ganglionnaire
[35:30] à gauche. Donc,
[35:31] on appelle ça un évitement ganglionnaire.
[35:34] Donc, ça, c'était le 3 février.
[35:37] Et
[35:37] là, on m'a appris
[35:39] aussi que, vu
[35:41] que j'ai un cancer qui est
[35:44] hormonodépendant
[35:45] et HER2,
[35:47] que je devais faire un autre
[35:49] 14 traitements d'une chimio
[35:51] qui est ciblée. Donc, c'est
[35:53] une chimio qui est un peu moins intense que
[35:55] l'autre. Donc, encore aux 3 semaines,
[35:58] donc, ce qui m'amène jusqu'à
[36:00] en novembre. Puis, quand tu as
[36:02] fait ta levée de fonds initiale, c'est... Oui, tu le sais.
[36:03] Tu ne savais pas. Non, c'est ça. Exact.
[36:05] Donc, le moment où est-ce que
[36:07] tu as lancé ta levée de fonds, tu as
[36:09] atteint et un peu dépassé aussi ton
[36:11] objectif. Oui.
[36:14] Là, les gens qui nous écoutent,
[36:16] j'ai envie juste de faire un call to action
[36:18] parce que ta levée de fonds,
[36:20] tu vas probablement faire une nouvelle
[36:21] levée de fonds que tu vas ouvrir
[36:23] parce que tu as eu cette nouvelle-là
[36:25] qui vient changer aussi ta... Exactement.
[36:28] Et ce qu'il faut savoir, c'est que
[36:30] oui, il y a des médicaments
[36:32] qui sont couverts, mais il y en a qui ne sont pas couverts.
[36:33] Oui.
[36:33] C'est totalement... Tu sais, ça, c'est dur à calculer
[36:36] aussi.
[36:37] Je prends énormément de médicaments.
[36:40] C'est comme ça, pas de sens pour la
[36:42] chimio, pour... Là aussi, il faut...
[36:45] Un autre élément
[36:45] dont on n'a pas parlé, c'est que vu que c'est
[36:47] hormonodépendant, ils me mettent en ménopause.
[36:50] Donc, je prends une injection
[36:51] à chaque mois que je vais devoir prendre qui s'appelle
[36:53] le Zoladex, plus un médicament
[36:55] chaque jour. Puis ça, c'est pour 10 ans.
[36:58] Ah oui? Oui.
[36:59] Donc, c'est un autre aspect
[37:01] qui est difficile à...
[37:03] à intégrer. C'est que
[37:05] je vais être en ménopause de 33
[37:07] à 43 ans. Et donc,
[37:10] pour moi, c'est un peu comme, ah, je vais être
[37:11] en ménopause toute ma vie.
[37:14] Et la chimio qui va se rendre
[37:15] jusqu'en novembre. Donc, oui, moi,
[37:17] quand j'avais fait l'égophonie, je pensais, ah,
[37:20] j'ai chimio,
[37:22] j'ai la chirurgie, ah,
[37:23] il y a la radio aussi qui s'en vient.
[37:26] Radiothérapie, ça va être trois semaines.
[37:27] Ça, ça s'en vient probablement ce mois-ci.
[37:31] Mais là, on ajoute...
[37:32] Donc, moi, je pensais finir en
[37:33] avril. Je m'imaginais, ah, à ma fête
[37:35] en mai, j'ai fini. Mais là,
[37:37] ça se rend... C'est quand ta fête? Le 30 mai.
[37:40] OK.
[37:41] T'es-tu proche de cette date-là? Je suis proche de toi.
[37:43] On va peut-être avoir notre fête en même temps.
[37:46] Toi, c'est quand? C'est le 22.
[37:47] OK.
[37:49] C'est comme une date... Je trouve que le mois de mai,
[37:51] c'est spécial pour avoir sa fête. Il y a comme les tulipes
[37:53] qui sortent. Oui, oui. C'est genre...
[37:55] Le printemps. C'est un peu magique, oui.
[37:57] Je m'imaginais même que j'étais comme, ah, l'hiver,
[37:59] je guéris. Puis au printemps, je revis.
[38:01] Oui.
[38:03] Ça va être facile comme ça.
[38:05] Mais là, ça va être tout
[38:07] 2026. Donc, aussi,
[38:09] monétairement, il va falloir que je réouvre
[38:11] un GoFundMe. J'ai confiance
[38:13] que ça va... que
[38:15] les gens, ils le savent,
[38:17] qu'ils veulent m'aider. Ils sont au courant.
[38:19] À cause que j'y tiens beaucoup au courant.
[38:21] Puis comme je te disais, je partage avec
[38:23] beaucoup de vulnérabilité
[38:25] ce que je vis. Donc, quand j'ai eu la nouvelle,
[38:27] je l'ai partagée. À quel point ça m'a
[38:29] dévastée d'avoir cette nouvelle-là.
[38:31] J'ai vraiment eu une journée où j'étais
[38:33] en...
[38:33] désespération, si je peux...
[38:36] Désespoir.
[38:37] Désespoir, oui. Désespoir.
[38:40] Parce que je me disais, mais comment
[38:43] je peux faire un autre
[38:45] dix mois
[38:45] de traitement?
[38:49] La peur qui venait, c'était la peur de me perdre,
[38:51] en fait. De me perdre là-dedans
[38:52] ou tomber en dépression.
[38:54] Ça n'a jamais été vraiment la peur de mourir.
[38:57] Parfois, ça vient.
[38:58] Mais la peur
[39:00] de complètement
[39:01] m'abandonner.
[39:03] Parce que c'est trop long. Parce que c'est
[39:05] difficile. Parce que
[39:06] c'est tellement des grands changements. C'est des
[39:09] changements qui changent tout mon corps.
[39:11] Ton identité. Mon identité.
[39:12] On en parlait au préalable
[39:15] de, justement,
[39:17] tout ça, l'impact que ça a
[39:19] en termes de changement d'identité.
[39:22] Tu veux-tu en aborder
[39:23] un petit peu plus en détail?
[39:24] Oui. C'est sûr que ça change une vie,
[39:27] déjà. Mais ça change aussi
[39:29] toute mon physique. Pendant
[39:31] le traitement, je pense à...
[39:33] C'est magnifique, en passant.
[39:34] Merci.
[39:36] Il y a maintenant
[39:37] des aides,
[39:40] des casques réfrigérants pour garder
[39:42] ses cheveux. Mais tu sais, ça coûte de l'argent.
[39:44] Je ne l'avais pas, donc j'ai décidé de ne pas le faire.
[39:46] Je me suis rasée les cheveux.
[39:48] J'ai perdu aussi tous mes cheveux. J'ai perdu mes sourcils.
[39:50] Là, ils sont en train de repousser. Mes petits cheveux,
[39:52] ils repoussent. J'ai perdu mes cils.
[39:55] J'ai perdu mes seins.
[39:57] Le corps change aussi
[39:58] à cause de la ménopause. Je pense que
[40:00] la ménopause, ça va être un des plus grands défis, en fait.
[40:03] Ça me donne beaucoup de douleurs articulaires,
[40:05] de l'insomnie,
[40:06] de l'anxiété, qui sont des choses
[40:09] que d'habitude, les femmes vont aller contrer
[40:11] avec une prise d'estrogène,
[40:12] ce que je ne peux pas faire.
[40:14] Donc ça, c'est difficile.
[40:17] Et ça change
[40:18] évidemment mon identité.
[40:21] Au final,
[40:23] je me pose la question,
[40:24] puis je suis sûre que les auditeurs,
[40:26] puis toi aussi, tu peux te la poser,
[40:28] c'est qui est-ce que t'es quand t'as pas ton enveloppe?
[40:31] C'est comme, si on enlève
[40:33] mon physique, si on enlève mon travail,
[40:36] et si on m'enlève,
[40:36] là, on m'a pas enlevé le fait de courir.
[40:38] Parce que ça fait quand même partie de mon identité.
[40:41] Mais si on t'enlève tout ça,
[40:42] c'est qui?
[40:44] Qu'est-ce qui reste? Je pense qu'en ce moment,
[40:47] ce qui...
[40:49] ce que les gens
[40:50] ressentent, quand tu dis,
[40:52] Lisha a le ressenti que je suis une être lumineuse,
[40:55] bien je pense que c'est parce que je suis tellement
[40:57] sans carapace en ce moment,
[40:59] je suis tellement dans mon authenticité,
[41:00] avec le coeur grand ouvert,
[41:03] que je pense que les gens le ressentent.
[41:05] Et c'est parce que c'est comme
[41:07] on est au coeur
[41:09] de qui je suis.
[41:10] Moi, je découvre aussi qui je suis.
[41:13] Je passe énormément de temps avec moi-même.
[41:16] J'ai été hospitalisée
[41:16] deux fois pendant l'automne.
[41:19] Donc, c'est du temps à passer
[41:21] toute seule, puis à apprendre à me connaître
[41:22] dans des grands défis, comme être
[41:24] hospitalisée, puis passer une semaine à l'hôpital.
[41:27] Bien, qui je suis, comment je réagis
[41:29] quand il y a des grands défis, puis
[41:30] je suis très, très, très bien supportée,
[41:33] au final, c'est moi qui le vis, la chose.
[41:34] Puis c'est moi avec moi,
[41:37] puis...
[41:37] Oui, c'est comme
[41:41] de découvrir mon essence,
[41:43] puis après ça,
[41:45] je me questionne aussi quand je vais reprendre le travail,
[41:47] qu'est-ce que je veux vraiment faire?
[41:48] Je ne veux plus
[41:50] de détour, je veux vraiment
[41:53] profiter, puis qu'est-ce que je veux faire qui est
[41:55] vraiment aligné, puis je partage
[41:57] du contenu maintenant, puis j'essaie d'être
[41:59] vraiment authentique dans ce que je partage,
[42:01] puis je réfléchis à qu'est-ce que je veux,
[42:02] que je veux partager dans mon histoire.
[42:04] J'aimerais ça pouvoir inspirer les gens
[42:07] à travers cette histoire-là,
[42:09] puis à travers
[42:10] le fait aussi que je continue à courir.
[42:14] Là, tu as une belle...
[42:15] En passant, vous comprendrez que j'ai arrêté
[42:17] de parler parce que je suis
[42:18] bien émue. Qu'est-ce qui monte pour toi
[42:20] comme émotion?
[42:23] Ah, c'est dur à dire, là, mais...
[42:27] J'ai vraiment de la misère à parler
[42:28] quand j'ai autant d'émotions, mais
[42:31] je trouve que...
[42:32] C'est fou de voir à quel point...
[42:39] Bien, premièrement, la première
[42:40] chose que je vois, que je ressens,
[42:42] c'est genre ton cœur, puis genre
[42:44] la générosité, puis j'imagine
[42:47] tout le monde qui écoute en ce moment, puis
[42:48] tu sais, souvent quand on est une host
[42:50] d'un balado, on oriente
[42:52] la discussion en pensant
[42:54] à l'effet de communauté, mettons.
[42:56] Mais toi, dans tout ce que tu fais,
[42:59] t'es juste un petit cœur
[43:00] ouvert qui
[43:02] demande juste à aimer, à être
[43:04] aimé, tu sais, puis
[43:06] tu continues de
[43:08] faire ce que t'aimes
[43:10] avec un courage
[43:12] en allant dans des
[43:15] étapes de vie extrêmement
[43:17] difficiles, puis en plus, tu te poses la question,
[43:19] tu sais, comme, qu'est-ce que je veux
[43:21] partager, comment je le partage, quel impact
[43:22] je peux avoir dans ce monde, tu sais, en tout cas,
[43:25] j'ai vraiment l'impression que tu changes la vie de beaucoup,
[43:27] beaucoup de gens autour de toi, puis
[43:28] c'est ça, ça me rend juste émue.
[43:32] Je mets pas de mots,
[43:32] pour l'expliquer.
[43:34] Merci. Bien, j'écoutais
[43:36] un podcast où
[43:38] Benoît Chalifoux, il parlait de résilience,
[43:41] puis ça me fait
[43:42] penser à ce que tu viens de dire, parce que
[43:44] dans un moment de défi,
[43:47] une des caractéristiques
[43:48] pour t'aider à être résilient, c'est de
[43:50] trouver un sens
[43:52] à ce qui arrive,
[43:54] un purpose, puis moi,
[43:57] en le partageant,
[43:58] en partageant mon histoire, ça me donne du sens,
[44:02] en
[44:02] vivant des moments de connexion humaine, ça me donne
[44:04] du sens aussi.
[44:06] Pourquoi tu penses que ça donne du sens?
[44:08] C'est quoi le sens que ça donne pour toi?
[44:11] Ça me... Quand je vis
[44:12] des... Puis il appelle ça, lui,
[44:15] Benoît Chalifoux, il appelle ça des
[44:16] bibs for connection. Fait que c'est...
[44:19] Je me rends compte que je fais ça
[44:21] beaucoup depuis
[44:22] le diagnostic, puis ça m'apporte tellement,
[44:25] c'est que je parle avec
[44:26] des étrangers.
[44:29] J'arrête pas de
[44:30] créer des bibs for connection,
[44:32] fait que dans... Je suis allée courir
[44:35] au Mont-Saint-Hilaire, puis là, il y avait...
[44:36] J'attendais en fil pour parler
[44:38] à la réceptionniste pour demander
[44:40] la trail que je voulais faire. Puis là, il y a une madame
[44:43] en face, puis elle a des petits bâtons,
[44:44] puis je crée un bib for connection.
[44:47] J'aurais pu ne pas lui parler, puis là, je suis comme
[44:48] « Ah, est-ce que tu penses que j'ai besoin de bâtons? »
[44:51] J'ai pas vraiment besoin
[44:53] de savoir, mais j'ai juste envie de créer
[44:55] un moment de connexion. Donc là, je lui lance
[44:57] une perche, elle l'a pris, on a commencé à parler,
[44:59] puis c'est quoi les chances
[45:00] à elle, une survivante du cancer,
[45:02] du sein.
[45:04] Puis là, tout de suite, parce que
[45:06] je lui partage « Ah, mais moi, je suis en guérison
[45:09] pour un traitement du cancer du sein. » Je le partage,
[45:11] puis j'en parle, parce que je veux pas que ça
[45:12] soit un tabou.
[45:14] Je pense que les gens qui vivent des
[45:16] grands défis, ils devraient
[45:18] le partager, parce qu'ils vont voir qu'ils vont tellement
[45:20] recevoir à travers ça.
[45:21] Mais c'est énergivore quand même de le partager,
[45:24] dans le sens que je suis
[45:26] d'accord avec toi,
[45:29] mais ça prend quand même
[45:31] beaucoup de ton
[45:32] cœur.
[45:32] Tu as peur de t'ouvrir
[45:34] au temps, de
[45:35] le partager,
[45:38] tu mets de l'attention, tu es ici,
[45:40] tu es présente, tu prends de ton temps
[45:41] pour partager.
[45:44] Puis je sais que là, tu as un projet
[45:46] de documentaire, puis je vais
[45:48] vouloir qu'on en parle, parce que tu as aussi
[45:50] des projets de course.
[45:52] Puis, tu sais, mettons,
[45:54] ça, en soi, c'est
[45:56] de l'énergie, tu n'es pas obligé
[45:58] de vouloir le donner aux gens. Tu peux te protéger
[46:00] aussi, puis tu peux être...
[46:02] un petit peu plus selfish, je ne sais pas
[46:04] comment expliquer, genre.
[46:05] Mais je reçois beaucoup de ce moment-là.
[46:07] Mais tu le réalises, puis c'est beau à voir,
[46:10] mais comme c'est un privilège
[46:12] pour chaque personne
[46:13] de pouvoir te suivre là-dedans
[46:16] et que tu donnes, que tu sois
[46:18] vulnérable et que tu sois authentique.
[46:20] Puis, si dans le processus, il y a des
[46:22] moments où est-ce que tu n'as pas envie de l'être,
[46:24] tu n'es pas obligé non plus.
[46:25] Ah oui, ça c'est sûr.
[46:26] Tu le fais déjà.
[46:27] Oui, c'est ça.
[46:28] Non, ça c'est certain que je me garde,
[46:31] je me protège,
[46:32] je, par exemple...
[46:34] Par exemple, je vais tout vous livrer
[46:37] ce sur quoi je me protège.
[46:38] Non, mais dans le sens de, il y a un groupe
[46:40] de femmes de moins de 40 ans qui ont le cancer
[46:43] du sein. Puis, évidemment,
[46:45] c'est un groupe de partage,
[46:47] mais c'est les gens qui ne vont pas bien
[46:49] qui partagent. Donc, j'ai décidé
[46:50] d'enlever, de muter
[46:52] sur mes réseaux,
[46:54] parce que toutes les publications, ça me donnait
[46:56] de l'anxiété. C'est comme, oh mon Dieu, ils ne vont pas
[46:58] bien, il y a des récidives, tout ça.
[47:00] Ça fait que ça, c'est une façon de me protéger.
[47:01] Ou quelqu'un qui va
[47:03] aller dans leurs histoires, puis que c'est
[47:05] trop lourd pour moi, bien, je me protège.
[47:08] Donc, tu sais, oui, j'ai plein de façons
[47:09] de me protéger, mais des moments
[47:11] des Bips for Connection,
[47:13] c'est moi qui l'ai lancé.
[47:15] Puis, je me rends compte que ça me nourrit
[47:17] autant qu'eux. Puis, c'est juste un petit moment
[47:19] de connexion. Après, je suis partie courir,
[47:21] mais je pense qu'on ne le fait pas assez
[47:23] de créer de la connexion
[47:25] humaine à des opportunités
[47:28] avec des étrangers, qui pourraient
[47:29] être juste de sourire
[47:31] à ta caissière ou de
[47:33] dire bonne journée
[47:34] à quelqu'un que tu croises
[47:37] dans la rue, mais
[47:38] la connexion
[47:41] humaine, c'est vraiment nourrissant
[47:42] physiologiquement et psychologiquement.
[47:45] Puis, ça te nourrit le cœur.
[47:47] Après, tu te sens bien, la personne se sent bien.
[47:49] Donc, c'est donnant-donnant, je pense.
[47:51] Puis, ça crée plein de moments
[47:53] que je n'aurais peut-être pas eus.
[47:55] Puis, comme tu dis, c'est vraiment des moments
[47:57] de présence, présence
[47:59] radicale. Puis, c'est ça ma vie
[48:01] en ce moment.
[48:01] C'est comme chaque jour, je ne sais pas
[48:03] comment je vais me sentir. Quand je vais courir,
[48:05] je ne sais pas comment je vais me sentir. Je dois juste
[48:07] être présente. Présente.
[48:08] Parlons-en de la course.
[48:09] Oui, d'accord.
[48:12] Pour ceux qui écoutent en vidéo,
[48:15] Thulia vient de
[48:17] s'illuminer.
[48:19] Tout à fait.
[48:20] Oui, c'est ça. La course, mon Dieu, j'aime tellement ça.
[48:23] C'est vraiment ce qui me fait sentir le plus en vie.
[48:25] Courir en montagne, oui.
[48:27] Avant la première chimio, je suis allée
[48:29] courir l'UTHC,
[48:31] 20 kilomètres.
[48:34] Je pensais à mon traitement
[48:35] tout le long. J'étais comme, ça va mieux
[48:37] se passer pendant que je courais.
[48:40] J'ai plein de
[48:41] réflexions pendant que je cours.
[48:43] Ça me donne des high.
[48:45] Ça me donne vraiment une joie
[48:47] de vivre, une vitalité.
[48:50] Ça me donne de l'énergie.
[48:51] Évidemment, c'est
[48:53] une des premières choses que j'ai pensées.
[48:55] Est-ce que je peux continuer à courir?
[48:57] Si la réponse est oui, c'est OK, je suis correct.
[48:59] Je vais m'en sortir.
[49:01] Le mois pas chirurgie, j'ai trouvé ça
[49:03] très difficile. Je n'avais pas le droit de bouger
[49:05] pendant six semaines.
[49:07] Beaucoup plus difficile. Non, pas plus
[49:10] difficile que la chimio.
[49:12] Disons que c'est peut-être égal. Je ne sais pas.
[49:13] C'est trop différent.
[49:15] J'ai continué à courir
[49:17] pendant ma chimio complètement différemment.
[49:20] Comment?
[49:22] Je ne cours plus pour
[49:23] performer, disons, dans le sens de
[49:26] avant, je courais et je pouvais essayer
[49:29] de pousser pour me dépasser.
[49:31] Je vais devenir complètement fatiguée.
[49:33] Là, il faut que j'arrête
[49:34] juste comme être très douce
[49:37] dans comment je pousse mon corps
[49:39] parce que c'est souvent après que je vais ressentir
[49:41] les effets
[49:42] qui peuvent être comme, ah, j'ai peut-être fait un peu trop
[49:45] ou des choses comme ça.
[49:47] Je ne cours plus en regardant mon pace parce que mon pace
[49:49] a complètement changé. Je cours beaucoup plus lentement.
[49:51] Parfait.
[49:52] Les distances, je ne les regarde pas non plus.
[49:55] C'est sûr que là, maintenant,
[49:57] oui, un peu plus parce que
[49:59] je m'entraîne pour un
[50:01] ultra.
[50:01] C'est la grande annonce
[50:03] d'étudier à cette année.
[50:05] Je m'entraîne pour un ultra.
[50:07] C'est mon premier, le 55
[50:09] Gaspésia à la fin juin.
[50:13] Et ça, je me suis
[50:13] inscrite avant Noël et je n'en ai pas parlé
[50:15] parce que
[50:17] j'avais full peur de la réaction des gens.
[50:20] Ça a été la même chose quand j'ai couru mon
[50:21] premier marathon. Je n'en ai pas parlé à personne.
[50:23] J'étais allée courir le marathon et il y avait juste mon frère.
[50:25] Ça fait combien de temps, ça?
[50:27] C'était 2022.
[50:29] Mais c'est bon.
[50:31] Oui, j'en ai beaucoup.
[50:31] Ça veut dire que tu le fais pour
[50:33] les bonnes raisons.
[50:36] Même si personne ne regarde.
[50:37] C'est aussi comme la pression que ça donne
[50:39] un peu.
[50:41] Là, je voulais en parler parce que
[50:43] comme tu as dit, j'ai le projet de
[50:45] il est venu le projet
[50:47] de documenter les traitements
[50:49] parce que je veux qu'on parle plus
[50:51] des traitements de cancer
[50:53] du sein. Je veux qu'on en parle plus pour
[50:55] que les gens aient une meilleure idée
[50:57] de qu'est-ce que c'est
[50:59] mais aussi que c'est possible
[51:01] que ça l'atteigne
[51:03] une femme jeune comme moi
[51:05] et il y a une femme sur huit
[51:07] qui va avoir un cancer du sein dans leur vie.
[51:10] C'est énorme.
[51:11] Ça veut dire qu'imagine une table à manger
[51:14] tu as tes amis, il y en a une
[51:15] sur une à la table qui va l'avoir
[51:18] puis c'est de plus en plus jeune
[51:19] et oui, il y a la recherche
[51:21] pour les traitements, mais
[51:23] c'est surtout la détection précoce qui va
[51:25] être le facteur
[51:27] clé dans une guérison
[51:29] totale.
[51:31] Le fait de sensibiliser à travers
[51:33] un documentaire
[51:34] qui va me suivre
[51:36] qui me suit maintenant
[51:38] on vient de commencer
[51:40] à travers les traitements, mais aussi à travers
[51:43] la course à pied, puis comment moi, selon moi
[51:45] c'est une thérapie, c'est une médecine de bouger
[51:47] et
[51:48] j'ai appris beaucoup de
[51:51] ma résilience à travers la course
[51:53] à pied. Je pense que j'apprends
[51:55] beaucoup de résilience à travers les traitements
[51:57] du cancer et que
[51:59] la course à pied m'apporte
[52:01] dans le cancer, le cancer va m'apporter
[52:03] dans mon ultra.
[52:05] C'est comme toutes des...
[52:07] C'est très full circle.
[52:08] Oui, full circle, exact.
[52:10] Le documentaire va me suivre
[52:12] au 55 de Gaspésia et ensuite
[52:15] dans un an, je vais courir en Norvège
[52:17] le Arctic Triple qui est au nord de la Norvège
[52:19] au Lofoten.
[52:20] C'est pas une énorme course?
[52:22] Il y en a des énormes.
[52:24] Moi, je vais peut-être faire un 48 ou un 80.
[52:28] Mais c'est déjà énorme.
[52:30] Ça dépend comment j'aime ça
[52:31] le 55 parce que
[52:32] c'est ça, j'ai jamais fait d'ultra, j'ai jamais couru
[52:35] pendant aussi longtemps que ça.
[52:36] Les courses en montagne que tu faisais avant, c'était quoi?
[52:39] J'ai juste fait un...
[52:41] Le 20 à Arcamar.
[52:42] J'ai fait 24 parce que je me suis perdue.
[52:45] Puis j'ai fait 24 en Norvège aussi.
[52:48] C'est le full circle, c'est que
[52:49] la première course de trail que j'ai faite, c'était en Norvège
[52:51] au Lofoten qui est au nord-nord de la Norvège.
[52:54] Une des plus belles expériences
[52:55] de ma vie. Puis là, je vais aller recourir cette course-là
[52:57] en 2027.
[52:59] Et c'est Phil Rouleau, Philippe Rouleau,
[53:01] et Caroline Côté qui vont co-réaliser le film.
[53:04] Ce qui est...
[53:05] Je suis tellement chanceuse, c'est tellement beau
[53:07] parce que Caroline, elle a une maison au Lofoten.
[53:09] Donc, elle va me filmer en Norvège.
[53:11] Puis Phil va me filmer en Gaspésie.
[53:13] Puis tu sais, c'est le nord
[53:15] du Québec avec le nord de la Norvège.
[53:17] Ça va être vraiment beau.
[53:19] Puis le but, c'est d'inspirer
[53:21] à travers mon histoire,
[53:23] montrer de la résilience aux féminins aussi.
[53:25] Je trouve qu'il n'y a pas
[53:26] énormément de documentaires sur les femmes.
[53:30] Un peu quand même plus...
[53:31] sur les hommes.
[53:32] De plus en plus, mais vraiment...
[53:34] C'est le fun.
[53:37] On en veut plus.
[53:38] On n'en aurait jamais assez.
[53:39] C'est ça. Puis pendant ma chimio,
[53:41] j'ai écouté plein de documentaires sur YouTube
[53:43] de Trel. Puis là, j'étais comme...
[53:45] Ça me donnait du feu
[53:47] à l'intérieur. Puis je ne pouvais pas bouger
[53:49] sur le divan.
[53:51] Puis là, j'étais juste comme... Imagine si quelqu'un...
[53:53] Si moi, je peux faire un documentaire qui va
[53:55] allumer le feu
[53:57] à l'intérieur de quelqu'un
[53:58] et ou qui va donner...
[54:01] un exemple à une fille
[54:03] de mon âge qui reçoit
[54:05] le diagnostic, puis qui va faire...
[54:09] Ah, je ne sais pas
[54:09] pourquoi ça me rend émotive, mais tu sais,
[54:11] qui va faire... Hé, regarde,
[54:13] il y a quelqu'un qui a passé au travers
[54:15] puis que ça va être
[54:17] correct. Parce que c'est vraiment épeurant
[54:19] puis que les femmes sont
[54:21] beaucoup plus âgées. Quand je vais à l'hôpital,
[54:23] il n'y a pas beaucoup de références. Puis je pense qu'on a
[54:25] vraiment besoin de...
[54:27] d'avoir des références plus jeunes,
[54:29] sportives,
[54:31] c'est très difficile d'avoir
[54:32] des références
[54:34] auxquelles je peux
[54:36] « relate ». Je ne sais pas, c'est quoi le mot?
[54:38] T'as ceci. Mais c'est bon, j'ai
[54:40] dit plein d'anglicisme aussi.
[54:41] Oui, c'est ça.
[54:44] Donc, c'est ça le projet du documentaire.
[54:46] C'est tellement un beau projet, honnêtement.
[54:48] Félicitations de te lancer là-dedans.
[54:50] Oui, c'est tout nouveau pour moi.
[54:52] Le fait de me lancer aussi
[54:54] sur les médias sociaux.
[54:56] Tu sais, j'avais plein de questions
[54:58] pour toi. J'étais comme, comment est-ce que
[55:00] j'apporte... Là, je suis...
[55:01] Je suis dans la phase d'approcher
[55:02] des partenaires pour trouver du financement.
[55:05] Il y en a qui nous écoutent.
[55:06] Oui, c'est ça.
[55:09] Comment est-ce que
[55:10] t'approches les brands?
[55:12] Qu'est-ce que tu leur donnes en échange?
[55:15] Comment tu...
[55:16] Là, je me questionne full sur mon personal branding.
[55:18] J'ai écouté des podcasts là-dessus.
[55:20] C'est quoi mes piliers?
[55:22] Puis c'est quoi mon « why »? Qu'est-ce que je partage
[55:24] sur les réseaux sociaux?
[55:26] Moi, là, j'ai envie de te dire une chose.
[55:27] J'ai plein de sujets.
[55:30] Mais, premièrement,
[55:31] bravo, encore une fois.
[55:33] Puis, tu sais, de décider de le documenter,
[55:35] c'est de donner de l'énergie, encore une fois,
[55:37] aussi, aux autres.
[55:40] Puis, tu sais, je veux dire, on peut dire
[55:41] ce qu'on veut sur les documentaires
[55:43] puis les content creators
[55:45] et compagnie, mais reste qu'ils décident d'ouvrir
[55:47] leur vie au public pour
[55:49] inspirer d'une manière ou d'une autre. Après ça,
[55:51] c'est quoi l'intention? C'est ça la question.
[55:53] Moi, ce que je pense,
[55:55] c'est que quand on commence dans les réseaux sociaux,
[55:58] l'objectif, c'est
[55:59] un peu...
[56:01] d'y aller avec notre intuition
[56:02] puis d'arrêter de se poser des questions.
[56:05] Dans le sens que
[56:06] tu fais de la course
[56:09] parce que c'est ta passion.
[56:11] Tu t'es inscrite à ces deux courses-là
[56:12] par intuition.
[56:16] Puis, tu
[56:17] documentes pour avoir un impact.
[56:19] Pour faire de ce que
[56:21] tu vis quelque chose qui est pas
[56:23] seulement à toi,
[56:25] mais qui a un impact concret
[56:27] dans le monde.
[56:28] Tu t'entoures
[56:30] des meilleures personnes.
[56:31] Oui.
[56:53] Oui.
[56:54] Oui.
[56:55] Oui.
[56:57] Mais
[57:00] il y a
[57:01] ou autre, ou juste dans ta préparation
[57:03] d'aventure, mais
[57:04] Annabelle, Lichia, moi,
[57:07] Caro, on s'est comme un peu toutes rencontrées
[57:09] dans ce petit noyau-là,
[57:11] puis ça a été juste 3-4 jours de
[57:13] course, mais assez pour que
[57:15] on devienne très, très,
[57:17] très proches, bien, très, très
[57:19] malgré le fait
[57:21] qu'on est tous occupés et indépendants,
[57:23] mais bref, t'es entourée
[57:24] de personnes extraordinaires,
[57:28] maintenant,
[57:28] il peut juste
[57:31] y avoir du bon qui en ressort.
[57:33] Peu importe c'est quoi tes piliers,
[57:35] peu importe comment tu le fais,
[57:37] puis qu'est-ce que tu fais
[57:38] exactement, si tu
[57:41] fais les choses avec la
[57:42] meilleure intention qui soit,
[57:44] ça va réussir. Ça, c'est la première chose que j'ai envie
[57:46] de te dire. Ton why,
[57:48] les piliers, ton personal branding, ça va
[57:50] venir avec le temps. Tu vas essayer des choses,
[57:53] tu vas documenter des trucs
[57:54] qui te sont naturels, puis que t'as envie
[57:56] de documenter, puis ça va le devenir.
[57:58] Ça, ton personal branding,
[58:00] les réponses vont venir un peu d'elles-mêmes,
[58:02] des réponses des gens,
[58:04] qu'est-ce qu'ils t'écrivent, qu'est-ce qui semble le plus résonner
[58:06] en eux, qu'est-ce que pour toi,
[58:08] c'est super facile de poster
[58:10] puis de publier, puis
[58:12] là, ça va être une aventure. Moi, je suis
[58:14] certaine que c'est pas la dernière que tu vas vivre.
[58:17] C'est pas le dernier documentaire
[58:18] que tu vas faire.
[58:21] Mais pour faire un documentaire,
[58:23] c'est quand même un stress financier
[58:24] de production,
[58:26] d'échéancier,
[58:27] de livrable,
[58:28] de guider aussi.
[58:30] Tu as travaillé avec Caro, puis avec Phil,
[58:32] puis ils sont formidables, mais il faut aussi que tu les guides
[58:34] là-dedans, tu sais, ça peut pas être...
[58:36] Fait que...
[58:37] T'en es rendue où dans ton documentaire?
[58:40] Bien, en fait, on a juste
[58:42] filmé comme une petite chimio.
[58:45] On n'a pas encore commencé à filmer
[58:46] beaucoup parce qu'on est dans trouver
[58:48] des partenaires pour
[58:50] vraiment s'assurer que quand on va filmer,
[58:52] si on a un partenaire de souliers,
[58:54] bien que je porte les bons souliers, puis qu'on filme pas
[58:56] nécessairement
[58:57] des shoots
[59:00] en ce moment, mais on veut filmer
[59:02] évidemment les moments clés, même si on n'a pas
[59:04] nécessairement encore les partenaires qui arrivent.
[59:06] Donc là, je suis vraiment comme
[59:08] littéralement depuis
[59:10] aujourd'hui ou hier,
[59:12] au moment où est-ce que le pitch du film,
[59:14] le document qui présente le film est prêt,
[59:16] puis que je vais envoyer ça à plein de marques.
[59:20] Moi, je sais
[59:20] que ma force, c'est si je les rencontre,
[59:23] puis que je leur parle,
[59:24] ils vont voir les étoiles dans mes yeux,
[59:26] ils vont...
[59:27] comprendre l'importance du projet, puis j'y crois
[59:29] tellement à ce projet-là. Je pense qu'il y a une pertinence
[59:31] incroyable dans le monde
[59:33] qu'on vit. On veut des histoires
[59:35] de résilience, d'espoir.
[59:37] On veut des histoires de
[59:39] nature, de sport.
[59:41] Donc, et parler du cancer,
[59:43] c'est très, très, très actuel.
[59:45] Puis je pense qu'il y a un bénéfice aux marques aussi de s'associer
[59:47] à un projet comme ça.
[59:49] Si moi, je vois North Face
[59:51] qui s'associe à un documentaire
[59:53] sur le cancer du sein, je suis comme, ah, c'est donc bien cool.
[59:56] Tu sais, ou...
[59:57] c'est un documentaire
[59:59] au féminin aussi.
[1:00:01] Moi, j'ai envie de te donner un conseil
[1:00:04] de...
[1:00:05] de pas juste envoyer ton pitch.
[1:00:08] Oui. Parce que
[1:00:09] il y a rien, puis c'est un conseil
[1:00:12] que je donnerais à n'importe qui qui veut faire ça,
[1:00:14] c'est que
[1:00:14] les brands, là, ils peuvent...
[1:00:17] les brands, les partenaires, peu importe, c'est dans la
[1:00:20] personne qu'ils vont croire.
[1:00:21] Puis des pitches, ils peuvent en recevoir
[1:00:23] des millions, là, tu sais.
[1:00:24] Mais comment je peux les rencontrer?
[1:00:27] Avec des contacts.
[1:00:28] Donc, c'est ça. Mais pour vrai,
[1:00:31] tu parles à des gens qui ont des contacts,
[1:00:34] tu leur dis, j'aimerais rencontrer,
[1:00:35] j'aimerais discuter à telle personne, peux-tu
[1:00:37] m'introduire? Pas juste, je veux l'adresse
[1:00:39] courriel, mais leur parler
[1:00:41] d'une part, puis leur demander
[1:00:43] une introduction. Comme on se
[1:00:45] parle aujourd'hui, tu connais
[1:00:47] mes sponsors
[1:00:48] avec qui tu veux une introduction.
[1:00:51] Tu connais Lichia, tu connais ses sponsors
[1:00:53] avec qui tu veux une introduction.
[1:00:55] Puis tu les sollicites spécifiquement,
[1:00:57] tu les cibles,
[1:00:59] puis aies en tête lesquels
[1:01:01] peuvent t'apporter quoi.
[1:01:03] Des sponsors, tu sais, on s'en était parlé,
[1:01:05] mais des sponsors, qu'est-ce que tu recherches?
[1:01:07] Est-ce que tu recherches du matériel
[1:01:09] ou du volet financier?
[1:01:12] Le matériel est beaucoup plus facile
[1:01:13] à aller chercher de la part de des sponsors
[1:01:15] auxquels on pense.
[1:01:17] Un sport expert, un Altitude,
[1:01:19] un North Face, un
[1:01:21] whatever.
[1:01:24] Après ça, le sport
[1:01:25] financier,
[1:01:26] c'est un sport financier,
[1:01:26] c'est un sport financier,
[1:01:26] c'est un sport financier,
[1:01:26] c'est un sport financier,
[1:01:26] c'est un sport financier,
[1:01:27] si t'as pas d'actif
[1:01:29] ou t'as pas une cause,
[1:01:32] t'as une cause puis t'as un actif,
[1:01:35] je veux dire, c'est pas ça que je veux dire.
[1:01:37] Un actif, c'est que t'as déjà fait
[1:01:39] des projets
[1:01:41] comme ça, qui savent,
[1:01:43] moi j'appelle ça un actif,
[1:01:44] mais ça, ça peut être un actif, ton portfolio,
[1:01:47] par exemple, ou encore ton audience.
[1:01:49] Ça, c'est un actif.
[1:01:51] Comme quand on fait des, moi je suis en
[1:01:53] finance, puis en droit, donc je vends
[1:01:55] des actifs, puis des actifs,
[1:01:57] j'achète et je vends des actifs.
[1:01:59] Des actifs, ça peut être de l'achalandage, ça peut être de la
[1:02:01] propriété intellectuelle, ça peut être plein d'affaires,
[1:02:03] fait que c'est comme mes termes légaux qui embarquent.
[1:02:05] Mais c'est vrai que c'est comme pas logique.
[1:02:07] Mais si t'as
[1:02:08] ce genre d'élément-là,
[1:02:12] tu peux te permettre
[1:02:13] d'aller
[1:02:14] dire, je demande
[1:02:17] ce montant-là parce que
[1:02:19] je vous offre ceci en contrepartie.
[1:02:21] Mais juste comme le placement
[1:02:23] d'un logo
[1:02:24] ou de la visibilité quand ils savent pas
[1:02:27] comment vous allez commercialiser le film,
[1:02:29] le distribuer par exemple,
[1:02:31] sur quelle chaîne YouTube,
[1:02:32] que c'est Phil qui le produit, à quel point
[1:02:34] vous êtes assuré d'avoir de la visibilité.
[1:02:37] Je te donne toutes les pires affaires
[1:02:39] qui vont te sortir. Mais je fais juste te dire, c'est quoi les défis
[1:02:41] pour que tu sois plus outillé.
[1:02:44] Après, dans le fond,
[1:02:46] à savoir,
[1:02:47] peut-être qu'un homme
[1:02:48] donnera pas de chèque, peut-être qu'un
[1:02:50] artface donnera pas de chèque, mais peut-être
[1:02:53] qu'une pharmacie
[1:02:55] va vouloir te donner un chèque. Peut-être une
[1:02:57] compagnie physio va vouloir te donner un gros chèque.
[1:02:59] Peut-être qu'un Bell
[1:03:01] donnerait un chèque. Peut-être qu'une
[1:03:03] banque, un groupe financier donnerait un gros chèque.
[1:03:06] Eux, ils veulent
[1:03:07] s'associer à
[1:03:09] des causes, puis à des messages, puis à des
[1:03:11] individus. Encore une fois, ils vont,
[1:03:13] peu importe le pitch,
[1:03:15] c'est l'individu qui va faire la différence.
[1:03:17] Fait qu'on trouve
[1:03:18] le moyen, coûte que coûte,
[1:03:20] que ton pitch soit pas perdu
[1:03:23] dans un courriel. Puis qu'il soit
[1:03:24] présenté.
[1:03:27] À une personne. Toi,
[1:03:29] qui le présente. J'ai un projet
[1:03:31] à discuter avec vous.
[1:03:33] Il me reste tel spot,
[1:03:35] tel nombre de spots pour un partenariat.
[1:03:37] Voici ce que je recherche. Seriez-vous
[1:03:39] disponible prochainement pour une rencontre?
[1:03:41] Oui. Parce que le pitch, il est
[1:03:43] vraiment beau, puis il est vraiment inspirant, puis je pense
[1:03:45] qu'il transmet vraiment ce que j'ai
[1:03:47] à dire avec ce film-là.
[1:03:49] Puis si moi
[1:03:51] je le présente, c'est encore mieux.
[1:03:53] Mais en fait, je pense que
[1:03:54] ton histoire, c'est ça en quoi
[1:03:57] peu importe à quel point le pitch est beau, je pense qu'il n'y a rien
[1:03:59] qui est plus beau que toi. Ah oui, ça c'est sûr.
[1:04:01] C'est ça, je pense. Puis c'est
[1:04:03] fou à quel point ils font des chèques avant d'avoir
[1:04:05] un pitch. Tu sens même un pitch
[1:04:07] que t'es capable de l'avoir.
[1:04:08] Fait qu'il faut des contacts. Je crois en toi.
[1:04:11] Je dis ça juste parce que
[1:04:13] je pense que
[1:04:14] moi, c'est
[1:04:17] ma vision. Peut-être que
[1:04:19] d'autres ont une autre vision.
[1:04:21] Mais avec des bonnes introductions,
[1:04:23] je suis certaine que...
[1:04:25] Puis là, on en parlait tout à l'heure, mais
[1:04:27] tu vas réouvrir ton GoFundMe
[1:04:29] ou un GoFundMe pour
[1:04:31] te supporter dans la prochaine
[1:04:33] chimiothérapie que tu vas avoir.
[1:04:35] Mais moi, je t'invite vraiment
[1:04:36] à ouvrir ton GoFundMe
[1:04:39] aussi. Ouvrir un autre
[1:04:41] GoFundMe. Puis là, je l'ai dit sur le balado, sans
[1:04:43] te prévenir, je pitch
[1:04:45] under the...
[1:04:47] C'est quoi l'expression? Under the bus?
[1:04:49] Under the bus. Pas vraiment.
[1:04:50] Non, mais c'est parce que...
[1:04:53] Tu me pitch on top of the bus.
[1:04:55] Ah, OK. Merci, j'aime bien.
[1:04:57] J'ai pas le goût de me faire écraser par là.
[1:04:58] Non, c'est ça. Merci.
[1:05:01] Mais c'est que je suis certaine que les gens
[1:05:03] qui écoutent
[1:05:04] vont tous se dire, mon Dieu, que c'est
[1:05:07] un documentaire auquel
[1:05:09] on croit, une mission
[1:05:11] qu'on croit,
[1:05:13] puis on croit en toi, que t'es capable
[1:05:15] d'abord de t'entraîner pour ces courses-là,
[1:05:18] que t'es capable de réaliser
[1:05:19] ce beau projet entrepreneurial-là,
[1:05:21] puis
[1:05:22] que
[1:05:23] c'est très, très généreux de ta part,
[1:05:27] et on veut t'accompagner là-dedans.
[1:05:28] Et donc, il va y avoir des partenaires,
[1:05:31] mais nous aussi, chacun,
[1:05:33] en tant qu'individu, on peut te supporter
[1:05:35] là-dedans, puis ça va nous faire
[1:05:36] vraiment plaisir. Fait qu'ouvre ton
[1:05:39] GoFundMe. J'espère qu'il va être ouvert
[1:05:40] au moment que le balado, on va s'organiser.
[1:05:42] Oui, OK. Mais, tu sais, ça serait
[1:05:44] vraiment super qu'on puisse te supporter là-dedans,
[1:05:47] puis qu'on puisse partager aussi le fait
[1:05:48] que
[1:05:50] soit des gens qui ont des contacts
[1:05:53] aussi, qui pourraient t'introduire
[1:05:55] dans l'audience. Il y en a probablement...
[1:05:57] Il y en a probablement plusieurs.
[1:05:58] Mais aussi, toi, n'hésite pas
[1:06:00] à me dire à qui je peux t'introduire.
[1:06:03] Ça va me faire super plaisir.
[1:06:05] Merci.
[1:06:06] L'appel est lancé, gagne.
[1:06:07] Oui, c'est ça.
[1:06:08] On commence à spread the word
[1:06:11] à propos de tout ça.
[1:06:14] Puis, tu sais,
[1:06:16] ça me fait penser que
[1:06:17] le ultra, tu sais, je vais le faire
[1:06:20] comme je vais le faire, parce que
[1:06:21] je suis en chimio en ce moment.
[1:06:24] J'ai la radio qui s'en vient, ce qui fait que
[1:06:25] j'ai trois semaines où je ne peux pas m'entraîner.
[1:06:27] Ça fait que, tu sais, c'est vraiment
[1:06:29] comme un court laps de temps
[1:06:31] pour m'entraîner, mais je vais le faire.
[1:06:34] Le but, c'est vraiment
[1:06:35] juste de le faire, de le vivre.
[1:06:37] Je l'ai fait avec une amie aussi.
[1:06:39] Ça, c'est vraiment beau. Puis, c'est une amie
[1:06:40] que j'ai rencontrée en Norvège, parce qu'elle était dans mon groupe
[1:06:43] pour le voyage sportif.
[1:06:46] Donc...
[1:06:46] Parce que peut-être qu'il y a des non-coureurs
[1:06:49] qui vont dire, mon Dieu, mais
[1:06:51] s'entraîner comme ça pour un ultra,
[1:06:53] c'est quand même intense. Mais je pense que
[1:06:55] le but, c'est vraiment de...
[1:06:57] de promouvoir
[1:06:59] l'activité physique à travers
[1:07:01] les traitements, promouvoir la résilience
[1:07:03] à travers le défi,
[1:07:05] puis aussi de montrer
[1:07:07] à quel point tu peux être bien entouré
[1:07:09] quand tu
[1:07:11] t'exposes à...
[1:07:14] justement, avec vulnérabilité,
[1:07:16] à dire ce que tu vis
[1:07:17] comme défi, puis que
[1:07:19] personne ne devrait vivre des défis comme ça
[1:07:21] tout seul. Il y en a qui...
[1:07:23] Il y en a qui le cachent,
[1:07:24] qui ont le cancer, des fois.
[1:07:26] Puis c'est vraiment
[1:07:27] personnel, je pense, mais il y a quelque chose
[1:07:30] de beau dans... Si tu vis quelque chose de difficile,
[1:07:33] sache que
[1:07:33] tu peux ne pas le vivre
[1:07:36] tout seul, puis ça fait vraiment une différence.
[1:07:38] Puis, tu sais, je pense à...
[1:07:40] Ça peut même lancer des messages, j'espère,
[1:07:41] à des gens qui vivent des dépressions, des burn-outs,
[1:07:43] qui pensent des pensées suicidaires, peu importe
[1:07:46] les défis que tu vis dans la vie.
[1:07:47] Il y a plein de parallèles à faire.
[1:07:50] Mais j'espère que
[1:07:51] le documentaire est plus que...
[1:07:54] C'est pas un documentaire sur le cancer,
[1:07:56] c'est ça que je trouve qu'il est important
[1:07:58] à dire. C'est vraiment un documentaire sur la résilience,
[1:08:00] la communauté, le mouvement,
[1:08:02] et ça sensibilise
[1:08:04] à travers de ça, sur le cancer
[1:08:06] du sein. Mais c'est pas
[1:08:07] juste un documentaire sur le cancer du sein.
[1:08:10] Tu regarderas, tu sais... Bien, c'est parfait,
[1:08:12] honnêtement, genre, mais je pense qu'on va te suivre,
[1:08:13] peu importe. On vous fait, toi,
[1:08:16] Phil, Caro, confiance
[1:08:18] sur la direction.
[1:08:20] Ce que vous avez envie de partager,
[1:08:22] ce sera ce qui sera
[1:08:23] ça. C'est ça qui va être beau.
[1:08:26] Puis mets-toi
[1:08:28] surtout pas de pression
[1:08:29] dans ton entraînement,
[1:08:35] dans ta préparation,
[1:08:36] dans la construction du documentaire
[1:08:38] aussi.
[1:08:41] Parce que
[1:08:42] c'est stressant. Je veux dire, il y a des gens
[1:08:44] qui travaillent à temps plein sur des projets de documentaire
[1:08:46] puis t'as déjà, tu l'as dit,
[1:08:48] t'as déjà une job à temps plein.
[1:08:49] T'as déjà une job à temps plein.
[1:08:51] T'as déjà d'autres choses aussi.
[1:08:54] Fait que voilà comme un projet
[1:08:55] plaisir-bonheur. Je suis certaine que c'est déjà le cas.
[1:08:58] Oui. Parce que ça m'amène dans ma créativité.
[1:09:01] Ça m'amène... Ah, ça m'amène
[1:09:02] tellement de bonheur, là. Mon dernier
[1:09:04] FaceTime avec Phil et Caro, j'avais les larmes aux yeux
[1:09:06] littéralement parce que je me sens...
[1:09:07] C'est sûr qu'eux aussi, honnêtement, je pensais à ça tantôt quand tu parlais
[1:09:10] puis je me disais, oh my God, pour eux, ils doivent tellement pleurer
[1:09:12] souvent. Mais tu sais,
[1:09:14] de belles émotions, là,
[1:09:15] c'est rien de négatif.
[1:09:17] Ça rappelle aussi le privilège qu'on a de bouger
[1:09:20] comme coureur. Tu sais, j'espère
[1:09:22] que ça peut
[1:09:23] ramener à ça. Hey, c'est vraiment...
[1:09:25] C'est vraiment un privilège qu'on a
[1:09:26] de pouvoir bouger notre corps,
[1:09:30] de pouvoir courir,
[1:09:31] de pouvoir monter sur des sommets de montagne
[1:09:33] puis de voir des vues incroyables.
[1:09:36] Ça fait que ça ramène
[1:09:36] un peu comme à un bonheur d'enfant
[1:09:39] de...
[1:09:41] Quand je vais courir, j'ai vraiment des high de
[1:09:43] runners, mais comme un enfant
[1:09:45] qui redécouvre à chaque fois
[1:09:47] le bonheur de courir.
[1:09:49] On m'adore ça, mais moi, j'ai hâte de le voir
[1:09:51] dans tes vidéos.
[1:09:53] Je le partage, c'est ça, quand même, sur mon
[1:09:55] Instagram.
[1:09:55] Mais je le vois, les stories me rendent
[1:09:58] super heureuse, honnêtement, je suis comme
[1:09:59] « Wow! »
[1:10:02] Puis, c'est quoi
[1:10:03] ta plus grande fierté?
[1:10:08] Bien, en ce moment,
[1:10:10] je pense que c'est juste de passer au travers
[1:10:11] de ça, de
[1:10:13] comment je le vis.
[1:10:16] Je pense que c'est
[1:10:18] quand même...
[1:10:21] Je me sens
[1:10:22] fière de
[1:10:23] Daddy Mousique.
[1:10:25] Que c'est un peu comme ça.
[1:10:27] Parce que comment je vis ce défi-là,
[1:10:27] puis comment je le surmonte,
[1:10:30] si je peux dire ça.
[1:10:31] Je le traverse, c'est une grande traversée.
[1:10:35] Puis, c'est une des choses
[1:10:36] qu'une autre réflexion que j'avais,
[1:10:38] c'était comme...
[1:10:39] J'ai pas honte de montrer ma tête
[1:10:42] rasée.
[1:10:43] J'ai plus... J'ai beaucoup de fierté.
[1:10:47] Parce que
[1:10:47] on dirait que
[1:10:49] je voudrais pas le cacher parce que
[1:10:51] ça serait comme encore plus difficile.
[1:10:53] difficile d'être comme, je ne suis pas bien
[1:10:55] puis là, en plus,
[1:10:56] il faut que je t'annonce. C'est comme si ça
[1:10:59] m'est tout de suite, moi, je suis en train de vivre ça.
[1:11:01] C'est ça ma réalité.
[1:11:03] Je suis vraiment fière
[1:11:04] de comment ça se passe.
[1:11:07] Puis, il y a des moments difficiles, puis
[1:11:08] il y a des très difficiles, puis
[1:11:10] il y a des moments de joie, mais c'est ça
[1:11:12] ma réalité. C'est juste ça.
[1:11:14] Ce n'est pas de le banaliser,
[1:11:16] mais c'est juste, c'est ça en ce moment
[1:11:18] que je vis, c'est ça ma vie, puis c'était ça
[1:11:20] ma destinée, puis
[1:11:22] je suis fière de
[1:11:24] moi à travers ça.
[1:11:26] Est-ce que tu crois que
[1:11:27] ton chemin est déjà tout écrit?
[1:11:32] Ton histoire?
[1:11:33] Je crois beaucoup à
[1:11:34] l'univers.
[1:11:36] Je pense fortement que
[1:11:38] les choses n'arrivent pas pour rien.
[1:11:40] Donc, je pense que ça m'arrive pour une raison,
[1:11:43] puis c'est là où je trouve
[1:11:44] mon sens de, là, moi, je suis en train
[1:11:46] de partager ça, je suis en train de partager mon
[1:11:48] histoire, j'espère que ça touche des gens,
[1:11:51] je suis sûre que ça touche
[1:11:52] des gens, puis
[1:11:53] c'est ça ma destinée.
[1:11:56] Je ne pense pas que c'est comme, il y a déjà,
[1:11:58] c'est déjà préécrit, mais
[1:12:00] dans le sens de, comme, ah, je n'ai pas
[1:12:02] de choix,
[1:12:03] mais je pense que
[1:12:06] quand quelque chose m'arrive,
[1:12:08] je me, je tente vraiment
[1:12:10] de ne pas me victimiser.
[1:12:12] J'ai eu des moments de frustration,
[1:12:14] mais pas tant, parce
[1:12:16] que, oui, un peu de frustration
[1:12:18] de comme, je m'excuse
[1:12:20] du langage, mais comme, what the fuck,
[1:12:22] que ça m'arrive
[1:12:23] quand je suis totalement en forme, puis que je suis jeune
[1:12:26] et tout, et tout, mais
[1:12:27] aussi, bien, c'est ça
[1:12:30] qui m'arrive, puis c'est ça ma vie,
[1:12:32] c'est ça ma réalité, puis si ça
[1:12:34] m'arrive, il y a une raison, il faut qu'il y ait
[1:12:36] une raison, sinon ça devient trop difficile.
[1:12:39] Puis j'ai appris ça,
[1:12:40] moi, j'ai eu beaucoup de commotions cérébrales,
[1:12:42] puis j'ai eu des longues réadaptations,
[1:12:44] puis après, je me suis spécialisée comme physio
[1:12:46] en commotions cérébrales, puis c'était comme,
[1:12:48] OK, il y avait une raison, puis des fois, on
[1:12:50] ne comprend pas tout de suite la raison, puis je la
[1:12:52] ne comprends sûrement pas complètement,
[1:12:55] mais
[1:12:56] j'ai pas le choix.
[1:12:59] C'est ça, puis j'ai pas le choix
[1:13:00] de penser qu'il y a une raison, sinon ça devient,
[1:13:02] c'est trop lourd.
[1:13:03] Tu changes la vie
[1:13:06] de beaucoup, beaucoup de personnes,
[1:13:09] puis juste ça en soi,
[1:13:10] c'est déjà énorme,
[1:13:12] sache-le, mais c'est sûr qu'il y a une
[1:13:14] plus grande raison, c'est pour toi, je suis certaine.
[1:13:16] Oui, c'est ça. J'espère qu'après, je peux avoir un petit break.
[1:13:18] Oui, oui.
[1:13:20] Toutes tes courses.
[1:13:21] C'est beau.
[1:13:22] L'Ophéten,
[1:13:23] pendant des jours,
[1:13:25] on a le rêve un jour d'aller courir,
[1:13:28] justement, je pense que
[1:13:30] l'Ophéten, c'est genre un 100 miles
[1:13:31] qu'il y a? Oui, il y en a un.
[1:13:33] Qui traverse au complet? Oui.
[1:13:35] Un jour, on va peut-être
[1:13:39] courir main dans la main
[1:13:40] l'Ophéten.
[1:13:42] Oui, c'est ça. L'Ophéten,
[1:13:44] c'est le plus bel endroit
[1:13:46] sur la Terre, selon moi. Ça a vraiment l'air.
[1:13:49] Toi, tu passes beaucoup de temps là-bas?
[1:13:50] Normalement? J'ai juste été une fois.
[1:13:52] Un mois. OK. Et je ne me suis jamais
[1:13:54] sentie autant à ma place dans toute ma vie.
[1:13:56] Est-ce que tu as le rêve d'y retourner plus souvent?
[1:13:58] Oui, vraiment. Je veux
[1:14:00] me créer
[1:14:01] assez de travail pour passer du temps
[1:14:04] à chaque année là-bas, avec des
[1:14:06] opportunités comme donner
[1:14:08] des voyages de course,
[1:14:10] créer un festival d'aventure
[1:14:12] avec Caro là-bas. C'est un de nos projets.
[1:14:14] C'est tellement préliminaire, mais je le lance.
[1:14:16] C'est pas grave.
[1:14:18] Donc, définitivement, mon but, c'est de me créer
[1:14:20] comme peut-être
[1:14:22] à chaque été, d'aller passer du temps là-bas.
[1:14:25] C'est un endroit
[1:14:26] où le plein air est au cœur
[1:14:28] de la vie des gens.
[1:14:31] Il y a une philosophie norvégienne
[1:14:32] qui s'appelle Free Luftslieve.
[1:14:34] Ça veut dire
[1:14:35] où est-ce que tu...
[1:14:38] Le plein air est vraiment au cœur de ta vie,
[1:14:40] puis la nature est aussi au cœur de la vie.
[1:14:42] Puis c'est de toujours être en nature,
[1:14:44] puis de s'adapter à la nature
[1:14:46] au lieu que la nature s'adapte à nous.
[1:14:48] Je comprends. C'est tellement beau.
[1:14:50] C'est tellement beau.
[1:14:52] C'est tellement moi, là-bas,
[1:14:53] juste comme être dehors tout le temps,
[1:14:55] d'aller faire des randos.
[1:14:57] Il y a le soleil de minuit.
[1:14:59] C'est incroyable.
[1:15:00] Le soleil se couche pas.
[1:15:02] Donc, tu peux faire une rando la nuit.
[1:15:05] S'il pleut dans le jour,
[1:15:06] ça n'a pas de sens.
[1:15:08] C'est le fun.
[1:15:09] Les plages sont genre turquoises.
[1:15:11] Je le recommande vraiment.
[1:15:13] Définitivement, dans les prochains projets
[1:15:15] que je vais faire,
[1:15:16] ça va être d'amener des gens
[1:15:18] à le découvrir, l'endroit là-bas.
[1:15:21] Puis vu que je parle norvégien,
[1:15:22] français, anglais,
[1:15:22] mais ça m'aide dans ces projets-là.
[1:15:27] Wow.
[1:15:28] Ben, Thulia, merci tellement
[1:15:29] d'être venue sur le balado.
[1:15:32] J'ai déjà hâte de voir la réponse
[1:15:33] de tout le monde qui écoute ce balado
[1:15:36] te supporter
[1:15:38] dans tes défis,
[1:15:42] autant plus difficiles
[1:15:44] que magnifiques.
[1:15:46] Oui, merci.
[1:15:47] De documenter,
[1:15:48] de courir dans les montagnes,
[1:15:51] de faire preuve
[1:15:52] d'une extrême résilience.
[1:15:54] T'es vraiment, vraiment, vraiment,
[1:15:55] vraiment inspirante.
[1:15:57] Puis, on est vraiment privilégiés
[1:15:59] que t'aies pris le temps
[1:16:00] d'être sur le balado.
[1:16:01] Merci, merci tellement.
[1:16:03] Tu sais, c'est...
[1:16:03] Je sais que tu t'en vas monter l'Everest.
[1:16:05] Puis, ben moi, c'est ça mon Everest.
[1:16:08] Oui.
[1:16:09] Oui.
[1:16:10] Donc, c'est des grands défis.
[1:16:12] C'est des grands défis
[1:16:13] qui s'en viennent pour toi.
[1:16:15] La première fois que j'ai monté une montagne,
[1:16:18] ma grand-mère, elle avait eu le guilin barré.
[1:16:20] Puis,
[1:16:21] le guilin barré étant une maladie
[1:16:23] qui s'attaque à ton système nerveux
[1:16:25] puis qui fait que
[1:16:27] ça l'a paralysé complètement.
[1:16:29] Puis, ben là,
[1:16:31] moi, j'allais monter ma montagne.
[1:16:33] C'était le Mont-Blanc.
[1:16:33] Puis là, ma grand-mère, elle me disait
[1:16:35] « Pendant que tu gravis ta montagne,
[1:16:37] moi, je gravis la mienne. »
[1:16:38] Oui, c'est ça.
[1:16:39] Puis, tout le long que je montais la montagne,
[1:16:41] je pensais à elle.
[1:16:42] Je suis certaine que je vais penser
[1:16:43] beaucoup à toi aussi.
[1:16:45] Fait que ma montagne est pas mal plus facile
[1:16:48] que la tienne.
[1:16:49] Je me sens très...
[1:16:50] Merci.
[1:16:51] Merci de m'avoir reçue
[1:16:51] puis que tu m'aies permis
[1:16:54] de partager mon histoire.
[1:16:56] Ça fait très plaisir.
[1:16:57] Moins des choses.
[1:16:58] Bon, ben, sur ce,
[1:17:00] allez suivre Thulia
[1:17:01] et allez l'encourager dans tous ses projets.
[1:17:03] Merci beaucoup tout le monde.

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