# Maghalie & Chloé Rochette — Cyclisme professionnel, burn-out & trouver son équilibre

An episode of [UMEA | Le Balado](https://invisiblenetwork.ai/podcast/1869986285), 22 Sep 2026, 1 h 49 min.

Audio: https://episode.flightcast.com/01KPBTP7AFX2WZ8Q0B28A58VB2.mp3

Dans cet épisode du balado umea, je reçois deux invitées exceptionnelles : Maghalie Rochette, cycliste professionnelle et championne canadienne de cyclocross, et Chloé Rochette, fondatrice de Happy Fitness, créatrice du balado L'état du jeu, entrepreneur, maman de deux enfants, et une voix essentielle dans le monde du bien-être au Québec. Ce qui rend cette conversation si spéciale, c'est qu'elles sont sœurs. Deux sœurs qui ont grandi dans la même maison, avec les mêmes parents, les mêmes vélos, les mêmes montagnes, mais qui ont appris deux choses complètement différentes sur la performance, l'équilibre, et ce que ça veut dire de se réaliser sans se perdre. Pour Maghalie, le sport est devenu un terrain pour voir jusqu'où elle pouvait aller, s'entraîner avec précision, courir contre les meilleures au monde, et gagner. Pour Chloé, à un certain moment, la performance a eu un effet inverse. À force de vouloir bien faire, le sport qu'elle aimait est devenu une source d'anxiété. Elle a appris à bouger autrement, sans chercher à être la meilleure, parfois même sans montre, juste pour retrouver le plaisir. Ce qui est fascinant, c'est qu'aucune des deux n'a rejeté l'ambition. Elles ont simplement appris à la définir autrement. Maghalie a poursuivi son rêve d'être la meilleure athlète qu'elle pouvait être, tout en bâtissant une carrière entrepreneuriale autour de sa passion, en écrivant un livre, en créant des cliniques pour transmettre ses connaissances, et en restant profondément ancrée dans le sens de ce qu'elle faisait. Chloé a bâti une entreprise qui a changé la relation que des milliers de femmes ont avec le mouvement, en valorisant le plaisir, l'inclusion, et l'accessibilité plutôt que la performance à tout prix. Dans cet épisode, on explore : • Comment deux sœurs peuvent grandir dans la même maison et développer des relations complètement différentes avec la performance • Le parcours de Maghalie comme cycliste professionnelle, championne canadienne de cyclocross, et athlète de haut niveau qui a couru contre les meilleures au monde • Le parcours de Chloé comme entrepreneur, fondatrice de Happy Fitness, créatrice du balado L'état du jeu, et maman de deux enfants • Pourquoi Maghalie voit l'équilibre comme périodique et non constant, et pourquoi il faut accepter les pics et les vallées • Pourquoi Chloé a réalisé que les cinq dernières années n'étaient pas équilibrées du tout, et comment elle est en train de se redéfinir après avoir eu deux enfants, écrit un livre, déménagé dans deux pays, et bâti une entreprise • Le burn-out que Chloé a vécu cette année, les signes physiques qui l'ont alertée, et comment elle est en train de se reconstruire • Pourquoi Maghalie a décidé d'avoir un enfant après 15 ans de carrière professionnelle, et comment elle a trouvé la paix avec cette décision • Comment Maghalie vit sa grossesse comme un reset, en bougeant pour le plaisir, en essayant plein de sports différents, et en retrouvant un plaisir naïf à s'entraîner • Pourquoi Chloé a écrit son livre Tout le monde aime danser, plaidoyer pour libérer le mouvement, et comment elle veut changer la relation que les gens ont avec l'activité physique • Pourquoi tout le monde peut aimer bouger, mais que l'industrie du fitness a créé des barrières qui font que beaucoup de gens pensent que le sport n'est pas pour eux • Les rituels avant une course ou un cours, et pourquoi Maghalie a besoin de prendre deux minutes seule pour respirer, se recentrer, et visualiser ce qu'elle s'en va faire • Pourquoi Chloé a besoin de regroup avant chaque cours, et comment elle se retire pour manger sa demi-banane, respirer, et se demander quelle est la ligne directrice • Les mantras dans l'adversité : keep going pour Maghalie, you got this pour Chloé • Les phrases qui les inspirent au quotidien : make it count pour Maghalie, steady pace big wins pour Chloé

## Transcript

[0:00] T'es pas toujours la meilleure pis c'est ben correct.
[0:01] On va tous faire un entraînement de course ensemble, pis là, Maga me bat, pis là, moi, je me ramasse à pleurer dans le milieu de l'entraînement.
[0:07] Magali Rochette, cycliste professionnelle, championne canadienne de cyclocross.
[0:12] Elle a créé des cliniques pour transmettre toutes ses connaissances en vélo, mais transmettre aussi la passion du vélo chez les jeunes.
[0:19] Qui est ma soeur?
[0:19] Ben, c'est une mère de deux enfants.
[0:21] Elle est aussi une entrepreneur, pis elle a toujours été quelqu'un qui a accompli beaucoup de projets en même temps.
[0:25] Tu sais, elle veut transmettre la passion du mouvement à d'autres gens.
[0:28] Il y a eu un moment où ça a été challengeant pour moi d'être la moins bonne de la famille.
[0:33] J'ai eu beaucoup d'acceptations à faire de mon côté, mais ça ne l'a jamais été par rapport à elle.
[0:37] Je n'ai jamais eu de jalousie envers elle, mais j'ai toujours eu de l'admiration pour elle.
[0:42] Je n'ai jamais eu de frustration par rapport à ça.
[0:44] J'ai vraiment eu des moments où ça n'allait pas du tout.
[0:47] Moi aussi, j'en ai fait un peu un burn-out.
[0:49] À un moment donné, j'en ai trop mis sur mon assiette.
[0:50] Mes performances ont vraiment payé.
[0:52] À travers ces hauts et ces bas-là, dans quelles circonstances je dois me mettre pour être capable de performer à mon meilleur?
[0:58] Avant de plonger dans le cœur de l'épisode, je vous présente les partenaires de cette saison.
[1:03] La saison UMEA, saison 2, est possible grâce à Sublime et grâce à Yoga Fitness.
[1:09] Vous allez les retrouver à chaque épisode qui commence dès maintenant.
[1:14] Yoga Fitness, c'est un studio de yoga et de fitness.
[1:17] Il y a tellement de cours qui sont disponibles dans les studios.
[1:21] Chaud, froid, du TRX, du spinning, du yoga.
[1:24] Bref, c'est incroyable.
[1:26] Et ils ouvrent d'ailleurs très bientôt à Brossard.
[1:29] Donc, c'est trop, trop cool.
[1:31] Et également sublime, les sous-vêtements sublimes offrent une protection super confortable, un confort extraordinaire, nous aident en tant que femmes à nous sentir bien, même quand on est dans nos règles.
[1:42] Alors, je suis vraiment fière de les compter parmi nos partenaires cette saison.
[1:47] Deux soeurs peuvent grandir dans la même maison, avec les mêmes parents, les mêmes vélos, les mêmes montagnes et apprendre deux choses complètement différentes sur la performance.
[1:56] Pour Magali Rechette, le sport est devenu un terrain pour voir jusqu'où elle pouvait aller, s'entraîner plus précisément, courir contre les meilleurs au monde au final et gagner.
[2:06] Et pour Chloé, à un certain moment, la performance a eu un effet inverse.
[2:10] À force de vouloir bien faire, le sport qu'elle aimait est devenu une source un petit peu plus d'anxiété ou de stress.
[2:15] Elle a appris à bouger autrement, sans chercher à être la meilleure, parfois même sans montre, juste pour retrouver le plaisir.
[2:22] Ce que je trouve fascinant, c'est qu'aucune des deux n'a rejeté le projet d'être ambitieuse.
[2:27] Elles ont simplement appris à la définir autrement.
[2:31] Alors aujourd'hui, je voulais les mettre autour de la même table au balado UMEA pour parler de cette ligne qui est parfois très mince entre la performance qui nous construit et celle qui finit par nous coûter finalement quelque chose.
[2:43] Alors bienvenue à UMEA.
[2:44] Aujourd'hui, on reçoit Chloé et Magali Rochette.
[2:47] Bienvenue les filles.
[2:48] Je suis genre, je n'essaie pas de recommencer, je suis comme tellement excitée de vous recevoir.
[2:53] Magali, Chloé, bienvenue au balado UMEA.
[2:56] Je suis vraiment contente de vous recevoir.
[2:58] Puis, fun fact, je vous suis depuis vraiment longtemps, vous m'inspirez énormément.
[3:03] Chloé, quand j'ai commencé à faire du sport, je pense que, en fait, genre 5 ans avant même que je commence à faire du sport, je pense que je te suivais puis t'étais genre…
[3:11] mon idole de tous les temps.
[3:13] Et je n'avais jamais fait le lien dans ma tête que vous étiez des sœurs.
[3:18] Mais vous vous en rappelez?
[3:19] Oui, oui, c'est vrai.
[3:21] On s'est bien rencontrées à la...
[3:24] À une soirée bicep l'année passée.
[3:26] Puis c'est drôle parce que tu n'étais pas la seule.
[3:27] On était allées ensemble, puis il y avait plein de gens qui étaient comme, « Ah, vous êtes sœurs?
[3:31] Vous connaissez Marc, vous connaissez moi? »
[3:32] Puis on était ensemble, puis on était comme, « Bien oui, il était comment?
[3:35] Vous vous connaissez? »
[3:36] On était genre, « Bien oui, on est nés dans la même maison. »
[3:39] Mais genre, les gens, est-ce qu'ils ne font pas… C'est-tu parce qu'ils ne font pas un plus un ou c'est parce que, genre, vous avez tellement des positionnements publics différents ?
[3:49] Je pense que c'est ça.
[3:51] Oui, ça se peut.
[3:52] Bien, justement, Magali et Chloé, j'aimerais ça que vous vous présentiez l'une et l'autre, mais genre sans être vous.
[3:58] Fait que, Chloé, tu présentes Mag.
[4:01] Ah oui, c'est bon, c'est OK.
[4:02] Bien, OK, Magali Rochette, cycliste professionnelle.
[4:05] Oui.
[4:08] championne canadienne de cyclocross, cyclocross qui est un sport très très gros et connu en Europe, qui est de plus en plus populaire en Amérique du Nord mais c'est ça, mag c'est une des meilleures cyclistes au monde, on le sait pas, puis je trouve qu'on en parle pas assez au Québec de mag en fait je pense, en général on parle pas assez du vélo tu sais c'est les championnats on a la chance d'avoir les mondiaux cyclistes
[4:36] sur route à Montréal dans une semaine.
[4:39] Je ne sais pas quand ça va être diffusé, mais en septembre.
[4:41] Ça va s'en sortir tout de suite après.
[4:44] Fin septembre.
[4:47] Il y a beaucoup de gens qui parlent de comment ça va obstruer les routes et tout ça, mais on ne réalise pas à quel point on est chanceux de recevoir ce calibre-là.
[4:55] À Montréal, c'est incroyable.
[4:58] C'est vraiment, vraiment big.
[5:00] Puis, tu sais, c'est ça.
[5:01] Je pense qu'au Québec, on dirait que le vélo, il n'est pas tellement valorisé.
[5:05] Tu sais, dans la presse sport, on a toujours des articles sur le hockey, puis tout ça, mais nos athlètes,
[5:11] canadiens cyclistes qui sont dans le top mondial.
[5:14] On n'en entend presque pas parler.
[5:17] Fait que c'est ça.
[5:19] Mais c'est pas juste une cycliste.
[5:20] Mag, c'est aussi... Qui est Magali?
[5:24] Non, mais c'est une personne qui est vraiment engagée et impliquée dans le monde du sport, si je peux dire.
[5:30] Tu sais...
[5:32] Mag, elle a toujours fait plus que ce qu'un athlète fait, dans le sens qu'elle a son podcast, mais elle a toujours collaboré elle-même avec ses partenaires pour essayer de créer des projets qui étaient de la valeur, pas juste pour elle, mais pour les partenaires, mais aussi pour la communauté.
[5:51] Qu'est-ce que les autres peuvent en tirer?
[5:53] Elle a beaucoup redonné.
[5:55] Elle a créé des cliniques pour transmettre toutes ses connaissances en vélo, mais transmettre aussi la passion du vélo chez les jeunes.
[6:03] Elle a écrit un livre pour laisser derrière.
[6:08] Le savoir qu'elle a accumulé pendant 10 ans à être une athlète professionnelle, c'est des pépites.
[6:13] Moi, c'est toutes des histoires qu'il y en a que je savais déjà et que je m'inspirais déjà de ces histoires-là.
[6:17] Mais là, son père écrit et tout le monde peut y avoir accès.
[6:20] Mais en tout cas, ce que je veux dire, c'est que oui, c'est une athlète vraiment, vraiment impressionnante.
[6:24] Moi, qui m'a toujours inspirée par sa discipline, mais aussi beaucoup par son savoir-être.
[6:30] Je le dis souvent, mais comme...
[6:32] est tellement cool, est tellement humble.
[6:34] Non, mais... Ah, les filles, c'est trop cute.
[6:36] Mais maintenant que t'étais pas là, je dirais ça.
[6:38] Tu sais, c'est comme...
[6:40] Puis je veux dire, je pense... Moi, je dis ça, mais tout le monde qui a déjà rencontré Mag va dire ça.
[6:44] Genre, elle est juste...
[6:46] tellement...
[6:47] Puis je sais que c'est galvaudé comme terme, le mot authentique, mais elle trippe tellement sur ce qu'elle fait, puis ça paraît, puis elle est juste enthousiaste de tout.
[6:55] Puis tu sais, comme mettons, là, en ce moment, elle ne fait pas nécessairement de vélo, mais elle organise une game de kickball dans sa rue, puis genre, c'est comme le projet de l'année, tellement qu'elle est enthousiaste.
[7:05] Elle embarque tout le monde dedans, puis on fait une grosse game de kickball, puis elle achète un ballon de kickball, puis elle a un chandail de kickball, puis elle envoie des vidéos pour qu'on se rappelle de c'est quoi les règles du kickball.
[7:16] C'est une bonne game.
[7:18] Mais ça, c'est la personnalité de Mike, dans le sens généreuse de sa personne, mais généreuse de ses passions, puis passionnée de tout.
[7:25] De toutes les choses dans lesquelles elle embarque.
[7:29] Ce qui est intéressant de cette personne-là, c'est qu'elle va se mettre à te parler
[7:33] en profondeur de woodworking, si tu l'embarques.
[7:37] Parce qu'elle a déjà trippé sur le woodworking.
[7:39] Elle a déjà...
[7:39] Tu sais, elle a comme plein de tripes en dehors du vélo qui rendent cette personne-là vraiment intéressante.
[7:46] Fait que...
[7:47] C'est un genre de gros...
[7:48] C'est un melting pot.
[7:50] C'est magnifique.
[7:51] C'est magnifique.
[7:52] C'est cool que tu aies ces mots-là sur ta soeur.
[7:56] Est-ce que tu as toujours eu cette vision-là de ta soeur?
[7:58] C'est une bonne question, mais je pense que oui.
[8:02] Oui.
[8:05] C'est drôle parce que quand on était petites...
[8:07] Tu sais, des fois, parce que c'est moi la grande sœur.
[8:09] OK.
[8:11] Puis bien sûr... Moi, je pense que je l'ai agressée.
[8:12] Vous avez combien d'années différentes?
[8:14] Deux ans et demi.
[8:15] OK.
[8:16] Mais c'est...
[8:18] Genre, à une certaine époque, c'était moi qui l'imitais.
[8:20] Tu sais, d'habitude, tu t'enlèves... Oui, mais il y a eu une époque, c'est moi qui t'imitais en maudit.
[8:25] Oui, oui.
[8:25] Toute la jeunesse.
[8:26] Des fois, mais oui, tu sais...
[8:28] Du plus loin que je me souvienne, j'ai eu toujours beaucoup d'admiration pour ma soeur.
[8:33] Beaucoup de respect.
[8:34] Puis, tu sais...
[8:40] il y a eu un moment où ça a été challengeant pour moi d'être la moins bonne de la famille.
[8:47] Bien, pas la moins bonne de la famille, mais tu sais, dans le fond, les deux, quand on était jeunes, on faisait du vélo de montagne, du triathlon, depuis qu'on a genre 7 ans.
[8:55] Mon père, il a fondé un club de triathlon, on faisait du vélo, tout ça.
[8:58] Puis Mag, vraiment jeune, elle s'est mise à gagner quand même.
[9:02] puis pas moi.
[9:03] Mais moi, j'étais pas pas bonne, là, j'étais bonne quand même, je veux dire, j'étais meilleure que la plupart des gens, mais comparé, j'avais pas les résultats que ma petite sœur avait, puis c'est quand même challengeant, vu qu'en plus, elle était plus jeune, tu sais.
[9:14] Fait que j'ai eu beaucoup de...
[9:19] d'acceptation à faire de mon côté, mais ça ne l'a jamais été par rapport à elle.
[9:22] Je n'ai jamais eu de jalousie envers elle.
[9:25] Je n'ai jamais eu de sentiment négatif.
[9:29] C'était toujours du respect de l'animation.
[9:30] Puis moi, c'est que j'avais dans le fond à travailler sur... Mon égo, accepter que des fois, tu n'es pas la meilleure, puis ce n'est pas grave.
[9:39] Puis mon père m'avait beaucoup...
[9:40] Je me souviens plein de moments où, mettons, on va tous courir les trois ensemble sur...
[9:45] On va tous faire un entraînement de course ensemble.
[9:47] Puis là, ma gamme bat.
[9:48] Puis là, moi, je me ramasse à pleurer dans le milieu de l'entraînement.
[9:50] Puis là, mon père, il me ramasse à la petite cuillère.
[9:52] Puis il est comme, tu sais, c'est pas parce que toi, t'as d'autres choses que peut-être qu'elle a plus de talent athlétique.
[9:58] Mais tu sais, il essaie de me rassurer.
[10:01] Mais j'ai toujours eu de l'admiration pour elle.
[10:03] J'ai jamais eu comme de frustration par rapport à ça.
[10:06] C'était comme plus de moi apprendre à... T'es pas toujours la meilleure, puis c'est bien correct.
[10:11] Mais tu sais, je dois dire, par rapport à ça...
[10:15] J'y étais sensible aussi.
[10:17] Moi, mon but, c'était pas de battre ma soeur.
[10:19] Par moment, des fois, à cet âge-là, je me sentais mal.
[10:24] Mais encore là, ma soeur m'a jamais fait sentir mal.
[10:27] Puis moi, je trouve que c'est important de dire parce que tu l'as jamais transposé sur moi.
[10:30] Je le savais que c'était challengeant, parce que je suis pas conne, je le vois.
[10:34] Puis moi-même, je trouve...
[10:37] Je vais jamais faire exprès de la battre.
[10:39] Je vais faire de mon mieux parce que...
[10:42] C'est impératif pour moi de faire de mon mieux quand je fais quelque chose, donc je le faisais.
[10:46] Mais j'essayais de ne pas le faire devant elle ou de ne pas particulièrement la battre.
[10:54] Moi, j'ai toujours été ultra reconnaissante que tu ne me fasses jamais sentir mal.
[10:59] Jamais tu ne m'as brimée au point où je me forçais moins.
[11:03] Jamais tu ne m'as mis dans cette situation-là.
[11:05] Jamais tu ne m'as fait sentir comme si je te faisais chier.
[11:07] Jamais.
[11:08] Puis c'est ça, j'en suis vraiment reconnaissante parce que moi, je trouve que ça demande de la maturité.
[11:14] T'as pas, on avait 11 ans, là.
[11:16] On était vraiment jeunes, là, tu sais, puis elle aurait facilement pu se fâcher contre moi ou quelque chose comme ça.
[11:22] Mais déjà à cet âge-là, t'avais cette maturité puis ce respect-là de, je pense, une compréhension de comme, elle essaie pas de me faire chier, c'est juste ça qui est ça.
[11:30] Elle est juste meilleure, oui.
[11:31] Puis, mais moi, je pense que ça m'a libérée puis ça m'a permis de continuer à faire ça parce que...
[11:36] Même à cet âge-là, le plus important restait notre relation.
[11:39] On a toujours été proches, on a toujours été amis.
[11:41] Jamais je n'aurais voulu...
[11:44] Si j'avais senti que tu avais de la rancœur ou quelque chose envers moi, ça aurait changé comment je réagis.
[11:49] Plus tu performais, plus je m'éloignais.
[11:51] Oui, mais ça aurait vraiment changé comment je réagis.
[11:53] Mais ça aurait été facile de tomber là-dedans.
[11:55] Oui, oui.
[11:56] Étant donné que tu es jeune.
[11:58] En tout cas, moi, j'ai toujours été reconnaissante de ça parce que ça m'a permis de faire ce que j'adorais, ce qui était ma passion, mais sans sentir que ça éloignait ma soeur.
[12:09] C'est fou parce que vous racontez tout ça.
[12:11] Puis là, mettons...
[12:11] on est comme plusieurs années plus tard, genre, mettons, 30 ans plus tard, ben, moins que ça, mettons, 20 ans plus tard.
[12:17] Puis, tu sais, ça fait tellement du sens que, mettons, Chloé était fondée Happy Fitness, que t'es l'état du jeu, genre, que tu promouvois ce que tu promouvois dans le monde du sport, même pas juste du sport, genre, de l'activité physique, du bien-être.
[12:31] Puis, toi, à ton niveau, genre, que tu sois autant, genre...
[12:36] Il n'y a pas de résultat sans travailler très fort, donner notre meilleur, notre 150 %, mais le faire pour les bonnes raisons et le faire en collaboration avec les parties prenantes autour de nous, genre l'écosystème, la communauté, puis amener tout le monde.
[12:52] Je vais avoir plein de questions pour vous, à savoir comment aussi vous avez été éduquées pour ça.
[12:56] Mais là, avant, il faut quand même que… – Il faut présenter Chloé.
[12:59] – Oui, écoutez, qui est Chloé?
[13:00] On ne sait toujours pas, c'est qu'on sait qu'elle a l'air très aimable.
[13:04] C'est la soeur de l'autre.
[13:05] Premièrement, tu as raison, c'est fou.
[13:08] Moi, je trouve ça spécial que pour toutes les deux, ce soit des souvenirs qui soient autant ancrés et qu'on se souvienne des détails.
[13:14] Je m'en souviens aussi de certaines séances en particulier.
[13:17] Effectivement, de voir le parcours qu'on a pris par la suite, ça fait du sens.
[13:21] Mais là, ça m'amène à parler du parcours de ma soeur.
[13:24] Mais qui est ma soeur?
[13:27] Pour moi, ça a toujours été ma grande soeur, évidemment.
[13:29] Elle est née avant.
[13:30] Moi, je l'ai toujours admirée pour plein de raisons différentes.
[13:35] Quand on était jeunes...
[13:37] Ma soeur, elle prend soin des autres.
[13:39] Elle a toujours pris soin de moi quand j'étais jeune.
[13:41] Elle me traînait dans ses activités.
[13:43] Elle m'acceptait quand on jouait avec ses amis.
[13:45] Puis, tu sais, c'est une personne ultra sociale.
[13:47] Fait qu'elle avait beaucoup d'amis.
[13:48] Elle était beaucoup appréciée de ses amis.
[13:51] Puis, elle s'assurait qu'elle avait toujours une place pour moi.
[13:53] Je dis pas que moi, je suis pas sociale, mais, tu sais, moi, tu me mets dans un coin, tout seul, je vais être contente, là.
[13:58] Mais, tu sais, j'ai toujours vu ma soeur être...
[14:02] comme une étoile un peu brillée autour des gens.
[14:05] Puis j'ai toujours trouvé ça vraiment inspirant.
[14:08] Puis j'ai toujours voulu...
[14:10] Tu sais, les gens veulent graviter autour de ma soeur-là, comme cet effet-là.
[14:13] Fait que quand elle est entourée de gens, bien, souvent abris, puis on a envie de graviter dans son orbite puis d'en faire partie.
[14:19] Puis j'étais pas... Bien, moi aussi, c'est pareil.
[14:21] Je voulais faire partie de son orbite, puis j'étais chanceuse qu'en étant la petite soeur, elle m'accepte là-dedans.
[14:26] Puis non seulement elle m'accepte, mais elle me fasse une place de choix puis qu'elle m'intègre dans ses activités.
[14:30] Puis ça a toujours été comme ça, puis ça l'est encore.
[14:33] Mais bon, qui elle est?
[14:34] C'est une mère de deux enfants.
[14:36] Moi, je trouve que c'est une excellente mère.
[14:39] Je trouve que la maternité l'a changée.
[14:42] À mon avis, pour le mieux.
[14:45] Ma soeur est aussi une entrepreneur.
[14:46] Elle a toujours été quelqu'un qui a accompli beaucoup de projets en même temps et qui
[14:51] qui n'a pas peur de dire oui.
[14:52] Elle en prend, elle en prend, puis elle en accomplit, puis elle fait plein de choses.
[14:55] Mais ça veut dire que son assiette déborde par certains moments, puis elle arrive à le jongler.
[14:59] Mais moi, je trouve que depuis qu'elle a des enfants, elle a une présence, puis une patience que
[15:07] qui m'impressionne.
[15:08] Puis je trouve qu'il est arrivé avec la maternité que depuis qu'elle a ses enfants, je suis comme quand elle est là, elle est vraiment là.
[15:14] Puis quand elle travaille, elle travaille.
[15:16] Mais comme moi, j'admire sa présence avec les enfants.
[15:19] Puis la patience aussi, je le vois des fois dans le quotidien et ça brasse.
[15:24] Ils sont vraiment cools, les petits gars, mais ta marmotte, ils courent.
[15:26] Ils doivent, avec papa aussi, le lien familial.
[15:30] Jules et Luca, ça fait des petites tornades, des tornades magnifiques et pleines d'amour, mais c'est des petites tornades quand même.
[15:36] Pour moi, de voir la patience avec laquelle elle gère tout ça, je trouve ça beau à voir.
[15:41] C'est quelque chose que j'espère pouvoir apprendre d'elle et apporter dans mon quotidien quand je vais avoir des enfants.
[15:49] Donc, voilà, c'est une mère de deux enfants, c'est une femme attentionnée qui prend le temps pour son mari.
[15:56] Oui, comme je disais, c'est un entrepreneur.
[15:57] Ça fait longtemps, ça fait quoi, 15 ans que tu es happy?
[15:59] Oui, ça fait 16.
[16:00] Ça fait 16 ans qu'elle a parti d'une entreprise dans un milieu qui la passionne.
[16:04] Fait que moi, je trouve ça vraiment cool qu'elle aille…
[16:07] Happy Fitness, pour ceux qui n'ont pas fait le lien.
[16:12] L'état du jeu aussi, le balado qui fait une différence auprès de beaucoup, beaucoup de femmes.
[16:17] Surtout, je m'en gêne.
[16:18] Principalement, je pense.
[16:19] Mais il y a plein de femmes qui nous écoutent.
[16:20] En fait, il y a plein de filles qui envoient les épisodes à leur chum, puis après, ils en parlent.
[16:24] Genre, look at what we need, honey.
[16:29] Fait que c'est ça.
[16:29] Elle a bâti une entreprise dans un domaine qui la passionnait.
[16:32] Puis tu sais, je racontais, je disais tantôt, c'est quelqu'un qui...
[16:37] que les gens veulent graviter autour et qui carent à propos des autres.
[16:39] Mais je pense que l'entreprise qu'elle a bâtie, ça démontre ça aussi.
[16:43] Elle veut transmettre la passion du mouvement à d'autres gens et le rendre accessible à d'autres.
[16:49] En créant une communauté qui est agréable pour les gens, qui n'est pas juste axée sur la performance, mais qu'on peut aller faire du sport dans le plaisir, dans la connexion et dans un mouvement social.
[16:59] C'est cool qu'elle ait pu suivre ce qui l'a toujours intéressé, ce qui l'a toujours passionné et qu'elle en ait créé une business.
[17:07] Donc, voilà.
[17:07] Magnifique.
[17:08] C'est trop cool.
[17:09] Les filles, quand vous étiez jeunes, est-ce que, ou est-ce que vous êtes aujourd'hui, c'est comme ça qu'on vous aurait décrit aussi quand vous étiez plus jeunes?
[17:17] Trouvez-vous?
[17:18] J'ai l'impression que oui.
[17:19] Moi, je pense que oui.
[17:20] Oui.
[17:20] Oui, quand même.
[17:21] On est restées vraiment fidèles
[17:25] aux petites filles qu'on était, j'ai quand même l'impression, tu sais, je veux dire, moi, tu sais, je faisais plein de sports, justement, tu sais, je faisais de la danse, je jouais au soccer, je faisais du ski, puis vraiment vite, je suis tombée dans l'enseignement, tu sais, comme à 13 ans, je suis devenue prof de ski, c'était comme pour moi, transmettre, c'était genre inné, ma mère,
[17:42] Moi, j'ai toujours voulu m'améliorer.
[17:44] J'adore m'améliorer.
[17:45] Puis des fois, je passais des heures dans le stationnement à me pratiquer à clipper, déclipper, à pratiquer à faire des wheelies, à pratiquer à jongler avec mon ballon.
[17:53] Peu importe c'est quoi le sport.
[17:54] Puis je n'avais pas nécessairement besoin de compagnie.
[17:57] Des fois, je pouvais passer comme deux heures tout seul dans mon entrée à pratiquer au soccer.
[18:02] Est-ce que c'est comme ça que vos parents vous ont élevés?
[18:04] C'était quoi?
[18:05] Comment vous avez été élevés autour du sport?
[18:06] Vous semblez dire que votre père vous amenait... Oui, oui.
[18:10] Mais on dirait que j'ai le goût de dire...
[18:12] On touchait à tout, honnêtement.
[18:14] Ben tu sais, mettons, dans le sport, principalement, on a vraiment... Ben premièrement, on a eu la chance d'apprendre à bouger de toutes sortes de manières.
[18:25] Tu sais, mon père, il nous a...
[18:27] Je veux dire, lui, mettons, il trippait sur le vélo de montagne à l'époque.
[18:30] Il était quand même avant-gardiste, là.
[18:32] Il faisait du triathlon avant que ça soit à la mode.
[18:34] Je veux dire, nous, à 7 ans, quand on faisait du triathlon, c'était pas encore...
[18:37] Le Ironman de Tremblant, il faisait pas un saut d'hôte en 24 heures dans ce temps-là.
[18:41] Mais tu sais, mon père nous faisait faire tout, là.
[18:44] Exact, c'est...
[18:45] On jouait au baseball.
[18:46] L'autre fois, on jouait au basket.
[18:49] On était dans l'entrée, puis les deux, on lance un ballon de foot.
[18:52] On sait comment, là.
[18:53] Je veux dire...
[18:55] Parce qu'on a appris comment... Parce que mon père, il a pris le temps, il jouait avec nous.
[18:58] Je pense que le jeu, c'était quand même central.
[19:01] Même si, tu sais, Mag a toujours été quand même compétitive.
[19:03] Puis je veux dire, moi aussi, on faisait des courses dès un très, très jeune âge.
[19:07] Mais...
[19:09] On dirait que mon père, il ramenait quand même tout le temps d'être comme... Oui, on donne notre meilleur.
[19:14] Puis si on s'engage...
[19:16] Tu sais, mettons qu'on a un objectif, puis on s'engage envers des entraînements, bien, on est honnête envers nous-mêmes, puis on les fait, puis on va jusqu'au bout.
[19:24] Ça fait que ça, c'est sûr que c'était dans nos enseignements.
[19:26] Ma mère aussi, tu sais, mais aussi...
[19:29] Après tout ça, quand on a donné notre meilleur, peu importe la position qu'on est arrivée, est-ce qu'on a eu du fun?
[19:35] Est-ce qu'on a passé une belle fin de semaine avec tous nos amis?
[19:38] Il mettait quand même beaucoup en relief toutes les choses qui gravitent autour du sport, qui font que le sport est extraordinaire.
[19:44] Moi, c'est sûr que j'ai beaucoup plus retiré ça.
[19:49] Je pense qu'on a...
[19:50] on a eu les clés pour apprendre à bouger, avoir confiance en nous dans le mouvement, mais aussi avoir une relation saine avec le mouvement, parce qu'il n'y avait pas nécessairement de pression tant que ça.
[20:00] Moi, je n'ai pas ressenti de pression non plus, mais par contre, c'était clair que si on commençait une session de quelque chose, on allait se rendre au bout.
[20:06] Moi, je me rappelle, à un moment donné, j'avais essayé la danse, puis que ma soeur dansait, puis elle était full bonne.
[20:11] Fait que je me suis dit, moi aussi, j'essaye, mais moi, j'ai pas accroché du tout.
[20:15] Mais ma mère, elle m'a dit, « Bien, c'est pas grave, mais rends-toi à la... Faut que tu te rendes au spectacle.
[20:19] Rends-toi à la fin de la session, puis après, nous, on changera de sport, mais là, faut que tu te rendes à la fin. »
[20:22] Fait que je trouvais qu'il y avait...
[20:25] C'est ça.
[20:25] Moi, je faisais le karaté, elle faisait la danse.
[20:27] On avait chacun nos trucs, mais c'est ça.
[20:29] Mais je veux juste souligner, on a quand même eu la chance d'avoir un support incroyable autour de ça.
[20:35] Je sais que c'est pas la norme, donc je veux juste le mentionner comme nos parents étaient dédiés à nous pour...
[20:41] Je pense que peu importe ce qu'on aurait décidé de faire, il aurait été là.
[20:45] C'est sûr que nous, on a été exposés dans le sport, donc c'est ce qu'on a exploré, mais ma mère, le nombre de lifts qu'elle nous a faits...
[20:52] C'est hallucinant.
[20:52] – Puis mon père aussi, puis tu sais, je veux juste le souligner parce que je sais que, tu sais, j'en ai des amis, là, qui ne savent pas toujours si ce n'était pas la même chose que eux, bien, mon chum, là, quand il voulait aller faire, quand il voulait aller faire de la natation à 5 heures le matin, bien, il prenait l'autobus, là, puis c'est correct, tu sais, puis lui a développé d'autres habiletés de cette façon-là.
[21:09] Il est comme hyper responsable puis hyper autonome, puis il a développé autre chose, mais tu sais, je veux juste souligner qu'on a eu la chance vraiment d'avoir des parents qui nous ont supportés dans peu importe l'activité qu'on voulait faire.
[21:19] Tant qu'on s'y donne, tant qu
[21:21] Donner un effort.
[21:22] C'était vraiment ça, la leçon.
[21:23] C'était comme si tu le fais, mais y'a un effort jusqu'au bout, puis après, on s'en fout de tout le reste.
[21:28] On « botche » pas dans la famille.
[21:29] C'est ça.
[21:30] C'était juste « mais y'a un effort ».
[21:31] Je trouve ça cool, parce que j'ai l'impression que vos parents ont cru en vous au niveau athlétique et sportif.
[21:40] comme beaucoup de parents font des fois envers leur fils.
[21:44] Plus que leur jeune fils.
[21:45] Mon père était vraiment avant-gardiste là-dessus.
[21:48] Je dirais, il y a un cadre dans son garage à ce jour.
[21:52] C'est un nouveau...
[21:53] Il vient de déménager, puis il a remis ce même cadre-là, mais qui était dans notre garage il y a...
[21:57] 20 ans, là.
[21:57] Puis c'est une annonce de Nike, là, puis peu importe, mais c'est une petite fille sur une balançoire, oh, pardon, puis l'annonce, c'était... « If you let me play ».
[22:07] Oui, c'était une vidéo aussi, là, de Nike, mais c'est comme « If you let me play », puis là, toutes les choses qui allaient arriver, « If you let me play », tu sais, puis ça fait écho, tu connais Fille Active, mais c'est genre « si tu me laisses jouer, je vais avoir plus confiance en moi », « si tu me laisses jouer, j'ai plus de chances d'atteindre des postes, tu sais... ».
[22:22] Si tu me laisses jouer, je vais pas prendre des mauvaises décisions.
[22:26] Je vais toujours être à ma défense d'avoir une meilleure estime puis prendre des meilleures décisions pour moi.
[22:31] En tout cas, c'était comme le pouvoir du sport pour les jeunes filles aussi.
[22:35] Puis ma mère, elle était pareille aussi.
[22:38] Moi, j'étais quand même tomboy, là.
[22:40] Vraiment, quand j'étais jeune.
[22:42] Au point que j'avais ma meilleure amie.
[22:44] Notre jeu, c'était de jouer aux gars.
[22:46] On empruntait les maillots de son frère, on se mettait en maillot de gars, puis on sautait, puis on faisait des grabs, puis on faisait du skate.
[22:51] J'étais vraiment tomboy.
[22:53] Mais tu sais, jamais je me suis sentie mise de côté.
[22:56] Puis comme ma mère, elle supportait beaucoup là-dedans aussi.
[23:00] Puis je pense que comme mon père, elle avait la vision, « Regarde, nos petites filles vont faire ce qu'elles veulent, peu importe. »
[23:05] Fait que tu sais, moi, ma mère, elle m'a acheté un skateboard.
[23:07] Puis c'est elle qui m'a proposé le karaté.
[23:08] Parce qu'elle, quand elle était jeune, elle en avait fait.
[23:10] Puis elle avait aimé ça.
[23:11] Puis elle était comme « Ah, mais tu sais, je pense que tu vas peut-être aimer ça. »
[23:13] Puis tu sais, elle me proposait des choses qui n'étaient peut-être pas la norme pour des jeunes filles, mais qui, pour moi, me parlaient à ce moment-là.
[23:19] Puis tu sais...
[23:20] On était les deux, je pense, sportives.
[23:22] On avait quand même...
[23:22] On était quand même différentes.
[23:24] On avait chacun nos choses qu'on aimait le plus.
[23:27] Mais c'est ça.
[23:28] Ils nous ont vraiment acceptés comme on était, je pense.
[23:30] Mais c'est sûr, on dirait que pour moi, il y a un parallèle qui se fait.
[23:34] Comment on a été élevés, tant juste comme précisément dans le sport que dans la vie en général?
[23:39] On dirait qu'on a eu...
[23:41] avec nos parents, vraiment une belle balance d'apprendre la valeur du travail, la valeur d'aller au bout des choses, la valeur de bien faire les choses, mais aussi, il y avait vraiment beaucoup de place qui était laissée à
[23:55] le côté intuition.
[23:56] Genre, qu'est-ce que t'as envie de faire?
[23:58] Genre, valoriser notre différence, valoriser ce qui est unique en nous.
[24:03] Puis c'est ça qui a fait qu'on a chacun...
[24:05] Tu nous as demandé tantôt, est-ce que vous êtes pareil comme quand vous étiez jeune?
[24:07] Puis les deux, on est comme, bien, je pense que oui.
[24:09] Parce que les deux, on a comme suivi notre voie, puis nos parents, ils nous ont vraiment laissé.
[24:13] Puis même, tu sais, ma mère, des fois, c'était...
[24:16] contre ce qu'elle avait appris.
[24:17] Je veux dire, ma mère, c'était important pour elle, l'université.
[24:20] Puis aucune de nous deux, on a fini notre bac.
[24:24] Mais elle nous a encouragées toujours là-dedans, d'être comme, OK, tu vas faire ça.
[24:28] Tu vas devenir un athlète professionnel à temps plein.
[24:30] OK, tu vas te lancer en affaires dans le milieu de ton bac.
[24:34] OK.
[24:34] C'est tellement challengeant pour être des parents.
[24:37] Ouh là là!
[24:37] Vraiment?
[24:38] Puis tu sais, moi, je suis parent, maintenant, je le vois, comme à quel point ça peut être challengeant, mais ils ont tout le temps été comme vraiment, je sais pas si tu trouves ça, mais à l'écoute.
[24:46] Genre, on a eu beaucoup de place pour s'affirmer, puis prendre des décisions, puis faire nos propres erreurs.
[24:51] Puis ça, je pense, c'est tellement non négligeable.
[24:54] Oui.
[24:54] Mais là, Chloé, en tant que maman, avoir eu une enfance si wow, est-ce que ça trajet de la pression d'être
[25:02] genre une maman extraordinaire.
[25:05] Parce qu'enfants et femmes, on se met tellement de pression.
[25:08] Le jour qu'on a des enfants, puis là, chaque décision qu'on a a un impact sur un mini-nous.
[25:16] On dirait que j'ai le goût de te dire non, ça rajoute pas de pression parce qu'il y a plus de place pour plus.
[25:21] C'est comme impossible de te mettre plus de pression dans le sens où t'en as déjà trop.
[25:26] T'as des enfants, c'est même pas une pression, c'est genre une responsabilité impossible à décrire.
[25:33] T'es responsable de deux vies.
[25:35] Déjà juste de les garder en vie.
[25:38] Puis là, après ça, de leur transmettre des valeurs puis des outils qu'ils vont faire, qu'ils vont prendre des bonnes décisions, qu'ils vont être heureux, c'est genre...
[25:48] C'est immense.
[25:49] Après, tu décortiques ça, là.
[25:51] Je veux dire, tu fais pas tout...
[25:53] On dirait que des fois, quand j'étais enceinte, j'étais genre, « Mon Dieu, j'ai tellement de choses à y apprendre.
[25:57] Comment je vais faire ça? »
[25:59] Mais c'est ça.
[26:00] Puis je pense que... Mag, elle disait tantôt que j'étais présente puis ça me fait chaud au cœur parce que
[26:07] Antoine et moi, c'est vraiment ça qu'on essaie de mettre de l'avant, puis on prend nos décisions de vie en fonction de comment on peut être le plus présent pour nos enfants.
[26:14] Puis je pense que c'est là que ça se passe.
[26:17] C'est dans la présence, dans le temps que tu passes avec eux, que tu peux répondre aux situations qui se passent.
[26:24] transmettre des enseignements, des valeurs, être à l'écoute de tes enfants, sont qui, puis qu'est-ce qu'ils veulent faire, comment tu peux les supporter, dans qui ils sont vraiment, parce qu'ils sont pas la même personne, les deux, tu sais, comme nous, on était pas la même personne, puis les deux, on a eu un support de nos parents équivalent, fait que c'est comme, ça prend de l'ouverture, mais ça prend aussi de l'écoute puis de la présence, fait que, mais, oui, c'est ça, c'est, peut-être le mot pression, c'est peut-être pas le bon mot, mais responsabilité, tu sais, puis,
[26:51] Moi, c'est ça.
[26:52] Cette année, j'ai une année difficile et j'ai un peu craqué sous le poids des responsabilités, on dirait.
[26:58] Parce qu'avoir une entreprise, déjà, c'est beaucoup de responsabilités.
[27:02] J'ai des employés et moi, je suis dans le service.
[27:06] Je veux que mes employés soient heureux, je veux que mes clientes soient heureuses.
[27:10] C'est beaucoup de gens dont tu te sens responsable.
[27:14] Mes deux enfants se sont rajoutés à ça.
[27:17] Gagne, j'ai besoin de vous.
[27:18] Vous êtes plusieurs à écouter le balado et à ne pas être abonné à Umia Balado sur Spotify ou Apple Audio ou encore à la chaîne YouTube.
[27:27] Ça m'aiderait énormément si vous pouviez donner un petit like, un petit follow.
[27:34] Je vous promets, je vais continuer de donner mon meilleur pour vous amener les meilleures histoires, les humains les plus inspirants.
[27:41] Puis c'est ça.
[27:42] Ça serait vraiment, vraiment apprécié.
[27:44] Alors, j'arrête de parler et je vous remercie pour votre support.
[27:48] Ils ont quel âge, les deux?
[27:52] Mon plus jeune, il y a 18 mois.
[27:53] Puis mon plus vieux, il y a 4 ans et demi.
[27:55] Mais c'est ça que j'allais te demander.
[27:57] En fait, genre, comment tu faisais pour jongler tout ça, puis concilier tout ça, puis donner le meilleur de toi-même dans tout ça, justement, sachant que ce sont des humains, que tu crées un impact ?
[28:10] Oui, quand même beaucoup.
[28:12] Mais c'est vraiment une grosse question, puis je ne l'ai pas la réponse.
[28:14] C'est comme j'essaye de trouver la réponse à tous les jours.
[28:18] C'est vraiment un ajustement constant.
[28:19] Puis tes enfants aussi, ça change tellement vite des enfants.
[28:23] Fait que tu sais, mettons que tu as ton enfant, puis là, tu as les trois premiers mois avec un bébé, puis tu es comme « Ah, c'est bon, on a un beat, on fait ça de même, ça se passe bien. »
[28:29] Mais là, il devient un autre bébé.
[28:30] Puis là, tu es comme « Ah, ok, c'est bon, ok, nouveau beat, là, on va faire ça de même, ça marche bien comme ça. »
[28:35] Puis finalement, à chaque trois mois, un bébé, ça change, ça...
[28:39] Ça a des nouveaux besoins, ça se développe différemment.
[28:41] Puis là, c'est comme au début, il bouge pas.
[28:42] Puis après, il bouge.
[28:43] Puis après ça, il court.
[28:44] Puis après ça, il grimpe partout.
[28:45] Fait que t'es toujours un peu comme...
[28:48] Mais je pense que là, moi, j'étais à un moment, un gros genre de...
[28:53] Une grosse année pivot, là.
[28:55] Je le disais en l'épisode que j'étais en burnout cette année.
[28:58] Puis c'est difficile pour moi d'admettre ça puis de l'accepter, mais je suis là-dedans.
[29:02] Mais j'ai l'impression que je viens de finir une grosse ère où j'ai beaucoup créé la vie.
[29:07] entre autres.
[29:07] Mais tu sais, j'ai sorti mon podcast, j'ai eu Jules, j'ai sorti mon livre, j'ai eu Luca, fait que...
[29:13] Pis tout.
[29:14] Pendant ce temps-là aussi, j'essayais de garder en vie mon autre ado qui est Happy Fitness, qui a 15 ans.
[29:19] Pis au début, t'es comme un peu dans un genre de grosse tornade pis tu fais juste comme... T'es en réaction, t'es vraiment en réaction, t'es genre « OK, ça, il faut faire ça, il faut faire ça », tu sais, que tu dors pas, tu maintiens ta business, tu travailles, tu t'occupes de tes enfants, t'essaies de comme juste répondre aux besoins de toutes, dans le fond.
[29:35] Puis là, on dirait que je viens d'atteindre un moment où là, il y a comme un accalmie.
[29:39] Là, mes deux enfants sont à la garderie.
[29:41] Fait que là, je retrouve un peu de temps, mais là, je me suis retrouvée devant un genre de vide.
[29:47] Bien, pas un vide, mais un comme « OK, comment je concilie tout ça? »
[29:51] Parce qu'avant, dans les cinq premières années, c'était pas de la conciliation, c'était de la survie.
[29:56] Tu comprends ce que je veux dire?
[29:58] Fait que je peux pas répondre encore à ta question parce que je pense que je suis en train de découvrir ça cette année, de comme « OK. »
[30:03] quelle place je veux consciemment que le travail prenne dans ma vie.
[30:08] quel temps je veux donner à mes enfants.
[30:11] Parce que tu deviens mère, puis tes priorités changent, puis ce n'est pas quelque chose que tu choisis, ça fait juste t'arriver.
[30:17] C'est comme, ah non, ce n'est plus ça tes priorités.
[30:19] C'est genre, c'est ça, c'est ça.
[30:21] Comme c'est imposé, vraiment, c'est bizarre.
[30:24] Ça, c'est comme quelque chose qui se produit en dedans de toi, puis même si tu n'avais pas projeté ça avant d'avoir des enfants, ça t'arrive.
[30:29] Puis là, tu es comme, OK, ce n'est plus ça mes priorités, comment je gère ça?
[30:35] Ma soeur a dit que j'avais changé.
[30:37] Mais c'est comme...
[30:37] Toi, t'es confrontée à ça aussi.
[30:39] Là, j'ai le temps, là, vu qu'il y a un petit accalmie, de me regarder en miroir, puis d'être comme, je suis plus la même fille.
[30:45] Je suis qui?
[30:45] Tu sais?
[30:46] Fait que je peux pas répondre à ta question parce que je suis en train de figure it out.
[30:51] Genre, je suis qui maintenant?
[30:52] C'est quand tu as réalisé que t'étais en burn-out, c'est quoi qui a été l'élément déclencheur pour toi?
[30:58] Bien, c'était des signes physiques, là, vraiment.
[31:00] Dans le fond...
[31:01] J'ai eu comme un automne difficile.
[31:03] J'ai été très malade.
[31:04] J'ai eu comme la mono.
[31:06] Puis après ça, il est arrivé des choses dans ma famille, très stressantes.
[31:10] Puis j'ai travaillé à temps plein, pas de garderie, pendant plus longtemps que ce que j'aurais pensé parce que je trouvais pas de garderie.
[31:16] Ça m'a vraiment rendue folle.
[31:18] Puis quand j'ai enfin trouvé une garderie, puis là, tout le monde était correct, puis genre, tout a bien... tout était en place.
[31:26] Là, genre, je me suis mise à... c'est comme si j'étais déconnectée, là.
[31:31] J'étais genre dans le brouillard, euh...
[31:33] J'avais des étourdissements.
[31:36] J'étais comme, voyons, qu'est-ce qui m'arrive?
[31:37] J'étais allée chez le médecin, j'ai fait des prises de sang.
[31:40] J'étais genre, qu'est-ce qui se passe?
[31:42] Je me souviens avoir de l'anxiété.
[31:43] Je n'ai jamais fait d'anxiété de ma vie.
[31:45] Vraiment, je n'étais pas à une belle place.
[31:48] Ça, c'était en mai.
[31:49] Je ne suis vraiment pas sortie de bois.
[31:52] Ça s'est transformé en...
[31:53] Je pense que ça fait souvent ça.
[31:55] Mais en genre de crise existentielle où je suis comme « OK, c'est ça. »
[31:59] Quand je le raconte comme ça, je suis comme « Ça a du sens. »
[32:02] Je viens de finir une grosse ère de création.
[32:06] On dirait que je pensais que j'allais tout de suite passer dans le renouveau de « OK, what's next? »
[32:10] Mais je réalise que j'avais besoin de repos avant du renouveau.
[32:14] Je suis comme en genre de repos et en réalignement.
[32:17] Je suis qui maintenant?
[32:19] Je suis mère et entrepreneur.
[32:22] Et
[32:23] Et moi, toutes ces personnes-là, comment ils vont se...
[32:26] Fait que, oui.
[32:27] Oui.
[32:27] C'est tellement spécial quand, genre, notre corps nous échappe un peu.
[32:34] Oui.
[32:34] C'est vraiment... Bien, je l'ai vécu, pas moi personnellement, mais un proche, très proche, qui a eu un burn-out, puis on est du jour au lendemain.
[32:43] Des étourdissements, genre on allait au restaurant, puis comme, ils rentraient dans les tables, ils rentraient dans tout le monde.
[32:48] Puis là, c'était comme, paf, paf, puis là, j'étais comme, voyons, qu'est-ce qui se passe?
[32:51] C'est un peu bizarre.
[32:52] Puis, tu sais, c'était de l'épuisement, c'était un burn-out.
[32:56] Puis après ça, c'est sûr que nous, ça nous a tous conscientisés dans la famille à être à l'écoute de nos signaux.
[33:01] Parce que, tu sais, je veux dire, réaliser, être...
[33:06] Être athlétique, faire du sport, essayer d'avoir un équilibre, monter une business, avoir des enfants, s'impliquer dans la vie, dans la communauté.
[33:15] C'est comme déjà vraiment beaucoup.
[33:18] En tout cas, mais tu as vraiment...
[33:20] Tu nous inspires vraiment beaucoup, Chloé, je veux juste te le dire.
[33:24] Tu sais, c'est genre rare parenthèse de genre fan, mais pas fan, mais genre...
[33:30] J'ai écouté tellement de tes balados et tes propos, ils nous accompagnent.
[33:35] Je suis certaine que en ce moment, les filles qui nous écoutent aimeraient te faire un énorme câlin et te dire qu'on est avec toi.
[33:42] Nous aussi, on est passés par là.
[33:45] Proche.
[33:48] « You'll get there », genre, on le sait, puis on t'accompagne là-dedans, genre, en te donnant, comme, beaucoup d'amour.
[33:54] – Bien, merci.
[33:54] Mais je trouve ça important de...
[33:55] Tu sais, au début, j'étais comme pas temps prête à en parler, puis j'étais comme, c'est pas des affaires à personne.
[34:00] Mais, en même temps, je trouve qu'on n'entend pas assez parler des creux des gens
[34:04] Puis tout le monde a des creux, là, puis tout le monde a des mauvaises années.
[34:07] Puis tantôt, j'écoutais le balado que tu as fait avec Audrey Leduc, puis elle était comme, tu sais, moi, mes partenaires...
[34:12] Elle dit, moi, je veux des partenaires qui vont être avec moi à travers les bas, parce que sinon, ils n'ont pas d'affaires à être avec moi pendant les hauts, parce que tout le monde va subir des mauvaises années, puis que ça soit...
[34:22] Puis là, tu sais, moi, c'est sûr, en même temps, en affaires, ça a été une année difficile aussi.
[34:25] Tu sais, tout en même temps est arrivé, mais c'est juste normal, puis...
[34:29] C'est juste que t'entends pas parler des gens quand ils sont dans cette année-là.
[34:32] Moi, j'ai rien à dire.
[34:35] Justement, j'ai pas de jus à donner à personne.
[34:37] C'est correct.
[34:39] Mais je trouve ça important d'en parler parce que moi, on dirait qu'en ce moment, j'ai l'impression que tout le monde, ça va trop bien tout le temps.
[34:46] Je sais que c'est pas ça.
[34:49] Mais je trouve ça intéressant ce que tu dis, que dans le sens...
[34:53] Des fois, quand ça va pas bien, on n'a rien à donner parce que c'est comme si... T'es vidée.
[34:57] Ouais, bien, d'une part, t'es vraiment vidée, mais aussi comme quand on partage sur les réseaux ou on partage quelque chose, on a envie que les gens puissent en retirer quelque chose.
[35:08] Fait que c'est souvent après cette période de vide-là qu'on est capable de revenir un petit peu en arrière puis de faire comme « Hey, genre, il s'est passé ça. »
[35:16] Genre, voici ce que j'en ai appris.
[35:18] Mais tu sais, c'est quand tu as la générosité de revenir en arrière, puis genre, aussi de le partager.
[35:23] Oui, c'est de la générosité, parce qu'on n'est pas obligé de le faire, mais...
[35:27] Exactement.
[35:28] Mais en même temps, tu sais, c'est correct des fois d'avoir rien à donner pendant un certain temps.
[35:31] C'est ça, bien c'est ça.
[35:32] Tu sais, dans l'avion, quand il y a un accident, ils te le disent, là, tu mets ton masque avant de pouvoir aider quelqu'un d'autre, puis...
[35:38] c'est important de le mettre sur le masque.
[35:39] Puis des fois, comme de prendre le temps...
[35:41] En fait, je pense que cette coupure-là est extrêmement difficile de dire « OK, bien, en fait, en ce moment, tout ça, c'est du bruit.
[35:47] Puis j'ai juste besoin de figurer qu'est-ce qui est pour moi en ce moment, qu'est-ce que... de me figurer moi-même. »
[35:52] Puis c'est vraiment dur de mettre pause à tout ce qu'on est impliqué dedans.
[35:57] Puis on a l'impression qu'on a des comptes à rendre.
[35:59] Des fois, on a même l'impression qu'on a des comptes à rendre sur les médias sociaux puis tout ça.
[36:02] Mais en fait...
[36:04] Rien de ça est possible tant que ta propre personne n'est pas bien.
[36:07] Parce que ça part tout de la propre personne, de notre propre personne.
[36:10] Puis rien d'extrêmement bon va en retirer si toi, tu ne vas pas bien.
[36:16] C'est ultra dur de ne pas donner du « you », de dire non pendant un certain temps.
[36:23] puis de se retirer pendant un certain temps, c'est ultra difficile, mais des fois, je pense que c'est l'étape nécessaire pour justement être capable de revenir, puis peut-être de revenir différemment, ou de ne pas revenir, mais tu sais, juste de figurer, OK, mais là, c'est quoi maintenant?
[36:34] Oui, mais de le faire, c'est de revenir parce que ça tente, ou de ne pas revenir, mais de le savoir, parce que quand tu es juste dans le bruit, tu le dis, puis tu fais juste répondre aux attentes parce que tu es comme poigné dans le rouleau, dans l'engrenage, bien, tu ne sais pas c'est quoi...
[36:49] Tu ne sais pas, tu ne sais rien.
[36:51] Mais comme athlète, j'ai vraiment plein de questions par rapport à ça parce que je trouve ça vraiment difficile.
[36:58] Admettons comme Chloé, en tant qu'entrepreneur, admettons que tu prends un peu de recul, puis mettons que tu vas mieux, peut-être que tu vas livrer des meilleurs résultats en tant qu'entreprise, mais peut-être pas aussi.
[37:09] On le voit peut-être un peu moins concrètement.
[37:11] Mais comme athlète, c'est ça, c'est vraiment concret.
[37:15] Puis je me pose d'abord la question, est-ce que tu étais représentée ou tu es représentée par une agence comme pour te protéger en tant qu'athlète, genre vis-à-vis, mettons, tes partenaires, sachant que tu bâtis vraiment beaucoup avec eux puis tu es vraiment en mode genre...
[37:27] On travaille main dans la main ensemble, ça peut être énormément énergivore.
[37:31] Ce ne sont pas tous les partenaires qui peuvent comprendre à quel point, à un moment donné, il faut que tu arrêtes les meetings parce qu'il faut que tu t'entraînes ou il faut que tu te reposes.
[37:41] Non, moi, je ne suis pas représentée.
[37:45] Je l'ai toujours faite.
[37:47] Je l'ai faite avec mon mari, comme en collaboration avec mon mari.
[37:51] Moi, j'adore le contact humain.
[37:53] J'étais toujours contente d'entreprendre ces relations-là et de conserver ces relations-là.
[37:59] Mais dès le début des relations, j'impliquais mon mari parce que je savais que du moment où moi, ça devenait plus important au niveau des cours, c'est lui qui allait prendre la relève.
[38:08] Il y a lui qui m'a énormément aidée pour ça.
[38:12] Mais, tu sais, moi, j'ai bâti ma carrière où est-ce que la base, c'était mes performances.
[38:17] Fait que tout ce qui était extra, c'était l'extra.
[38:21] Fait que tout ce qui était les relations publiques ou les médias sociaux ou tout ça, c'était de l'extra.
[38:26] Fait que...
[38:28] Dans ma tête, c'était clair que la pyramide partait de ma forme, mon entraînement, mes performances.
[38:34] Puis si ça, c'était pas là, le reste s'écroulait.
[38:37] Fait que pour moi, ça a toujours été ça la priorité.
[38:39] Fait que je priorisais mes entraînements, mon repos, tout ça, avant de me séduire à un meeting.
[38:45] Ou avant toutes ces choses-là.
[38:47] Mais tu sais, ça, c'était moi.
[38:49] Puis c'est comme ça que je l'ai fait parce que, pour moi, le rêve, c'était d'être la meilleure athlète que je peux être au monde.
[38:58] mais au monde, pour moi-même, en fait.
[38:59] C'est quoi le meilleur athlète que je peux être?
[39:01] C'était ça, ma question.
[39:02] Puis, je poursuivais, j'explorais cette direction-là comme le plus creux possible, le plus que je peux.
[39:08] Par contre, je ne serais jamais arrivée tout seule.
[39:10] Donc, ça me prenait des partenaires.
[39:11] Puis, je savais que pour les partenaires, je ne peux pas juste avoir des performances.
[39:15] Il fallait aussi que je fasse l'autre côté.
[39:17] Puis ça m'allait parce que pour moi, honnêtement, je l'ai fait, j'ai déjà été dans une équipe qui prenait tout en charge, puis personnellement, il me manquait un côté, une stimulation mentale.
[39:26] Je trouvais que j'avais des idées pour faire des projets avec des partenaires que je ne pouvais pas les accomplir.
[39:31] Ça fait que c'est pour ça que j'ai parti mon propre programme.
[39:33] Ça fait que j'essayais d'organiser mes trucs pour que les...
[39:40] extra.
[39:41] Fait que tout ce qui était médias, etc., pouvaient me donner plutôt qu'à me prendre.
[39:46] Fait que je le faisais dans des moments qui, pour moi, me donnaient de l'énergie.
[39:49] Puis comme « OK, ça, c'est stimulant, ça me tente de le faire.
[39:52] En ce moment, j'ai le temps.
[39:53] Go! »
[39:54] En ce moment, je n'ai pas le temps.
[39:55] C'est le gros chunk de ma saison.
[39:57] Ça ne fonctionnera pas.
[39:58] Hé, j'étais juste hyper transparente.
[40:00] Hé, guys, on peut-tu le faire dans un mois?
[40:02] On peut-tu le faire dans un mois et demi?
[40:04] Ça serait parfait pour moi.
[40:05] Je peux te donner telle, telle journée et on s'organise autour de ça.
[40:08] J'ai trouvé qu'il y avait un respect énorme de mes partenaires autour de ça.
[40:11] Aussitôt que moi, j'étais transparente.
[40:14] ben, eux sont là pour me supporter ultimement.
[40:15] Fait que, tu sais, si on avait une belle communication, ça fonctionnait bien.
[40:19] Fait que pour moi, c'est comme ça que je l'ai toujours fait.
[40:21] Puis ils étaient au courant, tu sais, dès le début de la relation, je leur disais, ça va être moi votre contact, mais David va toujours être là.
[40:26] Puis si, à un moment donné, ça vient un moment où est-ce que moi, j'ai besoin de plus me concentrer pour les courses ou que je suis fatiguée ou malade ou etc., ben, c'est David qui prend la relève.
[40:34] Puis eux, ils étaient confortables avec ça.
[40:36] Puis David aussi.
[40:37] Puis, tu sais, lui avait été dans la...
[40:39] Il faisait partie, tu sais, il en était autant impliqué que moi.
[40:41] Fait qu'il savait où...
[40:42] – Oui, il suivait tout.
[40:44] – Parce que c'est quand même difficile de comprendre ton univers qui est, je veux dire, mélangé, qui est un mélange, un heureux mélange d'entrepreneuriat et de sport de très, très haut niveau.
[40:59] Oui, oui, c'est dur à comprendre, mais pour moi, ça a toujours été important de le communiquer dès le début du partenariat.
[41:06] Est-ce que ça t'est déjà arrivé que, genre, t'es un partenaire qui ne comprenne absolument pas, puis qui te disent « je ne suis pas satisfait des rendements » ou encore, peut-être que tu ne l'as jamais vu ou que tu l'as vu autour de toi, mais est-ce que tu l'as déjà vu ou ressenti ?
[41:21] Ben oui, mais à un moment donné, quand ça marche plus, ça marche plus.
[41:23] Puis tu sais, un peu comme Audrey Leduc l'a dit, que moi, ça ne m'intéresse pas nécessairement de travailler avec quelqu'un qu'on a des valeurs ou des façons de voir les choses qui sont complètement contraires.
[41:36] C'est comme, elle est une bonne personne quand même, mais on ne fit pas.
[41:39] Tu sais, on n'est pas un bon fit, fait que parfait, on passe à autre chose, tu sais.
[41:43] Puis oui, c'est arrivé.
[41:45] Est-ce que ça t'a affecté dans ta... Ben quand même, oui, parce que...
[41:49] Je pense que je suis quelqu'un qui aime plaire.
[41:53] Je suis comme, OK, est-ce que c'est moi le problème?
[41:56] Avec un peu de recul, tu réalises.
[41:57] Non, en fait, eux sont corrects.
[41:59] Ils n'ont pas été méchants ou rien.
[42:00] Moi, j'étais correcte.
[42:01] J'ai fait ce que j'avais à faire.
[42:02] Mais ultimement, on n'était pas un bon fit.
[42:04] Puis ça, ça arrive.
[42:05] C'est correct.
[42:06] On a des objectifs différents, des valeurs différentes.
[42:09] C'est correct.
[42:10] On s'est trompé.
[42:10] Quand on a signé le contrat, on s'est trompé.
[42:12] On pensait que c'était un bon fit, puis ça ne l'était pas.
[42:15] Je pense que ça peut arriver.
[42:17] Mais tu sais, c'est quand même arrivé à des moments
[42:19] Merci.
[42:20] ultra intense au niveau des courses, mais en même temps, il filmait un documentaire puis là, il fallait faire une tournée de livres parmi tant ou une tournée quelconque puis c'est ultra busy.
[42:30] Mais moi, ça, ça m'allait tant que je savais qu'il y avait une ligne d'arrivée.
[42:34] J'étais comme, tant que je sais que ça ne dure pas toute la saison, si c'est un deux semaines ou un trois semaines que ça va être vraiment full on, je suis comme, c'est correct.
[42:43] Mais dans ces moments-là, on dirait que j'arrivais dans un focus extrême où est-ce que mes journées étaient au quart de tour.
[42:49] Puis,
[42:50] Ma priorité ne changeait pas.
[42:51] Moi, c'était entraînement-repos qui était ma priorité, mais je fitais le reste autour et ça fonctionnait.
[42:56] J'avais mon mari qui était vraiment ultra présent pour m'aider.
[42:59] Honnêtement, s'il n'avait pas été là, je n'aurais jamais pu faire tout ce que j'ai fait.
[43:02] J'étais hyper bien accompagnée, mais des fois, à ces moments-là, c'est comme...
[43:08] C'était fort, là.
[43:09] Puis c'était vraiment cool.
[43:10] Fait que, tu sais, pour moi, ça m'ajoutait.
[43:11] C'est comme si je me sentais sur une mission, puis c'était vraiment, vraiment le fun.
[43:14] C'est juste que c'est pas durable.
[43:16] Tu sais, j'aurais pas pu faire ça pendant des mois.
[43:18] Mais des fois, pour un trois semaines, sachant que j'ai une petite pause après, c'était comme, OK, let's go, gaz au fond, puis on all in, là.
[43:25] Puis c'était vraiment le fun.
[43:26] Puis même, j'ai eu certaines de mes meilleures performances comme ça parce que j'étais comme tellement focus.
[43:31] Ça donne l'énergie différente.
[43:34] Mais c'est ça.
[43:34] Mais tu sais, je pense que c'est là qu'il est important.
[43:37] C'est comme, il faut rester à l'affût.
[43:39] Ça, c'est en train de me donner de l'énergie ou de m'en prendre.
[43:42] Puis être conscient de ça puis être capable d'ajuster en fonction.
[43:46] Là, c'est en train de me tirer vraiment du jus.
[43:48] Avoir le courage de dire, « Écoute, je sais que tu es là pour me supporter.
[43:53] Je sais qu'on travaille ensemble.
[43:54] Je sais que j'ai dit ça. »
[43:56] Mais là, en ce moment, ça, ça me tire beaucoup de jus.
[43:58] Est-ce qu'on peut reprendre ça plus tard?
[44:00] Puis la plupart des gens sont vraiment compréhensifs.
[44:03] Les gens ne veulent pas nuire.
[44:05] Mais il faut avoir le courage de parler, je pense, puis d'être honnête, puis d'être transparent avec ce qu'on ressent.
[44:10] Mais par contre, quand c'est le temps de livrer la marchandise, d'être là aussi.
[44:13] Mais tu es bonne pour clarifier les attentes aussi.
[44:16] Tu le dis souvent, genre, si ce n'est pas dit, ce n'est pas clair.
[44:19] Mais comme...
[44:21] Je pense que t'es rendue vraiment bonne pour mettre tes limites puis communiquer clairement les attentes puis ce que t'es capable de livrer.
[44:28] Parce que des fois, tu te dis, « Ah, bien, ils vont bien comprendre que ma priorité, c'est la performance. »
[44:32] Mais si c'est pas dit, c'est pas clair.
[44:34] Fait que genre, on dirait qu'avec le temps, je suis peut-être... Avec le temps, parce que c'était pas naturel.
[44:38] Non, non, c'est ça.
[44:39] Je sais que c'est pas naturel chez toi, mais on dirait que t'es devenue vraiment bonne à mettre plus tes limites.
[44:43] Bien, merci.
[44:43] Bien, j'ai très... Parce que j'avais pas le choix.
[44:45] Je pense que j'avais pas le choix.
[44:46] Parce que tu sais, dans tout, tu l'as dit,
[44:50] Moi, je n'avance pas.
[44:51] Non, c'est ça.
[44:52] La marge de manœuvre est tellement mince.
[44:55] Entre finir première et dixième.
[44:58] Je n'imagine même pas.
[45:00] C'est genre 1 %.
[45:00] C'est comme j'ai le sniffles.
[45:05] Même le sniffles finit 25e.
[45:08] La marge est vraiment minime.
[45:10] Si je ne suis pas mentalement à tout là, si je suis fatiguée, si tu demandes à ton corps de puiser tellement creux,
[45:18] Puis si mentalement, t'es pas là parce que t'as une fatigue mentale accumulée ou t'es comme un peu en burn-out ou il est arrivé comme une tragédie dans ta famille puis t'es triste, t'as pas la capacité d'aller creuser à ses creux physiquement.
[45:31] C'est comme si ton cerveau dit non.
[45:32] C'est quoi qui fait, selon toi, que pendant toutes ces années, parce que t'es comme une athlète d'endurance au niveau, genre rendue là à un certain stade parce que ça fait quand même plusieurs années que t'as été au top,
[45:46] C'est quoi qui fait, selon toi, que tu es capable de performer aussi bien?
[45:52] Bien, j'ai eu des hauts et des bas, moi aussi.
[45:54] Mais c'est sûr, c'est sûr.
[45:55] J'ai vraiment eu des moments où est-ce que ça n'allait pas du tout.
[45:58] Puis, tu sais, moi aussi, j'en ai fait un peu un burn-out.
[45:59] À un moment donné, j'en ai trop mis sur mon assiette, puis je n'arrivais plus à soutenir ce que j'avais mis devant.
[46:05] Puis, mes performances en ont vraiment payé.
[46:07] Moi, en fait, je tombais beaucoup, beaucoup, beaucoup malade, puis je n'arrivais pas à performer.
[46:11] Puis même quand, mettons, je n'étais pas malade, je n'étais pas capable de creuser assez creux, parce que c'est comme si je n'avais pas l'espace pour le faire, tu sais.
[46:17] J'ai eu des moments plus durs aussi.
[46:19] Qu'est-ce qui fait que, mettons maintenant, là, je suis enceinte.
[46:23] Cette année, je n'ai pas couru.
[46:25] Merci.
[46:26] Mettons, dans mes dernières années, je pense que de un, c'est beaucoup l'expérience parce que tu apprends à te connaître.
[46:31] À travers ces hauts et ces bas-là, tu apprends à savoir dans quelle
[46:37] dans quelles circonstances je dois me mettre pour être capable de performer à mon meilleur.
[46:41] Puis, tu sais, maintenant, moi, je sais que, bien, il faut que je sois ultra en forme.
[46:44] Fait que pour ça, il faut que j'aille à une période assez constante où est-ce que je peux m'entraîner à la maison de façon constante, puis de façon disciplinée, puis que ça soit ça ma priorité pendant un certain temps pour atteindre un certain niveau de forme.
[46:56] Fait que ça, c'est, mettons, la première chose.
[46:58] Deux, il faut que je sois dans un bon état d'esprit.
[47:01] Il faut que je sois contente d'être là.
[47:03] Il ne faut pas que j'aie peur d'aller faire de la course.
[47:05] Il ne faut pas que j'aie peur d'avoir mal parce que je n'ai pas cet espace-là mental.
[47:09] Il faut que je sois excitée d'y être.
[47:12] De m'amener dans un espace mental où je pense comme ça.
[47:19] Honnêtement, c'est la base.
[47:20] Pour moi, ces deux affaires-là, c'est surtout ça qui est important.
[47:23] Le point deux, comment tu fais ?
[47:25] Le bon état d'esprit.
[47:26] Oui.
[47:27] Parce que, tu sais, ça va au-delà, genre, de la raison d'être, puis la raison de pourquoi on le fait.
[47:33] Tu sais, il y a ça.
[47:34] Oui, oui.
[47:34] Mais aussi, il faut comme que tu saches équilibrer ton entraînement pour pas te brûler, j'imagine.
[47:40] Puis j'imagine qu'il y a plein d'autres choses aussi qui est juste ça.
[47:42] Oui, oui.
[47:43] Il y a plein de choses.
[47:44] Bien, c'est ça.
[47:44] Tu sais, il faut gérer les externes, des fois.
[47:49] C'est drôle parce que...
[47:50] Moi, comme là, je suis tombée enceinte.
[47:53] Un des aspects que j'ai trouvé difficiles des fois de ma carrière, c'est que c'est isolant par moment.
[47:57] Parce que peu de gens autour de toi suivent le même rythme de vie.
[48:02] Moi, je ne sortais pas les soirs.
[48:04] Je faisais des soupers de famille, mais c'est tout.
[48:06] Je ne faisais pas vraiment des soupers d'amis.
[48:08] C'est isolant.
[48:10] Souvent, on est à l'extérieur pendant vraiment longtemps, puis tu es tout seul.
[48:12] C'est isolant.
[48:14] Mais avec le recul, je me rends compte que cet isolement-là, c'est un cadeau dans un sens.
[48:19] Puis la performance ne serait pas possible sans cet isolement-là.
[48:23] Parce que le fait d'être seule avec toi-même, ça te permet de te «grounder» dans un sens.
[48:28] Ça te permet de te poser des questions.
[48:30] Ça te permet d'être ultra présent dans ce que tu fais.
[48:33] il y a une limite.
[48:34] Des fois, si t'es trop isolé, ça devient dépressif.
[48:36] Fait que, tu sais, c'est de balancer ça, mais en même temps, des fois, de pouvoir être tout seul avec toi-même puis impliqué dans ta passion, puis comme engagé dans ce que tu fais, il y a comme une roue de momentum ultra-positif que, genre, plus tu t'entraînes, là, tu te mets à vraiment bien te sentir, puis là, c'est excitant puis c'est motivant, puis t'as envie d'en faire plus, puis si...
[48:56] pas nécessairement d'en faire plus que ce qui t'est prescrit, mais tu as envie de continuer à t'impliquer, à t'engager, tu as envie de faire les petits détails, tu as envie de tout bien faire, puis en même temps, c'est comme si tu as l'esprit clair, tu ne penses à rien d'autre, il y a comme une simplicité qui est rafraîchissante, puis c'est tellement le fun, honnêtement, d'être dans ce processus-là.
[49:15] C'est genre poétique, comment tu le dis.
[49:17] On dirait qu'on est en train de le vivre.
[49:19] Moi, j'adore ça.
[49:21] Je me sentais vraiment pas de même.
[49:23] J'aime, j'aime.
[49:24] Mais c'est correct, tu sais, puis ça peut pas être toujours comme ça, mais quand t'as la chance d'avoir ce moment-là de préparation, puis que là, les gens autour de toi sont embarqués, fait que là, t'es moins isolée, t'as les gens autour de toi qui sont comme, OK, let's go, puis moi, je le faisais avec mon mari, puis lui, il coach d'autres personnes, fait que des fois, on les embarquait, puis c'est des jeunes juniors, ils sont vraiment nice, puis c'était comme on se craignait entre nous.
[49:42] Puis là, tout d'un coup, t'es comme, OK, mais là, je suis dans le bon état d'esprit, puis je suis dans le bon
[49:50] genre, là, je vais performer.
[49:52] Mais je pense que l'expérience te permet d'être un peu meilleur dans cette période-là, justement de ne pas trop en faire, justement d'avoir un peu d'isolation pour être ultra engagée, mais aussi de garder le « sprinkle » de côté social qui va te donner de l'énergie.
[50:09] Puis de savoir comment gérer ces quantités-là, bien, je pense que ça vient avec l'expérience de s'être plantée dans l'air trop faite.
[50:15] Puis finalement, tu apprends, c'est quoi pour toi à peu près tes barèmes?
[50:19] Mais ça m'amène au segment bien-être qui est présenté par Yoga Fitness.
[50:23] Je trouve que c'est vraiment drôle parce que ce que l'équipe de Yoga Fitness me parle beaucoup, c'est comment on trouve notre équilibre au final.
[50:34] C'est quoi pour chacun notre équilibre.
[50:37] Avant cet épisode, j'ai enregistré un solo épisode où j'ai essayé d'y répondre.
[50:42] C'est une catastrophe.
[50:44] Ça va être sorti.
[50:45] Vous allez pouvoir aller écouter tout le monde l'épisode où j'essaie de définir c'est quoi moi, mon équilibre.
[50:52] C'est quoi pour vous l'équilibre?
[50:54] Moi, j'ai une réponse, mais je te laisse parce que je n'arrête pas de déblatérer.
[50:57] Non, vas-y.
[50:57] Moi, je pense que...
[51:02] l'équilibre, c'est périodique et non à tous les moments.
[51:06] Je pense que c'est vraiment difficile d'être équilibré à tout moment.
[51:10] Je pense que l'extrémité, d'aller aux extrêmes, des fois, c'est correct.
[51:14] Moi, c'est le même.
[51:17] Je me dis, est-ce que ma vie en général peut être balancée, équilibrée, mais il y a certains moments que je vais être vraiment all-in et c'est juste ça que je vais faire.
[51:26] Après ça, je vais prendre une pause et je vais faire que du social.
[51:28] Après ça, je vais revenir et ça va être comme...
[51:31] Tout en même temps, je vais écrire un livre, me préparer pour faire une tournée de donner des cliniques partout en Amérique du Nord, puis je vais me préparer à gagner toutes les courses de l'Amérique du Nord, puis faire ma saison de World Cup.
[51:43] Ce bout-là est zéro équilibré.
[51:45] C'est comme un deux mois que t'es ultra intense là-dedans.
[51:49] Mais...
[51:51] tu as l'espace de le faire parce qu'avant, tu as été déséquilibré dans l'autre sens peut-être.
[51:55] Tu as fait un peu plus de social et tu as été à la maison.
[51:58] Après ça, quand tu regardes le tout, il y a un équilibre.
[52:03] C'est juste que je pense qu'il y a des pics et des vallées à certains moments.
[52:06] Moi, c'est le même, je le vois, mais je ne sais pas.
[52:08] J'adore.
[52:09] Je pense que je suis vraiment d'accord aussi.
[52:11] Oui.
[52:12] J'ai l'impression qu'on a de la misère avec le temps.
[52:16] Je pense qu'avec les réseaux sociaux, tout est tellement instantané.
[52:20] On ne voit pas les timelines du monde et la préparation derrière quelque chose.
[52:26] Fait qu'au-delà de des pics dans une année d'équilibre, déséquilibre, je pense que c'est même dans...
[52:33] Là, moi, j'ai l'impression que les cinq dernières années, c'était pas équilibré, mon affaire.
[52:36] J'ai eu deux enfants, j'ai écrit un livre, j'ai déménagé dans un autre pays, j'ai redéménagé dans un autre pays, j'ai eu une business, j'ai parti à un podcast, puis c'était zéro équilibré, c'était comme un blur.
[52:47] Puis là, on dirait que la vie me rééquilibre.
[52:50] Puis c'est peut-être pas moi qui ai décidé, mais je l'accepte, puis ça va être ça.
[52:56] des moments pour toutes, pour celles qui veulent...
[53:00] Celles et ceux qui veulent des enfants.
[53:02] Je trouve que ça, ça te le met vraiment en pleine face.
[53:04] C'est comme, OK, il y a eu un moment dans ma vie où j'ai tout fait pour moi.
[53:09] J'ai pensé à ma carrière, j'ai fait des aventures, j'ai fait des voyages.
[53:13] Puis là...
[53:15] je rentre dans un moment dans ma vie où c'est plus moi la priorité.
[53:19] Puis là, ça rétablit un genre d'équilibre, mais c'est comme sur des dizaines d'années.
[53:23] C'est comme un 20 ans, un 35 ans où c'était juste moi, puis là, ça va être comme un genre de 35 ans où je suis en train de me dire ça, moi.
[53:30] OK, bien là, la prochaine moitié de ma vie, c'est plus moi.
[53:35] C'est mes enfants.
[53:36] C'est moi en tant que parent.
[53:37] Puis ça veut pas dire que j'arrête d'exister puis j'arrête de me nourrir, mais on dirait...
[53:40] Ce que je veux dire, c'est que pour moi, l'équilibre, c'est dans une année, ça fait ça.
[53:45] Fait que t'es pas toujours en train de jongler avec toutes les sphères, mais aussi sur une vie, t'as comme des genres de parenthèses qui sont dédiées à certaines affaires de façon plus ou moins équilibrée, tu sais.
[53:57] Je pense que c'est clair.
[53:58] Ça fait tellement du sens.
[53:59] Mais je le vis aussi comme ça, de mon côté.
[54:02] J'ai des périodes où c'est super aligné, genre montagne, montagne, montagne, super intense.
[54:07] Puis après ça, c'est genre course vraiment intense.
[54:09] Puis à un moment donné, ça va être plus professionnel, puis ça va être intellectuel, ou ça va être plus lié à ma famille.
[54:15] Je pense que c'est tout à fait correct.
[54:17] J'aimais vraiment beaucoup ton commentaire par rapport un peu à l'espèce de visage.
[54:21] vision qu'on a de l'extérieur via les réseaux sociaux aussi, de ce que les autres font, ce que les gens réalisent.
[54:27] Je ne sais pas trop si c'est exactement ce que tu voulais dire, mais on dirait des fois, vu de l'extérieur, tu regardes tout le monde se réaliser, puis réaliser des grandes choses.
[54:37] C'est comme...
[54:40] Mais tu ne vois pas en arrière que ça fait peut-être trois mois que la personne est blessée.
[54:44] Elle a été en recovery pendant vraiment longtemps.
[54:47] Puis genre, tu sais, comme le monde continue de tourner, mais c'est juste les accomplissements qui finissent par ressortir.
[54:52] Et donc...
[54:54] En tout cas, j'ai l'impression que ça fait d'une espèce de roue.
[54:56] Est-ce qu'il y a toujours du déséquilibre?
[54:58] Puis finalement, on est tous un peu déséquilibrés.
[55:00] Puis c'est ça, notre équilibre à chacun.
[55:02] And it's fine.
[55:03] Oui, mais tu sais, la vraie, c'est que moi, je pense...
[55:05] Quand tu veux...
[55:08] Quand, mettons, il y a une opportunité qui se présente, il faut que tu sois prête à mettre les gaz au fond.
[55:13] Sinon...
[55:14] si tu la veux, cette opportunité-là.
[55:16] Mais tu sais, des fois, c'est comme, OK, bien là, il va y avoir un blitz, mais il faut que je fasse arriver quelque chose, puis c'est correct.
[55:21] Pendant ce temps-là, ça se peut que tu en échappes d'autres, des balles.
[55:24] Mais en ce moment, cette balle-là est importante, fait que go, c'est celle-là que je garde.
[55:27] Puis il y a d'autres moments, ça va être une autre balle complètement, puis tu sais, je pense juste que c'est correct.
[55:33] Je pense pas qu'on a besoin d'être toujours parfaitement équilibré.
[55:36] – Mais je pense aussi qu'il faut que tu choisisses dans la vie, si tu veux,
[55:40] accomplir ou être en équilibre parce que je pense pas que les deux sont possibles puis je veux dire j'ai on a refait notre bureau fait que j'ai classé ma bibliothèque puis le livre que j'avais j'ai écrit un livre puis j'en ai dédicacé un à mon chum parce qu'on s'est lancé comme au début j'allais dire non parce que quand j'ai eu l'opportunité d'écrire ce livre là j'ai appris que j'étais enceinte puis j'étais comme ça pas de bon sens puis mon chum s'en allait autour de France puis on était comme ben là je suis pas
[56:05] écrire un livre.
[56:05] Est-ce que j'ai entouré ce que tu viens de dire dans une seule phrase?
[56:08] Je veux juste faire une mini-paraphrase.
[56:11] C'était pas équilibré, puis honnêtement, c'était pas si le fun.
[56:14] Dans le livre que j'ai dédicacé à mon chère, j'ai dit « Chérie, c'était l'enfer, mais on l'a fait. »
[56:20] Mais ça l'était dit parce que quand il était comme « OK, tu penses que c'est important, je pense que c'est le bon timing pour moi, pour ce livre-là, je pense que je ne suis pas capable d'envoyer le message que je ne veux pas le faire. »
[56:31] Il était comme « OK, on le fait, je suis avec toi, on va s'organiser. »
[56:35] On s'est organisé, mais ce n'était pas vrai que toutes les poursuites sont le fun et équilibrées.
[56:43] N'importe quel poursuite a des moments vraiment difficiles.
[56:46] N'importe quand que tu mets ton tout dans un projet, ça va te briser le cœur.
[56:51] C'est sûr.
[56:51] Ça peut aussi t'en donner tellement, mais c'est sûr qu'il faut que tu sois prête à recevoir la claque.
[56:56] Ça va être top et ça va faire mal probablement.
[56:58] Moi, je trouve vraiment que ça fait partie de la beauté.
[57:01] Oui, puis je pense que peut-être la quête de l'équilibre, quand on dit qu'on cherche l'équilibre, je pense qu'on cherche...
[57:06] – Bien, moi, je le cherche pas.
[57:07] – Non, bien, c'est ça, exact.
[57:09] Je pense que ce que les gens disent, c'est qu'ils cherchent la paix, peut-être, ou comme le genre de...
[57:13] Mais il faut que tu sois en paix avec le fait que les choses, elles sont pas toujours parfaites.
[57:20] C'est pas toujours un fleuve tranquille.
[57:22] Puis même, tu sais, avoir des enfants, là...
[57:24] C'est tellement beau, mais genre, sérieusement, j'ai jamais fait quelque chose d'aussi top de toute ma vie, là.
[57:30] De toute ma vie, mais il faut que le monde le sache, ça, c'est comme, on va faire ça, ça va être un beau projet.
[57:35] Mais là, tu dis ça à ta soeur, là, comment...
[57:36] Je le sais, elle me l'a déjà dit, mais je le sais, puis c'est correct, tu sais.
[57:40] Mais c'est beau aussi, tu sais.
[57:41] Je pense que c'est la beauté aussi.
[57:42] C'est comme tu sais que ça va être un challenge, mais ça va aussi amener tellement d'amour.
[57:46] Je pense que tu poursuis que tu es prête à le faire.
[57:49] Oui, mais comme tous les projets que tu fais dans les montagnes, les courses, les objectifs que tu t'es fixés de gagner une coupe du monde, tu te dis que tu le fais parce que
[57:58] un moment donné, ça va tellement être tough que ça va tellement être riche.
[58:03] Mais oui.
[58:04] Sérieux, ça aurait été plat de monter l'Everest si t'avais trouvé ça facile.
[58:06] C'est exactement ce que je me disais.
[58:08] Quand on cherche l'équilibre, on dirait qu'on oublie ça.
[58:11] On oublie quand on fait les choses, on les fait aussi pour les moments tough.
[58:15] Mais j'ai l'impression qu'on valorise l'équilibre.
[58:17] Genre, on valorise l'équilibre.
[58:23] Mais dans les faits, genre, c'est quand même assez excitant de vivre une vie non équilibrée.
[58:29] Bien oui.
[58:30] Puis retrouver après un semblant d'équilibre.
[58:33] Oui, mais ce qui est cool, c'est le contraste.
[58:35] Oui, c'est ça.
[58:36] Je ne sais pas.
[58:37] Mais moi, je me souviens que genre, toute l'ascension de l'Everest, quand j'avais des moments genre vraiment « hard », là.
[58:46] Je me rappelle dans la zone de la mort au camp 4, quand les tentes s'envolaient autour de nous et que je ne savais pas si j'allais être capable de survivre.
[58:54] Je me rappelle avoir la réflexion, je me disais vraiment « l'homme n'est pas fait pour être ici, on n'est vraiment pas fait pour être ici, l'humain n'a pas sa place ».
[59:03] C'était les seuls mots que j'avais dans ma tête.
[59:06] Mais en même temps, je sortais ma tête de la tente, mais genre un semblant, juste un regard.
[59:09] Je pouvais pas sortir plus que ça de la tente.
[59:11] Puis je me disais, genre, c'est merveilleux qu'elle ait la chance d'être ici.
[59:14] Puis genre, tu serais pas ici.
[59:17] Bien, il y a une raison pour laquelle il était ici, en fait, c'est parce que justement, c'est aussi difficile.
[59:23] Puis sinon, genre, tout le monde serait là, puis on s'en foutrait, genre.
[59:26] C'est merveilleux.
[59:27] Oui, c'est ça.
[59:28] Fait que oui, l'équilibre, c'est pour certains moments, je pense.
[59:33] Tout le monde aime danser.
[59:34] Pourquoi?
[59:35] Tout le monde aime danser.
[59:36] Là, c'est ton livre, c'est ton roman?
[59:40] Non, c'est un essai.
[59:40] C'est un essai.
[59:41] J'ai tellement de livres.
[59:42] C'est un essai.
[59:43] Dans le fond, c'est tout le monde aime danser, plaidoyer pour libérer le mouvement.
[59:46] Puis dans le fond, l'essai commence avec un genre de métaphore qui m'est venue en tête quand je me suis assise pour écrire le livre.
[59:52] Puis c'est comme...
[59:54] Mais c'est parce que je suis convaincue que tout le monde aime danser.
[59:57] Même les gens qui sont comme « Non, non, non, la danse, c'est pas pour moi. »
[59:59] Je suis comme « OK. »
[1:00:00] Je dis « Mais mettons que t'es toute seule dans une pièce. »
[1:00:05] peut-être que tu es une place où tu es bien.
[1:00:06] Peut-être que tu es tout seul, peut-être que tu es avec ta famille dans ton salon, peut-être que tu es dans un bar avec tes amis.
[1:00:10] Tu es une place où tu es fondamentalement bien.
[1:00:14] Puis là, il y a une toune qui part.
[1:00:15] Puis c'est pas la toune du moment, c'est ta toune.
[1:00:17] C'est genre, peut-être c'est du heavy metal, peut-être c'est du country, peut-être...
[1:00:21] Là, je sais pas, là.
[1:00:22] OK.
[1:00:23] Mais tu sais, je veux dire, c'est ta toune.
[1:00:25] Oui.
[1:00:25] Puis là, tu danses.
[1:00:27] Pendant les trois prochaines minutes, tout ce que t'as à faire, c'est genre te laisser aller sur cette toune-là.
[1:00:33] Puis là, il y a pas de consignes à suivre.
[1:00:35] Il y a pas d'attente de personne.
[1:00:36] Il y a personne qui te regarde.
[1:00:38] Il y a pas de chorégraphie à apprendre.
[1:00:39] Tu fais juste...
[1:00:41] danser, genre, tu sais, c'est inné, l'être humain, il entend un beat, il va se mettre à danser.
[1:00:46] Après, ce qui fait qu'on pense qu'on n'aime pas danser, c'est ben là, on pense qu'on danse pas bien, on n'est pas capable d'apprendre une chorégraphie, on essaie un style de danse qui nous plaît pas, on sent que les gens nous jugent, on a peur que les gens nous jugent, on a peur de ce qu'on a l'air.
[1:01:00] C'est ça qui fait qu'on n'aime pas danser, qu'on dit qu'on n'aime pas danser.
[1:01:03] Fait que pour moi, c'est un gros, une grosse métaphore, un gros parallèle avec le mouvement
[1:01:08] Pour moi, les humains, on est conçus pour se mouvoir.
[1:01:12] Avec tous nos 600 muscles, nos 360 articulations, on n'est pas fait pour être immobile, on est fait fondamentalement pour bouger.
[1:01:21] Puis quand on se met en mouvement, tout dans notre corps se met en branle pour nous récompenser de l'avoir fait.
[1:01:26] C'est physiologique, c'est comme on a des...
[1:01:30] des neurotransmetteurs, des endorphines, qui sont comme « Yes, tu t'es mis en mouvement, bravo, je vais te faire sentir bien pour que tu le refasses. »
[1:01:38] Notre corps se porte mieux, nos organes, tout fonctionne mieux quand on est en mouvement.
[1:01:44] Ça, ce n'est pas un hasard, c'est parce qu'on est conçu pour bouger.
[1:01:46] Pour moi, tout le monde peut aimer le mouvement.
[1:01:49] C'est juste que le mouvement, c'est devenu quelque chose qui est très… En fait, on a créé une industrie autour.
[1:01:56] Puis on a rajouté, par le fait même, plein de contraintes qui font qu'il y a plein de gens qui pensent qu'ils n'aiment pas bouger.
[1:02:04] Parce qu'ils sentent qu'ils ne sont pas bons.
[1:02:06] Ils sentent qu'ils doivent répondre à des attentes.
[1:02:08] Ils sentent qu'ils doivent livrer des résultats.
[1:02:09] Ils sentent qu'ils doivent être habillés d'une certaine façon.
[1:02:11] Ils sentent qu'ils doivent apprendre des chorégraphies.
[1:02:13] Ils sentent qu'ils doivent avoir l'air de quelque chose.
[1:02:16] Ils sont comme « Non, non. »
[1:02:18] Je ne peux pas.
[1:02:18] Ce n'est pas moi.
[1:02:19] Je n'aime pas ça.
[1:02:20] Mais pour moi, je suis comme si on était capable d'enlever le plus possible tous ces genres de barrières mentales, bien pas mentales, mais réelles, créées par l'industrie du fitness autour du mouvement, je pense que tout le monde serait capable de trouver fondamentalement un plaisir de bouger.
[1:02:39] Jouer au sport.
[1:03:04] qui m'a donné un gros moteur dans la vie d'essayer plein de sports puis de trouver les sports que j'aime.
[1:03:09] Mais aussi, j'ai eu des expériences fondamentalement positives du mouvement, où je me suis sentie à ma place, où je me suis sentie compétente, je me suis sentie appréciée, je me suis fait des amis, j'ai vécu des belles, des beaux moments, tout ça.
[1:03:22] qui fait que pour moi, le sport, c'est magique.
[1:03:25] Puis quand je suis arrivée au secondaire, au cégep, puis j'ai été confrontée à d'autres réalités, j'étais comme « Oh my God, c'était un privilège. »
[1:03:33] Vraiment pas tout le monde a eu des expériences positives du mouvement.
[1:03:36] Il y en a plein.
[1:03:36] Puis il y a surtout des femmes qui n'ont pas eu d'expérience ou qui ont eu des expériences carrément négatives, voire traumatisantes du mouvement.
[1:03:44] où ils ont fait rire d'elles, où ils ne se sont pas sentis les bienvenus, où ils ne se sont pas sentis compétentes, où ils n'ont pas senti qu'ils savaient comment faire, où ils n'ont pas eu la chance d'explorer et de trouver ce qu'ils aimaient.
[1:03:53] Ça fait qu'eux, c'est comme, moi, le sport, ce n'est pas pour moi.
[1:03:56] Ça me brise le cœur.
[1:03:58] C'est 9 filles sur 10.
[1:03:59] Exactement.
[1:04:00] Moi, c'est pour ça que c'est ma mission de vie.
[1:04:02] Happy Fitness, notre mission, c'est d'engendrer des expériences positives du mouvement.
[1:04:07] Mon essai, c'est ça aussi.
[1:04:09] C'est d'être comme, OK, comment on fait pour…
[1:04:12] aller les chercher, ces personnes-là, qui n'ont pas eu des belles expériences, puis comment on fait pour renverser la vapeur?
[1:04:18] Puis là, elle est comme, regarde, je comprends, là, qu'on t'a fait vraiment sentir comme que t'avais pas ta place puis que t'étais pas sportive, mais tout le monde est sportif.
[1:04:25] Tu sais, c'est comme si...
[1:04:27] C'est moi, la comparaison que je fais tout le temps, c'est...
[1:04:29] Il faut bouger au même titre qu'il faut s'alimenter.
[1:04:32] Mais il n'y a personne qui va se faire dire dès le primaire, genre « Hey, toi, tu ne sais pas trop comment t'alimenter, malheureusement, tu ne pourras pas manger pour le restant de ta vie. »
[1:04:40] C'est tellement une belle comparaison.
[1:04:42] C'est aussi fondamental.
[1:04:43] C'est le projet de la Coalition pour l'activité physique.
[1:04:49] Oui, il faut en faire une priorité nationale, mais en faire une priorité nationale, voyons, je suis la misère, c'est d'aller chercher cette base-là, d'aller nourrir le récréatif, d'aller donner des espérances positives à ces personnes-là, puis de valoriser le mouvement comme quelque chose d'aussi fondamental que...
[1:05:07] l'alimentation pour vrai, tu sais.
[1:05:09] Puis si on se met à le voir de même, c'est comme, OK, bien, quels outils on peut utiliser pour que tout le monde ait accès?
[1:05:17] Tu sais, c'est comme le club des petits-déjeuners.
[1:05:19] OK, bien, c'est parce qu'il faut que tous les enfants puissent déjeuner.
[1:05:22] Qu'est-ce que tu dirais à, genre, je te couple, mais juste parce que je suis certaine...
[1:05:25] Non, mais c'est trop bon, justement.
[1:05:28] C'est trop excellent.
[1:05:29] Mais je me pose vraiment la question pour toutes celles qui nous écoutent en ce moment qui ne sont pas actives ou qui ne se considèrent pas sportives, qui ont peut-être full de culpabilité à cet égard-là, puis c'est bien correct, on passe tout par là.
[1:05:43] C'est quoi que tu leur dirais pour les aider à être actives, à trouver le plaisir dans le sport ?
[1:05:53] C'est vraiment compliqué.
[1:05:55] Malheureusement, ce n'est pas quelque chose qui se fait en un claquement d'or parce que souvent, il faut déconstruire des années de mauvaises expériences et de mauvaises perceptions.
[1:06:06] Je n'ai pas ma place là, je ne suis pas sportive.
[1:06:09] C'est des petites...
[1:06:12] Je dis souvent ça à mes coachs, mais c'est comme, tu peux pas changer la relation d'une fille en un cours dans le parc.
[1:06:19] Mais c'est à force de vivre des expériences, des mini-expériences positives. «
[1:06:23] Ah, elle est allée au cours?
[1:06:25] Puis elle s'est pas sentie mal. »
[1:06:27] où elle est allée courir, puis elle n'avait pas sa montre, puis elle ne s'est pas sentie poche.
[1:06:36] C'est genre une accumulation d'expériences positives, mais moi, je dirais à ces personnes-là de se questionner.
[1:06:43] Pourquoi j'haïs ça?
[1:06:44] C'est quoi, elle vient d'où ma réticence?
[1:06:46] J'ai-tu peur d'être pas bien habillée?
[1:06:48] Puis ça, je veux dire, maintenant...
[1:06:51] c'est comme les codes vestimentaires pour chaque sport sont tellement précis.
[1:06:55] Moi, je commence à faire du bike, puis je demande à Mike, je suis comme « Ça, c'est-tu correct? »
[1:06:59] « C'est bon, t'as su voir que moi, je m'en fous, là? »
[1:07:01] Oui, mais Mike est comme « Ah, t'sais... » Justement, les vrais sont genre « Whatever, là, il faut que ça soit fonctionnel, là, t'sais, mais... »
[1:07:07] Je parle du style vestimentaire, mais ça en bloque beaucoup.
[1:07:13] Puis c'est cher.
[1:07:15] Ça, ça me gosse.
[1:07:16] Y a-tu quelque part où je peux bouger ou je peux prendre mon T-shirt du secondaire?
[1:07:25] Après ça, moi, j'ai peur d'être poche.
[1:07:28] Être poche, c'est en fonction de résultats.
[1:07:30] Est-ce que tu peux juste aller faire un tour du bloc
[1:07:34] Puis tu vas même pas savoir toi-même si t'es poche ou bonne parce que tu fais juste le tour du bloc.
[1:07:38] Y'a pas de... Personne qui va te regarder, t'as pas ta montre.
[1:07:42] Fait que, tu sais, c'est ça, c'est difficile à répondre à la question, mais je pense que c'est déjà de se questionner sur c'est quoi mes barrières.
[1:07:49] Pourquoi je pense que je suis pas sportive?
[1:07:50] Pourquoi je pense que j'ai pas le droit, moi, d'aimer ça, le mouvement?
[1:07:54] Puis là, tu commences là.
[1:07:55] Puis là, après ça, c'est comme...
[1:07:57] Je pense que c'est...
[1:07:58] un processus.
[1:07:59] Moi, mon expérience personnelle, c'est en 30 secondes.
[1:08:06] Quand j'étais jeune, je me suis fait dire que je n'étais pas sportive et que je n'avais vraiment pas ma place dans le monde du sport.
[1:08:12] Quand je faisais de la course ou des trucs comme ça, on riait de moi.
[1:08:15] C'était comme « ha, ha, ha », très drôle.
[1:08:18] Je n'ai vraiment pas fait de sport quand j'étais jeune, mais j'étudiais et je lisais.
[1:08:24] C'était plus littéraire, si on peut dire.
[1:08:27] Puis, je pense que ce qui me...
[1:08:29] Je me souviens d'avoir vu Happy Fitness, puis genre que j'avais envie de participer, mais que j'étais encore intimidée d'y aller, genre.
[1:08:37] Mais en même temps, je trouve que votre approche, elle est vraiment, vraiment inclusive et accessible, puis comme dans le plaisir.
[1:08:44] Puis c'est comme ça qu'on devrait voir l'activité physique, justement, quand c'est un peu hors de notre portée.
[1:08:49] C'est comme, hé, on y va, on fait un petit pas dans la bonne direction pour prendre soin de soi, puis comme...
[1:08:57] On investit tellement en nous qu'on se paye un véhicule, on se paye une maison, on s'achète des aliments.
[1:09:06] La moindre des choses, c'est qu'on fasse une petite chose pour nous dans notre journée qui va faire en sorte qu'on va vieillir en santé, ou plus en santé possible.
[1:09:16] Mais c'est de simplifier aussi, puis c'est de comprendre qu'il n'y a pas une formule qui s'applique pour tous.
[1:09:20] Puis même moi, je suis comme « Happy Fitness, c'est pas pour tout le monde. »
[1:09:22] Pour vrai, là, genre…
[1:09:24] Il faut que vous trouviez votre formule.
[1:09:26] Des fois, il y a des variables qui font que là, j'y vais avec ma mère.
[1:09:33] Je me sens bien avec ma mère.
[1:09:34] Ça va être dans la piscine et je me sens bien dans l'eau.
[1:09:37] Il n'y aura personne que je connais là-bas.
[1:09:40] Je ne sais pas c'est quoi être bon dans la piscine.
[1:09:42] Là, je me sens trop bien.
[1:09:44] Des fois, ça fait un élément déclencheur.
[1:09:45] Mais il n'y a pas de « one size fits all ».
[1:09:49] C'est ça aussi qu'il faut comprendre.
[1:09:50] on se fait beaucoup crier dans la face, genre, « Il faut faire ça!
[1:09:53] Il faut faire ça!
[1:09:54] Il faut le faire comme ça! »
[1:09:55] Non, comme ça!
[1:09:55] Tu es une femme de 35 ans, lève des poids, lève des poids lourds, lève des poids lourds, mange des protéines!
[1:09:59] C'est comme quasiment...
[1:10:00] C'est fou, là, on se le fait gueuler.
[1:10:02] Fait que là, t'es comme, « Hé, moi, dans le fond, le gym, je sais pas, mais t'as l'impression qu'il faut que t'ailles au gym. »
[1:10:07] Mais, tu sais, commence... Simplifie, là, commence à faire comme, « OK, genre, comment je bouge mon corps aujourd'hui? »
[1:10:12] Hé, bouger son corps, là, ça peut essayer...
[1:10:14] C'est large, là.
[1:10:15] Tu vas danser
[1:10:20] Fait que, tu sais, c'est aussi de ramener ça au plus simple, puis de se détacher du bruit, puis des tendances, puis de toutes les règles, tu sais, bouger son corps, ça peut être vraiment simple, puis c'est là que ça commence.
[1:10:31] Après ça, tu bides là-dessus, tu construis là-dessus, mais à la base, base, base, là...
[1:10:37] Tu sais, tu peux être en... Moi, je pourrais tout de suite me mettre à faire des push-ups.
[1:10:41] Je peux bien aller en linge de sport.
[1:10:43] On pourrait être en mouvement en ce moment, mais on est assez sur notre sofa.
[1:10:45] C'est ça.
[1:10:46] Anyway, je pourrais en parler pendant des heures.
[1:10:49] Mais j'adore, mais j'adore.
[1:10:51] J'aime vraiment ça.
[1:10:52] Mac, j'aimerais ça qu'on parle de ta transition.
[1:10:55] Parce qu'il y a tellement de choses que j'aimerais ça qu'on parle, mais je vais aller au plus crunchy de chaque élément.
[1:11:01] Mac, j'aimerais ça que tu nous parles...
[1:11:04] Athlète professionnel qui devient maman.
[1:11:06] Oui.
[1:11:06] C'est comment cette transition?
[1:11:08] Bien, moi, à date, j'adore la grossesse.
[1:11:12] Oui?
[1:11:13] Bien, je l'apprécie vraiment.
[1:11:14] Tu es à combien de mois ou de semaines?
[1:11:16] J'ai rendu à quatre mois.
[1:11:17] OK.
[1:11:17] À 16 semaines.
[1:11:18] Fait qu'à date, moi, j'apprécie énormément mon expérience.
[1:11:22] Mais tu sais, je pense que j'étais prête à ça.
[1:11:24] Je pense que ça, c'est peut-être la clé qui fait que je l'apprécie autant en ce moment.
[1:11:29] Dans le fond, ma décision, moi, est venue que quand ma saison a terminé l'année passée,
[1:11:34] Puis tu sais, ma saison, elle a été pas excellente.
[1:11:38] Elle a été comme ultra bonne pour la première moitié puis j'avais tellement de fun, puis je trippais à l'entraînement, puis je trippais dans les courses.
[1:11:43] Puis tu sais, on parle du jeu comme pour moi, faire une course, c'est un jeu.
[1:11:48] Tu sais, quand on était jeunes, puis on allait genre au go-kart ou quand on jouait à Mario Kart, c'est un jeu.
[1:11:52] Bien pour moi, des fois, je me dis « Mais quelle chance qu'il y a ma job, soit de faire ça, mais en réel. »
[1:11:57] Tu sais, moi, c'est le même.
[1:11:58] Je le vois, puis j'avais vraiment beaucoup de fun.
[1:12:01] Mais après ça, je suis tombée malade puis la fin de saison a été comme moyen.
[1:12:04] Fait que, techniquement, ça s'est comme terminé en queue de poisson, mais bizarrement, quand la saison s'est terminée, j'étais vraiment en paix.
[1:12:11] Puis j'étais comme...
[1:12:14] Le feeling qui me restait, c'était « hé, si ça se finit comme ça, je suis sereine, puis je suis tellement reconnaissante d'avoir pu suivre mon rêve, poursuivre mon rêve pendant 15 ans, à temps plein, comme je... »
[1:12:28] Je voyais ça, genre, quelle chance, tu sais.
[1:12:30] Je reconnais que c'est une chance que j'ai eue de faire ça, puis j'étais genre, wow, c'était tellement cool.
[1:12:35] Puis on dirait d'être à ce moment de sérénité-là, si on veut, ça m'a comme libéré l'esprit de me questionner réellement si je voulais avoir un enfant ou non.
[1:12:44] Parce que ça faisait quelques années qu'on en parlait, moi et mon mari.
[1:12:47] Puis tu sais, on l'a dit, on est proches quand même de ma soeur et Antoine, puis eux, ils ont deux enfants.
[1:12:52] Puis pour moi, c'était très présent dans mon esprit que je ne voulais pas que nos enfants aient 10 ans de différence.
[1:12:58] En fait, dans le fond, moi, je savais que j'en voulais un enfant.
[1:13:01] C'est juste que je n'étais pas 100 % prête à...
[1:13:05] prête à dire « peut-être je ne redeviendrai plus jamais athlète ».
[1:13:09] On dirait que pour moi, je le voyais comme une décision double, pas juste « est-ce que je veux avoir un enfant ? »
[1:13:13] mais « est-ce que je veux avoir un enfant ? »
[1:13:14] et « est-ce que je suis prête à arrêter mon sport ? »
[1:13:17] Quand cette saison-là a fini et que j'ai eu cette réalisation-là, c'est devenu clair.
[1:13:21] J'étais comme « go, je suis prête ».
[1:13:24] Je suis reconnaissante parce que mon mari, j'en ai parlé, a été ultra impliqué dans ma carrière.
[1:13:28] On a fait ça ensemble.
[1:13:29] Je le vois que c'était un projet commun qu'on faisait ensemble.
[1:13:32] Il m'accompagnait dans la poursuite de mon rêve.
[1:13:36] Il m'a jamais...
[1:13:37] On en parlait, mais jamais la conversation venait de lui à savoir si je voulais avoir des enfants.
[1:13:41] Puis tu sais, il est un peu plus vieux que moi.
[1:13:43] Moi, j'ai 33, lui a 38.
[1:13:43] Puis...
[1:13:45] Fait que j'ai jamais ressenti une pression comme quoi lui, ça pressait ou lui en voulait ou quoi que ce soit.
[1:13:51] Puis quand...
[1:13:51] C'est venu de moi au printemps.
[1:13:53] Je lui dis « Hey, je pense que je suis prête. »
[1:13:55] J'ai vu le sourire dans son visage, à quel point lui était content de ça.
[1:13:59] Mais ça m'a fait réaliser, quelle chance qu'il ne m'ait pas mis cette pression-là.
[1:14:03] Puis c'est venu comme naturellement que là, je me sentais prête.
[1:14:07] Pour moi, c'est comme ça que la décision est arrivée.
[1:14:10] Là, on se parle aujourd'hui, j'aimerais quand même ça retourner.
[1:14:13] Mais c'est juste que je ne veux pas me mettre la pression non plus parce que je ne connais pas la vie avec un enfant.
[1:14:18] Puis je ne la connais pas, Magali, avec un enfant.
[1:14:20] Je ne sais pas comment ma perspective va changer, comment ma vie va changer.
[1:14:23] Puis je ne veux juste pas me mettre la pression de comme il faut absolument que je retourne.
[1:14:27] Mais dans le fin fond de moi, je me disais « Ah, ça serait tellement cool de pouvoir retourner avec un enfant. »
[1:14:33] Puis tu sais, je me rends compte, je le savais quand j'ai arrêté.
[1:14:35] J'ai arrêté en aimant encore ça, puis j'aime encore ça.
[1:14:38] Tu sais, c'est…
[1:14:39] Moi, j'ai toujours aimé jouer, honnêtement.
[1:14:43] J'ai toujours aimé faire du sport, mais de n'importe quelle forme.
[1:14:48] Pour ma fête, j'ai organisé une game de kickball.
[1:14:50] Ça avait l'air vraiment cool.
[1:14:52] Je suis vraiment triste d'avoir manqué ça.
[1:14:53] C'était vraiment le fun, mais là, j'en prépare une prochaine.
[1:14:56] Mais tu sais, fondamentalement, j'aime ça jouer.
[1:14:59] Je dirais que ce que j'apprécie de cette grossesse-là, c'est que...
[1:15:04] Pour moi, je n'utilise pas ma grossesse pour essayer de rester le plus en forme possible, pour que ce soit plus facile de revenir si je reviens zéro.
[1:15:11] En fait, j'ai utilisé pour faire un reset.
[1:15:16] Je bouge pour le plaisir de bouger, puis j'essaie plein d'affaires différentes.
[1:15:20] On ne s'est jamais autant entraînées ensemble.
[1:15:22] C'est ça.
[1:15:23] Je fais beaucoup moins de vélo qu'avant, mais je cours beaucoup plus, je fais plus de muscu.
[1:15:28] Je suis mes envies, en fait.
[1:15:30] Puis, est-ce que tu as plein de sources d'inspiration de femmes athlètes qui sont retournées à la compétition après avoir eu des enfants?
[1:15:38] Oui.
[1:15:38] Parce que dans le monde de la course, il y en a vraiment beaucoup.
[1:15:41] Bien, c'est ça.
[1:15:41] Puis, comme on voit des ultra-runners puis des alpinistes hallucinantes qui ont eu des enfants, puis à la limite, elles performent mieux après.
[1:15:52] Je ne sais pas, du vélo, si c'est ça aussi.
[1:15:54] Oui, il y en a.
[1:15:55] Entre autres, une de mes bonnes amies a accouché et est allée aux Olympiques, je pense, six mois après.
[1:16:00] Mais oui, il y en a.
[1:16:02] Je te dirais que ce n'est pas la norme, mais je me rends compte, depuis que je suis enceinte, je les cherche, je les admire et je les trouve tellement cool.
[1:16:09] J'adore entendre parler de leur histoire et tout le monde a un parcours différent aussi.
[1:16:13] Mais je ne suis pas surprise qu'ils sont meilleurs après.
[1:16:16] Honnêtement, moi, cette pause-là m'a fait un bien fou.
[1:16:21] Même au niveau physique, j'ai repris une énergie que je n'avais pas eue depuis longtemps.
[1:16:28] J'ai comme reconnecté avec...
[1:16:31] Puis tu sais, j'ai jamais arrêté d'aimer ça.
[1:16:32] Moi, j'ai toujours aimé ça, m'entraîner, même quand c'était ultra intense, mais on dirait que je reprends comme un plaisir naïf, un peu, à aller faire du bike ou aller faire de la muscu.
[1:16:44] On dirait que vu que je suis enceinte...
[1:16:47] Il n'y a aucune obligation rattachée.
[1:16:49] C'est comme le...
[1:16:50] C'est pur.
[1:16:50] C'est pur.
[1:16:51] C'est comme j'ai envie de faire ça puis quand je le fais, maudit que j'ai du fun puis je l'apprécie.
[1:16:55] Puis je pense que je l'apprécie peut-être encore plus parce que
[1:16:59] Je ne sais pas jusqu'à où dans ma grossesse je vais pouvoir bouger.
[1:17:02] À chaque jour que je le fais, je suis comme « Oh wow, quelle chance! »
[1:17:05] C'est vrai.
[1:17:06] On dirait que je pense que des fois, quand on prend pour acquis qu'on doit s'entraîner et qu'on doit faire ça dans un objectif donné, on oublie pourquoi on le fait fondamentalement, ou du moins notre corps, on dirait qu'il l'oublie.
[1:17:21] Mais quand tu sens que tu pourrais en être privée,
[1:17:24] Genre, on dirait que ça te ramène dans le moment présent et dans l'espèce de gratitude exponentielle de pouvoir le faire.
[1:17:31] Oui, vraiment.
[1:17:32] Tu sais, je veux dire, un retour de blessure, mais aussi, genre, dans une dernière expérience, j'ai failli ne pas pouvoir...
[1:17:40] avancer et finalement, ma santé m'a donné le go.
[1:17:43] Elle m'a dit « Ok, tu es correcte, tu peux continuer ».
[1:17:46] Mon Dieu, je n'ai jamais eu autant de fun après ça, être dans le dur.
[1:17:48] J'étais comme « Thank God d'être dans le dur, moi je peux y être ».
[1:17:52] Oui, oui, oui.
[1:17:53] Mais vraiment, il y a ça qui est le fun.
[1:17:56] Puis la pause physique et mentale que ça a donné, c'est tellement rafraîchissant.
[1:18:00] Je n'ai jamais pris une pause autant que ça de toute ma vie.
[1:18:04] Et je te dis, les premiers mois, avant que je tombe enceinte, après, tu sais, comme tout le monde, dans le premier trimestre, des fois, j'étais fatiguée, moi aussi.
[1:18:10] Mais honnêtement, en comparaison avec ce qui était mon normal, qui était comme vraiment fatiguée, souvent, là, j'étais comme « Wow, l'énergie que j'ai! »
[1:18:19] Puis là, ça m'a permis de gérer tous les mini-bobos que j'avais qui traînaient, qui n'étaient pas si dérangeants, mais qui gossaient, mais que je n'avais pas vraiment le temps de m'appuyer là-dessus.
[1:18:29] Fait que tout ça, vraiment le côté physique et le côté mental, c'est vraiment comme une...
[1:18:33] « Ah, ça fait du bien, tu sais. »
[1:18:36] Fait que je me dis, honnêtement, si j'y retournais, puis c'est ce que, pour l'instant, j'aimerais faire, je pense que j'arriverais avec une nouvelle... Ah, puis aussi la perspective, sérieux.
[1:18:45] Ma perspective va changer.
[1:18:47] Ah ouais?
[1:18:47] Oui, dans un sens, j'ai toujours su que les résultats, c'était secondaire, tu sais.
[1:18:55] Mais reste que, pour moi, il était important, c'est l'atteinte des résultats qui me motivait à faire tout ce que je faisais dans un sens.
[1:19:02] Je voulais les accomplir, les résultats.
[1:19:04] Mais avec le recul, puis c'est pas un si gros recul, mais à six mois, mettons, je me rends compte à quel point l'expérience était riche.
[1:19:14] puis à quel point c'est juste ça qui reste.
[1:19:17] Je m'en fous, je n'y pense plus à mes résultats.
[1:19:19] Puis je suis comme, mais tout ce qu'on a traversé, que ce soit en équipe avec mon mari ou moi-même, tous les moments creux, tous les moments forts, je me rends compte que ça m'a vraiment formée comme personne.
[1:19:29] Puis je me rends compte à quel point c'est riche puis à quel point ultimement, c'est vraiment juste ça qui compte.
[1:19:35] Je pense que si je retournais, j'aurais une perspective fraîche.
[1:19:39] On dirait que je le savais théoriquement, mais là, je l'ai compris, intégré, puis ça m'a vraiment fait du bien.
[1:19:46] La question sublime.
[1:19:47] Je vais vous donner un petit cadeau après.
[1:19:49] Merci, sublime.
[1:19:52] C'est une question que j'aime vraiment beaucoup.
[1:19:55] C'est quoi pour vous le moment tournant, celui qui a changé votre vie ?
[1:20:02] Mais tu sais, je veux dire, vous n'êtes pas liés à tout jamais à la réponse que vous allez donner.
[1:20:06] Merci, Jean-Luc.
[1:20:07] Merci, Marie-Belle.
[1:20:08] On peut « release » un petit peu de pression.
[1:20:09] Oui.
[1:20:14] Moi, c'est vraiment un moment anodin.
[1:20:17] Vas-y donc.
[1:20:19] En fait, c'est Charles Page qui m'a redonné ma chance en montagne, qui m'a fait rechanger ma vision, mon expérience.
[1:20:27] Dans le fond, j'avais abandonné complètement l'alpinisme de A à Z. Je faisais comme « c'est pas fait pour moi, j'ai eu juste des échecs ».
[1:20:34] Tout le monde n'y croyait plus, mes partenaires n'y croyaient plus.
[1:20:36] C'était genre « you know what, honey, reviens à la course » et que je sois un petit peu plus alignée avec le fait que tu n'as aucun potentiel dans ce milieu.
[1:20:43] Puis j'étais un peu triste.
[1:20:46] Mais je n'y croyais pas, genre, je n'y arrivais pas.
[1:20:48] Puis je n'arrivais pas, comme tu disais, à envoyer ton e-mail.
[1:20:51] Genre, non, je ne peux pas.
[1:20:53] Je n'y arrivais pas.
[1:20:56] Puis éventuellement, Charles m'a invité sur une expédition.
[1:20:59] Charles Page, qui était un des grands alpinistes au Québec, m'a invité sur une expédition puis il m'a dit, « Fais-moi confiance une dernière fois.
[1:21:07] Je te jure qu'on va réécrire ton histoire. »
[1:21:09] Puis c'est ça qui a été le... Ça a changé ton parcours.
[1:21:12] Oui.
[1:21:12] Mais tu sais, je pourrais dire merci à mes parents puis tout ça, mais là, c'est Charles.
[1:21:16] C'est Charles pour ce moment-là.
[1:21:17] Je pense que ça a vraiment changé ma vie.
[1:21:18] Moi, j'en ai deux rapidement.
[1:21:20] Je vais le dire vite, mais dans le fond, quand j'ai signé mon premier contrat professionnel, j'avais 19 ans, puis ma soeur l'a dit, « C'était super important chez nous, l'école.
[1:21:31] Mes parents nous encourageaient à avoir des bonnes notes, puis c'était important. »
[1:21:35] Puis quand j'ai eu 19 ans, je suis allée au championnat du monde de vélo montagne, puis j'ai fini dans le top 10, puis sur le coup, je me suis fait offrir un contrat professionnel qu'elle allait me payer, puis tout d'un coup, je pouvais suivre cette carrière-là qui avait toujours été un rêve, mais là, ça se concrétisait.
[1:21:50] Puis là, j'étais comme « Ok, parfait, je vais faire ça, puis je vais aller à l'école en même temps à Montréal, mais l'équipe est en Californie, mais tu sais, je vais gérer. »
[1:21:56] Puis là, ma mère, elle m'a assise sur le bord du foyer, puis elle disait « Dans le fond, t'es pas obligée d'aller à l'école.
[1:22:02] Suis ton rêve, vas-y, t'as la chance en ce moment de pouvoir poursuivre ce rêve-là que t'as toujours eu, go. »
[1:22:13] Ça m'a comme donné des ailes, je pense.
[1:22:16] Wow!
[1:22:16] Ça m'a libérée de dire, OK, bien, j'y vais à fond, puis, tu sais, accrois en moi, puis comme je vais le faire pour vrai, puis je veux m'assurer que ça soit pas perdu.
[1:22:25] Fait que ça, je te dirais que ça m'a vraiment donné un coup de pied, comme des ailes, ça m'a donné des ailes.
[1:22:29] Puis l'autre moment, c'est quand j'ai justement quitté cette équipe-là, quand je me suis dit que je voulais partir ma propre équipe parce que je voulais avoir un peu plus de contact direct avec les partenaires puis avoir des... tu sais, poursuivre des...
[1:22:42] Le faire à ma façon, en fait.
[1:22:44] Puis avec mon mari, on s'est assis, puis j'avais pas une scène.
[1:22:47] Moi, je quittais l'équipe, puis c'était comme, OK, bien, on repart à zéro.
[1:22:50] La saison commence dans deux semaines, puis il faut que je sois prête à le faire sans salaire pendant un bon bout de temps.
[1:22:56] J'avais 24 ans, on venait d'acheter une nouvelle maison.
[1:22:58] C'était quand même un moment clé.
[1:23:01] Ça faisait peur.
[1:23:03] Mais mon mari s'est assis et a dit « Je te bac, let's go.
[1:23:07] Je pense que tu es capable de le faire.
[1:23:10] Je vais t'accompagner. »
[1:23:11] Il en a dit « go ».
[1:23:12] On est partis.
[1:23:13] Puis ça a été tellement le fun.
[1:23:15] Puis moi, ça me donnait énormément d'énergie d'aller voir les partenaires et tout ça.
[1:23:18] Puis c'est là que j'ai eu certains de mes meilleurs résultats.
[1:23:20] C'est là que j'ai gagné les Coupes du monde, c'est là que j'ai fait des podiums en Coupe du monde.
[1:23:23] Et je pense que je me sentais responsable du projet, mais je me sentais aussi soutenue puis propulsée.
[1:23:29] Impliquée.
[1:23:30] Oui, impliquée puis engagée.
[1:23:32] Puis ça m'a vraiment... Ultimement, ça a comme moulé... Pas moulé, mais ça a...
[1:23:39] C'est quoi le mot?
[1:23:39] Ça a forgé.
[1:23:40] Oui, ça a forgé.
[1:23:40] Ça l'a shapé aussi.
[1:23:41] Ça a formé.
[1:23:42] Ça a comme shapé ma carrière.
[1:23:43] Tout ce que ça l'a fait, c'est sur la carrière.
[1:23:46] C'est ça.
[1:23:46] Mais moi, je pense à ces deux moments-là qui ont été des gros moments pour moi.
[1:23:48] C'est fou parce que c'est quand même des gros risques que tu as pris, calculés, que beaucoup de parents ou de gens autour de nous nous diraient, non, fais pas ça.
[1:23:55] C'est dangereux.
[1:23:57] Genre, pourquoi tu ferais ça?
[1:23:59] En tout cas, je trouve ça vraiment cool.
[1:24:02] En tout cas, pour moi, personnellement, ça résonne.
[1:24:04] Je trouve que c'est similaire à l'histoire que tu m
[1:24:08] Oui, qu'il y a quelqu'un qui a cru.
[1:24:10] Parce que si tu es toute seule, est-ce que tu y vas vraiment?
[1:24:13] Puis d'avoir quelqu'un qui croit en toi puis qui te donne vraiment la poussée nécessaire, c'est comme ça a tellement de puissance.
[1:24:18] Je pense que des fois, on ne réalise pas l'impact qu'on peut avoir sur d'autres en les supportant de cette façon-là.
[1:24:22] Mais moi, ces personnes-là ont eu un énorme impact sur moi.
[1:24:27] Moi, dans ces moments-là, qui étaient clés.
[1:24:29] Wow.
[1:24:30] Moi aussi, j'en ai deux.
[1:24:31] J'ai essayé de faire assez vite.
[1:24:32] C'est sûr qu'il y a comme 1000 affaires qui ont changé ma vie, mais comme... Oui, mettons, là, être enceinte, je suis sûre que ça va changer ma vie, mais c'est pas arrivé.
[1:24:39] Mais mettons, moi, quand...
[1:24:43] En 2019, juste avant la COVID, j'étais en partenariat avec Sophie, une de mes bonnes amies aussi.
[1:24:52] Pour Happy Finish, on était deux.
[1:24:54] On était 50-50,
[1:24:55] Puis, dans le milieu de l'année, on s'en va, genre, pique-niquer, je m'en souviens encore.
[1:25:02] Puis, elle m'annonce que c'est fini pour elle, l'aventure Happy Fitness.
[1:25:07] Puis pour moi, ça a vraiment été un point tournant à ce moment-là parce que ça avait comme aucun sens pour moi de continuer dans le sens où, genre, je me ramassais avec deux fois plus de responsabilités et je devais payer l'actionnaire sortante.
[1:25:20] Genre, tu sais, c'est comme ça me coûtait de l'argent et je me ramassais avec deux fois plus de responsabilités sur les épaules.
[1:25:25] Mais malgré tout, j'étais comme « Ouais, moi, je n'ai pas fini, tu sais ».
[1:25:28] Fait que pour moi, ça a comme reconfirmé, tu sais, je pense que tu as besoin, tu sais, après 15 ans en entrepreneuriat, des fois, tu as besoin des reconfirmations que tu veux continuer, là.
[1:25:37] Pour moi, ça a été un genre de point tournant où j'étais comme « non, moi, j'ai encore quelque chose à faire ici ».
[1:25:43] Ça m'a comme remotivée et une chance parce que six mois après, c'était la pandémie.
[1:25:48] Puis moi, ce que je fais dans la vie, c'est rassembler les gens.
[1:25:52] Ça fait que ça, ce point-là...
[1:25:55] Je me souviens de... Avant, je me souviens de la...
[1:25:58] Quand j'ai commencé à vous suivre, c'était dans le temps que Sophie était là.
[1:26:02] Ça fait longtemps.
[1:26:03] Oui, ça fait longtemps.
[1:26:04] Puis mon autre point, tu sais, moi, ça a toujours...
[1:26:08] J'étais très... Ça me faisait vraiment peur de devenir mère, vraiment.
[1:26:13] Puis je me sentais jamais comme...
[1:26:15] Je savais pas si j'allais un jour me sentir prête.
[1:26:18] Puis, un moment donné, on était en Italie.
[1:26:22] Mon chum, il venait de faire le Giro, puis on avait fait un trip dans les Dolomites.
[1:26:27] Puis, j'étais en haut d'une montagne quand j'ai reçu un message de mon mère que mon père était à l'hôpital, puis il y avait eu un accident.
[1:26:35] Puis, c'était un gros accident quand même.
[1:26:37] Excusez, je suis emotive, mais finalement, il est correct, mon père, mais c'est vraiment un gros accident qui aurait pu lui coûter la vie, là.
[1:26:46] Puis je pleure parce que pour une bonne raison, mais après ça, on est descendus.
[1:26:50] Bien là, j'étais quand même un peu sous le choc.
[1:26:51] Puis là, on est descendus, puis on était au resto après.
[1:26:53] Puis j'ai regardé mon chum, puis j'étais comme...
[1:26:56] Je suis prête à avoir des enfants, parce que je veux vraiment qu'ils connaissent mon père, tu sais.
[1:27:01] Puis...
[1:27:03] Je pleure parce que mon plus vieux...
[1:27:05] Il l'aime tellement.
[1:27:06] Jules et son grand-père.
[1:27:07] Jules et mon père, c'est la plus belle relation du monde.
[1:27:09] Ces deux-là ensemble, c'est des meilleurs amis.
[1:27:12] Ils sont tellement cute.
[1:27:14] Ils sont toujours assis sur une chaise, l'un à côté de l'autre, et ils se racontent des affaires.
[1:27:19] C'est la plus belle relation du monde.
[1:27:22] Pour moi, on dirait que ça a donné cette perspective-là d'être...
[1:27:28] Oui, le go, je deviens mère.
[1:27:29] OK, je ferai moins de voyages et d'aventures, mais ça va être plus grand que ça.
[1:27:35] Ça m'a un peu donné...
[1:27:36] Après, ça s'est passé vraiment plus vite que ce que j'aurais voulu.
[1:27:40] Ça m'a donné ce genre de déclic dans ma tête qui est important.
[1:27:45] C'est fou.
[1:27:46] Je n'ai pas de mots.
[1:27:49] C'est fou que...
[1:27:51] il y a cette complicité-là avec ton père aussi.
[1:27:55] Est-ce que tu penses des fois à l'énergie un peu, pas au-delà, mais genre qu'il y a quelque chose qui explique ça?
[1:28:02] Peut-être.
[1:28:02] En même temps, il est tellement dédié, mon père.
[1:28:05] Il est un papa riche.
[1:28:06] Ah oui.
[1:28:06] Quand papa wedge, il met beaucoup d'efforts.
[1:28:10] Il y a personne qui joue avec lui.
[1:28:11] Il joue.
[1:28:12] En fait, au point où est-ce que... Ça, c'est une autre histoire complètement, mais il y a eu une paralysie un peu avec son accident, mon père.
[1:28:19] C'était un gars qui s'entraînait comme un malade pour être le plus en forme possible.
[1:28:23] Il a changé son entraînement pour être le plus mobile possible pour être capable de jouer avec les petits-enfants.
[1:28:28] C'est hallucinant.
[1:28:28] C'est comme le fun de voir la dédicace.
[1:28:32] Ça ne se dit pas en français, la dédicace.
[1:28:33] Le dévouement.
[1:28:34] Le dévouement, oui.
[1:28:36] C'était juste une mini-parenthèse.
[1:28:38] Mais peut-être qu'il y a eu...
[1:28:39] Je ne sais pas.
[1:28:41] C'est juste comment tu l'as raconté.
[1:28:43] On dirait que c'est ça qui est fort.
[1:28:46] OK, wow.
[1:28:48] Je vais terminer les épisodes avec une section qui est toute nouvelle.
[1:28:55] Là, vous êtes comme mes premières invitées.
[1:28:56] C'est-tu un jeu?
[1:28:58] C'est genre Rapid Fire.
[1:29:00] Ça, c'est bon.
[1:29:01] Rapid Fire, mais que je pense que ce n'est pas si rapide.
[1:29:04] Puis là, le problème, c'est que j'écris vraiment, vraiment mal.
[1:29:07] Puis j'ai de la misère à lire ma propre écriture.
[1:29:09] Mais je dois dire, de notre vue, elles sont belles en maudite époque.
[1:29:12] Elles sont belles, hein?
[1:29:13] Sauf que celle-là, je l'écris à l'envers.
[1:29:15] Pas grave.
[1:29:15] C'est pas grave.
[1:29:16] Elles sont très belles.
[1:29:18] Merci.
[1:29:19] Merci.
[1:29:19] Rapid Fire, je vous laisse répondre une à tour de rôle, OK?
[1:29:24] OK.
[1:29:25] De quoi la Chloé ou la Mag de 10 ans serait la plus fière aujourd'hui?
[1:29:32] que ma job, c'est de jouer dans la bouette.
[1:29:34] C'est bold.
[1:29:36] Euh...
[1:29:39] De l'impact que j'ai eu sur plein de gens.
[1:29:43] Que j'ai changé la relation que beaucoup, beaucoup de gens ont avec le sport.
[1:29:47] Moi, je ne suis peut-être pas assez deep.
[1:29:49] Mais que je fasse ce que j'aime.
[1:29:51] Que j'ai continué à faire ce que j'aime le plus.
[1:29:53] Non, non, c'est autant bold pour des raisons différentes.
[1:29:57] Je ne sais pas si vous savez à quel point vous êtes hot.
[1:30:01] D'avoir les deux soeurs rechettes au balado, c'est hot.
[1:30:04] ben là, ben t'sais, t'es hot aussi ben merci, première fois qu'on fait un balado en temps c'est gentil de nous dire, c'est gentil de nous avoir invité ensemble, effectivement, c'est le fun on peut pas juste prendre un compliment et pardonner c'est cool ce que tu fais c'est gentil, mais t'sais, je pense que genre pour beaucoup de personnes qui sont genre là avec nous oh my god, moi en tout cas je suis fan ok
[1:30:25] Mais là, c'est plus pour Magali.
[1:30:27] OK.
[1:30:27] Mais je vais l'adapter pour Claude.
[1:30:28] Bien, c'est correct.
[1:30:30] À quoi tu penses dans les cinq secondes avant de partir sur ta start line?
[1:30:34] Je pense à juste...
[1:30:35] Je suis juste concentrée sur...
[1:30:38] C'est soit...
[1:30:38] Nous autres, le départ, il soit donné par un « gun ».
[1:30:41] ou par une lumière qui change de rouge à vert.
[1:30:44] Fait que je suis juste concentrée là-dessus.
[1:30:47] Fait que sur mon sens.
[1:30:48] Fait que si je sais que ça va être lumière, je suis juste concentrée sur mon sens de la vue.
[1:30:52] Puis si je sais que ça va être le son, je suis juste concentrée sur mon sens de l'ouïe pour m'assurer qu'il soit vraiment réveillé puis que je réagisse vite au moment où ça sonne.
[1:31:01] Mais sinon, j'ai tellement pensé avant qu'à ce moment-là, ce n'est pas le temps de penser.
[1:31:06] Souvent, moi, dans les deux minutes avant, je revisualise et je sensibilise.
[1:31:12] Je visualise de clipper dans ma pédale, comme le départ, exactement où la pédale va frapper sur mon pied et comment ça clippe.
[1:31:19] Après ça, j'accélère et je change des vitesses.
[1:31:21] Je l'ai fait tellement de fois dans ma tête avec des gens autour de moi.
[1:31:24] Où est-ce que je vais regarder?
[1:31:26] Je n'ai plus besoin de penser.
[1:31:28] C'est comme rendu naturel.
[1:31:30] à ce moment-là, mais c'est parce que je l'ai pratiqué pendant 15 ans, mais aussi 50 fois dans les dernières 5 minutes.
[1:31:37] Je le sais exactement, je n'ai plus besoin de penser, je peux juste être prête, être présente en fait, à écouter ou à regarder, puis être prête à réagir.
[1:31:44] Wow!
[1:31:45] Moi, je me sens de même avant de coacher un cours.
[1:31:47] C'est ça que j'allais te demander.
[1:31:48] Ça fait, je ne sais pas combien de milliers de cours que je coache depuis 15 ans, puis pour moi, c'est vraiment ça, mettons 5 minutes avant.
[1:31:55] J'ai besoin...
[1:31:55] Tu sais, s'il y a des filles qui arrivent trop d'avance, souvent, je vais essayer de me retirer parce que j'ai comme besoin de juste comme respirer puis genre manger une collation.
[1:32:04] Mais là, une demi.
[1:32:05] Bien, une demi.
[1:32:06] Non, parce que je suis comme...
[1:32:09] C'est vraiment beaucoup, là.
[1:32:10] C'est moi, là.
[1:32:11] Mais là, un peu.
[1:32:12] C'est pas la boutique avant.
[1:32:13] Oh my God.
[1:32:14] Surtout avant un cours.
[1:32:16] Ben oui, voyons donc.
[1:32:18] Puis là, quand le cours commence, dans ma tête, c'est comme, je me dis showtime, mais c'est pas parce que je donne un show, c'est vraiment, là, il n'y a plus rien qui existe pour la prochaine heure.
[1:32:27] Puis je suis tellement...
[1:32:28] Dans mon burn-out, coacher, c'est la chose qui m'a fait le plus du bien.
[1:32:33] Parce que je suis 100% en présence puis c'est tellement un flow...
[1:32:37] Parce que justement, je m'adapte, je veux être 100% présente pour être comme, ok, les besoins de tout le monde.
[1:32:42] Je veux voir tout le monde dans mon groupe être comme, elle a besoin de ça, elle, elle, ça.
[1:32:46] Parce que, genre, ça peut changer le parcours d'expérience que quelqu'un a eu.
[1:32:52] Fait que, tu sais, je veux comme, c'est ça, genre, je fais le vide, mon cellier fermé, bien, il est pas fermé parce que je mets la musique, mais il est sur mode avion.
[1:33:01] Il y a comme, je pense à rien.
[1:33:02] En fait, c'est ça, c'est que je pense à rien d'autre que, OK, prochain exercice, telle fille, c'est quoi son nom, qu'est-ce qu'il y a, tu sais, d'essayer d'être ça.
[1:33:11] Ça fait du bien de ce genre de flow-là, d'être genre 100 % présente.
[1:33:15] Après être vous vidée,
[1:33:17] Oui, genre mentalement.
[1:33:18] Après une course, oui.
[1:33:19] Mais oui, mentalement aussi.
[1:33:20] Je suis quand même fatiguée.
[1:33:22] Garder un espèce de focus ultime jusqu'à une ligne d'arrivée.
[1:33:26] Quelque chose.
[1:33:28] OK.
[1:33:29] Une superstition ou un rituel d'avant, justement, un cours ou une race?
[1:33:34] Moi, je l'ai comme partagé.
[1:33:35] C'est vraiment ma pédale, mais il y en a une autre.
[1:33:37] Je m'assure toujours de prendre... Moi, je l'appelle prendre mon deux minutes.
[1:33:41] Mais ça ne prend pas toujours deux minutes.
[1:33:42] Mais j'ai besoin d'un moment seul pour respirer et juste me rappeler
[1:33:47] clairement, qu'est-ce que je m'en vais faire.
[1:33:48] Parce que, tu sais, il y a tellement d'actions autour d'un site de course, puis les gens veulent venir te parler, puis c'est ultra agréable, puis c'est ultra le fun, mais c'est ultra stimulant aussi.
[1:33:56] Fait que des fois, moi, avant la course, pour m'assurer de bien performer, je prends... soit je vais m'accoter contre un arbre, ou je vais tout seul, ou si je ne suis pas capable de trouver un moment, je m'en vais dans Bécoste, dans le Port-au-Paris, dans la toilette chimique, puis...
[1:34:09] Je m'assois là, puis ça a l'air con, mais je respire.
[1:34:12] Je suis pas en meilleure place à respirer, mais j'ai juste besoin d'un moment seul pour respirer, puis je prends comme trois respirations, puis je me rappelle, qu'est-ce que je m'en vais faire?
[1:34:19] Ah oui, OK, je vais faire le départ, ça va être comme ça, ça passe sur un straightaway pendant 200 m, ça tourne à droite, c'est ça, les premiers virages, voici mes objectifs.
[1:34:27] Il faut que je sois focus aujourd'hui sur...
[1:34:30] regarder, suivre la roue parce que c'est un parcours qui va vraiment vite, puis il ne faut pas que je laisse de gap.
[1:34:35] Je suis concentrée pour suivre la roue, regarder loin en avant de l'épaule de l'autre, tel, tel virage.
[1:34:40] Tu sais, j'ai comme des cues vraiment spécifiques.
[1:34:42] Il n'y en a pas tant, mais il y en a, mettons, deux, trois.
[1:34:44] Puis là, après ça, je suis comme, OK, là, je suis ici, puis c'est ça que je m'en vais faire.
[1:34:49] Tout ce qui était autour, c'est disparu pour moi, puis là, je suis prête.
[1:34:52] Fait que j'ai juste besoin de ce...
[1:34:54] Sérieux, ça peut prendre 15 secondes, mais j'ai besoin de le prendre juste pour...
[1:34:57] Mais tu t'es entraînée à le faire aussi, j'imagine, rapidement parce que tu sais que t'as pas non plus beaucoup de temps pour le faire.
[1:35:01] Ouais, ben tu sais, je le fais avant chaque entraînement parce que sinon, je suis pas présente à 100% pour mon entraînement.
[1:35:08] Fait que je le fais vraiment souvent, puis en fait, je me rends compte maintenant que je le fais aussi dans ma vie de tous les jours, tu sais.
[1:35:16] admettons je m'en vais à l'école ce soir pis souvent comme avant que le cours commence je suis genre ok qu'est-ce que je m'en vais faire c'est quoi ici qu'il faut que je me focus ah oui c'est ça ça j'essaie juste de me mettre dans le mood 2-3 minutes avant juste pour m'assurer que je suis présente pis ancrée pis c'est quoi l'intention à ce moment là
[1:35:31] Juste avoir un meeting aussi.
[1:35:33] J'ai fait un meeting, puis tu sais comme...
[1:35:35] On les accumule, les meetings, puis ça va vite.
[1:35:38] Mais genre, juste prendre 15 secondes, deux minutes, reset, savoir ce que c'est que l'objectif.
[1:35:43] Moi, j'appelle ça regroup.
[1:35:46] Je fais ça avant mes cours, je vous le disais.
[1:35:47] Je prends ma demi-banane.
[1:35:50] Prends-toi des protéines.
[1:35:51] Je me retire, c'est ça.
[1:35:53] Je me retire, puis justement, je regroup, puis je suis comme, c'est quoi la ligne directrice?
[1:35:58] Moi, c'est plus ça que je me demande, comme avant que je m'adresse à mon équipe pour whatever, mais un meeting aussi, souvent.
[1:36:05] As-tu une superstition ou un rituel, sinon?
[1:36:08] C'est ça, c'est le même.
[1:36:09] Moi aussi, c'est comme, je prends un moment, regroup, puis souvent, je m'écris une ligne directrice.
[1:36:15] C'est quoi le but de ce cours-là?
[1:36:17] C'est quoi le but de ce meeting-là?
[1:36:18] C'est quoi le but de ce speech-là?
[1:36:21] Après ça, des fois, je suis moins préparée.
[1:36:23] Mais c'est drôle parce que je réalise que depuis que je suis mère, j'ai perdu un peu mes réduits.
[1:36:31] Je me sens vraiment moins sharp en tout temps.
[1:36:35] Souvent, j'arrive sur une couille.
[1:36:39] Non, mais c'est une bonne influence.
[1:36:40] On comprend ce que tu veux dire.
[1:36:41] Non, mais j'arrive, je suis un peu dépayée.
[1:36:44] Je suis là.
[1:36:45] Je ne sais pas ce qu'on va faire, mais je suis là.
[1:36:48] Je réalise que ça me manque, ça.
[1:36:50] Ça me manque, ces rituels-là.
[1:36:53] Mais ce n'était pas possible dans les dernières années.
[1:36:56] J'ai l'impression que toutes les mômes...
[1:36:58] doivent se dire ça.
[1:36:59] Oui, c'est ça peut-être.
[1:37:00] Puis là, je pense que je suis capable...
[1:37:01] Je commence à retrouver un peu ça, parce que là, au moins, j'ai toutes mes semaines de libre.
[1:37:07] Mais là, je suis trop fatiguée pour avoir des rituels.
[1:37:10] Ça va revenir, mais je réalise que c'est quelque chose que j'ai perdu, qui me manque un peu.
[1:37:15] OK.
[1:37:15] Oui, c'est genre d'arriver... Avec des intentions.
[1:37:19] Arriver posée, arriver préparée.
[1:37:21] J'arrive toujours préparée par respect.
[1:37:23] Même mes podcasts, j'en fais ma recherche, mais...
[1:37:26] J'ai l'impression que je suis un peu toujours à l'arrache quand même.
[1:37:30] Mais genre, en tant qu'athlète, j'ai l'impression qu'elle a aussi appris à dire non, se reculer, aller dans ses toilettes qui ne sentaient pas bon.
[1:37:41] Puis genre, elle va y aller pareil.
[1:37:42] Puis genre, elle va imposer le fait qu'elle ne va peut-être pas prendre une entrevue à ce stade-là parce qu'elle a quelque chose à faire.
[1:37:48] Genre, j'ai l'impression que quand on n'est pas athlète ou quand on n'est pas…
[1:37:52] ministre ou whatever, on va peut-être moins protéger notre petite bulle.
[1:37:56] Parce que, je veux dire, on a un meeting et il faut qu'on arrive à l'heure.
[1:38:00] Des fois, je me dis que je pourrais me permettre d'arriver deux minutes en retard parce que je vais aller regroup.
[1:38:05] Puis je vais arriver genre meilleur.
[1:38:07] Oui, en tout cas.
[1:38:08] Je pense que tu as raison, parce que par nécessité, tu as besoin de... Moi, dans ma job, j'avais besoin de respecter ça.
[1:38:16] Par nécessité, mais je me rends compte qu'on peut le faire dans la vie de tous les jours, puis les gens n'ont pas besoin de savoir pourquoi on dit non.
[1:38:23] « Je ne peux pas. »
[1:38:26] Il n'a pas besoin de savoir que c'est parce que j'ai vraiment besoin d'aller marcher avec mon chien.
[1:38:30] Dans le fond, peu importe.
[1:38:32] L'autre personne, ça ne le regarde pas pourquoi je ne peux pas. «
[1:38:36] Je peux de telle heure à telle heure.
[1:38:38] Je vais te donner d'autres disponibilités. »
[1:38:40] Des fois, je pense qu'on a le besoin de se justifier, mais non.
[1:38:44] Quand je vois mon agenda qui n'a rien à un certain moment, et d'ailleurs, ça n'arrive jamais, mais si, genre,
[1:38:52] Si quelqu'un me demande en meeting, j'accepte.
[1:38:55] Je vais le booker mon meeting à ce moment-là.
[1:38:57] Mais des fois, c'est correct.
[1:39:00] En ce moment, non, ça n'a aucun sens.
[1:39:01] C'est peut-être ça ton apprentissage.
[1:39:03] Ça ne marche pas en tout.
[1:39:04] Il faut que tu es bloc quand tu es entrepreneur.
[1:39:08] Si tu ne bloques pas tes vacances comme si c'était des meetings, tu ne les prendras jamais.
[1:39:13] Mais c'est ça.
[1:39:14] Tes journées, il faut que tu les bloques comme si tu étais en partie en montagne parce que sinon, il y aura toujours quelque chose à faire et tu pourras toujours dire oui.
[1:39:24] Ça existe-tu des coachs de vie pour nous aider à gérer notre vie?
[1:39:27] Je pense que ça existe, mais je ne sais pas.
[1:39:30] Allô, écrivez-moi.
[1:39:31] OK.
[1:39:34] Un mantra dans l'adversité.
[1:39:38] C'est tough, là.
[1:39:39] Je peux comprendre.
[1:39:41] Pas l'affaire qu'on se dit à tous les jours, là.
[1:39:43] Un mantra dans la vie...
[1:39:44] Mais ça prête quelque chose à tous les jours.
[1:39:45] L'adversité, ça peut venir à tous les jours aussi.
[1:39:47] C'est quoi ta phrase de tous les jours, toi?
[1:39:49] Ben non, mais elle va peut-être poser la question plus tard.
[1:39:51] Je la garde.
[1:39:51] Non, il n'y en a pas.
[1:39:52] Ah oui, il y a un autre phrase.
[1:39:54] OK, c'est ça.
[1:39:54] Je garde un mantra dans l'adversité.
[1:39:58] Ouais.
[1:40:00] Pour vrai, là, keep going.
[1:40:04] Moi, c'est un peu ça que je me dis, parce que, admettons, vraiment, littéralement, quand je fais du vélo dans la boîte, quand t'es pogné dans la boîte, faut-tu continuer à pédaler, sinon tu restes là.
[1:40:12] Tu restes là, solide.
[1:40:14] Quand ça va pas bien, continue.
[1:40:16] Ouais.
[1:40:16] Peut-être que tu ne continues pas de la même façon.
[1:40:20] Peut-être que ce que tu es en train de faire, tu te creuses un trou dans la boîte.
[1:40:23] Mais il faut que tu continues à avancer d'une certaine façon, prendre une étape.
[1:40:26] J'adore.
[1:40:27] Je pense que ce serait ça pour moi.
[1:40:30] Ça va mal, OK, il faut que je continue.
[1:40:31] Je ne peux pas juste rester là.
[1:40:33] Tu ne peux pas lâcher non plus.
[1:40:34] Tu peux pas juste, genre, rester ici, sinon ça va continuer à aller mal, tu sais.
[1:40:39] Ça me fait juste penser, genre, je sais qu'on a pas...
[1:40:41] Mais je faisais le tour du Mont-Blanc avec une de mes amies quand j'étais en train de s'aider de Jules, puis un moment donné, on montait à un refuge qui était comme vraiment plus haut puis vraiment loin, puis c'est mis à pleuvoir, puis c'était comme...
[1:40:52] On dirait qu'on allait jamais arriver, genre.
[1:40:55] Puis on a comme croisé un gars qui était assis, comme dans le chemin, puis il bougeait pas.
[1:41:01] Puis on était comme « Are you okay? »
[1:41:02] Puis il était comme « Oui, oui. »
[1:41:03] Fait qu'on le laisse là.
[1:41:04] Puis nous, on continue.
[1:41:05] Puis on arrive au refuge.
[1:41:06] Puis dans le fond, tout le monde mange ensemble au refuge.
[1:41:07] Puis il est arrivé full plus tard.
[1:41:09] Puis il était comme...
[1:41:10] En gros, il nous a juste dit « J'étais tellement plus capable.
[1:41:13] Je pouvais juste plus avancer.
[1:41:16] Je pensais dormir là. »
[1:41:17] Puis on était comme...
[1:41:19] Il était comme « Non, mais je pouvais plus avancer.
[1:41:20] Je n'étais plus capable. »
[1:41:22] Lui, il était juste comme...
[1:41:22] Il allait rester là, genre, dans le milieu de la montagne.
[1:41:25] Genre, on était vraiment crampés.
[1:41:26] Puis on l'a, genre, respiné tout le temps.
[1:41:27] On était comme... Moi, je peux plus avancer, fait que je reste ici.
[1:41:30] Mais, tu sais, c'est des places que tu peux juste pas...
[1:41:31] Tu sais, c'est comme, t'as pas le choix.
[1:41:32] Tu peux pas rester là.
[1:41:34] Faut que t'ailles au refuge.
[1:41:35] Genre, tu peux pas dormir dans la roche, là.
[1:41:37] C'est ça.
[1:41:37] En tout cas, c'était drôle.
[1:41:38] Mais c'est vrai, tu sais, je veux dire, il faut continuer d'être en mouvement, genre.
[1:41:41] Puis moi, je mets tout le temps, genre, petit train va loin, puis tu vas lentement, puis let's go.
[1:41:45] Oui, c'est ça.
[1:41:46] Mais moi, on dirait qu'on se parle en anglais, là, mais moi, je me répète « you got this ».
[1:41:51] Tu sais, mettons, je me souviens pendant mes deux accouchements, d'être comme « you got this », tu sais, t'es juste capable.
[1:41:58] Genre, tu peux faire des choses difficiles, puis tu sais, d'être comme, rappelle-toi que tu peux endurer ça.
[1:42:03] Oui, c'est vraiment bon.
[1:42:04] Oui.
[1:42:05] OK, j'adore.
[1:42:06] Votre livre préféré?
[1:42:08] Ah, ça, c'est tough.
[1:42:09] Ah, bien là, peut-être que c'est trop dur.
[1:42:11] Oui, on skippe pour l'instant.
[1:42:12] Ça va être trop long, oui.
[1:42:13] Puis la dernière, c'est la phrase qui t'inspire au quotidien.
[1:42:16] Puis là, ce qu'on va faire, c'est que quand vous allez partir, je vais aller l'écrire dans le livre d'Umea.
[1:42:21] C'est bon.
[1:42:22] Vous allez faire partie du patrimoine Umea.
[1:42:25] OK.
[1:42:26] Je ne sais pas si c'est comme ça qu'on le sait.
[1:42:27] C'est cool, c'est nice.
[1:42:28] Je me demandais si c'était juste qu'est-ce qu'il y avait.
[1:42:30] Il y a vraiment... Vos phrases vont y être.
[1:42:33] OK, vas-y.
[1:42:34] Ma phrase n'est pas poétique, mais moi, ce serait... Désolée, c'est encore en anglais, mais un peu.
[1:42:41] Oui, on est normal, l'eau. «
[1:42:42] Make the most of it » ou « make it count ».
[1:42:45] Dans un sens, c'est comme... « Make it count », je me le disais beaucoup quand je racais.
[1:42:47] C'était écrit sur ton bike.
[1:42:48] C'était écrit sur mon bike, c'était écrit partout.
[1:42:50] Pour moi, ce que tu voulais dire à ce moment-là, c'était...
[1:42:55] En fait, ça veut dire ça à tous les jours parce que c'est comme, tant qu'à faire quelque chose, make it count.
[1:42:59] Si je pourrais mettre du temps et de l'énergie à faire quelque chose, je vais le faire du mieux que je peux.
[1:43:03] Puis ça, ça m'accompagne encore à tous les jours.
[1:43:06] Avant, c'était comme, make it count, je suis en train de faire un effort, est-ce que je suis capable d'aller...
[1:43:10] « Peux-tu faire vraiment compter cet effort-là?
[1:43:12] Je suis-tu capable d'aller un petit peu plus?
[1:43:13] Je suis-tu capable d'aller un petit peu plus que quand je vais être chez nous le soir, je vais avoir mal aux jambes, je vais pouvoir dire, « Ah ouais, je suis vraiment allée au bout, puis c'était nice. »
[1:43:21] Quand je réussissais, c'était beaucoup ça.
[1:43:22] Mais maintenant, c'est le même mantra, mais qui...
[1:43:26] À d'autres sauces, admettons hier, j'étais allée faire du vélo, puis je l'appréciais tellement.
[1:43:32] Il faisait beau, c'était le fun.
[1:43:34] Je passais vraiment un beau moment, puis j'essaie d'amener ça à chaque moment, dans le fond, le plus possible.
[1:43:40] Parce que je trouve que de bien faire les choses ou d'apprécier les belles choses, pour moi, c'est la même chose.
[1:43:45] C'est « make the most of it » ou « make it count ».
[1:43:47] Ou comme, regarde, je fais un « hard jog » en quelque part, puis là, il y a vraiment un beau lac, mais bon, je me baigne.
[1:43:54] Pas toujours, mais des fois, c'est comme « Mais là, je ne repasserai plus jamais ici.
[1:43:58] Je ne peux pas aller dans la mer. »
[1:43:59] Mais je trouve juste d'utiliser le moment à son plein potentiel.
[1:44:04] Je trouve que c'est une habitude le fun à créer.
[1:44:08] Parce que si tu peux noter, si tu veux prendre l'habitude de noter quand quelque chose est cool ou quand quelque chose est beau, je trouve que ça devient plus naturellement.
[1:44:19] de pouvoir trouver le côté positif dans les moments qui sont vraiment difficiles.
[1:44:23] C'est ultra difficile si tu ne l'as pas pratiqué.
[1:44:26] Mais si ça fait des années, des mois, des semaines que plusieurs fois par jour, tu essaies de trouver le beau moment ou que tu remarques que ça, c'est un moment clé, je me suis dit que j'allais faire ça, je vais bien le faire, puis après, je vais l'apprécier.
[1:44:38] Je trouve que si tu as créé cette habitude-là, ça devient plus facilement dans les moments plus durs.
[1:44:42] Fait que moi, c'est vraiment ça.
[1:44:43] C'est comme « make it count » ou « make the most of it », mais je sais pas comment...
[1:44:46] Je dirais « make it count ».
[1:44:48] Mais moi, je me répète ça vraiment souvent.
[1:44:50] Mais tu m'avais dit ça il y a comme un long temps aussi, puis c'est pour éviter... Moi, ce que ça m'aide à faire, c'est d'éviter d'être entre l'entre-deux.
[1:44:58] Je pense que c'est James Clear qui disait genre « go fast or go slow ».
[1:45:03] Fait que mettons que là, en ce moment, tu veux relaxer, tu veux faire une activité pour te relaxer, mais
[1:45:10] « Check pas tes e-mails en même temps. »
[1:45:12] « Essaye pas de faire trois brassées de l'avant. »
[1:45:16] « Ah non, moi, quand je fais une sieste, je fais une sieste. »
[1:45:17] « Exact. »
[1:45:18] « Je me dis, quelle chance de faire la sieste. »
[1:45:22] « Tu me disais que j'étais plus présente depuis que j'avais des enfants. »
[1:45:26] « Ça a vraiment cliqué pour moi. »
[1:45:28] « Quand t'es entrepreneur, tu te lèves le matin, tu déjeunes, tu travailles. »
[1:45:31] « Dans ton lit, tu travailles. »
[1:45:33] « Mais en même temps, des fois, tu travailles pas dans le milieu de la journée. »
[1:45:35] « C'est comme un peu tout est un gros mash-up. »
[1:45:39] Puis depuis que j'ai des enfants, c'est comme à 3h30, je ferme mon laptop, je ne travaille plus, je ne checke pas mes e-mails jusqu'au lendemain matin.
[1:45:44] Mais ça fait que quand je suis avec mes enfants, je suis avec mes enfants.
[1:45:46] Quand je suis au travail, je suis au travail.
[1:45:48] Ça fait du bien, je sens que je m'inquiète quand plus.
[1:45:51] Tu sais, je ne suis pas parfaite.
[1:45:52] Moi non plus, je ne suis pas parfaite.
[1:45:53] Non, mais c'est des phrases qu'on se dit pour nous aider à être ce qu'on souhaite être.
[1:45:58] Oui, exact.
[1:45:58] Je veux dire, personne n'est parfait.
[1:46:00] On n'a pas cette prétention-là.
[1:46:01] Non, non, c'est vrai.
[1:46:03] Je ne le fais pas tout le temps, mais le plus je peux me le rappeler, le plus je l'app
[1:46:07] Toi, c'est quoi ta phrase? «
[1:46:08] Steady pace, big wins ».
[1:46:10] Je me répète ça.
[1:46:11] Je me suis écrite ça après ma première grossesse puis après ma deuxième grossesse.
[1:46:16] Je me suis réécrite aussi pour ma remise en forme.
[1:46:21] Je pense que c'est important de ne pas reprendre trop vite, trop tôt, pour ne pas créer des problèmes à long terme.
[1:46:25] Je voulais vraiment bien bâtir, bien récupérer.
[1:46:28] Bien récupérer en premier, bien bâtir.
[1:46:30] Puis après ça, reprendre ma forme.
[1:46:33] J'étais comme...
[1:46:34] Là, ça ne va pas se faire en trois mois, j'en ai pour un an et demi.
[1:46:38] Puis tu vois, je n'ai pas fini là.
[1:46:39] Deux ans.
[1:46:41] J'ai fait ça et je n'ai pas fini.
[1:46:43] Mais big wins, mais steady pace aussi, c'est genre...
[1:46:46] Pour moi, ça me rappelle la patience.
[1:46:48] Puis même là, dans mon burn-out, c'est comme ça ne se peut pas qu'en une semaine, je fasse une consultation de psy, que j'aille me faire un massé, que j'aille au spa, puis après ça, tout va être réglé.
[1:46:56] On aimerait bien ça, mais ça va être genre des...
[1:47:00] Tu sais, ça va être increment, tu sais, des... Ah ouais, des increments.
[1:47:04] Ça va être des gains marginaux.
[1:47:08] J'ai l'impression que dans notre mode de vie, ici au Québec, ça va tellement vite, on n'en prend tellement plus la patience.
[1:47:16] Fait que, ouais, pis tu sais, je veux dire, regarde, me remettre de ma deuxième grossesse, ça va me prendre deux ans.
[1:47:21] Pas!
[1:47:21] Pis tu sais, c'est comme, on dirait qu'après trois mois, t'es genre, mais comment ça, je peux pas recourir 40 kilomètres, tu sais, mais non, c'est ça, c'est comme...
[1:47:30] Les choses prennent du temps, pis genre, moi, c'est ça, ça me rappelle d'être comme patiente, de bien faire les choses
[1:47:36] où t'es rendue en ce moment pis de mais tu sais je suis comme je suis vraiment pas parfaite là comme le même dans mon burn out il y a personne qui me dit à chaque jour je suis comme oh c'est pas fini encore mais c'est toujours ça genre pis tu sais je veux dire on se compare à quelqu'un d'autre on se sent pas parfaite pis là après ça je veux dire en tout cas genre c'est normal ouais on est mieux de pas se comparer ben exact mais genre même par rapport à nous même
[1:47:56] Oui, t'as raison.
[1:47:57] Des fois, je me compare à moi l'année passée, puis je suis comme « Ah, merde, l'année passée, je suis normalement plus hot pour ci et ça, mais je n'étais pas en train de faire telle autre affaire. »
[1:48:04] Fait que, à un moment donné, comme, prends deux minutes, sois contente, puis genre, « Redful. »
[1:48:09] Les filles, il y a tellement d'autres choses que j'aurais voulu parler, mais...
[1:48:14] Il faut un jour qu'on arrête le balado.
[1:48:17] Vous êtes trop extraordinaires.
[1:48:18] Merci vraiment beaucoup d'être venu au balado.
[1:48:22] C'était vraiment le fun.
[1:48:23] Je vais laisser toutes les infos pour que tout le monde puisse vous suivre si ce n'est pas déjà fait.
[1:48:29] Je vous souhaite vraiment le meilleur pour la suite.
[1:48:32] Merci, toi aussi.
[1:48:33] On se recroise.
[1:48:35] Si cet épisode t'a parlé, partage-le avec quelqu'un qui devrait l'entendre et abonne-toi à Humer sur ta plateforme préférée et sur YouTube.
[1:48:42] Un énorme merci à Sublime et à Yoga Fitness, nos partenaires de la saison.
[1:48:46] Et on se dit à la semaine prochaine.

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