# Justine Dufour-Lapointe - Championne olympique à 19 ans : chute, freeride & redéfinir le succès

An episode of [umea](https://invisiblenetwork.ai/podcast/1869986285), 14 Oct 2026, 1 h 24 min.

Audio: https://episode.flightcast.com/01M4AZTBWDAX3FEJ5WGM8Q54N4.mp3

Dans cet épisode du balado umea, je reçois Justine Dufour-Lapointe — championne olympique de ski de bosses à 19 ans, double médaillée olympique, et aujourd'hui, skieuse professionnelle de freeride, championne du monde, et une femme qui incarne quelque chose de rare : le courage de tout recommencer à zéro quand on a déjà atteint le sommet. Justine, c'est l'histoire d'une athlète qui a vécu le rêve d'une vie avant même d'avoir 20 ans. Médaille d'argent aux Jeux olympiques de Sotchi en 2014, médaille d'or en ski de bosses, trois cycles olympiques, et une carrière qui semblait toute tracée. Mais en 2022, après une chute aux Jeux de Pékin qui aurait pu la briser, elle a pris une décision audacieuse : quitter les bosses, les chronos, les lignes imposées, et se lancer dans le freeride, un sport qu'elle ne connaissait pas, où personne ne lui dit où passer, où chaque descente est unique, et où le risque est omniprésent. Quatre ans plus tard, elle est devenue vice-championne du monde de freeride. Et maintenant, alors que le freeride vient d'être annoncé comme discipline olympique pour 2030, elle se pose la question : est-ce que je continue? Est-ce que je vise un quatrième cycle olympique? Ou est-ce que je choisis autre chose? On plonge dans une conversation profonde, vulnérable et nécessaire sur la performance, l'identité, la peur de l'échec, la reconstruction après un échec public, et surtout, comment accepter de redevenir débutante quand on a déjà été au sommet. Dans cet épisode, on explore : • Le parcours de Justine — de championne olympique en ski de bosses à 19 ans à skieuse professionnelle de freeride, vice-championne du monde • La chute aux Jeux olympiques de Pékin 2022 — le moment où elle a réalisé qu'elle ne pouvait pas définir sa valeur sur 30 secondes de sa vie • Pourquoi elle a décidé de tout recommencer dans le freeride — un sport qu'elle ne connaissait pas, sans subvention, sans filet de sécurité • Comment fonctionne une compétition de freeride — une seule descente, aucune pratique, des montagnes de 3000 mètres et plus, et des décisions prises en quelques secondes • Le moment où elle s'est perdue en Alaska — et comment elle a appris à gérer l'incertitude et le danger • L'humilité de tout réapprendre — comment elle est arrivée en Nouvelle-Zélande et a réalisé qu'elle ne savait rien • La pression de performer vs le plaisir de skier — et comment elle a retrouvé la petite Justine de 10 ans qui skiait juste pour le fun • La relation avec ses sœurs — comment elles ont grandi ensemble, skié ensemble, et appris à célébrer les succès des autres sans jalousie • La philosophie de sa mère — « les trois ou rien » — et comment cette approche a façonné sa carrière et ses valeurs • La compétition entre femmes — pourquoi elle choisit la bienveillance, et comment elle a appris à s'assumer dans toutes ses couleurs • Le manteau rose — le moment où elle a décidé d'arrêter d'essayer de fitter dans un moule et d'embrasser qui elle est vraiment Justine parle avec une vulnérabilité rare de ce que personne ne dit assez : que l'échec peut être un cadeau. Que recommencer à zéro peut être libérateur. Que la performance ne définit pas notre valeur. Que s'assumer dans toutes nos couleurs est un acte de courage. Et que parfois, la meilleure décision qu'on peut prendre, c'est de lâcher prise sur ce qu'on pensait devoir être pour devenir qui on est vraiment. Un épisode essentiel pour toutes celles et ceux qui ont déjà douté de leurs capacités, qui ont peur de l'échec, qui rêvent de se réinventer, et qui croient qu'il est possible de tout recommencer, peu importe l'âge, peu importe le passé. Le podcast est présenté par Sublime Bénéficiez d'un rabais de 15 % avec le code UMEA15 sur https://sublimeprotection.com/fr Réalisation et montage : Simon-Pierre Sanche Stratégie contenu : Camille Hébert

## Transcript

[0:00] J'ai terminé mes Jeux olympiques en 2022 où j'ai tombé.
[0:04] J'ai eu un échec monumental.
[0:06] Je ne peux pas définir ma valeur sur un 30 secondes de ma vie.
[0:11] Les chutes, ça arrive quand même souvent, non?
[0:13] Ça arrive, oui, mais ce n'est pas censé arriver aux Jeux olympiques.
[0:16] On s'entraîne à tous les jours pour justement qu'on devienne tellement bon à savoir quoi faire, comment l'atterrir toujours sur ces sauts-là.
[0:23] que l'erreur est comme à 0,5 %.
[0:28] Trouves-tu que tu as le même petit cœur d'enfant ou tu as full changé?
[0:32] J'ai maximisé tous les paramètres de ma vie, décortiqué, regardé chaque vidéo à l'entraînement, puis annoté, puis me dire comme, OK, je vais y aller all-in dans ma préparation.
[0:43] pour comme tout contrôler ma performance.
[0:45] Puis des fois, je me suis comme rendue compte que comme ça me déconnectait de finalement mon corps qui était la jeune Justine de 10 ans qui a juste envie d'aller skier puis d'avoir du fun puis d'être avec ses soeurs.
[0:56] C'est quand j'étais vraiment alignée avec cette jeune Justine-là qui est passionnée, qui skie pour le plaisir, qui a le sourire, que j'ai eu souvent mes meilleures performances, mes meilleurs moments.
[1:07] Après avoir gagné les Jeux, être devenue vice-championne olympique,
[1:11] Puis là, de m'écrouler puis de tomber devant la Terre entière, c'était un gros clash.
[1:15] C'est vraiment le feeling que tu avais à ce moment-là.
[1:17] Je pensais que la Terre entière allait m'aïr.
[1:19] Puis au contraire, ce n'était pas ça du tout le feedback.
[1:21] C'était comme « Wow, Justine, tu as continué.
[1:23] Tu t'es relevée puis tu as fini ta descente aux Jeux olympiques. »
[1:27] Puis le monde m'acclamait pour ça.
[1:29] Ce que je pensais qui était le succès n'est pas nécessairement ça.
[1:33] Puis le succès peut être sous plusieurs formes et plusieurs couleurs, plusieurs images.
[1:38] Sans cet événement-là, je ne serais pas devenue la femme que je suis aujourd'hui.
[1:41] Est-ce que je suis censée continuer pour vivre ce rêve-là une quatrième fois?
[1:46] C'est quand même un choix qui est difficile à prendre.
[1:49] J'aimerais que...
[1:52] Merci à Sublime de soutenir cette belle saison d'Umea.
[1:55] Pour découvrir leur culotte menstruelle, utilisez le code promo UMEA15 pour profiter de 15 % de rabais.
[2:03] À 19 ans, Justine Fourlapointe est devenue championne olympique.
[2:07] À cet âge-là, la plupart d'entre nous, on essayait encore de comprendre où est-ce qu'on allait.
[2:11] Elle était déjà arrivée à un très grand sommet.
[2:16] Mais qu'est-ce qu'on fait quand le rêve d'une vie arrive avant même qu'on ait 20 ans?
[2:18] Et 12 ans plus tard, Justine, elle ne skie plus la même montagne.
[2:20] Elle a quitté les bus, les chronos et les lignes imposées pour le free ride, un sport où est-ce que personne ne va lui dire où est-ce qu'elle doit passer.
[2:23] C'est un sport qui est très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très,
[2:32] Et selon moi, c'est peut-être là que son histoire devient la plus intéressante, parce que cet épisode-là, aujourd'hui, on ne parle pas vraiment de sa performance, comment gagner.
[2:41] On parle de qu'est-ce qu'il faut pour accepter de redevenir débutante, pour laisser derrière soi une version de nous qui a très bien réussi, et choisir un nouveau sommet alors qu'on pourrait très bien rester sur celui qu'on connaît déjà.
[2:56] Alors aujourd'hui, au balado UMEA, je suis trop heureuse de recevoir Justine Dufour-Lapointe.
[3:03] Je suis contente de te recevoir au balado.
[3:05] Merci, Justine, d'être là.
[3:06] Je suis vraiment, vraiment contente.
[3:08] J'adore les podcasts et j'adore avoir un moment comme ça, intime, pour jaser et apprendre à se connaître.
[3:13] Oui, bien là, la communauté UMEA, c'est une communauté de girls, beaucoup de femmes qui, je pense, sont vraiment inspirées par les femmes qui ont des grandes ambitions, qui se donnent le moyen de leurs ambitions et qui s'assument dans...
[3:29] le volet professionnel, entrepreneurial, sportif.
[3:33] Je trouve que tu es comme un parfait équilibre de ça.
[3:38] Merci, c'est vraiment gentil.
[3:39] Tu nous inspires vraiment beaucoup.
[3:41] Je pense que tout le monde te connaît, mais j'aimerais ça que tu te présentes quand même à la communauté.
[3:46] OK, mon Dieu.
[3:47] Merci premièrement, Emma.
[3:48] C'est vraiment gentil.
[3:50] Je suis flattée.
[3:51] Je pense que je me décrirais comme... Sans que je parle vraiment de ma carrière, je pense que c'est une fille qui est vraiment simple, qui vient de Montréal.
[4:01] Je suis « born and raised » ici.
[4:04] Mais j'ai fini par aimer le ski parce que ma famille, mes soeurs, m'ont comme juste...
[4:09] ouvert le chemin vers le ski.
[4:11] Puis ça, c'est comme un peu...
[4:13] C'est arrivé par hasard que je suis devenue championne olympique.
[4:16] Puis je le dis de même parce que je trouve que ça... Moi, je trouve que ça a été accessible dans ma vie parce que j'avais des gens autour de moi qui m'ont montré puis qui m'ont pavé le chemin vers là.
[4:27] Mais...
[4:28] Fait que oui, je suis devenue championne olympique à 19 ans en 2014 à mes premiers Jeux olympiques en ski acrobatique boss.
[4:36] Puis maintenant, ça fait près de ça 4 ans.
[4:39] Après trois cycles olympiques dans le monde du ski de bosse, j'ai décidé de changer de carrière et de devenir skieuse de freeride, un ski qu'on connaissait peu ici au Québec, mais que j'avais vu beaucoup en Europe.
[4:52] J'étais vraiment inspirée et j'étais comme « Hey, tu sais quoi? »
[4:55] Je ne sens pas que j'ai terminé ma carrière de skier encore.
[4:58] J'ai encore du jus.
[4:59] Puis je me suis dit, pourquoi pas me lancer dans un nouveau défi, un nouvel environnement que je ne connaissais aucunement.
[5:06] Je me suis vraiment jetée dans le vide sans vraiment savoir qu'est-ce qui allait arriver.
[5:09] Vraiment plus le désir de vouloir découvrir puis m'amuser.
[5:12] Puis finalement, ça a très bien été comme switch de carrière.
[5:17] Puis je suis devenue championne du monde la même année de cette...
[5:21] ce grand détour dans le freeride.
[5:23] Fait que je suis maintenant freerideuse professionnelle.
[5:27] J'ai appris beaucoup à travers ces dernières années à justement être aussi une femme d'affaires parce que là, je n'avais pas de subvention du gouvernement, pas d'aide du gouvernement, mais je devenais vraiment une athlète autonome professionnelle qui devait...
[5:41] payer toutes ses factures elle-même.
[5:43] Donc, ça m'a vraiment ouvert les yeux sur ce volet-là qui est qu'on reprend vraiment en charge ma vie, ma carrière.
[5:49] Puis, c'est moi qui prends chaque décision, où je m'en vais, avec qui je m'entraîne, quel coach que je paye.
[5:54] Je trouve que ça a vraiment été un des plus beaux cadeaux que je me suis offert de vivre cette expérience-là, que de me lancer dans le freeride.
[6:02] Puis maintenant, ça fait déjà quatre ans que je fais ça à temps plein.
[6:05] Puis, j'adore ça.
[6:06] Ça fait que je me retourne vers une autre saison cette année.
[6:09] Trop cool.
[6:10] Puis j'ai full hâte qu'on parle de toute ta saison.
[6:12] Mais avant, j'aimerais ça que tu m'expliques comment, genre pourquoi le Freeride.
[6:17] Tu sais, tu étais déjà une athlète tellement exceptionnelle et complète.
[6:22] Puis tu avais déjà atteint tellement un haut niveau.
[6:25] Puis là, de repartir à zéro puis de tout reconstruire dans un sport qui est assez extrême, on va se le dire.
[6:31] Puis j'aimerais vraiment ça que tu nous en parles aussi.
[6:34] Comme c'est quoi le déclencheur pour toi ?
[6:37] J'ai l'impression que, pour moi, de vivre dans cette...
[6:43] Puis, je me pose encore la question à savoir pourquoi j'ai besoin d'aller plus loin?
[6:48] Pourquoi j'ai besoin de sensations fortes?
[6:51] Pourquoi j'ai besoin d'aller jusque-là?
[6:54] Puis, je n'ai pas encore la réponse.
[6:56] Même si je la cherche encore à tous les jours, je pense que je suis beaucoup mon instinct, mon intuition.
[7:01] Puis, j'avais juste cette sensation-là en dedans de moi d'être comme...
[7:05] J'ai terminé mes Jeux olympiques en 2022 où j'ai tombé, où j'ai eu un échec monumental.
[7:14] Puis j'avais l'impression de me dire, je ne peux pas définir ma valeur sur un 30 secondes de ma vie.
[7:21] Puis j'avais la croyance interne de me dire que ce n'est pas comme ça que je suis censée terminer ma carrière, je pense.
[7:29] Puis on dirait que quand tu réalises que tu es arrivé au bout du baril,
[7:35] Tu te dis, j'ai plus rien à perdre.
[7:37] Je pense que c'était un peu ça.
[7:38] C'est vraiment le feeling que tu avais à ce moment-là?
[7:40] C'est vraiment, pour moi, dans ma tête, j'étais comme, pour vrai, j'ai tombé, j'ai plus rien à perdre.
[7:45] Après ça, il n'y a plus rien qui peut...
[7:47] Les shoots, ça arrive quand même souvent, non?
[7:49] Ça arrive, oui, mais ce n'est pas censé arriver aux Jeux olympiques.
[7:55] Mais non, je comprends.
[7:56] Je pense que cette question-là, ça a l'air super niaiseux, mais je suis comme...
[8:00] En tout cas, je me dis, ça peut arriver.
[8:02] Puis, il me semble que j'entendais plein d'autres athlètes, genre de... Bien, je ne sais pas si c'était dans la même discipline, mais j'écoutais Aileen Gu qui disait à quel point elle tombe.
[8:10] Et dans une de ses dernières compétitions, elle tombait, genre, à chaque fois qu'elle embarquait sur le...
[8:18] Le half-pipe.
[8:19] Voilà, half-pipe.
[8:21] Mais c'est ça.
[8:22] Je me posais la question, mais...
[8:25] Je pense que oui, on s'entraîne à tous les jours pour justement qu'on répète, on répète qu'on devienne justement tellement bon à savoir quoi faire, comment l'atterrir toujours sur ces sauts-là que l'erreur est comme à 0,5 %.
[8:42] On le sait que c'est possible, mais on veut vraiment diminuer ce pourcentage-là dans nos pratiques.
[8:49] Pour moi...
[8:51] après avoir gagné les Jeux, être devenue vice-championne olympique, puis là, de m'écrouler, puis de tomber devant la Terre entière, c'était un gros clash.
[8:59] Puis je pense que pour moi, personnellement, je pensais sincèrement que je n'avais plus rien à perdre, en fait, de me dire, hey, tu sais quoi?
[9:08] Finalement,
[9:09] J'ai fini ces Jeux-là, je pensais que la Terre entière allait m'aïr, puis au contraire, c'était pas ça du tout le feedback, c'était comme « Wow, Justine, t'as continué, tu t'es relevée, puis t'as fini ta descente aux Jeux olympiques. »
[9:21] Puis le monde m'acclamait pour ça, puis j'ai réalisé « OK, je vais faire ça, je vais faire ça, je vais faire ça,
[9:25] Ce que je pensais qui était le succès n'est pas nécessairement ça.
[9:29] Puis le succès peut être sous plusieurs formes et plusieurs couleurs, plusieurs images.
[9:34] Puis je pense que ça m'a ouvert les yeux à ne pas avoir peur de l'échec, en fait.
[9:39] Puis c'est vraiment ça qui s'est passé, je trouve, à mes derniers Jeux olympiques, qui m'a donné, en fait, le courage d'aller au bout d'autres rêves que peut-être je n'aurais pas eu l'intention de me dire...
[9:50] Parce que je me suis dit, bien si, imagine que je pars en freeride, puis je ne suis pas bonne.
[9:55] Je ne suis pas à la hauteur.
[9:56] Je ne suis pas à la hauteur, puis que finalement, je finis dernière sur le freeride World Tour.
[10:01] Bien, c'est sûr que notre égo embarque là-dedans, dans tout ça.
[10:04] Mais vu que là, justement, mon égo avait comme tellement pris le champ, puis j'étais comme rendue à un niveau où j'étais comme, hey, pour vrai, au pire, je vais avoir du fun, puis je vais avoir skié les plus belles montagnes.
[10:14] Puis je pense que je n'avais tellement pas d'attente.
[10:16] Envers moi-même, puis souvent, on aime ça, nous autres, je pense, les femmes qui sont « driveées » par des objectifs.
[10:24] Mais ça en est un aussi, un objectif, que d'avoir du plaisir.
[10:28] Puis je pense que ça, c'est quelque chose que je n'avais pas appris non plus à me donner le droit de me donner un objectif qui n'est pas orienté vers une couleur de médaille, vers une performance à tout prix, mais qui est plus pour...
[10:41] Je le fais pour une sensation.
[10:44] Puis ça, je trouve que c'est...
[10:45] c'est ça aussi que le freeride m'a appris, c'est justement cette... c'est de pas focusser nécessairement sur une médaille qui est comme... qui est tellement pas assurée, tu sais.
[10:55] Ouais, je te comprends vraiment.
[10:57] Mais Justine, si t'avais pas eu cette chute-là, est-ce que tu penses que tu te serais lancée dans le freeride ou pas du tout?
[11:03] Écoute, on le saura jamais.
[11:05] Je pense...
[11:08] Je le sais pas.
[11:09] Je pourrais même pas dire.
[11:14] I don't know.
[11:14] Je le sais pas.
[11:16] Puis je pense que la vie fait bien les choses, parfois.
[11:19] Puis c'est quelqu'un qui m'a appris ça dans ma vie, qu'il y a rien qui arrive pour rien.
[11:24] Puis j'y croyais pas.
[11:26] Tu sais, il y a plein de moments dans la vie où t'arrives dans des situations, là, puis t'es comme, là, là, c'est vraiment pas ça que ça me tentait, mettons, la COVID avec les Jeux olympiques, puis...
[11:35] Il y a plein de choses qui arrivent dans une vie d'athlète que des fois, ça ne roule pas en tout, puis ça roule carré.
[11:41] Puis tu te demandes, « Mais à quoi ça me sert?
[11:43] Pourquoi je suis censée vivre ça présentement? »
[11:46] Bien, je pense que ce moment-là, pour moi, était là pour moi.
[11:51] Puis maintenant, avec du recul, c'est sûr que c'est plus facile avec du recul, évidemment, mais je le vois tellement avec beaucoup de gratitude.
[12:00] puis d'amour, parce que je me dis, sans cet événement-là, peut-être que je n'aurais pas devenu la femme que je suis aujourd'hui, je n'aurais pas pris cette trajectoire-là, puis je suis vraiment fière aussi de comment cette jeune Justine-là, à cet âge-là, a réussi à se relever puis continuer à skier.
[12:16] Puis, oui, j'ai comme, je pense, cette confiance-là de me dire, dans la vie, je crois sincèrement qu'il n'y a rien qui arrive pour rien, puis parfois, on n'arrive pas à le voir, mais plus tard, on trouve toujours, je crois...
[12:30] Un raisonnement, tout ça, c'est comme une certaine paix d'esprit, je crois.
[12:34] Mais c'est vrai, je pense que moi, personnellement, les plus gros défis que j'ai eus dans ma vie, les plus gros échecs, échecs publics surtout, on dirait.
[12:45] Mais pas nécessairement juste publics, mais comme les plus grosses déceptions vis-à-vis moi-même, ils m'ont tellement amenée plus, mais je ne le savais pas encore.
[12:55] Oui.
[12:56] Puis comme, je pense que c'est important de se le rappeler, en quoi tu trouves que t'as changé de, mettons, la Justine quand elle avait 10 ans, mettons?
[13:05] Trouves-tu que t'as le même petit cœur d'enfant ou t'as full changé?
[13:10] Mon Dieu, je pense que ce cœur-là a évolué dans le sens que...
[13:16] la jeune Justine de 10 ans, qui est vraiment mon core système de qui je suis en dedans de moi, avec les années, avec l'expérience, avec le voyage, avec mes entraînements, ma relation avec le sport, la performance.
[13:29] Tu sais, ça a comme fait ça.
[13:31] Des fois, on dirait que je me suis tellement prise au sérieux à vouloir être une version de moi-même qui est tellement proactive.
[13:42] Je faisais mon journaling, je me lève, je m'étire, je fais ci, je fais ça, je mange bien.
[13:48] Maximiser tous les paramètres de ma vie, décortiquer, regarder chaque vidéo à l'entraînement, puis annoter, puis me dire « Ok, je vais y aller all in ».
[13:57] dans ma préparation pour, comme, tout contrôler ma performance.
[14:02] Puis des fois, je me suis comme juste rendue compte que, comme, ça me déconnectait de, finalement, mon court qui était la jeune Justine de 10 ans qui a juste envie d'aller skier puis d'avoir du fun puis d'être avec ses soeurs puis ses amis, tu sais.
[14:16] Ah, c'est malade.
[14:17] Puis je pense que c'est normal.
[14:18] Puis je pense que c'est normal que ça fasse des espèces d'éloignements, puis ça revient.
[14:23] Des fois, on perd un peu la passion de qu'est-ce qu'on fait.
[14:25] Puis je pense que c'est...
[14:26] On devrait normaliser le truc.
[14:28] Je pense, moi, je l'ai vécu pendant des années en ski de bosse, que des fois, tu sais, je suis passionnée, puis tu es motivée, puis tu es entraînée, puis tu es dans une espèce de flot qui est incroyable, puis des fois, tu ne l'as pas, puis tu ne sais pas quoi faire d'autre.
[14:41] Fait que je me retournais vers, OK, qu'est-ce que je peux faire?
[14:43] Bien là, je contrôlais d'autres choses pour...
[14:46] pour me reconnecter avec pourquoi je fais ça, pourquoi je me lève tous les jours à 5 heures du matin pour aller sur la montagne.
[14:52] Puis ça, il fallait que je me le rappelle.
[14:53] Mais il y a d'autres matins où je n'ai pas du tout besoin de me le rappeler, que j'y vais toute seule sans me poser de questions.
[14:58] Puis je pense que c'est juste normal que cette Justine-là, disant « elle n'est pas là », « elle n'est pas là, c'était dès 24-7 »,
[15:05] 365 jours par année.
[15:07] Mais on peut revenir, reconnecter à certains moments, puis repartir, puis revenir.
[15:14] Mais je crois, par contre, avec maintenant les années, que c'est quand j'étais vraiment alignée avec cette jeune Justine-là qui est passionnée, qui est pour le plaisir, qui a le sourire, qui vibe, qui a le gros smile que j'ai eu souvent, mes meilleures performances, mes meilleurs moments.
[15:32] J'ai regardé, puis...
[15:34] J'ai remarqué que toutes, mettons, mes meilleures, meilleures compétitions, ça a toujours été quand j'étais au Québec.
[15:40] Ah oui?
[15:40] Pourquoi?
[15:41] Est-ce que tu penses que c'est parce qu'il y avait l'amour de la communauté?
[15:44] Mais les gens, j'ai l'impression que tu es tellement humaine et tu es tellement généreuse de ton temps et transparente dans ce que tu vis parce que ce ne sont pas tous les athlètes qui s'ouvrent et qui partagent.
[15:56] J'ai l'impression que tu le fais tellement bien que ça fait en sorte que tu le sais qu'on est derrière toi, genre peu importe.
[16:02] Je ne sais pas si tu le ressens, mais c'est peut-être le même que je l'envoyais dans mon univers.
[16:07] J'étais comme « Hey, tout le monde est ici pour moi. »
[16:09] Puis, j'étais capable justement de me mettre dans ce mindset-là, de ne pas le voir comme une pression.
[16:14] Puis, ça, c'est peut-être mon superpower à moi d'être des loulous et d'être comme « Non, non, tout le monde est ici pour cheer for me. »
[16:21] Non, mais je le voyais vraiment comme ça.
[16:24] Puis j'ai toujours eu souvent mes meilleures performances à la maison, avec où il y avait le plus de monde, il y avait plus de pression.
[16:32] Parce que moi, je voyais tout l'inverse que le monde voit.
[16:35] Moi, je voyais pas la pression, je voyais juste l'amour, juste l'énergie positive.
[16:38] que le monde dit « Hey, Justine, hey! »
[16:40] Je prenais le temps, justement, de me retourner puis de savourer le moment qui est comme « Hey, ça, ça n'arriverait pas à l'entraînement. »
[16:45] Il n'y a pas personne qui me dirait bonjour puis qui « cheer » en bas.
[16:48] Comment tu fais pour ne pas te mettre trop de pression de performance?
[16:51] Là, tu sais, je veux dire...
[16:53] On va en parler de ta nouvelle carrière en freeride, mais c'est quand même fou le niveau, le standard que tu as mis dès le départ quand tu as commencé dans le freeride.
[17:04] Tu performes à l'échelle mondiale.
[17:07] Les plus beaux partenaires qui te suivent aussi.
[17:09] Tu as une communauté super, super tissée serrée.
[17:12] Mais comment tu fais au day-to-day pour ne pas que ça te monte trop à la tête?
[17:16] Cette performance-là, rester humble aussi à travers ça?
[17:20] Mon Dieu, je pense...
[17:22] Oui, c'est une belle question.
[17:26] Comment dire?
[17:26] Je pense que ça, pour beaucoup, d'où je viens.
[17:29] J'ai grandi dans une famille qu'on était trois filles, trois soeurs, à participer dans le même événement, la même discipline.
[17:39] Puis, je pense que ma mère a instauré des valeurs communes dans la famille qui étaient tellement claires qu'il n'y avait pas d'autre option.
[17:49] Comme quoi, maintenant?
[17:50] Bien, c'était un, d'être fière et heureux pour les autres.
[17:55] de partager le succès, puis de toujours s'entraider entre nous.
[17:59] Puis je pense que ça, c'était vraiment ça, le motus opérindice de la famille.
[18:03] C'est comme, OK, si on veut se rendre plus loin, bien, on va y aller ensemble.
[18:08] Puis c'est vrai que tout seul, on va plus vite, mais ensemble, on va y aller plus loin.
[18:13] Puis mes parents m'ont instauré un peu ces valeurs-là très jeunes.
[18:17] Puis je pense que ça m'a permis, je crois, de...
[18:19] de vraiment rester « grounded », avec mes sœurs, de comme, pareil, se voir.
[18:24] Il n'y en avait pas une meilleure que l'autre.
[18:25] Il n'y avait pas une chouchou plus hot que l'autre pour ma mère.
[18:29] On était tous sur le même pied des qualités, avec nos forces, nos faiblesses.
[18:32] Je pense que ça m'a gardée tellement « grounded » à me dire, OK, championne olympique, mais après ça, il y a autre chose.
[18:39] Parce que chez nous, ce n'était pas si important que ça.
[18:42] C'est quand même fou.
[18:43] Oui, tu sais, c'est vraiment bizarre maintenant, tu sais, que j'en parle, mettons, à d'autres gens de l'extérieur qui sont pas dans mon clan serré.
[18:49] Mais pour nous, c'était comme, OK, genre, moi, mes trophées, là, sont cachés, là.
[18:53] J'y sors pas, ils sont dans une boîte, je sais même pas où, dans mon storage.
[18:56] Comme c'était pas...
[18:58] Ce n'était pas ça qui définissait la valeur de quelqu'un dans notre clan.
[19:03] Parce qu'on ne mettait pas les trophées de tout le monde dans la maison.
[19:05] C'était comme, oui, bravo, tu es vraiment une super bonne athlète, tu as gagné.
[19:09] Mais au-delà de tout ça, est-ce que tu es une bonne personne?
[19:11] Est-ce que tu as des bonnes valeurs?
[19:13] Est-ce que tu encourages tes soeurs?
[19:15] Est-ce que tu es là pour les autres?
[19:16] Est-ce que tu es là pour tes amis?
[19:18] Je pense que ma mère nous a vraiment instruites à être justement des bons humains avant tout.
[19:24] que juste d'être des machines de performance.
[19:28] Fait que je pense que c'est ça qui m'a permis, je crois, d'avoir cette vision-là, de comme, oui, c'est ce que je fais, mais c'est pas juste ça que je suis non plus, tu sais.
[19:36] Puis, tu sais, il y a plein de choses que j'aime.
[19:40] Je veux dire, oui, je fais du ski, mais je suis née à Montréal, dans une ville, je suis full girly.
[19:45] Moi, j'aime ça aller magasiner, tu sais, faire toutes les affaires comme vraiment basic, là, comme aller au petit café, prendre des photos, puis...
[19:51] Moi, ça me remplit de bonheur.
[19:52] C'est quel ton café préféré, Amorale?
[19:54] Ah, mon Dieu.
[19:55] Bien, le Foil Gallery.
[19:56] Ah, oui.
[19:58] Matcha.
[19:58] Matcha, matcha.
[20:00] Oui.
[20:01] Moi, un bon matcha d'après-midi, c'est perfection.
[20:04] Mais sinon, il me faut un bon shot le matin d'espresso.
[20:07] Ce n'est pas deux.
[20:08] Fait que oui.
[20:09] Mais je pense que tout ça fait en sorte que...
[20:13] Moi, je ne me vois pas, peut-être comme les gens me perçoivent.
[20:17] Moi, je me suis toujours vue...
[20:20] C'est juste que je fais du ski qui est différent, qui est intense, qui est spécial.
[20:24] Mais vu qu'on dirait autour de moi, j'ai toujours eu des gens qui faisaient aussi la même chose que moi.
[20:29] C'était très normalisé que d'être olympienne.
[20:34] Je pense que c'est en gros pour ça que...
[20:36] Mais après coup, c'est sûr que je suis née aussi dans un environnement où on voulait performer, on voulait être bonne.
[20:45] Mais c'était pas d'être bonne à tout prix non plus.
[20:47] Je pense que j'ai appris à aimer la performance, aimer la compétition.
[20:52] Ça, je l'ai toujours eu en moi.
[20:54] J'avais 8 ans, puis...
[20:55] j'étais excitée d'aller en compétition.
[20:58] Moi, tu me dis, on va tout s'entraîner.
[20:59] J'avais aucun intérêt.
[21:00] Mais comme tu me dis demain que tu compétitionnes, j'étais comme la première debout.
[21:04] Ça ne te stressait pas d'aller...
[21:06] Puis à ce jour encore, mettons que demain, tu as performé la plus grande ligne de ta vie, la plus grande compétition ever.
[21:15] Est-ce que tu es stressée?
[21:16] Bien oui, bien oui.
[21:16] Là, je suis stressée.
[21:18] Je pense que j'aime l'adrénaline.
[21:19] Je suis capable de la gérer.
[21:21] Je la connais.
[21:22] C'est comme si...
[21:23] Je l'ai tellement vécu souvent, ce stress-là, qui vient de chercher que maintenant, je le vois comme je vois la foule.
[21:31] Je vois la foule, je suis comme, wow, elle est là pour moi.
[21:33] C'est positif.
[21:34] Ça va m'aider à performer plus, à être encore à un autre niveau d'énergie.
[21:40] Je pense que c'est un peu le même que je vois encore la compétition.
[21:43] Mais oui, je suis stressée.
[21:43] Puis oui, la veille, je suis nerveuse.
[21:47] Je mets les bouchées doubles à ma préparation, à me préparer.
[21:50] à faire tout ce que je peux contrôler, bien, je le contrôle.
[21:54] Mais le jour J, j'essaie de, je pense, justement, me nourrir de cette énergie-là qui pourrait m'affaisser, mais au lieu de ça, je pense que je l'utilise pour m'élever.
[22:06] Oui.
[22:06] OK, c'est vraiment cool.
[22:06] Est-ce que tu peux nous expliquer comment ça fonctionne un...
[22:12] Une compagnie de freeride.
[22:13] C'est quoi le sport du freeride?
[22:15] Parce que j'ai l'impression que c'est un sport qu'on ne comprend pas à quel point c'est dangereux.
[22:20] À quel point tu contrôles tous les éléments aussi.
[22:23] J'ai l'impression que c'est un sport qui n'est pas tant connu au Québec, qui mérite d'être connu, puis d'ailleurs qui va aller aux prochains Jeux olympiques.
[22:31] Dans les Alpes en France.
[22:35] Le freeride en soi, j'essaie de le décortiquer puis de le résumer rapidement, mais en gros, c'est qu'on monte sur une montagne du haut, le plus haut sommet possible, souvent.
[22:48] Et il y a l'altitude environ?
[22:49] Non, tu...
[22:50] 3000 mètres et plus.
[22:54] Puis souvent les plus hauts qu'on peut trouver.
[22:57] Puis après, dans le fond, c'est un terrain qui est vierge, qui n'a pas été touché par des machines, qui n'a pas été touché par rien, zéro.
[23:05] Donc, il y a juste eu des accumulations de neige par accumulation de neige, du vent, de la pluie, peu importe ce qu'il y a eu, ça va être le terrain tel qu'il est.
[23:14] Puis dans le fond, nous, les athlètes, on n'a pas le droit d'avoir aucune pratique.
[23:18] On n'a pas le droit d'aller sur le terrain.
[23:21] Le terrain, en fait, est balisé pendant un mois avant que nous, on arrive.
[23:24] Puis pendant deux jours avant, on a le droit de regarder la montagne, mais juste avec des jumelles.
[23:31] Des drones.
[23:32] Des drones.
[23:32] On a des photos de drones.
[23:34] On a des vidéos.
[23:34] Ça fait que ça aide énormément parce qu'avant, on n'avait pas.
[23:38] Il y a les drones qui vont avoir passé, qui vont faire un peu un scan de la montagne, puis nous, on va avoir accès à tout ce beau montage-là de vidéos.
[23:46] Puis après ça, nous, avec ça, on se crée une ligne un peu, un plan B, un plan C, on se fait plusieurs lignes, je te dirais.
[23:54] Puis de dire, bon, bien là, il y a l'air d'avoir comme une petite win-lip.
[23:58] Peut-être que là, je pourrais faire un backflip.
[24:00] Après ça, je vois à côté du sapin, il y a comme un cliff à peu près de 3 mètres.
[24:05] On essaie de faire des calculs, on essaie de mesurer.
[24:07] Puis dire, OK, bien, c'est faisable.
[24:09] Je pourrais peut-être à ce moment-là sauter là.
[24:10] Après ça, j'arriverais en bas.
[24:12] Puis là, je pourrais peut-être faire un 360 sur quelque chose d'autre.
[24:14] Fait que tu sais, on se fait comme un idée, un plan de match de qu'est-ce qu'on pourrait faire selon les conditions qu'on a, évidemment.
[24:20] Puis le jour J, bien, on est monté en hélicoptère.
[24:23] Puis on a une seule descente, puis on n'a aucune idée vraiment à quoi la neige va ressembler, si c'est vraiment le plan qu'on s'est imaginé vraiment le bon, parce qu'on a une seule chance, une seule descente, puis c'est…
[24:39] Ça se peut qu'il y ait plein d'athlètes avant qui aient pris une ligne similaire aussi, puis là, tu as à «dealer» avec une neige qui est affectée probablement par le fait qu'il y a d'autres personnes qui sont passées par la même ligne.
[24:50] Oui.
[24:50] Est-ce que quand tu vois d'autres athlètes descendre, ça affecte ta décision de prendre une ligne ou pas, genre ton pouvoir A, B, C?
[24:59] Oui, bien, tu vois, mettons, quand je compare avec le ski de bosse, où là, j'étais vraiment dans ma bulle, je regardais personne, je faisais juste mon plan, ma ligne, puis mes affaires, puis je ne me basais vraiment pas sur les autres.
[25:12] Là, dans ce sport-ci, c'est complètement l'inverse, où là, quand je suis arrivée dans le sport, j'étais comme « Hey, j'ai tellement de choses que je dois apprendre, puis je dois apprendre vite. »
[25:21] Fait que là, il faut que j'ouvre mes yeux et je regarde tout ce qui se passe autour de moi pour absorber le plus d'informations possible.
[25:27] Puis oui, par peut-être crainte à ce que ça me déstabilise ou que ça change mes opinions et que je sois un peu confuse dans tout ça.
[25:35] Mais j'étais comme « Hey, je n'ai pas le choix.
[25:36] Il faut que je regarde tout ce qui se passe pour prendre la meilleure décision. »
[25:43] Évidemment, on sécurise la face avec l'équipe du Fright World Tour.
[25:48] Ils s'occupent de la sécurité en montagne, mais ça reste que des avalanches, on n'est vraiment pas à l'abri de ça.
[25:54] Ça peut se déclencher pour plein de raisons, une avalanche, puis à tout moment.
[26:00] On n'est pas à l'abri de ça.
[26:01] Je pense que pour moi, j'étais comme « Hey, je veux vraiment regarder ce que tout le monde fait, où ils passent le plus possible. »
[26:06] Souvent, je suis en haut de la « gate ».
[26:08] J'ai encore mon coach qui est en live, en train de regarder le live streaming.
[26:12] On parle au téléphone.
[26:13] Des fois, je regarde le live streaming deux à trois riders avant moi pour voir ce qu'ils font, la réactivité des skis.
[26:21] Est-ce qu'ils ont l'air de coller?
[26:22] Est-ce qu'ils ont l'air de bien lender?
[26:24] Est-ce que les lendings sont flippants ou punchy?
[26:28] J'essaie vraiment de regarder.
[26:29] Quand tu vois un skier, tu es comme « Wow, ça a l'air de skier comme dans du beurre.
[26:35] C'est de la super belle puff.
[26:36] Let's go. »
[26:37] ça te donne aussi le go de dire « je vais y aller pour mon backflip ».
[26:41] Ça va donner plus de confiance.
[26:44] C'est vraiment, des fois, tu peux aussi te biaiser, mais je pense que oui, c'est un sport qu'on a tellement peu de jeux de manœuvre, dans le sens que tu as une seule chance, tu veux donner le meilleur de toi-même, mais tu n'as pas rendu droit à l'erreur, j'ai l'impression, ou si oui, elle peut être vraiment coûteuse.
[27:03] Ben, exactement.
[27:04] Puis, en fait, moi, ma plus grande crainte quand je fais du freeride, c'est pas nécessairement les avalanches quand je compétitionne parce que c'est tellement sécurisé, mais c'est vraiment en plus de me perdre.
[27:13] Ah ouais?
[27:14] Puis le mot perdre, qu'est-ce que ça veut dire?
[27:16] C'est que tu pars…
[27:18] puis tu ne saches plus où tu es sur la montagne.
[27:20] Par rapport à la montagne, parce que dans le fond, tu ne l'as jamais vécu cette montagne-là, tu l'as visualisé, mais d'être dedans, ça doit être complètement autre chose.
[27:27] Exact, c'est ça qui est le plus épeurant, puis ça m'est arrivé une fois cette année.
[27:32] Parce qu'en fait, la montagne, quand tu ne l'as jamais skiée, tu arrives en haut, c'est vraiment une autre façon de la voir.
[27:38] Quand tu as vu des images d'en bas, puis toi tu es en bas, puis tu la regardes comme ça, puis tu es comme « OK, la roche est là, le truc est là, la spine est ici, parfait, je la vois. »
[27:47] Mais quand tu arrives en haut, tu ne vois plus rien.
[27:49] Tout est rendu blanc.
[27:50] Puis les roches que tu voyais sont recouvertes de neige.
[27:53] Oh my God!
[27:53] Fait que là, c'est juste des amas de neige.
[27:56] Puis là, tu es comme, attends, mais c'était-tu elle la roche ou c'était elle à côté?
[28:00] Puis là, juste ton alignement peut tout changer.
[28:02] Puis donc, exemple, cette année, j'étais en Alaska.
[28:04] Puis c'était la première fois que j'allais en Alaska.
[28:06] Puis je ne connaissais pas du tout les big spines de l'Alaska.
[28:10] Honnêtement, c'était vraiment impressionnant.
[28:12] Puis, tu sais, j'avais eu même pas 24 heures pour me préparer.
[28:15] Je suis atterrie, bang, on arrive.
[28:17] Finalement, c'est genre, demain, ça va être la course.
[28:19] OK, là, j'ai pas le choix.
[28:20] Fait que là, j'embarque sur mon ordi, je cherche toutes les compétitions de Freeride World Tour qu'il y a eu dans les dernières années.
[28:26] Je trouve une ligne qui m'intéresse, que j'ai déjà vue par un skieur qui a fait.
[28:30] Puis, j'étais comme, OK, ça fait du sens, je préfère ça.
[28:32] Puis là, je la regarde, puis je suis comme, OK, parfait, je vais le faire.
[28:35] Mais tu sais, j'avais moins de 24 heures pour me préparer.
[28:39] Puis en haut, j'étais comme, OK, je visualisais tous mes jump starts.
[28:43] Mais juste parce que je suis partie un petit peu plus à gauche que qu'est-ce que j'étais censée faire, bien là, j'étais partie de quasiment 100 mètres d'où il fallait que je sois.
[28:53] Mais là, je n'avais pas en tout… Qu'est-ce qu'on fait dans ce temps-là?
[28:56] Honnêtement, ça, c'était le moment le plus dangereux parce que je ne peux juste pas...
[29:02] Tu ne peux pas skier n'importe quoi rendu là.
[29:03] Je ne peux pas me lancer sur une roche que je n'ai aucune idée qu'est-ce qu'il y a en arrière.
[29:07] C'est-tu 20 pieds ou c'est 20 mètres?
[29:08] Non, c'est ça.
[29:09] Je ne le sais pas.
[29:10] Est-ce qu'après, c'est un double cliff où est-ce que tu atterris et c'est un no-fall zone où si tu tombes, tu tombes.
[29:17] tu fais juste tumbler après sur quelque chose de dangereux, fait que tu veux pas ça.
[29:22] Non, ça, c'est vraiment des moments que j'ai expérimenté pour la première fois cette année, puis j'ai vraiment pas aimé ça, parce que ça, c'est vraiment la pire chose.
[29:29] – Mais t'as fait quoi?
[29:30] – Bien, en fait, j'ai tourné, puis là, je me suis comme dit, « Bon, bien, je pense que c'est là », puis je me suis prise une roche, puis finalement, je suis tombée à mon premier future.
[29:40] – Ah, OK, oui, je...
[29:42] J'ai pas eu besoin de m'aventurer plus loin pour que ma descente soit terminée.
[29:46] Mais tu sais, je veux dire...
[29:48] C'était quasiment un blessing au final que tu tombes à ce moment-là.
[29:51] Parce que j'avais pas de plan B. J'étais arrivée sur le coin d'une table, on avait moins de 24 heures pour se préparer.
[29:57] Je me suis dit « Je vais juste construire une ligne dans ma tête puis focusser là-dessus et être prête pour ça. »
[30:02] Puis finalement, tu te perds.
[30:05] J'ai beaucoup appris.
[30:06] Un, toujours avoir des plans B. Puis deux, d'avoir un meilleur alignement le matin avant de partir en haut.
[30:12] Mais c'est ça qui est beau avec le Freeride.
[30:14] C'est qu'on n'a pas beaucoup de stops dans l'année.
[30:17] On a juste six compétitions, mais c'est très intense.
[30:20] C'est à quelle période dans l'année?
[30:21] C'est de janvier à mars.
[30:23] OK.
[30:24] Fait qu'un gros genre trois mois intense.
[30:26] Mais pour vrai...
[30:28] C'est six arrêts par année, mais c'est vraiment très demandant physiquement et mentalement parce que c'est énormément d'adrénaline, énormément d'intensité.
[30:37] Puis ça paraît après une saison, je reviens à la maison et je suis comme « wow ».
[30:41] Brûlé.
[30:42] Brûlé.
[30:43] Quand l'hélicoptère te droppe sur la montagne, est-ce que c'est là que tu commences à skier?
[30:47] Ou j'imagine qu'il te dépose, puis là tu te positionnes, puis là tu attends ton départ, j'imagine ?
[30:53] Souvent, on est monté comme à peu près un genre de 20-30 minutes avant notre start.
[31:00] Puis des fois, il y a des délais où, tu sais, il y a quelqu'un, je ne sais pas, avant moi, qui est parti, qui est tombé, il a perdu son ski.
[31:05] Fait que, tu sais, on a comme un jeu.
[31:08] Mais des fois, tu sais, j'ai déjà attendu des heures, là, en haut, finalement, que, tu sais, c'était comme plus long que prévu.
[31:13] Mais, oui, c'est à peu près, tu sais, ils viennent nous dropper, on a comme un timing, mais plus ou moins, normalement, c'est entre 20 puis 30 minutes.
[31:20] Des fois, il faut quand même hiker une certaine quantité.
[31:23] Des fois, il y a des fois où il faut que tu montes aussi à pied la montagne.
[31:28] Ah oui, wow.
[31:29] Ça, c'est cool, mais en même temps, tu arrives en haut.
[31:31] Mais c'est brûlant.
[31:31] Tu es brûlé.
[31:32] Tu as tout le sac à dos plein.
[31:34] Tu as le stock sur le dos.
[31:35] Là, il faut que tu performes à ce niveau-là.
[31:39] Mais je te dirais que c'est 50 % du temps qu'on monte.
[31:41] Puis l'autre pour cent, c'est avec les hélicoptères.
[31:44] C'est comment la relation avec les autres femmes, les autres femmes athlètes?
[31:47] Parce que, tu sais, toi, tu viens d'un environnement où est-ce que tes sœurs… Puis, je ne te pose même pas la question parce que j'ai l'impression qu'il n'y en avait pas de jalousie.
[31:55] J'ai l'impression que vous avez été élevée dans la bienveillance, la reconnaissance de vous entraîner entre vous.
[32:02] Genre, « good for you girl » d'être sur le podium avec moi.
[32:05] Puis, tu sais, j'ai l'impression que c'est comme ça, mais tu peux vraiment… Tu as vécu ton enfance.
[32:09] Oui.
[32:09] plus que moi.
[32:10] Mais je pense que t'es absolument dedans.
[32:13] Moi, j'ai cette relation-là avec la compétition entre femmes qui est vraiment une autre version que la majorité des gens.
[32:22] Puis je peux pas blâmer les autres parce que j'ai pas vécu ce que les autres ont vécu, mais moi, je l'ai vécu, cette fraternité-là qui était tellement saine puis tellement belle parce que moi, je l'ai vue comment ça m'a...
[32:32] Tu sais, mes plus beaux souvenirs, que je repense quand j'étais sur l'équipe nationale en ski de bosse,
[32:39] C'était quand on faisait des biscuits dans notre chambre d'hôtel à quatre pattes avec mes soeurs, puis on était crampés en deux.
[32:47] C'est juste ces moments-là.
[32:48] Je ne me souviens pas vraiment de l'entraînement, puis du ski, puis de mes compétitions, puis le podium.
[32:53] Je me souviens juste des petits moments comme ça avec mes soeurs.
[32:55] Puis je suis comme, ça, c'était riche, finalement.
[32:59] Moi, maintenant, je le sais à quel point c'est…
[33:01] tellement plus important de créer des belles relations à travers ces moments-là, aussi intenses puis beaux qu'ils sont, que je valorise beaucoup ça.
[33:08] Mais, tu sais, moi, je compétitionne avec des jeunes femmes de 20 ans.
[33:12] OK.
[33:12] Puis moi, j'en ai 32.
[33:13] Donc, c'est sûr que, tu sais, on n'est pas à la même place.
[33:16] Tu sais, moi, je suis arrivée sur le Friar World Tour, j'étais comme « Hey, moi, là, je suis ici pour vivre une seconde carrière. »
[33:22] Tu sais, je suis tellement genre dans le vibe.
[33:24] « YOLO, let's go, je veux avoir du fun, je veux vivre ma best life. »
[33:27] Puis oui, en même temps, je veux me permettre de me donner le droit de vouloir performer puis de me pousser mes limites, d'aller à mon plein potentiel, mais pas au détriment des autres, pas au détriment de me mettre en chicane puis en compétition avec les autres.
[33:41] Ce n'est pas ça le but.
[33:42] Si tu m'as battue puis tu as fait une meilleure run que moi, bravo, tu mérites de gagner puis tu mérites d'être avant moi puis il n'y a aucun stress. »
[33:50] Puis, tu sais, je vois que cette maturité-là, c'est pas nécessairement tout le monde qui arrive là dans une vie d'athlète.
[33:57] Puis, je pense que c'est normal.
[33:58] Tu sais, je peux pas juger les autres non plus.
[34:01] Mais moi, pour moi, c'est le même que je le vois.
[34:03] Puis, moi, je veux dire, je sais qu'au bout de tout ça, si moi, je fais le mieux que je peux...
[34:09] puis que j'ai donné mon 110 % pour me préparer puis arriver à cet événement-là, bien, je ne peux pas en vouloir à personne.
[34:16] Rendu là, je sais que j'ai fait mes devoirs.
[34:17] C'est un peu le même que moi, ma philosophie de vie est.
[34:19] Puis c'est pour ça que je réussis, je pense, à être sereine puis de ne pas sentir cette compétition-là entre femmes comme du négatif.
[34:28] Mais oui, ce n'est pas évident.
[34:29] elle trouve plus toxique du côté masculin ou pas nécessairement?
[34:33] Pas, mon Dieu.
[34:34] Je pense que les hommes n'ont pratiquement aucune compétition.
[34:39] Je veux dire, ils ont une compétition, oui, quand ils ont des skis dans les pieds, mais après ça, c'est comme...
[34:45] Ils ne se diminuent pas les uns envers les autres.
[34:48] Vraiment moins.
[34:49] Je pense que c'est sûr que mon expérience avec des femmes...
[34:55] c'est culturel.
[34:55] Je crois qu'on a beaucoup de chemin à parcourir pour se rendre à ce que c'est comme les hommes.
[35:01] Je pense qu'on n'est pas là, mais je pense que c'est à tous un peu notre devoir de le mettre à notre façon, puis de montrer qu'est-ce qui est possible.
[35:10] Je pense qu'il y a certaines filles sur le tour avec qui je m'entends super bien, puis que justement, ils sont aussi à des âges un petit peu plus matures, puis ils sont comme, « Hey, moi, Jules, je suis fucking à l'aise.
[35:22] Bravo, merci, tu gagnes. »
[35:23] Puis tu sais, cette
[35:24] Cette belle, je pense, énergie-là d'être comme fière l'un pour l'autre est pour moi quelque chose qui est très, très humble puis beau à voir.
[35:32] Fait que je retrouve des filles avec qui je connecte plus puis c'est bien correct.
[35:37] C'est normal.
[35:38] C'est normal.
[35:38] C'est ce qu'on vit un peu tous.
[35:40] Mais j'étais juste curieuse parce que je trouve ça...
[35:43] Tu sais, dans certains sports, on semble le voir un peu plus.
[35:45] On dirait qu'on le...
[35:47] Je ne sais pas, c'est très intangible.
[35:49] Ce n'est pas comme écrit.
[35:50] Tu ne peux pas me dire, ah oui, factuellement, comme chez les filles, on se bitch.
[35:55] C'est comme, non, on ne le sait pas.
[35:58] Mais oui, je me posais la question.
[36:00] J'ai l'impression que des fois, ça vient d'une certaine insécurité.
[36:03] On a tellement dû se battre pour faire notre place que quand elle est... Notre place, elle est comme... Bien...
[36:12] remise en question, bien, plutôt que de réagir peut-être avec plus de recul, bien, on s'en prend à l'autre femme qui est en train de nous challenger, mais c'est pas ça le point, in the end, tu sais.
[36:25] Bien, je pense que t'as absolument mis le doigt dessus, tu sais.
[36:28] Je pense qu'à la fin de tout ça, moi, je le sais que c'est juste de l'insécurité.
[36:33] Puis, de...
[36:34] de ne pas le prendre personnel.
[36:35] Je pense que c'est ça le plus difficile.
[36:37] Parce que tu es comme « Hey, moi, je suis ici en paix.
[36:39] Je veux juste avoir du fun, juste performer et donner le mieux que je peux.
[36:42] Si tu m'as battu, tant mieux.
[36:43] Sinon, moi, j'ai donné mon meilleur, puis that's it. »
[36:46] Mais on ne contrôle pas les autres.
[36:48] On peut, je crois, inspirer les autres par notre comportement.
[36:53] Puis, tu sais, je pense que moi, j'ai eu quand même une très belle expérience quand je suis arrivée sur le Friday World Tour.
[36:57] Au début, le monde était comme, « Coudonc, es-tu ici pour, comme, amener, genre, de la compétitivité, puis, genre, tu sais, genre, une espèce de... – Sentes-tu que les gens étaient de toi, de tes capacités ou plus de ton intention?
[37:10] – Je pense qu'ils...
[37:12] Il doutait de mon intention.
[37:14] Il était comme, OK, A.T.
[37:16] pourquoi?
[37:17] Puis je pense que comme je l'aurais vite fait comprendre que moi, j'étais ici pour « enjoy the ride », avoir du fun.
[37:23] Puis pourrais... Moi, ce qui me passionne le plus dans la vie, c'est pousser mes limites, sentir que j'apprends, sentir que je me développe.
[37:30] Puis là, j'avais un terrain de jeu pour apprendre de toutes ces belles personnes-là que je connaissais pas encore.
[37:35] Puis je pense qu'ils ont vu cette ouverture-là.
[37:37] Puis ça s'est fait graduellement.
[37:39] Je pense qu'au début, c'était difficile, personnellement, parce que quand tu arrives dans un nouvel environnement où là, tu ne connais plus personne, les visages, il y a comme cette espèce de sentiment-là d'être comme l'imposteur et de se sentir tellement pas fité dans la gang qu'au début, tu veux trop fité.
[37:57] On est un peu malaisante.
[37:59] En tout cas, moi, je comprends ce que tu veux dire exactement.
[38:02] Tu t'essayes.
[38:03] Hey, salut!
[38:04] Gang, j'ai besoin de vous.
[38:06] Vous êtes plusieurs à écouter le balado et à ne pas être abonné à Humia Balado sur Spotify ou Apple Audio ou encore à la chaîne YouTube.
[38:15] Ça m'aiderait énormément si vous pouviez donner un petit like, un petit follow.
[38:21] Je vous promets, je vais continuer de donner mon meilleur pour vous amener les meilleures histoires, les humains les plus inspirants.
[38:29] Puis si ça, ça serait vraiment, vraiment apprécié.
[38:32] Alors, j'arrête de parler et je vous remercie pour votre support.
[38:37] Bonne écoute.
[38:37] Tu sais, je suis comme...
[38:38] Puis j'ai vite aussi à ma née compris que le temps arrange les choses.
[38:42] Puis je me souviens quand je suis arrivée, ma deuxième année, puis...
[38:47] À ma née, j'ai juste comme réalisé, tu sais quoi?
[38:50] Ces jeunes filles-là, ces jeunes garçons-là de 20 ans, c'est normal qu'on soit pas...
[38:58] on n'a pas les mêmes intérêts.
[38:59] C'est normal qu'on ne clique pas parfaitement et qu'on ne hang out pas parce qu'on n'a pas vécu les mêmes choses.
[39:06] On n'est pas au même niveau dans notre vie.
[39:08] C'est sûr qu'on n'a pas les mêmes champs d'intérêt.
[39:10] On dirait qu'à un moment donné, je me disais « Je ne veux pas. »
[39:13] essayer de changer qui je suis, de juste « embrace » qui je suis.
[39:15] Moi, je suis allée aux Jeux olympiques, j'en ai vécu des choses.
[39:19] Ma mère est décédée, comme j'en ai vu des deuils, des peines, comme je suis ailleurs.
[39:23] Fait que c'est sûr que je ne peux pas les juger, eux, pour ne pas me comprendre, parce qu'ils n'ont peut-être pas encore vécu autant de choses que moi, ou ils n'ont pas eu cette opportunité-là d'aller aux Jeux olympiques, puis de vivre autant de stress, puis de pression.
[39:34] Fait que je ne les juge pas, mais en même temps, moi, je me détache de vouloir leur ressembler.
[39:39] Puis de me dire, « Hey, moi, je suis différente de vous autres. »
[39:41] Puis je sais que j'ai un sticker dans la face écrit « Olympienne ».
[39:45] Tu sais, comme, « Je ne suis pas comme vous autres. »
[39:47] Puis le jour où je me suis comme acceptée, j'ai fait, tu sais quoi?
[39:52] Je vais être le mouton noir.
[39:53] Puis c'est correct, moi, je vais être la fille boblie.
[39:56] qui va avoir le manteau rose, puis qui va sourire à la caméra parce qu'eux autres sont trop cools pour sourire, puis font comme s'ils étaient genre trop cools pour la caméra.
[40:05] Je suis comme, moi, c'est pas ça que je suis, là, Colleen.
[40:07] Oh my God, j'aime tellement ça que tu fais ça.
[40:09] Si je suis cringe, moi être cringe, puis regarde, moi, ça va être moi, mais on dirait que dès que j'ai fait ce switch-là dans ma tête, c'est fou comment ça m'a libérée, puis ça m'a permis d'aller...
[40:23] en fait, devenir deuxième championne du monde cette année-là, quand j'avais mon soutre rose peak performance.
[40:28] Puis, j'étais comme... Au début, je l'avais vu, puis je l'avais reçu par la poste.
[40:31] Puis, j'étais comme, je peux pas croire, je vais mettre un soutre rose pour skier.
[40:34] Genre, tout le monde va rire de moi.
[40:36] Parce que là, je pensais à tout le monde, sauf moi.
[40:39] Puis...
[40:40] Puis finalement, je l'ai mis, puis je me suis dit, pour vrai, il est vraiment cute.
[40:43] Oui, c'est loud, oui, c'est intense, mais pour vrai, au moins, on me voit de loin.
[40:47] Puis que j'ai pris le moment de m'assumer dans toutes mes couleurs, toutes mes personnalités.
[40:54] Puis je me suis dit, tu sais quoi, moi, je vais être la fille boblée, puis je vais être la fille intense, parce que c'est ça que je suis au corps de moi-même, la petite fille de 10 ans qui a juste du fun, puis qui va all-in sans vouloir essayer de fitter dans un moule qui n'est pas le mien, finalement, tu sais.
[41:05] Ça m'a tellement parlé à beaucoup de monde parce que, genre, récemment, j'entendais vraiment beaucoup de gens.
[41:10] Puis c'est vraiment bizarre.
[41:10] Tu sais, on disait qu'on écoutait plein de balados.
[41:12] Oui, j'écoutais plein de girls parler sur leurs balados de l'attitude qu'elles voulaient se donner.
[41:19] Genre, un mood qu'elles essayaient d'avoir l'air.
[41:22] Puis là, j'étais comme, hein?
[41:24] Je comprends pas.
[41:25] I didn't know it was a thing.
[41:27] Dans le sens qu'elles veulent avoir l'air indépendantes et chill.
[41:32] Genre très mystérieuses.
[41:34] Mystérieuses.
[41:35] Puis là, je suis là, ok, ça serait cool que je sois mystérieuse aussi.
[41:38] On dirait qu'elles le disaient, puis là, je suis là, moi aussi, il faudrait que je sois mystérieuse.
[41:43] Mais non, on peut être...
[41:45] ce qu'on a envie d'être.
[41:46] Puis je pense que ton message va vraiment résonner en plusieurs personnes parce que c'est le fun que tu sois assumée, puis que tu sois bubbly, puis que genre, t'aimes la mode, puis t'aimes te mettre cute, puis en même temps que tu sois genre really a badass, puis que tu sois une athlète de très haut niveau.
[42:03] Comme, on peut être...
[42:05] toutes ces choses en même temps.
[42:06] Puis ça, je trouve ça cool parce que tu le embodies vraiment bien.
[42:10] Comment tu fais justement pour, comme, équilibrer tout ça?
[42:14] Puis ça, en fait, c'est mon segment Yoga Fitness, d'ailleurs.
[42:19] C'est le segment bien net.
[42:21] Ou est-ce que...
[42:22] Puis c'est mon segment préféré.
[42:24] C'est une question que l'équipe de Yoga Fitness pose à tout le monde.
[42:27] Mais c'est moi, en fait.
[42:29] Mais c'est quoi pour toi l'équilibre?
[42:31] Genre, comment tu fais pour équilibrer tout ça?
[42:33] Hum...
[42:35] C'est vraiment une bonne question.
[42:37] Je pense qu'on a tout notre équilibre.
[42:40] Tu sais, moi, mon équilibre est peut-être un peu le même.
[42:42] La tienne est un peu le même.
[42:43] D'autres, c'est pas le même.
[42:44] D'autres, c'est le même.
[42:45] Je ne sais pas pourquoi.
[42:46] Mais on n'a pas vraiment un équilibre parfait dans tout ça.
[42:50] Mais je pense que je suis beaucoup mon instinct, mon gut feeling.
[42:56] J'ai l'impression que d'être tellement authentique, d'être tellement qui je suis, puis la première réponse qui te vient en tête, le premier feeling qui me vient en tête, c'est toujours le bon.
[43:08] Souvent, avec mon expérience que j'ai vécue, puis je pense que c'est un peu la même chose.
[43:14] Est-ce que là, ça fait du sens pour moi?
[43:16] Est-ce que ça fait du sens pour qui je suis en dedans de moi?
[43:20] Juste dans le choix vestimentaire, de vouloir ressembler aux autres au détriment de qui tu es vraiment ou d'embody qui tu es vraiment, puis de le faire à ta façon.
[43:31] Comme, mettons, quand on parle de style, le freeride, c'est un sport qui est très masculin, badass.
[43:41] Le linge est baggy.
[43:43] Je trouve ça super cool.
[43:44] Vraiment nice.
[43:45] Je suis vraiment fière de faire du free ride parce que je trouve ça vraiment hot.
[43:50] Mais comme tu dis, il y a une partie de moi qui est tellement pas ça non plus.
[43:56] J'adore le rose, la mode, faire mes ongles, avoir les cheveux, mon maquillage.
[44:03] J'écoute tous des petits podcasts de girly girl, puis des YouTube de girly girl.
[44:08] Comment se faire un beau make-up naturel en ski.
[44:10] Mais tu sais, c'est comme, why not?
[44:13] Oui, oui.
[44:14] Puis je pense que plus jeune, j'aurais peut-être pas eu autant cette...
[44:19] Je crois que confiance en moi, maintenant le vif et le handbody, c'est deux polarités de ma personnalité.
[44:26] Au fond de moi, je suis quand même assez tomboy aussi pour me mettre dans mes rables, puis d'être tout croche, puis d'avoir une toque sur la tête, puis genre, let's go, on skie avec les boys, puis tout.
[44:36] Mais en même temps, d'avoir cette relation-là avec les femmes, puis d'aimer ça, parce que je viens d'une famille où on était trois soeurs,
[44:42] Je crois que je trouve le courage en étant absolument alignée avec moi-même et en me posant la question toujours en me disant « est-ce que c'est vraiment ça que je suis, que je veux et où je veux aller? »
[45:01] Je ne sais pas, je pense qu'on trouve l'équilibre en soi, au milieu de tout ça.
[45:06] Mais oui, ce n'est pas évident.
[45:07] Je pense que ça évolue.
[45:08] Ça évolue, hein?
[45:09] Ça évolue, puis d'évolution.
[45:11] Puis, tu sais, mettons, justement, avec tous tes grands succès et tes grandes réalisations, tu dois avoir vraiment beaucoup d'opportunités qui se présentent à toi, qui doivent être toutes aussi extraordinaires les unes que les autres.
[45:28] Puis tu sais, des fois, notre intuition est à l'effet que genre, « Hey, wow, wow, wow! »
[45:35] Mais en même temps, tu es une athlète aussi qui doit se protéger, qui a son énergie et ce qui est le plus précieux, qui doit apprendre à dire « non ».
[45:44] Même si ça demeure aligné de dire oui, comment tu arrives à te remettre en question?
[45:52] En fait, prendre un peu de recul et être comme « Non, moi, je prends une... » C'est ça.
[45:59] C'est vraiment une bonne question.
[46:00] Puis ça, c'est un art que je crois qui prend du temps en tant qu'athlète de savoir ses limites, de savoir les mettre, de comment le dire aux gens aussi avec qui tu travailles, avec tes partenariats, avec ton manager, ton agent, peu importe.
[46:16] C'est...
[46:17] Ça m'a pris des années.
[46:18] Je pense que je suis rendue à un niveau dans ma vie, dans ma cœur, que j'ai juste fait ça.
[46:23] Finalement, je commence à être pas pire, à mettre mes limites.
[46:26] À être donnée des conseils.
[46:27] À savoir, OK, where is enough?
[46:29] Puis quand t'en as assez donné, quand il faut que tu te priorises, ton sommeil, ton entraînement, puis de trouver cette balance-là, je pense que c'est pas évident.
[46:37] Mais pour vrai...
[46:41] de réaliser que...
[46:43] Tu sais, mettons, j'ai eu une demande récemment, tu sais, je m'en vais en Europe, puis là, je parlais avec un partenaire, puis il était comme, ah, bien, justement, tu viens en Europe dans pas long, bien, pourrais-tu venir quelques jours plus tôt?
[46:56] On a un party, on a un événement, qu'on voudrait absolument que tu viennes.
[46:59] Puis évidemment que moi, sur le cas où je suis comme, bien oui, j'aimerais vraiment ça venir, ça ferait du sens.
[47:05] Puis finalement, tu sais, en dedans de moi, il y avait quand même ce petit feeling-là d'être comme, oui, mais c'était pas ça que j'avais planifié.
[47:11] Moi, j'ai planifié de partir tant de journées pour faire tant de jours pour être sûre que j'ai une bonne préparation avant mon départ puis après mon départ.
[47:19] Fait que tu sais, moi, j'avais fait déjà tous mes devoirs de planification, d'horaire.
[47:23] Puis là, il m'amène de quoi d'intéressant, comme tu dis, sur la table.
[47:26] Puis là, t'es comme, hey, j'ai le goût tout de suite.
[47:28] Mais en même temps, il y a de quoi qui...
[47:29] qui t'empêche de vraiment dire oui, parce que tu sais qu'en disant oui à quelque chose, tu dis non aussi à autre chose.
[47:35] Puis, après coup, tu sais...
[47:39] mon agent me dit « Bon, là, tu y vas-tu?
[47:42] C'est super cool. »
[47:43] Puis, je dis « Pour vrai, autant que c'est une super belle opportunité, puis je trouve ça vraiment cool, même financièrement et tout, il faut que j'écoute mon plan A parce que là, moi, c'est pas ça que j'avais planifié.
[47:54] Puis, si je y vais, je vais perdre une semaine d'entraînement ici au Québec pour être prête à faire ce que je veux faire en Europe. »
[48:01] J'ai dit, tu sais, même si j'y vais, puis ça va être bien cool faire un party, puis être là présente, je comprends, mais je peux être là à une autre manière, puis trouver un compromis avec mes partenaires pour dire, bien, je peux vous envoyer une vidéo pour votre conférence à la place, ou je peux faire ci, je peux faire ça.
[48:15] Donc, on décide de trouver d'autres chemins puis d'écouter sa petite voix intérieure parce qu'en amont, je suis comme, j'aurais sacrifié mon entraînement, je serais arrivée, je serais fatiguée, j'aurais passé une semaine de plus en Europe que ce que j'avais planifié.
[48:26] Bien, tout ça a des répercussions, puis je pense que c'est de s'asseoir puis de voir
[48:31] qu'est-ce que ça m'apporte de plus, puis de savoir aussi dire non.
[48:35] Je pense que c'est ça la chose la plus difficile.
[48:38] Puis la journée que tu prends ta décision, puis tu es comme « Non, je mets mon pied à terre », puis je dis « Non, pour telle, telle, telle raison, qui sont super valables, qui est l'entraînement, ce n'est pas dans mon plan, malheureusement, ça va changer beaucoup de choses que je ne peux pas modifier. »
[48:54] Tu te sens pas mal.
[48:56] Finalement, ce qui est fou, c'est que tu réalises que les gens autour de toi, ils respectent aussi.
[49:00] On se crée tout, on dirait un scénario qui a jamais existé, puis que ça va faire boule de neige, puis que ça va être horrible.
[49:09] Mais tout le monde comprend.
[49:10] Au bout de tout ça, tout le monde a le gros bon sens aussi.
[49:15] C'est pas grave.
[49:16] Tu t'es respectée
[49:18] tu as bien communiqué aussi avec l'autre. »
[49:21] Puis après ça, en tout cas, moi, selon moi, tout se dit.
[49:25] Il y a juste une bonne façon de le dire qui peut mener, je crois, des belles conversations.
[49:29] Puis après ça, on move on.
[49:30] Puis la prochaine fois, je leur ai dit, j'ai dit « Moi, la prochaine fois, avisez-moi un petit peu plus tôt comme au moins trois mois d'avance, pas juste un mois d'avance. »
[49:39] Puis je serais venue, puis j'aurais pu m'organiser.
[49:41] De se respecter.
[49:43] Aussi, on a tout en nous, je crois, la vraie réponse.
[49:46] Puis
[49:47] On dirait que je pense que je l'ai assez expérimenté souvent ou que je ne l'écoutais pas.
[49:51] Puis après, tu regrettes et tu es comme, « Oh, je suis… » « Colline, j'aurais dû m'écouter. »
[49:55] Là, maintenant, on dirait que je suis comme, « Non, je… » Mais as-tu peur d'en manquer des fois, justement, des opportunités en disant non trop vite?
[50:03] Non.
[50:03] OK, c'est tellement « uh ».
[50:05] Non, j'ai… Ça rend du l'œil.
[50:07] Puis ça, c'est, encore une fois, les valeurs de ma mère, qui, elle, n'a pas eu peur de dire non plus d'une fois.
[50:15] Ma mère était notre agente à mes soeurs et moi.
[50:17] Puis elle, là, elle était juste incroyable, ma môme, là.
[50:20] Mais j'adore parler de ma mère parce qu'elle avait une vision de… Elle était comme « moi, c'est les trois ou rien ».
[50:28] Oui, je t'ai entendu en parler de ça.
[50:30] C'est vraiment cool.
[50:31] Puis, c'était tellement outside the box pour l'époque.
[50:35] Je veux dire, dans le temps, le sponsoring, les partenariats d'affaires, comme trois fois ce que tu peux donner pour une seule athlète, c'est quand même bold, c'est quand même beaucoup de sous.
[50:46] Puis, t'es comme, non, moi, c'est…
[50:47] C'est ça.
[50:48] Parce que si les trois sont ensemble, ils s'entraînent ensemble, puis ils ont le même sou, bien, ils peuvent aller plus loin.
[50:54] Puis c'est ça qui est arrivé, tu sais.
[50:56] Puis on s'est rendus les trois aux Jeux olympiques, mais parce que parfois, on voyait, puis on rencontrait des partenaires, puis qui étaient comme, bien, nous, on veut juste que ce soit Justine, parce que Justine, c'est elle qui gagne présentement sur le tour, puis elle est vraiment bonne, puis elle a le plus de chances de médaille.
[51:10] OK, mais ça veut dire que tu crois pas nécessairement, on n'a pas les mêmes valeurs, toi puis moi.
[51:15] – Oui.
[51:15] Mais c'est ça, c'est comme si ça le fait en sorte que genre les partenaires qui ont signé avec vous, avec vous trois, au début, j'imagine que vous devez avoir eu tellement moins de changements de partenaires par la suite.
[51:27] Si ces partenaires-là qui ont signé dès le départ, ils croient en toi genre « until the very end », peu importe, c'est en la personne, ils n'ont pas les performances que tu as.
[51:37] qui décident d'embarquer.
[51:39] Mais je pense que c'est, en fait, de définir c'est quoi ses valeurs.
[51:44] C'est qui que tu veux projeter aussi avec ton choix de partenaire.
[51:50] Puis je pense que pour nous, c'était vraiment ça qui était clair et défini.
[51:54] Nous, c'est la famille ou pas pantoute.
[51:56] Puis on va toujours être dans des partenariats le plus longtemps possible.
[52:01] Puis on est fidèles avec nos partenaires.
[52:03] Puis on prend soin de nos partenaires.
[52:04] On n'en veut pas 150 000, mais si on en a quatre, bien, on va donner toute notre attention à eux.
[52:10] Puis je pense que c'était assez différent comme façon de voir.
[52:13] Puis il y a des fois, tu sais, on a dit non à des partenaires parce que, justement, on n'avait pas un alignement de valeur.
[52:20] Puis c'est correct.
[52:21] Puis tu sais...
[52:22] Je pense qu'autant que des fois, c'était déchirant, même pour tout le monde.
[52:25] C'est comme, OK, on dit non à un beau gros montant, mais ce n'est pas aligné avec qui on est.
[52:33] Puis ça ne va pas projeter le bon message.
[52:35] Puis je pense que c'est d'être vraiment fidèle à qui on est, d'où on vient.
[52:39] Puis je pense que c'était courageux de le faire.
[52:42] Mais en même temps, maintenant, je suis tellement fière parce que ça a mis…
[52:46] En fait, ça a envoyé un message très fort, clair et précis.
[52:51] Puis ça, pour moi, c'est...
[52:53] Tu sais, on en a une seule carrière.
[52:57] Puis on ne peut pas jouer à...
[52:59] On n'a pas vraiment de marge de manœuvre puis de place à l'erreur, je pense, en tant qu'athlète amateur.
[53:05] On n'a pas beaucoup de sous.
[53:06] On travaille fort.
[53:07] Fait qu'on le sait que chaque bidou est compté.
[53:09] Fait que...
[53:11] Notre image est encore plus importante.
[53:14] Puis je pense que ça, pour nous, c'était vraiment une des valeurs qu'on mettait toujours de l'avant.
[53:18] Puis je pense que c'est pour ça qu'on a pris soin de prendre chacun de ces partenaires-là, puis de les choisir, puis de les cultiver pour aller plus loin.
[53:25] Puis tu sais, maintenant, je suis au Friday World Tour avec plein de mes partenaires que j'ai depuis des années, de mes premières années en bosse.
[53:32] Puis ça, c'est grâce à justement ce sentiment-là de fidélité, puis…
[53:37] que j'ai cultivé toutes ces années-là, qui m'a permis justement de faire le jump entre le ski de bosse au free ride.
[53:43] Puis c'est grâce à tous eux qui m'ont supportée.
[53:46] Puis est-ce que t'as eu des...
[53:48] En fait, y a-tu un apprentissage que t'as fait d'une relation qui a mal tourné avec un partenaire?
[53:58] Que tu t'es dit ça plus jamais.
[54:03] Bien, je pense que...
[54:05] Toutes les situations où je crois que je dénaturais la personne que j'étais, j'allais à l'encontre encore une fois des valeurs de qu'est-ce que je voulais, que je pensais.
[54:18] Bien, c'est sûr que ça n'allait pas plus loin.
[54:21] Je pense que je ne me suis jamais rendue vraiment...
[54:24] Je pense que non, parce que j'avais vraiment comme clairement mon entourage qui me protégeait dans tout ça.
[54:29] Puis, tu sais, juste de pouvoir parler de tout ça.
[54:31] Tu sais, c'est vrai que c'est confrontant quand tu dois prendre une décision puis tu as juste un chiffre devant toi.
[54:36] Là, tu es toute seule dans ton salon et tu es comme, bien là, il faut que je le fasse.
[54:39] C'est tellement intéressant.
[54:40] Let's go, j'y vais.
[54:42] Mais tu n'as pas personne avec qui, comme, step out de la zone, step out de la room, puis d'être comme, OK, mais does it really make sense?
[54:48] Est-ce que c'est vraiment aligné avec la personne que je suis?
[54:51] Est-ce que c'est vraiment ça que je veux projeter comme message?
[54:54] Fait que...
[54:55] Maintenant, je pense qu'avec l'exercice et la pratique, je suis rendue bonne de tout de suite le savoir.
[55:00] Oui, non, oui, ça, ça marche.
[55:03] Ça, ça pourrait, mais ça, ça ne marchera pas parce que là, on est ailleurs.
[55:10] C'est cool.
[55:11] Ça fait totalement du sens avec toute ton expérience.
[55:13] Tu as vraiment appris à te connaître et à savoir où est-ce que tu veux aller.
[55:20] C'est quoi ta vision pour le futur ?
[55:22] qui tu étais au début puis qui tu veux demeurer.
[55:26] Et donc, on reste alignés.
[55:27] Puis je trouve ça vraiment hot parce que je pense que beaucoup de personnes vont s'y rattacher dans leur vie professionnelle, personnelle.
[55:38] On en a tous des choix à faire dans notre vie qui sont peut-être différents.
[55:43] Mais des fois, c'est dur de savoir bien prendre... Bien trouver notre X.
[55:50] Puis on n'a pas des identités tous aussi claires qu'un athlète professionnel, niveau champion du monde.
[56:00] C'est...
[56:02] C'est dur de se protéger et de savoir exactement qui on est dans ce temps-là, qui protéger.
[56:06] Mais en même temps, c'est de revenir à nos valeurs.
[56:08] Oui.
[56:10] Je pense que ça s'applique dans tout.
[56:14] Oui, effectivement, ma carrière d'athlète professionnelle, ça, c'est un volet.
[56:18] Mais, je veux dire, six mois par année, dans ma tête, je ne suis pas en ski.
[56:23] C'est quoi que tu es dans ce temps-là?
[56:25] Honnêtement,
[56:28] Je fais tellement n'importe quoi qui est tout pas rapport avec...
[56:32] On veut savoir.
[56:33] Moi, honnêtement, je l'ai dit plusieurs fois, mais...
[56:37] Je suis tellement basic.
[56:38] Je veux dire, j'aime vraiment tout ce que tout le monde fait sur Instagram.
[56:42] Moi, je scroll.
[56:43] Je n'ai pas peur de le dire.
[56:45] J'avoue, on a toute une addiction.
[56:46] C'est quoi que tu scrolls?
[56:47] C'est quoi dans ton feed tous les jours?
[56:50] Ensuite, je vais vous dire ce que je scroll.
[56:52] Je scroll des choses de couture.
[56:54] Moi, je fais énormément de couture.
[56:56] J'adore les DIY, l'art.
[57:00] J'adore.
[57:01] Honnêtement, j'aime toucher à tout.
[57:03] Moi, je viens justement d'une famille que mes parents faisaient tout eux-mêmes.
[57:06] Tu sais, genre, il n'avait pas peur.
[57:08] Il était comme, bon, mais il faudrait qu'on change la toiture.
[57:10] Puis là, il était comme, bon, mais les filles, vous allez nous aider, on va changer la toiture.
[57:14] Puis là, c'est comme...
[57:16] Mais comme, on ne savait pas comment changer une toiture.
[57:18] Mais maman était comme, tu sais quoi?
[57:20] On ne sait pas comment, on va l'apprendre.
[57:22] Puis si ça ne marche pas, on engagera quelqu'un puis on l'offre à faire.
[57:25] OK, j'adore.
[57:26] Fait que cette mentalité-là, c'était chez nous.
[57:28] Fait que je n'ai jamais eu peur d'essayer
[57:33] quelque chose comme coude, comme peindre.
[57:36] Fait que moi, j'aime vraiment ça faire des choses de DIY.
[57:39] Donc, une autre de mes passions, c'est le design intérieur.
[57:42] Comme j'ai passé, là, mettons, tout l'été à faire des rénovations au chalet familial où j'ai peinturé des murs, j'ai rabouté des vieux miroirs, j'ai fait des DIY, des coups.
[57:55] Honnêtement, comme...
[57:57] Je fais vraiment plein d'autres affaires que juste du ski.
[58:00] J'adore la cuisine.
[58:01] Je fais beaucoup, beaucoup de cuisine healthy, santé.
[58:04] C'est quelque chose que j'adore faire, comme justement pour bien me nourrir.
[58:07] C'est quelque chose que j'ai appris super jeune quand justement on voyageait, mes soeurs et moi.
[58:11] On avait 16 ans, on faisait le tour du monde.
[58:12] On habitait en appartement.
[58:14] Fait que là, il fallait se nourrir.
[58:15] Fait que rapidement, j'ai appris à faire à manger.
[58:17] Puis là, maintenant, bien...
[58:18] avec énormément plus de connaissances.
[58:21] Maintenant, je fais de la bouffe sans gluten, sans scie, sans lactose, sans ça.
[58:25] J'aime ça jouer avec ça, plus protéines.
[58:28] Bref, j'adore cuisiner.
[58:31] Mais oui, je fais beaucoup de choses.
[58:33] Est-ce que tu t'entraînes en même temps?
[58:35] Ça ressemble à quoi, un off-season?
[58:37] Oui, je m'entraîne maintenant tout le temps.
[58:39] OK.
[58:39] Dans le sens que j'ai comme décidé...
[58:42] que l'entraînement n'était pas une tâche.
[58:45] Mais je comprends.
[58:47] Je veux dire, l'entraînement, c'est...
[58:49] C'est parce qu'on peut...
[58:51] Quand on est athlète pro, j'imagine qu'on voit l'entraînement comme une tâche, peut-être.
[58:55] Mais en même temps, je veux dire, l'humain n'est pas fait pour être sédentaire assis dans son sofa.
[58:58] On est fait pour bouger puis pour être en santé puis être actif.
[59:06] Mais je suis curieuse de savoir, c'est quoi les entraînements que tu fais?
[59:09] Moi, je m'entraîne à peu près cinq jours par semaine.
[59:12] En salle, surtout?
[59:14] Avec mon entraîneur, que j'ai le même depuis que j'ai genre 12 ans.
[59:19] Wow!
[59:19] Oui, c'est vraiment Paul Gagné, un entraîneur privé incroyable qui a entraîné plein de joueurs de hockey de la Ligue nationale.
[59:27] plein d'athlètes d'haut niveau, puis c'est lui qui m'a complètement bâtie.
[59:31] Fait que je suis vraiment reconnaissante de tout son travail, puis il est juste tellement curieux, tellement créatif dans ses approches, fait qu'on ne fait jamais la même affaire.
[59:41] C'est toujours des nouvelles beautés, des nouvelles façons de faire, des nouvelles machines.
[59:45] Il est vraiment, vraiment un leader dans son domaine.
[59:49] Puis, pour moi, j'ai vite appris à comment pouvoir m'entraîner n'importe où dans le monde, avec n'importe quoi que j'ai.
[59:56] Je peux être dans ma chambre d'hôtel avec un élastique, puis me faire un gros workout, puis être en sueur.
[1:00:01] On est très créatifs parce que justement, on n'avait pas beaucoup d'argent, puis on devait voyager tout le temps.
[1:00:06] Comment on réussit à maximiser nos performances avec le moins d'impact possible?
[1:00:11] tout en gardant une force puis une puissance tout au long de l'année.
[1:00:15] Fait que moi, je m'entraîne vraiment, honnêtement, cinq jours semaine.
[1:00:19] Puis on a vite à maner qu'on prie à travers les années plus qu'on avançait de aussi voir la récupération puis les journées off comme des priorités.
[1:00:28] Oui.
[1:00:29] Puis je pense que c'est un sujet que je trouve tellement intéressant parce qu'on n'en parle pas assez.
[1:00:35] On se juge beaucoup, les femmes, surtout, de comme, « Oh mon Dieu, j'ai pris un off-day. »
[1:00:39] On est toujours dans l'excès, mais ce n'est pas pour le prioriser, pas pour se prioriser, on dirait.
[1:00:46] Puis je trouve ça tellement beau parce que le jour où on a arrêté au début, mais simplement on s'entraînait le samedi matin à toutes les fins de semaine.
[1:00:54] Puis on a vite réalisé qu'à un moment donné, on était fatigué, on était brûlé, on se mettait à avoir mal partout, une blessure là.
[1:01:01] Mais le jour qu'à un moment donné, notre trainer a dit, tu sais quoi, les filles, off en fin de semaine.
[1:01:05] Non, je ne veux pas vous voir au gym le samedi.
[1:01:08] Crém, on a vu que le lundi, il arrivait, on avait de l'énergie, on sautait sur la boxe encore plus haut, on poussait plus de watts.
[1:01:16] Puis tu sais quoi, on était comme bien plus heureuse parce qu'on avait eu notre deux jours où on a vraiment pu décanter puis faire ce qu'on veut, faire autre chose ou aller faire une ride de vélo ou aller marcher avec nos amis en montagne ou faire quelque chose qui est complètement outside de boxe, mais qui nous a permis d'avoir une santé mentale puis…
[1:01:35] de nous permettre d'arriver au gym et d'être heureuse.
[1:01:38] Je pense que pour moi, la récupération, c'est par justement les moments de se donner le droit d'être off.
[1:01:44] Moi, souvent, quand le monde qui me côtoie de vraiment proche, ils sont comme, voyons donc, t'es comme une athlète olympique, toi.
[1:01:52] Ils ne comprennent pas.
[1:01:53] Parce que moi, j'ai...
[1:01:55] Il y a beaucoup de repos.
[1:01:56] Il y a beaucoup de repos.
[1:01:57] La première fois que j'ai rencontré mon chien, il était comme, « Tu ne te lèves pas à 6 heures du matin, toi, tous les jours? »
[1:02:02] Je suis comme, « Oh, hell no! »
[1:02:04] Moi, si je peux avoir 12 heures de sommeil, je vais être très heureuse.
[1:02:08] Plus longtemps que je suis dans mon lit, plus longtemps que je suis heureuse.
[1:02:10] Je n'ai aucun intérêt de me lever à 6 heures du matin.
[1:02:13] Mais c'est tellement cool de vous entendre dire ça, puis tu n'es pas la seule athlète qui le dit, mais j'ai comme l'impression que, mettons, les gens, de façon générale...
[1:02:25] Et entrepreneur aussi, de façon générale, c'est comme si on valorait, genre, en faire toujours plus, toujours plus, dormir moins.
[1:02:32] C'est comme, « Hey, c'est cool.
[1:02:33] Toi, tu dors combien d'heures par semaine? »
[1:02:35] « Ah, oui. »
[1:02:35] « Ah, six. »
[1:02:37] « Mais moi, je suis à cinq. »
[1:02:38] « Ah, wow, t'es bon. »
[1:02:39] Tu sais, comme...
[1:02:41] Genre, ça s'accumule comme ça, puis on s'encourage à comme pas prendre soin de soi, ne pas avoir le temps. «
[1:02:47] Excuse-moi, je suis en train de dîner, il est 4 heures, mais c'est parce que j'ai eu des meetings toute la journée. »
[1:02:51] Puis je suis comme, « OK, mais comme, en fait, est-ce que c'est bien ou ce n'est pas? »
[1:02:55] Être occupée dans ma tête, c'est comme...
[1:02:57] qu'il n'y ait plus de bande passante au final.
[1:03:00] Cette bande passante-là qui nous permet de recevoir des faits nouveaux, d'accepter de la créativité, de faire des projets DIY, de faire un projet entrepreneurial ou juste de se régénérer pour mieux performer par la suite.
[1:03:15] Puis je suis vraiment personnellement en cette phase-là en ce moment d'apprendre à me reposer.
[1:03:19] Actuellement, je ne suis pas capable.
[1:03:21] Je ne suis vraiment pas capable, mais je suis vraiment...
[1:03:24] activement en train d'essayer de savoir comment je suis capable de construire ma vie pour amener du repos.
[1:03:29] Oui.
[1:03:29] Puis amener de l'espace.
[1:03:30] Oui.
[1:03:31] Mais, oh my God, je suis tellement, tellement en accord parce que c'est un art à développer.
[1:03:38] Puis je pense que je n'ai pas trouvé en commun non plus la réponse absolue à arrêter le jugement.
[1:03:44] Je pense que c'est ça le nerf de la guerre.
[1:03:47] C'est comme enlever le jugement.
[1:03:48] Ça, ça prend des années à dissocier de tout ça et être comme « Non, ça fait partie de mon entraînement que de prioriser ma récupération. »
[1:03:58] Mais il y a plusieurs formes de récupération.
[1:04:00] Puis je pense que c'est ça qu'on ne connaît pas encore.
[1:04:03] Une récupération, c'est quoi?
[1:04:05] C'est pas juste d'être évachée sur son couch à écouter la télé.
[1:04:09] C'est pas juste ça, être en mode genre, je récupère et je ressource mes batteries.
[1:04:15] Ça peut être d'aller voir tes amis.
[1:04:17] Ça peut être de chiller avec un groupe d'amis que ça fait longtemps que tu n'as pas vu.
[1:04:21] Puis souvent, des fois, moi, ça ne me tente pas.
[1:04:22] Je suis brûlée de ma sainte.
[1:04:23] Je suis comme, j'espère que ça ne me tente pas, mais il faut que je le fasse parce que,
[1:04:26] Si je ne vais pas voir mes amis, je vais me sentir déconnectée, je vais me sentir isolée, puis je vais moins bien aller pour ma santé mentale.
[1:04:33] Ça fait que je me force, mais ça, ça va me donner de l'énergie pour pouvoir continuer ou me reposer.
[1:04:40] C'est justement aller prendre une marche.
[1:04:41] Quand normalement, j'aurais été courir, puis genre me tuer au gym, faire un HIIT workout, au lieu de ça, je vais focusser sur une marche en forêt.
[1:04:49] Mais comme de continuer de bouger, je pense qu'on est tous comme des hyper active people où on a besoin de ce sentiment de comme on achève quelque chose, on bouge, on fait quelque chose, mais on peut le faire de façon comme plus douce et en respect envers nous-mêmes.
[1:05:06] Tu sais, mettons, moi, j'adore faire des saunas.
[1:05:07] Moi, ça fait tellement du bien.
[1:05:09] Est-ce que tu es allée au recess?
[1:05:11] Non.
[1:05:11] C'est vraiment cool.
[1:05:12] OK, cool.
[1:05:13] Tu iras, c'est dans Griffintown.
[1:05:15] Oui.
[1:05:15] C'est un sauna social.
[1:05:16] Ah oui, j'adore.
[1:05:17] C'est hallucinant.
[1:05:18] J'aime vraiment ça.
[1:05:19] En tout cas, ça, c'est un super bel exemple de comment tu peux réagir.
[1:05:22] Réussir à énergiser ta batterie par le biais de la socialisation, par le biais de faire une activité qui est calme, qui est apaisante, qui n'a pas d'impact sur nous, nos joints, notre énergie.
[1:05:33] Moi, maintenant, je priorise une fin de semaine.
[1:05:35] Je peux faire un sauna.
[1:05:36] C'est comme, wow!
[1:05:37] Si je peux marcher en forêt, parfait!
[1:05:39] Je vais me connecter avec la nature.
[1:05:41] Je vais me poser un petit peu.
[1:05:44] C'est dur d'accepter de rien faire, mais je pense qu'on peut trouver des moyens de faire des choses qui sont plus en douceur.
[1:05:51] Ou quelque chose de nouveau aussi pour lequel on n'a pas d'attente.
[1:05:54] C'est sûr.
[1:05:55] Cet été, je suis allée à Chamonix et j'ai appris le parapente.
[1:05:58] Oui.
[1:05:58] Je dois t'avouer que c'est stressant quand même apprendre le parapente.
[1:06:01] C'est un petit stress nerveux.
[1:06:04] Mais en même temps, de commencer quelque chose à zéro, genre dans la nouveauté, ne pas avoir aucune attente de performance,
[1:06:11] volé.
[1:06:12] Genre, c'était trop cool.
[1:06:14] Mais là, je me sentais quand même régénérée.
[1:06:17] Ça m'a vraiment permis de me décrocher de mes performances sportives ou autres.
[1:06:22] Je trouve que c'est vraiment cool.
[1:06:24] Mais, tu sais, ce feeling-là, moi, c'était la même chose quand j'ai pensé « je m'en vais dans le fur et à l'heure ».
[1:06:30] OK, mais là, ça m'amène à une autre question.
[1:06:32] Ça m'amène au segment sublime.
[1:06:36] La question sublime, en fait, c'est justement, c'est quoi le moment tournant, celui qui a changé ta vie?
[1:06:45] Ben...
[1:06:47] Je pense sincèrement, c'est le jour où je suis juste partie puis j'ai décidé de faire du freeride.
[1:06:52] Puis c'était comme, let's go, on y va.
[1:06:56] Un des moments tournants, je pense, ça a été quand je suis partie pour la première fois faire du freeride en Nouvelle-Zélande.
[1:07:02] Puis j'étais comme, OK, là, c'est bon, je me lance, je pars là-dedans.
[1:07:06] Puis je suis arrivée, puis j'étais comme, oh my God.
[1:07:09] As-tu eu peur?
[1:07:09] As-tu regretté?
[1:07:11] Ou t'étais comme « Wow, that's it ».
[1:07:13] Là, j'ai comme fait « Oh mon Dieu ».
[1:07:15] Je pense que j'étais naïve un peu de me dire « Let's go, ça a l'air facile.
[1:07:20] Let's go free ride. »
[1:07:21] Moi, j'étais une bonne skieur.
[1:07:22] J'ai quand même fait des backflips sur mes skis.
[1:07:24] Ça devrait bien aller.
[1:07:26] Puis d'arriver là, puis d'être comme « Oh my God », c'est une discipline en soi que j'ai… On dirait que je n'ai pas eu repère.
[1:07:33] On dirait que tout ce que je faisais était à l'encontre de ce que tu es censé faire.
[1:07:37] Moi, en ski de basse, tu es habitué d'être en avant, toujours sur tes orteils, comme une position de base, comme vraiment à l'attaque.
[1:07:43] Puis là, si tu es trop à l'attaque, oublie ça avec la poudreuse qui rentre avec tes skis.
[1:07:48] Là, tu as un pack-sac sur le dos qui t'amène par en arrière.
[1:07:50] Là, j'étais tout croche.
[1:07:52] Mes bottes de ski, juste les bottes de ski, l'équipement…
[1:07:55] Avant, j'avais des bottes hyper molles.
[1:07:56] Là, j'ai des...
[1:07:58] On dirait des bottes en béton.
[1:07:59] Tu sais, genre des détails, mais j'ai comme fait « Oh my God, OK, va falloir que je m'adapte. »
[1:08:04] Puis ça sera pas comme en claquant des doigts que je vais réussir à changer de discipline.
[1:08:09] Puis c'est là que j'ai comme dû comprendre que « OK, il faut vraiment que je sois humble. »
[1:08:15] ouverte, curieuse, parce que j'y arriverais pas.
[1:08:19] Si je continue à penser que, comme, juste parce que j'ai du talent dans un sport, que je vais exceller dans un autre, pas du tout.
[1:08:26] Puis cette humilité-là, je pense que c'est vraiment...
[1:08:29] C'était ça, la clé du succès de mon switch de carrière, parce que ça n'a pas été long que l'humilité est rentrée, puis j'ai fait « Oublie ça ».
[1:08:36] Genre, j'ai fait une compétition en Nouvelle-Zélande, puis j'étais comme...
[1:08:41] Écoute, j'avais tellement aucune idée de comment faire, quoi faire.
[1:08:44] J'étais vraiment nulle à chier, comme pas bonne, parce que je n'avais pas les outils, je n'avais pas les bonnes personnes pour m'entourer, je n'avais pas de coach.
[1:08:52] Comme, « Ah, tu es allée toute seule, toute seule, il n'y avait personne à toi. »
[1:08:55] Tu sais, j'étais comme, « OK, va fort que je demande de l'aide et que j'aille la bonne aide autour de moi pour y arriver et que j'écoute les gens ici. »
[1:09:03] Parce que moi, j'ai bien beau avoir skié toute ma vie,
[1:09:07] Les montagnes de cette hauteur-là, je les connais pas.
[1:09:11] Puis quand tu as approché les gens pour leur demander de l'aide, j'imagine qu'ils étaient vraiment heureux de t'aider aussi à ce moment-là.
[1:09:16] Bien oui, tellement, tellement.
[1:09:18] Puis tu sais, je pense que c'est comment tu poses ta question aussi qui est comment que les gens vont être...
[1:09:23] vont percevoir, puis vouloir t'aider.
[1:09:25] Puis je pense que c'est ça qui a fait en sorte que j'ai réussi à apprendre aussi vite.
[1:09:29] C'est que j'étais curieuse de vouloir les entendre, vouloir comprendre.
[1:09:32] Puis autant que je sais d'où je viens, puis je sais que je viens d'un monde de ce qui te bosse, puis moi, j'étais capable de... OK, moi, dans mon monde, c'est le même qu'on parle.
[1:09:42] Eux autres, c'est le même qui parle.
[1:09:43] Puis là, de réussir à comme...
[1:09:45] voir ces deux langues-là, comment que je peux, moi, être le milieu dans tout ça.
[1:09:49] Parce que je n'allais pas changer non plus à 100 % qui j'étais.
[1:09:53] Tu sais, j'ai trop fait de répétitions dans le ski de basse, que la skiuse de basse va toujours faire partie de mon ski.
[1:10:00] Mais je peux l'adapter, puis je peux la modifier par rapport à c'est quoi le freeride.
[1:10:04] Tu sais, ça me demande d'être un petit peu plus par en arrière.
[1:10:06] Quand je fais un backflip, bien, j'ai plus besoin d'utiliser mes bras comme je faisais avant parce que...
[1:10:12] J'ai plus ce même kick-là.
[1:10:14] D'adapter ma façon que je skiais, ça a été vraiment un bel apprentissage, mais je pense que ce point tournant-là a vraiment été par le fait que je me suis mis humble et justement humaine de me dire, pour vrai, je n'ai pas la réponse, je ne sais pas, et j'ai besoin de votre aide.
[1:10:31] C'est vraiment hot.
[1:10:33] C'est vraiment hot.
[1:10:34] Mais ce que je trouve qui est fou de ça, c'est qu'on est tous là à s'empêcher de vivre l'erreur.
[1:10:43] On s'empêche d'essayer des choses parce qu'on ne veut pas échouer.
[1:10:47] Puis toi, en étant championne olympique, tu t'es mis dans une position où est-ce que tu connaissais foutument rien.
[1:10:56] Puis tu t'es dit, bien non, mais dans les faits, je veux dire, tu étais quand même une skieuse extraordinaire.
[1:11:01] Mais reste que tu t'es mise dans une position où est-ce que tu étais en toute humilité, pas la meilleure, puis que tu avais juste à apprendre.
[1:11:10] Puis je trouve que c'est vraiment une belle leçon pour tout le monde parce que regarde où est-ce que ça peut nous mener, tu sais.
[1:11:15] C'est fou.
[1:11:15] Mais exactement, puis je pense que moi, c'est ça la plus belle leçon que j'ai compris.
[1:11:18] Tout ça, ça m'a juste appris comme, hey, si j'étais capable de le faire, bien un, tout le monde peut le faire.
[1:11:24] Est-ce que tu t'es dit, oh my God, qu'est-ce que je peux faire de plus encore?
[1:11:26] Bien oui.
[1:11:28] Bien oui.
[1:11:29] En fait, c'est ça que je trouve le plus fabuleux, c'est que ça m'a, moi, personnellement, débloquée à la peur que j'avais de la retraite.
[1:11:38] Le fameux mot que comme...
[1:11:41] qui est vraiment plus peur de la retraite?
[1:11:44] Tout le monde, je veux dire, tous les athlètes professionnels amateurs se disent tous, « Qu'est-ce que je vais faire après? »
[1:11:51] Puis c'est la question que tout le monde se pose pendant des années.
[1:11:54] Avant que ça se passe, pendant que ça se passe, après que ça se passe, c'est comme vraiment...
[1:11:59] Il n'y a pas grand monde qui change de carrière à 30 ans puis décide de changer bout pour bout puis d'aller dans un champ gauche.
[1:12:05] Mais nous, les athlètes, on est comme obligés.
[1:12:08] À un moment donné, notre corps ne peut plus être au sommet de notre or.
[1:12:12] Fait qu'il faut faire autre chose.
[1:12:14] Mais c'est vraiment difficile parce que, comme tu dis...
[1:12:18] de s'imaginer qu'on était au top, puis que là, tu retombes au plancher de vache, puis là, tu apprends de nouveau.
[1:12:24] Bien, en fait, en faisant, moi, l'exercice de changer de carrière, de changer de discipline, ça m'a appris que, finalement, je sais que j'aime apprendre, je sais que je suis assez curieuse, puis je suis assez...
[1:12:36] pour pouvoir poser des questions puis vouloir apprendre le plus vite possible puis me retrousser les manches parce que ça, je l'ai appris dans le ski.
[1:12:44] Donc, maintenant, ça ne me fait plus peur.
[1:12:46] Chose qu'avant, j'aurais pu vraiment avoir peur parce que, mettons, retourner sur les bancs d'école à l'université, de retourner avec plein de jeunes qui font ça de leur vie, être devant un ordi que moi, je ne suis plus capable d'être assise devant un ordi pendant des heures.
[1:12:58] J'ai juste écrit sur un ordi.
[1:13:00] Je n'ai plus cette même facilité-là vu que ça fait des années que je suis...
[1:13:04] Je ne suis pas devant les bancs d'école.
[1:13:05] Donc, tu sais, juste imaginer comme réapprendre des choses comme ça, c'est terrorisant pour beaucoup d'humains.
[1:13:11] Fait que maintenant, en l'ayant vécu une fois, bien là, maintenant, j'ai réalisé que finalement, ça ne m'a pas tué.
[1:13:17] Ça m'a juste fait grandir.
[1:13:18] Oui, tu n'en as pas de limite au final.
[1:13:20] Finalement, on n'en a aucune.
[1:13:21] Puis c'est ça qui est beau, c'est que tu te dis, OK, what's next ?
[1:13:26] Ben justement, what's next?
[1:13:28] Oh my God!
[1:13:29] Ben là, ça pourrait être tout un autre podcast.
[1:13:32] What's next?
[1:13:33] Je pense que je me pose vraiment beaucoup de questions.
[1:13:36] Beaucoup de questions dans les derniers mois.
[1:13:38] Par rapport à?
[1:13:40] Ben, pour moi, il y a eu la belle nouvelle que le Freeride s'en allait aux Jeux olympiques.
[1:13:45] Qui est extraordinaire comme nouvelle.
[1:13:47] Qui est extraordinaire.
[1:13:48] Je pense que là, les bums de ski vont peut-être vouloir… Oui!
[1:13:51] Bien, tu sais, quand moi je pense à cette nouvelle-là, je pense à énormément de chance et d'opportunité de voir plein de beaux visages, plein de skieurs, plein de jeunes filles pouvoir vivre de leur rêve qui est de skier au plus haut sommet, sur le plus beau stage au monde qui est les Jeux olympiques.
[1:14:10] Puis moi, je l'ai vécu, puis je sais comment ça a été la plus belle expérience de ma vie.
[1:14:15] Donc, je le souhaite à tout le monde dans un sens.
[1:14:17] Puis de savoir que ce sport-là va avoir maintenant enfin sa chance, je pense que c'est juste incroyable.
[1:14:26] Moi, je suis tellement fière d'être la première Canadienne skieuse de freeride, d'avoir remporté le Freeride World Tour, puis à faire découvrir ce sport-là, puis de savoir que maintenant, ça s'en va aux Jeux olympiques.
[1:14:36] C'est sûr qu'on dirait que ça m'a amené énormément de questions parce que j'étais comme, OK, est-ce que c'est un signe de l'univers?
[1:14:42] J'étais aux Jeux olympiques il y a quatre ans.
[1:14:46] Je décide de m'en aller bout pour bout, de faire autre chose.
[1:14:49] Puis là, vous me rappelez de même, puis vous me dire que ça s'en va aux Jeux olympiques, ce que je fais maintenant.
[1:14:54] Est-ce que je suis censée continuer pour vivre ce rêve-là une quatrième fois ?
[1:15:00] C'est vraiment alléchant.
[1:15:03] Comme pour la fille addict à la performance, aux compétitions, et comme, oh my God, let's go, Ju.
[1:15:09] Mais en même temps, ça vient avec énormément de sacrifices et de décisions en arrière-scène.
[1:15:14] C'est dans deux ans, hein?
[1:15:15] Quatre ans.
[1:15:16] Quatre ans, oui.
[1:15:17] Dans deux ans, c'est...
[1:15:20] C'est quand même un choix qui est difficile à prendre.
[1:15:23] Puis j'avouerais que je n'ai pas pris ma décision.
[1:15:27] Il est tôt encore pour l'apprendre.
[1:15:30] Mais tu sais, what's next?
[1:15:32] Anything is possible.
[1:15:33] Dans le sens que je pourrais autant aller dans le champ gauche que le champ droit.
[1:15:36] Je ne le sais pas encore.
[1:15:37] J'ai l'impression que tu nous réserves plein de surprises.
[1:15:41] Tout est possible maintenant que j'ai trouvé la clé de Pandore.
[1:15:45] Mais pour vrai...
[1:15:47] J'essaie sincèrement, autant que j'aime avoir des objectifs dans la vie, j'aime ça avoir des goals, des plans.
[1:15:53] Je suis une personne qui a besoin d'avoir une ligne directrice.
[1:15:59] Mais en même temps, je pense que j'ai appris aussi à être ouverte, à être flexible à la vie.
[1:16:05] C'est ça que le Fred m'a appris, à être flexible, à être malléable dans des situations, puis à être ouverte et curieuse à voir ce qui est possible.
[1:16:12] Je pense que...
[1:16:15] Je le sais pas.
[1:16:15] J'ai le goût de toucher à plein de choses.
[1:16:17] Je suis encore, dans ma tête, oui, jeune, mais en même temps, non.
[1:16:22] Pour mon sport, je suis une vétérante.
[1:16:24] C'est fou, hein?
[1:16:25] 32 ans.
[1:16:26] C'est spécial.
[1:16:28] Est-ce que je veux défier les lois de l'âge puis continuer jusqu'à 36 ans?
[1:16:33] Peut-être.
[1:16:34] Ou j'ai envie d'autre chose, bâtir une famille puis une business?
[1:16:39] Peut-être.
[1:16:39] Tu sais, il y a comme...
[1:16:41] C'est des gros choix de vie.
[1:16:42] Puis je pense qu'il y a bien des femmes qui sont un peu sûrement dans des situations similaires.
[1:16:48] Tu sais, j'en parle beaucoup avec des amis présentement qui sont comme...
[1:16:51] Tu sais, juste avoir des enfants, comme je commence à vieillir, je commence à vieillir de plus en plus.
[1:16:56] Puis pour nous, les femmes, c'est comme un gros choix en tant qu'athlète parce que c'est comme un ou l'autre.
[1:17:03] Puis aussi, un ou l'autre, des fois, on dit qu'on peut faire les deux, mais quand tu fais un sport qui est à très haut risque, c'est vraiment différent.
[1:17:11] Moi, personnellement, dans le monde de l'alpiniste, j'ai 30 ans.
[1:17:13] Je suis comme « bon, bien, moi, il faut que je fasse mes projets de montagne les plus risqués là, maintenant, parce qu'après, si je veux avoir des enfants… »
[1:17:25] qui fait précipiter des projets que j'aurais fait plus tard, mais parce que je ne veux pas avoir des enfants en les faisant.
[1:17:30] En tout cas, je comprends.
[1:17:31] Mais tu sais, c'est différent, mais je comprends.
[1:17:33] – Non, non, c'est très similaire, je te dirais, parce que c'est toutes ces questions-là qui me reviennent, tu sais, à tous les jours, d'être comme « OK, mais ça, il faut que je fasse quand tout le monde fait des enfants, tout le monde de mon âge ont un deuxième enfant, puis moi, je suis là en train de skier partout dans le monde, à risquer ma vie. »
[1:17:49] – On parlait de l'équilibre, mais genre ça, c'est notre équilibre, puis comme c'est correct, puis
[1:17:55] Je pense que quand on fait les choses vraiment pour les bonnes raisons, premièrement, la vie, elle va faire les choses.
[1:18:00] Si tu es dû pour avoir des enfants, ça va arriver.
[1:18:03] À un moment donné, tu sais.
[1:18:04] Mais je ne sais pas.
[1:18:06] OK.
[1:18:06] Mais là, j'ai des rapid-fire questions qu'idéalement, on répond en peu de mots.
[1:18:12] OK, peu de mots.
[1:18:12] Mais on pourrait parler longtemps de chacun des points.
[1:18:15] Fait que voilà.
[1:18:16] Alors, de quoi la Justine de 10 ans serait la plus fière aujourd'hui?
[1:18:22] Wow.
[1:18:23] Hum...
[1:18:25] Je pense qu'elle serait comme vraiment fière d'où est-ce qu'elle s'est rendue et qu'est-ce qu'elle a décidé de faire.
[1:18:34] Je pense qu'elle me trouverait vraiment cool.
[1:18:36] Je pense qu'elle trouverait ça vraiment cool que je fasse le tour du monde à skier, à vivre de ma passion, puis juste d'avoir l'air d'avoir du fun aussi.
[1:18:49] Pas juste pour la performance à tout prix.
[1:18:53] J'adore.
[1:18:55] À quoi tu penses dans les cinq secondes avant de te lancer?
[1:19:02] Je pense à toutes mes petites roches, puis à tous mes targets, puis mes… C'est genre la dernière visualisation de la ligne que tu t'en vas prendre.
[1:19:12] Oh, clairement, je pense à tout ça en même temps.
[1:19:14] Puis juste avant de partir, je suis comme, OK, on respecte, on met ça de côté, puis…
[1:19:20] Genre, un blank space, on y va.
[1:19:22] OK, nice.
[1:19:23] Wow, j'adore.
[1:19:24] C'est fou ton regard quand t'en parles, là.
[1:19:26] Oui.
[1:19:27] T'es vraiment, vraiment focus.
[1:19:29] C'est vraiment hot.
[1:19:31] T'as-tu une superstition ou un rituel?
[1:19:35] Je pense que j'en ai quand même plusieurs.
[1:19:36] On en veut quelques.
[1:19:37] Mais genre, un petit crunchy, au moins.
[1:19:40] Bien, je suis quand même toqueuse, tu sais, sur des petits cossins, mais j'essaye de me détacher.
[1:19:46] On dirait que je suis assez consciente d'être comme...
[1:19:48] c'est un red flag.
[1:19:49] Il ne faut pas trop...
[1:19:51] J'en mets de l'attention sur ces petits tocs-là, mais juste la façon que je vais m'habiller le matin, les étapes que je vais mettre, les choses que je vais écrire dans mon journal, est-ce que j'ai vraiment écrit à la chaîne, comme tout, tout, tout.
[1:20:06] Des fois, j'essaie de me dissocier de tous ces petits tocs-là.
[1:20:10] Qu'est-ce que j'ai mangé la veille?
[1:20:12] Avant, j'étais comme, OK, qu'est-ce que j'avais mangé?
[1:20:13] Mais là, OK, si je ne mange pas la même affaire, je vais me faire maner.
[1:20:16] Ce n'est pas grave.
[1:20:16] Fais-tu un repas de prédilection?
[1:20:20] Non.
[1:20:22] Mais tu sais, je vais toujours manger similaire.
[1:20:24] Je suis très...
[1:20:26] Genre?
[1:20:27] J'aime bien des pâtes.
[1:20:29] Ouais.
[1:20:29] Spaghetti bolognaise, là.
[1:20:31] OK.
[1:20:31] T'es guidou, là.
[1:20:32] Oh my God, j'aime ça.
[1:20:32] Regarde ça, c'est...
[1:20:33] J'aime tellement ça.
[1:20:34] Un mantra dans l'adversité.
[1:20:36] Quand ça va pas bien, c'est quoi que tu dis?
[1:20:37] Hum...
[1:20:38] Il n'y a rien qui arrive pour rien.
[1:20:40] Comme, embrace the moment, puis même les moins bons, parce qu'il y a une raison pourquoi ça t'arrive.
[1:20:47] Puis je pense que ça me donne juste de l'espoir à continuer d'avancer, même dans l'inconfort.
[1:20:54] J'adore.
[1:20:55] Oui.
[1:20:55] Est-ce que tu as un livre préféré?
[1:20:57] Un livre qui a changé ta vie?
[1:20:59] Oui.
[1:21:02] C'est le livre de Oprah, « What I Know For Sure ».
[1:21:06] Je le lis à chaque année.
[1:21:09] Ok, je ne l'ai jamais lu, mais là, j'adore.
[1:21:11] Je vais le lire.
[1:21:12] Je ne sais pas.
[1:21:13] J'aime Oprah.
[1:21:14] Tout est très spirituel et c'est quelque chose que j'aime énormément développer.
[1:21:19] Puis, elle est toujours positive.
[1:21:22] Puis, elle a tellement de sagesse.
[1:21:23] Elle a tellement d'expérience.
[1:21:24] Elle a tellement vécu que...
[1:21:26] Je ne sais pas, tout d'elle, dans ma tête à moi, je suis comme, oui.
[1:21:30] J'adore.
[1:21:31] J'approuve.
[1:21:31] Je suis comme, ça fait tellement de sens quand elle dit.
[1:21:34] Puis, c'est un livre où c'est très court, c'est très compact.
[1:21:38] OK.
[1:21:38] Puis, c'est juste les choses qu'elle sait...
[1:21:42] À 100% comme ça, je le sais que c'est ça la vérité de la vie.
[1:21:46] Peu importe sur une situation qu'elle a vécue.
[1:21:48] Je trouve ça court, efficace en images.
[1:21:52] On dirait que j'aime vraiment ça le lire à chaque année.
[1:21:56] J'adore.
[1:21:56] Je ne l'ai jamais lu.
[1:21:58] J'adore la lecture.
[1:21:59] J'ai trop hâte de le lire.
[1:22:02] Et la dernière chose, c'est que dans le petit livre-là, on va écrire une phrase, la phrase de chacun des invités.
[1:22:07] Genre, la phrase qui t'inspire au quotidien.
[1:22:11] Parfait.
[1:22:12] C'est quoi, toi, ta phrase qui t'inspire au quotidien?
[1:22:14] Hum...
[1:22:18] C'est dur.
[1:22:19] Je sais que c'est dur.
[1:22:20] Mais ça pourrait être ton mantra dans l'adversité aussi.
[1:22:22] OK.
[1:22:23] Je pense que ça pourrait être ça en top 1.
[1:22:25] Sinon, une autre qui me vient qui n'a aucun rapport.
[1:22:27] J'aime ça.
[1:22:28] Aucun rapport avec le ski, le sport, la performance, whatever.
[1:22:30] C'est « des chiens, ça fait pas des chats ».
[1:22:34] Qu'est-ce que ça veut dire « des chiens, ça fait pas des chats » ?
[1:22:37] Qu'est-ce que ça veut dire ?
[1:22:38] C'est juste que je pense que littéralement, je dis cette phrase-là à tous les jours ou à toutes les semaines.
[1:22:42] Dans quel contexte ?
[1:22:44] C'est en voulant dire… Oui ?
[1:22:47] que t'es ce que t'es.
[1:22:50] Dans le sens que c'est normal que je sois telle personne parce que je viens d'une mère qui était comme ça.
[1:22:55] Tu sais, dans le sens que...
[1:22:57] Je comprends.
[1:22:58] C'est magnifique.
[1:23:00] T'es la personne que t'es parce que t'as eu tes parents, parce que t'as été élevée dans telles circonstances.
[1:23:05] Puis pour moi, c'est comme... Bien, c'est normal que quelqu'un soit de même parce que des chiens, ça va pas faire des chats.
[1:23:12] J'aime ça.
[1:23:12] La pomme tombe pas loin de l'arbre, dans le sens qu'on doit accepter qui on est, tu sais.
[1:23:17] Puis je pense que comme...
[1:23:19] Des chiens, ça fait pas des chats.
[1:23:20] Ça me fait juste rire parce que je sais pas si ça excuse des comportements qu'on est, mais je trouve que ça explique tout.
[1:23:26] On n'a pas besoin des fois d'essayer de chercher plus loin que la réponse est juste devant nous.
[1:23:30] J'aime ça, c'est tellement simple, puis c'est funny.
[1:23:33] J'aime ça.
[1:23:34] Merci, Justine, d'être venue sur le balado.
[1:23:36] C'était trop le fun.
[1:23:38] Vraiment.
[1:23:39] On peut continuer, SP ?
[1:23:41] Non, mais pour vrai, merci trop.
[1:23:42] Puis, tu es la bienvenue quand tu veux.
[1:23:45] Je sais que tout le monde du balado va avoir plein de questions.
[1:23:49] Girls Gang, qui va être vraiment solidaire avec tes projets.
[1:23:53] On a vraiment hâte de « cheer for you » dans n'importe quel prochain projet que tu peux entreprendre.
[1:23:58] Alors, merci.
[1:23:58] Merci à toi.
[1:23:59] C'était vraiment fabuleux.

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