# Performance durable : clarifier ses objectifs et les atteindre — avec Anabelle Guay

An episode of [umea](https://invisiblenetwork.ai/podcast/1869986285), 28 Apr 2026, 1 h 04 min.

Audio: https://episode.flightcast.com/01KMXPHQ2QFDD7DHX4J7KQT59J.mp3

Dans cet épisode du balado umea, je reçois Anabelle Guay — aventurière, conférencière et doctorante en psychologie du travail et des organisations — pour plonger au cœur des fondements de la psychologie de la performance durable. Loin du discours motivationnel superficiel, on explore ce qui soutient réellement la performance dans le temps. Comment établir des objectifs porteurs de sens, alignés avec notre identité? Comment développer une perception juste des défis? Comment s'autoréguler face au stress, à l'anxiété et à la pression? Et surtout, comment maintenir ce qui a été construit sans s'épuiser? Cet épisode ressemble à un atelier en temps réel, où Anabelle partage les clés concrètes issues de la recherche pour clarifier, atteindre et maintenir ses objectifs avec lucidité et alignement. Dans cet épisode, on explore : • La différence entre objectifs de résultat et objectifs de processus — et pourquoi les objectifs de processus sont ceux sur lesquels on a vraiment du contrôle • Comment aligner ses objectifs avec son identité et ses valeurs — voter pour la personne qu'on veut devenir • L'importance d'écrire ses objectifs, son plan d'action et le sens derrière chaque démarche — une augmentation de 33 à 42 % des chances de réussite • Comment décliner un grand objectif en sous-objectifs concrets et actions réalisables dès demain matin • La perception des défis — voir un objectif comme un challenge plutôt qu'une menace pour réduire le stress et performer mieux • L'impact biologique de la perception sur le cortisol et la performance • La carte interne — comment notre perception influence notre réalité et pourquoi il faut l'aligner avec la demande réelle • Les stratégies if-then — se préparer aux imprévus sans tomber dans le scénario catastrophe • La pleine conscience appliquée au sport — comment se reconnecter à ses sensations pour entrer en flow et améliorer sa concentration • Le journal de performance — tracker ses actions, sa motivation, sa confiance et identifier les patterns pour ajuster sa trajectoire • Pourquoi tout n'est pas performance — l'importance de ne pas vouloir optimiser sa vie entière au détriment de sa santé, de ses relations et de son équilibre • Comment transformer un objectif en habitude durable — rendre l'habitude évidente, attrayante, facile et satisfaisante • Le mythe des 21 jours — pourquoi créer une habitude peut prendre de 21 à 234 jours selon la complexité du comportement • L'importance de ralentir pour mieux performer — pourquoi la base de tout objectif doit être la santé, le sommeil et l'équilibre • Le témoignage personnel d'Emma sur son diagnostic d'aménorrhée hypothalamique fonctionnelle et RED-S — revenir à la base avant de rêver grand Anabelle parle avec une clarté exceptionnelle de ce que personne ne dit assez : que la performance durable ne se construit pas dans l'urgence, que les objectifs doivent être alignés avec qui on veut devenir, et que ralentir n'est pas abandonner, mais mieux se préparer à performer longtemps. Un épisode essentiel pour tous ceux qui veulent performer sans s'épuiser, qui croient que l'alignement est plus important que la vitesse, et qui rêvent de bâtir une vie ambitieuse sans perdre leur humanité.

## Transcript

[0:00] Bonjour tout le monde, bienvenue au Balado IMEA.
[0:02] On est aujourd'hui accompagnés encore une fois d'Anna Belgué,
[0:06] qui est aventurière, conférencière et doctorante en psychologie du travail et des organisations.
[0:12] Puis dans ce deuxième épisode avec Annabelle,
[0:15] on vient plonger dans les fondements de la psychologie de la performance durable.
[0:20] Donc, on vient dépasser un petit peu le discours motivationnel
[0:25] pour comprendre ce qui soutient réellement la performance dans le temps.
[0:29] Donc, on vient établir des objectifs qui sont porteurs de sens,
[0:36] vraiment, qui sont alignés avec notre identité.
[0:39] On parle de c'est quoi avoir une perception juste des défis.
[0:44] On parle aussi des outils qu'on peut mettre en place afin de s'auto-réguler,
[0:49] gérer le stress, gérer l'anxiété, gérer aussi c'est quoi avoir des objectifs
[0:55] pas nécessairement trop hauts, mais désalignés,
[0:58] puis une pression de performance.
[0:59] Puis finalement, on vient parler de c'est quoi,
[1:02] comment est-ce qu'on peut faire pour mettre des systèmes
[1:04] qui permettent de maintenir en fait ce qui a été construit.
[1:08] C'est définitivement un épisode qui est axé sur la clarté, la lucidité,
[1:13] l'alignement dans une perspective de performance durable.
[1:18] Je dirais que c'est peut-être même aussi un atelier ou une conférence in real
[1:24] de Annabelle qui nous parle de la recherche
[1:28] puis de ce qu'elle appelle la performance durable.
[1:29] C'est un épisode que j'applique concrètement dans son D2D.
[1:31] Je vous dis, c'est un épisode que je vais vouloir réécouter de mon côté
[1:36] en prenant des notes concrètement pour savoir un peu comment justement
[1:40] clarifier mes objectifs, vraiment savoir c'est lesquels mes bons objectifs,
[1:45] puis ensuite comment les atteindre, et puis finalement,
[1:49] comment maintenir ces objectifs-là, comment maintenir un niveau
[1:53] de performance qui est durable.
[1:56] Donc évidemment, Annabelle, c'est une grande amie à moi.
[1:59] Mais c'est aussi une personne que je pense va être heureuse de revenir sur le balado
[2:04] pour nous parler de plein d'autres sujets.
[2:06] Donc si vous avez des questions, des suggestions, des pistes que vous aimeriez
[2:10] qu'on aborde ensemble, n'hésitez pas, ça va nous faire grandement plaisir.
[2:13] Puis je suis pas mal certaine qu'Annabelle et moi, un jour,
[2:16] on va faire une grande aventure ensemble.
[2:19] Je n'en dis pas plus, mais je pense que ça va arriver.
[2:23] Donc, bonne écoute.
[2:24] OK, Anna, je suis tellement excitée parce qu'on rentre dans un épisode,
[2:29] un petit peu différent de ce qu'on fait d'habitude au balado,
[2:33] puis aussi ce qu'on entend de façon générale, des balados typiques.
[2:37] L'idée aujourd'hui, c'est que tu nous fais quasiment un atelier
[2:40] sur comment se mettre des objectifs et les réaliser, si on peut dire.
[2:46] Fait que tu prends le lead de l'épisode, puis tu nous diriges 100 %.
[2:53] On est comme encore en début d'année, 20-26, puis je sais que moi, personnellement,
[2:58] puis comme plusieurs qui nous écoutent, on a des objectifs.
[3:01] Puis on ne sait pas nécessairement...
[3:03] Peut-être des fois qu'on ne les a pas tout à fait ces objectifs-là en tête.
[3:06] C'est un petit peu flou, mais il y a des idées.
[3:10] Oui, ils sont là, ils sont là.
[3:12] Ils volent dans notre esprit, puis on ne sait pas nécessairement lesquels attraper,
[3:17] les clarifier, les définir, savoir comment les réaliser.
[3:21] Donc, parle-moi...
[3:23] Commençons en fait dans le cœur du sujet ensemble.
[3:25] Comment est-ce qu'on vient clarifier sa direction au final?
[3:30] D'abord, je dois dire que c'est un de mes sujets préférés.
[3:33] Les objectifs, c'est les habitudes.
[3:34] D'ailleurs, mes amis rient tout le temps de moi parce qu'ils me disent
[3:36] « Oh, Anna, puis ces objectifs... »
[3:38] Mais moi, c'est vraiment comme ça que je fonctionne.
[3:42] Et la question que tu me poses, comment on fait pour les clarifier,
[3:44] je pense que c'est une trame de fond vraiment pertinente.
[3:47] Parce que si on se pose un objectif qui n'est pas vraiment aligné avec qui on est,
[3:51] c'est sûr que ça va être plus difficile de l'atteindre.
[3:52] Puis ça, les recherches le démontrent.
[3:54] Je pense que...
[3:55] Il faut distinguer, dans le fond, le but ou l'objectif qui est plus lié au processus
[4:00] puis un objectif qui est plus orienté vers les résultats.
[4:03] Donnons un exemple assez concret.
[4:06] Mon objectif, c'est de faire un podium à la course
[4:08] versus un objectif du processus.
[4:12] Ce qui est plus...
[4:12] Bien, moi, mon objectif, c'est d'améliorer ma foulée,
[4:15] améliorer ma vitesse à la course.
[4:17] On a un des objectifs qui est plus lié au end state,
[4:20] à ce que je veux aller chercher, monter l'Everest,
[4:23] courir un marathon et être sur le podium, etc.
[4:26] Versus des objectifs qui sont plus liés au processus
[4:29] pour s'y rendre à ce grand objectif-là.
[4:32] Puis ce qu'on sait, c'est que les objectifs qui sont plus liés vers le processus,
[4:36] bien, on a plus de contrôle sur ces objectifs-là.
[4:39] Par exemple, l'idée de faire un podium
[4:41] versus l'idée de... l'objectif d'améliorer sa foulée à la course.
[4:46] Il n'en dépend que de nous d'aller à l'extérieur
[4:49] puis de se dire, OK, quand je cours, par exemple,
[4:51] je fais attention à ma posture, j'augmente ma vitesse,
[4:55] à ce... en tout cas, ce qu'il faut faire pour améliorer sa foulée.
[4:57] Je ne suis pas une pro là-dedans.
[4:59] Versus d'être sur le podium,
[5:01] où là, il y a plein de choses qui sont hors de notre contrôle.
[5:03] Tu sais, la météo qui va faire, ce jour-là...
[5:05] On ne contrôle pas la performance des gens non plus.
[5:07] La performance des gens, le stress qu'on peut avoir, nous,
[5:10] dans cette espèce de moment-là où il faut absolument performer.
[5:14] Et donc, c'est plus facile de venir travailler sur des objectifs
[5:17] qui sont liés vraiment au processus
[5:19] qu'un objectif qui est, tu sais, de grande envergure,
[5:22] mais où on parle d'un résultat.
[5:24] Wow!
[5:24] Puis ça, c'est vraiment important de le garder en tête
[5:26] quand on choisit les objectifs qu'on veut se poser, tu sais.
[5:29] Fait que ça, je pense que c'est un des éléments clés qu'il faut retenir.
[5:32] Et sinon, l'autre élément qui...
[5:34] Les objectifs qui sont liés à notre identité ou à nos valeurs,
[5:37] à ce qui fait du sens pour nous.
[5:39] Pensons à qu'est-ce qu'on veut devenir plus tard.
[5:42] Par exemple, moi, je veux être une personne en santé, équilibrée, etc.
[5:46] Bien, si je choisis un objectif qui va dans ce sens-là,
[5:49] c'est beaucoup plus facile de le poursuivre à long terme.
[5:52] C'est comme un peu si on se donnait un vote.
[5:54] Pour le nanou du futur, tu sais.
[5:56] Est-ce que ce que je fais, mon comportement au quotidien,
[5:59] je me donne un vote pour moi qui veux être une personne en santé,
[6:02] équilibrée, qui bouge au quotidien,
[6:04] versus moi qui me pose un objectif qui n'est pas aligné, par exemple.
[6:08] Ça serait quoi un objectif, mettons, pas aligné?
[6:11] Dans quel contexte est-ce qu'on fait ça?
[6:13] En fait, des fois, ça peut être des objectifs qui nous sont proposés par d'autres.
[6:18] Tu sais, tantôt, tu disais, qu'est-ce qui fait qu'on dit oui à quelque chose
[6:21] ou qu'est-ce qu'à un objectif que je vois passer versus non?
[6:24] De se dire en priorité, tu sais, c'est quoi les grandes lignes
[6:27] de qu'est-ce que moi, je veux devenir?
[6:29] Puis est-ce que ces objectifs-là nourrissent ces grands pans-là de notre vie?
[6:32] Wow!
[6:34] Bien, c'est dur de faire ça puis de les choisir, tu sais,
[6:37] ces grands pans-là de, ah bien, moi, je veux être telle, telle, telle personne.
[6:41] Mais en se posant la question, on peut mieux définir,
[6:43] sais-tu vraiment aligner?
[6:45] Puis il y a plus de chances qu'on l'atteigne, cet objectif-là, si c'est aligné, tu sais.
[6:49] C'est vraiment intéressant.
[6:49] Ça t'est-tu déjà arrivé, Anna, d'avoir un objectif que tu n'étais pas,
[6:54] alignée, mettons?
[6:55] Oui. En fait, quand j'ai commencé mon parcours,
[6:59] je me disais, ah, j'aimerais donc bien ça, devenir psychologue,
[7:01] tu sais, aller en psychologie parce que ces thèmes-là m'intéressaient beaucoup.
[7:05] Puis à un moment donné, je m'étais, tu sais, placée comme objectif
[7:07] qu'il faut absolument, parce que pour réussir à devenir psychologue,
[7:10] par exemple, il faut vraiment, bien, il y a une grande performance
[7:13] dans tout le parcours lié aux notes puis tout ça.
[7:16] Puis moi, mon objectif, tu sais, c'était de réussir dans tout,
[7:19] puis d'avoir les meilleures notes possibles, puis d'être super alignée
[7:21] parce que j'avais besoin de tout ça, tu sais, pour devenir psychologue.
[7:24] Mais je me suis rendue compte que me mettre cette pression-là,
[7:27] tu sais, c'était pas du tout aligné avec la moi, Anna,
[7:29] qui avait le goût d'être donc bien de bonne humeur tout le temps,
[7:32] puis d'être rayonnante, puis tu sais, de, oui, avoir un horaire,
[7:36] tu sais, puis une planification, mais c'était pas du tout aligné
[7:38] avec la fille que j'avais envie d'être aux yeux des autres.
[7:41] Je voulais pas être l'étudiante qui était tout le temps
[7:43] en train de vendre son ordi, en train de travailler,
[7:46] puis tu sais, super intensément, au contraire, tu sais.
[7:50] Fait que c'est comme si des fois, ça se contredit, ces objectifs-là,
[7:53] mais il faut essayer d'arriver...
[7:54] Qu'est-ce qui est vraiment lié à ce que j'ai envie de devenir, tu sais?
[7:58] Oui, puis je me dis aussi, dans d'autres contextes,
[8:01] ça doit arriver d'avoir des objectifs où est-ce que, tu sais,
[8:04] par exemple, tu te mets comme objectif, par exemple,
[8:06] d'aller gravir le Mont-Évriste, OK?
[8:09] Mais dans le cadre de ce grand objectif-là,
[8:15] vient le moment où est-ce que je me dis,
[8:17] j'ai pas le choix de faire un documentaire
[8:19] pour pouvoir donner une raison comme financière
[8:24] à des commanditaires d'embarquer dans le projet, par exemple.
[8:28] Mais là, mon « why » pour le documentaire,
[8:31] il est juste financier versus, tu sais,
[8:35] vraiment aligné avec pourquoi je le fais réellement.
[8:39] Puis là, j'imagine que c'est là où est-ce qu'il faut
[8:41] venir réaligner l'objectif de comme le documentaire
[8:44] est supposé être comme mon « why », ça devrait être
[8:48] parce que, mon Dieu, que je suis comme...
[8:51] J'ai envie de partager le projet.
[8:53] En toute humilité, en toute transparence avec les gens,
[8:58] j'ai envie d'en créer aussi des souvenirs.
[9:00] Je n'irai pas sur le Mont-Évriste toute ma vie,
[9:02] puis ça, ça va être le plus beau souvenir de tous les temps.
[9:04] Il y a un actif dans mon petit...
[9:07] Oui, de vraiment important parce qu'il y a des objectifs
[9:12] ou des choses dans la vie qui vont nous être imposées.
[9:14] Tu sais, à un moment donné, on se lance des grands défis
[9:17] faux financièrement, que ce soit un projet qui soit viable.
[9:20] Et donc, c'est pas imposé, le documentaire,
[9:22] mais ça vient...
[9:23] OK, on le greffe, puis ça n'a pas vraiment le choix
[9:25] dans le fond pour que ce projet-là se tienne.
[9:28] Mais les objectifs qui nous sont imposés
[9:31] versus ceux qu'on choisit, nous, tu sais.
[9:34] Mais comment on fait dans les objectifs plus imposés
[9:36] pour quand même que ce soit quelque chose
[9:39] qui nous drive, finalement, puis te nommer
[9:41] quelque chose de super important qui est
[9:43] d'essayer de voir qu'est-ce que ça m'apporte
[9:45] dans le fond, ça.
[9:46] Puis tu l'as nommé ton documentaire.
[9:48] Bon, bien, ça répond à mon besoin de partager
[9:50] avec les gens, à créer quelque chose de concret,
[9:53] relié à cette aventure-là.
[9:54] Tu sais, fait que dans ce qui nous est imposé,
[9:56] il faut essayer de voir la part de...
[9:58] Bien, ça, ça contribue, finalement, à mon développement.
[10:01] C'est pas tout le temps facile, là.
[10:02] Tu sais, si on se fait imposer du travail 40 heures,
[10:05] 45 heures demain matin dans une job,
[10:08] tu sais, ça peut être dur de se dire
[10:09] comment je fais, là, avec cette nouvelle imposition-là
[10:12] pour me sentir bien là-dedans.
[10:14] Mais c'est d'aller chercher la part de...
[10:17] Bon, bien, mon 40 heures, c'est moi qui décide
[10:18] comment je le place dans la semaine.
[10:20] Mon heure de lune, je le choisis.
[10:22] Ça m'amène peut-être un...
[10:23] meilleur salaire, une sécurité financière.
[10:26] Tu sais, il y a ce volet-là,
[10:27] mais il y a aussi, j'imagine, le volet
[10:29] comme du moment que t'es intentionnelle
[10:33] un petit peu avec ton objectif,
[10:35] les choses qui te sont imposées,
[10:37] j'imagine que t'es peut-être plus capable
[10:39] de venir les négocier, les baliser
[10:42] pour qu'elles soient plus alignées.
[10:45] Oui, nécessairement, tu sais, il a changé son mindset,
[10:48] mais il y a aussi peut-être le travailler
[10:50] pour que ça vienne s'aligner
[10:53] plus.
[10:54] Donc, pardon, j'en parle à voix,
[10:56] mais mettons, donc, dans mon contexte,
[10:59] ça va être de dire non
[11:01] à des volets du documentaire
[11:04] qui, oui, c'est cool,
[11:07] mais là, on commence à divaguer
[11:09] de l'objectif.
[11:10] Ça serait bon dans un autre contexte de documentaire,
[11:12] mais pas du tout dans mon objectif général
[11:15] de je vais sur la montagne
[11:17] pas pour créer un documentaire,
[11:19] mais vraiment parce que c'est mon rêve
[11:21] de gravir cette montagne-là.
[11:22] Donc, puis, pour le faire,
[11:24] je fais ce documentaire-là.
[11:25] Donc, le documentaire, on vient le baliser un petit peu.
[11:28] Il y a des choses qu'on va pas faire.
[11:30] C'est dur de rester aligné, tu sais,
[11:31] parce qu'il y en a plein de demandes de tous bords,
[11:33] de tous côtés, mais je pense que de se rappeler
[11:36] un peu pourquoi on le fait.
[11:37] Puis, est-ce que tu votes en ce moment pour la toit du futur
[11:40] quand tu fais ça? Moi, c'est une question que je me pose
[11:41] au quotidien. Je suis en train de faire quelque chose.
[11:44] OK, est-ce que je suis en train de mettre
[11:46] un vote pour moi qui veut donner?
[11:47] Puis des fois, la réponse, c'est non.
[11:49] Tu sais, ça se peut, là, dans la vie,
[11:51] puis on n'est pas tout le temps en train d'optimiser
[11:52] puis d'aller vers, mais dans les grandes choses
[11:55] qu'on veut faire ou dans nos comportements au quotidien,
[11:57] c'est important, là, quand même, de voter pour...
[12:00] Tu sais, moi, dans quelques années,
[12:02] je contribue à faire grandir
[12:04] tout ce que je veux faire, tu sais.
[12:06] Comment tu fais pour pas te sentir coupable
[12:09] et trop égocentrique
[12:11] de voter pour toi comme ça constamment?
[12:14] Bien, je pense qu'après,
[12:16] c'est sûr que c'est...
[12:17] Voter pour soi, je pense pas que ça veut dire
[12:18] passer à côté d'être
[12:21] une personne qui veut faire
[12:21] pour les autres, puis d'être présente,
[12:23] puis de... Je pense que c'est juste que
[12:24] si on n'est pas... Si on n'a pas l'impression
[12:27] qu'on contribue à nourrir, tu sais,
[12:29] qui on veut être, est-ce qu'on est
[12:31] finalement vraiment aligné sur notre
[12:33] propre chemin où on fait les choses
[12:35] pour les autres, pour plaire, pour...
[12:37] Tu sais, c'est important
[12:39] de trouver c'est quoi ces valeurs-là, puis
[12:40] est où un peu notre vision ou notre ligne
[12:42] pour vraiment, en bout de ligne, se dire
[12:44] « Hey, moi, j'ai accompli ce que je voulais, tu sais,
[12:46] dans ma vie, puis il y a une fierté liée à ça »,
[12:49] sans passer à côté d'être présent
[12:51] pour les autres, puis de...
[12:52] Tu sais, ça veut pas dire, finalement, de devenir égocentrique
[12:54] du tout. C'est juste d'avoir une vision
[12:57] puis de la suivre, tu sais.
[12:58] – Oui, puis à la fin, les moments que t'as dit non
[13:00] ou que t'as réaligné, probablement que c'est
[13:02] pour ça que tu vas...
[13:05] Je sais pas comment expliquer,
[13:07] mais c'est pour ça que les gens vont
[13:08] être contents d'être à tes côtés, parce que
[13:10] tu vas être une meilleure personne, tu vas être
[13:12] plus dégagée, tu vas avoir plus
[13:14] d'espace mental, une bande passante
[13:17] pour être
[13:18] une personne épanouie, au final,
[13:20] j'imagine.
[13:21] – Tu vas être avec des gens qui te ressemblent.
[13:23] Ça fait que ça aussi, ça fait la différence.
[13:25] Dire non à quelque chose, tu renonces à quelque chose,
[13:27] c'est sûr, mais ça t'amène dans une nouvelle voie,
[13:29] tu rencontres du nouveau monde, un nouvel environnement.
[13:31] Fait que c'est sûr que ça, c'est vraiment...
[13:33] Faut pas l'oublier, je pense.
[13:35] – Ah!
[13:36] – Une fois qu'on a clarifié ces objectifs-là,
[13:38] qu'on sait un peu pourquoi on le fait
[13:40] puis comment c'est lié à notre identité,
[13:43] bien, concrètement, tu sais, c'est quoi les techniques
[13:44] qui font qu'on peut les atteindre,
[13:46] ces objectifs-là? C'est bien beau de dire « Ah, bien moi,
[13:48] je veux monter le Mont-Everest. »
[13:51] Après, on fait quoi?
[13:52] – Mais Anna, j'ai une question avant d'en marquer là-dedans,
[13:54] juste par rapport
[13:55] aux objectifs
[13:58] de résultats.
[14:00] Est-ce qu'il faut ne pas du tout en avoir
[14:02] des objectifs de résultats?
[14:03] – Non. Puis je pense que c'est super important, en fait,
[14:06] d'en avoir, parce que c'est comme l'espèce de...
[14:08] En bout de ligne, je veux arriver
[14:10] à mon objectif de résultat.
[14:12] C'est juste que de seulement
[14:14] avoir cet objectif-là,
[14:15] c'est passer à côté d'un processus
[14:17] super riche qui nous amène à avoir des réussites
[14:20] pour se rendre jusqu'à l'objectif
[14:21] de résultat. Dans ton Mont-Everest,
[14:24] il y en a combien de sous-objectifs
[14:26] avant de te rendre là?
[14:27] Pense-y concrètement.
[14:28] – Je les ai identifiés. J'ai les camps 1,
[14:31] camps 2, camps 3, camps 4. Ça, c'est concrètement
[14:33] sur la montagne, mais au préalable,
[14:35] j'ai également « break down »
[14:38] cet objectif-là du Mont-Everest
[14:40] en des objectifs
[14:41] financiers à atteindre, des objectifs
[14:43] d'entraînement à atteindre, puis des objectifs
[14:45] genre professionnels et de clarté mentale
[14:48] à atteindre. – Oui. Puis t'en as-tu
[14:49] concrètement sur, par exemple, ton objectif
[14:51] financier, comment tu vas te rendre à ton objectif
[14:53] financier, les actions concrètes?
[14:55] – Exactement. – C'est ça. Puis ça, c'est un point
[14:57] qui t'amène, qui est vraiment important, écrire
[14:59] ces objectifs-là. Je sais pas si t'as un cahier
[15:01] ou d'un endroit où tu l'écris. – J'ai tellement
[15:03] de cahiers. J'ai des cahiers depuis...
[15:05] – On s'en sort. – Quand tu disais ça,
[15:07] tantôt, ça me faisait vraiment rire parce que
[15:09] des fois, j'ouvre les calepins que j'avais en 2010,
[15:11] mais donc, il dit « je vais être une avocate.
[15:14] Un jour, je vais faire un trekking
[15:15] Everest Base Camp. » – C'est fou.
[15:17] – Avec, tu sais, des trucs
[15:19] vraiment par rapport
[15:21] « je vais être administratrice
[15:23] de société, je vais me spécialiser
[15:25] dans la gouvernance. »
[15:28] Il y avait aussi un moment
[15:29] où est-ce que je voulais avoir, être
[15:31] une plateforme de gym.
[15:33] Genre, je voulais être documentée
[15:35] du sport que je ne faisais pas,
[15:38] ce qui est vraiment bizarre.
[15:39] Mais tu sais, je lis ça puis je me dis « mon Dieu! »
[15:41] Comme, finalement, c'est arrivé, mais
[15:43] bon, dans le temps, c'était vraiment définitivement
[15:45] pas des objectifs de processus,
[15:47] si on peut dire. – Oui. Puis, c'est pas vrai
[15:49] qu'on les atteint tout le temps, là. Tu sais, c'est ça aussi, là.
[15:51] Mais le fait de l'écrire, là, c'est
[15:53] vraiment intéressant parce qu'il y a une psychologue,
[15:55] Dr. Gail Matthews, qui s'est vraiment intéressée
[15:57] à ça, qui a fait
[15:58] plusieurs recherches sur la fixation d'objectifs,
[16:01] puis s'est rendue compte que quand on écrit
[16:03] les objectifs, c'est de 33 à
[16:05] 42 % plus
[16:07] de chances de les atteindre. Imagine, c'est presque
[16:09] 50 %. – C'est énorme!
[16:12] – C'est complètement fou.
[16:13] Puis là, c'est pas juste d'écrire, par exemple,
[16:15] tu sais, on peut écrire, là, « je veux
[16:17] devenir avocate », ce qui est super, mais
[16:18] il faudrait se pencher plus sur c'est quoi le but
[16:21] d'écrire le plan.
[16:23] Tu sais, tu l'as dit tantôt, ton Everest,
[16:25] il y a plein de sous-catégories avec
[16:27] des sous-objectifs, puis des
[16:29] comportements concrets. Fait que pas
[16:31] juste d'écrire « je veux devenir avocate »,
[16:33] de dire concrètement, ça veut dire quoi?
[16:35] « Je vais faire mon bac, faire mon barreau ».
[16:37] Puis là, je m'y connais peu dans ce monde-là, mais...
[16:38] – Non, non, mais c'est parfait. – Tu sais, de vraiment
[16:40] catégoriser le grand objectif, les sous-objectifs
[16:43] et les actions concrètes, le plan.
[16:45] Comment on va faire, là? De même,
[16:47] mon objectif, c'est de monter le Mont Everest.
[16:49] Demain matin, je fais quoi pour atteindre
[16:51] cet objectif-là? Je vais-tu pour
[16:53] la moi du futur au Mont Everest,
[16:55] là, tu sais? Fait que concrètement, de les écrire
[16:57] les buts, puis après ça, on parlait du sens
[16:59] pour nous. Ça, de l'écrire aussi,
[17:01] ça fait partie des clés, tu sais. Pour moi,
[17:03] monter le Mont Everest, ça m'amène telle, telle,
[17:05] telle chose, ça veut dire telle chose sur moi.
[17:07] – Wow! OK, fait que là, je l'ai
[17:09] pris en note parce que je sais
[17:11] que ce soir, je vais retourner chez moi.
[17:13] – Non, non, c'est 100 % ça que j'ai peur.
[17:15] Je sais pas si t'as déjà écouté
[17:16] le balad...
[17:17] – Le balado de Emma Green de Aspire.
[17:20] J'en ai écouté un
[17:21] où est-ce qu'on parlait vraiment
[17:23] justement un petit peu de comment partir
[17:25] ton année, puis
[17:26] en force, puis tout ça, puis à donner
[17:29] vraiment des objectifs concrets de comment
[17:30] venir le break-down, puis
[17:32] honnêtement, tu le décris encore
[17:34] mieux. Donc là,
[17:37] admettons qu'on est venu clarifier
[17:38] nos objectifs, on vient par la
[17:41] suite écrire notre objectif
[17:42] premier, qui est
[17:44] pas nécessairement un objectif de résultat à ce moment-là,
[17:47] ça peut être un objectif de résultat,
[17:49] l'important, c'est qu'il y en ait de processus
[17:50] au cours de ce... quand on les décline.
[17:53] – OK, parfait. Puis là,
[17:55] ensuite, tu viens les décliner
[17:56] dans tes objectifs, probablement plus...
[17:59] peut-être de résultats à ce stade-là, ou de
[18:00] processus, selon le cas. Tu viens
[18:02] d'étaler un plan, et tu viens
[18:04] écrire le sens. – Exactement.
[18:07] – J'ai bien compris. – Oui.
[18:09] Tu fais bien tes devoirs. – Tu peux me dire
[18:10] où est-ce que je suis pas là, là. – En fait,
[18:13] quand t'écris tes actions, là, concrètes
[18:15] pour les comportements que tu vas faire, il faut que
[18:17] ce soit quelque chose que tu peux faire
[18:18] demain matin, là. Pense à c'est quoi
[18:20] le 1 % qui va me rapprocher
[18:22] de cet objectif-là. Des fois, les comportements
[18:24] qu'on peut écrire, ça peut être
[18:25] demain matin, pour m'entraîner...
[18:28] pas demain matin, mais par exemple, un objectif
[18:30] pourrait être, pour mon Mont-Everest, il faut que j'aille
[18:32] monter le Mont-Blanc. Est-ce que
[18:34] demain matin, tu peux faire cet objectif-là?
[18:36] Tu sais, il faut que ce soit un plan qui est réaliste, là.
[18:38] Parce que ça se peut que demain matin, tu puisses pas t'en aller
[18:40] dans d'autres montagnes, par exemple,
[18:43] peu importe où dans le monde, pour préparer ça.
[18:45] Fait que ton plan doit être vraiment
[18:46] clair. Puis ça se fait pas en claquant des doigts,
[18:48] là, tu sais, cette espèce de devoir, là.
[18:51] Mais ce que ça amène, c'est une clarté.
[18:53] Parce que du moment où tu vas plus
[18:54] trop savoir où est-ce que tu t'enlignes, là, par rapport
[18:56] à ton Mont-Everest, tu vas retourner voir, bon,
[18:59] en ce moment, dans mon objectif financier,
[19:00] j'ai fait telle, telle, telle chose, ton cocher, là.
[19:03] Qu'est-ce que je peux faire?
[19:04] J'en suis où? Fait que ça, c'est
[19:06] vraiment super important parce que ça te...
[19:09] ça te garde motivé aussi à atteindre
[19:10] cet objectif-là. Puis
[19:12] est-ce que c'est là où est-ce qu'on vient
[19:14] regarder quand tu dis, tu sais, les actions
[19:16] apposées demain matin, là?
[19:18] Est-ce que c'est là où est-ce qu'on commence à se poser
[19:20] la question de comment est-ce qu'on
[19:22] crée des habitudes pour poser
[19:24] ces actions-là ou c'est pas tout de suite?
[19:27] En fait, je pense qu'avant
[19:28] de vouloir dire que ça devient une habitude,
[19:30] il faut que ce soit ancré vraiment dans
[19:32] le quotidien, là, tu sais, de...
[19:35] plutôt que... Puis ça, c'est une phrase
[19:36] qui, pour moi, a tellement résonné. Je sais pas si
[19:38] tu l'as déjà entendue.
[19:39] « Make it exist first, improve later. »
[19:42] Je pense qu'on a tendance, puis moi,
[19:44] la première, là, à vouloir dire,
[19:46] bien, moi, j'optimise quelque chose
[19:47] qui est pas encore déjà présent.
[19:50] Tu sais, comment faire en sorte
[19:51] qu'un objectif, on l'atteigne pas, c'est
[19:53] de se dire, je vais optimiser quelque chose
[19:55] qui n'existe pas, tu sais.
[19:57] Comment on peut devenir, tu sais,
[19:59] le meilleur coureur si on n'a pas couru
[20:02] un premier 10 kilomètres, puis ça fait partie du quotidien,
[20:04] tu sais. Fait qu'avant de se dire,
[20:06] bien, moi, ces comportements-là ou cet objectif-là,
[20:08] ça devient une habitude de vie,
[20:10] il faut qu'il soit vraiment bien ancré, tu sais.
[20:11] Mais c'est ça. Mais comment est-ce qu'on fait pour les ancrer,
[20:13] ces habitudes-là? C'est ça que je veux dire.
[20:15] Tu sais, maintenant,
[20:16] les principes d'Atomic Habit, c'est,
[20:18] mettons qu'on établit
[20:20] que notre objectif, c'est
[20:21] qu'on souhaite devenir un coureur,
[20:23] ou on souhaite courir un 10 kilomètres
[20:26] dans 5 mois,
[20:28] par exemple, OK?
[20:30] Bien là, la première chose, si on n'est pas
[20:32] un coureur, tu sais, c'est
[20:34] éventuellement de débuter à courir,
[20:36] tu sais, de commencer à s'équiper
[20:37] pour pouvoir courir. Est-ce que là, où est-ce qu'on...
[20:39] Parce qu'on peut revenir plus tard sur ces principes-là.
[20:42] Oui, bien, si tu veux, on pourrait revenir plus tard sur,
[20:44] justement, c'est quoi les clés pour dire,
[20:46] que l'objectif devient l'habitude, parce qu'il y en a
[20:48] plusieurs, bien, je pense qu'avant
[20:50] que ça devienne quelque chose de quotidien,
[20:52] il faut se poser la question,
[20:54] OK, une fois que je l'ai trouvé, que je l'ai
[20:56] écrit, bien, comment je fais pour
[20:58] l'atteindre, l'objectif?
[21:00] Puis là, je pense que t'es la meilleure, tu sais, pour nous parler
[21:02] de la préparation technique,
[21:04] tu sais, t'es quelqu'un qui est super
[21:06] à son affaire, tu planifies, t'es
[21:08] super...
[21:10] Tu sais où tu t'en vas, puis tu vas faire
[21:12] tes entraînements pour, tu sais. Mais il y a tout le
[21:14] côté psychologique qu'on a,
[21:16] peut-être, tendance à oublier dans cette préparation-là,
[21:19] tout ce qui est lié à la
[21:20] perception qu'on a des événements. Je sais pas si
[21:21] t'as déjà entendu parler un peu de cette
[21:24] idée-là de comment on perçoit quelque chose,
[21:25] ça va vraiment influencer notre performance.
[21:28] Bien, je pense, ça se peut-tu
[21:30] que t'en aies déjà parlé sur un balado?
[21:33] Peut-être. En fait, c'est
[21:33] peut-être lié au discours interne. En fait, c'est sans doute
[21:36] lié au discours interne aussi, cette perception-là.
[21:38] Puis, tu sais, on peut prendre un exemple concret
[21:39] pour l'illustrer, là. Prenons une ascension
[21:41] quelconque en alpinisme.
[21:43] Tu sais, on sait que la performance,
[21:45] c'est...
[21:46] Oui, la capacité technique, puis finalement,
[21:48] au niveau physique, ça ressemble à quoi, notre
[21:51] performance? Mais il y a aussi un lien avec
[21:53] la demande réelle de cette performance-là.
[21:55] Prenons l'ascension.
[21:57] Par exemple, c'est un
[21:58] 1500 mètres de dépluce, c'est
[22:01] 12 heures d'ascension, c'est
[22:02] un terrain technique, on a une
[22:05] fenêtre météo de 12 heures où on peut y aller.
[22:07] Tu sais, ça, c'est vraiment la demande réelle
[22:09] qui est liée à notre performance. Fait que,
[22:11] concrètement, objectivement, c'est ça.
[22:13] Mais après, il y a tout ce qui est la perception
[22:15] puis l'anticipation de tout ça.
[22:17] Est-ce que, face à cette ascension-là,
[22:19] par exemple, tu vas te dire, ah, bien, moi,
[22:22] si je fais une erreur,
[22:23] c'est mortel, là, tu sais,
[22:25] en montagne, si je tombe dans une crevasse,
[22:27] comment je vais faire pour continuer? Ou encore
[22:29] de se dire, ah, bien, moi, je suis pas assez solide mentalement,
[22:31] tu sais, aller en altitude,
[22:33] mon corps va être malade. Tu sais, si on se met
[22:35] à avoir une perception plutôt négative,
[22:38] on va voir le défi comme une menace.
[22:41] Je vais donner un exemple concret de quand
[22:43] je... Puis là, j'ai hâte de voir qu'est-ce que tu vas faire.
[22:45] Tu vas me dire par rapport à tout ça, mais
[22:47] quand on est allé... La première fois que je suis allée faire
[22:49] le Mont-Blanc, c'était il y a deux ans,
[22:51] puis c'était ma première montagne.
[22:54] C'était comme, oh, my God.
[22:55] Je fais faire le Mont-Blanc.
[22:58] Puis je me sentais très, très, très imposteur.
[22:59] J'étais terrorisée à cette idée.
[23:01] Puis on faisait une ascension rapide,
[23:03] single push du plus bas refuge
[23:05] jusqu'au sommet et redescente
[23:07] dans des conditions de météo pas faciles.
[23:10] Je me disais,
[23:12] là, je vais pour la guerre.
[23:13] Je donne tout ce que j'ai, puis c'était
[23:15] comme tout le monde était derrière moi pour mon ascension.
[23:18] Deux ans plus tard,
[23:19] j'y retourne. J'ai pas réussi
[23:21] la première fois, mais c'était pas une question
[23:23] physiquement que je n'étais pas capable.
[23:25] La météo ne nous l'a pas permis.
[23:28] Mais la deuxième fois que j'y suis
[23:29] retournée, c'est avec Karel et Léonie.
[23:31] Et je vais dire une chose,
[23:33] je me sentais presque méprisante par rapport
[23:35] au Mont-Blanc parce que je me disais,
[23:37] j'ai déjà fait plus gros.
[23:40] C'est plus petit. C'est une petite montagne.
[23:42] Puis je trouvais ça quasiment
[23:43] comme trop facile.
[23:45] À première vue, à un moment donné,
[23:47] il a fallu que je switch mon mindset
[23:49] puis que je fasse comme, attends un peu,
[23:51] tu t'en vas faire une grosse montagne, soit
[23:53] un face au défi parce qu'il est vraiment pas
[23:55] gagné d'avance, puis tu vas
[23:57] trouver ça difficile, ma belle.
[23:59] Puis du moment que j'ai remis...
[24:02] Ajuster ta perception.
[24:03] Ajuster ma perception. Là, j'ai été capable de mettre
[24:05] les bouchées doubles pour le réaliser, mais à un moment donné,
[24:07] j'étais...
[24:10] Déconnectée un peu.
[24:11] Je sais pas si c'est vers là que tu veux aller.
[24:13] Oui, mais c'est exactement
[24:15] changer ta perception. On parlait
[24:17] du discours interne dans un autre épisode.
[24:19] C'est un peu ça. C'est de dire comment je recadre
[24:21] les pensées qui vont me permettre de performer
[24:23] parce que, oui, c'est peut-être une plus petite montagne
[24:25] que ce que t'as fait, mais il y a un danger,
[24:27] il y a un risque, et ça reste une grosse ascension.
[24:30] Ah, c'était pas du tout facile.
[24:31] C'était complètement stupide d'avoir ce mindset-là.
[24:34] Mais c'est fou parce que la perception
[24:35] qu'on va avoir va tellement influencer
[24:37] l'effort ou la performance, en fait,
[24:39] que de venir se dire, plutôt que
[24:41] ton ascension, exactement comme t'as fait,
[24:43] de venir recadrer de...
[24:45] Hé non, attends, c'est une grosse montagne,
[24:47] puis il y a un défi quand même, puis j'ai pas
[24:49] réussi la première fois. Comment, tu sais,
[24:51] je me relance dans un challenge.
[24:53] Fait que t'as le choix de voir ça comme une menace
[24:55] ou comme un défi puis quelque chose de challengeant.
[24:58] Puis si, admettons...
[25:00] OK, fait que
[25:01] défi versus menace.
[25:04] Puis admettons
[25:05] que quand on fait notre
[25:07] préparation mentale puis on change notre perception,
[25:09] est-ce qu'on devrait avoir une vision
[25:11] plus comme positive?
[25:13] Ça va bien aller?
[25:15] C'est facile, je suis capable.
[25:17] Ou est-ce qu'on devrait se dire,
[25:20] se préparer au pire?
[25:22] Et espérer le mieux.
[25:23] Et espérer le mieux. Parce que
[25:25] personnellement,
[25:27] je trouve ça plus facile
[25:28] de me préparer au pire,
[25:31] me dire que ça va être extrêmement difficile,
[25:33] faire toute ma préparation mentale
[25:35] dans ce sens-là, voir tout,
[25:37] puis je pense que t'en as déjà parlé par le passé,
[25:39] justement, voir toutes les petites choses
[25:41] qui peuvent pas fonctionner, avoir une solution
[25:43] concrète pour, puis un...
[25:45] un discours interne pour,
[25:47] puis éventuellement, tu ne peux qu'avoir des bonnes surprises.
[25:50] Mais...
[25:50] C'est ça la pro.
[25:52] Mais le fait de voir quelque chose
[25:54] comme un challenge, je ne veux pas dire
[25:56] que t'as pas fait l'exercice de s'il arrive ça,
[25:59] alors je fais ça, que j'appelle
[26:01] les if-then strategies, là.
[26:02] C'est exactement ce que tu parlais.
[26:04] Si ça, ça arrive, je vais faire ça.
[26:07] Fait que ça, il faut les avoir.
[26:08] Mais ça empêche pas le fait de voir
[26:10] le défi ou ce qui est devant soi
[26:13] pas comme une menace, mais comme quelque chose...
[26:14] quelque chose qui nous challenge.
[26:16] Ça va être dur, il va y avoir de l'inconnu,
[26:17] mais ça me challenge.
[26:19] Parce que ce qui est fou, c'est que la recherche nous dit
[26:21] qu'il y a un effet concrètement biologique
[26:24] dans le cerveau sur le cortisol.
[26:26] Le cortisol qui est comme l'hormone du stress,
[26:28] elle fait bien d'autres choses sur le rythme circadien,
[26:31] sur la régulation d'énergie,
[26:32] mais elle est beaucoup associée, en fait,
[26:33] à la sécrétion de cette hormone-là du stress,
[26:36] le cortisol.
[26:38] Et concrètement, si on voit
[26:40] notre objectif ou ce qui est devant nous
[26:42] comme une menace, on va en sécréter davantage.
[26:44] Versus si on le voit comme un défi,
[26:46] un challenge, on va en sécréter moins.
[26:49] Donc, notre niveau de stress va être moins élevé.
[26:51] Puis concrètement, le stress, on le sait,
[26:53] ça influence la performance,
[26:54] sur comment on se sent.
[26:56] Souvent, les grands athlètes, il y a plein d'études là-dessus
[26:58] qui montrent que les performances sont tellement modulées
[27:00] par le stress qui est super présent.
[27:03] Et donc, de venir modifier la perception,
[27:05] c'est concrètement venir dire
[27:06] je m'enlève du stress.
[27:08] Puis quand notre esprit
[27:10] est stressé, notre corps aussi.
[27:12] On est tendu, on a le rythme cardiaque
[27:14] qui va vraiment plus vite.
[27:16] Non seulement, oui, ça influence
[27:18] de se dire, toutes les stratégies,
[27:20] regardez l'imprévu, mais
[27:21] ça va venir concrètement avoir un effet biologique.
[27:25] Le stress, c'est pas très bon.
[27:28] Non, c'est pas ça que j'ai dit.
[27:29] Le stress, il y a du stress,
[27:32] je pense pas qu'un stress positif,
[27:34] mais c'est normal d'en avoir.
[27:36] Le stress, il faut qu'il soit vu
[27:38] comme un stress challengeant
[27:40] versus un stress menaçant.
[27:42] En fait, c'est ce qui est devant nous,
[27:43] l'objectif, par exemple, ou l'événement,
[27:46] est-ce qu'on le voit comme une menace
[27:47] ou comme quelque chose qui est un défi puis un challenge?
[27:49] Si on le voit comme une menace,
[27:51] on va sécréter plus de cortisol,
[27:52] donc un plus haut niveau de stress
[27:54] versus si on le voit comme un challenge.
[27:56] Fait que c'est sûr que d'aller vers
[27:58] comment on fait pour recadrer
[27:59] puis voir ça comme un défi
[28:01] plutôt que de se dire
[28:02] je serai jamais capable de faire ça,
[28:04] le Mont Everest, c'est bien trop difficile,
[28:07] un sommet aussi haut, j'ai jamais...
[28:09] C'est sûr que là, tu le vois comme une menace
[28:10] et donc, bien, possiblement
[28:12] que tu vis plus de stress.
[28:13] Le stress, le cortisol, il y en a plus.
[28:15] Ah, c'est tellement intéressant.
[28:17] Oh my God, Anna!
[28:19] Je suis comme... c'est mind-blowing.
[28:22] Bien, c'est fou cette donnée-là.
[28:23] Moi, j'étais super surprise en lisant ça
[28:25] parce que je savais que le stress
[28:27] avait un gros impact de la façon...
[28:29] Notre perception avait un gros impact,
[28:31] mais pas à ce point-là.
[28:33] Puis l'analogie que je donne, c'est un peu comme si
[28:35] on avait une carte interne.
[28:37] Pense à Google Maps qu'on utilise
[28:39] pour aller du point A au point B.
[28:40] Ça nous dit, OK, là, on tourne,
[28:42] on monte en son.
[28:43] Autre tourne à droite, tourne à gauche.
[28:45] On a un peu ça de façon interne
[28:47] quand on se fixe des objectifs.
[28:48] Pense à ton Mont-Blanc.
[28:50] Tu sais que le chemin pour te rendre,
[28:52] c'est tel objectif financier, tel autre.
[28:54] Ça fait exactement ta petite carte interne.
[28:56] Puis probablement que de par tes expériences passées,
[28:59] tu te dis, à ce moment-là, ça va être long.
[29:01] C'est juste que ça va être plus dur.
[29:03] Puis ça, eh boy, je sais pas comment je vais faire ça.
[29:05] On a déjà cette espèce de chemin-là
[29:07] qui est fait pour...
[29:09] dans l'atteinte de notre objectif.
[29:11] Puis on se fie beaucoup à notre carte interne
[29:13] qui est un peu notre perception de ce qui s'en vient
[29:15] parce qu'on le sait pas vraiment, là, tu sais.
[29:17] Puis des fois, notre carte interne est super positive.
[29:19] Tu sais, je vais y arriver, je vais être capable.
[29:22] C'est lié, bien sûr, à nos traits de personnalité aussi.
[29:24] Mais d'autres fois, cette carte interne-là,
[29:26] elle est pas juste du tout.
[29:27] Elle est pas représentative vraiment
[29:29] de ce qui va se passer.
[29:30] Puis je reviens à ce qu'on disait un peu plus tôt
[29:32] qui est la demande réelle.
[29:34] Objectivement, c'est quoi?
[29:35] C'est une ascension de tant de D+.
[29:37] C'est tant d'heures, c'est tant de fenêtres météo.
[29:40] Faut essayer que notre carte interne,
[29:41] qui est notre perception, soit le plus alignée.
[29:43] C'est quoi vraiment l'effort?
[29:45] Ouais, c'est quoi vraiment, hein?
[29:47] Sinon, c'est vraiment difficile, comme tu dis,
[29:49] de se faire des scénarios catastrophes.
[29:52] Puis s'il arrive ça, s'il arrive ça.
[29:53] Puis de rester attachée à ça
[29:55] plutôt qu'à la solution.
[29:57] OK. Donc le meilleur outil,
[29:59] c'est pas nécessairement de le voir positivement
[30:01] ou négativement, mais d'être le plus alignée
[30:03] avec ce que c'est réellement.
[30:05] Puis de s'y préparer.
[30:07] Exactement. Tu l'as bien nommé.
[30:08] Tu sais, quand on a une carte interne,
[30:10] si, par exemple, on n'a jamais fait...
[30:12] Là, c'est pas ton cas.
[30:13] Dans ton cas, prenons quelqu'un qui dit
[30:14] « Ouais, mais Annabelle, moi, je me lance pour la première fois
[30:17] dans une course entre elles. J'en ai pas de carte interne
[30:19] déjà faite. Je l'ai jamais faite. »
[30:20] Mais je suis passée par là, il y a pas si longtemps.
[30:22] Exactement. Notre cerveau, il veut combler le vide.
[30:25] Il veut pas avoir d'informations inconnues.
[30:26] Fait qu'on va se baser sur toutes sortes d'affaires.
[30:28] Sur des expériences que j'ai entendues de gens
[30:30] qui l'ont fait. Sur des vidéos que je regarde.
[30:33] On va aller chercher le plus d'informations qu'on peut.
[30:36] C'est juste que dans la recherche
[30:37] de cette information-là, des fois,
[30:39] ça veut pas dire que ta meilleure amie
[30:41] a vécu un échec.
[30:43] Dans une course, c'est ce que tu vas vivre.
[30:45] Il faut aller chercher le plus d'informations fiables
[30:47] qu'on peut pour essayer
[30:49] de pouvoir s'appuyer là-dessus pour créer
[30:51] notre carte interne.
[30:53] Puis l'innocence là-dedans, c'est comment
[30:55] tu juges ça? Le fait de ne pas
[30:57] savoir des fois, puis de se lancer dans le vide
[30:59] sans attendre, est-ce que ça peut être une bonne
[31:01] chose des fois?
[31:03] Je pense qu'on en est l'exemple concret, les deux.
[31:05] C'est pour ça que je fais la question.
[31:06] T'as raison.
[31:08] Je pense qu'un des pièges, c'est aussi ça,
[31:11] c'est de tomber dans tout contrôler,
[31:12] tout vouloir les donner, puis de ne plus laisser place
[31:15] à la flexibilité. Ça fait qu'au contraire,
[31:17] on est encore plus stressé, ça fait que ça fait
[31:19] l'effet inverse. Je pense que ça prend
[31:21] une part de naïveté, puis comme la plupart
[31:23] des choses en psychologie, c'est pas
[31:25] tout blanc ou tout noir.
[31:27] C'est un mélange qui fait que finalement, tu vas être
[31:29] confiante, puis que ta carte interne va être le plus
[31:31] juste, mais que tu laisses une part d'inconnue.
[31:33] Demain matin, tu partirais pas monter l'Everest
[31:35] sans une préparation.
[31:37] Ce serait beaucoup trop dangereux. Mais en même temps,
[31:39] il y a une part de naïveté de toi qui se lance en face.
[31:40] Ah, 100 000 %. Je regarde tes vidéos, puis je
[31:42] me dis « Ah, ça va être ça! »
[31:44] J'enchaînais mes bottes, puis je suis comme « Hum,
[31:46] this is how I'm gonna feel! »
[31:49] C'est comme « Oui! »
[31:50] Tu te lances dans le vide, puis en même temps, je pense que là-dedans, il y a quelque chose
[31:52] de tellement beau parce que tu vas te découvrir encore plus.
[31:55] Mais c'est ça. Mais justement,
[31:57] quand tu disais le fait
[31:58] de ne pas...
[32:01] Quand on n'a pas notre carte interne
[32:03] d'établir, oui, on peut
[32:04] essayer d'aller chercher comme tous les
[32:06] raisonnements possibles, puis aller chercher
[32:09] le justificatif, puis tout ça,
[32:11] mais c'est peut-être bien,
[32:12] aussi, justement, dans ce genre
[32:14] d'expérience-là,
[32:16] de laisser un petit peu vide
[32:18] ce cahier-là, puis de se dire
[32:20] « On va le tracer ensemble. » C'est le début
[32:22] d'un long cahier.
[32:24] Moi, la vraie, c'est le début d'une
[32:26] carrière, peut-être, dans le monde de l'alpinisme.
[32:29] C'est le début de plusieurs autres
[32:30] montagnes que je vais gravir.
[32:32] Je n'ai pas besoin d'être parfaite sur cette montagne-là.
[32:34] J'ai juste besoin de faire de mon mieux.
[32:36] Je me suis préparée au meilleur de mes connaissances
[32:38] selon ce que je vois.
[32:40] Mais je ne suis peut-être pas
[32:42] je ne vais pas être en tout contrôle
[32:45] sur cette montagne-là, puis c'est correct.
[32:46] J'y vais pour ça.
[32:48] Tu vois, l'espèce de carte interne,
[32:51] tu sais la direction dans laquelle tu vas.
[32:53] Même si tu ne tournes pas à droite, à gauche,
[32:55] à tel tournant, on s'en fout.
[32:56] Tu as ta direction, puis ta lignée.
[32:58] Je pense que ça, c'est ce qui est le plus important.
[33:01] On parlait de ça au début, l'objectif.
[33:02] Tu le sais que tu te riges vers ça,
[33:04] qu'éventuellement, c'est possiblement une carrière en alpinisme.
[33:07] Déjà, tu sais tranquillement où tu vas.
[33:09] Il faut juste faire attention de ne pas être teinté
[33:10] par toutes sortes de...
[33:12] de scénarios ou d'histoires que tu entends
[33:13] qui ne vont pas dans ta même direction.
[33:15] Tout à fait. OK, c'est vraiment bon.
[33:17] Puis, by the way, je m'excuse, je ramène
[33:20] l'Everest puis cette montagne-là.
[33:21] Il faut, ça donne un exemple concret.
[33:23] C'est plus pour donner un exemple, mais comme...
[33:25] on pourrait vraiment parler d'autres exemples aussi.
[33:28] Le monde ne tourne pas autour de ma montagne.
[33:30] OK, genre...
[33:31] Non, mais ça donne concrètement un exemple,
[33:34] je pense, d'un objectif, puis après,
[33:35] à chacun son Everest.
[33:36] C'est ça, exactement.
[33:37] Je veux juste faire cette parenthèse-là,
[33:39] parce que je ne veux pas ramener à moi ce que tu dis,
[33:42] parce que c'est juste que j'essaie de le mettre
[33:43] concrètement dans un exemple
[33:45] pour que tout le monde s'y rattache,
[33:47] mais après ça, tu sais, un Everest,
[33:48] clairement, ce n'est pas tout le monde qui s'y rattache.
[33:49] Donc, voilà. Parenthèse.
[33:52] Genre, moi non plus, je ne m'y rattache pas trop encore.
[33:54] C'est ça, c'est quand même dans un...
[33:55] Bien, ça s'en vient.
[33:56] Oui, ça a deux mois.
[33:57] Aïe, aïe, aïe.
[33:58] OK.
[33:59] Oui, wow. Perception.
[34:00] Oui.
[34:01] C'est un des outils vraiment clés.
[34:04] Sinon, bien, il y en a plein d'autres, là,
[34:05] mais tu as peut-être entendu parler de la pleine confiance.
[34:07] La pleine confiance.
[34:08] La pleine conscience, pardon,
[34:10] qui est comme un grand courant, là, tu sais,
[34:11] avec visualisation, méditation qu'on entend.
[34:13] C'est quoi, la pleine conscience?
[34:15] En fait, la pleine conscience,
[34:17] c'est de venir prendre son attention
[34:18] vraiment intentionnelle, sans jugement,
[34:21] dans le moment présent.
[34:22] Puis, ça peut être dur pour des gens
[34:24] qui carburent aux défis, aux objectifs,
[34:26] qui sont tout le temps en mouvement.
[34:28] Puis, honnêtement, je suis vraiment comme ça aussi.
[34:31] Tu sais, on entend beaucoup parler
[34:32] de faire un scan corporel, par exemple,
[34:34] de prendre le temps de s'arrêter.
[34:36] Pour moi, c'est super difficile
[34:37] de faire ça. Puis, je suis allée chercher.
[34:39] Il existe-t-il des stratégies
[34:42] pour des gens pour qui,
[34:44] soit ça ne fit pas,
[34:46] que c'est tellement intense,
[34:48] le quotidien, que, OK,
[34:49] mais moi, de prendre une heure pour méditer le soir,
[34:51] c'est vraiment difficile.
[34:53] De se dire, bon, peux-tu prendre au début 5 minutes,
[34:55] premièrement, puis après ça, il y a-tu d'autres techniques
[34:57] que ce qu'on entend beaucoup parler,
[34:59] comme le scan corporel, qui a un effet,
[35:02] puis ça a été prouvé dans la recherche,
[35:03] vraiment génial. Puis, je suis tombée
[35:05] sur une espèce de méditation,
[35:07] ou pleine conscience, qui était vraiment liée
[35:09] au sport, en général.
[35:12] Donc, de venir
[35:13] vraiment porter
[35:15] une attention particulière aux sensations qu'on a
[35:17] quand on fait un Everest,
[35:20] quand on fait, peu importe,
[35:21] notre sport.
[35:24] Puis, un bon exemple qu'on pourrait prendre,
[35:25] c'est la nage. Quelqu'un qui nage,
[35:27] de prendre un moment de pleine conscience
[35:29] pendant la nage, de dire,
[35:31] je sens la température de l'eau,
[35:33] c'est-tu froid sur mon corps? Quand je dépose ma main,
[35:35] c'est quoi la sensation? Ma posture,
[35:37] quand je nage. De se reconnecter,
[35:39] de prendre le temps de venir faire
[35:40] un alignement, ça permet
[35:43] concrètement de venir
[35:44] à un état de concentration
[35:47] qui est beaucoup, beaucoup, beaucoup plus grand.
[35:49] Ça, c'est un flow.
[35:50] Une énorme sensation de flow.
[35:53] Puis, c'est dur de faire ça
[35:54] quand on a la tête pleine, puis ça va donc bien vite.
[35:58] Mais, tu sais, il y a tellement
[35:59] de méta-analyses qui ont recensé
[36:01] que l'effet de la pleine conscience
[36:03] dans la performance de nos activités
[36:05] ou même dans le sport en général,
[36:07] ça va vraiment venir influencer
[36:09] parce que ça te permet aussi
[36:11] de te recentrer puis de prendre
[36:12] une décision consciente sur la suite.
[36:15] Un peu comme quand tu commences
[36:17] à courir avec quelqu'un, par exemple,
[36:19] puis courir, peu importe quel sport,
[36:21] tu pars en touring avec quelqu'un
[36:23] puis la personne, elle part
[36:25] vraiment rapidement, puis là, c'est comme,
[36:26] les pensées rentrent tout de suite.
[36:29] Bien, plutôt que de laisser
[36:31] les pensées t'envahir,
[36:34] puis de réfléchir
[36:35] à la situation,
[36:37] puis à avoir des réponses
[36:38] vis-à-vis de ta pensée,
[36:41] de se reconnecter, par exemple,
[36:43] à sa respiration,
[36:45] puis de prendre le temps
[36:47] justement d'être dans le flot,
[36:50] ça doit tellement
[36:51] aider à apaiser
[36:52] ses pensées, à créer un vide
[36:55] total.
[36:56] En fait, ça a une fonction de régulation émotionnelle.
[36:59] Tu sais, quand on est, c'est super intense,
[37:01] puis tu sais, on peut faire ça en allant en voiture
[37:02] à quelque part dans une grosse journée, de se dire,
[37:05] OK, tu sais, on n'a pas besoin de s'arrêter,
[37:07] de se dire, je ferme les yeux, je me mets en indien,
[37:08] puis je me mets à méditer. Tu sais, quand tu conduis,
[37:11] OK, les couleurs sont, les couleurs des voitures
[37:12] sont, quelles couleurs autour de moi, tu sais,
[37:14] il fait beau, tu sais, OK,
[37:16] on pense au temps, ah, mes pieds sur la pédale de gaz.
[37:19] C'est juste de se recentrer,
[37:21] ça nous ramène dans un état.
[37:22] La respiration aussi, assurément, vraiment.
[37:24] J'entendais JC Shelley qui disait
[37:26] qu'il commençait tous ses meetings,
[37:28] juste avant ses meetings, avec trois
[37:30] grandes respirations.
[37:32] Les trois grandes respirations lui permettaient
[37:35] de faire le vide
[37:36] sur ce qui venait juste de se passer,
[37:38] le meeting précédent, puis de revenir
[37:40] dans un état nouveau
[37:42] au meeting qui s'en venait, par exemple.
[37:44] Puis tu sais, l'anxiété,
[37:46] quand on devient un peu anxieux ou juste
[37:48] dans le sport de façon générale,
[37:50] tu sais, respirer un, deux, trois,
[37:52] c'est un peu comme le yoga, tu alignes ta respiration
[37:54] au mouvement que tu vas faire.
[37:56] J'ai l'impression que ça t'amène tellement
[37:57] dans un état, justement, de pleine conscience.
[38:01] Un flow,
[38:03] comme une méditation en mouvement
[38:04] dans ma tête, parce que tu es alignée.
[38:06] Mais wow!
[38:07] Oui, puis ça peut sembler simple.
[38:09] Je vais prendre trois grandes respirations
[38:11] avant de partir faire une compétition
[38:13] ou avant un meeting qui est important.
[38:15] Mais toute la différence sur le rythme cardiaque
[38:18] aussi, ça nous apaise,
[38:20] ça nous régule émotionnellement.
[38:22] Ça fait qu'après, on est beaucoup plus
[38:24] centré, efficace,
[38:25] puis en lien avec l'atteinte
[38:28] de notre objectif, finalement.
[38:30] Puis c'est quoi les autres éléments qui nous permettent
[38:32] de, justement, réaliser nos objectifs?
[38:34] Admettons qu'on est super surpris,
[38:36] impressionnés, par exemple.
[38:38] Oui, bien c'est ça.
[38:40] Juste en mettant ça en contexte,
[38:42] c'est facile de se le dire,
[38:43] mais dans les faits, concrètement,
[38:46] il y a des moments où est-ce que,
[38:48] je veux dire, j'ai vraiment pas envie
[38:50] de regarder l'auto à gauche,
[38:51] de quelle couleur, puis de penser à ma pédale.
[38:55] Comme des fois, sérieusement,
[38:56] ça marche pas.
[38:57] Je m'en ballonne.
[38:59] Aujourd'hui, je me dis, parlons de plusieurs techniques.
[39:01] L'idée de la perception, l'idée de la visualisation,
[39:04] le discours interne,
[39:06] la pleine conscience.
[39:08] L'autre chose qui est super intéressante,
[39:10] c'est le journal de performance.
[39:12] Je sais pas si t'en as entendu parler.
[39:13] On entend souvent parler du journal alimentaire.
[39:16] On note tout, par exemple, qu'est-ce qu'on écrit.
[39:19] Le journal de la performance,
[39:20] c'est pratiquement la même chose,
[39:22] mais en lien avec nos performances, nos objectifs.
[39:25] Et donc, de venir écrire,
[39:26] concrètement, dans son journal, c'est quoi les...
[39:28] Je suis la meilleure.
[39:31] Quoi donc?
[39:32] Donc, d'écrire, c'est quoi les actions
[39:34] dans la journée qui sont liées à cet objectif?
[39:36] C'est quoi cet objectif-là que t'as, par exemple?
[39:38] Fait qu'on peut prendre encore le mot Everest,
[39:40] de dire, aujourd'hui, j'ai fait ça, ça, ça.
[39:42] Ma nutrition, c'était ça.
[39:44] Mon repos, ça ressemblait à tant d'heures.
[39:46] De venir noter, c'est quoi les actions concrètes
[39:48] qui sont alignées avec ça.
[39:50] Et après ça, de venir noter le niveau de motivation
[39:53] et de confiance, par exemple,
[39:54] sur une échelle de 1 à 10.
[39:56] Aujourd'hui, ma motivation liée à cet objectif-là
[39:58] était de tant.
[40:00] Et ma confiance était de 8 sur 10, par exemple.
[40:04] Donc, on va venir vraiment créer
[40:05] une espèce de...
[40:06] de journal qui va nous permettre
[40:09] de venir voir, c'est quoi les patterns
[40:11] que je peux retrouver
[40:13] dans l'atteinte de cet objectif-là,
[40:15] dans mes objectifs de performance.
[40:17] Puis ça va nous permettre de venir corriger
[40:19] la trajectoire si on voit, à un moment donné,
[40:21] que notre niveau de motivation, là,
[40:23] il est tout le temps à 2 sur 10.
[40:25] Bien, on peut-tu voir, y a-tu quelque chose
[40:26] qui est lié, tu sais, par exemple,
[40:27] j'ai-tu 5 heures de sommeil chaque soir
[40:29] dans tous ces moments-là, dans les différentes journées
[40:33] ou encore ma nutrition a changé
[40:35] ou je pose moins d'actions
[40:37] liées à cet objectif-là.
[40:39] Fait que c'est sûr que je suis moins motivée
[40:40] s'il y a moins d'actions.
[40:41] Tu sais, ça permet d'avoir un visuel
[40:43] sur qu'est-ce qui a été fait,
[40:46] qu'est-ce qui reste à faire,
[40:47] mais aussi, concrètement, j'en suis où
[40:49] puis c'est quoi les patterns que je peux voir, tu sais.
[40:51] Oh my God, mais c'est tellement bon.
[40:52] Fait que là, dans ton journal de performance,
[40:54] premièrement, c'est comme...
[40:57] C'est la première fois, je pense,
[40:58] que j'en entends parler,
[40:59] journal de la performance.
[41:02] Fait que tu viens mettre des...
[41:05] L'alimentation, le travail,
[41:08] le sommeil,
[41:10] les actions que t'as posées
[41:13] liées à l'objectif.
[41:15] Exactement. Fait que les tâches, concrètement,
[41:17] les comportements que t'as faits dans la journée
[41:19] qui sont liés à ça.
[41:20] Tu peux mettre le plus d'informations que tu peux
[41:22] dans ce journal-là.
[41:23] Oui, le repos, la nutrition.
[41:27] Puis là, ça dépend du contexte de chacun.
[41:29] Au travail, par exemple,
[41:31] combien d'heures t'as travaillé
[41:32] versus le temps que t'as mis sur cet objectif-là
[41:35] ou...
[41:35] ou ta performance,
[41:37] ce que tu vises, finalement.
[41:39] C'est juste de venir détailler pour, après ça,
[41:41] avoir une clarté.
[41:43] Le journal alimentaire, pensez, c'est la même chose.
[41:45] On se dit, ah, pour déjeuner, dîner, souper,
[41:47] j'ai mangé ça, ça, ça, à telle heure,
[41:48] j'ai eu telle sensation dans mon corps, par exemple.
[41:51] Fait que c'est le même exercice
[41:53] dans l'atteinte d'objectifs.
[41:54] Wow, c'est vraiment hot.
[41:56] Puis ça, est-ce que tu fais ça pour tous tes objectifs?
[41:58] Là, c'est ça, le trigger warning.
[42:00] Parce que là, c'est ça.
[42:01] Ça ressemble bien beau, tout ça.
[42:03] Ce qui me fait peur de cette situation,
[42:05] c'est quand, là, t'as plein d'objectifs en tête,
[42:09] puis que, tu le sais,
[42:10] t'es une personne qui est tellement performante,
[42:12] t'as plein d'idées en tête,
[42:13] t'as plein de choses que tu veux réaliser.
[42:14] Puis là, tu te mets à traquer tout.
[42:16] Ça peut commencer à mettre une pression énorme.
[42:18] Oui, puis c'est bien, parce que je voulais absolument
[42:20] l'amener dans ce podcast-ci.
[42:22] Tout n'est pas performance.
[42:24] À un moment donné, oui, on peut avoir
[42:26] des grands objectifs, mais on peut pas noter,
[42:29] on peut pas vouloir avoir une alimentation top,
[42:33] être la meilleure au travail,
[42:34] partir.
[42:35] Faire de la business, monter le Mont-Everest,
[42:37] puis partir un podcast en même temps.
[42:40] Quoi?
[42:40] On peut pas?
[42:43] C'est trop difficile.
[42:45] Tu peux pas tenir un journal de performance pour tout ça.
[42:47] Tu vas premièrement avoir cinq journaux,
[42:48] ça va te prendre trois heures par jour.
[42:49] Ça marche pas.
[42:51] Mais c'est après la priorisation de c'est quoi
[42:55] qui est prioritaire sur quoi.
[42:56] Puis on peut pas être à 100 % partout, là.
[42:58] C'est sûr.
[43:00] Mathématiquement, ça se peut pas, tu sais.
[43:02] Puis après, on peut pas non plus vouloir performer
[43:04] au meilleur.
[43:05] On peut pas être meilleur de soi dans tout parce qu'on s'épuise.
[43:07] Tu parlais d'épuisement tantôt.
[43:09] Il est là, le danger, tu sais.
[43:10] Tellement.
[43:11] C'est pas juste, je crois, puis là, c'est vraiment personnellement,
[43:14] mais de se dire, j'ai dix grands projets, ou cinq même,
[43:17] puis je vais aller au maximum de ces cinq-là,
[43:19] je vais tout donner.
[43:20] Ce qui nous attend après, si on y arrive,
[43:22] c'est sûr que c'est l'épuisement.
[43:24] Oui, puis tu sais, souvent, on dit,
[43:28] ah, la vie, c'est pas un marathon,
[43:29] mais la vie, c'est un marathon.
[43:32] La vie, c'est un ultra-marathon.
[43:34] Hum.
[43:35] Il faut se garder des cartouches.
[43:38] Il faut...
[43:38] On en parlait aussi, toutes les deux, personnellement.
[43:40] On a des grands objectifs, puis il faut nous laisser
[43:44] de l'espace aussi pour gérer des choses,
[43:46] des objectifs qui sont pas nécessairement écrits
[43:48] parce qu'on se permet pas nécessairement de les écrire,
[43:50] mais qui sont tout aussi importants.
[43:53] Comme, par exemple, prendre soin de notre santé.
[43:56] Oui.
[43:56] Notre famille.
[43:57] De nos relations.
[43:58] De nos relations.
[43:59] Oui.
[43:59] Comme, après avoir réalisé tous ces objectifs-là,
[44:02] il y a rien qui importe plus que, comme,
[44:04] avec qui tu les partages.
[44:05] Tellement, tellement.
[44:06] Puis avant de les réaliser aussi, ces objectifs-là,
[44:10] il y a rien de plus important qu'avec qui on les réalise,
[44:14] avec qui on les partage.
[44:15] Tu sais, quand t'as atteint le sommet du Mont-Blanc,
[44:18] d'être seule sur cette montagne-là, c'est comme...
[44:22] Mais tous les projets qu'on réalise, tu sais,
[44:24] d'être seule à le vivre puis à le réaliser,
[44:26] c'est comme, hum, c'est vraiment le fun,
[44:28] mais c'est...
[44:30] On a envie aussi, après ça, de les partager avec nos proches
[44:33] puis de les vivre avec nos proches.
[44:34] Fait que de se mettre des attentes très élevées
[44:39] puis beaucoup de pression à être au meilleur de nous-mêmes
[44:42] au détriment de notre sommeil, de notre santé,
[44:48] des relations qu'on entretient, c'est pas mieux non plus.
[44:51] Non, puis c'est tellement important ce que tu dis.
[44:53] Tu sais, aujourd'hui, on donne des clés pour parler
[44:55] de la fixation d'objectifs, mais attention,
[44:57] tout n'est pas performance.
[44:59] Il y a pas un objectif pour tout non plus
[45:01] parce que c'est de tomber dans le cercle vicieux
[45:02] de toujours plus.
[45:04] C'est ça, c'est ça.
[45:04] C'est ça, c'est ça.
[45:04] C'est ça, c'est ça.
[45:04] C'est ça, c'est ça.
[45:04] C'est ça, c'est ça.
[45:04] À un moment donné, ça devient tellement central
[45:06] qu'on peut délaisser les relations interpersonnelles
[45:08] qui sont autour de nous, la santé.
[45:11] Fait que loin de moi l'idée aujourd'hui de dire
[45:14] OK, il faut absolument...
[45:15] Tu sais, c'est ça, puis vraiment pas.
[45:18] C'est plus dans nos grands objectifs de vie,
[45:20] comment on peut tenter de les atteindre
[45:21] sans laisser de côté tout ce qui importe finalement.
[45:25] Tu sais, famille, amis, santé, qui est le core,
[45:29] je l'ai juste en anglais, mais la base
[45:31] de ce qui nous permet d'atteindre ces objectifs-là.
[45:33] Oui, parce que tu sais,
[45:34] admettons que je vis...
[45:38] Par exemple, je perdais mon emploi.
[45:40] Si je perdais mon emploi, je peux te confirmer
[45:45] que ce qui me ferait...
[45:48] Je veux dire, mon Everest à moi, ça serait pas une montagne.
[45:51] C'est quand on a le luxe d'avoir une stabilité
[45:55] dans notre mode de vie qu'on peut se permettre
[45:58] de rêver à ce genre de projets-là
[46:01] qui sont vraiment du gravy, de l'excès.
[46:04] C'est merveilleux, mais avant de pouvoir faire ça,
[46:08] il y a tellement de choses à venir consolider
[46:10] à la maison, qui sont vraiment moins tangibles.
[46:12] Oui, 100 %.
[46:14] Oui, puis tu sais, je pense que tout n'est pas non plus
[46:18] un objectif comme le Mont-Everest.
[46:20] Un objectif pourrait être de boire
[46:22] trois verres d'eau par jour,
[46:24] dans le sens où ça n'a pas besoin d'être des objectifs
[46:26] de la plus grande envergure du monde.
[46:28] Je pense qu'on est deux personnes qui adorent rêver grand,
[46:30] puis on a des grandes ambitions,
[46:31] mais un objectif au quotidien, ça pourrait être
[46:34] de faire cinq minutes de pleine conscience par jour,
[46:37] dans le sens où ça n'a pas besoin d'être extraordinaire
[46:40] tout le temps, parce que c'est épuisant, ça aussi.
[46:42] Tout à fait.
[46:43] Mais c'est drôle, parce que je pense que j'en ai jamais parlé
[46:45] de ça, mais j'ai eu un diagnostic
[46:49] d'aménorée hypothalamique fonctionnelle
[46:52] et potentiellement de reds, OK, dans les derniers temps.
[46:56] Puis j'en ai jamais parlé, mais on s'en doute,
[46:58] parce qu'on l'entend sur les balados
[47:00] puis dans les trucs que je partage,
[47:02] que je mets une attention particulière
[47:03] à ce genre de sujet-là.
[47:04] Mais j'en ai comme jamais vraiment parlé.
[47:07] Mais le journal de la performance,
[47:10] comme tu parles, moi, mon journal,
[47:11] c'est justement le journal alimentaire,
[47:14] puis lié aussi à l'entraînement que je fais.
[47:17] Parce que je suis venue vraiment revenir,
[47:20] je suis vraiment revenue à la base, en fait,
[47:23] de me dire, OK, si je veux réaliser ces objectifs-là,
[47:25] je peux plus comme juste penser
[47:28] que ça va arriver miraculeusement.
[47:31] Il faut que je revienne à la base,
[47:32] puis il faut que je m'alimente vraiment,
[47:34] il faut que je dorme vraiment plus,
[47:35] il faut que je dorme vraiment plus,
[47:36] il faut que je diminue mon stress,
[47:38] il faut que je m'entraîne un peu moins,
[47:39] moins d'intensité.
[47:40] Il y a comme tellement de changements à venir faire
[47:43] qui ne sont pas tout à fait tangibles,
[47:46] mais qui sont ma priorité numéro un.
[47:49] Puis honnêtement, juste la charge mentale
[47:51] de s'occuper de ça, ma santé...
[47:54] C'est suffisant.
[47:55] Ah, c'est énorme, là.
[47:57] Puis c'est ma priorité numéro un.
[47:58] Fait qu'après ça, le reste, ça m'importe quand même peu,
[48:00] je dirais, dans le sens qu'on peut parler
[48:02] des autres objectifs, mais moi,
[48:04] ma base, c'est ma santé.
[48:05] C'est ça qui est le plus important.
[48:06] Puis je suis passée aussi par une situation d'anémie.
[48:09] J'ai plein d'amis aussi, plein de personnes, en fait,
[48:11] du balado qui m'écrivent, puis qui vivent
[48:13] des situations similaires.
[48:14] Mais juste s'occuper de notre santé,
[48:17] c'est comme la base, puis ça devrait être
[48:19] notre priorité numéro un.
[48:20] Après ça, le reste, ça.
[48:22] C'est ça qui nous permet, après, de rêver grand,
[48:24] puis tu le nommes bien, tu sais,
[48:26] il faut que ça devienne une habitude.
[48:28] Tu sais, la base, c'est ce qu'on veut garder,
[48:29] finalement, à long terme, dormir assez,
[48:32] avoir une alimentation qui est suffisante
[48:34] qui est équilibrée.
[48:35] Tu sais, c'est des choses qui doivent devenir
[48:36] une habitude pour après se dire,
[48:39] j'ajoute un objectif à ces habitudes-là.
[48:42] Puis tu le nommes vraiment bien.
[48:44] Si on n'a pas quelque chose d'implanté,
[48:46] comme, par exemple, ton état de santé,
[48:49] comment on peut, après, rêver à de grandes choses?
[48:51] C'est ça, c'est instable.
[48:52] Oui, c'est fou, hein?
[48:54] Oui.
[48:55] Tu sais, c'est une énorme tangente qu'on vient de prendre,
[48:57] mais je pense que c'est super important
[48:58] parce qu'on devait même, nous deux,
[49:00] se le rappeler peut-être ce matin,
[49:01] parce qu'on est là-dedans.
[49:03] « Let's go, les objectifs, let's go, let's go. »
[49:06] Mais c'est aussi important de revenir à la base de...
[49:10] OK, mais avant ça, il y a quand même une grosse...
[49:12] Oui, tellement, tellement.
[49:14] Puis je pense que tu introduis bien, tu sais,
[49:16] la notion d'habitude qui est quelque chose
[49:19] qui n'est pas un objectif,
[49:20] qui est quelque chose de temporel dans le temps,
[49:23] où on donne un effort conscient pour atteindre...
[49:26] Tu sais, l'habitude, c'est quelque chose
[49:27] qui est dans la continuité,
[49:29] qui est inscrit dans un contexte.
[49:30] Puis on n'a plus besoin de se dire,
[49:31] chaque jour, il faut que je dorme huit heures,
[49:33] ça fait partie de la routine.
[49:36] Tout à fait.
[49:37] Puis rendre nos comportements en habitude,
[49:41] finalement, c'est complexe.
[49:42] Puis je sens que c'est peut-être là-dedans
[49:44] que tu es en ce moment, de dire...
[49:45] Tout à fait.
[49:45] Il ne faut plus que ce soit conscient de là,
[49:48] il faut absolument que je mange assez,
[49:49] ou moins, ou peu importe.
[49:50] Non, là, il faut que ça devienne,
[49:53] je n'y pense plus, puis c'est ça qui arrive.
[49:55] Exactement.
[49:56] Le présentement, moi, dans ma tête,
[49:57] c'est une charge mentale, mon alimentation.
[49:59] C'est stressant, c'est comme...
[50:01] J'en ai-tu assez, j'en ai-tu pas assez?
[50:03] C'est trop, comment...
[50:04] Ça ne sera pas trop, donc arrête d'avoir
[50:07] cette réflexion-là, arrête d'avoir
[50:08] ce discours interne.
[50:12] Les rendez-vous avec les spécialistes aussi,
[50:14] parce que, tu sais, je veux dire,
[50:15] j'ai de l'aide, tout ce que je dis là,
[50:18] ce n'est pas...
[50:19] Donc, tu es accompagnée.
[50:20] C'est ça, je suis accompagnée,
[50:22] puis c'est pour ça que je n'ai pas encore
[50:23] de grands guidelines à donner,
[50:25] puis de leçons à donner à qui que ce soit,
[50:27] je suis là-dedans, j'apprends en même temps
[50:29] que tout le monde, donc voilà.
[50:30] C'est important, je trouve ça tellement pertinent
[50:32] que tu en parles aussi,
[50:32] parce qu'il y a tellement de gens
[50:34] qui vivent ça, tu sais.
[50:36] Oui, 100 %, puis de plusieurs
[50:38] niveaux différents aussi, tu sais,
[50:40] il y a des gens qui ont, tu sais,
[50:43] ces difficultés à dormir assez
[50:45] parce qu'on travaille un peu trop,
[50:48] par exemple, ou...
[50:49] En tout cas, tu sais, il y a plein...
[50:51] Oui, tellement.
[50:52] C'est ça, bref, en tout cas.
[50:53] Mais, OK, comment ces habitudes-là,
[50:56] on peut venir les implanter
[50:58] dans notre mode de vie, Anna?
[51:00] Oui, il y a plusieurs, parce que la prochaine
[51:02] nous dit, c'est qu'il y a plusieurs clés,
[51:04] finalement, puis il y en a plein
[51:06] que je n'aborderai pas aujourd'hui,
[51:07] mais pour moi, ce qui résonnait le plus,
[51:09] il y avait... Tu sais, on a parlé du lien
[51:11] avec l'identité, c'est la même chose
[51:12] pour les objectifs. Si ton habitude est liée
[51:14] à est-ce que ça fait du sens pour moi,
[51:16] est-ce que ça va dans la direction
[51:18] de la personne que je veux devenir,
[51:20] ça va être plus facile, toi, qui vas être
[51:21] une personne en santé, c'est sûr.
[51:23] Mais c'est sûr que ça prend tellement de place
[51:24] dans ta tête parce que c'est important,
[51:27] c'est la base de qui tu veux être, tu sais.
[51:29] Fait qu'il y a ce lien-là avec l'identité,
[51:30] puis après ça, il y a l'idée de détacher
[51:33] l'habitude du résultat,
[51:35] de dire...
[51:37] Puis là, je vais utiliser, par exemple,
[51:38] un exemple d'une course entre elles, disons.
[51:41] Bon, bien, moi, je m'entraîne
[51:43] pour faire ma course à Rikana
[51:45] dans six mois, par exemple.
[51:47] Ça va être difficile d'implanter l'habitude
[51:49] s'il y a un terme. Tu sais, après
[51:51] à Rikana, est-ce qu'on va avoir envie
[51:52] de continuer à s'entraîner si on s'attardait
[51:55] seulement au résultat?
[51:56] Ça peut devenir une habitude le temps
[51:58] jusqu'à ce qu'on atteigne le résultat,
[52:00] mais après ça,
[52:00] oup, il n'y a plus rien, tu sais.
[52:02] Fait que de détacher, finalement,
[52:04] la finalité, puis de dire,
[52:06] bien, moi, je veux être une personne active
[52:08] dans ma vie, et non,
[52:10] je veux être active puis me mettre en forme
[52:12] parce que j'ai une compétition de crossfit
[52:14] qui s'en vient, tu sais. Ça peut être motivant,
[52:16] mais en même temps, est-ce qu'on l'implante vraiment
[52:18] à long terme et pour la vie, s'il y a tout le temps,
[52:20] on est à la quête d'un résultat, tu sais.
[52:22] Ça, c'est tellement au cœur de la définition
[52:24] de performance durable, je crois.
[52:27] Oui, vraiment. Tu le nommes bien,
[52:29] puis tu sais, il faut être soucieux
[52:30] de ça, tu sais. C'est normal
[52:32] qu'on fasse, qu'on inclue des...
[52:34] qu'on incorpore, pardon, des comportements
[52:36] dans l'atteinte d'un objectif, c'est normal.
[52:38] Mais pour que ça soit une habitude durable
[52:40] puis dans une performance durable,
[52:42] il faut voir est-ce que ce n'est que lié
[52:44] au résultat qui peut être, tu sais,
[52:46] selon notre objectif, finalement.
[52:48] Oui. Une autre chose
[52:50] qui, pour moi, fait tellement de sens,
[52:52] c'est lié à notre environnement.
[52:55] C'est pas vrai qu'un comportement
[52:57] est isolé.
[52:58] Tu sais, puis l'exemple qui me vient, qui est un peu bête,
[53:00] c'est la soie dentaire, OK?
[53:02] Je pense à tous les fois où t'es allée
[53:04] au dentiste, puis là, il te pose la question,
[53:06] « Où est-ce que vous passez la soie dentaire? »
[53:08] Puis là, on se dit tout le temps, « Ah, tu sais, oui.
[53:10] Oui, oui, trois fois par jour, moi,
[53:12] la soie dentaire. » Ce qui n'est pas vraiment toujours le cas.
[53:14] Mais cette habitude-là, elle vient
[53:16] dans un contexte. On peut
[53:18] se passer la soie dentaire quand on se brosse les dents,
[53:20] quand on est proche de l'heure du coucher,
[53:22] quand on enlève nos verres de contact,
[53:23] quand on se démaquille. Elle vient dans l'ensemble
[53:26] d'un système autour de nous.
[53:28] Pour incorporer une nouvelle habitude,
[53:30] pour voir c'est quoi l'environnement puis le système
[53:32] qui est autour de cette habitude-là.
[53:34] Plutôt que de se dire, « Bien, je vais seulement
[53:36] m'appuyer sur ma volonté de ne pas passer la soie dentaire. »
[53:39] On le sait tous, ça ne marche pas tant que ça.
[53:40] Je ne sais pas s'il y en a qui se sont dit, « Moi, demain matin,
[53:42] go, je fais ça. »
[53:43] Ça prend beaucoup de volonté.
[53:45] Mon exemple est vraiment de base.
[53:47] C'est pour illustrer que, dans le fond,
[53:49] c'est inclus dans tout un système,
[53:52] ce comportement-là.
[53:54] Et donc, de le rendre le plus simple
[53:56] possible, de laisser notre soie dentaire
[53:58] sur le bord, à côté
[54:00] de notre brosse à dents, de mettre notre linge
[54:02] d'entraînement, tout plié, ce qu'on sait
[54:04] qu'on va mettre demain sur le bord de la porte avec nos souliers.
[54:06] De préparer notre lunge
[54:08] qui a assez d'énergie, de protéines,
[54:10] de tout ce qu'il faut, de glucides.
[54:11] Réduire la friction. Réduire la friction,
[54:14] rendre ça facile au maximum.
[54:15] Obvieux. De se dire, « Ah bien,
[54:18] c'est sûr que je vais marcher
[54:20] après le souper, tu sais, tout est prêt.
[54:22] C'est sûr qu'après la douche, je fais mes étirements,
[54:24] j'ai déjà tout sorti le matériel. »
[54:27] Rendre le comportement
[54:28] évident, ça facilite
[54:30] c'est sûr l'implantation de l'habitude.
[54:33] Une autre chose, j'arrête pas avec mes clés.
[54:36] Mais c'est vraiment bon ce que tu dis.
[54:38] Ça, c'est les quatre principes clés
[54:39] d'une habitude, hein?
[54:41] En fait, il y en a plusieurs.
[54:44] En psychologie, il y a vraiment
[54:45] plusieurs études qui parlent de différentes clés.
[54:47] Moi, j'ai pris ceux qui, pour moi, étaient les plus saillantes
[54:50] puis étaient les plus appuyées.
[54:51] Moi, celles qui ont fonctionné le plus dans ma vie,
[54:53] ça regroupe un peu
[54:56] ce que tu as dit. Tu l'as sûrement lu
[54:58] « Atomic Habits », en fait, on en parlait.
[55:00] Mais tu sais, « Atomic Habits » parle...
[55:02] Je suis vraiment tannante avec ça, je m'en excuse tellement.
[55:04] Mais les habitudes,
[55:06] les quatre principes clés, c'est de rendre
[55:08] l'habitude évidente.
[55:10] Donc, justement, laisser ses chaussures
[55:12] de course près de la porte.
[55:14] Ensuite, rendre l'habitude attrayante.
[55:16] Donc, le cerveau doit
[55:18] vouloir... Il veut l'action.
[55:22] Donc, on vient associer l'habitude à quelque chose
[55:24] de plaisant. Donc, par exemple,
[55:27] se garder
[55:27] le balado huméa.
[55:30] Pour sa course
[55:31] du mardi, par exemple.
[55:34] Tu te dis, « Ah, moi, je vais aller courir
[55:36] mardi matin. Dès que l'épisode
[55:38] va être sorti, je vais pouvoir l'écouter. »
[55:40] Tu l'attends.
[55:42] Rendre l'habitude facile.
[55:44] Donc, préparer son matériel à l'avance,
[55:46] par exemple, comme on disait.
[55:48] Puis aussi, commencer par une version
[55:50] très, très, très simple de l'habitude.
[55:52] Donc, si on veut commencer à courir, c'est juste
[55:54] cinq minutes pendant une semaine.
[55:57] Cinq minutes pendant une semaine,
[55:58] ça va devenir peut-être un
[56:00] cinquante minutes sur un an. Mais pour l'instant,
[56:03] c'est... On commence très, très
[56:04] simple, puis on est fiers
[56:06] de nous, puis c'est le début.
[56:07] On vit des réussites. Exactement. Puis la dernière chose,
[56:10] c'est rendre l'habitude satisfaisante, ce qui est comme
[56:12] mon volet préféré.
[56:14] C'est, tu sais, le feedback
[56:16] immédiat, le reward
[56:18] immédiat, que ce soit
[56:20] le mettre sur Strava,
[56:22] c'est vraiment dur,
[56:23] le mettre sur Strava ou encore, j'attends tout le temps
[56:26] mon petit café à la vanille.
[56:29] Genre, des fois, je vais...
[56:30] Je vais vraiment girly dans mes petits cafés, puis
[56:31] j'aime ça même prendre un petit café matcha.
[56:34] Bien, pas café matcha, café
[56:36] collagène à la vanille.
[56:38] Je sais pas pourquoi, je suis dans un trip.
[56:40] Puis là, je prends ça après mon café.
[56:42] J'ai hâte, genre, après ma course.
[56:44] Mais là, ça, à la fin,
[56:46] sur une année, c'est
[56:48] à tous les jours une action dans la bonne direction
[56:49] qui m'amène à créer une habitude
[56:51] sur du long terme, mettons.
[56:53] Oui, vraiment. Puis, tu sais, tu nommes bien
[56:56] toutes ces clés-là qui sont dans Atomic Habits,
[56:58] ce qui est d'ailleurs un livre,
[57:00] exceptionnel, là, quand on parle d'habitude
[57:01] et d'objectif, ça parle justement
[57:04] du fait qu'il y a tout le contexte
[57:05] qui nous entoure pour y arriver. Tu sais, c'est pas juste
[57:08] la volonté ou le comportement
[57:09] en tant que tel qu'on va réussir
[57:12] demain matin à faire parce qu'on est donc bien
[57:13] motivés. Tu sais, il y a tout ce qui entoure, là.
[57:16] Est-ce que tu es évident? Est-ce que tu es
[57:17] attrayant? Il y a-tu une satisfaction après?
[57:20] C'est de mettre ce contexte-là, tu sais.
[57:21] Il y a-tu une habitude dans ta vie que tu te dis,
[57:23] « Oh my God, Emma, j'aimerais tellement ça être capable de, comme... »
[57:27] Tu sais, que tu te dis, là,
[57:27] je te fais creuser, toi,
[57:30] délicat. Mais il y en a beaucoup, pour vrai, là.
[57:32] Mais il y en a une que cette année, je me disais,
[57:34] là, il faut vraiment que je lise
[57:36] plus. Moi, je suis beaucoup dans la lecture
[57:38] d'articles scientifiques pour mon projet
[57:40] doctoral, mais j'aurais envie, là,
[57:42] de lire des romans puis de m'asseoir
[57:43] un soir puis de me dire, « Ah, je fais vraiment une belle
[57:46] lecture, mais... » Puis c'est
[57:48] tellement dur, Emma, parce que je me dis,
[57:50] premièrement, il manque d'heures dans une
[57:52] journée dans mes semaines dernièrement.
[57:54] Puis après, on dirait que j'aurais donc bien envie
[57:56] de lire un livre demain matin de même,
[57:57] mais je sais qu'il faut que je commence par lire 5 minutes par
[57:59] jour. – Tout à fait. Par 5 minutes par
[58:02] jour, c'est long, lire un livre.
[58:03] – Non, mais c'est ça!
[58:05] Exact, mais c'est... Cette habitude-là,
[58:08] j'aimerais donc bien l'avoir, mais je le sais que, bon...
[58:10] OK, tu sais, ça va me demander
[58:11] consciemment de me dire, le soir,
[58:13] il est vraiment temps, mais je vais sortir mon livre
[58:15] 5 minutes, quand même, tu sais.
[58:17] – Est-ce que tu pourrais dire...
[58:19] Parce que des fois, James disait...
[58:22] James, tu sais, mon ami James.
[58:24] Des fois, James
[58:25] disait, on crée pas une nouvelle
[58:28] habitude, mais on change des habitudes
[58:29] existantes vers la nouvelle.
[58:32] Donc, par exemple,
[58:34] retirer
[58:35] 10 minutes de ton Netflix
[58:37] que t'écoutes avant de te coucher pour
[58:39] t'endormir tranquillement, puis de le
[58:41] switcher vers un livre,
[58:44] ça va tranquillement transférer
[58:46] l'habitude vers autre chose.
[58:47] – Oui, tu le nommes super bien, puis ça, je pense
[58:49] que, tu sais, quand on manque de temps,
[58:51] c'est super de transformer, finalement,
[58:53] de prendre un moment qui était dédié à autre chose,
[58:55] puis de le modifier.
[58:58] Ça peut être une stratégie vraiment
[58:59] concrète. Sinon, il y a le habit stacking,
[59:01] là, qui... Je sais pas si c'est
[59:03] James qui parle de ça, ou
[59:04] de venir dire, OK, bien, par exemple,
[59:08] une fois que j'enlève mes verres de contact,
[59:09] je vais tout de suite paier ma lecture de 5 minutes
[59:11] avec mes lunettes. – C'est bon, ça.
[59:13] C'est excellent. – Fait que, tu sais, de prendre quelque chose qui existe
[59:15] déjà, puis je m'en... Tu sais, mes verres de contact, c'est chaque
[59:17] jour, ça existe, tu sais. C'est une habitude
[59:19] qui est déjà là. Je vais tout de suite paier
[59:21] quelque chose d'autre lié à ça. Fait que, soit
[59:23] modifier, soit paier, je pense que, concrètement,
[59:25] c'est quelque chose qui peut...
[59:27] – J'ai déjà hâte d'aller lire mon livre ce soir.
[59:29] Là, ça m'a créé un nouveau besoin.
[59:30] – Tu vois, moi, j'ai tellement de la misère.
[59:32] Mais après, c'est ça, c'est...
[59:34] On en parle comme si c'était simple, là. OK, il faut faire ça,
[59:37] il faut faire ça, mais ça montre la complexité de la chose.
[59:39] – Mais il faudrait aussi boire un verre
[59:40] d'eau citronnée à jeun,
[59:44] et prendre nos greens,
[59:46] et ensuite méditer, et ensuite journal,
[59:48] et ensuite être certain
[59:49] qu'on a habit tracking.
[59:52] Et là, quoi d'autre?
[59:54] Parlons du servicieux, de...
[59:55] C'est là qu'il faut pas aller.
[59:57] – Exactement. – Exact. Puis, ce que j'ai envie de dire,
[59:59] pour terminer, c'est qu'on entend beaucoup
[1:00:01] parler de... Ça prend 21 jours
[1:00:03] pour créer une nouvelle habitude,
[1:00:05] puis en 21 jours, c'est se mettre
[1:00:08] une autre pression, tu sais.
[1:00:10] C'est vrai, le 21 jours,
[1:00:11] on en a parlé beaucoup dans les études,
[1:00:13] mais récemment, je pense que c'est en 2009,
[1:00:15] il y a une nouvelle recherche qui a montré
[1:00:17] que c'est de 21
[1:00:18] à 234 jours.
[1:00:21] Fait que c'est pas vrai que ça se fait en claquant des doigts.
[1:00:23] Puis on peut se mettre cette pression-là de
[1:00:25] « Ça fait 21 jours que je lis 5 minutes,
[1:00:26] puis finalement, ça marche pas, j'ai plus le goût
[1:00:28] pantoute de... » Non, la complexité
[1:00:31] de l'habitude fait que ça peut
[1:00:32] être plus court ou plus long.
[1:00:34] Mais c'est... Tu sais, inclure un verre d'eau par jour
[1:00:37] versus courir 30 minutes par jour,
[1:00:38] viens pas me dire que ça va prendre le même temps.
[1:00:40] – Tout à fait. – Fait qu'il faut pas se donner
[1:00:42] non plus la pression que « Bon, mais là, je l'ai faite
[1:00:44] pendant 21 jours, c'est supposé marcher. »
[1:00:46] C'est comme un mythe populaire
[1:00:48] qu'on entend, cette idée-là de 21 jours.
[1:00:50] Puis moi, je l'ai souvent entendu, tu sais,
[1:00:52] quand je parlais des habitudes, justement,
[1:00:54] alors que... Mettons pas cette pression,
[1:00:56] là, supplémentaire. – Mais là, je pense que ça revient
[1:00:58] vraiment à la question de définir nos objectifs aussi.
[1:01:01] – Oui. – Je pense que tu reviens...
[1:01:03] – Full circle. – Exactement.
[1:01:04] Ouais, full circle, c'est tellement relié, là.
[1:01:06] Wow! On est vraiment holistiques.
[1:01:10] Mais tu sais,
[1:01:11] c'est vrai, c'est... Revenir à la base,
[1:01:13] c'est pas du jour au lendemain.
[1:01:14] Le nombre d'années avant que je commence
[1:01:16] à courir, ou est-ce que dans mon journal, il est écrit
[1:01:18] « courir 6 fois par semaine,
[1:01:20] 10 kilomètres parfois ».
[1:01:22] Je vous confirme qu'à ce jour, c'est toujours
[1:01:24] pas ce que je fais. Parce que quand je définis
[1:01:26] mon objectif, il y avait clairement
[1:01:28] un manque de clarté.
[1:01:31] C'était pas possible pour moi
[1:01:32] de courir d'une minute à l'autre
[1:01:34] un 6 fois par semaine, 10 kilomètres. C'était bien beau
[1:01:36] dans les faits sur un journal, mais c'était pas ça
[1:01:38] qui fonctionnait. Fait que tu sais, de revenir
[1:01:40] à la base, c'est quoi que tu souhaites devenir?
[1:01:42] C'est quoi que tu souhaites implanter réellement? C'est quoi l'objectif?
[1:01:44] Est-ce que tu veux être plus active? Parfait.
[1:01:45] – C'est-tu réaliste? C'est-tu atteignable? – Oui.
[1:01:48] – On entend parler beaucoup des objectifs « smart ».
[1:01:50] T'as sûrement déjà entendu parler de ça.
[1:01:51] – 100 %, mais vas-y, fais-nous un petit...
[1:01:53] – Bien, c'est tout à fait légitime.
[1:01:56] « Smart », « spécifique », « mesurable »,
[1:01:58] « atteignable », « temporel ».
[1:01:59] Réaliste, c'est vrai.
[1:02:02] Une fois qu'on a l'objectif « smart »,
[1:02:03] il faut penser justement au sens que ça a pour nous,
[1:02:06] comme tu me disais.
[1:02:08] On peut pas se lancer
[1:02:09] dans un million d'affaires. Oui, objectif « smart »,
[1:02:11] c'est vrai. Il y a plein d'autres choses
[1:02:14] qui sous-tendent les objectifs « smart ».
[1:02:15] On en entend énormément parler.
[1:02:18] Ça fonctionne, c'est prouvé, c'est vrai.
[1:02:21] Mais il faut pas oublier
[1:02:22] qu'il faut que ça fasse du sens.
[1:02:23] Il faut qu'on ait l'environnement qui soit adéquat.
[1:02:26] Il faut qu'on ait...
[1:02:27] Les gens aussi qui nous entourent font toute la différence
[1:02:29] dans ça.
[1:02:31] – Wow! J'adore.
[1:02:33] J'adore, Rana.
[1:02:35] Y a-tu un objectif que t'as envie de nous partager,
[1:02:37] que t'as personnellement?
[1:02:38] – Je pense que ça va aller en lien avec...
[1:02:41] Tantôt, on disait tomber dans le piège
[1:02:44] de l'ultra-performance
[1:02:45] ou avoir trop d'objectifs.
[1:02:47] Un objectif qu'on crée cette année,
[1:02:49] c'est de ralentir.
[1:02:51] Je pense que ma dernière année
[1:02:53] a été... Mon Dieu, il y a eu tellement de choses.
[1:02:55] Je pense que je me suis perdue un peu
[1:02:56] dans tous les tiroirs qui étaient ouverts
[1:02:58] de tous les projets que j'avais.
[1:03:02] Puis à un moment donné, il y en avait trop.
[1:03:03] Puis je mets des priorités où.
[1:03:05] Fait que mon objectif de 20-26,
[1:03:07] c'est de ralentir.
[1:03:08] Tout en gardant quand même ce qui est autour
[1:03:11] puis ce qui m'anime, parce que ça fait partie.
[1:03:14] Fait que de prendre le temps
[1:03:15] de justement ces moments-là pour lire
[1:03:17] puis pour dire je vais prendre une marche
[1:03:18] puis je me vide la tête.
[1:03:20] Puis c'est pas dans un but de marcher
[1:03:23] le Kilimanjaro.
[1:03:25] J'adore ça. J'adore ce que tu dis.
[1:03:27] C'est un très bel objectif.
[1:03:28] C'est contre-intuitif, mais ça en fait partie.
[1:03:31] Mais tu sais, ralentir pour mieux...
[1:03:33] Exactement.
[1:03:34] Mieux être, mieux créer.
[1:03:36] C'est comme... Mais oui, c'est un gros défi.
[1:03:38] Oui.
[1:03:39] Je suis certaine que je vais t'appeler cet après-midi
[1:03:41] puis genre Anna, comment ça va?
[1:03:43] Ça va vite, ça va vite, mais je ralentis, je ralentis.
[1:03:47] Oui, là, après, je vais me le faire dire.
[1:03:48] Je l'ai nommé à voix haute.
[1:03:50] Mais c'est parfait, c'est exactement ça qu'il faut.
[1:03:51] Il faut les partager.
[1:03:52] Exactement.
[1:03:53] C'est ça qui fait qu'on les attend encore plus.
[1:03:54] Oui.
[1:03:55] Wow, mais merci, Anna, d'être venue au balado.
[1:03:57] Merci, merci à vous, vraiment.
[1:03:58] N'hésitez pas à commenter, poser des questions.
[1:04:01] Puis je suis certaine qu'Anna va se faire un plaisir
[1:04:03] de revenir au balado un autre moment aussi
[1:04:05] pour partager peut-être ses prochains défis
[1:04:08] ou aussi d'autres sujets plus en particulier,
[1:04:10] d'autres sujets, en fait, d'intérêt pour nous tous et toutes.
[1:04:15] Donc, merci.
[1:04:16] Merci.
[1:04:18] Yeah!
[1:04:19] Yeah!
[1:04:20] Yeah!

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