# Dawei Ding — De Beijing à Signé Local : entrepreneuriat, immigration et résilience

An episode of [umea](https://invisiblenetwork.ai/podcast/1869986285), 31 Mar 2026, 1 h 19 min.

Audio: https://episode.flightcast.com/01KMV53GZ50FT0ZBAFHTZ7CCQP.mp3

Dans cet épisode du balado umea, je reçois Dawei Ding — avocat devenu entrepreneur, président et copropriétaire de Signé Local, père de deux jeunes enfants, coureur passionné, et un immigrant qui incarne une définition moderne de l'identité québécoise. Né à Beijing et arrivé au Québec à l'âge de 8 ans, Dawei a appris à ne rien tenir pour acquis, à ne pas craindre les nouveaux départs, et à se lancer dans les projets les plus ambitieux. Après sept ans de pratique en droit des affaires chez BCF et Fasken, il a quitté la sécurité du grand cabinet pour acquérir Signé Local — une destination cadeau qui représente plus de 300 PME québécoises, avec quatre magasins et une plateforme en ligne en pleine croissance. Dans cet épisode, on explore : • Son parcours d'immigrant et comment cette expérience a forgé son approche entrepreneuriale • Pourquoi il savait depuis le début qu'il était un imposteur dans le monde du droit — et comment il a osé quitter malgré tout • Le processus d'acquisition de Signé Local — du LOI au closing, les erreurs, les leçons, et les mois où ils perdaient 60 000 $ par mois • Comment il a restructuré l'entreprise, renégocié les contrats, et transformé une business en difficulté en succès rentable • La réalité de l'entrepreneuriat — le stress financier, les cautions personnelles, les décisions difficiles, et la pression de performer • Pourquoi il refuse de romantiser l'entrepreneuriat — et pourquoi il croit que l'action vaut mieux que l'analyse paralysante • Son approche du leadership vulnérable — pourquoi il nettoie encore les toilettes et pourquoi aucune tâche n'est trop petite • La course à pied comme outil de survie — comment il court 70 km par semaine et pourquoi son premier marathon a été un désastre total • L'équilibre entre paternité, entrepreneuriat et performance sportive — et pourquoi il croit que l'équilibre est un tout, pas une division • Pourquoi les femmes se mettent tellement plus de pression que les hommes dans le monde professionnel — et comment changer ça • Son message aux jeunes professionnels qui hésitent à se lancer — pourquoi la vie, c'est maintenant, pas plus tard Dawei incarne cette génération d'entrepreneurs qui refusent de choisir entre sécurité et ambition, entre identité d'origine et identité choisie. Il nous rappelle que l'immigration forge une résilience unique, que l'action vaut mieux que la perfection, et que le leadership, c'est aussi savoir se salir les mains. Un épisode pour tous ceux qui rêvent de se lancer, qui veulent performer sans s'épuiser, et qui croient qu'il est possible de bâtir autrement.

## Transcript

[0:00] Bienvenue au Balado UMEA. Aujourd'hui, on reçoit Dawei Ding. Dawei est un entrepreneur engagé.
[0:08] Il est né à Beijing puis il est arrivé à Québec à l'âge de 8 ans. Il a un parcours vraiment inspirant.
[0:16] C'est son parcours d'immigrant qui lui a appris à rien tenir pour acquis, puis à ne pas craindre
[0:23] à prendre des nouveaux départs, puis à se lancer dans des projets les plus ambitieux.
[0:32] Aujourd'hui, Dawei est père de deux jeunes enfants. Il est président, directeur général et copropriétaire
[0:39] de Signy Local, une entreprise qui a comme mission de contribuer à faire rayonner l'achat local,
[0:46] puis à soutenir surtout le talent d'ici. Auparavant, il était avocat en droits des
[0:53] affaires. Il a travaillé pendant sept ans comme professionnel au sein de l'équipe de Fasken et
[0:58] aussi de BCF en droits des affaires. Il a développé vraiment une expertise pour accompagner la
[1:04] croissance d'entreprises innovantes, puis à un moment donné, il s'est rendu compte que lui,
[1:09] ce qu'il avait envie, c'était d'être cette entreprise-là au cœur de la croissance,
[1:15] au cœur de la création de valeur. Donc, c'est vraiment un épisode où est-ce qu'on parle ensemble
[1:23] de son parcours personnel en tant qu'immigrant, identitaire, si on peut dire. On parle aussi
[1:30] de sa carrière professionnelle, de sa transition vers le reprenariat, de ses bons coups comme de
[1:38] ses mauvais coups dans cette grande transition-là d'acquisition d'une entreprise d'ici, puis aussi
[1:45] de son équilibre en tant que sportif, parce qu'évidemment, c'est aussi un coureur.
[1:53] – Vraiment, vraiment un épisode intéressant. Je vous souhaite une très bonne écoute. Enchanté.
[2:00] – Enchanté, moi. – Contente de te recevoir sur le balado.
[2:02] – Merci de l'invitation. – Dis-moi comment on doit prononcer ton nom?
[2:05] – Daoué. – Daoué. Daoué Digne.
[2:09] Daoué, dans quel... Comment est-ce qu'on te retrouve aujourd'hui? Dans quel état te situes-tu?
[2:14] – Eh boy! Bonne question. Écoute, si je peux résumer, je dirais en ce moment, je suis comme le
[2:21] Père Noël avec une montre Garmin. – Ça veut dire quoi, ça, le Père Noël avec une montre Garmin?
[2:28] – Parce que... Père Noël, parce que je suis président de Signé local, ça prend un grand
[2:32] espace dans ma vie. Signé local, on est une destination cadeau pour des milliers d'entreprises
[2:39] puis des consommateurs. On a quatre magasins, une plateforme en ligne, puis on vend beaucoup
[2:45] de produits locaux. C'est ça, la marque de Signé local. Puis la montre Garmin, bien, parce que je
[2:49] suis un fanatique en ce moment de la course.
[2:51] J'ai un PB que je veux atteindre cette année, plein de choses que je veux réussir. Je suis en train
[2:57] de monter mon volume de course à chaque semaine. Fait que pas de bédaine, mais une montre Garmin.
[3:02] – OK, j'ai envie de parler de tout ça en ce moment. Est-ce que, avant de rentrer dans le creux du sujet
[3:08] justement de l'entrepreneur que tu es, mais aussi le professionnel, parce que t'es un avocat de
[3:15] formation, bien, pas juste de formation, t'as travaillé comme avocat dans un cabinet privé
[3:19] pendant super longtemps. Peux-tu nous parler un peu de ce que tu as fait? – Bien, je suis un avocat
[3:21] de formation. J'ai, avant ça, j'ai fait un bac en économie aussi. Fait que ça a été comme naturel
[3:35] pour moi d'aller en droit des affaires. Puis là, le classique, c'est vraiment ça, là. C'est mon père,
[3:42] il m'a poussé à aller en droit. – C'est vrai? – Oui, oui. Des fois, je dis en blague, là, tu sais
[3:46] pourquoi les Asiatiques ont des gros mollets? – Pourquoi? – C'est une prédisposition génétique
[3:50] pour supporter les attentes de nos clients. – C'est ça. – C'est ça. – C'est ça. – C'est ça.
[3:51] – C'est ça. – C'est ça. – C'est ça. – C'est ça. – C'est ça. – C'est ça. – C'est ça. – C'est ça. – C'est ça.
[3:52] – C'est ça. – C'est ça. – C'est ça. – C'est ça. – C'est ça. – C'est ça. – Wow! OK, j'adore.
[3:54] – Mon père, depuis tout jeune, il me dit « Daoué, je veux que tu deviennes avocat,
[3:58] parce que moi, j'ai peur du sang. » Fait que là, le chemin médecin, c'était comme barré
[4:02] depuis le début, puis c'est là, je m'évanouis au sang. Fait qu'il dit « Va en droit, va en droit,
[4:06] je veux voir si t'es capable. » Fait que là, j'ai dit « OK, fine.
[4:08] Je vais aller en droit. »
[4:10] Puis j'ai aimé ça quand même.
[4:12] J'ai pratiqué sept ans
[4:14] chez BCF et Faskin.
[4:17] Plus au niveau des startups.
[4:19] J'ai représenté des jeunes founders
[4:20] dans leur ronde de financement.
[4:23] Puis c'était
[4:24] fun comme pratique,
[4:26] mais moi, je ne suis pas un avocat.
[4:28] Je le savais depuis day one.
[4:30] Je suis un imposteur dans la gang.
[4:32] Moi, passer mes journées devant l'écran à rédiger des contrats,
[4:35] j'étais comme « Moi, je veux juste
[4:36] réaliser des projets. Je veux exécuter.
[4:38] Je ne veux pas être l'espèce de
[4:40] consultant à l'externe. »
[4:42] Puis moi, j'avais la blouse du closing.
[4:44] Au moment d'un closing, tout le monde
[4:46] « pop the champagne. » Moi, j'étais comme
[4:48] « Ah! »
[4:49] Il manque cette relation.
[4:52] J'ai le goût de voir le projet se concrétiser.
[4:55] Aussi, ce qui est dur
[4:56] quand on est avocat
[4:57] en pratique privée, c'est que
[5:00] consciemment, les gens
[5:02] qui nous emploient, les business avec lesquels on travaille,
[5:04] on pense qu'en droit des affaires,
[5:06] on se rapproche des dossiers stratégiques.
[5:09] Mais dans les faits, les dossiers
[5:10] stratégiques se construisent tous avant
[5:12] qu'on intervienne parce que les avocats
[5:14] qui nous emploient ou encore les CEOs,
[5:16] CFOs qui nous emploient, sont comme
[5:19] c'est à la
[5:20] dernière minute qu'on va demander à nos avocats d'intervenir
[5:23] quand tout va être
[5:24] « lucky » le plus possible parce que c'est
[5:26] des honoraires professionnels
[5:28] qu'on engendre. Donc, le moins
[5:30] de temps possible, on parle au téléphone avec nos avocats,
[5:32] le mieux c'est. Fait qu'on s'est toujours
[5:34] le strict minimum pour faire
[5:37] notre job. En tout cas...
[5:38] C'est ça. Puis tu sais, à un moment donné, je t'ai invité
[5:40] à un souper de closing.
[5:42] Puis tu sais, j'étais là avec l'équipe, je trouvais ça le fun.
[5:45] Puis là, après ça, tu as le CEO qui monte sur le sein
[5:47] qui dit « Hey gang, on vient de closer le
[5:49] financement, voici tous les projets qu'on va pouvoir
[5:50] faire. » Puis moi, j'étais juste là, j'étais comme jaloux.
[5:53] J'étais comme « My God, OK. »
[5:55] C'est ça le fun qui arrive.
[5:57] Mais moi, mon dossier est clos, puis je m'en vais sur
[5:58] le prochain financement.
[6:00] Est-ce que tu as toujours su,
[6:01] tu l'as dit déjà,
[6:03] que tu l'as comme toujours reçu,
[6:05] que tu étais fait plus pour être dans le monde
[6:07] des affaires, mais est-ce que
[6:09] pendant toutes tes années de pratique,
[6:11] tu avais en tête que tu allais exiter à un moment donné?
[6:13] Oui. Puis même quand je l'ai
[6:15] annoncé à mes
[6:17] boss, tout le monde
[6:18] m'a dit genre, c'était écrit
[6:21] dans le ciel. On aurait aimé ça, avoir
[6:22] un plus long chemin avec toi.
[6:24] Puis là, il y avait des associés qui essaient de me
[6:27] convaincre que être associé en droit,
[6:29] c'est comme gérer ta business, parce que
[6:31] t'as ton équipe, t'es junior, tu recrutes,
[6:33] mais c'est pas pareil.
[6:34] Construire une business, c'est vraiment
[6:36] vivre toutes les conséquences,
[6:39] l'opération, réaliser
[6:41] des négociations, c'est différent,
[6:43] c'est très différent.
[6:44] Quand même, t'avais aussi,
[6:46] tantôt, t'es rentré dans le studio, puis
[6:48] t'as tout de suite vu le livre Lean Startup.
[6:51] Je pense que
[6:52] t'adoptais quand même un mode de vie,
[6:54] pas un mode de vie, mais une philosophie
[6:57] de formation très business,
[6:59] puis c'est comme ça aussi que j'imagine que tu
[7:01] travaillais avec tes clients.
[7:03] Oui, c'est ça. Je t'ai,
[7:04] j'essaie toujours de dire,
[7:07] tu sais, je me mets à la place du client.
[7:09] First of all, parce qu'il faut
[7:11] lui donner de la valeur. On coûte
[7:13] tellement cher. Moi, chez BCF
[7:15] Faskin, je pense que mon torreur était
[7:16] en 300 et 400 piastres.
[7:19] Tu vas pas, comme tu dis, tu vas pas cogner chez ton
[7:21] avocat pour lui jaser pour le plaisir.
[7:23] Moi, je voulais savoir qu'est-ce que
[7:25] eux, ils lisaient. C'est quoi qui leur permet
[7:27] de prendre des décisions, puis de comprendre ces décisions-là
[7:29] pour pouvoir conseiller des affaires.
[7:31] Parce que souvent, on dit, les avocats, vous êtes juste
[7:33] des professionnels à dire non.
[7:34] C'est pas ça. Parce qu'on sait bien, si tu fais rien,
[7:36] t'as pas de risque. Exact. Mais c'est pas comme ça
[7:38] que tu rends une business. Il faut prendre des risques.
[7:41] Puis des fois, on va, tu sais, moi,
[7:42] je suis du genre à conseiller aux clients. Je suis comme,
[7:45] c'est touché,
[7:46] OK. T'as-tu le droit, t'as-tu pas le droit?
[7:48] C'est peut-être pas la stratégie idéale, mais
[7:50] c'est quoi le risque? Comment on le mitige?
[7:52] Ouais, comment on le mitige? T'es-tu capable de vivre
[7:54] avec le scénario Z, où c'est tout pète,
[7:57] puis ça vaut-tu la peine?
[7:58] C'est quoi le pourcentage de chance que t'attribues à ça?
[8:00] C'est quoi ton EV, expected value,
[8:02] de ce move-là? Si ça fait du sens
[8:04] avec ton expected return,
[8:07] vas-y. Ouais. Vas-y, puis on va
[8:08] gérer le downside, si ça arrive.
[8:11] Puis ça, c'était pas une approche
[8:12] que, tu sais, ma copine, ma conjointe
[8:15] est avocate aussi, puis des fois, à la maison,
[8:17] on jase des dossiers, puis elle est comme,
[8:18] toi, t'es cow-boy un peu.
[8:21] Moi, avec mes clients, des fois, je disais,
[8:22] genre, go, go, on essaye. Parce que si t'essayes rien,
[8:24] on peut tout rester à la maison, puis il y aura pas
[8:26] de risque, mais c'est pas ça, la business. Ta business
[8:28] va pas grossir. Je trouve que BCF, puis
[8:30] Fasken, c'est des beaux cabinets pour justement
[8:32] avoir, tu sais, il y en a quand même plusieurs des
[8:34] avocats qui ont cette mentalité-là à chaque fois.
[8:36] Moi, je travaille personnellement par moment avec
[8:38] Fasken, puis j'ai travaillé aussi avec BCF, puis je trouve
[8:40] que c'est le genre de comportement
[8:42] qui, bien, d'attitude qui est quand même
[8:44] valorisé au sein des, bien, chez les
[8:46] professionnels, mais c'est quand même plus
[8:48] rare que... Ouais.
[8:51] Tu sais, c'est ça, là. Tu sais, les avocats,
[8:52] on est plus, tu sais,
[8:54] le but, c'est de créer une structure
[8:56] zéro risque pour aider nos clients
[8:58] à naviguer les lois,
[9:00] etc., mais moi, j'avais pas cette approche-là. C'est pour ça
[9:02] que je t'ai dit, j'étais un imposteur day one.
[9:04] Je me sentais pas bien. Mais là, comment t'as fait pour durer
[9:06] dans cette industrie-là pendant sept ans?
[9:09] Qu'est-ce qui a fait en sorte que t'as pas pris
[9:10] d'action avant sept ans? Est-ce que
[9:12] t'avais un panache déjà tout écrit?
[9:14] Non, non, puis
[9:16] c'est une bonne question parce que
[9:18] moi-même, je me la pose des fois, puis
[9:20] tu sais, je pense
[9:22] une part est vraiment financière.
[9:25] Tu sais, on faisait vraiment un beau salaire
[9:26] comparé à des, tu sais,
[9:28] mes amis dans d'autres domaines où c'était plus
[9:30] rough au début, surtout la crise financière, on était dans
[9:32] ces années-là. Fait que, tu sais, ça, moi,
[9:34] quand je travaillais fort, j'avais des bons bonus.
[9:37] Fait que, tu sais, j'ai acheté mon premier condo comme ça.
[9:38] Fait qu'à un moment donné, tu rentres un peu
[9:40] là-dedans, puis t'apprends aussi, puis
[9:42] tu sais, j'essaie aussi de me convaincre moi-même
[9:44] peut-être d'avoir une chance que
[9:46] tu peux faire ça toute ta vie, tu sais. Ça va bien
[9:48] finalement, tu peux, tu sais, je me faisais
[9:50] un peu fider du coup l'aide,
[9:52] là, j'étais comme, ah ouais, c'est une business finalement.
[9:55] Mais à un moment donné, avec le temps,
[9:56] tu sais, ça a pris sept ans,
[9:58] puis la
[10:00] le vrai élément déclencheur, c'est que mes parents
[10:02] avaient une business familiale aux États-Unis
[10:05] dans le transport, puis pendant la
[10:07] COVID, ils avaient vraiment besoin de l'aide.
[10:09] Fait que moi, j'ai dit à Faskin, j'ai dit, je vais
[10:10] prendre une année sabbatique pour
[10:13] aller aider mon père aux États-Unis.
[10:16] Fait que je suis allé
[10:16] aux États-Unis
[10:18] avec mon père dans le day-to-day, dans les opérations,
[10:21] puis c'est là que j'ai vraiment vu, j'ai dit,
[10:23] même une business qui est
[10:24] pas du tout sexy, là, dans le transport, on se levait
[10:26] à quatre heures du matin pour aller au terminal
[10:28] faire des affaires, j'étais comme, même ça,
[10:30] ça me passionne plus, on dirait que
[10:32] ça vient éveiller en moi des parties que je pensais
[10:34] qui dormaient depuis toujours.
[10:36] Fait qu'en revenant chez Faskin, à un moment donné,
[10:38] j'ai dit, la décision
[10:40] est prise, là, tu sais.
[10:41] Ah, ouais, puis est-ce que t'avais déjà un plan B à ce moment-là?
[10:44] Est-ce que tu disais, quand t'as quitté Faskin,
[10:46] tu disais, je vais travailler pour
[10:48] la business familiale, ou tu savais que t'allais être en mode
[10:50] acquisition, reprenariat?
[10:51] En mode acquisition. Puis même,
[10:54] tu sais, je veux dire,
[10:55] j'allais pas annoncer avant que l'acquisition
[10:58] soit closée, pour être sûr, parce que c'est
[11:00] comme tu sais, des fois, les deals, ça peut ne pas
[11:02] closer pour être sûr. Mais t'avais déjà un LOI sur la table?
[11:04] Ouais, exact. OK, donc t'avais déjà
[11:06] ciblé ta business que t'allais
[11:08] acquérir, qui était signée locale à ce moment-là.
[11:10] Exact, exact. OK, trop cool,
[11:12] on va y revenir,
[11:14] mais avant, comment c'était,
[11:16] travailler avec ton père?
[11:18] C'était tough, c'était tough.
[11:20] Mon père est très, tu sais,
[11:22] très mentalité asiatique, là, tu sais,
[11:24] très hardworking, puis genre,
[11:27] tu sais, t'es toi, là,
[11:28] genre, travail, puis
[11:29] il m'a appris beaucoup
[11:32] aussi, là, que j'applique maintenant
[11:34] dans ma vie, dans le sport, etc.,
[11:36] mais tu sais, lui, c'était du genre à dire
[11:37] « don't work smarter, work harder ».
[11:40] Ah ouais? Ouais. Bien ça, ça fonctionne
[11:42] dans le cabinet de l'avocat, là.
[11:45] C'est comme
[11:46] « fais plus d'or facturable, peu importe la valeur
[11:48] que ça a ». Exact, tu vois, ça,
[11:49] ça me convenait pas. Fait que moi, puis mon père,
[11:52] au début, c'était un clash, là, tu sais, mon père,
[11:54] il est comme, tu sais, t'essaies juste d'être lazy, là, tu sais,
[11:56] puis il me callait out sur des affaires,
[11:58] puis à un moment donné, j'ai juste dit « OK, regarde,
[11:59] on va se séparer un peu les responsabilités
[12:02] diagramme de veine », parce que lui, il est taché
[12:04] dans les relations interpersonnelles,
[12:06] genre, ses employés, là, ses employés le voyaient
[12:08] comme un boss
[12:10] avec le fouet, genre. Ah ouais? Ouais.
[12:12] Fait que là, tu sais, moi, j'arrivais, j'étais comme, tu sais,
[12:14] je vais t'aider à recruter, je vais t'aider à
[12:16] établir des bonnes relations avec tes
[12:18] partenaires d'affaires et tout,
[12:20] puis à un moment donné, on a fait, tu sais, on a travaillé
[12:22] ensemble peut-être un an et demi, là, fait que...
[12:24] OK. Puis il a toujours son entreprise?
[12:26] Non, il l'a vendue. OK. Fait qu'il est revenu maintenant
[12:28] au Canada. OK. Fait qu'il a une famille d'entrepreneurs
[12:30] quand même. Ouais. OK.
[12:32] Puis, bien là, parle-nous du processus
[12:34] d'acquisition de signé local
[12:35] un peu geek, là, genre, j'ai envie
[12:38] que tu me parles de... Ah ouais? Ouais, comment t'as fait pour...
[12:40] Parce qu'on a déjà parlé
[12:42] un peu sur le balado, justement,
[12:44] de comment est-ce qu'on se lance
[12:46] en affaires, mais aussi
[12:47] pour ceux qui ont, tu sais, qui ont moins la fibre
[12:50] genre start-up
[12:51] et qui sont en mode
[12:54] reprenariat,
[12:56] jusqu'à maintenant, ça a été difficile,
[12:58] que j'ai envie
[13:00] que tu m'expliques comment t'as fait pour savoir
[13:02] dans quelle industrie t'allais te lancer,
[13:04] pourquoi signé local, ça a été
[13:06] combien de temps le processus d'acquisition?
[13:08] Ouais. Écoute, dans mon cas,
[13:10] ça a été...
[13:12] Signé local est arrivé...
[13:14] J'ai un partenaire d'affaires, là, Louis,
[13:16] qui m'est arrivé avec l'offre,
[13:18] bien, la possibilité d'acheter signé local.
[13:20] Il a vu ça sur...
[13:22] J'ai un courtier qui l'avait contacté, son frère
[13:24] et lui, puis
[13:25] il cherchait un troisième
[13:28] partenaire pour acquérir la business,
[13:29] puis moi, j'étais tombé en amour avec signé local
[13:31] on first sight, là, genre...
[13:34] J'étais allé visiter le magasin d'Issy 30 un peu
[13:35] en client mystère, puis j'étais comme
[13:37] « My God, c'est une belle business, c'est vraiment cool,
[13:40] tu sais, la valeur vient me rejoindre », puis j'étais
[13:42] comme... Moi, je voulais une business qui
[13:43] était hybride
[13:45] en modèle, comme brick and mortar, puis
[13:47] aussi avec un volet de tech. Parce que moi,
[13:50] je voulais pas juste acheter un SaaS,
[13:52] puis genre... Moi, je suis pas
[13:54] programmeur de formation, là, je voulais pas
[13:56] rester derrière l'écran. Le but, justement, de quitter
[13:58] le droit, c'était un peu d'aller sur le terrain.
[14:00] Puis je voulais pas non plus une business
[14:02] comme celle de mon père, où c'était constamment
[14:03] sur le terrain. Fait que là, je voulais quelque chose de hybride,
[14:06] puis signé local l'été.
[14:07] Parce que là, pendant la pandémie, les magasins
[14:09] ont souffert. Certains magasins ont même
[14:12] fermé pendant le temps des pandémies.
[14:14] La pandémie, puis
[14:15] le volet en ligne a pris beaucoup d'espace, puis
[14:17] je disais...
[14:19] La boutique de signé local,
[14:21] à mon avis perso, était à chier.
[14:24] Puis malgré ça, on faisait...
[14:26] Il faisait beaucoup de
[14:28] croissance année après année. Fait que j'ai dit, imagine
[14:30] tout le potentiel qui sont sur la table
[14:32] en ce moment, qui sont laissés de côté.
[14:34] Fait que là, j'ai dit, écoute, c'est la
[14:36] business parfaite, là, parce que c'était comme un début de
[14:38] hockey stick curve, mais qui était pas
[14:40] du tout exploité. Puis en
[14:42] même temps, tu sais, ça touchait
[14:44] tellement d'affaires dans lesquelles
[14:46] je pouvais apporter une
[14:48] contribution. Moi, ma philosophie, c'est
[14:50] j'essaie de pas m'impliquer dans les
[14:52] projets si je vois pas de valeur
[14:54] ajoutée, que si j'amène...
[14:56] Si je vois pas que j'amène une valeur
[14:57] ajoutée tout de suite. Fait que
[15:00] avec Signe local, tous les aspects
[15:01] légaux,
[15:04] renégocier les baux, renégocier
[15:06] les ententes avec les fournisseurs, mettre la structure,
[15:08] faire l'optimisation,
[15:10] recrutement d'employés, stratégie
[15:12] marketing, croissance en ligne, tout ça,
[15:14] c'est tous des sujets dans lesquels
[15:16] je me sens à l'aise, puis que je suis
[15:18] passionné. J'écouterais des podcasts
[15:20] pendant des heures et des heures et des heures sur chacun
[15:21] de ces sujets-là. Fait que j'ai dit,
[15:24] ouais, c'est la bonne business.
[15:26] Puis là, c'est ça, les valeurs.
[15:27] Alors, me rejoigner, là.
[15:29] Puis, est-ce que t'avais déjà dit, justement,
[15:32] out there, que t'étais en mode acquisition
[15:34] depuis un certain moment? Fais-tu ça,
[15:35] le contexte? Ou c'est juste
[15:37] par chance? Moi, j'étais revenu des États-Unis,
[15:40] puis j'ai réintégré
[15:42] mon poste de Faskin, encore en mode
[15:44] un peu
[15:44] do I stay or do I go,
[15:48] tu sais, puis des mois plus tard.
[15:50] Puis là, l'histoire, c'est aussi...
[15:51] Mon fils est né
[15:53] quelques mois plus tard, après que je sois revenu des États-Unis.
[15:56] Oui, parce qu'on l'a pas dit, t'es
[15:57] papa de deux jeunes enfants, hein?
[15:59] Oui, oui. Fait que c'était mon grand, qui est maintenant
[16:01] à quatre ans et demi. Fait qu'il est...
[16:04] À ce moment-là, ma conjointe est tombée
[16:06] enceinte aux États-Unis. Elle est revenue.
[16:08] Elle a accouché ici. Fait que là,
[16:10] je disais, bon, tu sais, je vais pas chercher
[16:11] une business là. Ça a aucun sens, là.
[16:14] Je veux dire, c'est la première fois que je deviens père.
[16:15] Je sais pas, tu sais,
[16:16] qu'est-ce que ça va donner. Est-ce que je vais être
[16:19] un bon père? Ça va-tu être tough? Je vais peut-être plus
[16:21] dormir pour le reste de ma vie. Fait que...
[16:24] Fait que je voulais pas quitter la pratique tout de suite.
[16:25] Puis mon associé est arrivé avec cette opportunité,
[16:27] en disant, go, c'est là.
[16:30] Puis non seulement ça, Daoué, il faut qu'on
[16:32] bid, outbid les autres qui...
[16:34] Ah, oui. Parce qu'il y avait une
[16:35] liste d'acheteurs potentielles.
[16:38] Fait que là, évidemment, on a pris
[16:39] dans le database, fait qu'il y a
[16:41] un template de LOI.
[16:44] Fait que là, on a travaillé, puis on a soumis,
[16:46] puis... Fait que on a bien
[16:47] impressionné les vendeurs. Fait que
[16:50] de fil en aiguille, là, on a...
[16:51] C'était un long processus. Ça a duré un bon,
[16:53] je dirais, six mois.
[16:56] Ah, oui. Oui.
[16:57] Oui. Négocier
[16:58] le LOI ou juste procéder
[17:01] ou procéder à l'acquisition?
[17:04] Tout le processus.
[17:05] À partir du moment où le LOI était accepté,
[17:07] ça a pris un autre six mois
[17:08] avant de... avant de closer, là.
[17:11] Puis il y a toutes sortes de raisons
[17:13] pourquoi... Tu sais, signer local aussi, c'est
[17:14] une business, tu sais, très
[17:16] focus sur le temps des fêtes. Fait qu'à un moment donné,
[17:19] il fallait qu'on tourne en un peu
[17:20] les négociations pour qu'eux, ils puissent se focusser
[17:22] sur les opérations. L'inventaire
[17:25] était... Tu sais, ça a bougé tellement.
[17:27] Fait qu'il fallait tout le temps... Tu sais, le working cap,
[17:29] là, ça a été tough à négocier. Ça a été
[17:30] extrêmement... Tu sais, on était
[17:33] péquis aussi parce qu'il y avait tellement de...
[17:35] L'inventaire, c'était une grosse partie de la valeur
[17:36] qu'on achetait.
[17:40] Il y avait...
[17:41] Les employés, ça a bougé
[17:43] aussi. Puis je me
[17:45] souviens, là, tu sais, quand on rédigait
[17:46] le SPA,
[17:48] Share Purchase Agreement,
[17:52] Desjardins,
[17:52] qui nous finançait pour l'acquisition,
[17:54] disait, bien, tu sais, ça vous prend un cabinet d'avocats.
[17:57] Là, nous,
[17:57] on était tous des avocats.
[17:59] Oui, c'est ça, parce que les partenaires, c'est des avocats aussi.
[18:01] Exact. C'est un fiscaliste.
[18:03] Puis moi, puis Louis,
[18:05] on était deux gars
[18:06] en droit des affaires financement.
[18:09] Fait que je dis, oublie ça. Je ne vais pas payer
[18:11] 500 piastres de l'heure
[18:13] à un avocat pour rédiger un SPA
[18:15] que moi, je faisais all day
[18:16] long. Fait que là,
[18:19] on a trouvé un cabinet poteau
[18:21] essentiellement
[18:22] d'un ami. Puis là, moi,
[18:24] c'est moi qui ai rédigé le SPA.
[18:26] On lui a dit, regarde, voilà.
[18:29] C'est ça, le SPA que tu vas soumettre
[18:30] à Desjardins.
[18:32] Desjardins voulait que ça soit un tiers
[18:34] parce qu'à un moment donné, il faut enregistrer une hypothèque aussi
[18:36] sur l'universalité
[18:39] des biens. Puis eux, ils voulaient
[18:40] que ça soit un tiers qui le faisait.
[18:43] Fait que là, moi, j'ai dit,
[18:44] écoute, zero comment.
[18:46] J'ai regardé l'avocat droit dans les yeux. J'ai dit,
[18:48] zero comment. Soumets ça. C'est déjà
[18:50] pré-négocié. Charge-moi pas.
[18:53] That's it.
[18:53] OK, c'est bon. C'est bon deal.
[18:55] Oui, bon deal.
[18:56] C'est comme ça qu'on a acquéri la business.
[18:59] Puis, comment
[19:01] après ça, vous avez été en mesure de financer
[19:03] cette acquisition-là?
[19:05] Bien, c'est
[19:07] les partenaires, les trois. On était
[19:09] trois à ce moment-là. On a mis de l'argent dans nos poches.
[19:12] Puis,
[19:13] on a mis une partie aussi sur la marge.
[19:15] Parce qu'en fond, on a négocié avec Desjardins
[19:17] un prêt à terme avec une marge.
[19:20] Puis, tu sais,
[19:21] à un moment donné, le working cap
[19:23] variait selon
[19:24] la durée.
[19:26] Puis, à un moment donné, il fallait qu'on embarque justement
[19:28] sur la marge en achetant la business.
[19:31] Fait qu'on a acquéri la business en empruntant
[19:33] non seulement le prêt
[19:35] à terme, mais en plus
[19:37] en empiétant sur nos marges. Fait qu'on a
[19:39] commencé dans la business déjà, genre...
[19:42] C'était comment le niveau de stress par rapport
[19:43] à... de faire ce move-là? Parce que,
[19:45] tu sais, je veux dire, penser comme
[19:47] d'un avocat
[19:48] avec une énorme
[19:51] sécurité financière,
[19:53] être papa.
[19:54] Oui. Déjà, le chèque,
[19:56] il rentrait pas aux deux semaines, ça a fait mal.
[20:00] Tu sais,
[20:01] en grand cabinet,
[20:03] tout le monde le sait, là, tu fais un excellent salaire,
[20:04] surtout après sept ans de pratique, là. Là, j'arrive
[20:07] dans une business, puis honnêtement, c'était
[20:08] vraiment stressant.
[20:10] C'était même lamentant parce que
[20:12] on perdait beaucoup.
[20:14] On a acquéri le signe local au mois de
[20:16] février. Donc, juste après le temps
[20:18] des fêtes, c'est poche, là, pour
[20:20] le... Meilleur timing. Eux, ils ont bien
[20:22] fait leur deal, mais... Exact,
[20:24] exact. Tu sais, fait que...
[20:26] Mais, tu sais, le prix a été négocié en conséquence
[20:28] aussi, mais on s'attendait pas à ce que ça soit
[20:30] aussi mort après
[20:32] le temps des fêtes, puis, tu sais,
[20:35] on perdait
[20:35] 60 000 par mois, là.
[20:39] Ça faisait tellement
[20:40] mal. Là, je disais... Vous vous
[20:42] versiez pas de salaire, aucun des associés,
[20:44] ou... Moi, j'avais un salaire
[20:46] parce que moi, j'étais le seul des associés
[20:48] qui était boots underground, qui était temps plein
[20:50] dans le signe local. C'était moi l'opérateur.
[20:52] Fait que j'avais un petit salaire qui était même pas
[20:54] le tiers de ce que je faisais chez Faskin.
[20:56] Puis, j'ai pas été augmenté en quatre ans, là.
[20:58] Parce que je voulais, justement, que la business
[21:00] réussisse. Puis,
[21:02] je me souviens, là, au début, là, tu sais,
[21:04] à force de perdre 60 000 par mois, là,
[21:06] puis, tu sais, t'as plus le salaire,
[21:08] puis t'es dans le négatif. Fait que le delta
[21:10] est énorme. Puis, j'étais
[21:12] caution sur tous les prêts. Ouf!
[21:15] Fait que, tu sais, ma maison,
[21:17] mes condos... Les trois, vous étiez
[21:18] caution. Oui, les trois, on était caution.
[21:20] On avait des beaux bilans. Fait que, tu sais, la banque
[21:22] a été comme... Tu sais, le signe local est pas rentable,
[21:24] mais les trois, vous avez des...
[21:26] des beaux actifs. C'est rassurant, mais
[21:28] pas si rassurant, finalement. Ouais.
[21:30] Fait que, tu sais, à un moment donné, j'étais comme... À force de perdre
[21:32] 60 000 par mois, tu sais, à un moment donné, j'étais dans
[21:34] un partner meeting avec mes associés, puis je dis
[21:36] les gars, it's not a fire
[21:38] drill, it's the fire festival.
[21:41] Tu sais, c'est... On est
[21:42] au bat, là, guys, là. Ouais. Est-ce que
[21:44] les autres, ils l'avaient vraiment bien réalisé
[21:46] avant ce moment-là?
[21:48] Oui, mais, tu sais,
[21:49] c'est toujours...
[21:52] C'est...
[21:53] Avec le recul, maintenant, on sait à ce moment-là.
[21:56] Mais,
[21:56] back then, on savait pas si c'était
[21:58] ce moment-là. C'était peut-être
[21:59] la fin. C'était peut-être forever, ce
[22:01] moment-là. Fait que, back then,
[22:04] je me souviens, là, on était là, on disait
[22:05] qu'est-ce qu'on fait?
[22:07] Est-ce que...
[22:08] Est-ce que Daoué retourne chez Faskin, tu sais?
[22:12] Puis, we write it off. Mais,
[22:13] finalement, j'étais comme, non, on fait un cash call,
[22:15] les actionnaires, on remet sa table, parce que Desjardins, à ce moment-là,
[22:18] voulait plus rien savoir. Ça, c'est...
[22:20] Ça, c'était combien de temps après l'acquisition?
[22:22] Je te dirais que c'était rendu à l'été.
[22:24] L'été 2022. Fait qu'un
[22:26] cinq mois, à perdre 60 000
[22:28] par mois,
[22:29] on était... Puis, on attendait que
[22:31] les ventes montent, mais
[22:33] c'est pas arrivé.
[22:36] Puis, en plus, on a fait un paquet
[22:38] d'erreurs, là. Un paquet que je peux t'en parler
[22:40] pendant des jours. OK. Raconte-nous ça, quelques-unes.
[22:41] Puis, on veut les erreurs, puis après ça, on veut
[22:44] c'est quoi que t'as fait pour...
[22:46] Ouais. Tu sais, on était tellement zélés
[22:48] qu'on a acheté la business, parce que
[22:49] on trouvait que le logo était
[22:52] laid, par exemple. C'était signé
[22:54] local, mais le logo, c'était
[22:55] avec des lettres attachées, signées
[22:58] locales. Tu sais, j'étais comme... C'est tellement
[22:59] genre 20... Whatever.
[23:02] Le 2004, là. Genre, tu sais, plus
[23:04] personne n'écrit en lettres attachées, là. J'ai dit, on va changer
[23:06] ça pour un logo moderne.
[23:08] Fait que là, on était tellement zélés. On a engagé un
[23:10] artiste. Tout, tout, tout. Tout est fait.
[23:12] Puis là, après ça, on est comme... Fuck.
[23:14] On a plein de boîtes, puis des
[23:16] sacs préimprimés avec l'ancien logo.
[23:18] Tout ça, là. Tu peux pas l'utiliser, là.
[23:20] C'est l'inventaire qu'on a payé, guys,
[23:22] en plus. C'est le genre
[23:24] de move que... Tu sais,
[23:25] quand tu viens d'acquérir un business, t'es jeune,
[23:28] t'es comme dans l'action, t'es
[23:29] excité, t'es comme, yo, let's do it.
[23:32] On repart à zéro. Ouais, on repart à zéro.
[23:33] On met notre touch, tu sais.
[23:35] Fait qu'on change le logo. Puis après ça,
[23:37] t'es comme, ouais, ça a coûté genre, tu sais,
[23:39] 30 000 piastres, toute cette opération-là.
[23:42] Reimprimé ces boîtes-là.
[23:43] J'étais comme, my God. On aurait pas dû faire ça.
[23:45] C'était l'hiver?
[23:47] Ou tu te dis, OK, rendu là, c'est
[23:49] bon, on le fait, là?
[23:51] Ouais, tu sais, c'était...
[23:53] Écoute,
[23:54] oui, parce qu'on aurait
[23:57] juste dû exécuter
[23:59] avec l'ancien logo, puis de
[24:01] prendre le temps de mieux
[24:03] s'adapter aux réalités de la business, puis ne pas
[24:05] essayer d'imposer
[24:06] notre vitesse tout de suite.
[24:11] Puis tu sais,
[24:11] je me souviens, j'ai eu une méchante négociation
[24:13] avec la ville de Brossens en plus, parce qu'il fallait
[24:15] qu'on change l'enseigne aussi, parce que
[24:17] l'enseigne était aussi l'ancienne
[24:18] écriture, puis changer l'enseigne, c'était 11 000 piastres.
[24:22] Puis la ville voulait pas nous donner
[24:23] notre
[24:24] permis pour la nouvelle enseigne en disant
[24:25] que les lettres n'étaient pas d'une épaisseur
[24:27] requis.
[24:30] Je te dis, des erreurs par-dessus
[24:31] des erreurs, par-dessus des erreurs, puis
[24:33] on a pris aussi...
[24:35] Ça, c'est un peu ma faute.
[24:37] Moi, je suis très romantique dans la vie.
[24:39] Je rentre dans une place, je vois des employés
[24:41] que... Puis j'essaie d'adorer
[24:44] tout le monde, comme si c'était mes enfants.
[24:45] Tout le monde égale. Fait que là, je dis, écoute,
[24:47] tout le monde fait sa job, je laisse partir personne,
[24:49] même si la business va mal, c'est moi qui va
[24:51] tanker. Au pire, je miss ma carte crédit,
[24:53] je m'en fous.
[24:55] Mais là, à un moment donné, en business, je suis sûr que t'as déjà
[24:57] entendu ça, il faut hire slow, fire fast.
[25:00] Ouais, tout à fait.
[25:01] J'ai pas appliqué ça. Moi, j'ai
[25:02] fire très, très slow, parce que
[25:05] je me dis, tout le monde mérite sa chance.
[25:07] Puis on sort de la pandémie,
[25:09] les vendeurs étaient en processus de vente,
[25:11] fait que pendant un bout, ils étaient pas vraiment présents
[25:13] dans la business, fait que les employés étaient un peu
[25:15] laissés à eux-mêmes. Puis là, je dis,
[25:17] ces employés-là méritent la chance d'avoir
[25:19] un vrai leadership, puis d'avoir des projets,
[25:21] puis tout le monde voulait embarquer
[25:23] dans mes projets.
[25:24] On avait des négociations avec
[25:25] des grosses marques
[25:28] de grande surface pour s'intégrer
[25:31] dans les boutiques, etc.
[25:34] Jusqu'à
[25:35] un moment donné, au milieu de l'été,
[25:37] où je disais, OK, là, il faut vraiment qu'on laisse partir
[25:39] du monde.
[25:40] Ça a tellement dû être difficile.
[25:42] Chaque deux semaines, je me souviens, c'était un moment de stress
[25:45] parce que c'était la paix.
[25:46] C'était le jeudi de la paix, puis je me souviens,
[25:48] le mardi, j'ai appelé mes associés,
[25:51] j'ai appelé la banque,
[25:53] j'ai essayé de pousser la marge.
[25:54] C'était un peu plus haut, puis les taux d'intérêt
[25:55] n'étaient pas « friendly » à ce moment-là.
[25:58] Oh là là! Comment t'as fait pour ne pas remettre
[26:00] en question tes choix?
[26:02] C'est le côté, I guess,
[26:04] naïveté
[26:06] slash
[26:07] optimisme.
[26:10] Ça prend une dose de ça, à mon avis,
[26:12] en business. Parce que sinon, tout le monde
[26:14] va arrêter. C'est tellement rough, puis
[26:15] je me souviens, mes discussions
[26:18] à ce moment-là avec ma conjointe,
[26:20] avec mes associés, c'était
[26:22] « Guys, ça prend un gros
[26:23] changement, sinon, we close shop. »
[26:26] Mais à un moment donné, c'était
[26:28] aussi dire « OK, mais là, Daoué, t'as
[26:29] implémenté des changements, ça prend du temps
[26:32] avant que ça commence à porter
[26:34] fruit. T'as signé des deals,
[26:36] t'as renégocié certains contrats,
[26:38] il faut laisser le temps. »
[26:40] Puis là, c'est quoi les actions
[26:42] que t'as mis concrètement à partir de ce moment-là?
[26:44] Justement, j'imagine, restructuration
[26:45] de l'équipe un peu, « lean down ».
[26:47] « Lean down » beaucoup.
[26:50] Il y avait beaucoup de « overlap »
[26:52] dans les responsabilités.
[26:52] Ça fait que plein d'employés faisaient la même
[26:55] tâche, un après l'autre,
[26:57] qui répétaient, qui n'avaient aucune plus-value.
[26:59] Puis aussi, il y a
[27:00] une part d'apprentissage
[27:02] aussi pour
[27:03] cibler les parties,
[27:06] les trucs qu'on faisait qui étaient du « fla-fla »
[27:08] dans la business, qui n'amenaient pas de...
[27:11] Qui n'amenaient pas de valeur.
[27:13] Qui n'amènent pas de « bottom line ».
[27:15] C'est que tu le vends, puis après ça,
[27:16] ça te coûte aussi cher en salaire
[27:18] ou en temps pour le vendre que finalement...
[27:21] Je te donne une...
[27:22] Ton investissement, il n'est pas là.
[27:23] Exact. Je te donne un exemple.
[27:26] On était revendeurs
[27:27] d'un tisane
[27:29] qui était vraiment un bon vendeur
[27:32] chez nous. Puis dans le fond,
[27:34] on le revendait à des compagnies aériennes,
[27:36] à des hôtels, whatever.
[27:38] Puis il y avait tellement un gros rabais
[27:40] que par rapport à la marge
[27:42] qu'on faisait, on travaillait pour eux.
[27:44] On faisait quelque chose, mais j'étais comme,
[27:46] « Avez-vous considéré les frais de transaction,
[27:48] le ci, le ça, à un moment donné, le temps qu'on met? »
[27:50] Ça fait que je scrappais le deal.
[27:52] Ah oui.
[27:53] Puis bon, là, après ça,
[27:56] c'est comment... Raconte-moi
[27:57] comment t'as fait pour...
[28:00] Ça a été quoi, genre,
[28:02] chronologiquement, qu'est-ce qui s'est passé pour que...
[28:04] Parce que là, aujourd'hui, signer local
[28:06] n'est pas du tout rendu là.
[28:08] Non, c'est ça. Là, on a... Même cette année,
[28:10] la semaine passée, on était en conversation
[28:12] avec notre comptable, puis
[28:13] il nous disait, « Les gars, vous avez utilisé
[28:15] toutes les pertes cumulées du passé de signer local.
[28:18] Félicitations, on paye l'impôt big time
[28:20] cette année. » C'était comme, nice.
[28:22] Je suis comme, « Yay! »
[28:24] Je suis comme, bien, en même temps, tu sais, nice,
[28:26] tu sais, we made it, tu sais, on paye
[28:28] de l'impôt, on contribue à la...
[28:30] aux routes de Montréal, yay!
[28:32] Yay! Ils sont si belles, en plus.
[28:33] Ouais. Fait que, tu sais,
[28:35] c'est incrémental. Tu sais, déjà,
[28:38] restructurer l'équipe,
[28:39] ça a changé beaucoup dans le
[28:42] bottom line.
[28:45] Renégocier les ententes avec
[28:46] les fournisseurs aussi. Laisser partir les fournisseurs
[28:48] qui vendaient moins, puis
[28:49] aller en mode achat
[28:51] avec des fournisseurs. Là, je veux pas rentrer trop
[28:54] dans le technique. Non, non, mais c'est bon. Ça me donne
[28:55] une bonne idée. Mais essentiellement, les produits
[28:58] chez signer local, tu pouvais avoir soit des produits
[29:00] en consignation, c'est-à-dire, mettons
[29:02] ce verre-là, c'est toi qui le fabrique.
[29:03] Moi, je disais, « Emma, prête-moi ce verre,
[29:06] puis je veux le vendre, puis quand je le vends, bien, je veux te payer
[29:08] la partie, moi et ma commission. »
[29:11] Mais ça, les gens sont pas down.
[29:12] Je te prête mon inventaire,
[29:13] il est stocké chez vous pendant peut-être, God knows,
[29:16] six mois, un an, I don't know.
[29:17] Fait que là, nous, on disait, « Ben, Emma, regarde,
[29:19] je te l'achète up front. Fais-moi
[29:21] un plus gros rabais. » Fait que là, on faisait ça
[29:23] avec tous les bons fournisseurs chez signer local,
[29:25] qu'on savait qu'on allait, que le produit
[29:27] allait partir. Fait que
[29:29] avant Noël, on a fait ça avec tout le monde
[29:31] et t'as allé chercher un gros prêt chez BDC
[29:33] pour acheter l'inventaire. Fait que là,
[29:35] ça, ça a boosté la marge
[29:37] pour payer pour les mois qui sont
[29:39] très, très rouges.
[29:41] Wow, c'est vraiment hot. Puis là,
[29:43] parle-nous de signer local, parce que c'est une entreprise
[29:45] vraiment hot, puis je trouve ça quand même
[29:47] fou que ce soit toi aussi qui sois
[29:48] à la tête
[29:50] direction, à la tête de cette entreprise-là.
[29:54] Ouais, tu sais, c'est ça.
[29:55] Même quand mon associé m'a parlé de signer
[29:57] local dès le début, j'étais comme, « Merci.
[29:59] C'est vraiment cool que t'ailles penser à moi.
[30:01] Mais tu te rends-tu compte, Louis, que je m'appelle
[30:03] Dawey Ding? Puis est-ce que les Keb
[30:05] vont être prêts à ce que Dawey Ding
[30:07] soit comme, pousse les produits
[30:09] Keb? » C'est malade.
[30:11] Puis c'est comme, c'est la petite histoire
[30:13] drôle, tu sais, que des fois,
[30:15] dans les speeches, je commence
[30:16] avec ça pour détendre l'atmosphère. J'ai dit,
[30:19] « By the way, guys, moi, je suis
[30:20] l'intrus de tout ce décor-là
[30:23] parce que je suis made in China. » Puis là, le monde
[30:25] est ri. Ils trouvent ça bien drôle, mais c'est vrai.
[30:27] Mais raconte ton histoire.
[30:29] Moi, je suis né en Chine.
[30:31] J'étais arrivé à l'âge de 8 ans.
[30:34] J'ai appris le français, comme tout le monde,
[30:35] à l'école d'accueil.
[30:37] Je suis vraiment tombé en amour avec le Québec.
[30:39] Je considère maintenant que
[30:41] c'est chez moi.
[30:43] J'adore la culture.
[30:46] Fait que, tu sais, c'est vraiment
[30:48] cette nouvelle identité.
[30:50] Je pense que je suis l'exemple parfait de dire
[30:51] l'identité, ça peut être plus que
[30:54] juste l'origine. Ça peut être
[30:55] un engagement. Ça peut être dans
[30:58] le futur que tu définis aussi ton identité.
[31:00] Fait que moi, avec Signé local, c'est
[31:01] vraiment un projet qui me touche,
[31:04] qui vient me chercher
[31:04] à cœur parce que je veux
[31:08] qu'on ait une économie locale fort.
[31:09] Puis je crois à ça. Je pense que c'est ça l'avenir
[31:11] du retail. C'est qu'on va vendre
[31:14] beaucoup de produits pour lesquels
[31:15] quand tu achètes,
[31:16] c'est pas juste, tu utilises un verre pour boire
[31:19] ou une lumière pour éclairer.
[31:21] C'est quoi l'histoire derrière le produit?
[31:23] Moi, j'achète rien que
[31:25] je ne sens pas un
[31:27] attachement particulier.
[31:30] Puis Signé local, essentiellement,
[31:31] tous les produits Signé local ont une
[31:33] histoire en arrière. C'est ça la différence entre Signé local
[31:35] puis un autre magasin de grande surface.
[31:38] Puis de fil en aiguille,
[31:40] Signé local, c'est
[31:41] beaucoup d'humains aussi. On touche
[31:43] 300 PME. Puis j'adore
[31:46] ça jaser avec
[31:46] les entrepreneurs, voir comment...
[31:48] Vous touchez 300 PME dans le sens que vous distribuez
[31:51] les produits de 300 PME.
[31:52] C'est fou, là. On a genre 4 000-5 000
[31:54] excuses. Wow!
[31:56] C'est un modèle qui est plus...
[31:59] Des fois, je dis, on est le champion des
[32:00] petits joueurs. Parce qu'on n'est pas
[32:02] Amazon, on n'est pas whatever...
[32:05] Whatever what.
[32:07] On est vraiment... On représente les petits joueurs.
[32:09] C'est le fun pour les clients de découvrir
[32:11] plein de brands. Des fois, je regarde l'œil du dragon
[32:13] puis je suis comme, OK, lui, je l'appelle.
[32:14] Je l'appelle demain matin puis je lui fais entrer
[32:16] chez nous.
[32:18] C'est pour ça que c'est le fun,
[32:20] Signé local, parce que c'est assez
[32:22] petit que tu peux faire des moves comme ça.
[32:25] Puis c'est assez gros pour que tu vois
[32:26] quand même... On est quand même dans quatre
[32:28] centres d'achat avec une grosse
[32:30] présence en ligne.
[32:33] En termes de pourcentage
[32:35] présence en ligne versus
[32:36] centre d'achat, ça ressemble à quoi?
[32:38] Ça a beaucoup changé. Quand je suis arrivé, malgré
[32:40] la pandémie, que tu dis, écoute, les ventes
[32:42] en ligne doivent exploser. C'était comme 5 %
[32:44] de notre chiffre d'affaires. Là, c'est rendu genre...
[32:46] 30, 35. Il y a des journées où c'était
[32:48] comme 50. Je vends plus en ligne que dans les
[32:50] magasins. Wow, c'est fou.
[32:53] Crazy.
[32:54] Puis, justement, comment
[32:56] la tech vient vous servir
[32:59] dans le business? Est-ce que c'est...
[33:00] Est-ce que c'est plus, mettons,
[33:02] pendant le temps des fêtes, que c'est plus
[33:04] retail?
[33:06] C'est en fait
[33:08] la tech vient faciliter...
[33:11] Moi, des fois, je dis toujours,
[33:12] Signé local, c'est...
[33:14] Ce qu'on a essayé de développer, c'est le omni-channel.
[33:16] C'est... Tu nous as vus en magasin
[33:19] ou tu nous as croisés quelque part
[33:20] sur les réseaux sociaux ou dans
[33:22] un centre d'achat, puis t'as pas
[33:24] converti à ce moment-là, bien, c'est pas grave.
[33:26] On a une ligne en ligne qui est tellement fluide
[33:28] comme expérience, qui est rapide,
[33:30] où t'as tellement de diversité de produits que
[33:32] tu peux l'acheter en ligne, puis on est très rapide dans l'exécution.
[33:35] On livre en deux jours.
[33:36] C'est fou. Ce qui est, pour un business
[33:38] de cette taille-là, c'est quand même crazy.
[33:40] Parce que... Puis, tu sais,
[33:42] ça, ça vient de la rigueur aussi. Moi, je disais
[33:44] tout le temps à mon équipe d'entrepôt, je dis,
[33:46] quand il y a une commande qui rentre, à moins que vous ayez
[33:48] les mains dans quelque chose, exécutez-la.
[33:51] Le client va être heureux
[33:52] d'avoir son numéro de suivi, même si
[33:54] Postes Canada est pas venu chercher le colis encore.
[33:57] S'il reçoit le numéro de suivi,
[33:58] il est rassuré. Il vient de faire un achat,
[34:01] puis tu sais, nous, on a beaucoup de clients qui sont
[34:02] plus âgés, puis des fois, t'as des
[34:04] clients qui ont jamais acheté
[34:06] en ligne ou qui expérimentent
[34:08] l'achat en ligne avec signé local.
[34:10] Puis je dis, c'est important qu'ils aillent tout de suite
[34:12] un feedback. Ils voient, boum!
[34:14] OK, ça, c'est leur carte crédit. Boum! Un numéro
[34:16] de suivi avec un transporteur professionnel.
[34:20] Puis tu sais, des fois, on a même des gînettes qui nous appellent
[34:22] qui disent, hey, je veux pas, je veux pas
[34:24] rentrer mes données en ligne.
[34:26] Je peux-tu te donner mes numéros par téléphone?
[34:29] Je suis comme, oui, mais...
[34:30] Tu te rends-tu compte que
[34:32] c'est pas mal moins sécuritaire ça
[34:34] que juste le taper dans
[34:36] la page checkout.
[34:38] Fait que, tu sais, en ligne,
[34:40] pour moi, c'est une façon...
[34:42] Puis tu sais, en ligne, c'est fun parce que moi,
[34:44] je peux l'opérer de chez nous
[34:46] je peux faire des appels, faire des changements
[34:48] immédiatement, je peux
[34:50] moi-même essayer des apps,
[34:52] des plugins, whatever, c'est vraiment cool.
[34:54] Sérieux, ton parcours est tellement inspirant parce que
[34:56] on a juste parlé, genre, de l'entrepreneur,
[34:58] on a parlé du professionnel,
[35:00] ton parcours comme identitaire
[35:02] aussi. Est-ce que t'as l'impression
[35:04] que
[35:04] quand t'es arrivé au Québec, tu te sentais
[35:08] pas comme
[35:10] si t'avais ta place ici?
[35:12] Comment ça... C'est comment
[35:13] être arrivé au Québec?
[35:16] Pour un jeune, je pense,
[35:18] là, je peux dire ça
[35:20] avec le recul parce que sur le moment, tu le sais pas
[35:22] parce que t'es le jeune. Fait que tu sais pas
[35:24] comment... Des fois, t'as pas
[35:26] le recul. Puis tu sais, moi, je me souviens
[35:28] à l'école, des fois,
[35:31] tu sais, Dawey Ding, c'est pas
[35:32] le mot le plus facile à prononcer non plus.
[35:34] Fait que tout le monde prononçait mal, Dawey,
[35:37] whatever, Darwin.
[35:38] Tout le monde me donnait des noms. Puis des fois
[35:40] à l'école, tu sais, je me faisais rire de moi aussi,
[35:42] Ding Dong, tu sais, toute l'équipe.
[35:44] Moi, j'ai préparé mes enfants pour ça.
[35:46] Ah ouais? Ouais. Ça se peut que votre nom de famille
[35:48] attire des blagues,
[35:50] mais, tu sais, j'ai grandi dans ça.
[35:53] Ça a développé une sorte de
[35:54] épaisseur de carapace, là, de ne pas
[35:56] te laisser... Parce que sinon, tu sortiras plus
[35:58] de la maison. Tu sais, puis
[36:00] la Chine, à ce moment-là, était considérée
[36:02] comme un pays pauvre du tiers-monde.
[36:04] Quand je suis arrivé, c'était en 98.
[36:07] Fait que, tu sais, le monde
[36:08] pouvait rire de moi. T'avais quel âge
[36:10] à ce moment-là? 8 ans. OK.
[36:12] Puis j'avais pas un mot d'anglais ni un mot
[36:14] de français, je me souviens. Il fallait que je mime,
[36:16] puis c'est pour demander
[36:18] aux profs la permission de sortir de la classe.
[36:20] Ah là là, ça a tellement dû être dur, oui.
[36:22] Ouais, mais comme c'était la réalité,
[36:24] c'était la seule que je connaissais en tant que jeune.
[36:26] Fait que pour moi, c'était normal. Mais, tu sais,
[36:28] ça développe justement... Moi, je dirais
[36:30] à n'importe qui, là, si vous voulez vraiment
[36:32] grandir dans la vie, vivez
[36:34] une expérience d'immigration. Le
[36:36] déracinement avec la...
[36:38] Retrouver des nouveaux... Tu sais, des nouvelles
[36:40] repères, whatever, là. Ça va vraiment
[36:42] vous amener une expérience, une approche
[36:44] qui va faire en sorte que, tu sais,
[36:46] vous allez toujours
[36:47] ne pas avoir peur de la
[36:50] nouveauté. Parce que vous allez toujours
[36:52] l'approcher avec une espèce
[36:54] d'ouverture, parce que t'as pas le choix.
[36:56] En tant qu'immigrant, c'était ça. J'ai perdu tous mes amis,
[36:58] membres de famille. Puis moi, en Chine, j'ai
[37:00] grandi avec mes grands-parents. Souvent,
[37:02] c'est comme ça, les Chinois, parce que les grands-parents...
[37:03] Parce que les parents travaillent beaucoup, là, en Chine.
[37:06] Fait que souvent, les enfants sont
[37:08] élevés par les grands-parents. Puis moi, ça a été mon cas.
[37:10] Fait que moi, j'apprenais à être avec
[37:12] mes parents aussi, en même temps, à travers cette expérience.
[37:14] Qu'est-ce qui a justifié le fait que tes parents décident de partir
[37:16] vers le Canada?
[37:17] C'était de donner à moi, puis...
[37:20] Aussi, en Chine, à ce moment-là, ils pouvaient pas avoir
[37:21] un deuxième enfant à cause de la politique
[37:23] de contrôle de natalité.
[37:26] Fait qu'ils voulaient avoir un deuxième,
[37:28] puis ils voulaient me donner une meilleure chance
[37:29] de réussir ce que je voulais faire dans la vie.
[37:32] Wow! En Chine, c'est genre...
[37:33] Ils savaient pas, à 8 ans, par contre, ce que...
[37:35] C'est vraiment... C'était comme...
[37:37] Ils se sont donnés pour toi à 100 %.
[37:40] Oui. C'est ça. Je leur dois ça toute ma vie.
[37:42] C'est quand même fort
[37:44] de leur part, puis...
[37:45] Tu sais...
[37:46] Eux aussi, c'était... Ils ont tout laissé,
[37:48] puis rendus ici, eux, mon père,
[37:50] il a dû se faire des équivalences à l'Université Montréal
[37:52] pour juste avoir une reconnaissance
[37:54] de son diplôme. Alors qu'en Chine, il y avait une business
[37:56] florissante. C'est ça, c'était quoi leur background?
[37:57] C'est quoi qu'ils faisaient? Mon père, il était entrepreneur.
[37:59] Il vendait des... Des jeux. Oui, il vendait des équipements
[38:01] d'ordinateurs. Il y avait Internet café.
[38:04] Ma mère était dans le gouvernement,
[38:05] quand même bien placée
[38:07] dans le fameux CPC, le Parti communiste.
[38:11] Fait que, tu sais, eux, ils avaient
[38:12] vraiment une bonne vie, puis
[38:14] ils ont tous laissé ça pour que
[38:16] la prochaine génération,
[38:18] essentiellement moi puis ma soeur, qu'on ait
[38:19] la possibilité d'avoir une meilleure vie.
[38:22] Wow. Est-ce que vous y retournez
[38:24] des fois en Chine? Oui.
[38:25] Chaque couple d'années, là, on retourne parce qu'on a
[38:28] encore... Bien là, j'ai plus de grands-parents,
[38:30] malheureusement, en Chine, mais c'est comme des
[38:32] cousins, cousines, oncles, tantes.
[38:34] Ça fait quoi d'y retourner?
[38:37] C'est spécial
[38:37] de voir le changement, puis
[38:39] honnêtement, c'est rafraîchissant.
[38:42] Moi, je rêve à ce que mon
[38:44] fils... C'est comme... Là,
[38:46] j'attends qu'il soit un peu plus âgé, là, pour l'amener en Chine,
[38:48] pour qu'il voit le contraste d'un peuple
[38:50] qui s'est comme...
[38:51] qui s'est comme tanné d'être toujours
[38:53] en dessous de tout le monde, puis qui s'est relevé,
[38:56] puis qui... Tu sais, en Chine, on dit
[38:57] 9-9-6, là, tu sais, tout le monde
[39:00] travaille selon cette horaire-là. C'est 9 heures le matin
[39:01] à 9 heures le soir, 6 jours par semaine, puis c'est ça
[39:04] le standard. Fait que, tu sais, voir un peuple
[39:06] qui fait ça, un point quelques milliards
[39:08] qui fait ça tous les jours,
[39:10] ça fait... Ah, ça crée une force
[39:11] énorme. Exact. Tu sais, ça construit un hôpital
[39:13] over the weekend, là, tu sais. Ici, je me dis
[39:15] à la route devant chez moi, tu sais, il est en construction
[39:17] depuis deux ans, là, tu sais.
[39:19] Ouais, c'est fou, hein? Fait que...
[39:21] Puis est-ce que tes enfants, ils posent beaucoup de questions, justement, sur leurs origines,
[39:24] puis... Ouais, ouais. Tu sais,
[39:25] j'essaie de leur montrer des...
[39:28] Tu sais, mes enfants parlent...
[39:29] Bien, pas la petite encore, elle parle pas encore,
[39:31] mais mon gars, il parle mandarin, là, parfaitement fluide.
[39:34] Fait que j'y montre des émissions aussi,
[39:35] des personnages mythologie chinoise,
[39:38] puis tu sais, j'essaie de lui donner la culture,
[39:40] tout ce que je peux lui donner.
[39:42] Puis des fois, il me pose des questions,
[39:43] il est comme, « Papa, en Chine,
[39:45] il y a pas de méchants, parce qu'il y a
[39:47] Wukong qui existe. Wukong, c'est comme le singe
[39:49] mythique chinoise, là, qui tue les méchants.
[39:51] Fait que lui, il pense que le singe
[39:53] mythique veille sur tout le monde. » Je suis comme,
[39:55] « Ouais, effectivement, il y a pas beaucoup de méchants grâce à ça. »
[39:57] C'est malade. C'est incroyable.
[39:58] Il est comme, « Y a-t-il des vrais dragons en Chine? » Je suis comme,
[40:00] « Ah, non, malheureusement. » Puis est-ce que ta conjointe
[40:03] aussi est connectée avec la culture
[40:05] plus chinoise, ou est-ce qu'elle parle
[40:07] mandarin aussi, ou...
[40:08] Non, mais elle a déjà pris des cours,
[40:13] quand t'as pas l'environnement.
[40:14] Genre, je peux pas...
[40:16] Ouais, mais elle est très ouverte,
[40:19] là, t'sais. Pour elle, c'est normal
[40:21] que, t'sais, à la maison, je parle
[40:23] en mandarin avec mes enfants,
[40:25] puis t'sais, oui, elle est très ouverte,
[40:27] là. Elle regarde des émissions, des fois, avec moi,
[40:29] avec des sous-titres.
[40:31] Ouais.
[40:32] Puis, t'sais, ton enfant, c'est comme...
[40:35] Ça, je veux dire...
[40:37] Je peux pas... J'imagine...
[40:38] On dirait pas traumatisant, mais c'est quand même
[40:40] une expérience... Il y a pas beaucoup d'enfants
[40:42] qui vivent ça, là.
[40:43] Quand même, là. En quoi, genre,
[40:45] ça dicte la personne que tu es
[40:48] aujourd'hui, puis
[40:49] ta façon de faire? T'sais, t'en as parlé un peu
[40:52] tantôt, tu travailles plus fort, puis tout ça,
[40:54] mais t'sais... Ouais.
[40:56] Bien, je pense, déjà, le fait de savoir
[40:58] les sacrifices que mes parents ont faits
[41:00] pour m'amener là, on dirait que
[41:02] j'ai pas le goût
[41:05] d'être lazy, j'ai pas le goût de ne pas
[41:06] être discipliné. On dirait que c'est comme...
[41:09] Cette voix
[41:10] intérieure existe toujours, de dire
[41:12] « Do it », comme tes parents
[41:14] ont fait tout ça pour que, t'sais,
[41:16] tu puisses avoir la chance d'essayer. Je me souviens,
[41:19] pendant la course au stage, là, t'sais,
[41:20] j'ai étudié, puis en même temps, t'sais, j'allais
[41:22] à des entrevues, j'ai essayé de tout
[41:24] connaître sur les
[41:26] personnes qui vont m'interviewer, whatever. C'était
[41:28] la discipline, parce que je voulais vraiment
[41:30] réussir. Je voulais vraiment montrer que, regarde,
[41:32] ah oui, là, t'es capable.
[41:34] Fais l'effort nécessaire. Don't
[41:36] cheap out sur l'effort.
[41:39] T'sais, le fameux...
[41:40] Devenu plus tard, là, le « work harder »
[41:42] « not smarter », là. Parce que des fois,
[41:44] j'ai l'impression que, même en sport, là, t'sais,
[41:46] t'es fort là-dedans, là, t'sais,
[41:48] tu sais, là, des fois, c'est comme la meilleure
[41:50] optimisation. C'est juste
[41:52] « get out there », puis « do it ».
[41:54] Fais ton volume. Puis, genre,
[41:56] t'sais, si
[41:58] it turns out que c'est pas le bon move,
[42:01] bien, ça va juste devenir une leçon pour plus tard.
[42:02] C'est 100 %. Genre,
[42:04] toutes les mauvaises
[42:07] décisions que j'ai prises
[42:08] dans le monde du sport, ou, t'sais, des choses que j'ai
[42:10] faites que j'aurais peut-être pas dû faire dans les
[42:12] faits, je suis quand même contente de les avoir
[42:14] faits. Des expéditions,
[42:16] mettons, que j'ai mal structurées,
[42:18] ou des courses que j'aurais peut-être pas dû
[42:20] prendre le départ, honnêtement, je suis contente
[42:22] de les avoir faits, plus que
[42:24] de ne pas les avoir faits.
[42:26] Ça « build » tellement,
[42:28] bien, notre
[42:30] « learning curve ». Après ça, t'approches
[42:32] d'autres projets avec encore plus de
[42:34] bagages. Tu te connais
[42:36] mieux. L'inaction,
[42:38] dans ma tête, c'est la pire chose qu'on peut faire, genre.
[42:41] C'est ça. Puis, t'sais, tu veux pas
[42:42] « overthink it ». T'sais, souvent, c'est comme
[42:44] le « analysis paralysis », là.
[42:46] T'sais, le monde qui dit, t'sais, il va lire, genre,
[42:48] plein de forums avant de, comme, « get out there ».
[42:51] Je suis comme, non, juste, juste, vas-y.
[42:53] Puis, tu vas le savoir si c'est pas le bon.
[42:55] Mais c'est ça, t'sais, mettons, quand t'as fait
[42:56] l'acquisition de signer local, t'aurais pu, genre,
[42:58] juste rédiger un nouveau
[43:00] business plan pendant, genre, un an aussi.
[43:02] T'sais, je veux dire, t'aurais pu voir ça.
[43:04] Pendant ce temps-là, le deal est passé ailleurs, là.
[43:06] Je veux dire, tu l'as manqué, là.
[43:08] Fait que...
[43:09] Fait que c'est ça. Des fois, c'est juste prendre le courage
[43:12] à deux mains, puis le faire.
[43:14] Puis, t'sais, signer local, c'est...
[43:16] Je me souviens, là, j'ai hésité longtemps, là,
[43:18] parce que, t'sais, nouveau enfant,
[43:20] t'sais, gros salaire,
[43:23] hypothèque, tout le kit
[43:24] avec une business qui perdait de l'argent.
[43:26] J'étais comme...
[43:26] Comment tu fais pour te...
[43:30] Parce que, t'sais, des fois, on est comme dans une culture un peu
[43:32] de la perfection, là, t'sais, dans le sens que
[43:33] tes parents t'ont tout donné.
[43:36] Tu veux pas laisser
[43:37] voir toute personne, t'as ta famille aussi,
[43:39] puis tu veux faire de ton mieux,
[43:42] mais en même temps,
[43:44] on peut pas viser la perfection
[43:45] dans tout ce qu'on fait. Fait que comment tu gères
[43:47] cette espèce de... cette dualité-là?
[43:52] Je pense que c'est...
[43:54] Faut définir
[43:55] c'est quoi ta version
[43:57] de la réussite, un peu, là.
[43:59] Puis, t'sais, la réussite,
[44:01] c'est un journey, là. C'est hyper cliché,
[44:03] mais c'est vrai. C'est-à-dire, t'sais,
[44:06] les erreurs, aussi, font partie
[44:08] de...
[44:09] Il faut enjoy la journey, parce que ça fait partie
[44:11] de l'aventure. Puis, t'sais, la perfection,
[44:14] oui, t'sais, on veut
[44:15] tout ça. On est conditionnés à penser comme ça
[44:17] à l'école, t'sais, les notes,
[44:19] whatever, en droit, là, c'est hyper...
[44:21] C'est comme juste ça qui compte.
[44:23] Mais, en fait, tout le monde a la même trajectoire.
[44:25] Un peu, là, c'est comme des bonnes notes,
[44:27] une implication.
[44:29] Après ça, comment est-ce qu'on se distingue, t'sais?
[44:32] Exact. Puis, t'sais, moi, je suis
[44:33] quelqu'un qui a fait beaucoup d'erreurs dans ma vie.
[44:36] Beaucoup, beaucoup. Avant même d'aller
[44:37] en droit, moi, t'sais, quand j'étais en école,
[44:39] en économie, je trouvais que c'était tellement facile
[44:41] le bac que j'étais devenu un joueur
[44:43] professionnel de jeux vidéo.
[44:45] À ce moment-là. À StarCraft, je sais pas si tu connais
[44:47] le jeu, là. C'est vraiment...
[44:48] Ben oui, j'ai entendu parler, mais je peux pas dire que je connais...
[44:52] C'est vraiment OG comme nom, là. Les Gen Z sont perdus, là.
[44:53] Mais des jeux de RTS, là,
[44:55] en real-time strategy. Puis, j'ai
[44:57] joint une équipe américaine, t'sais,
[44:59] j'avais vraiment un parcours...
[45:01] T'sais, est-ce que je le referais?
[45:03] Probablement pas, mais sur le coup,
[45:05] j'étais comme, yo, j'étais
[45:07] vraiment bon dans ce jeu-là. Puis, genre,
[45:09] je battais tout le monde, je jouais contre des Coréens
[45:11] online, je me matchais
[45:13] contre des meilleurs du monde. J'ai représenté
[45:15] le Canada. Fait que, t'sais, c'est des erreurs,
[45:18] des erreurs, parce que ça m'a
[45:19] éloigné de mon parcours professionnel.
[45:21] Mais en même temps, ça t'a amené autre chose.
[45:22] Ouais, ça m'a amené des expériences, là.
[45:25] T'sais, j'ai voyagé pour ça, j'ai...
[45:26] Mais là, combien de vies as-tu vécues?
[45:29] Genre, j'ai l'impression que t'as fait tellement de choses.
[45:31] Mais celle-là, je l'ai faite pendant mon bac.
[45:33] Mon premier bac à McGill, c'est ça.
[45:35] C'était trois ans d'économie,
[45:36] mais c'était tellement... T'sais, l'économie,
[45:38] je faisais deux doigts dans le nez, là. Fait que, à un moment donné,
[45:40] j'ai dit... Je me faisais recruter
[45:42] en même temps, fait que je jouais le soir,
[45:44] le week-end. Puis, à un moment donné, j'ai comme
[45:46] allongé. Je prenais des cours d'été
[45:49] pour pouvoir jouer pendant la session
[45:51] pour que j'aille comme trois cours.
[45:52] Nice, mais, t'sais,
[45:55] mon père, il avait les yeux rouges, là, l'oreille...
[45:57] Ah, t'sais, lui, il voulait...
[45:59] C'est pour ça qu'il me disait, t'sais,
[46:00] « Ah, ouais, là, on est tellement déçus, toi, là, genre.
[46:02] Tu fais juste jouer, là. » Mais j'étais comme,
[46:04] « Mais, papa, regarde, je suis le best. »
[46:06] Est-ce que c'est des paroles
[46:08] que tu dirais à ton enfant,
[46:11] genre, de soi?
[46:12] Aïe, aïe, aïe, aïe. Ça, c'est...
[46:14] Je sais pas. Je pense...
[46:16] C'est situationnel.
[46:18] Si je vois qu'il fait exprès, puis il est vraiment perdu,
[46:22] peut-être pas dans ces mots-là,
[46:23] mais, t'sais, je l'amènerais à réfléchir
[46:25] sur qu'est-ce que tu fais en ce moment, whatever.
[46:27] Est-ce que c'est ça que tu veux vraiment?
[46:29] Mais, t'sais,
[46:31] moi, j'ai...
[46:32] J'ai comme un peu une approche Adam Smith, là.
[46:35] Laissez faire, t'sais. Laisse, laisse, laisse faire.
[46:37] Puis la main invisible va guider
[46:39] la personne dans ses intérêts.
[46:42] Puis si c'est des erreurs,
[46:43] il faut qu'il apprenne lui-même
[46:45] ces erreurs-là. Il faut pas que tu lui...
[46:47] T'essaies de lui sauver la...
[46:50] T'sais, du temps, whatever,
[46:51] puis juste lui donner la leçon.
[46:53] T'sais, laisse-le vivre.
[46:54] Puis moi, le gaming, ça a été un peu comme ça.
[46:56] Puis la raison pourquoi j'ai arrêté
[46:57] est vraiment...
[46:58] vraiment stupide aussi.
[47:01] C'est qu'à un moment donné, j'ai joué tellement...
[47:03] T'sais, à force de jouer, genre,
[47:05] 10 heures par jour devant l'ordi, là,
[47:07] j'ai développé des spasmes musculaires
[47:09] dans le cou. Fait que mon chiro,
[47:11] que je voyais pour me traiter,
[47:13] me disait à un moment donné, il dit,
[47:14] « Daoué, arrête, arrête, t'as le dos,
[47:16] tu vas avoir la colonne vertébrale d'un gars. »
[47:18] J'avais 20, 22, 21 ans.
[47:21] À ce moment-là, elle me disait,
[47:22] « T'as déjà quelqu'un de 40 ans. »
[47:24] T'as des spasmes musculaires. Tu dors, puis au milieu de la nuit,
[47:28] tu te réveilles, puis genre, t'sais,
[47:29] j'ai comme une balle de tennis dans le cou, là.
[47:31] – Ah, ouais? – Ouais. Fait que là, j'étais comme,
[47:33] « Ça, c'est pas le fun. » Puis ça, ça m'a fait peur.
[47:35] Fait que j'ai comme... Là, j'ai fait un peu de coaching,
[47:37] puis j'ai juste quitté après.
[47:39] – Est-ce que t'as toujours fait du sport aussi
[47:41] en même temps, ou c'est plus tard, justement,
[47:43] que t'es commencé à...
[47:44] – C'est plus tard, parce qu'une fois que...
[47:47] Moi, j'ai toujours été...
[47:49] Je pense que je suis ADHD, là, jamais diagnostiqué,
[47:51] mais j'aime toujours ça, compétition.
[47:54] Être dans quelque chose
[47:55] full intense à l'extérieur
[47:57] de l'école pour
[47:59] me distraire
[48:00] de la platitude des livres, là, whatever.
[48:03] Fait que là, ça a été gaming, puis quand j'ai arrêté
[48:05] le gaming, puis t'sais, ça a été un peu...
[48:07] Bien là, le droit, ça a pris tout mon temps, là,
[48:09] mais après ça, c'est ça. Éventuellement, c'était le sport,
[48:11] le gym, puis là, j'ai... Depuis
[48:13] deux ans récemment, je cours
[48:15] de manière sérieuse.
[48:18] – C'est quoi, sérieuse?
[48:19] Non, faut pas se comparer.
[48:21] Genre, c'est... À chaque fois qu'on me dit ça,
[48:23] je suis comme, non, justement, là, genre, ça a pas rapport.
[48:25] – Ah, OK. Mais sérieuse,
[48:27] t'sais, je veux dire, il y a deux ans, je me suis
[48:29] mis dans la course.
[48:31] J'haïssais courir avant, parce que
[48:32] ça me faisait mal, genre, aux genoux,
[48:35] puis j'étais comme... Mais j'aimais ça,
[48:37] parce que j'habite proche du canal, puis j'étais comme,
[48:39] c'est tellement facile, puis c'est beau,
[48:41] le canal, quand tu cours le long.
[48:44] Fait que là, maintenant,
[48:45] je fais 70 kilos
[48:47] par semaine. – C'est vraiment bon?
[48:49] C'est vraiment, vraiment bon?
[48:50] – C'est... Ouais, c'est quand même...
[48:53] Bien, écoute, j'aimerais ça être
[48:55] un peu plus que ça, parce que j'ai
[48:57] vraiment un gros... J'ai un problème, j'ai une obsession.
[48:59] Donc, quand je veux faire quelque chose, on dirait que, genre,
[49:01] j'exagère mes objectifs.
[49:03] Puis là, l'an passé, j'ai fait le marathon
[49:04] pour la première fois
[49:06] de ma vie, puis ça a comme
[49:09] mal été. – Mais ça raconte, ça, cette histoire-là,
[49:11] parce que tantôt, on se parlait juste avant
[49:12] l'enregistrement, puis tu me disais,
[49:14] marathon, pire expérience,
[49:16] je veux savoir. – Ouais, parce que,
[49:18] t'sais, c'était mon premier marathon, puis mon plan
[49:20] de training, c'était genre, on verra.
[49:23] Puis ça, à ne pas faire,
[49:25] peu importe qui nous écoute,
[49:27] comme, get your
[49:29] shit together, là, puis prends le temps de checker.
[49:31] Moi, j'ai fait ma longue course,
[49:33] ma plus longue course, 35 kilomètres, deux semaines
[49:35] avant, parce que j'étais comme... Je calculais
[49:37] pas, j'avais pas de plan, rien.
[49:39] C'était comme tout était au feeling. Puis mon ami
[49:41] qui faisait d'autres marathons m'a dit,
[49:43] genre, « Daoué, à deux semaines avant ton événement,
[49:45] puis c'était le marathon de Montréal. »
[49:47] Fait qu'avec un dénivelé quand même
[49:48] important, là. Elle me disait,
[49:51] genre, c'est un peu risky,
[49:53] mais il fallait que je rentre une longue course,
[49:55] right, avant le marathon. J'étais comme, sinon,
[49:57] j'étais à, genre, 25, peut-être.
[49:59] Fait que là, j'étais comme, mal faire,
[50:01] puis je me suis un peu blessé,
[50:03] puis j'étais under fuel. J'avais une banane,
[50:05] puis genre, deux gels, parce que j'avais pas de place
[50:07] dans mes affaires, puis
[50:08] en tout cas... Puis pendant mon marathon,
[50:11] écoute,
[50:12] ça a tellement mal été. J'avais des salt tabs
[50:15] que j'ai jamais essayé avant. Ah, OK, super.
[50:16] Des pilules de sel pour le sodium.
[50:19] Puis je me souviens, on était
[50:20] proche du 4. Tu faisais du chaud?
[50:22] Il faisait... Non, c'était quand même
[50:24] une bonne... Peut-être
[50:25] 14... À la fin de la course,
[50:28] il faisait plus chaud. On a commencé peut-être
[50:30] 14-15. À la fin,
[50:33] peut-être 20.
[50:35] Puis je me souviens, je courais
[50:36] à 4 minutes 35,
[50:38] puis j'ai pop le truc
[50:40] de salt tab,
[50:42] puis j'ai jamais pratiqué.
[50:44] Fait que là, je pop, puis il y en a deux
[50:46] qui partent dans le vent.
[50:49] Là, je commence à faire des règles
[50:50] de trois dans ma tête. Je suis comme, OK, là,
[50:52] si je veux balancer le reste,
[50:54] je devais en prendre un à chaque 30 minutes,
[50:57] puis là, finalement, il m'en reste deux de moins.
[50:58] Fait que là, je suis comme, bien, il faut que j'équilibre
[51:00] le reste sur la durée de ma course.
[51:02] Mais en même temps, tu voulais faire, genre, un plan
[51:04] d'exécution parfait pour
[51:06] quelque chose que tu n'avais jamais essayé.
[51:08] Exact. Fait que là, moi, j'ai foutu ça
[51:10] dans le chat du petit. J'ai dit, OK, bien, qu'est-ce que je dois faire
[51:12] pendant le moment? Pendant que tu faisais ton marathon?
[51:14] Non, non. Comme quelques jours avant, là.
[51:16] Une semaine avant, mais j'étais comme...
[51:19] C'est impossible d'atteindre. Puis j'ai jamais
[51:20] essayé de boire autant, bien, manger autant
[51:22] de gel pendant une course.
[51:25] Fait que quand je te dis, tu as mal été aussi,
[51:27] puis j'ai dit à ma conjointe, j'ai dit, écoute,
[51:29] elle qui venait me visiter, j'ai dit, écoute,
[51:31] je vais te donner une gourde, puis on va
[51:33] se rencontrer au coin, Parc Jarry,
[51:35] puis genre, whatever, la rue qui monte.
[51:37] Puis je dis, je vais te lancer ma flasque vide.
[51:39] Tu vas me donner une flasque
[51:40] qui est remplie. Puis, tu sais, j'avais
[51:43] tout calculé pour mon apport d'eau.
[51:45] Puis je me souviens, je suis arrivé là, parce que
[51:47] je courais plus vite, puis elle prenait le métro
[51:49] avec la famille à différents endroits, poppée,
[51:51] pour m'encourager. Elle n'était pas là.
[51:53] Puis moi, je me souviens, juste avant le coin,
[51:55] je le voyais arriver, fait que là, je cale mon eau.
[51:57] Puis elle se dit, OK, il faut que je cale mon eau.
[51:59] Puis moi, des fois, je pisse pendant les longues courses.
[52:01] Fait que là, j'étais comme, bon,
[52:02] je veux vraiment lui avoir
[52:05] une bouteille remplie, puis lui donner
[52:07] une bouteille vide pour atteindre mes quotas.
[52:09] Puis elle n'était pas là. Là, j'étais une bouteille vide.
[52:12] Je courais à une vitesse, à ce moment-là,
[52:13] de genre 4 minutes 30
[52:15] ou 25.
[52:18] Bref. Puis là,
[52:19] j'ai eu des crampes musculaires à partir de 30 kilos.
[52:21] T'avais-tu des électrides dans ton eau?
[52:23] Non. Puis des glucides?
[52:25] Des glucides, c'était des
[52:27] barres exactes, puis
[52:28] mortines.
[52:31] Fait que j'ai vraiment mal géré
[52:33] tous mes apports et tout. Mais j'ai quand même fini
[52:34] à 3h22.
[52:36] Ce qui est excellent, by the way.
[52:39] Merci. Mais là-dessus,
[52:41] j'ai marché genre 8 minutes.
[52:42] Parce que t'étais... Est-ce que c'est le mental
[52:44] qui a cassé à ce moment-là ou c'est à cause des crampes?
[52:47] C'est à cause des crampes. C'était vraiment...
[52:49] Je me souviens à 30 kilos.
[52:50] Puis là, elle était là avec la famille
[52:53] quand je revenais au même coin
[52:55] devant Jarry. Elle était là, elle m'a donné
[52:57] la flasque, puis je voulais pas
[52:58] montrer que j'avais une crampe, mais je l'avais déjà
[53:00] à ce moment-là. Fait que j'étais comme...
[53:02] Là, j'ai accéléré en plus pour la caméra,
[53:05] pour le sourire.
[53:06] Oh my God, tellement cute!
[53:08] Là, il fallait pas faire ça, parce que quand t'as une crampe,
[53:11] la pire chose que tu peux faire, c'est en mettre
[53:12] plus, puis le stress encore plus.
[53:15] Mais c'est exactement ce que j'ai fait pour la caméra
[53:17] puis pour le sourire de ma famille.
[53:19] Puis après ce coin-là,
[53:22] quand tu lèves ta jambe,
[53:23] puis genre tes muscles font comme...
[53:25] Ouais. Mais en fait, j'ai jamais
[53:27] vécu de crampe, fait que je sais comme pas.
[53:29] J'ai jamais vécu de crampe.
[53:31] Mais les électrolytes, c'est comme quelque chose que...
[53:33] Bien, j'ai déjà eu des crampes.
[53:36] C'est plus en...
[53:37] Quand je suis en récupération, mettons,
[53:39] bien, juste au repos,
[53:41] puis que je stretch d'une façon
[53:43] différente, que là, je vais cramper
[53:45] un peu. Mais sinon, en course,
[53:47] j'ai jamais crampé.
[53:48] Même dans une longue sortie?
[53:50] Non. J'ai jamais crampé.
[53:52] Mais j'ai jamais pris de salt
[53:54] table non plus.
[53:56] Mais je prends des électrolytes.
[53:58] Dans les drinks.
[53:59] Si je bois pas de glucides,
[54:05] si, mettons, mes glucides sont dans des gels
[54:07] ou autres, dans mon eau,
[54:09] j'ai minimalement des électrolytes.
[54:10] Je prends pas juste d'eau comme ça, d'habitude.
[54:12] Ou peut-être une pour...
[54:14] Une gourde pour le goût, là, dans les ultras.
[54:16] Mais je pense qu'il faut tester
[54:18] qu'est-ce qu'on aime et qu'est-ce qu'on aime pas.
[54:20] La préparation du marathon, c'est
[54:21] de s'entraîner dans les conditions qu'on va faire.
[54:24] Fait que, genre, admettons...
[54:27] Mais je suis vraiment pas une pro du marathon
[54:28] non plus, là. Les épisodes
[54:30] avec Elissa Legault, ça, c'est quand même
[54:32] qui pour comprendre c'est quoi
[54:34] la clé, tu sais, pour être...
[54:36] Pour performer. Mais, tu sais,
[54:38] idéalement, les premiers marathons,
[54:41] on teste
[54:43] des choses qu'on a testées en entraînement.
[54:45] On les applique, en fait.
[54:47] Puis, ça va nous dicter
[54:48] comment les prochains marathons...
[54:50] C'est quoi notre formule, genre,
[54:52] qu'on rôde, là. Mon premier marathon,
[54:54] j'avais fait en 3h45.
[54:56] Deuxième, 3h30.
[54:58] Troisième, 3h19.
[55:00] Puis là, tu sais, je m'attends à ce que ça continue
[55:02] de diminuer, genre, progressivement.
[55:04] Mais j'arrive à
[55:06] rationaliser plus
[55:08] mentalement, puis
[55:10] à exécuter un entraînement,
[55:13] un plan d'entraînement
[55:14] de plus en plus spécifique
[55:16] pour l'objectif que je souhaite
[55:18] réaliser. Mais bon, tout le monde n'aime pas
[55:20] non plus la passion marathon, on s'entend.
[55:22] Toi, je pense que tu me disais que tu filais
[55:24] plus.
[55:24] C'est genre disqué, hein?
[55:27] Oui, c'est ça. Moi, j'aime beaucoup
[55:28] les short vitesses, aussi parce que
[55:30] je m'entraîne juste le matin.
[55:32] Je dépose les kids à la garderie,
[55:34] puis après ça, je glisse
[55:36] une heure, une heure et demie d'entraînement avant le travail.
[55:38] Ça, c'est mon termin d'entraînement.
[55:40] Fait que, tu sais, faire des long runs,
[55:42] quand déjà, il faut que tu te changes,
[55:44] il faut que tu te douches après.
[55:46] Je peux pas arriver au travail à 11h non plus.
[55:48] Fait que, le week-end,
[55:50] j'ai des enfants.
[55:52] Fait que, tu sais, je suis plus dans les short distance.
[55:54] C'est pour ça que j'ai un peu
[55:55] « on verra » le marathon.
[55:59] Puis, tu sais,
[56:00] cette année, j'essaie de moins romantique,
[56:02] puis d'être plus méthodique.
[56:03] Non, c'est bon, mais pour vrai, c'est cool parce qu'on fait des choses
[56:06] avec le cœur. Je veux dire, on fait,
[56:08] on court parce que ça nous passionne, puis c'est quand même
[56:10] cool de faire son premier marathon,
[56:11] de faire son premier demi, peu importe
[56:13] c'est quoi notre objectif.
[56:15] Mais, justement, tu sais, c'est parce que
[56:18] je trouve que tu as tellement l'air à performer
[56:20] sur tous les niveaux.
[56:22] Comment tu arrives à gérer
[56:24] puis à faire cet équilibre-là?
[56:25] Bien, à avoir un équilibre dans tout ça?
[56:30] T'en as-tu un, en fait?
[56:34] Je ne sais pas. Je le vois comme un tout.
[56:36] C'est comme juste,
[56:38] c'est ma façon de vivre, on dirait.
[56:41] Si je ne cours pas le matin,
[56:43] ça me fait mal, on dirait.
[56:46] Je suis comme moins concentré au travail.
[56:48] Puis, on dirait que ça me fait du bien
[56:49] d'être au travail, puis savoir que
[56:51] j'ai déjà « clocked in » mon entraînement
[56:54] de la journée, puis si ça me tente,
[56:55] j'en ferais une deuxième en après-midi
[56:57] de muscu ou « whatever ».
[56:59] Ça équilibre, justement, pour moi,
[57:01] le travail, parce que sinon, je suis comme trop...
[57:04] Quand je suis trop « into » quelque chose,
[57:05] ce n'est pas bon non plus.
[57:06] Je ne suis pas moi-même.
[57:08] L'équilibre, c'est...
[57:11] Puis, je pense que je suis plus patient
[57:14] avec mes enfants quand j'ai fait ma course,
[57:16] quand j'ai fini le travail et tout.
[57:17] C'est comme un tout.
[57:19] J'ai besoin de faire toutes ces choses-là
[57:21] pour me sentir balancé, justement.
[57:23] Puis,
[57:24] avec ta conjointe, comment vous arrivez?
[57:25] Parce qu'elle aussi, elle a quand même un travail
[57:27] super prenant, puis tout.
[57:29] Elle est avocate aussi, puis
[57:31] honnêtement, c'est de l'organisation,
[57:34] tout simplement.
[57:36] Puis aussi, on a des grands-parents qui sont très impliqués.
[57:38] Ça nous aide beaucoup, justement. On revient d'un voyage.
[57:40] On a amené les grands-parents avec nous.
[57:42] C'est le « cheat code »
[57:44] pour bien « enjoy » en Punta Cana.
[57:47] OK, nice.
[57:48] « Amener les grands-parents », c'est le « cheat code »
[57:50] pour « enjoy » ta semaine.
[57:52] Les grands-parents étaient « undue »
[57:54] Oui, pour, tu sais, des fois,
[57:56] proche de la piscine, là, on est comme,
[57:57] « Bon, on va aller s'entraîner, là.
[57:59] Tu peux-tu « watcher » un des « kids » pendant un petit bout? »
[58:01] Puis, ils le faisaient.
[58:02] Est-ce que ta conjointe, elle s'entraîne avec toi des fois?
[58:05] Oui, mais
[58:06] moins parce que
[58:09] on prend des...
[58:11] Chacun son tour, là, pour « watcher »
[58:13] les « kids », puis pendant que l'autre court.
[58:17] Mais oui, oui,
[58:18] j'aime beaucoup m'entraîner avec elle aussi.
[58:20] Puis, s'échanger, « geeker » un peu
[58:21] sur les affaires. Tu sais, elle aussi,
[58:24] elle va faire son premier marathon cette année.
[58:25] Fait que là, j'ai dit, « Écoute, j'ai hâte de te voir avec ton plan
[58:28] de nutrition, là. »
[58:28] Puis, tu sais, une femme, c'est différent des hommes aussi, là.
[58:32] Comment tu trouves que c'est différent?
[58:34] Bien, j'ai l'impression que, tu sais, elle,
[58:35] elle doit « dealer » avec, tu sais, le cycle,
[58:38] les hormones, « whatever ».
[58:39] Elle peut pas juste... Tu sais, mettons, moi,
[58:41] des fois, le matin, je me lève, puis je mange rien.
[58:44] Je m'entraîne. Elle dit, « Impossible qu'elle fasse ça. »
[58:46] C'est vrai.
[58:47] Moi, souvent, en bas de une heure et demie ou en bas de une heure et quart,
[58:50] je mange rien.
[58:51] Bien, c'est ça. Tu sais, les femmes,
[58:53] on a une plus petite...
[58:55] Bien, en fait, on a... Puis là, je suis pas scientifique,
[58:57] mais de ce que j'ai pu comprendre, c'est que
[58:59] on est moins capable d'avoir une réserve
[59:01] en glycogène versus les hommes.
[59:03] Donc, du moment qu'on s'entraîne à jeun,
[59:05] tout de suite, notre corps vient puiser
[59:07] dans ses réserves. Puis comme il y a pas...
[59:09] Il y a rien en termes de glycogène,
[59:12] c'est dans nos réserves musculaires
[59:13] que le corps se nourrit.
[59:15] Puis là, tu veux pas...
[59:16] C'est ça qu'on veut pas. C'est comme si tu t'entraînes,
[59:18] mais en même temps, tu détruis tes muscles.
[59:20] Donc, genre, why would you do that?
[59:21] Donc, s'entraîner à jeun, c'est jamais
[59:24] recommandé chez une femme.
[59:26] Encore là, je suis pas docteure, puis
[59:27] je vais peut-être me faire dire, c'est pas ça, l'explication.
[59:30] C'est pas grave, mais...
[59:31] C'est ce que j'avais lu. Puis moi aussi, honnêtement,
[59:34] m'entraîner à jeun, je ne peux pas
[59:36] le faire.
[59:38] En tout cas, c'est vraiment, vraiment rare.
[59:40] Je vois pas dans quel contexte. Je pense que je panique.
[59:42] Si, genre, j'ai pas mangé avant de m'entraîner.
[59:44] Oui. Mais je suis comme, oh mon Dieu,
[59:46] je pense tout de suite à...
[59:48] On dirait qu'on m'a...
[59:50] On m'a tellement dit à quel point
[59:52] l'alimentation était importante
[59:53] pour nous,
[59:55] sur notre cycle, notre santé hormonale,
[59:58] que je me dis,
[1:00:00] si je m'entraîne comme ça, j'ai, genre,
[1:00:02] une pression d'être en train
[1:00:04] de faire du mal à mon corps. Donc,
[1:00:06] je veux pas. En tout cas.
[1:00:08] Oui. Mais moi, j'ai des leçons à tirer de ça.
[1:00:10] Bien, c'est ça. Tu me disais tantôt que
[1:00:12] t'avais écouté le balado de
[1:00:14] Ben Boulanger
[1:00:15] avec Uméa, puis...
[1:00:17] Je suis pas mal sûr que je suis red-ass, là.
[1:00:19] C'est-à-dire, c'est ça, dans le déficit...
[1:00:22] Relative Energy Deficiency
[1:00:24] Syndrome, or in sports.
[1:00:26] Oui, c'est ça. Parce que moi, souvent, c'est ça.
[1:00:28] Tu sais, je mange le soir,
[1:00:30] puis le lendemain, je me lève, par manque
[1:00:32] de temps, whatever, tout. Je dépose les kids
[1:00:34] à la garderie, puis je m'en vais au gym,
[1:00:36] puis je prends un shake après. Mais...
[1:00:38] Tu sais, ça, pour le marathon,
[1:00:40] ça a été extrêmement
[1:00:41] pas optimal, aussi.
[1:00:44] De pas être habitué à prendre...
[1:00:46] Genre, j'ai essayé de prendre, je pense,
[1:00:48] pendant mon marathon, 75.
[1:00:49] grammes de glucides.
[1:00:51] C'est beaucoup quand c'est pas entraîné pour, là.
[1:00:52] C'est ça. Tu sais, c'est trois gels par heure.
[1:00:56] Fait que, tu sais, à un moment donné,
[1:00:57] le goût me tapait, c'est une heure.
[1:00:59] J'avais la bouche sec.
[1:01:02] On a l'impression qu'on a genre
[1:01:03] des caries qui se forment au fur et à mesure.
[1:01:05] Puis je mangeais, tu sais, j'alternais
[1:01:07] entre le gel liquide
[1:01:09] puis les barres, puis
[1:01:11] courir avec le vent, là, ça sèche
[1:01:14] la bouche en plus, là. J'étais comme, oh my God.
[1:01:16] Puis quand la gourde est pas là...
[1:01:17] Quand la gourde est pas là, là, j'étais comme...
[1:01:19] J'ai pas étudié, justement, à quel kilomètre
[1:01:22] sont les stations d'eau, parce que je suis supposé
[1:01:23] d'avoir une gourde à ce moment-là,
[1:01:25] tu sais, puis je l'avais pas, là. J'ai dit, oh...
[1:01:27] Le lâcher-prise est dur dans ce temps-là, là.
[1:01:29] Ouais, c'était terrible, là. Genre, j'avais
[1:01:31] un gars qui courait à côté. J'étais comme,
[1:01:33] est-ce que j'y demande? Non, non, non, non, non.
[1:01:36] Non, mais c'est ça, tu sais. Mais en même temps,
[1:01:38] on peut, là, mais...
[1:01:40] Mais apprendre à lâcher-prise aussi,
[1:01:42] que genre, il y a pas une course qui va être parfaite,
[1:01:44] puis surtout pas notre premier marathon.
[1:01:46] Mais, OK. Puis,
[1:01:47] tu sais, parce que je vois
[1:01:49] tant qu'il file, puis j'aimerais ça juste que tu nous
[1:01:51] dises, si tu parlais
[1:01:53] à un jeune entrepreneur qui veut
[1:01:55] bâtir autrement,
[1:01:58] un peu comme tu l'as fait,
[1:01:59] ou un jeune entrepreneur aussi à un jeune
[1:02:01] professionnel qui est
[1:02:03] en droit, parce qu'il y a beaucoup, beaucoup de gens qui nous
[1:02:05] écoutent qui sont aussi des avocats ou qui
[1:02:07] gardent leur sécurité au
[1:02:09] travail, ça serait quoi ton premier
[1:02:11] conseil?
[1:02:17] Hum...
[1:02:17] C'est vraiment
[1:02:18] pas...
[1:02:19] En fait, faire le travail
[1:02:22] d'introspection, parce que souvent,
[1:02:24] je trouve qu'on a
[1:02:26] tendance à voir la vie comme
[1:02:28] comme plus tard,
[1:02:31] tu sais, de dire, moi, en ce moment, je suis
[1:02:32] comme dans une espèce de prologue
[1:02:34] à quelque chose qui s'en vient plus tard, puis de dire
[1:02:36] « Ah, c'est pas grave, je vais le faire plus tard, tu sais. »
[1:02:38] Moi, je me souviens, en droit, j'étais comme ça, là. J'ai dit
[1:02:40] « Ah, la vie entrepreneuriale, j'ai le temps en masse.
[1:02:42] Je suis jeune. Hello! »
[1:02:44] Fait que là, j'ai dit « Ah, aucun pressure, je vais faire...
[1:02:46] Tu sais, je peux me permettre de niaiser
[1:02:48] un peu ou de faire... »
[1:02:49] « Whatever, le chemin facile. »
[1:02:52] Mais non. Ta vie,
[1:02:54] c'est devant toi.
[1:02:56] Fait que, tu sais, faire vraiment le travail
[1:02:58] d'introspection, de dire « Qu'est-ce qui me rend
[1:03:00] heureux de faire? » Oublie...
[1:03:02] Money will come, peu importe ce que tu fais.
[1:03:04] Puis l'affaire, si t'es dans
[1:03:06] quelque chose, puis t'es passionné, que ce soit le droit
[1:03:08] ou les affaires,
[1:03:10] you'll figure out a way to make it work.
[1:03:13] Fait que de ne pas
[1:03:14] avoir peur de...
[1:03:17] I guess, d'assumer
[1:03:18] un peu, c'est...
[1:03:19] ses convictions, puis de vraiment faire ce qui rend
[1:03:21] heureux. Parce que moi, quand j'étais devenu
[1:03:23] entrepreneur, je me suis dit « Aïe, j'aurais dû faire
[1:03:25] ça avant. » J'aurais été bien plus heureux
[1:03:27] parce que, tu sais, je me sens...
[1:03:30] J'ai eu un regain d'énergie.
[1:03:31] Le matin, je me lève, j'étais comme « Yo, let's go! »
[1:03:33] Je suis tellement content.
[1:03:36] Même si c'était difficile. Fait que t'imagines
[1:03:38] si c'est un projet
[1:03:39] que tu peux prendre le temps de
[1:03:41] le cadrer, whatever.
[1:03:43] Tu sais, moi, je vivais le stress au bout, là, les premiers mois.
[1:03:47] Malgré ça,
[1:03:48] j'ai trouvé ça facile, en quelque sorte,
[1:03:50] parce que c'était moi.
[1:03:51] C'était ton identité.
[1:03:53] Est-ce que tu te dis « J'aurais dû précipiter
[1:03:56] un petit peu ça plus tôt »
[1:03:57] ou pas nécessairement?
[1:04:00] Oui, puis non.
[1:04:02] Oui, parce que j'aurais pu passer
[1:04:04] plus d'années à acquérir l'expérience
[1:04:05] d'entrepreneur au lieu
[1:04:07] de l'expérience
[1:04:10] en droit. Parce qu'il y a certaines...
[1:04:12] Oui, il y a certaines expériences qui se convertissent
[1:04:14] bien. Mais tu sais, j'ai appris
[1:04:16] par cœur les documents CVCA.
[1:04:18] Ça ne me sert pas tant aujourd'hui.
[1:04:20] Je suis capable de rédiger un « safe » les yeux fermés,
[1:04:22] mais je ne l'utilise pas,
[1:04:24] tu comprends? Ce temps-là aurait peut-être mieux
[1:04:26] servi, justement, à négocier
[1:04:28] mes baux ou
[1:04:30] mieux dealer avec les employés
[1:04:32] problématiques ou whatever,
[1:04:34] parce que le RH, c'est un « headache » pour
[1:04:36] tous les entrepreneurs. Fait qu'il faut bien
[1:04:37] apprendre ça, bien se former.
[1:04:40] Fait que, tu sais, oui,
[1:04:42] pour ce volet-là, mais non en même temps
[1:04:44] parce que ça m'a permis d'avoir
[1:04:46] une maturité un peu...
[1:04:48] différente, je dirais.
[1:04:49] Oui, vraiment. À un niveau de profondeur,
[1:04:52] il y a peu d'entrepreneurs qui ont
[1:04:54] ces « skills »-là que tu as.
[1:04:57] Puis, tu sais, aussi,
[1:04:58] je veux dire,
[1:05:00] quand j'étais avocat, je ne perdais
[1:05:02] pas mon temps non plus. J'allais quand même à des
[1:05:04] événements « start-up ». Je me faisais
[1:05:06] des liens avec des amis, des gens,
[1:05:08] avec des collègues qui, des fois,
[1:05:10] m'aident sur des dossiers aussi.
[1:05:13] Oui.
[1:05:14] C'est quoi ta définition personnelle de créer
[1:05:16] de la valeur?
[1:05:18] C'est...
[1:05:19] C'est le « bottom line » pour les associés. Non, je ne sais pas.
[1:05:22] Mais, non.
[1:05:24] Mais ce serait de...
[1:05:27] Je pense que
[1:05:28] ce serait le mot « croissance ».
[1:05:30] La valeur, pour moi,
[1:05:32] que ce soit en sport
[1:05:34] ou en
[1:05:36] business ou, peu importe, dans la vie
[1:05:38] professionnelle, c'est
[1:05:39] faire mieux qu'hier.
[1:05:42] Puis, tu sais, c'est le fameux cliché
[1:05:44] de 1 %, « get better 1% every day ».
[1:05:46] Mais c'est un peu ça parce que...
[1:05:48] Tu sais, il y a tellement de
[1:05:50] façons où on peut définir la réussite,
[1:05:52] la valeur. Je me dis, si
[1:05:54] toi, tu penses que, tu sais,
[1:05:56] aujourd'hui, tu te réveilles moins nono
[1:05:58] puis ta business est dans la meilleure position,
[1:06:01] that's it. Tu n'as pas besoin d'autre
[1:06:02] chose, là, tu sais. Nice.
[1:06:04] Puis, le sport, c'est un peu la même chose, tu sais.
[1:06:06] Je veux dire, je vais-tu réussir mon objectif?
[1:06:08] By the way, mon objectif, c'est sub-three,
[1:06:10] là, tu sais. C'est...
[1:06:11] « It's out there ». Moi aussi, c'est mon objectif, un jour.
[1:06:14] Oui. Mais tu l'as...
[1:06:15] Maintenant, « it's out there », je ne peux même pas...
[1:06:18] le cacher, mais...
[1:06:20] Tu sais, je ne vais peut-être pas l'avoir,
[1:06:22] je vais peut-être l'avoir, mais c'est dire, tu sais, comme,
[1:06:24] comment je fais pour m'approcher de cet objectif-là.
[1:06:27] Puis, je suis sûr que rendu là, je vais avoir
[1:06:28] un autre sub, genre, je ne sais pas, 2h50.
[1:06:31] Mais c'est ça qui
[1:06:32] donne du drive à la vie, tu sais.
[1:06:35] Des fois, il faut juste prendre un petit peu
[1:06:36] de recul puis on se réoriente puis
[1:06:38] « let's go », on continue d'avancer, mais effectivement,
[1:06:40] c'est genre le principe d'intérêt composé
[1:06:42] sur chaque
[1:06:43] petit plus-un, chaque
[1:06:46] amélioration qu'on fait,
[1:06:48] dans ce qu'on est,
[1:06:50] puis ce qu'on fait,
[1:06:52] qui s'additionne, puis à la fin, on le devient,
[1:06:54] genre, littéralement, cette meilleure
[1:06:55] version de nous-mêmes.
[1:06:57] C'est pour ça que je dis, tu sais, fais comme mon père,
[1:07:00] « work harder, not smarter ».
[1:07:01] C'est comme « just get out there, do your thing ».
[1:07:04] Cool. Merci d'être venu au balado.
[1:07:06] Ah, merci. C'était vraiment le fun
[1:07:08] de te recevoir. Puis,
[1:07:09] on va te suivre aussi avec
[1:07:12] Signé local, parce que moi, je suis allée
[1:07:13] dans vos magasins. Oui, j'ai adoré.
[1:07:16] C'était justement pendant le temps des femmes,
[1:07:18] la fête, là. Fait que j'ai acheté
[1:07:20] plein de mes cadeaux de Noël, puis j'ai aussi
[1:07:22] pu découvrir d'autres entreprises
[1:07:24] de Québec que je connaissais pas, qui étaient
[1:07:26] justement mis en valeur.
[1:07:28] Donc, voilà. Merci
[1:07:30] pour tout ce que vous faites pour
[1:07:31] l'entrepreneuriat au Québec. C'est plaisir.
[1:07:34] On est reconnaissants de vous avoir. Bien là,
[1:07:36] je vous mets en contexte,
[1:07:37] on était en train de parler,
[1:07:40] juste, genre, chill, puis la conversation
[1:07:42] qu'on avait était juste beaucoup trop
[1:07:44] pertinente pour qu'on
[1:07:46] l'ait pas au balado, puis qu'on la partage pas
[1:07:48] avec vous. On disait que
[1:07:50] les filles, on se mettait
[1:07:52] vraiment, vraiment, vraiment beaucoup
[1:07:53] de pression, de performance,
[1:07:56] puis que la pression de performance, c'était
[1:07:58] vraiment différent chez les hommes,
[1:08:00] puis surtout les femmes professionnelles.
[1:08:02] Puis là, on peut
[1:08:03] dire tout ce qu'on pense. C'est mon balado.
[1:08:06] OK.
[1:08:07] Tu sais, j'ai côtoyé beaucoup de
[1:08:10] femmes professionnelles dans le monde des affaires,
[1:08:13] puis c'est vraiment
[1:08:15] particulier, là,
[1:08:18] que je le trouve vraiment particulier,
[1:08:19] parce que moi, j'étais dans les grands cabinets,
[1:08:21] puis effectivement, je trouvais que les femmes
[1:08:23] se mettaient tellement de pression, puis honnêtement,
[1:08:27] elles sont tellement intelligentes,
[1:08:28] elles sont tellement travaillantes, elles sont tellement persévérantes.
[1:08:31] Souvent, là, je vais me faire lancer
[1:08:32] des rushs, là, plus que les gars.
[1:08:34] Beaucoup plus les gars.
[1:08:35] C'est 80 % de filles qui nous écoutent, ça fait que c'est bon.
[1:08:37] OK.
[1:08:38] Puis, je veux dire,
[1:08:41] elles sont tellement,
[1:08:43] se doutent aussi d'elles-mêmes, puis je trouve ça dommage,
[1:08:47] puis je vais le dire,
[1:08:48] là, pourquoi, parce que
[1:08:49] ça les amène à vivre une pression
[1:08:51] négative, des fois, de dire, oh, c'est-tu ma faute?
[1:08:54] Tu sais, un dossier a mal été,
[1:08:55] c'est-tu ma faute? Laisse-moi make up for it.
[1:08:59] Mais,
[1:09:00] j'ai le goût, des fois, de dire, les filles,
[1:09:02] sérieux, là, genre, comme,
[1:09:04] take it, relax, t'as déjà tout donné,
[1:09:06] puis genre, c'est correct, c'est pas ta faute,
[1:09:08] puis t'as pas besoin de faire le extra-heure,
[1:09:10] puis tu sais, je sais pas, des fois,
[1:09:12] je sais pas si t'as déjà vécu cette expérience-là,
[1:09:13] moi, je travaillais en cabinet privé, fait qu'on facturait
[1:09:15] des heures, puis, tu sais, mes collègues,
[1:09:17] des fois, on jase dans un 5 à 7
[1:09:19] ou whatever, puis, ou même,
[1:09:21] des fois, je vois mes juniors filles le faire,
[1:09:24] c'est couper leurs heures sur
[1:09:25] des dossiers, parce qu'elles trouvent que,
[1:09:27] je sais pas, ils ont rédigé un contrat, puis
[1:09:29] ça a pris 8 heures, mais elles se disent,
[1:09:31] ah, tu sais, ce contrat-là, peut-être, ça aurait dû prendre
[1:09:33] 5 heures. – 100 %. – Fait que je vais me couper
[1:09:35] 3 heures de mon temps, alors que le travail est fini.
[1:09:37] – 100 %. Puis tu te fais aussi réviser
[1:09:39] après, puis là, il y a des erreurs, puis t'es comme, je peux pas
[1:09:41] croire que ça m'a pris 10 heures
[1:09:43] réaliser cette chose qui était,
[1:09:45] non, mais pas à la hauteur, fait que t'es mieux
[1:09:47] d'avoir l'air que ça a pris moins de temps.
[1:09:49] Genre, je le vois. – C'est ça,
[1:09:51] puis dans le monde de droit, il y en a
[1:09:54] beaucoup plus
[1:09:55] qu'on le pense, là, puis
[1:09:56] ça vient me chercher,
[1:09:59] puis quand je me suis rendu compte de ça, c'est quand
[1:10:01] j'ai vu les juniors le faire, puis les gars,
[1:10:03] je sais pas pourquoi, mais les gars le font pas.
[1:10:05] Les gars, ils sont plus... – Ils sont plus confiants.
[1:10:08] – Ils sont plus confiants, ou ils ont
[1:10:09] un apport un peu plus,
[1:10:11] tu sais, je sais pas, genre, un peu, je m'en fous, peut-être.
[1:10:13] Genre, c'est ça le nombre d'heures que j'ai faites,
[1:10:15] fait qu'arrange-toi avec le client, là, si tu as budgeté
[1:10:17] moins, bien, tu radieras mes heures, là.
[1:10:19] Mais on dirait que les femmes
[1:10:20] veulent aussi bien paraître,
[1:10:23] trouvent que c'est important, ou je sais pas...
[1:10:25] – On a plus de choses à prouver, en fait,
[1:10:26] j'ai l'impression. On a tout le temps à se prouver,
[1:10:29] genre, on peut jamais prendre pour acquis
[1:10:30] qu'on est à la hauteur, ça, c'est comme ça,
[1:10:33] je le vois. Personnellement, même,
[1:10:35] tu sais, j'ai des jours, là, où est-ce que je suis comme,
[1:10:36] OK, yes, ça a vraiment bien été, je suis fière
[1:10:39] de moi, mais je dois constamment
[1:10:41] me rappeler, tu sais,
[1:10:43] faire un travail personnel
[1:10:44] pour me rappeler que je suis à la hauteur.
[1:10:47] Puis, je dois le faire dans ma vie
[1:10:49] professionnelle, dans ma vie...
[1:10:50] Tu sais, mettons, un exemple dans ma vie professionnelle, c'est que je vais
[1:10:52] être dans un meeting, OK, puis soit
[1:10:55] je vais le over-prepare
[1:10:56] pour être sûre que j'ai répondu à tout,
[1:10:59] puis s'il y a des volets qui sont un petit peu plus
[1:11:00] flous, je me sens
[1:11:02] comme si j'avais...
[1:11:04] j'étais en échec, mettons, je suis comme, oh mon Dieu,
[1:11:06] je l'ai échappé, j'arrive pas à y croire, alors que
[1:11:09] c'est même pas mon département, mettons, qui l'aurait
[1:11:10] échappé, tu sais, peu importe.
[1:11:13] Ou encore,
[1:11:13] dans le monde du sport,
[1:11:15] un autre exemple, ça va être que je vais être en train
[1:11:17] de... bien, je vais être
[1:11:19] en expédition, j'arrive en montagne, par exemple,
[1:11:22] j'arrive au base camp
[1:11:23] d'Amadablam, ou encore je suis en train
[1:11:25] de faire le trek pour me rendre sur
[1:11:27] une montagne, je vais rencontrer des gens,
[1:11:30] des groupes,
[1:11:31] tu sais, qui font une expédition également, ou d'autres
[1:11:33] guides, puis ils me regardent, puis ils sont comme,
[1:11:35] tu sais, toi, tu veux faire quoi? Puis je suis,
[1:11:37] ah, tout le monde, je m'en vais sur Amadablam.
[1:11:39] Puis ils me regardent de haut en bas en loin,
[1:11:42] tout de suite, on me remet
[1:11:43] en question.
[1:11:43] Puis je suis comme, bien oui,
[1:11:45] parce que, puis là, tout de suite, je dois me justifier.
[1:11:48] Ah, mais j'ai fait ça,
[1:11:49] j'ai fait ça, j'ai fait ça. À chaque fois que je me lance
[1:11:51] dans un projet, je dois le justifier.
[1:11:54] Est-ce que je pourrais pas
[1:11:55] en être fière?
[1:11:56] Oui, puis t'as pas besoin de te justifier à personne.
[1:12:00] Puis je sais pas comment
[1:12:01] le rentrer dans la tête
[1:12:03] de certains, tu sais,
[1:12:05] mes employés, eux, ou
[1:12:07] whatever, mais comme,
[1:12:09] prenez votre place, parce que vous l'avez fait,
[1:12:11] le travail, puis vous le méritez, votre place.
[1:12:13] Puis moi, la majorité de mes employés,
[1:12:15] c'est des femmes aussi, bien en fait, presque
[1:12:17] toutes. Puis
[1:12:19] je trouve que les femmes,
[1:12:21] vous êtes beaucoup plus
[1:12:22] considerate, vous avez un meilleur
[1:12:25] généralisme,
[1:12:27] mais EQ,
[1:12:29] quotient émotionnel.
[1:12:33] EQ?
[1:12:33] Ah oui. EQ, emotional.
[1:12:35] Oui, quotient émotionnel.
[1:12:37] Puis tu sais, ça, ça paye beaucoup,
[1:12:39] tu sais, de sentir que vous êtes
[1:12:41] présente, vous êtes plus,
[1:12:43] là, je veux vraiment pas généraliser.
[1:12:45] Non, mais faut pas généraliser, mais on comprend
[1:12:47] ce que tu veux dire. Bien, en tout cas,
[1:12:49] moi, ça me fait du bien, ce que tu dis, là.
[1:12:51] Genre, tu me dis ça, puis des paroles que je vais
[1:12:53] vouloir écouter et réécouter,
[1:12:55] parce que nos employeurs
[1:12:57] auront pas le réflexe de nous le dire.
[1:12:59] On s'entend que la direction,
[1:13:02] les hauts dirigeants, là, c'est
[1:13:03] la majorité des gestionnaires, ce sont des
[1:13:05] hommes, puis
[1:13:06] les hommes vont peut-être
[1:13:09] moins rassurer, expliquer,
[1:13:11] parler, être dans le volet
[1:13:13] émotionnel avec nous
[1:13:15] comme femmes, mais nous,
[1:13:17] on a besoin d'être rassurés, puis on a besoin
[1:13:19] d'être encadrés, puis on a quand même besoin,
[1:13:21] on a besoin de plus de mots,
[1:13:23] je crois, là. Mais tu sais, ce que je trouve
[1:13:25] dommage, c'est qu'on dirait que la société
[1:13:27] associe
[1:13:28] l'oubli homme-femme, là,
[1:13:31] disons un dirigeant qui ne montre pas
[1:13:33] ses émotions, qui n'a pas besoin d'être rassuré,
[1:13:35] mais qui ne montre aucune émotion, puis qui fait
[1:13:37] juste exécuter, whatever, on dirait que la société
[1:13:39] associe ça à une sorte
[1:13:41] de, je sais pas, à une sorte de,
[1:13:43] de, de, de, de, de, de ta talent
[1:13:45] ou à une sorte de, de, de,
[1:13:47] compétence.
[1:13:49] Comme si c'était ça du bon leadership.
[1:13:51] Oui, mais c'est pas ça. C'est pas ça, c'est
[1:13:53] montrer la vulnérabilité, puis de, de,
[1:13:55] de pouvoir te connecter avec,
[1:13:57] tu sais, ton équipe
[1:13:59] ou te mettre dans une situation vulnérable.
[1:14:02] T'as lu « Dare to lead »?
[1:14:03] Non. OK, mais t'es en train
[1:14:05] de, de, d'expliquer le concept
[1:14:07] de « Dare to lead ». OK. Mais c'est juste
[1:14:09] logique, mais c'est juste logique de te,
[1:14:11] c'est une sorte de compétence de
[1:14:13] pouvoir te mettre dans cette position-là.
[1:14:14] Tout à fait. C'est une sorte de maturité
[1:14:17] de pouvoir te mettre dans ces positions-là, alors
[1:14:19] qu'on devrait voir plus comme étant...
[1:14:21] Moi, je recherche ça chez les employés.
[1:14:23] Des fois, je me demande en entrevue,
[1:14:24] j'ai dit, parle-moi de
[1:14:26] ton écoute de l'autre.
[1:14:29] Comment ça se passe, ton écoute
[1:14:31] de l'autre? Dis-moi, qu'est-ce que tu fais?
[1:14:33] Puis, tu sais, des perdus me diront
[1:14:35] écouter quoi? Tout!
[1:14:37] Écouter tout! Comment l'autre
[1:14:39] respire, comment l'autre... Work harder!
[1:14:40] Ouais, écoute tout! Je veux
[1:14:42] que t'assimiles, tu sais, puis
[1:14:44] souvent, les femmes, vous vous excellez dans ça,
[1:14:46] mais c'est dommage parce qu'avec
[1:14:48] le doute que vous
[1:14:50] imposez à vous-même...
[1:14:52] C'est paralysant. C'est paralysant, puis
[1:14:54] vous flashez pas à cause de ça, mais
[1:14:56] des fois, je dis à ma copine, je suis comme,
[1:14:58] c'est bon, tu devrais faire telle
[1:15:00] affaire, tu devrais négocier sur telle affaire,
[1:15:02] genre, avec ton boss, whatever, t'as tellement
[1:15:04] honné cette affaire-là. Puis elle, on dirait
[1:15:06] qu'elle est comme toujours genre, style,
[1:15:08] j'ai assez. J'ai assez.
[1:15:09] J'ai juste mangé mes croûtes.
[1:15:10] C'est bon, là, genre.
[1:15:11] Oui, je suis comme, get out there, là, genre,
[1:15:14] yo, tu mérites tellement plus.
[1:15:16] Ça fait vraiment du bien à entendre
[1:15:18] parce que, clairement, on a besoin de se faire
[1:15:20] confiance, puis d'être
[1:15:22] plus consciente de ce qu'on
[1:15:24] vaut. Puis moi,
[1:15:26] dans mon poste actuel,
[1:15:28] je suis gestionnaire
[1:15:30] d'une seule personne dans mon équipe,
[1:15:32] mais mon Dieu que j'essaie
[1:15:34] de faire preuve de ça, tu sais,
[1:15:36] de leadership, genre, leadership
[1:15:38] vulnérable. Bien,
[1:15:39] vulnérable,
[1:15:40] dans ma tête, c'est la définition du leadership,
[1:15:44] mais d'être transparente
[1:15:46] en disant, hé, ça, je pense que
[1:15:48] je l'ai échappé là-dessus, qu'est-ce que t'en penses?
[1:15:50] Savoir vraiment
[1:15:51] lui dire où est-ce que
[1:15:53] je considère mes points faibles ou nos
[1:15:56] points faibles, puis où est-ce que je pense qu'on peut s'améliorer,
[1:15:58] puis travailler vraiment en équipe
[1:16:00] dans cette direction commune-là,
[1:16:02] c'est ça que j'essaie le plus
[1:16:04] de faire, mais j'ai une petite équipe,
[1:16:06] donc j'ai pas
[1:16:07] la portée que je peux
[1:16:10] avoir, comme si j'étais
[1:16:11] dirigeante d'une plus grosse équipe, j'ai pas encore
[1:16:13] les skills de toute façon pour ça, mais...
[1:16:15] Tu vois, même moi, j'ai une grosse équipe,
[1:16:17] puis je le dis toujours, je le montre à mon équipe
[1:16:20] que déjà,
[1:16:22] parce que moi, j'essaie d'avoir un style de leadership
[1:16:24] un peu leadé par l'exemple, puis je dis
[1:16:25] souvent, des fois, il y a pas de tâches trop
[1:16:27] petites pour n'importe qui dans l'équipe.
[1:16:30] Genre, moi,
[1:16:32] je travaille
[1:16:34] dans tous les aspects de la business
[1:16:36] parce que je veux connaître tous les rouages de la business.
[1:16:38] Moi, avant, je nettoyais des toilettes
[1:16:39] chez mes parents, genre, mes parents avaient
[1:16:41] un restaurant Valentine,
[1:16:44] puis je me souviens, pendant tout mon secondaire,
[1:16:46] je terminais l'école,
[1:16:47] puis j'allais étudier à la grande bibliothèque,
[1:16:50] puis après ça, je m'en vais dans leur
[1:16:52] resto, puis je nettoyais les toilettes,
[1:16:54] les deux toilettes, parce que je voulais pas que mes parents
[1:16:56] le fassent.
[1:16:57] Puis genre, j'ai cette mentalité
[1:17:00] là de dire, il y a aucune tâche,
[1:17:01] même si je suis rendu dans le top de la pyramide,
[1:17:04] il y a aucune tâche
[1:17:05] qui est trop sale ou trop simple pour moi.
[1:17:09] J'ai tellement
[1:17:09] nettoyé les toilettes que je me dis, genre, des fois,
[1:17:11] quand mon fils est né, j'avais déjà un PhD
[1:17:14] en ramassage de crottes, là, fait que j'étais comme,
[1:17:15] bring it on.
[1:17:19] Mais pour vrai,
[1:17:20] j'invite tous les leaders
[1:17:21] à, puis tu sais,
[1:17:23] je veux dire, ce niveau-là, c'est, tu sais,
[1:17:25] récemment, j'allais à une conférence,
[1:17:27] puis il y avait un leader qui disait, il dit, non, tu sais,
[1:17:29] les leaders, vous devriez faire des choses
[1:17:31] qui est juste
[1:17:33] ce que toi, tu peux faire.
[1:17:35] Oui, mais c'est pas
[1:17:37] une excuse pour pas se,
[1:17:39] se salir les mains, puis de,
[1:17:41] puis de prendre le balai, des fois, peut-être
[1:17:43] même, là, d'aller à ce genre
[1:17:45] de niveau-là, parce que, je sais pas, on est
[1:17:47] humain, puis il faut que tu connaisses
[1:17:49] tous les aspects de la business.
[1:17:51] Puis il y a rien qui fait plus,
[1:17:53] tu sais, en termes de culture d'entreprise,
[1:17:55] pour ton équipe, de voir que tu fais partie de la
[1:17:57] même team que l'équipe, là, je veux dire,
[1:17:59] it means the world. C'est ça.
[1:18:01] Moi, dans le temps des fêtes, là, quand c'est
[1:18:03] push comes to shove, là, je prends le siège
[1:18:05] de l'emballeur, s'il le faut, ou je prends le siège
[1:18:07] du gars qui fait les étiquettes, puis je suis là,
[1:18:09] le temps qu'il faut pour le faire.
[1:18:11] Magnifique.
[1:18:12] Fait que les femmes, vous êtes...
[1:18:14] Merci de... Merci.
[1:18:17] On voulait vraiment le ramener au balado.
[1:18:19] On a fait repartir l'enregistrement juste pour en parler
[1:18:21] parce que, bien, c'est trop
[1:18:23] important, puis je disais justement que,
[1:18:26] bien, c'est des commentaires,
[1:18:28] puis des questions, puis des
[1:18:29] sujets que beaucoup, beaucoup de femmes
[1:18:31] viennent me porter après ça,
[1:18:33] en message perso, DM, sur
[1:18:34] Umea Balado, ou encore à moi personnellement.
[1:18:37] Donc, ça fait du bien de
[1:18:39] l'entendre d'un homme qu'on estime.
[1:18:41] C'est niaiseux à dire, mais...
[1:18:43] T'es fine. T'es fine. Ouais.
[1:18:44] Fait que, merci. Là, sur ce, c'est vraiment la fin.
[1:18:47] Bonne journée, gang!

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