# Marie-Éloïse Leclair — Finale olympique et record national (l'histoire complète)

An episode of [umea](https://invisiblenetwork.ai/podcast/1869986285), 3 Feb 2026, 1 h 28 min.

Audio: https://episode.flightcast.com/01KGGH806MBZ76Y9D6VDTKE3X8.mp3

Les Jeux olympiques, c'est un rêve. Mais après les Jeux, c'est une réalité que peu de gens connaissent vraiment. Dans cet épisode du balado umea, je reçois Marie-Éloïse Leclair, sprinteuse québécoise de 22 ans, olympienne à Paris 2024 et membre de l'équipe canadienne du relais 4x100 mètres qui a marqué l'histoire en établissant un record national (42,50 secondes) et en se qualifiant pour la finale olympique — une première pour le sprint féminin canadien. Marie-Éloïse raconte son parcours avec une franchise désarmante : du soccer au flag football, jusqu'à l'athlétisme où elle a trouvé sa voie. Elle partage comment elle a grandi dans un environnement sportif soutenant, entourée d'une famille qui a toujours pris ses ambitions au sérieux. Dans cet épisode, on explore : • Son parcours vers les Jeux olympiques de Paris — de la qualification surprise aux Bahamas jusqu'à la finale historique • La dynamique d'équipe entre les quatre sprinteuses et l'importance de la chimie au-delà de la performance individuelle • Le blues post-olympique — ce sentiment complexe et inattendu qui frappe même les athlètes les plus jeunes • Les pensées intrusives, la pression de « prouver qu'on mérite sa place », et le syndrome de l'imposteur revisité • L'équilibre entre vie étudiante, entraînement de haut niveau, réseaux sociaux et financement d'une carrière sportive • La différence (ou l'absence de différence) entre les programmes masculins et féminins en athlétisme au Canada • L'importance de prendre sa place en tant que femme dans le sport — sans attendre la permission • Le rôle des réseaux sociaux dans la visibilité des athlètes et le financement de leur carrière • Les sacrifices, la discipline, le sommeil, et pourquoi « s'entraîner plus » n'est pas toujours la réponse Marie-Éloïse incarne une nouvelle génération d'athlètes : authentique, consciente, ambitieuse sans s'excuser. Elle parle avec lucidité de ce que personne ne dit aux olympiennes — le poids des attentes, la solitude du retour, la quête d'équilibre entre performance et humanité. Un épisode pour toutes celles qui rêvent grand, qui doutent parfois, et qui veulent continuer d'avancer — avec ambition, sans s'épuiser.

## Transcript

[0:00] Bonjour tout le monde. Aujourd'hui, je reçois une athlète absolument extraordinaire, une personne aussi extraordinaire,
[0:08] Marie-Élise Leclerc. Elle a 22 ans. En 2024, elle est allée aux Jeux olympiques de Paris pour le relais sur 100 mètres.
[0:19] Détentrice du record national avec un chrono de 42,50 secondes. Bref, ça a été comme un événement mémorable au niveau historique
[0:33] pour le sprint canadien lors des Jeux de Paris. Elle raconte toute cette histoire-là dans le podcast aussi, son passé,
[0:42] comment est arrivé dans le monde de l'athlétisme. C'est quoi sa vie actuellement aussi?
[0:49] Comme athlète et étudiante, elle parle de la différence homme-femme dans le sport de l'athlétisme, le rayonnement également.
[0:59] Elle parle du blues aussi après les Jeux olympiques. C'est quoi ses projets futurs?
[1:05] Puis elle parle beaucoup de sa préparation mentale ou comme les pensées qu'elle doit se dire dans sa tête et auxquelles elle fait face en fait dans son D2D.
[1:16] Bref, c'est tellement intéressant.
[1:19] C'est une discussion qui m'a beaucoup, beaucoup, beaucoup inspirée. Puis c'est drôle parce que comme même au fur et à mesure qu'on faisait le podcast,
[1:25] elle-même était comme, on dirait que je suis en train de « unlock » des pensées ou de faire du travail, du cheminement personnel et moi aussi par les faits même en même temps.
[1:36] Fait que laissez-vous porter, enjoyez au max. Je pense qu'il y a tellement de choses à retenir de ce podcast-là. Je pense que c'est un épisode que je vais vouloir écouter et réécouter.
[1:46] Personne d'exception. On va sûrement la re-recevoir.
[1:49] On va sûrement la re-recevoir sur le podcast parce qu'elle m'a dit qu'il y a plein d'autres choses qu'elle a envie de venir discuter avec vous puis qu'il y a des petites anecdotes et tout.
[1:56] Donc, peut-être qu'on va la recevoir une autre fois sur le podcast. Donc, sans plus tarder, je vous invite à écouter le pod.
[2:04] Enchantée, Marie-Éloïse.
[2:06] Merci.
[2:06] Merci d'être là. Est-ce que je t'appelle Marie-Élo?
[2:09] Oui, je pense que Marie-Élo, c'est mon surnom québécois.
[2:12] Cool, cool.
[2:13] Merci d'être là pour le podcast. C'est trop nice de t'avoir.
[2:16] Je pense que t'es une inspiration pour beaucoup, beaucoup de femmes et d'hommes au Québec puis partout au Canada, même au niveau mondial.
[2:24] J'essaye le plus possible. Mais comme c'est le fun de le sentir, de se le faire dire, des fois, ça fait du bien comme motivation pour continuer.
[2:32] Est-ce que tu te le fais dire souvent?
[2:33] Sur les réseaux sociaux, quand même, mais aussi en personne. Depuis que je suis revenue au Québec cet été, les gens sont quand même à l'aise de venir me voir parce que non plus je ne suis pas une star avec des millions d'abonnés.
[2:44] Je pense qu'ils sont quand même à l'aise.
[2:46] Ils sont quand même à l'aise de venir me parler puis me féliciter, soit pour mes performances ou justement pour des « comment c'est cool ce que tu fais, je te suis sur les réseaux ».
[2:52] Ils te reconnaissent dans la rue, j'imagine.
[2:54] Oui, pas vraiment dans la rue, genre au Costco, je ne me fais pas arrêter, mais dans les environnements où c'est comme sûr que c'est moi, à la piste, c'est sûr que c'est moi.
[3:02] Quand tu es dans ton élément, je m'imagine.
[3:04] Oui, exact, c'est ça.
[3:05] OK, puis mettons que tu te présentes, pour ceux qui ne te connaissent pas, parce qu'il y a peut-être des gens qui ne te connaissent pas encore, puis moi, je t'ai découverte cette année, en fait, je ne te connaissais pas avant.
[3:14] Tu te présentes un peu, comment tu te définis comme personne?
[3:18] Je dirais principalement comme athlète d'athlétisme.
[3:22] C'est quand même récent, tu sais, tous les titres comme olympienne, championne du monde, tout ça, ça fait que je ne suis pas tant…
[3:28] Ce n'est pas une question d'être à l'aise, mais je ne suis pas tant habituée de dire comme « bonjour, je m'appelle Marie-Élise, je suis olympienne », mais aussi, je pense que ce n'est pas juste ça qui me définit.
[3:35] Donc, la plupart du temps, je dis juste « je suis une athlète québécoise en athlétisme », puis après, c'est ça.
[3:41] Dans les choses que tu as réalisées récemment, ça…
[3:44] Ça m'en fait partie, tu es olympienne, tu es allée aux Jeux olympiques de Paris en 2024.
[3:48] Oui.
[3:48] Dans quelle épreuve?
[3:49] Au relais 4 fois 100 mètres, j'ai couru la troisième lègue.
[3:53] Fou, c'est incroyable.
[3:54] Puis, si tu veux me partager un peu cette expérience-là, parce que je pense que ça a été comme une expérience transformatrice un peu pour l'équipe canadienne.
[4:03] Vraiment.
[4:03] C'est fou.
[4:04] Oui, bien, je pense que ça, c'était le fun parce qu'on a vraiment réussi les quatre filles.
[4:07] Tu sais, il y avait deux filles sur quatre, Audrey et Jacqueline, qui couraient individuellement.
[4:11] Ça fait qu'elles ont quand même eu leur début individuel.
[4:14] C'est grandiose aussi, mais je pense que les quatre, c'était vraiment notre première fois qu'on amenait une équipe.
[4:19] Bien, cette équipe-là et juste n'importe quelle équipe à un niveau vraiment élevé comme une finale olympique.
[4:24] Ça fait que c'était cool de tout le vivre en même temps.
[4:26] Tu sais, il y avait personne qui était comme « Ah, moi, c'est ma sixième finale olympique ».
[4:29] Pour toutes les filles, c'était leur première fois.
[4:31] Oui.
[4:32] Est-ce que c'est leur première expérience aux Olympiques de façon générale aussi?
[4:35] Oui, c'est ça.
[4:35] Les quatre, c'est notre première fois aux Olympiques.
[4:38] Puis là, là-dedans, il y en a deux qui ont fait des épreuves individuelles.
[4:40] Mais les quatre, c'est notre première fois au relais.
[4:42] Wow.
[4:42] Bien, comme tu dis ça, les quatre ensemble aux Olympiques, mais aussi juste en général au relais.
[4:47] C'est fou.
[4:48] C'est quoi qui vous a...
[4:49] Comment vous avez fait pour vous qualifier ensemble, toutes les quatre, sachant que vous avez...
[4:53] Tu sais, comment ça fonctionne, en fait, la qualification pour les Jeux?
[4:56] Bien, c'est quand même une...
[4:57] Bien, c'est pas une longue histoire, mais c'est quand même un long parcours qui a été sinueux un peu pour moi.
[5:00] C'est ça le mot?
[5:01] Oui.
[5:01] En tout cas, c'était pas une ligne droite, là, parce que premièrement, il y a les...
[5:05] Maintenant, comment ils font, c'est qu'il y a les championnats du monde de relais.
[5:07] Donc, où je suis allée en mai cette année en Chine, l'année d'avant, pour les Jeux, c'était au Bahamas.
[5:13] J'essaie de pas parler trop vite.
[5:14] Non, non, mais c'est parfait. Vas-y, vas-y.
[5:16] C'était au Bahamas.
[5:17] On va suivre... Maintenant, on va être tellement captivées par ton histoire qu'aucun stress.
[5:21] OK. Bien, ça, c'était au Bahamas en 2024.
[5:25] Puis moi, c'était ma première... C'est ça, la fin, c'est que les quatre, c'est notre première fois aux Olympiques,
[5:28] mais les autres filles sont un peu plus vieilles que moi, donc c'était leur...
[5:30] Il y avait eu d'autres expériences avec le relais, juste ça avait pas à donner aux Olympiques ou aux championnats du monde, quoi que ce soit.
[5:34] Fait que moi, ils m'avaient comme invité un peu en mode on t'expose comme au programme, mais t'sais, t'es plus la nouvelle.
[5:42] Fait que je prends des notes, puis je reste assise.
[5:44] OK.
[5:45] Mais non, pas de même, là, t'sais, il y avait pas... Mais t'sais, c'était vraiment la nouvelle.
[5:47] Il y avait pas d'attente aussi par rapport à toi, c'est quand même cool, ça met un peu trop de pression.
[5:50] C'est ça, puis... Fait que cette année-là, comme le printemps 2024, c'est la première fois que j'étais invitée,
[5:55] c'est la première fois que... T'sais, j'étais juste là, là, t'sais.
[5:58] Fait que puis en plus, non seulement en tant que première fois, mais aussi plus jeune.
[6:01] Fait que je pense que c'était un peu deux éléments qui étaient...
[6:04] T'as quel âge, je me disais, si on...
[6:05] J'ai 22.
[6:06] Puis à ce moment-là, t'avais...
[6:07] J'avais 21.
[6:08] C'est fou, hein? Wow.
[6:09] Ouais, fait que c'est ça, c'était un peu comme... OK, t'sais, moi, ça...
[6:11] Déjà, en étant... Comme je disais, juste n'importe quel environnement où t'es nouveau,
[6:14] je pense qu'en tout cas, moi, j'ai le type de personnalité où j'essaie de comme un peu apprendre avant de prendre la place.
[6:20] Mais là, en plus, en étant la plus jeune, j'étais comme... OK, je vais...
[6:22] Même encore à ce jour, avec les filles, même si j'ai quand même beaucoup plus d'expérience maintenant,
[6:26] des fois, je me mets un peu la barrière de comme, ah, si on pliait que moi, ils savent mieux.
[6:30] Oui.
[6:31] Mais en ce cas... Fait qu'à ce moment-là, j'étais vraiment comme la... C'est ça, la nouvelle, puis je m'attendais à rien.
[6:36] Mais quand on est arrivés au championnat du monde au Bahamas, Jacqueline, justement, la deuxième qui a couru à Paris, était blessée.
[6:43] Puis je pense que c'était comme un truc de dernière minute, puis ils m'ont fait courir au Bahamas.
[6:46] Puis c'était aussi un peu la première fois que c'était le truc champion... Championnat du monde de relais pour se qualifier.
[6:51] Je pense qu'il était... En ce cas, je sais pas...
[6:52] Le processus de qualification était différent avant, genre?
[6:55] Bien, tu sais, vu qu'il y a eu la...
[6:56] La COVID, je pense qu'ils sont allés au... En tout cas, Audrey, tu le diras si elle vient,
[7:00] mais je pense qu'il y avait eu le championnat du monde de relais en 2021, qui avait été annulé, finalement.
[7:04] Puis avant, la COVID, c'était pas comme ça que ça fonctionnait. Fait que je pense, ouais, c'était un peu...
[7:08] C'était différent. En 2023, il y avait pas eu le championnat du monde de relais, si je me trompe pas.
[7:11] Donc oui, c'est ça. C'était un peu comme... Puis là, c'était... En plus, c'était la première fois, puis c'était une année olympique.
[7:16] Fait que c'était quand même... Tout était nouveau. Fait que je pense qu'ils m'ont fait confiance en se disant,
[7:20] on sait pas dans quoi on s'embarque avec elle, mais aussi un peu avec le championnat en tant que telle.
[7:25] Puis c'est ça. À ce moment-là, on a réussi à qualifier l'équipe. Dans le fond, les championnats du monde de relais,
[7:28] quand ça fonctionne, c'est qu'il y a la première journée, il y a des vagues.
[7:32] Puis si t'arrives premier ou deuxième de ta vague, tu te qualifies automatiquement.
[7:36] Puis si t'es pas premier ou deuxième, ou si t'échappes le bâton ou quoi que ce soit,
[7:40] si t'es comme disqualifié dans une course normale, tout le monde a une deuxième chance le lendemain.
[7:44] Puis les équipes qui se sont qualifiées la veille sont juste en finale, comme pour le fun.
[7:46] Fait qu'eux aussi, je pense qu'ils se disaient, on va la mettre le premier jour, si ça marche pas,
[7:50] le deuxième jour, on a une deuxième chance, on changera quelque chose, c'est pas la fin du monde.
[7:54] Moi, je savais pas ça à ce moment-là. Fait que je pensais que c'était comme...
[7:56] La pression était-tu vraiment élevée à ce moment-là pour toi?
[7:59] La pression était élevée dans le sens où j'étais comme, ils mettent vraiment toutes leurs chances,
[8:03] mais pas juste sur moi, évidemment, on est quatre dans l'équipe, mais j'étais comme,
[8:05] ils prennent vraiment une chance avec moi. Mais je me disais, je peux pas faire un tour de magie non plus.
[8:10] C'est la première fois que j'embarque sur la piste dans un championnat comme ça, avec cette équipe-là.
[8:15] Fait que je me disais un peu, oui, il y a de la pression, mais t'sais, c'était pas une pression à genre...
[8:18] T'sais, mettons, les gars qui sont comme les champions du monde en titre,
[8:21] eux, c'est une pression un peu différente à ce moment-là.
[8:23] Fait que c'est ça, c'était quand même de la pression, mais je pense que c'est ça.
[8:26] Moi, c'était plus la pression que je me suis mise de comme, c'est notre seule chance,
[8:29] alors qu'en fait, il y avait une autre chance le lendemain.
[8:31] Toi, tu t'es responsabilisée vis-à-vis de ton équipe, au final.
[8:33] Oui, c'est ça.
[8:33] Parce que ça devient vraiment un sport d'équipe.
[8:35] Exact.
[8:35] C'est fou parce qu'on connaît, t'sais, les sprints, puis la course à pied,
[8:39] on se dit, mais en fait, c'est deux sports complètement différents.
[8:41] J'ai l'impression que les sprints, c'est la course à pied, mais t'sais, c'est comme sport individuel.
[8:45] Puis là, toi, dans le relais, c'est comme team spirit.
[8:47] C'est non seulement ton équipe, mais ton pays aussi que tu veux te représenter.
[8:51] Exact. Je pense que ça, ça m'aide vraiment au relais, surtout cette saison,
[8:53] comme j'ai un peu des... mais pas... comme individuellement,
[8:57] justement, j'ai un peu de la misère à guérir la pression puis les attentes que je me mets moi-même.
[9:00] Mais on dirait dès que je suis sur la piste avec le relais,
[9:03] dès que j'ai la camisole du Canada, on dirait que tout ça s'évapore tellement rapidement
[9:06] parce que je me dis que c'est pas une option de partir dans ces patterns-là de genre,
[9:10] « Ah, il faut que je fasse ci ou ça. » C'est juste comme...
[9:13] Donne ton meilleur, puis tu te représentes comme...
[9:15] Et c'est avec les autres filles, on fait ça en équipe.
[9:16] Je pense que c'est ça, je suis quand même une fille d'équipe.
[9:19] Genre, je viens d'un parcours plus de sport d'équipe,
[9:20] fait que ça m'a quand même suivie au relais comme vraiment une force.
[9:24] Fait que c'est ça, au bas à mort, finalement, on a réussi à se qualifier.
[9:26] T'sais, la première journée, ils nous ont donné le gros billet.
[9:28] Fait que c'était comme tout le monde... Personne s'attendait à ça
[9:30] parce que justement, même l'année d'avant, en 2023,
[9:33] l'équipe du Canada s'était même pas qualifiée au championnat du monde.
[9:36] C'était même pas une question de...
[9:38] Là-bas, ça avait mal été. Là, on s'était même pas rendues.
[9:40] Fait que là, qu'on se qualifie le premier...
[9:42] T'sais, premier tour avec... Moi, j'étais comme...
[9:44] Qu'est-ce qui se passe?
[9:45] Wow! Incroyable! Ton équipe avait tellement de fiers, là.
[9:47] Bien, moi, c'est... Ouais, je pense que tout le monde était comme surpris, fier,
[9:50] puis surtout comme motivé de... Pas « hungry for more »,
[9:53] mais un peu en se disant « Wow, on a réussi à faire ça »,
[9:55] un peu en mettant tous les bouts un peu n'importe comment,
[9:59] comme qu'est-ce qu'on peut faire quand on va être vraiment prêts, t'sais.
[10:01] C'est ça. Puis je pense que vous avez...
[10:03] Bien, je sais pas, tu me corrigerais si...
[10:05] « If I'm wrong », là, mais j'ai l'impression que, t'sais,
[10:07] les hommes, du côté masculin au Canada,
[10:10] on est vraiment forts au niveau sprint,
[10:12] bien, dans le relais, mettons,
[10:13] mais comme les femmes, on avait encore quelque chose à prouver,
[10:16] puis là, c'est comme si vous étiez là,
[10:17] « OK, là, c'est notre chance d'aller prouver un peu, là. »
[10:20] Mais je pense que, t'sais, à ce moment-là,
[10:21] c'était comme la première comme étincelle de sport,
[10:24] mais là, vraiment, t'sais, c'est le fun que tu dis ça,
[10:26] parce qu'on est vraiment là-dedans en ce moment-là, t'sais.
[10:27] À chaque fois qu'on embarque sur la piste, je pense, les quatre,
[10:29] on se dit... On n'oublie pas que c'est pas juste...
[10:32] On fait comme... On n'est pas dans l'ombre des gars, t'sais.
[10:34] On veut comme...
[10:36] Faire rayonner le fond au cabinet.
[10:38] Exact. Puis vraiment, comme dans les entrevues,
[10:39] souvent, quand ils nous parlent après les cours,
[10:41] je pense que c'est ça qu'on essaie de rappeler aux médias,
[10:43] c'est de comme... Les faits aussi, on est là,
[10:45] puis c'est pas juste le relais des gars.
[10:46] T'sais, juste le dire, on dirait que ça me transporte
[10:48] dans comme une entrevue que j'ai faite en Chine.
[10:49] Je pense que j'ai dit exactement ça,
[10:51] que c'est comme on veut montrer que nous aussi,
[10:53] on a un programme qui est solide, puis que...
[10:55] Oui, on a été inspirés par les gars,
[10:56] mais on s'arrête pas au fait que c'est comme...
[10:58] Wow, on a un programme de gars qui est super bon.
[11:00] Non.
[11:00] C'est comme on en a deux programmes qui sont super bons, puis...
[11:03] En quoi le programme pour les hommes et pour les femmes
[11:05] diffère en athlétisme?
[11:07] Pour ce qui est du relais, il est vraiment pareil.
[11:09] Fait que comme... T'sais, comme justement,
[11:10] quand je parlais au camp où j'étais allée au printemps,
[11:12] c'est vraiment... On est...
[11:14] C'est exactement à la minute près pareil.
[11:16] C'est sûr que les gens dans l'équipe sont différents.
[11:19] Fait que ça... La dynamique est un peu différente,
[11:21] mais en termes de préparation, c'est la même chose.
[11:23] On va au même camp, on a sensiblement les mêmes coachs,
[11:25] c'est le même programme.
[11:27] Vous faites le même volume d'entraînement aussi.
[11:29] Y a-t-il des adaptations comme, mettons, cycle ou...
[11:33] Ce, non, vraiment pas.
[11:34] J'allais dire, ce qui est difficile avec l'athlétisme,
[11:36] justement, comme c'est un sport individuel,
[11:38] tout le monde fait ses trucs individuels,
[11:40] t'sais, vraiment autonomes à l'extérieur du relais.
[11:43] Puis quand on vient ensemble pour le relais,
[11:44] là, c'est pareil, mais t'sais, c'est 10%.
[11:46] 10% d'entraînement.
[11:47] OK. On reviendra sur ton, genre, votre training programme.
[11:52] Genre, ça va être vraiment intéressant.
[11:53] Ouais, ouais.
[11:53] Fait que, OK, ouais.
[11:54] Mais ce que là, je disais,
[11:55] juste le parcours pour aller aux Olympiques,
[11:57] dans le fond, c'est ça.
[11:57] Fait qu'au bas à mort, ça, on a réussi.
[11:59] Puis là, ensuite, ça a été la qualification pour les Jeux.
[12:02] Puis là, je pense que j'étais...
[12:02] Je m'étais un peu prouvée à...
[12:04] T'sais, dans un environnement un peu d'un an minute
[12:06] sous la pression à ce moment-là.
[12:09] Fait que quand on est arrivés à Paris...
[12:10] Mais je m'en rappelle plus c'est quoi, ta question.
[12:11] Bien, on est partis sur le premier truc,
[12:12] mais c'est parce que c'est tellement intéressant
[12:13] tout ce que tu dis, là.
[12:14] Mais là, en fait, tu me parlais de ton processus
[12:17] pour te qualifier aux Jeux de l'Olympique.
[12:19] C'est ça.
[12:19] Fait qu'ensuite, il fallait se qualifier.
[12:21] Le relais, dans le fond, c'est ça.
[12:22] Il y en voit comme le relais, l'équipe est qualifiée.
[12:24] Mettons, l'exemple que je donne souvent,
[12:26] c'est comme une équipe de soccer est qualifiée,
[12:28] mais tu sais pas nécessairement qui va jouer,
[12:30] qui va être sur le banc ou quoi que ce soit.
[12:31] Fait que là, l'équipe était qualifiée,
[12:33] mais il nous restait, nous, individuellement.
[12:34] À se qualifier individuellement.
[12:35] C'est ça, comme avoir notre place sur l'équipe.
[12:38] Fait que ça, ça s'est fait aux championnats canadiens
[12:39] au mois de juin, qui étaient à Montréal.
[12:40] Fait que c'était vraiment le fun.
[12:41] Ah, trop cool.
[12:42] C'était comme, oui, devant toute ma famille et mes amis.
[12:44] Wow.
[12:45] Puis ça fait que je me suis comme qualifiée
[12:47] officiellement sur l'équipe, tu sais, du relais.
[12:49] Est-ce que c'est difficile de se qualifier?
[12:52] Tu sais, dans le sens, il y a-tu beaucoup de personnes qui...
[12:55] Bien, c'est sûr que c'est vraiment difficile
[12:55] de se qualifier individuellement, là,
[12:57] parce que ça, c'est vraiment, tu sais,
[12:58] c'est juste des performances, le classement mondial.
[13:00] Mais pour le relais, il y a un peu plus de jeu
[13:03] dans le sens que ça vient aussi.
[13:04] Tu sais, ils veulent amener les quatre filles
[13:05] qui sont les plus en forme, tu sais, qui courent le plus vite.
[13:08] Mais il y a tellement plus qui va dans le relais
[13:09] que juste courir vite.
[13:11] Tu sais, on le voit, mettons, avec des pays
[13:12] comme les États-Unis, souvent, tu sais,
[13:13] ils vont mettre les quatre coureurs les plus rapides
[13:15] qui se sont jamais adressés la parole, genre.
[13:17] Puis c'est rare que le bâton fait le tour de la piste.
[13:19] Fait qu'il y a un relais qualitatif
[13:20] qui est pris en compte un peu.
[13:21] Oui, vraiment.
[13:22] Puis c'est par rapport à la...
[13:23] Mettons, c'est-tu des skills plus techniques,
[13:26] justement, de passage?
[13:27] Oui, c'est ça.
[13:28] Fait que ça, tu sais, c'est sûr que, mettons,
[13:30] on a plusieurs camps pendant l'année.
[13:31] Là, je reviens de Londres.
[13:32] On a fait comme une course là-bas
[13:34] pour un peu tester, tu sais, des nouvelles filles
[13:36] ou juste s'assurer que tout le monde reste comme à l'affût.
[13:40] Fait que c'est ça.
[13:41] Il y a beaucoup de trucs de technique qui rentrent là-dedans
[13:43] ou juste la chimie d'équipe ou, tu sais, justement,
[13:45] il y a plein de gens qui font plein de relais
[13:47] à leur université ou quoi que ce soit.
[13:48] Mais quand t'arrives dans un stade comme à Paris
[13:50] ou si ça change quand même la donne de gérer la pression.
[13:54] Fait que c'est des trucs qu'il faut quand même
[13:56] qu'eux considèrent.
[13:57] Fait que c'est pas... C'est ça.
[13:59] Ils regardent, mettons, la finale au championnat canadien,
[14:01] les huit filles qui sont les meilleures
[14:02] et plus rapides à ce moment-là.
[14:04] Puis après, ils vont un peu avec l'expérience.
[14:06] OK. Félicitations, c'est tellement cool.
[14:08] Merci.
[14:09] Puis mettons qu'on...
[14:10] Bien, on pourrait sauter directement dans les jeux,
[14:14] justement, comment ça s'est passé.
[14:15] C'était comme c'est quoi cette expérience-là?
[14:17] Pour toutes les filles, c'était votre première expérience.
[14:20] Mais comme pour toi, qu'est-ce que ça a changé dans ta vie?
[14:23] C'était comment?
[14:24] As-tu des highlights?
[14:26] Oui. Bien, moi, c'est tellement dur à...
[14:28] Parce qu'on dirait... Je sais pas.
[14:30] Je suis une personne vraiment optimiste.
[14:32] Puis comme je vois vraiment tout le temps...
[14:33] J'essaie vraiment de voir tout le temps le côté des choses.
[14:35] Je suis pas du genre à trouver les petits défauts partout.
[14:37] Mais je voulais pas trop être aveugle à ça
[14:40] puis me mettre trop des attentes, genre.
[14:42] Puis arriver là-bas, puis être comme...
[14:43] Ah, oui, finalement, c'est pas un conte de fées.
[14:45] C'est la vraie vie.
[14:46] Mais pour vrai, je pense qu'en faisant ça,
[14:48] quand je suis arrivée là-bas, ça a quand même réussi à...
[14:51] J'avais des autres attentes.
[14:52] J'ai essayé de les baisser, puis ça a quand même...
[14:54] T'as été comme...
[14:55] J'ai éclaté mes attentes, oui, vraiment.
[14:57] C'est quoi qui rendait ça si extraordinaire?
[14:59] Bien, il y a tellement de choses.
[15:00] C'est sûr qu'être sur l'équipe,
[15:02] mais là, après, c'est que t'amènes toute la...
[15:03] comme la dimension du village, puis de...
[15:05] Juste comme le... pas le party, mais tu sais,
[15:07] comme l'ambiance, l'atmosphère des jeux.
[15:10] En tout cas, moi, ceux que j'allais à Paris...
[15:11] T'es empruntée des meilleurs, genre.
[15:12] C'est ça. Comme je peux pas dire les autres jeux avant,
[15:14] mais ceux à Paris, je pense qu'ils ont été quand même
[15:16] renommés comme dans les meilleurs jeux à date,
[15:20] juste dans la préparation puis l'organisation.
[15:22] Non. Puis après, il y avait tout aussi le volet.
[15:24] Pour moi, ma famille était là.
[15:26] J'avais mes parents, mes frères et soeurs qui sont venus.
[15:29] Après, juste la compétition.
[15:30] Puis là, comme je dis, moi, j'ai juste fait le relais.
[15:32] Fait que c'est sûr que...
[15:34] Comme j'ai envie d'y aller individuellement aux Olympiques,
[15:36] mais en tout cas, cette expérience-là,
[15:37] pour une première fois, je pense que c'était le parfait
[15:38] comme juste milieu de...
[15:41] Tu sais, j'ai une grande part à jouer,
[15:42] mais c'est pas non plus toutes les attentes sont sur moi
[15:44] puis ma performance individuelle.
[15:46] Fait que ça, je pense que c'était juste tout un...
[15:48] C'était comme un parfait.
[15:50] T'as fait confiance à la vie un peu.
[15:52] Exact.
[15:52] Puis tu t'es dit, ah, le mieux va arriver.
[15:55] Vraiment.
[15:56] On se laisse comme découvrir un peu,
[15:58] découvrir ce monde-là.
[15:59] Puis finalement, c'était juste genre des erreurs surprises.
[16:01] Oui, exact. C'est ça, je m'y suis pas.
[16:02] Mais surtout, avec votre performance,
[16:04] mettons, si tu veux en parler un peu,
[16:06] parce que c'est extraordinaire.
[16:07] Oui, bien, c'est ça.
[16:08] On avait Audrey, comme j'ai dit, et Jacqueline
[16:10] qui avaient déjà un peu été...
[16:11] Eux, ils sont arrivés avant nous
[16:13] pour faire leurs refrains individuels.
[16:14] Puis ils ont été comme dans le stade, tout ça.
[16:16] Ils ont été baignés dans l'expérience vraiment un peu plus tôt.
[16:18] Fait que c'était le fun de les avoir, eux,
[16:20] un peu pour nous guider.
[16:21] C'était comme des mentors un peu.
[16:22] Oui, c'est ça.
[16:23] Même si c'était leur première expérience aussi.
[16:24] Oui, mais tu sais, ils nous disaient un peu comme,
[16:25] ah, c'est comme ça que ça se passe.
[16:26] C'est dans la chambre d'appel.
[16:27] Juste des petits détails qui aident à comme un peu
[16:29] enlever le... même pas le doute,
[16:30] mais tu sais, les choses qu'on sait pas.
[16:32] Oui.
[16:33] Ça, c'était le fun aussi.
[16:34] Mais c'était cool aussi de pouvoir les quatre,
[16:36] tu sais, un peu repartir à neuf en se disant,
[16:38] là, on a le relais.
[16:39] Tu sais, eux, ils ont eu leur succès
[16:40] puis leur haut et leur bas dans l'os des frais individuels,
[16:42] mais ça leur donnait une autre opportunité de,
[16:45] tu sais ça, avoir une autre chance
[16:47] de faire briller comme le Canada.
[16:50] Puis c'est ça, fait qu'on était vraiment
[16:51] toutes motivées en qualification.
[16:53] Mais on savait aussi que ça allait prendre
[16:54] une course vraiment spectaculaire en qualification.
[16:57] Tu sais, il y a des équipes qui mettent leur équipe,
[17:00] tu sais, B, mettons, qui vont enlever
[17:01] leur meilleur coureur en qualification,
[17:03] puis ils vont vraiment faire leur grosse course en finale
[17:05] pour aller chercher une médaille.
[17:06] Mais nous, on savait que ça nous prenait
[17:07] notre grosse course en qualif pour passer en finale.
[17:10] OK.
[17:10] Puis on savait même que, parce qu'on a un bio mécanisme,
[17:12] un bio mécanicien qui nous regarde
[17:13] tous nos stats, puis nos temps, puis tout ça,
[17:16] puis il nous avait dit, tu sais,
[17:17] ça va prendre un record national pour passer en finale.
[17:21] Wow!
[17:21] C'était un peu comme...
[17:22] C'est pas rien, là.
[17:23] C'est ça, mais tu sais, un temps,
[17:24] on n'avait rien à perdre.
[17:25] Je veux dire, on avait à perdre la place en finale,
[17:26] mais c'était comme, si ça va bien,
[17:28] ça peut que vraiment bien aller, tu sais.
[17:29] Fait que là, c'était comme un 2 pour 1.
[17:31] Finalement, on a eu le record et la qualification.
[17:34] Wow, c'est incroyable.
[17:35] Donc ça, c'était vraiment, oui.
[17:36] Est-ce que dès que vous avez su ça,
[17:38] tu sais, que votre bio mécanicien...
[17:40] Oui, mais je ne sais pas si c'est ça son nom,
[17:42] son terme en français, là, mais...
[17:44] C'est quoi en anglais?
[17:44] C'est comme biomechanics analyst, je ne sais pas trop.
[17:48] Wow, OK, mais c'est fou que lui ait été capable...
[17:52] Quand il vous a dit ça, en fait,
[17:53] vous, est-ce que vous vous êtes dit,
[17:54] oh, mon Dieu, est-ce que ça a eu un effet
[17:57] comme dissuasif, stressant,
[17:59] ou au contraire, ça vous a mis le couteau entre les dents
[18:01] puis vous vous êtes dit, les filles, on y va,
[18:02] genre, tout ensemble, let's go, là?
[18:04] Bien, je pense que...
[18:05] En ce que je ne veux pas parler pour les autres,
[18:06] mais je pense que ça nous a vraiment mis le couteau
[18:07] entre les dents de comme, oui, c'est ça qu'on veut,
[18:09] c'est ça qu'on est capable aussi.
[18:11] Quand je reviens à dire, quand on parle un peu des gars,
[18:13] c'est qu'on le sait qu'on est capable,
[18:14] on ne se dit pas, ah, mais tu sais, les gars,
[18:16] ils font si bien, mais nous, on ne sera jamais là.
[18:17] C'est comme on le sait qu'on est juste là,
[18:19] puis je pense qu'il faut laisser, comme tu dis un peu,
[18:21] faire confiance à la vie que ça va arriver...
[18:23] Il reste juste à le démontrer au bon moment.
[18:25] Exact, il faut juste...
[18:26] Excuse-moi, je t'ai coupé, mais souvent,
[18:28] des fois, le travail, il se fait comme en arrière,
[18:30] puis à un moment donné, comme tout déboule.
[18:32] Tout déboule.
[18:33] C'est ça, il ne faut pas essayer de le forcer,
[18:34] puis que ça arrive trop tôt, puis c'est ça,
[18:36] il faut comme let it unfold un peu,
[18:38] mais quand lui, il nous dit ça, c'est sûr que ça...
[18:41] Non, je ne l'ai vraiment pas vu comme c'est stressant
[18:44] ou, ah, mon Dieu, quel fardeau, c'était vraiment comme...
[18:46] En plus, je pense qu'en ayant lui qui nous le dit,
[18:49] lui, il ne nous dit pas ça comme...
[18:51] C'est ça, la différence avec un biomécanisme,
[18:52] mettons, puis un coach, c'est que le coach nous dit
[18:54] que ça va prendre un record national, let's go,
[18:55] mais lui, il nous montre des faits, puis il nous montre...
[18:58] Vous voyez, quand vous avez fait cette partie-là de la course,
[19:00] c'était sur ce pace-là du record.
[19:02] Quand vous avez fait cet échange-là,
[19:04] c'est ça qu'il nous faut.
[19:05] Fait que lui, il nous montre vraiment des faits
[19:06] puis des trucs concrets qu'on a faits en pratique
[19:08] ou dans des courses, puis il nous dit,
[19:09] ils sont là, les morceaux.
[19:10] Fait que je pense que c'est ça qui aide un peu
[19:12] à ne pas voir ça comme une montagne impossible à surmonter.
[19:15] On voit ça comme on a les morceaux,
[19:16] il faut juste les mettre ensemble.
[19:17] Oui, c'est comme une question de préparation,
[19:19] de planification, puis d'analyse
[19:21] de ce qui a déjà été accompli.
[19:24] Factuellement, objectivement, on est capables
[19:26] de tout mettre ensemble.
[19:28] C'est ça, fait que nous,
[19:29] quand on a un peu de temps,
[19:30] on se dit pas, ah, qu'est-ce qu'on doit faire?
[19:32] On n'a pas de calcul à faire, on a juste...
[19:34] On sait que nous, ce qui est en notre contrôle,
[19:35] en nous calme, c'est notre chimie,
[19:37] notre confiance individuelle et envers les autres.
[19:40] Puis après, on sait que ce qui est plus
[19:42] comme les stats puis les maths,
[19:43] ça a déjà été calculé.
[19:45] Puis ils disent que vous êtes capables,
[19:47] fait que vous êtes capables, let's go.
[19:48] Mais c'est à nous, ça reste quand même
[19:49] entre nos mains de le faire arriver.
[19:51] Wow. OK, c'est malade.
[19:52] Puis petite question,
[19:55] par rapport à votre cohésion d'équipe
[19:57] entre femmes, est-ce que vous habitez
[19:58] toutes au même endroit?
[20:00] Non.
[20:00] OK, est-ce que vous êtes des amis?
[20:02] Comment ça fonctionne?
[20:03] Bien, ça, c'est quand même difficile,
[20:04] justement, encore une fois,
[20:05] vu que c'est individuel.
[20:07] On se rejoint à des moments clés,
[20:08] mais on n'est pas...
[20:09] Tu sais, c'est pas comme une équipe de soccer,
[20:11] justement, qui sont tout le temps ensemble
[20:12] tous les jours aux entraînements.
[20:15] C'est sûr qu'il y a un temps, moi et Audrey,
[20:16] les deux, on est à Montréal,
[20:16] mais moi, pendant l'année,
[20:18] là, j'étudie en Colombie-Britannique,
[20:19] là, je retourne aux États-Unis
[20:20] l'année prochaine, donc on est de Montréal,
[20:22] fait qu'on a un peu la connexion québécoise,
[20:24] mais on passe pas tant de temps ensemble.
[20:26] Puis les deux autres filles viennent de l'Ontario,
[20:28] puis il y a d'autres filles aussi
[20:29] qui sont juste dans le pool, mettons.
[20:31] On est les quatre qui ont été à Paris,
[20:33] mais il y a d'autres filles qui sont incluses
[20:34] dans le groupe de relais.
[20:36] Fait qu'on n'est pas ensemble.
[20:38] C'est ça, c'est quand même dur de créer des moments
[20:39] où on est soudés, puis on est vraiment comme une équipe,
[20:43] qu'on est les quatre,
[20:44] mais on essaie quand même de rester en contact.
[20:47] Je pense que c'est ça aussi un truc
[20:48] qu'on doit conserver à l'avenir,
[20:50] puis qui a été un peu un maillon faible
[20:52] dans le passé avec les autres équipes
[20:54] que j'étais pas là,
[20:55] donc je peux pas vraiment commenter.
[20:56] Mais je pense que c'est ça qui a fait la différence.
[20:58] Il y a quand même eu une différence notable,
[20:59] comme je disais, en 2023,
[21:00] qu'il n'y avait même pas d'équipe.
[21:01] Puis en 2024, une finale olympique.
[21:03] Fait que je pense que c'est ça
[21:05] qui a fait un peu changer la donne,
[21:07] c'est que les filles ont été vraiment plus proches.
[21:09] Mais c'est une relation qu'il faut entretenir.
[21:10] C'est pas...
[21:11] Oui, oui. Non, c'est sûr.
[21:13] Puis c'est clair.
[21:14] Puis je pense qu'on reviendra un petit peu après
[21:17] par rapport justement à votre structure d'entraînement,
[21:20] comment ça fonctionne.
[21:22] Parce que c'est trop intéressant.
[21:25] Mais si on revient à...
[21:26] Au jeu, là, vous êtes qualifiée
[21:29] pour les finales.
[21:31] Puis là, vous avez fait un record national.
[21:33] Oui.
[21:33] Vous avez brisé un record.
[21:34] Ça faisait combien d'années qu'il se pendait?
[21:37] Je pense que c'était...
[21:39] C'était genre six ans, là.
[21:39] Je pense que c'était en 2016, oui.
[21:41] C'était pas au dernier jeu, c'était à ceux de Rio.
[21:43] Fait qu'il y a, tu sais, comme deux jeux avant.
[21:45] Wow.
[21:45] Oui.
[21:46] Fait que vous êtes allée briser ça.
[21:47] Oui.
[21:49] Puis c'est ça aussi, c'était même pas une course
[21:50] qui était pas...
[21:51] Je pense que c'est ça aussi qui continue de nous motiver,
[21:52] c'est qu'on sait qu'on n'a jamais...
[21:54] Bien là, c'est dur de dire une course parfaite.
[21:56] Il y aura toujours des choses à améliorer,
[21:57] mais tu sais, c'était loin d'être une course parfaite.
[21:59] En quoi, mettons?
[22:00] C'est quoi qui a fait que c'était...
[22:02] Bien, juste les échanges n'étaient pas...
[22:04] Tu sais, c'était pas...
[22:05] Parce que comme je disais,
[22:06] après, on revient toujours avec le biomécanicien.
[22:08] Oui.
[22:08] Puis, tu sais, nos échanges,
[22:10] on sait c'est quoi un peu nos targets de temps
[22:11] qu'on veut avoir dans la zone.
[22:14] Puis ça, c'est pas des...
[22:14] Tu sais, on a déjà fait mieux en entraînement
[22:16] parce qu'après, c'est sûr qu'en entraînement
[22:17] versus dans un stade plein,
[22:18] il y a des choses qui vont changer.
[22:24] Le record national en Chine au mois de mai.
[22:26] Ah oui? Récemment?
[22:27] OK.
[22:28] Wow.
[22:28] De comme 4 centièmes.
[22:29] Mais c'est ça, c'est qu'il y a tout le temps...
[22:31] Je pense que ce qu'on attend en ce moment,
[22:32] en ce que je veux pas le jinxer,
[22:34] mais tu sais, c'est comme on...
[22:36] Chipping away at it a little bit,
[22:38] puis après, genre, un moment donné,
[22:38] je pense qu'il va dropper, là, oui.
[22:41] Je pense que c'est ça.
[22:42] Est-ce que t'as envie de dire un temps qui a visé ou...
[22:45] Bien, c'est sûr que...
[22:46] En tout cas, je veux...
[22:46] Oui.
[22:47] Comme nous, là, en ce moment,
[22:47] on est vraiment dans les 42, 50,
[22:50] mais tu sais, on le sait
[22:51] qu'on est capable de courir en bas de 42.
[22:53] Wow.
[22:53] Oui.
[22:53] C'est fou, là.
[22:54] Je pense qu'on a l'effet qui s'apprend,
[22:56] puis justement, la chimie,
[22:57] puis la préparation, tu sais, il faut pas enlever.
[22:59] Je sais pas si les autres pays,
[23:00] ils ont des biomécaniciens qui les préparent aussi bien,
[23:03] mais nous, on a vraiment les ressources qu'il faut,
[23:04] fait que je pense qu'il faut leur faire confiance.
[23:08] Est-ce que vous avez...
[23:09] Vous vous entraînez en ce moment pour les prochains Jeux?
[23:12] Tu sais, c'est-tu ça, le mindset en ce moment?
[23:14] C'est quoi, les milestones
[23:15] entre les derniers Jeux olympiques puis les prochains?
[23:18] Bien, c'est sûr que, mettons, là, cette année,
[23:19] il y a les champions du monde à Tokyo en septembre.
[23:21] Fait que après les Jeux, oui,
[23:24] comme on met le cap pour les prochains Jeux,
[23:26] mais là, il y a des objectifs un peu plus rapprochés.
[23:29] Fait que à chaque année, oui, ça varie.
[23:32] Fait que c'est sûr que, comme le big picture,
[23:33] c'est les Jeux en 2028,
[23:34] mais on a des choses à régler avant, là, oui.
[23:37] Puis vous êtes pas automatiquement qualifiés,
[23:39] en fait, individuellement pour les Jeux en 2028?
[23:42] Non, non, non, pas du tout.
[23:43] C'est ça.
[23:43] Puis même pas le relais.
[23:44] Tu sais, ça va sûrement être
[23:44] un autre champion du monde de relais en 2028.
[23:47] OK. Wow.
[23:48] Qui va, oui.
[23:48] Fait que...
[23:49] Le prochain milestone,
[23:51] c'est les championnats mondiaux en septembre.
[23:54] Oui, en septembre.
[23:54] Fait que là, l'équipe a été qualifiée en Chine.
[23:56] Oui.
[23:57] Puis là, c'est les championnats du monde,
[23:59] les championnats canadiens la semaine prochaine,
[24:01] où là, on doit comme aller se qualifier individuellement
[24:03] pour être sur le relais, oui.
[24:05] Puis là, maintenant qu'on parle un peu
[24:07] de votre plan d'entraînement,
[24:09] ou tu sais, la structure de l'équipe aussi,
[24:11] comment ça fonctionne?
[24:13] Est-ce que vous avez...
[24:13] Dans le fond, tu disais que vous vous entraînez
[24:15] tous et toutes individuellement.
[24:17] Oui.
[24:18] Puis 10 % du temps, vous allez vous regrouper.
[24:20] Vous allez dans les camps, genre, plus spécifiques.
[24:23] Bien, oui.
[24:25] Fait qu'on se rejoint là à date.
[24:27] Le programme, comment il est construit,
[24:29] c'est qu'il y a deux camps au printemps,
[24:30] avant les championnats du monde de relais
[24:32] qui sont souvent au mois de mai.
[24:33] Fait qu'un au mois d'avril,
[24:35] un au début d'avril, fin avril, genre,
[24:37] puis après, mois de mai.
[24:39] Puis après, là, il y a les championnats du monde de relais
[24:42] puis les championnats canadiens.
[24:44] Puis là, c'est comme je disais, on est allés à Londres.
[24:45] Fait qu'il y a souvent comme une ou deux opportunités
[24:47] qui vont popper ici et là,
[24:49] selon...
[24:49] le plan de la saison qu'on va essayer d'aller.
[24:52] Mais, oui, c'est sûr que c'est pas...
[24:55] Parce que personne fait le relais à temps plein, comme.
[24:56] OK, oui, je comprends.
[24:58] Wow, c'est fou. Fait que tu voyages beaucoup.
[25:00] Oui, vraiment.
[25:01] Puis comment... T'es étudiante aussi, hein, je pense.
[25:04] Oui, bien là, j'ai fait terminer mon bac au mois de mai.
[25:08] Puis je commence un certificat au mois de septembre.
[25:10] OK.
[25:11] Puis mettons, ton bac, c'est en quoi?
[25:13] C'était en... Bien, c'était en undergrad.
[25:16] Puis c'était à une école en Colombie-Britannique.
[25:18] C'était en Health Sciences.
[25:19] Mais ça, c'est comme...
[25:20] C'est quand même dur à expliquer.
[25:21] C'est pas les Health Sciences.
[25:22] Bien, c'est juste... C'était comme un...
[25:24] C'est un undergrad, c'est un bac en santé, là.
[25:26] C'est un Bachelor of Science.
[25:28] Fait que c'était pas super précis.
[25:30] C'est juste comme...
[25:31] Souvent, ça va nécessiter comme une maîtrise
[25:34] ou un certificat, justement, de comme graduate studies après.
[25:37] Mais moi, mon focus, c'était comme en santé publique.
[25:40] OK, cool.
[25:41] Fait que c'est vraiment intéressant,
[25:42] mais il y a plus à apprendre, je pense, là.
[25:45] Oui.
[25:45] Puis, bien, c'est ça, si tu veux,
[25:47] genre, revenir un peu...
[25:49] En arrière, quand...
[25:52] Dans le fond, t'as toujours baigné dans le sport,
[25:55] si je me trompe pas, là.
[25:56] Oui, quand même.
[25:56] Ça a commencé quand que t'es commencée à faire du sport?
[26:01] Vraiment, quand j'avais 5 ans,
[26:03] je pensais comme tout le monde un peu qui joue au soccer.
[26:05] Genre, j'ai joué au soccer beaucoup jusqu'au secondaire.
[26:09] Mais mes dernières années au primaire,
[26:10] je savais que j'aimais ça, le soccer,
[26:12] parce qu'il y avait l'aspect d'équipe.
[26:13] Mais le sport, en tant que tel,
[26:14] j'étais pas tant motivée à m'améliorer.
[26:17] Ma mère me disait tout le temps,
[26:18] va faire des...
[26:19] Va faire des jeux d'en cours.
[26:21] Va jouer dehors.
[26:21] Oui, oui, elle me disait, tu sais,
[26:22] comme, essaie de faire des exercices,
[26:24] comme, pour t'améliorer.
[26:25] Puis j'étais comme, je m'en fous du soccer,
[26:26] il faut vrai.
[26:27] Ah, oui.
[26:27] J'aimais juste ça, l'aspect d'équipe,
[26:29] puis l'aspect de, comme, tu sais,
[26:30] ma force, c'est de courir vite au soccer.
[26:31] Fait que j'étais comme,
[26:32] quand j'avais arrivé au secondaire,
[26:33] je vais joindre une équipe d'athlétisme.
[26:35] OK.
[26:35] Puis là, ça va être vrai.
[26:36] Comme, il y a des gens, tu sais, qui disent,
[26:38] ah, moi, j'ai commencé ça, l'athlétisme,
[26:39] quand j'avais 18 ans,
[26:40] quelqu'un m'a dit, tu devrais essayer ça.
[26:41] Moi, je le savais, là,
[26:42] comme, j'avais hâte de commencer.
[26:44] Ah, oui, c'est genre inné, là.
[26:45] Oui.
[26:46] Est-ce que tu voyais des athlètes
[26:47] vraiment plus vieilles,
[26:48] mais comme, t'avais des athlètes
[26:49] d'inspiration plus jeunes,
[26:50] puis tu te disais, ah, j'ai envie
[26:51] d'aller aux Olympiques, genre,
[26:53] ou c'était pas vraiment ça?
[26:53] Pas vraiment à cet âge-là.
[26:54] Je pense que l'athlétisme,
[26:55] c'est un sport qui est un peu plus,
[26:56] comme, secret, genre, les gens.
[26:59] Tu sais, comme, quand t'es baigné dedans,
[27:00] tu sais, là, dès que j'ai commencé,
[27:02] là, j'avais plein d'idoles dans le sport,
[27:04] mais, tu sais, avant ça,
[27:04] c'est pas un sport qui est tant public,
[27:06] on dirait.
[27:06] Oui, je comprends ce que tu veux dire.
[27:07] Fait que, c'est ça, j'avais pas...
[27:08] Moi, je savais juste que moi,
[27:10] je voulais faire de l'athlétisme,
[27:10] mais je pensais pas vraiment, tu sais,
[27:12] j'avais pas d'inspiration, justement.
[27:14] J'avais assez, comme, la drive en moi
[27:15] de... que j'avais pas besoin
[27:16] que personne me dise, là.
[27:18] Fait que, c'est au secondaire,
[27:19] j'ai fait de l'athlétisme,
[27:20] puis j'ai joué un peu au flag football aussi,
[27:21] comme, on the side.
[27:23] Est-ce que tu joues encore?
[27:24] Bien, non, parce que c'est vraiment différent.
[27:26] Comme, il y a eu un moment
[27:27] où je faisais les deux,
[27:28] puis mon coach d'athlétisme,
[27:29] c'était comme, là, ça marche pas.
[27:31] Too dangerous.
[27:32] Oui, c'est ça.
[27:32] Mais c'est quand même un sport dangereux.
[27:33] C'est vraiment dangereux, tu sais,
[27:34] pour les blessures, puis aussi,
[27:36] ce que lui, là, tu sais,
[27:37] d'un point de coach technique,
[27:38] il disait, comme, ça change vraiment
[27:39] ta forme de course, tu sais,
[27:40] de courir, justement,
[27:41] en essayant de te protéger un peu.
[27:42] Tu sais, c'est pas contact,
[27:43] mais c'est quand même...
[27:44] Il y a du monde qui court après, là.
[27:45] Oui, c'est ça, oui.
[27:46] Ça changeait ma forme de course.
[27:47] Après, je revenais à mes entraînements
[27:48] d'athlétisme, puis je courais un peu comme...
[27:50] T'as couru combien de temps?
[27:52] Bien, en fait, t'as fait combien de temps du flag?
[27:54] Cinq, six ans.
[27:55] J'en ai fait toute mon secondaire,
[27:57] puis après, j'ai joué un an à Maisonneuve.
[27:58] Bien, une saison à Maisonneuve,
[27:59] mais c'est que j'ai pas fini mon cégep.
[28:01] Fait que j'ai coupé le flag.
[28:02] Ah, OK. Mais c'est correct.
[28:04] Oui, oui, bien, c'est qu'en allant à l'université
[28:06] hors du Québec, c'est comme pas nécessaire.
[28:08] C'est plus nécessaire.
[28:08] Oui, mais j'ai vraiment aimé ça, le flag à Maisonneuve aussi.
[28:11] OK.
[28:11] Je pense que c'est un sport qui rend beau au Québec.
[28:14] Mais les femmes...
[28:15] Oui, exact.
[28:16] Mais mon chum, il vient de se qualifier
[28:17] pour Team Canada en flag, là.
[28:19] Puis moi, je suis vraiment pas bonne
[28:20] dans les sports d'équipe, mettons.
[28:22] Fait que j'apprends vraiment beaucoup.
[28:23] J'apprends la base.
[28:26] Mais tu sais, je voyais les femmes jouer,
[28:27] puis j'étais comme, oh my God,
[28:29] c'est impressionnant à quel point...
[28:31] Aussi, quand j'entends les hommes parler
[28:32] des équipes féminines de flag,
[28:35] le respect est tellement énorme.
[28:36] Je trouve que c'est un bon sport,
[28:37] que c'est un peu...
[28:38] La dynamique est inversée, vraiment.
[28:40] Parce que je pense que c'est le seul sport
[28:43] qui, au début, le flag, c'était comme
[28:44] la version poche, genre du foot pour les filles.
[28:46] Je pense que c'est comme...
[28:48] Malheureusement.
[28:48] Ils se sont fait prendre à leurs propres jeux.
[28:49] C'est ça, ils ont été comme,
[28:50] ah, vous jouez au flag.
[28:51] Mais finalement, ça a été comme...
[28:53] Finalement, c'était ça va aux Olympiques.
[28:53] Ils ont fait le mieux de la situation.
[28:55] Exact, c'est ça.
[28:55] Fait que là, finalement,
[28:57] j'en semble-t-il qu'aux États-Unis,
[28:58] les joueurs de la NFL, ils souhaitent...
[29:01] Oui, parce qu'ils veulent aller aux Olympiques.
[29:02] ...aller jouer au flag pour pouvoir aller aux Olympiques.
[29:05] Je trouve que, justement, comme tu dis,
[29:06] en langue un peu des femmes,
[29:08] je trouve que c'est beau de voir
[29:10] qu'ils ont essayé d'être comme un peu les repress,
[29:13] puis ils ont fait, bien, parfait,
[29:14] vous nous donnez ça, on va faire comme...
[29:16] On va vous montrer un peu...
[29:17] On va tellement être bonnes
[29:18] qu'on va chêner plus que...
[29:19] C'est ça, vraiment.
[29:20] Fait que je pense, au Québec spécifiquement,
[29:23] mais justement, les femmes au flag,
[29:25] je trouve que c'est vraiment une belle communauté
[29:26] que j'ai un peu dû délaisser,
[29:28] mais que je garde toujours un peu proche, je pense.
[29:30] Ah, c'est cool.
[29:31] Oui.
[29:31] Puis là, après ça, dans le fond,
[29:34] tu continues dans...
[29:35] Dans le fond, ton cheminement en athlétisme,
[29:37] parallèlement au flag secondaire Cégep, genre?
[29:41] Bien, c'est ça, parce qu'au secondaire Cégep,
[29:42] l'athlétisme prenait pas...
[29:43] Bien, il prenait une grande place dans ma vie par choix,
[29:45] mais c'était pas ma job, mettons.
[29:47] C'était... J'étais bonne, mais vraiment...
[29:49] Il y avait de la place pour les deux.
[29:51] Fait que tant qu'il y a eu de la place pour les deux,
[29:52] je l'ai fait, mais après, en allant à l'université
[29:54] puis en essayant d'atteindre un autre niveau en athlétisme,
[29:56] c'est là que j'ai dû faire un choix.
[29:58] OK.
[29:59] Puis ça a été quoi, ce choix-là?
[30:00] Mais genre, parle-nous un peu de ton processus,
[30:02] ton cheminement mental là-dedans, dans cette progression-là.
[30:05] Est-ce que, comme, ta famille,
[30:07] c'est des grands athlètes qui étaient comme...
[30:09] Hey, let's go!
[30:10] Oui, bien, oui, ma famille, comme je dirais,
[30:14] ils m'ont tout le temps supportée.
[30:15] Je pense que, justement, je sens que j'ai jamais
[30:16] à me poser la question de, comme...
[30:18] Ils m'ont jamais dit, bien là, trouve-toi une job,
[30:20] parce que c'est pas sérieux, tes sports, tu sais.
[30:21] C'est comme... Ils ont tout le temps pris ça au sérieux,
[30:23] autant que moi, fait que je pense que ça m'a vraiment permis...
[30:26] D'y croire.
[30:26] Oui, puis, tu sais, d'en faire l'été,
[30:28] puis de continuer sans que ça soit comme...
[30:31] Tu sais, ils sont tout le temps...
[30:32] Ils sont tout le temps là à mes games.
[30:33] Bien, ils étaient à mes games, puis ils sont tout le temps là à mes courses.
[30:35] Mais je pense que ça va au-delà de juste être
[30:38] comme des cheerleaders, c'est qu'ils le prennent au sérieux.
[30:40] Oui.
[30:41] Fait que ça, ils m'ont tout le temps encouragée
[30:43] à juste vraiment faire ce que je voulais.
[30:44] Puis quand je leur ai dit, bien, je voudrais aller,
[30:47] comme, faire de l'athlétisme ailleurs, tu sais,
[30:48] comme quitter la maison, puis aller à l'université,
[30:51] soit aux États-Unis, où là, ça a donné dans l'Ouest,
[30:53] mais tu sais, c'est l'équivalent en termes de distance, mettons.
[30:55] Ils étaient comme, OK, bien, on te fait confiance,
[30:57] c'est ça que tu veux, puis ils n'ont jamais dit,
[30:59] ah, bien là, ça...
[31:00] Ils le voyaient, eux aussi, probablement,
[31:02] que c'était là que tu belonged un peu.
[31:05] Oui, c'est ça, vraiment.
[31:06] Mais justement, ma mère et mon père se sont rencontrés
[31:08] en jouant au flag.
[31:10] Parce que mon père, oui, mon père, il jouait au foot,
[31:13] mais je pense qu'il coachait le flag, genre,
[31:14] puis il coachait l'équipe de ma mère.
[31:16] Mais c'est ça, encore une fois, tu sais, les gars,
[31:17] je pense qu'ils respectent vraiment,
[31:19] sans nécessairement qu'eux jouent...
[31:20] Tu sais, je pense que c'est beaucoup des coachs-gats,
[31:22] mais qui prennent au sérieux leur équipe féminine,
[31:25] ce qui est quand même aussi plus rare.
[31:27] Fait que ça, je pense que mon père coachait ma mère au flag.
[31:30] Puis, fait que ça, mon père jouait au flag aussi.
[31:33] En tout cas, c'est quand même une famille plus de flag,
[31:35] mais, tu sais, la vitesse a toujours été...
[31:38] Je pense que le sprint était comme enraciné dans la famille,
[31:41] sans que ça soit en athlétisme spécifiquement,
[31:43] mais juste le sport en général.
[31:45] Ils doivent tellement être fiers de toi, là.
[31:46] Oui, bien, je pense qu'ils sont...
[31:48] Ils sont bien pas inspirés, mais tu sais,
[31:49] ma mère a dit souvent qu'elle aurait aimé ça, faire ça.
[31:51] Fait que je pense qu'elle vit un peu au travers de moi.
[31:53] Puis mon père aussi, il a quand même...
[31:55] Je pense qu'il a été au Team Canada football aussi,
[31:56] fait que je pense que c'est ça.
[31:58] Ils prennent le sport au sérieux,
[31:59] puis c'est des valeurs qui se transmettent quand même vraiment bien.
[32:02] Depuis ton plus jeune âge, au final,
[32:03] c'est des mots comme supportive,
[32:07] puis des mesures concrètes,
[32:09] puis valoriser un plan d'entraînement,
[32:11] puis pas chercher à couper les coins ronds à tout moment.
[32:13] Oui, vraiment.
[32:14] Puis t'as des frères et sœurs aussi?
[32:16] Oui, plus jeunes.
[32:16] OK, puis eux, ils font-tu du sport aussi?
[32:18] Bien là, mon frère, mon plus vieux...
[32:20] Bon, le plus vieux des frères et sœurs,
[32:23] il a commencé l'athlétisme récemment,
[32:24] mais lui, je pense que c'est plus un corps de demi-fond.
[32:26] Il fait comme du 800, mais 500,
[32:28] mais je lui dis 5000.
[32:30] Ah oui?
[32:30] Bien lui, je pense que c'est la course sur route,
[32:31] justement, il faudrait que j'en apprenne plus de toi
[32:34] pour lui en parler.
[32:35] Mais moi, je suis pas une rapide, par contre.
[32:37] T'es belle à longueur.
[32:38] Oui, je suis dans l'ultra, genre, oui, vraiment longue.
[32:41] Ça, c'est comme toujours ça que je dis,
[32:42] que c'est comme mon complexe en tant qu'olympienne sprinter.
[32:45] Wow!
[32:46] Mais comme je pense pas que je peux courir 5 km.
[32:48] Bien là, OK, c'est ça qui impressionne vraiment plus.
[32:51] Non, mais moi, c'est l'inverse.
[32:52] Honnêtement, genre, c'est drôle parce que,
[32:54] tu sais, il y a des jours...
[32:56] Mais en fait, courir un 5 kg rapide,
[32:58] genre, c'est tough.
[33:00] Je suis pas vraiment capable.
[33:02] Même que j'ai fait un marathon pour améliorer ma vitesse
[33:04] dernièrement. Pour moi, c'était ça,
[33:06] le training vitesse, le training marathon, mettons.
[33:09] Oui, mais OK,
[33:10] t'as des complexes en tant que...
[33:12] Bien, c'est pas tant des complexes,
[33:14] mais c'est comme des fois, je jugue, mettons,
[33:16] mon échauffement, c'est que je fais un tour
[33:18] de piste.
[33:18] 400 m en jogging.
[33:20] Puis des fois, j'arrive à 300 m,
[33:22] puis je suis comme...
[33:23] C'est long quand même.
[33:25] Mais c'est sûr que je sais que c'est des choses qui se travaillent
[33:27] que je travaille pas.
[33:27] C'est juste mentalement, au final.
[33:29] C'est ça. Mais justement, André, c'est ça, le complexe.
[33:31] Au niveau physique, je suis comme...
[33:33] Mon corps serait capable, mais je suis comme...
[33:34] Est-ce que mentalement, je serais capable de courir longtemps?
[33:37] Fait que c'est ça que je me dis.
[33:39] Quand j'arrive à mon 300 m de mon 400 m,
[33:41] je suis comme... Ça serait dur de continuer.
[33:43] Mais tu vois, je vais te dire de quoi.
[33:45] Tu sais, quand tu parlais de ton bio
[33:47] mécanique,
[33:48] ce qui vous a montré les faits
[33:50] puis qui vous a dit...
[33:51] Au cumul de votre expérience,
[33:54] il vous a dit, OK, vous êtes capable de réaliser
[33:56] cet objectif-là.
[33:58] Mais j'ai l'impression que dans
[33:59] l'expérience de, mettons, compléter
[34:02] un 5 km ou des distances
[34:03] qui deviennent un petit peu plus longues,
[34:05] t'es capable de courir un premier 1 kg.
[34:08] Après ça, tu vas faire 1 kg
[34:10] deux fois, comme avec une pause.
[34:13] Puis là, tout d'un coup,
[34:13] au fil des expériences, en genre 5 jours
[34:16] ou 5 mois, peu importe,
[34:18] ça devient juste à qui que t'es capable.
[34:20] Oui, c'est vrai.
[34:20] Mais c'est juste, il faut rentrer les faits dans notre tête
[34:23] puis arrêter de penser...
[34:26] À la fin, genre la distance totale,
[34:27] mais plus la voie, oui.
[34:29] Mais là, OK, un entraînement,
[34:31] ou une semaine d'entraînement,
[34:33] qu'est-ce que ça mange en dehors
[34:35] « je suis clouless » ?
[34:37] Je trouve ça fascinant.
[34:38] Je sais pas pour les sports, justement,
[34:40] comme tu dis, 1 km après 1 km, 2 fois,
[34:43] c'est quoi la progression.
[34:44] Mais nous, en anglaisisme,
[34:45] en sprint, on a vraiment...
[34:48] Mettons, sur une année,
[34:49] il y a la partie où on va faire comme le base,
[34:52] parce qu'après, quand on arrive dans les moments
[34:54] de compétition, c'est vraiment comme l'intensité
[34:55] puis du support spécifique.
[34:58] Fait que, mettons, moi, ma base, c'est en automne,
[35:00] genre de septembre à décembre,
[35:02] je vais faire des trucs plus longs, mais comme là...
[35:04] Non, mais là, il y a pas de sentiment de...
[35:06] Non, non, mais t'sais...
[35:07] C'est hot, ce que tu fais, là.
[35:08] Ouais, ouais, mais même, t'sais, les trucs...
[35:09] T'sais, là, toi, t'es ultra, mais mettons,
[35:11] même dans une équipe d'athlétisme, il y a des sprinteurs
[35:12] puis des demi-fondeurs. Les demi-fondeurs trouvent
[35:15] qu'il y a des trucs longs, c'est comme vraiment court,
[35:16] mais... Fait que, mettons, c'est ça,
[35:18] mais du volume. Fait qu'on va augmenter le volume
[35:20] à l'automne. Moi, je vais faire comme
[35:22] beaucoup de côtes ou des...
[35:26] C'est des intervalles toujours
[35:27] que vous faites, jamais en continu?
[35:29] Non, moi, je fais jamais en continu.
[35:31] Fait que tout le temps, des intervalles ou des...
[35:33] Mais c'est qu'est-ce qui va changer, c'est la pause,
[35:34] mettons, en les intervalles. Fait qu'en ce moment,
[35:36] je peux avoir comme 150 mètres
[35:38] avec 10 minutes de pause
[35:40] versus à l'automne,
[35:42] je vais avoir comme un 300 mètres
[35:44] avec une minute de pause après.
[35:46] Fait que c'est ça. C'est vraiment, les intervalles,
[35:48] ils ont quand même un grand range de variations,
[35:50] mais c'est jamais... Parce que pour moi,
[35:52] c'est jamais du continu.
[35:53] Fait que c'est la récup' au final aussi
[35:56] qui augmente ou...
[35:57] Puis l'intensité de la répétition en tant que telle.
[36:00] Puis en termes de structure,
[36:02] mettons, de semaine, est-ce que vous
[36:04] courez, justement, à tous les jours, probablement?
[36:06] Non. Bien...
[36:08] Ça varie. Tu sais, en tant que sprinteuse,
[36:10] mettons, en ce moment, dans ma saison vraiment spécifique,
[36:12] j'ai à avoir quand même trois jours super intenses
[36:13] où je suis en specs, où je vais à 100 % quasiment,
[36:16] où je fais des blocs.
[36:17] Fait que c'est quand même très taxant physiquement,
[36:19] mais aussi le système nerveux. Je pense que c'est ça
[36:21] la différence avec le sprint.
[36:23] C'est que c'est fatigant, mais sans que tu le vois nécessairement.
[36:26] Tu sais, quand tu te sens plus flat.
[36:28] Souvent, c'est que là, ton système nerveux a comme
[36:29] trop fire. Fait que là, il est comme...
[36:32] Il n'y a plus rien.
[36:33] Fait que vous êtes capable... Puis ça, ça doit être difficile
[36:36] en monderie. C'est pas votre monde Garmin
[36:37] qui vous dit, hé, vous êtes fatigué, reposez-vous.
[36:40] Fait que il faut que vous ayez quand même des connaissances
[36:42] sur le sport en soi ou sur comment votre corps réagit
[36:44] face à ce que vous lui demandez.
[36:46] Oui, bien ça, je laisserais ça dans les mains
[36:48] de mes entraîneurs.
[36:50] C'est ça aussi qui fait la différence. C'est la confiance
[36:52] de comme quand il me dit, là, t'en as fait assez cette semaine
[36:54] de pas dire, ah, bien, je vais aller faire
[36:56] 10 reps de plus à 100 %, parce que là,
[36:58] ça ne marcherait pas au final.
[37:01] Mais enfin, c'est genre quand même trois séances
[37:02] vraiment intenses, spécifiques.
[37:04] Puis après, les autres jours, c'est de la muscu.
[37:07] Parce que c'est quand même...
[37:08] Pour les sprinters, en tout cas, de la muscu, c'est quand même
[37:10] une grande partie. Un peu moins pour moi l'été,
[37:12] parce que là, avec la saison des compétitions,
[37:15] c'est moins important de...
[37:17] C'est plus, c'est ça, du maintien.
[37:19] Il ne faut pas non plus que t'aies
[37:20] que de fatiguer trop en muscu aussi, j'imagine.
[37:22] Non, c'est ça. Comme la muscu, c'est vraiment accessoire.
[37:24] Je dis pour les sprinters, ça prend une plus grande place,
[37:26] mais ça reste vraiment secondaire.
[37:28] Je ne suis pas une bodybuilder.
[37:30] Mon but, c'est pas de... Il y a des sprinters qui sont capables
[37:31] de lever super lourd, mais au final, c'est pas ça
[37:34] qu'on a le but.
[37:35] Il y a quand même la musculation
[37:37] deux à trois fois par semaine, que des fois,
[37:38] je vais jumeler avec des entraînements plus spécifiques.
[37:41] Puis sinon, moi, je pense que ce qui a fait
[37:43] la différence quand je passais du secondaire à l'université,
[37:45] c'est ça, c'est à tous les jours,
[37:47] mais pas au même niveau.
[37:48] Moi, c'était d'avoir un niveau d'entraînement élevé
[37:51] au total,
[37:53] parce que j'ai acheté des séances, c'était comme plus
[37:54] recovery, mais quand même,
[37:57] c'est comme aujourd'hui.
[37:58] C'est du temps, au final, que tu passes à être
[38:00] en mode entraînement ou recovery.
[38:03] Aujourd'hui, mettons, tu...
[38:04] Aujourd'hui, c'est comme mon recovery day, mais
[38:06] j'ai comme, je pense, j'ai genre quatre fois
[38:08] 100 mètres.
[38:08] Puis je fais ça sur du gazon, genre quatre fois
[38:11] 100 mètres à vraiment basse intensité.
[38:14] Avec, tu sais,
[38:15] c'est relax, mais comme c'est quand même, tu sais,
[38:16] justement, je vais...
[38:17] Ton entraînement va te prendre combien de temps pour un résider?
[38:20] Ah, genre une heure.
[38:21] Fait que là, tu sais, je vais à la piste,
[38:23] c'est vraiment, c'est relax, tu sais,
[38:24] comme je vais faire mon échauffement, je vais pouvoir
[38:26] faire des étirements que je fais pas d'habitude, juste pour comme
[38:28] ajouter à mon répertoire.
[38:31] Puis après, je vais faire mes 100 mètres.
[38:33] Tu sais, mettons, bien là, c'est que je suis
[38:35] comme un peu en transition de...
[38:36] Mon ancienne équipe, avec mon ancien entraîneur,
[38:38] mon entraîneur de Montréal, puis celui avec qui
[38:40] je vais joindre en septembre.
[38:42] Mais mettons, à SFU, là, à BC,
[38:45] le lundi, justement, notre jour
[38:46] comme recovery, c'était un peu une journée où on
[38:48] pouvait comme
[38:50] inclure du volume, là, parce que seulement
[38:52] mon volume, il faut quand même que je le...
[38:54] Je le fais pas d'une shot, je vais aller courir
[38:56] une heure, là, tu sais. Fait que justement, quand j'ai mes
[38:58] séances spécifiques, c'est vraiment...
[39:01] Je peux pas en faire plus après ça.
[39:02] Fait que c'est dans des journées plus recovery que je dois
[39:04] intégrer mon volume. Là, je suis comme pris quatre
[39:06] chemins pour dire que... Non, mais je comprends ce que tu dis.
[39:08] Finalement, c'est...
[39:08] Là, vu qu'on est vraiment en séance compétition,
[39:11] comme c'est 400 mètres, mais quatre fois
[39:12] 100 mètres, mais à ce moment-là, tu sais, mettons au mois
[39:14] de mars, c'est genre 16.
[39:16] Fait que là, tu sais, c'est quand même 1600 mètres
[39:18] que je fais genre en un entraînement
[39:20] versus des entraînements où je vais faire trois fois
[39:22] 150. C'est quand même quasiment
[39:24] le triple du volume. Ah, c'est fou, hein?
[39:27] Fait que c'est ça. C'est comme à petite échelle,
[39:28] c'est pas beaucoup de volume, mais
[39:30] quand tu compares 1600
[39:32] versus 500 mètres,
[39:34] c'est quand même le double, en tout cas.
[39:35] Ouais, ouais, c'est clair. Puis comment tu fais pour
[39:37] comme...
[39:38] En termes de charge d'entraînement,
[39:41] tu sors combien d'heures
[39:42] généralement par semaine, peut-être?
[39:45] Moi, je calcule plus en nombre de séances
[39:47] qu'en heure, parce que c'est ça,
[39:49] une séance de 150, des fois, c'est quand même
[39:51] rapide au final. Même si je prends
[39:53] deux fois 10 minutes de pause, c'est 20 minutes.
[39:55] Ouais. Fait que je pense que c'est plus...
[39:57] D'habitude, j'ai environ huit séances par semaine.
[40:00] C'est beaucoup, hein? Ouais, mais tu sais,
[40:01] des fois, c'est ça, mettons, elle, aujourd'hui, à huit heures.
[40:03] Parce que ça, je pense qu'il y a aussi
[40:04] un mythe sur les Olympiens, c'est qu'ils sentent...
[40:07] On entend souvent dans les documentaires
[40:08] que je m'entraîne 40 heures par semaine
[40:10] ou genre 200, je sais pas.
[40:13] Mais comme...
[40:14] Moi, c'est pas en nombre d'heures que je calcule,
[40:16] c'est vraiment... En nombre de séances,
[40:18] puis c'est la qualité au final des séances.
[40:19] Exact, la qualité de... Combien de reps...
[40:21] Je suis capable de rentrer dans ma semaine
[40:23] qui sont comme... OK, là, c'était solide.
[40:25] Trouves-tu qu'il y a des mythes
[40:27] que t'as envie de déconstruire, des fois,
[40:28] dans le monde, justement, de l'athlétisme
[40:30] ou dans le sprint, le relais?
[40:33] Ouais, bien, on dirait...
[40:35] C'est un peu... Tu sais, en étant, comme on disait,
[40:36] je suis un peu plus jeune, puis c'est...
[40:38] Je rentre vraiment dans ce monde-là
[40:39] comme plus de l'athlétisme pro, puis vraiment de haut niveau.
[40:43] Ça fait que si je réécoutais ce podcast-là
[40:45] dans 5 ans, je dirais, bien non, c'est pas des mythes,
[40:47] c'est juste que tu le faisais pas à cet âge-là.
[40:48] Mais moi, je trouve que c'est vraiment de ça,
[40:50] de croire que les athlètes sont tout le temps on.
[40:53] Comme, c'est sûr que...
[40:54] Genre là, tu sais, justement, c'est l'été,
[40:56] fait que je dois comme vraiment me forcer
[40:58] à rester dans un environnement
[41:00] qui est encadré, même si j'ai du temps off.
[41:03] C'est pas du temps off pour aller comme monter de montagne
[41:05] puis aller en camping avec mes amis.
[41:06] Je dois quand même rester...
[41:08] On, dans le sens...
[41:10] Focus sur ma semaine d'entraînement,
[41:12] mais c'est pas vrai que je cours toute la journée.
[41:14] Puis c'est ça, des fois...
[41:15] Faut que tu te reposes.
[41:15] En fait, le repos fait partie du...
[41:18] C'est ça, c'est ça.
[41:19] Parce que les gens, des fois, ils me disent,
[41:20] ah, t'as fait un camp d'entraînement, là, c'est quoi?
[41:22] C'est comme 3 entraînements par jour.
[41:23] Je suis comme, non, c'est 1.
[41:24] C'est le même entraînement,
[41:26] c'est juste que l'environnement est plus contrôlé autour.
[41:28] Fait que c'est pour ça que c'est comme...
[41:30] Ça vaut la peine de faire un camp
[41:31] parce que le recovery est géré.
[41:34] Oui, il est optimisé au maximum,
[41:36] ce qui fait en sorte que tes entraînements
[41:37] sont encore plus optimaux.
[41:40] Fait que je pense que le mythe...
[41:41] En tout cas, ça, je pense pas que dans 5 ans,
[41:43] je vais te dire, ah, non, t'avais pas raison,
[41:44] c'est juste que tu le faisais pas.
[41:46] Mais ça, je pense que c'est un mythe
[41:47] que les athlètes, plus t'atteins un haut niveau,
[41:49] plus tu dois t'entraîner longtemps.
[41:51] C'est comme...
[41:53] C'est bien dit, c'est vraiment bien dit,
[41:55] mais c'est parce que je pense que des fois,
[41:57] on vient dire que, comme...
[42:00] Peu importe, tu te mets de l'avance
[42:02] sur les réseaux sociaux, OK?
[42:03] Comme athlète.
[42:04] T'as raison de le faire, une chance.
[42:06] C'est vraiment inspirant que tu le fasses,
[42:08] puis je trouve que...
[42:09] Il faut absolument le faire, c'est parfait.
[42:12] Mais c'est comme si, après, ça mettait des attentes
[42:14] qu'en tout temps, t'étais l'athlète
[42:17] que tu prônes être,
[42:20] mais au final,
[42:21] une athlète ne peut pas être
[42:23] à son 150 % en tout temps.
[42:25] Elle ne peut pas performer
[42:26] à chaque course ou chaque entraînement.
[42:29] Non, vraiment pas.
[42:29] Est-ce que tu t'entraînes jusqu'à l'échec,
[42:32] mettons,
[42:33] dans...
[42:34] Sûrement?
[42:36] Non, je pense que ça doit dépendre
[42:38] un peu des styles de pensée.
[42:40] Moi, j'ai toujours eu des entraîneurs
[42:41] qui disaient qu'on termine sur une bonne note.
[42:43] Puis je pense que c'est aussi un peu
[42:44] ce qu'on fait au relais.
[42:45] C'est comme on ne veut pas en faire
[42:47] le plus possible jusqu'à temps que ça soit comme
[42:49] il faut arrêter parce que c'est n'importe quoi.
[42:51] Je pense qu'on se dit, OK, on a eu une bonne...
[42:53] Une ou deux, peu importe combien,
[42:54] ça a bien été, on garde ça.
[42:56] Puis on se fait savoir qu'en arrêté,
[42:59] ça va un peu aussi avec le concept
[43:00] de ne pas tout le temps être on.
[43:01] C'est comme il n'y a pas toujours plus à faire.
[43:03] Des fois,
[43:04] c'est correct, c'est comme...
[43:06] Est-ce qu'il y a un changement de mentalité
[43:08] entre les coachs quand ils coachent
[43:09] les hommes versus les femmes?
[43:12] Je ne pense pas.
[43:14] C'est sûr que, comme je dis,
[43:15] on est 24 heures, pas 24 heures,
[43:17] mais quand on est au camp, on fait la même chose
[43:19] exactement à la minute près, mais on n'est pas
[43:20] nécessairement ensemble, on est à côté.
[43:24] C'est dur à dire.
[43:26] Mais tu ne vois pas de différence flagrante?
[43:27] Non, vraiment pas.
[43:28] Je pense que la seule différence,
[43:29] je pense que ça va...
[43:31] C'est plus au niveau caractère.
[43:33] Peut-être que les gars, il vaut mieux se faire
[43:34] créer.
[43:34] Puis nous, on prend ça plus comme...
[43:36] comme uplifting.
[43:38] Mais ce n'est vraiment pas en termes de force physique.
[43:41] Oui.
[43:42] Ça, c'est vraiment le fun.
[43:43] Pour vrai, maintenant qu'on en parle, je réalise à quel point,
[43:46] comme je dis, je ne sais pas les autres pays,
[43:47] ils font ça comment, mais au Canada,
[43:49] pour ce qui est du relais, c'est vraiment tout le monde
[43:51] a les mêmes opportunités, tout le monde a les mêmes
[43:54] entraînements, les mêmes entraîneurs.
[43:56] J'imagine que c'est pour ça que vous avez hâte
[43:58] de voir l'équipe féminine rayonner
[44:00] autant qu'elle le mérite
[44:02] parce qu'elle est entraînée de la même façon
[44:04] puis elle a les athlètes du même calibre au final.
[44:06] Oui, vraiment.
[44:07] Wow, c'est vraiment cool.
[44:08] Oui, c'est ça, je ne sais pas...
[44:11] Je ne connais pas les autres programmes, mais nous,
[44:13] on a un programme vraiment équitable.
[44:14] Je pense qu'il y a place à ce qu'il y ait plus de femmes
[44:16] dans le coaching staff, mais pour ce qui est
[44:19] des hommes qui sont déjà là,
[44:21] ils font bien avec ce qu'ils ont.
[44:23] Ça serait intéressant d'avoir plus de...
[44:26] Parce qu'il y en a des bonnes athlètes,
[44:27] mais pas retraitées, mais qui sont maintenant
[44:29] en position de coach.
[44:31] Il y en a au Canada, c'est juste que je pense
[44:32] qu'ils n'ont pas encore eu cette opportunité.
[44:34] C'est là, mais...
[44:35] Votre support team est construit de quoi, justement?
[44:38] C'est comme, vous avez des coaches,
[44:39] comment ça fonctionne?
[44:41] On a les entraîneurs...
[44:42] C'est ça, nous, dans le fond, c'est qu'il y a le head coach
[44:45] de l'équipe du Canada, slash des relais,
[44:47] puis on a notre entraîneur qui s'occupe
[44:49] de notre relais féminin.
[44:51] Mais comme je dis, on est tout le temps là.
[44:52] Quand on est allés à Londres, ils étaient tous là.
[44:55] Mais c'est sûr qu'il y a un moment donné,
[44:56] tu ne peux pas prendre des commandes
[44:57] de genre 10 personnes différentes.
[44:58] Fait qu'on essaie de garder ça.
[45:00] Fait qu'il y a ces entraîneurs-là.
[45:02] Sinon, il y a les physios,
[45:04] il y a le bio-masso,
[45:05] il y a le bio-mécanicien,
[45:07] puis la manager, genre.
[45:08] Puis vous avez une nutritionniste aussi, j'imagine?
[45:10] Non, bien, dans le fond, après, c'est que ça va
[45:12] dans Athletics Canada plus at large.
[45:16] Là, il y a des préparateurs mentaux,
[45:17] des nutritionnistes.
[45:18] Mais ce n'est pas qu'ils nous suivent vraiment
[45:21] comme qu'on bouge en une unité au relais.
[45:24] C'est quand même plus loin.
[45:25] Mais vous avez quand même du support,
[45:27] préparation mentale, puis nutrition.
[45:30] Oui, quand même.
[45:31] Puis à quelle fréquence vous les consultez, mettons?
[45:34] Moi, je n'ai pas vraiment fait recours
[45:36] à la nutritionniste, jamais, en tout cas, celle-là.
[45:41] Mais la préparation mentale, cette année,
[45:42] j'ai quand même plus...
[45:45] Là, c'est qu'il y en a une, j'en ai comme deux.
[45:48] Mais j'ai quand même fait plus recours cette année.
[45:51] C'est quand même, je peux imaginer,
[45:53] étant super jeune, allant à ses premiers Jeux,
[45:57] puis revenir des Jeux aussi.
[45:59] Oui, mais tu vois, c'est ça un peu que...
[46:01] En tout cas, je disais, pour les Jeux,
[46:04] j'avais comme vraiment abaissé mes attentes
[46:05] pour pas être déçue, puis finalement, c'était vraiment mieux.
[46:08] Puis à l'inverse, pour, tu sais,
[46:09] ce que les gens disent comme le blues des Jeux,
[46:12] j'avais vraiment comme...
[46:13] J'ai pas augmenté mes attentes, mais j'avais dit comme,
[46:15] ça va frapper, là, comme soit j'étais préparée,
[46:18] puis ça va quand même plus frapper.
[46:19] Fait que je pense que des deux côtés...
[46:20] Ah oui, ça t'a frappé encore plus, soit.
[46:22] Oui, bien, pas le blues des Jeux, pas précisément,
[46:26] mais on dirait que ça l'a touché dans des sphères
[46:28] où je m'attendais pas.
[46:29] Comme quoi, mettons?
[46:31] Bien, mettons, c'est sûr que les deux semaines après les Jeux,
[46:34] ça te frappe comme n'importe qui qui revient de voyage.
[46:36] T'es comme, ah, je m'ennuie d'être en Espagne.
[46:37] Peu importe, mais... Fait que ça, oui,
[46:39] mais moi, c'était vraiment plus comment mon cerveau,
[46:42] après, fonctionnait, comment mes attentes,
[46:44] comment j'ai commencé à mettre des attentes différentes
[46:46] ou comment je gérais la pression
[46:48] ou comment je me...
[46:50] Genre, I was carrying myself, tu sais,
[46:51] mettons, à mon entraînement.
[46:53] J'étais plus comme... J'avais plus comme la naïveté,
[46:55] on dirait, de, ah, j'ai mon entraînement, c'est le fun,
[46:57] puis si j'ai des bons résultats,
[46:59] je les attends, là, c'était comme...
[47:02] On dirait que j'étais un peu entitled
[47:04] aux bons résultats. Genre, quand j'avais
[47:06] un bon résultat, j'étais comme, bien, il faut.
[47:08] Il faut que t'as pas le choix, là, tu sais.
[47:10] T'es une Olympienne, il faut.
[47:11] Exact. Tu sais, j'ai vraiment vu un shift, là,
[47:14] parce qu'avec le temps, tu sais, ça s'est un peu
[47:15] dissipé, mais mettons, au mois de janvier,
[47:18] je retournais... Parce que nous, c'est ça,
[47:20] je disais, la saison de base, c'est comme septembre
[47:22] à décembre, puis après, les compétitions recommencent en janvier.
[47:24] Fait qu'au mois de janvier, les premières compétitions,
[47:26] il y a plein d'entraîneurs d'autres équipes qui venaient me voir
[47:28] puis disaient, hey, c'était tellement cool de te voir
[47:29] cet été, t'sais, t'as tellement bien fait.
[47:31] Puis ma réponse automatique, c'était, ouais,
[47:33] j'espère que je vais être capable de, comme,
[47:36] continuer à prouver que c'est...
[47:37] Que tu mérites cette place-là, au fond.
[47:39] Genre, on dirait que ça m'a frappée, ouais,
[47:40] comme ça me restait en tête, cette phrase-là que j'ai dite
[47:43] au mois de janvier à un coach, j'ai dit, comme,
[47:45] ah, j'espère que je vais être capable de live up to the hype.
[47:47] Comme mon nom est ici,
[47:50] mais, genre, Marie-Élise Leclerc,
[47:51] ah, wow, mais est-ce que moi,
[47:53] la vraie Marie-Élise, je vais être capable de, comme,
[47:55] live up to the name, genre?
[47:57] Mais c'est ridicule, là, comme c'est moi.
[47:59] Mais c'est pas ridicule, mais t'sais, c'est moi.
[48:01] Il y a pas de déconnexion entre
[48:03] le nom et qui je suis, t'sais, c'est...
[48:05] Mais des fois, est-ce que tu prends un peu de recul
[48:07] puis tu regardes ce que t'as réalisé aux Olympiques
[48:09] puis tu te dis, oh, mon Dieu, est-ce que...
[48:10] Genre, j'arrive pas à croire que j'ai réalisé ça.
[48:13] Puis là, après ça, t'es comme, est-ce que je vais être capable
[48:15] de le ré-réaliser?
[48:16] Ouais, c'est ça, c'est un peu...
[48:18] Mais comme, tu sais, tu me poses la question,
[48:20] mais c'est des questions que je me pose, genre,
[48:21] hier soir, t'sais, fait que c'est comme tout un paquet...
[48:24] Je pense que c'est ça, le blues des jeux,
[48:25] c'est pas juste, ah, je m'ennuie de...
[48:28] C'est vraiment...
[48:29] Puis aussi, je pense que le blues des jeux que moi,
[48:31] je m'attendais, que je pensais que j'allais un peu
[48:32] pouvoir esquiver, c'est que...
[48:35] Ce que j'entendais, en tout cas, c'est, mettons,
[48:36] des gens qui gagnent une médaille ou que...
[48:39] T'sais, ça fait des années qu'ils travaillent pour aller au jeu.
[48:42] Puis là, c'est, ils reviennent,
[48:43] puis ils se disent, ah, mais là, j'ai tout fait,
[48:45] qu'est-ce que je vais faire?
[48:47] Ou comme... En tout cas, moi, c'est ça que...
[48:50] T'avais peur de dire...
[48:51] T'sais, mettons, les...
[48:53] Là, j'ai pas de nom qui me vient en tête, mais les...
[48:55] T'sais, les athlètes Team Canada que tout le monde connaît,
[48:57] que là, c'est ça, sont allés au jeu, ils ont vraiment bien fait,
[48:59] puis là, ils reviennent, puis ils sont comme, now what?
[49:01] Mais moi, vu que j'étais vraiment jeune,
[49:03] c'est pas ça qui est arrivé, parce que je sais,
[49:05] t'sais, j'ai encore beaucoup de temps devant moi,
[49:06] qu'est-ce qui est arrivé, c'est comme un paquet de nouvelles,
[49:09] comme... Je sais pas comment...
[49:11] Des opportunités, de nouvelles possibilités
[49:14] que tu t'es dit, ah, je pourrais...
[49:16] Ouais, c'est ça, ou un paquet de, comme, nouvelles
[49:18] pensées que j'avais jamais eues avant,
[49:20] que là, je prenais encore...
[49:22] Ça a un look plein de choses que tu pouvais faire.
[49:24] Ça a un look, on dirait que c'est que mon cerveau,
[49:26] avant, il était connu dans ma tête,
[49:28] puis là, quand je suis revenue, il a comme eu...
[49:30] Il a comme explosé, que là, je disais, ouais, mais ça,
[49:32] puis ça, puis ça, puis c'était comme trop de, comme,
[49:34] nouvelles perspectives.
[49:35] Wow!
[49:36] Ouais, mais c'est ça, c'est dur à parler,
[49:38] parce qu'on dirait, je suis tellement dedans,
[49:40] un peu encore, pas nécessairement négativement, mais...
[49:42] Mais c'est du travail, on continue, au final,
[49:44] comme athlète, là...
[49:45] T'sais, il y a des nouvelles pensées que je vais avoir,
[49:48] c'est comme là, fait que c'est dur à organiser mes...
[49:50] Non, non, mais c'est vraiment, genre, bien expliqué,
[49:52] là, ce que tu dis, puis je pense qu'il y a vraiment
[49:54] beaucoup de personnes à plusieurs niveaux
[49:56] qui vont écouter ça, puis qui vont se sentir
[49:57] exactement de la même façon.
[49:59] Genre, c'est vraiment, vraiment intéressant.
[50:01] Puis là, dans le fond, c'est ça que tu travailles
[50:02] un peu avec ta préparatrice, comme mentale,
[50:05] à peut-être décortiquer, puis te rassurer.
[50:09] Comme un peu revenir dans le présent, t'sais,
[50:10] de comme, toutes ces pensées-là, c'est correct,
[50:13] mais c'est pas concret, c'est pas des faits,
[50:16] c'est pas... c'est pas rien qui va m'aider
[50:18] quand je suis derrière la ligne,
[50:19] c'est pas ça qui va me faire courir plus vite,
[50:20] de comme penser, ah, mais là, t'sais, cette affaire-là,
[50:23] c'est ça, qu'est-ce que je vais faire?
[50:25] T'sais, c'est juste revenir dans le présent,
[50:27] puis comme pas mettre d'attentes
[50:28] qui sont basées sur rien, dans le fond.
[50:30] C'est comme différent avoir des attentes
[50:32] puis de la pression versus vivre un stress
[50:34] comme positif, naïf, genre.
[50:37] Fait que c'est comme revenir à la base
[50:38] de pourquoi tu cours, pourquoi tu fais les choses,
[50:41] puis laisser les résultats arriver par le même.
[50:43] Oui, c'est ça, puis pas comme les attendre,
[50:46] t'sais, comme impatiemment.
[50:47] Non, mais t'sais...
[50:48] Comme s'ils étaient dus aussi, parce que...
[50:50] Exact, c'est ça, il y a une différence
[50:51] entre, genre, travailler puis avoir un objectif
[50:53] puis dire, ah, cet objectif-là, je l'ai attendu
[50:54] puis je l'ai enfin réalisé, puis dire, comme,
[50:56] il était dû, là, c'est ça, comme...
[50:58] Wow.
[50:58] Oui.
[50:59] C'est vraiment intéressant, c'est fou que tu sois là-dedans.
[51:01] Puis t'sais, t'es jeune, là, aussi, de vivre ça, là.
[51:03] Oui, bien, puis c'est ça, puis je pense que la différence
[51:04] en étant jeune, c'est que je peux pas dire...
[51:06] T'sais, tout le monde a peut-être le rêve
[51:08] d'aller aux Olympiques à n'importe quel âge,
[51:10] mais je peux pas dire que c'est un rêve
[51:11] que j'ai bûché pour avoir pendant 10 ans,
[51:14] parce que, là, il y a 10 ans, j'avais 11 ans, là.
[51:16] T'sais, t'sais, fait que c'est comme...
[51:18] C'est sûr qu'un athlète qui va aux Olympiques à 30 ans,
[51:20] qui est comme, hey, ça fait trois cycles que j'attends,
[51:22] puis à Rio, j'ai pas réussi,
[51:24] puis à Tokyo, j'étais plus proche,
[51:25] puis là, enfin, à Paris, je suis allée.
[51:26] Moi, c'est comme... Comme je disais,
[51:27] c'est un peu arrivé au bas en masse.
[51:30] T'sais, je sais que je l'ai mérité, ma place,
[51:31] puis que je l'ai travaillée, puis que je l'ai...
[51:33] Elle m'a pas été donnée, mais elle a un peu été comme offerte.
[51:36] Elle a un peu tombé du ciel, puis je l'ai juste prise.
[51:39] T'sais, je pense que c'est pas nécessairement...
[51:40] J'ai réussi à la prendre, ce qui était quand même un exploit,
[51:42] mais le fait qu'elle soit tombée du ciel,
[51:44] c'était un peu inattendu.
[51:46] C'était inattendu, mais définitivement,
[51:49] t'as pas été opportuniste là-dedans.
[51:52] T'as vraiment créé ton talent,
[51:54] puis c'est ta discipline au cours des années,
[51:57] ta rire, ton...
[51:58] T'sais, tu l'as dit, ta drive,
[52:00] genre, ça semble te distinguer de...
[52:03] Ça se dit-tu?
[52:03] Ouais, t'as distingué de peut-être la majorité des gens.
[52:07] C'est comme si, depuis toujours, toi, tu savais que...
[52:11] Ouais, c'est ça, on dirait que j'ai toujours eu comme un...
[52:14] Comme un...
[52:15] C'est ça, comme le focus vraiment clair puis précis.
[52:19] Mais là, depuis que je suis revenue des Jeux,
[52:20] je suis comme, ouf, par où aller?
[52:23] Mais c'était pas qu'avant, mon focus était que sur les Jeux.
[52:25] C'est ça, c'est qu'on dirait...
[52:26] Ce que j'avais entendu, c'est que les gens avaient tellement
[52:28] un focus sur les Jeux, que quand ils revenaient,
[52:30] ils étaient comme, ah, là, je vais aller par où?
[52:31] Moi, c'est...
[52:32] Là, il m'a comme...
[52:33] Frappé en pleine face.
[52:35] Puis là, j'étais genre, ah, bien là...
[52:37] Est-ce que ça t'a rassurée, justement,
[52:38] de retourner compétitionner?
[52:40] Tu sais, là, t'étais en Chine en mai, t'as dit.
[52:42] Puis je pense que ça s'est vraiment bien passé.
[52:44] Ouais.
[52:44] Puis ça s'est vraiment bien passé au niveau...
[52:47] Ouais, ça, c'est comme plus dans les behind-the-scenes,
[52:49] donc ça me fait plaisir d'en parler,
[52:50] mais ça s'est vraiment passé bien au niveau, tu sais, physique.
[52:52] Genre, les résultats de la course, mes jambes ont couru vite.
[52:54] Mais au niveau confiance, puis comme...
[52:58] Avoir ma place, parce que j'ai été...
[53:00] J'ai eu la chance de courir sur le relais mix et féminin.
[53:03] Oui. Wow.
[53:04] Fait que moi, tu sais, il y a comme Audrey,
[53:07] il y a plein d'autres filles dans l'équipe
[53:08] qui sont super bonnes, super rapides,
[53:10] bien, plus rapides que moi.
[53:12] Fait que moi, jamais j'avais pensé, tu sais,
[53:13] faire le relais mix, parce que je me disais,
[53:15] ils vont mettre les deux plus rapides.
[53:16] Puis moi, j'ai ma job sur le relais 4x100 féminin.
[53:18] Fait que, tu sais, il y a vraiment pas de...
[53:21] Tu sais, je sais... I know my place un peu.
[53:24] Puis finalement, j'ai eu la chance, pour plein de raisons,
[53:26] tu sais, plein de circonstances différentes.
[53:29] J'ai eu ma place sur le relais mix et féminin.
[53:31] Fait que ça, ça m'a vraiment donné la confiance un peu de,
[53:33] comme... Tu sais, il y a personne...
[53:35] On dirait... C'était un peu comme prove the haters wrong,
[53:37] qu'il y a souvent des gens qui peuvent dire,
[53:39] ah, mais le relais, tu sais, t'es chanceuse,
[53:41] t'es sur une super bonne équipe.
[53:42] Mais là, c'était comme non, parce qu'ils sont allés
[53:44] me chercher sur un autre relais, puis ils m'ont...
[53:46] Tu sais, ils ont choisi moi.
[53:47] Oui. Tu sais, j'ai senti, genre, spécial choisi.
[53:51] Bien, je me suis sentie comme... Je me fais pas...
[53:52] Je me fais pas carry par la team.
[53:55] Tu sais, moi aussi, j'apporte quelque chose à l'équipe,
[53:56] parce que, justement, c'est quelque chose
[53:58] que je peux apporter à une autre équipe aussi.
[53:59] Oui.
[54:00] T'as-tu l'impression, des fois, que t'es dans l'ombre
[54:02] des autres, ou...
[54:04] Bien, je pense pas. Je pense que, justement,
[54:05] je le vois pas comme ça de...
[54:07] Faut pas, là, surtout.
[54:08] Non, c'est ça. Je le vois vraiment comme...
[54:10] Pas dans l'ombre, je suis comme dans leur...
[54:13] C'est comme si je suis dans leur...
[54:15] Comme on brille tout...
[54:16] Tu sais, c'est comme je les vois comme eux, ils brillent,
[54:18] puis j'ai la chance de, comme, avoir leur brillance
[54:21] sur moi aussi, oui.
[54:22] Mais là, tu t'es dit, OK, moi, je brille un peu aussi, là.
[54:24] Oui, c'est ça. C'est cool de...
[54:26] Je le porte, là, au final.
[54:27] Oui, c'est ça.
[54:27] Puis au fil des années aussi, tu vas grandir dans l'équipe,
[54:30] puis c'est toi qui vas porter aussi
[54:32] d'autres personnes qui vont faire
[54:34] leur premier pas, j'imagine.
[54:36] C'est pour ça que je le vois pas comme moi, je suis dans l'ombre,
[54:38] ça m'enlève quelque chose. Je le vois plus comme ça m'apporte
[54:40] quelque chose.
[54:41] Je pense qu'à tous les égards aussi, il faut qu'on le voit comme ça,
[54:44] genre dans le sport au féminin, quand il y a des...
[54:47] Même les réseaux sociaux aussi.
[54:48] Tu sais, des fois, il y a beaucoup de comparaisons
[54:50] sur les réseaux, puis je trouve que ça vaut tellement pas la peine
[54:52] au final, là, qu'une femme fasse...
[54:55] Ou qu'une personne fasse les choses
[54:56] d'une certaine façon.
[54:57] Même si c'est pas tout à fait comme
[55:00] tu l'aurais fait, au final, tant mieux
[55:02] si ça peut inspirer d'autres personnes à comme...
[55:04] Let's go, là.
[55:04] Je pense que c'est ça que je réalise aussi avec les réseaux sociaux,
[55:07] c'est que c'est pas obligé d'être...
[55:08] Tu sais un peu jamais qui ça va toucher,
[55:11] mais tant que ça touche quelqu'un,
[55:12] c'est pas obligé d'être...
[55:14] C'est pas obligé d'être comme précis,
[55:17] puis OK, vous, vous faites ça, vous, vous faites ça,
[55:18] c'est comme il y a de la place, c'est un peu pour tout, tout le temps.
[55:21] Mais parlons-en justement des réseaux,
[55:22] comment ça le...
[55:24] Comment t'as commencé à faire des réseaux,
[55:26] puis genre, c'est quoi la place que ça...
[55:27] que ça occupe aussi dans ta vie?
[55:29] Bien, on dirait que c'est drôle d'en parler,
[55:31] parce que dans ma tête, je suis comme vraiment pas...
[55:33] Ah oui?
[55:34] Bien non, parce que je pense que justement,
[55:36] peut-être que je me dénigre avec le chiffre en me disant
[55:38] « Ah, j'ai pas 400 000 abonnés, fait que c'est pas... »
[55:41] Là, après le podcast, t'en as sûrement 400 000.
[55:43] J'espère.
[55:45] Mais c'est ça, fait que je pense que je le vois pas comme...
[55:48] Ça, je le vois plus que moi,
[55:49] j'aime juste ça, créer du contenu, puis juste...
[55:52] Tu sais, même quand j'avais...
[55:53] Comment je le vois, c'est que je fais le même contenu
[55:55] que quand j'avais 1000 abonnés,
[55:57] puis que maintenant, je crois que j'en ai 4000, quelque chose.
[56:00] Fait que ça, ça prouve que je le fais juste un peu pour moi,
[56:02] parce que j'aime ça, puis je suis pas comme...
[56:04] Ah, là, je suis obligée d'être une influenceure,
[56:06] parce que justement, j'ai des attentes.
[56:09] Je pense que c'est ça, la différence.
[56:11] Être revenue des Jeux, ça a peut-être mis une pression
[56:12] avec des attentes sur ma carrière plus sportive,
[56:14] mais sur ma carrière publique, ça l'a mis juste du positif,
[56:18] parce que je me suis pas rajoutée.
[56:19] J'ai juste pris l'opportunité de comme...
[56:21] Hé, ma plateforme grandit.
[56:22] C'est pas des attentes, c'est des opportunités.
[56:25] En le disant à votre, je suis comme...
[56:26] Non, on va juste faire ça sur la track.
[56:28] Mais c'est vraiment ça de comme...
[56:29] Maintenant, je fais juste accueillir
[56:30] qu'il y a plus de choses qui s'offrent à moi,
[56:32] sans me dire...
[56:33] Oh my God, là, je suis obligée de faire ça.
[56:35] Parce qu'à la base, j'aimais ça juste...
[56:37] Tu sais, j'aime ça faire des TikTok,
[56:38] puis des niaiseries, puis des trucs plus inspirants.
[56:41] Mais là, on dirait...
[56:42] Peut-être que ça me valide un peu
[56:43] que j'ai la place de le faire, puis c'est pas comme...
[56:46] C'est pas malaisant.
[56:47] C'est ça, exact.
[56:47] Moi, j'aime full ça, tu sais.
[56:49] Je t'ai découvert récemment, puis tu sais,
[56:51] je trouve que ce qui est cool,
[56:52] c'est la spontanéité de ce que tu fais.
[56:54] Tu sais, c'est comme juste...
[56:55] Tu partages ton quotidien,
[56:58] puis c'est drôle, c'est cocasse.
[57:01] C'est des fois plus...
[57:02] Tu sais, comme plus meaningful et inspirant,
[57:05] puis parfois, c'est juste comme...
[57:07] Contenu drôle.
[57:07] Je sais pas, qu'est-ce qui t'a poussé dernièrement?
[57:10] T'essayais d'ouvrir une affaire, genre?
[57:11] C'était quoi, non?
[57:12] J'ai fait un truc, genre le...
[57:14] J'ai fait comme un what's in my bag,
[57:16] puis c'était juste un bordel total.
[57:17] Mais je fais comme...
[57:18] C'est vraiment moi, tu sais, comme...
[57:20] Mais c'est ça que les gens veulent voir sur les réseaux.
[57:21] Puis tu sais,
[57:22] ce que je trouve...
[57:23] En fait, puis pourquoi je te parle des réseaux sociaux,
[57:25] c'est parce que je trouve que...
[57:29] Bien, en fait, plusieurs athlètes...
[57:31] Je l'ai coupé avec l'SMR.
[57:35] Non, c'est parfait.
[57:37] OK, oui, c'est ça.
[57:38] Je trouve que...
[57:39] Tu disais plusieurs athlètes comme...
[57:41] Oui, c'est ça.
[57:41] Pour plusieurs athlètes, c'est super difficile
[57:44] comme d'aller chercher du financement
[57:47] pour, tu sais, leur carrière professionnelle.
[57:51] Bien...
[57:52] Athlétique, au final.
[57:53] Puis de plus en plus,
[57:54] puis peut-être que c'est pas ça dans le monde de l'athlétisme.
[57:56] Non, je serais quand même curieuse de savoir ça.
[57:58] OK.
[57:58] Bien, tu m'en parleras, mais genre, justement,
[58:00] tu sais, comme souvent,
[58:02] mettons, nous, dans le monde de l'athlète, OK,
[58:04] des athlètes peuvent être ambassadeurs de des marques,
[58:07] mais comme financièrement, il n'y a pas nécessairement de...
[58:09] Tu sais, il n'y a pas tant de support financier
[58:11] pour les coureurs, que tu sois athlète...
[58:14] Il faut vraiment que tu sois d'un très, très haut niveau
[58:17] pour pouvoir avoir du support financier
[58:18] versus les créateurs de contenu.
[58:21] Hum, hum.
[58:21] Ils ont accès à du...
[58:23] Tu sais, ils couvrent un poste budgétaire littéralement.
[58:26] Tu sais, il y a du budget marketing,
[58:27] il y a du budget créateur de contenu, bien...
[58:29] Puis il y a du PR comme...
[58:31] Exact.
[58:32] Oui.
[58:32] Fait que finalement, tu sais,
[58:33] des choix qui vont être faits par plusieurs athlètes,
[58:35] c'est s'ils sont capables d'avoir ce talent-là
[58:38] puis ce désir-là de créer du contenu sur les réseaux sociaux,
[58:41] bien, ça leur permet de financer leur carrière sportive,
[58:45] si on peut dire.
[58:46] Mais c'est quand même un art d'être capable de faire les deux,
[58:49] puis il faut avoir la personnalité puis le désir,
[58:51] de le faire aussi.
[58:52] C'est ça.
[58:52] Je pense que ça apparaît quand c'est forcé ou pas naturel.
[58:55] C'est ça.
[58:55] Fait que c'est pour ça que je suis comme...
[58:57] Je vais pas...
[58:57] Toi, t'es vraiment comme naturel.
[58:59] Bien, merci, ça me fait vraiment plaisir,
[59:00] mais je pense que c'est ça,
[59:01] ça valide un peu le fait que je me dis,
[59:03] je vais pas, tu sais, un peu waste ce talent-là,
[59:05] bien, ou ce naturel...
[59:07] Ce truc naturel, un peu, que j'ai de faire ça.
[59:10] Fait que je vais en profiter, justement,
[59:11] parce que c'est comme si...
[59:12] Je pense qu'il y a vraiment un shift,
[59:13] en tout cas, en athlétisme en ce moment,
[59:14] que avant, si tu voulais un contrat,
[59:16] il fallait que tu sois champion du monde.
[59:18] Bien, pas champion du monde, mais, tu sais,
[59:20] comme si il fallait que tu sois vraiment un très haut niveau.
[59:22] Puis c'est encore ça, tu sais,
[59:23] comme, mettons, un contrat comme Audrey,
[59:25] là, c'est sûr qu'elle est championne canadienne,
[59:28] olympienne, individuelle, record canadien.
[59:32] Fait que c'est sûr que là, c'est un contrat
[59:33] avec une compagnie, tu sais, vraiment établie.
[59:37] Fait que ça, ça reste encore un peu comme ça,
[59:39] mais il y a vraiment place à les compagnies,
[59:42] après qu'il y ait comme un peu filles,
[59:43] ces spots-là des vraiment meilleurs.
[59:45] Ils ont plein de place, puis eux,
[59:46] après, ils ont plein de place.
[59:46] Après, s'ils veulent de la visibilité.
[59:48] Oui.
[59:48] Fait que c'est un peu comme tu dis,
[59:49] ils ont, tu sais, un budget alloué à des gens.
[59:54] Comment dire?
[59:54] Tu sais, quand ça va venir à deux personnes
[59:57] qui sont de niveau environ similaire,
[59:59] c'est sûr qu'il y en a une qui peut être un peu meilleure,
[1:00:01] mais si l'autre a vraiment une plus grande présence médiatique,
[1:00:03] c'est cette personne-là qui va l'avoir.
[1:00:04] Puis des valeurs, être capable de communiquer ces valeurs.
[1:00:08] Puis ces valeurs partagées-là
[1:00:09] sont similaires à celles de l'entreprise ou du sponsor.
[1:00:13] Bien, comme le fit est tellement évident.
[1:00:15] C'est ça, c'est ça.
[1:00:16] Puis ça fait qu'eux,
[1:00:16] puis tu sais, comme, pour moi,
[1:00:18] 5 centièmes en athlétisme, c'est grand.
[1:00:20] C'est sûr que si je bats mon record personnel de 5 centièmes,
[1:00:22] je vais être contente,
[1:00:23] mais pour monsieur, madame, tout le monde, là, tu sais,
[1:00:25] c'est rien.
[1:00:26] Ça change rien.
[1:00:26] Fait que c'est un peu la même chose pour les compagnies.
[1:00:28] Eux, ils disent, oui, t'es bonne,
[1:00:30] t'es un peu meilleure que cette personne-là,
[1:00:31] mais t'es pas nettement meilleure
[1:00:33] à ce que ça va valoir la peine de sponsor toi
[1:00:35] versus quelqu'un qui va nous donner tellement plus de...
[1:00:38] C'est ça, qui va fitter plus avec nos valeurs
[1:00:40] ou qui va nous donner un peu un lifestyle
[1:00:42] qu'on peut pas avoir avec l'autre personne
[1:00:45] pour...
[1:00:45] Peu importe les raisons, là.
[1:00:47] Ça fonctionne comment, financer ta carrière sportive?
[1:00:51] C'est pas indiscret, puis c'est ce que t'as envie de partager.
[1:00:54] En ce moment, c'est ça.
[1:00:55] Moi, vu que je suis encore aux études,
[1:00:57] j'ai la chance de un peu me faire supporter par...
[1:00:59] Bien, pas un peu, 100 %,
[1:01:00] me faire supporter par les équipes sportives.
[1:01:02] Fait que là, mon école, quand j'étais à Colombie-Britannique,
[1:01:04] t'sais, là, outre l'école, les appart, puis tout,
[1:01:09] eux, quand t'es sur une équipe,
[1:01:10] ils payent tes voyages, tes compétitions.
[1:01:12] Puis là, c'est un peu ça que je vais avoir.
[1:01:14] Bien, c'est ça que je vais avoir aux États-Unis aussi,
[1:01:16] donc, t'sais, d'être sur une équipe,
[1:01:17] c'est ça qui est le fun,
[1:01:18] c'est que t'as pas un peu vraiment besoin
[1:01:19] de penser aux logistiques, là, t'sais.
[1:01:21] Parce que là, tu fais le changement de SFU,
[1:01:23] SFU, c'est ça?
[1:01:25] Jusqu'aux États-Unis, c'est quelle université où tu vas?
[1:01:27] Je vais à Penn State, à Pennsylvania.
[1:01:29] Puis la différence, les deux sont dans la NCA,
[1:01:31] le circuit américain,
[1:01:32] mais SFU, c'est la division 2, puis là, c'est division 1.
[1:01:35] OK.
[1:01:35] Fait que c'est juste encore plus de ressources,
[1:01:37] plus de, t'sais, comme de prise en charge
[1:01:40] au niveau des logistiques.
[1:01:42] Mais en même temps, j'aime ça parce que cet été,
[1:01:44] je suis un peu entre les deux, justement,
[1:01:45] fait que je goûte un peu à la vie d'athlètes pros
[1:01:48] qui doivent se prendre en charge eux-mêmes, là.
[1:01:50] T'sais, comme je vais en Europe dans deux semaines,
[1:01:51] c'est moi qui dois, bien là, avec l'aide de mon coach,
[1:01:53] mais t'sais, je dois trouver les...
[1:01:55] où je vais rester, où, t'sais, je dois...
[1:01:56] Lui, il va me mettre en contact avec les gens
[1:01:58] qui organisent les compés,
[1:01:59] puis je suis un peu sur la route laissée à moi-même.
[1:02:02] Mais c'est vraiment différent de quand t'es à l'école
[1:02:05] puis ils sont comme, OK, voici notre horaire pour l'année,
[1:02:07] on fait ces compés-là, puis faites vos valises,
[1:02:10] l'avion est booké, là, t'sais.
[1:02:11] Est-ce que des fois, t'es épuisée des...
[1:02:14] Bien, c'est ça, c'est vraiment plus épuisant,
[1:02:16] comme je pense, c'est-à-dire d'organiser, là, comme...
[1:02:18] Oui, d'organiser ou même, des fois, de te faire...
[1:02:21] Bien, ça, j'imagine que ça doit être
[1:02:23] vraiment épuisant d'organiser.
[1:02:25] Oui.
[1:02:26] Est-ce que des fois, t'es tannée de suivre aussi
[1:02:28] ou, genre, t'en manges encore,
[1:02:31] puis t'es comme, let's go, amène-moi n'importe où, mettons.
[1:02:33] Non, j'en mange quand même de, comme...
[1:02:35] Je pense que l'autre école, t'sais,
[1:02:37] j'avais un peu épuisé l'environnement,
[1:02:39] mais c'était pas la partie de suivre.
[1:02:41] C'était juste la partie de, comme,
[1:02:42] suivre tout le temps la même chose.
[1:02:44] Mais le fait de suivre en tant que telle, ça, c'est vraiment...
[1:02:47] T'aimes vraiment ça, là.
[1:02:48] Je pense que n'importe quel athlète, justement,
[1:02:50] qui est un peu passé ces années-là,
[1:02:51] qui sont plus laissés à eux-mêmes...
[1:02:53] T'sais, même les athlètes de haut niveau
[1:02:54] sont pris en charge par leurs agents, par leur coach,
[1:02:56] mais ils sont tous seuls, au final.
[1:02:58] Puis le fait de suivre, c'est que ça vient aussi
[1:03:00] avec le fait d'avoir une équipe complète, puis de...
[1:03:03] C'est ça aussi qui aide un peu, des fois, avec les attentes,
[1:03:05] de se dire, hey, moi, je compétitionne avec mes amis,
[1:03:07] je suis à l'école, avec mes coéquipiers.
[1:03:09] T'sais, ça rapporte l'aspect d'équipe, là,
[1:03:11] que tu perds un peu quand tu deviens plus pro de haut niveau seul.
[1:03:16] Fait que c'est ça, le fait...
[1:03:17] Je sais pas si j'allais dire, je pense que personne se plaindrait
[1:03:19] d'avoir toutes ces affaires organisées,
[1:03:21] puis de juste être à l'hôtel avec...
[1:03:23] Mais t'sais, pas juste le fait d'être à l'hôtel,
[1:03:25] mais être pris en charge, c'est vraiment ça.
[1:03:27] Puis je sais que, justement, ça a vraiment une date limite
[1:03:29] parce que je vais pas être à l'université toute ma vie,
[1:03:31] mais je vais en profiter pour un an ou plus.
[1:03:33] Pour ça que tu vas faire ton certificat, j'imagine.
[1:03:35] Oui, exactement.
[1:03:35] Fait que c'était un peu pour étirer ça.
[1:03:38] Puis, ouais.
[1:03:40] Je me rappelle plus c'est quoi dans la question.
[1:03:41] Je me rappelle plus, c'est tellement intéressant
[1:03:43] tout ce qu'on disait.
[1:03:45] On disait que...
[1:03:47] Hum...
[1:03:49] On est partis, là!
[1:03:52] Je disais...
[1:03:53] L'université aux États-Unis...
[1:03:57] Qu'est-ce qu'on disait?
[1:03:58] Ah, tu demandais comment je finançais.
[1:04:00] Ah oui, oui, oui!
[1:04:00] Fait que quand je suis à l'université,
[1:04:02] t'sais, c'est pris en charge,
[1:04:04] comme là, ce que je viens de dire,
[1:04:05] en niaisant, c'est que j'en ai jamais fait.
[1:04:05] J'en ai même pas mon portefeuille, là,
[1:04:07] t'sais, quand je vais à des compétences de même.
[1:04:09] Puis, mais à part ça, en étant, t'sais,
[1:04:11] en ayant vraiment bien performé avec l'équipe du Canada,
[1:04:14] je suis comme une athlète...
[1:04:15] Je suis comme sur l'équipe nationale, on peut dire, là.
[1:04:17] T'sais, pour revenir à mon exemple d'équipe de soccer,
[1:04:20] eux, quand ils sont sur l'équipe nationale,
[1:04:21] c'est qu'ils sont littéralement dans une équipe
[1:04:23] et s'entraînent ensemble.
[1:04:24] Nous, en athlétisme, comment ça fonctionne
[1:04:26] avec l'équipe nationale, c'est que t'as comme...
[1:04:27] T'es cardé, là.
[1:04:28] T'es identifié comme un athlète national
[1:04:29] à différents niveaux.
[1:04:30] Fait que ça, ça vient avec un budget...
[1:04:33] Comme j'ai un budget voyage,
[1:04:35] mettons, que je peux dépenser pour des dépenses identifiées.
[1:04:39] Puis j'ai un salaire, là,
[1:04:40] qui m'est comme versé pendant les mois de l'année.
[1:04:43] Fait que ça...
[1:04:44] Qui te permet de vivre à...
[1:04:46] Bien, qui te permettrait de vivre seulement de ça ou...
[1:04:49] Bien, c'est ça, je veux pas comme parler
[1:04:51] pour les autres qui ont vraiment...
[1:04:53] Parce que moi, c'est un peu différent,
[1:04:54] vu que je suis encore à l'université
[1:04:55] puis que je suis prise en charge par eux,
[1:04:57] je reçois comme la moitié de...
[1:05:00] Mettons, les pétroliers,
[1:05:00] les quatre filles de relais
[1:05:01] qu'on identifie au même niveau,
[1:05:04] eux, ils le reçoivent à l'année longue.
[1:05:05] Moi, je le reçois pour les mois
[1:05:06] que je suis comme pas à l'école.
[1:05:07] OK, je comprends.
[1:05:09] Fait que je veux pas parler pour eux que...
[1:05:10] Tu sais, peut-être qu'eux, à l'année longue,
[1:05:11] c'est pas assez.
[1:05:12] Non, mais c'est pour ton expérience personnelle
[1:05:14] que tu te positionnes.
[1:05:14] Oui, c'est ça.
[1:05:15] Mais moi, comme...
[1:05:17] C'est ça, c'est vraiment différent
[1:05:18] parce que...
[1:05:19] Genre, je pense que si j'écoutais le podcast
[1:05:21] en 5 ans, je dirais vraiment comme...
[1:05:22] Je dirais que j'étais chanceuse à ce moment-là
[1:05:24] parce que...
[1:05:24] Mais les opinions évoluent en passant l'été.
[1:05:26] Oui, oui, c'est ça.
[1:05:27] Il y a rien qui dit ici.
[1:05:28] Je me suis déjà vraiment plantée sur un podcast
[1:05:30] en me disant...
[1:05:30] Bien, sur un autre podcast,
[1:05:31] j'ai dit des affaires qui se...
[1:05:33] Genre, j'étais...
[1:05:33] Oh, mon Dieu, je peux pas avoir dit ça.
[1:05:35] Mais comme, tu sais...
[1:05:36] Mais c'est même pas...
[1:05:37] Je pense que c'est pas de la naïveté,
[1:05:38] c'est plus le fait de reconnaître
[1:05:39] qu'en ce moment, tu sais,
[1:05:41] l'été, quand je reviens,
[1:05:41] j'habite chez mes parents.
[1:05:42] Fait que ça, ça coupe mes dépenses
[1:05:44] quand même de beaucoup.
[1:05:45] L'hiver, quand je vais aller à l'école,
[1:05:47] mes dépenses sont plus en charge.
[1:05:48] Ton mode de vie est adapté en fonction de...
[1:05:50] Fait qu'en ce moment,
[1:05:51] avec ce mode de vie-là,
[1:05:53] c'est vraiment...
[1:05:53] C'est bien.
[1:05:55] Mais je sais que, tu sais,
[1:05:56] c'est pas une somme rocambolesque
[1:05:59] de, mettons, un joueur de hockey, là, tu sais.
[1:06:02] Puis, fait que c'est pour ça
[1:06:05] qu'il y a dans la forme
[1:06:05] des sponsors aussi externes
[1:06:07] que vous pouvez prendre.
[1:06:08] Ça a quand même un impact majeur
[1:06:10] sur votre potentiel,
[1:06:12] votre sécurité financière aussi.
[1:06:13] Mais vraiment.
[1:06:14] Puis, tu sais, je sens que ça soit
[1:06:14] une compagnie qui donne
[1:06:16] 2000 $ par poste,
[1:06:18] c'est quand même, mettons,
[1:06:18] une compagnie qui va t'envoyer
[1:06:20] ton, comme, supply de, mettons,
[1:06:24] juste des poudres de protéines.
[1:06:25] Ça t'enlève quand même
[1:06:26] toutes ces dépenses-là.
[1:06:27] Oui.
[1:06:27] Fait que je pense qu'il y a
[1:06:28] quand même différents niveaux.
[1:06:29] Oui, c'est le fun d'avoir
[1:06:29] un salaire versé par Nike,
[1:06:31] mais c'est aussi le fun d'avoir,
[1:06:32] tu sais, aucune dépense liée
[1:06:34] à ta nutrition, mettons.
[1:06:35] Tout à fait.
[1:06:36] Fait que ça, c'est pas à négliger.
[1:06:37] Juste pour vous supporter aussi, là,
[1:06:38] tu sais, c'est fou, là,
[1:06:40] vous représentez le Canada
[1:06:42] sur la sphère internationale.
[1:06:43] C'est la moindre des choses.
[1:06:44] C'est ça, mais c'est drôle
[1:06:46] parce que c'est la moindre des choses,
[1:06:47] mais c'est quand même le travail,
[1:06:48] comme tu dis, un peu sur le site
[1:06:50] de Créateur de contenu
[1:06:51] qui permet d'atteindre un peu
[1:06:52] ce niveau-là où, c'est ça,
[1:06:54] t'es plus pris en charge
[1:06:55] dans ces sphères-là.
[1:06:58] Fait que c'est pour ça que je me dis,
[1:06:59] tu sais, peut-être qu'au début,
[1:07:00] j'étais gênée de poser des TikTok,
[1:07:01] mais à la fin, je me dis,
[1:07:02] si ça peut me payer des lunettes,
[1:07:05] puis ça me fait, tu sais, c'est...
[1:07:06] Mais si ça peut te permettre aussi
[1:07:07] de pouvoir continuer d'inspirer
[1:07:09] autant de personnes.
[1:07:10] En plus, oui.
[1:07:11] Moi, c'est ça que je trouve le plus,
[1:07:14] que ça te sécurise tout entièrement,
[1:07:16] que ça te permette de mettre
[1:07:18] des sous de côté pour ton futur,
[1:07:20] ta retraite, peu importe.
[1:07:21] Je veux dire, c'est comme...
[1:07:22] Tant mieux, mais ce que tu fais
[1:07:24] inspire et est fait avec bienveillance.
[1:07:29] Oui, bien, merci, mais je trouve
[1:07:31] que c'est ça, qu'est-ce qu'il faut
[1:07:32] dans les réseaux sociaux,
[1:07:33] c'est de pouvoir faire comme
[1:07:35] une pierre cinq coups, genre.
[1:07:37] Tu sais, comme je dis, moi,
[1:07:38] ça me permet d'augmenter ma visibilité
[1:07:40] puis de me mettre dans une position
[1:07:41] où, justement, je peux être un...
[1:07:44] Mais pas une cliente, mais tu sais,
[1:07:47] avoir ma propre brand qui est intéressante
[1:07:49] pour les autres compagnies,
[1:07:50] mais aussi en même temps d'inspirer
[1:07:52] puis en même temps, moi, j'ai du fun
[1:07:53] à faire ça, fait que c'est tellement...
[1:07:54] Je le vois vraiment juste comme
[1:07:55] le positif, mais à tellement de niveaux.
[1:07:59] Puis s'il y a des choses que, genre...
[1:08:01] C'est quoi la chose que t'aimes le plus
[1:08:03] de ta vie d'athlète, mettons?
[1:08:06] Ou une des choses.
[1:08:07] Puis la chose que, mettons,
[1:08:09] tu pourrais vraiment t'en passer
[1:08:10] et que tu trouves vraiment difficile?
[1:08:12] Bien, la chose que j'aime le plus,
[1:08:14] je pense que c'est...
[1:08:16] En deux parties, c'est comme la partie,
[1:08:18] mettons, Jeux olympiques,
[1:08:19] championnats du monde, mais c'est aussi la partie
[1:08:21] de, comme, travailler pour, là.
[1:08:24] Le processus.
[1:08:25] C'est ça, genre, la quote, genre, qui est tenue,
[1:08:27] de, comme, it's not the destination,
[1:08:30] it's the journey, là.
[1:08:30] Fait que c'est comme de vraiment apprécier le journey
[1:08:33] parce que je sais un peu qu'est-ce que ça ressemble.
[1:08:36] C'est ça, les...
[1:08:37] Ces moments-là, c'est les meilleurs, mais c'est ça.
[1:08:39] Fait que je dirais ma partie préférée,
[1:08:40] c'est les meilleurs moments qui sont les plus gros,
[1:08:42] mais de savoir que je travaille vers ça.
[1:08:44] Puis ça, que je prends en passé,
[1:08:46] il y en a pas tant qui me viennent en tête.
[1:08:47] Je pense que c'est...
[1:08:49] Mais non, parce que c'est ça, ça fait partie...
[1:08:51] J'allais dire, c'est les sacrifices de, comme,
[1:08:52] justement, je disais tantôt, mes journées off,
[1:08:54] soit pour aller faire le party, puis aller au FEC
[1:08:57] chaque jour, puis...
[1:08:58] C'est correct aussi de faire les deux, mais...
[1:09:02] En même temps, c'est ça, j'allais dire,
[1:09:04] c'est les sacrifices, mais ça vient avec...
[1:09:05] Tu les aimes un peu, j'ai l'impression,
[1:09:07] c'est sacrifié.
[1:09:08] C'est ça, parce que c'est les sacrifices
[1:09:09] qui valent la peine au final.
[1:09:11] Puis en termes de discipline, mettons,
[1:09:13] c'est quoi les éléments que tu dois...
[1:09:14] Vraiment, comme, tu sais, qui pourraient être
[1:09:16] surprenants, genre, mais que tu fais
[1:09:18] dans ton day-to-day?
[1:09:19] Ah, bien, c'est dur aussi pour moi,
[1:09:20] mais je pense que, tu sais, se coucher tôt,
[1:09:23] moi, c'est quelque chose qui est vraiment difficile.
[1:09:24] Puis c'est quelque chose que...
[1:09:26] Tu sais, même quand, justement, je me restreins
[1:09:29] à pas sortir, puis à rester chez nous,
[1:09:31] je suis quand même capable de trouver
[1:09:32] 2000 choses à faire chez moi pour me coucher tard.
[1:09:34] Fait que moi, c'est vraiment, tu sais,
[1:09:36] le sommeil, pas...
[1:09:38] Puis justement, comme une personne...
[1:09:39] Tu sais, j'aime ça, être entourée,
[1:09:41] fait que c'est le fun, puis...
[1:09:43] C'est le fun de parler.
[1:09:44] Participer quand tu fais quelque chose
[1:09:45] de pas arriver quelque part, puis dire,
[1:09:46] ah, mais moi, je mange pas ça, moi, je fais pas ça,
[1:09:48] je dois rentrer tard. Fait que j'aime ça, tu sais, comme...
[1:09:50] Participer.
[1:09:51] C'est ça, fait que c'est dur de participer à moitié, comme.
[1:09:53] Fait que c'est pour ça que des fois, c'est plus facile de, comme...
[1:09:56] Bien, pas se mettre en retrait, mais justement,
[1:09:57] quand je vais en Colombie-Britannique
[1:09:58] puis en Pennsylvanie, là, c'est plus dur de, comme,
[1:10:01] sortir à chaque semaine avec ma famille.
[1:10:03] Je comprends. Ouais, ouais. Je comprends.
[1:10:05] Fait que ça, c'est les trucs qui sont plus durs
[1:10:07] de savoir où est la ligne, parce que, tu sais,
[1:10:08] je niaise en disant, ah, de pas aller à des festivals
[1:10:11] puis tout, mais c'est important de le faire aussi.
[1:10:13] Tu sais, comme, il faut le faire,
[1:10:14] c'est juste de savoir quand s'arrêter.
[1:10:16] Oui, trouver un équilibre là-dedans. C'est ça.
[1:10:18] OK. Puis, là, je vois le temps
[1:10:21] qui défile, je pense que...
[1:10:22] Oh, mon Dieu. Mais il y a tellement de choses
[1:10:24] que j'ai envie de te parler. Oui.
[1:10:26] Mettons, ton moment le plus marquant dans ta carrière,
[1:10:29] à date, c'est-tu les Jeux?
[1:10:31] Je pense que oui,
[1:10:32] parce que c'était tellement un long moment.
[1:10:34] Tu sais, comme, les Jeux, c'est comme
[1:10:36] une anticité, mettons.
[1:10:38] Mais le moment...
[1:10:40] Bien, celui qui me vient en tête, pas nécessairement celui
[1:10:42] que j'aurais voulu dire, mais celui qui me vient en tête, c'est vraiment
[1:10:44] comme au championnat canadien, genre, de m'être qualifiée.
[1:10:47] Oui. Parce que c'est venu aussi
[1:10:49] avec un podium que jamais...
[1:10:51] Tu sais, on dirait que je m'étais bâti la confiance
[1:10:53] de, comme, j'ai ma place sur l'équipe
[1:10:54] puis je suis dans les meilleurs au Canada,
[1:10:57] mais, tu sais, un podium, c'est quand même...
[1:10:58] C'est fou. C'est comme tangible une médaille, tu sais.
[1:11:01] Tu es arrivée troisième, hein, c'est ça?
[1:11:02] Oui. Wow. Félicitations. Puis ça, bien, merci.
[1:11:04] Juste aussi le fait que c'était à Montréal,
[1:11:07] c'était comme...
[1:11:08] Avec toute ta famille, tes amis.
[1:11:10] C'est ça, toutes mes amies, puis...
[1:11:11] Ça, c'est des moments plus marquants.
[1:11:16] Comme, tu sais, un moment unique, là.
[1:11:17] Les Jeux, c'est que c'est comme 20 000 moments.
[1:11:20] Est-ce qu'il y a des gens qui te remettent
[1:11:21] en question? Tu sais, dans ton entourage,
[1:11:23] j'ai vraiment l'impression que les gens sont super supportives.
[1:11:25] Ils sont comme... Go all-in.
[1:11:27] Mais est-ce qu'il y a des fois, les gens,
[1:11:29] peut-être plus tôt dans ta carrière,
[1:11:30] avant qu'il y ait ces résultats-là, genre,
[1:11:32] les gens te disaient, mais là, pourquoi tu fais ça?
[1:11:34] Genre, c'est un peu too much, non, non, non.
[1:11:36] Puis là, en ce moment, t'es comme en train
[1:11:37] de les prove them wrong, genre.
[1:11:38] Oui, puis c'était même pas des gens, tu sais,
[1:11:40] qui étaient malveillants ou qui...
[1:11:43] Je sais pas si ça se dit, là, mais qui...
[1:11:45] C'était pas sournois du tout.
[1:11:46] C'était juste... Je pense que c'était un manque
[1:11:48] de compréhension, tu sais. Je pense...
[1:11:49] Là, dans les dernières années, j'étais dans des environnements
[1:11:52] où tout le monde est un peu dans le même bateau,
[1:11:53] fait qu'il y a personne aux entraînements.
[1:11:55] Tu sais, je suis comme, t'es là, toi aussi, là, fait que...
[1:11:57] Mais c'était plus au secondaire, tu sais,
[1:11:58] quand je me détachais un peu
[1:12:00] de la masse pour aller faire
[1:12:03] mes entraînements, justement, l'été, là, tu sais,
[1:12:04] c'est là que les gens étaient comme,
[1:12:06] ben là, pourquoi tu viens pas avec nous au party?
[1:12:08] Pourquoi tu fais pas ça? Puis je disais, ah, ben, j'ai un entraînement.
[1:12:10] Puis t'es comme... De quoi tu parles?
[1:12:12] Ouais, c'est ça, il était comme ça. Genre, pourquoi t'entraînes?
[1:12:14] C'est ça, ou juste, pourquoi tu t'entraînes? Pourquoi tu fais ça?
[1:12:15] C'est plate ou comme... Tu sais, je pense que, comme je disais,
[1:12:18] c'était pas méchant ou c'était pas qu'il riait de moi.
[1:12:21] C'était vraiment un manque de compréhension.
[1:12:23] Mais que là, puis là, c'est même pas, tu sais, ah, je l'ai prove wrong,
[1:12:25] puis vous allez voir.
[1:12:27] Mais tu sais, c'est vraiment plus comme...
[1:12:29] Je pense que là, c'est comme, ah,
[1:12:31] il y a comme... Là, ils comprennent.
[1:12:33] C'était quoi? Pourquoi à ce moment-là?
[1:12:35] C'était tellement... Comme je dis, moi, c'était tellement
[1:12:37] clair dans ma tête, j'avais tellement comme une direction...
[1:12:40] C'est forte,
[1:12:42] mais que c'est dur de, comme,
[1:12:43] la donner aux autres, là.
[1:12:44] Puis là, ta direction future, là, mettons,
[1:12:47] si tu te projettes dans le futur, puis tu te dis, OK,
[1:12:49] je me vois là, là, mettons,
[1:12:51] y a-t-il des choses que t'as envie de révéler
[1:12:53] ou partager?
[1:12:53] Ben, c'est sûr que...
[1:12:55] Comme là, on parlait des jeux, les prochains,
[1:12:57] c'est sûr que le relais, c'est un peu comme
[1:12:59] mon outlet de, comme,
[1:13:02] je sais que je veux garder ma place
[1:13:03] sur le relais, puis je veux continuer à l'aider.
[1:13:05] Justement, je veux pas juste garder ma place,
[1:13:07] je veux faire partie de, comme,
[1:13:09] élever le relais. Mais c'est sûr que,
[1:13:11] comme, si je me permets de, comme,
[1:13:13] avoir ma propre direction, c'est aussi de participer
[1:13:15] à des grands championnats individuellement.
[1:13:18] Mais je me laisse le temps, justement,
[1:13:19] avec l'âge, puis...
[1:13:21] T'as...
[1:13:22] Genre, c'est quoi,
[1:13:25] l'âge typique, mettons?
[1:13:27] À quel âge, mettons, les gens
[1:13:29] prennent leur retraite
[1:13:30] dans le sprint?
[1:13:33] Retraite dans le sprint, c'est quand même
[1:13:34] tard, là. T'sais, c'est moins tard,
[1:13:37] je dirais, que les gens en demi-fond. Mais en même temps,
[1:13:38] en ce moment, il y a des gens qui prouvent le contrat en sprint.
[1:13:40] Mais, t'sais, en demi-fond ou, t'sais, même en ultra,
[1:13:42] je pense que, tu sais, avec l'âge...
[1:13:44] Ah, plus vieux, t'es bon, là.
[1:13:45] Exact. Fait qu'en sprint, c'est sûr que c'est un peu moins ça,
[1:13:47] mais je dirais, si les années
[1:13:49] comme clés, c'est vraiment, mettons,
[1:13:51] 25 à 30.
[1:13:52] OK. Fait que t'es vraiment jeune,
[1:13:54] donc t'as du temps encore.
[1:13:56] Je pense que ça dépend des gens. Il y en a qui
[1:13:58] c'est plus tôt. Mais moi, je me suis jamais
[1:14:00] considérée comme un early bloomer.
[1:14:03] Fait que c'est un peu drôle. J'ai tout le temps
[1:14:04] été même le late bloomer. Fait que c'est drôle
[1:14:06] même de penser que je suis jeune,
[1:14:08] mais, à l'instant, je suis
[1:14:10] le early bloomer. OK, ouais, c'est cool.
[1:14:12] Ouais. Mais c'est ça, je pense qu'en étant
[1:14:14] le late bloomer, mettons, au secondaire
[1:14:16] puis à l'université, ça m'a amenée
[1:14:18] tôt dans l'autre catégorie
[1:14:20] de plus vieux.
[1:14:22] Mais, ouais, je suis pas encore
[1:14:24] dans les années...
[1:14:25] Puis, euh...
[1:14:28] Ouais. Je vais te demander aussi
[1:14:30] comment...
[1:14:32] S'il y avait une personne, en fait, dans ton
[1:14:34] entourage, une femme ou un
[1:14:36] coéquipier ou peu importe, genre, qui t'inspire vraiment
[1:14:38] beaucoup puis que tu suis, puis t'es comme
[1:14:40] plusieurs, genre... Mais c'est ça, c'est dur
[1:14:42] de dire un, parce que je pense que tout le monde apporte
[1:14:44] comme quelque chose de différent. C'est comme
[1:14:46] une collectivité, un peu. Ouais, vraiment, parce que, tu sais,
[1:14:48] il y a les réponses comme
[1:14:50] vraiment dans mon entourage proche, c'est sûr,
[1:14:52] tu sais, ma mère, mettons qu'on parle des femmes,
[1:14:54] c'est sûr que ma mère, juste en étant
[1:14:56] comme ma plus grande...
[1:14:58] Tu sais, elle me supporte tellement que, comme...
[1:15:00] Tu sais, des fois, je me dis, my God, comment
[1:15:01] elle a encore de l'énergie de m'encourager.
[1:15:04] Tu sais, même quand, des fois, tu sais, c'est
[1:15:06] tough être en... autant
[1:15:07] proximité avec un athlète,
[1:15:10] tu sais, dans les hauts et les bas, tu sais, des fois,
[1:15:12] c'est vraiment de la pression ou du stress.
[1:15:14] Fait que c'est sûr, comme je l'admets, tu sais, des fois, je suis bête
[1:15:16] ou je suis plate ou comme...
[1:15:17] Tu sais, dans différents, comme, états
[1:15:20] mentaux. Fait que des fois, je suis,
[1:15:22] comme, my God, comment elle va encore me supporter
[1:15:23] après. Tu sais, en tout cas, ma mère, c'est
[1:15:25] comme, je la vois comme tellement
[1:15:27] mon bras droit de...
[1:15:29] Elle me supporte dans les pires moments.
[1:15:32] Tu sais, c'est elle qui va me reconduire
[1:15:33] à mes compagnies des fois, comme je suis fucking bête,
[1:15:36] là, tu sais, quand je suis dans le lift, juste avant
[1:15:37] la course, c'est comme, par moi pas, puis...
[1:15:39] En tout cas, fait que ça...
[1:15:41] Mais aussi, après, d'autres femmes dans ma vie,
[1:15:43] tu sais, mettons, ma belle-mère,
[1:15:45] la femme de mon père, elle, c'est
[1:15:47] vraiment comme le côté plus
[1:15:49] féministe, puis comme,
[1:15:50] tu sais, businesswoman, de comme...
[1:15:53] C'est elle qui me dit toujours, non,
[1:15:55] prends pas moins, tu sais, mais quand je vais faire des conférences,
[1:15:57] des trucs, elle dit... Tu sais, c'est un peu
[1:15:59] comme mon...
[1:15:59] Mon exemple de, genre, stand for yourself,
[1:16:03] puis faut que tu prennes ta place
[1:16:05] en... En plus, c'est drôle parce qu'il y a, comme,
[1:16:07] 4 pieds 11, fait que c'est vraiment... Je suis vraiment
[1:16:08] plus grande qu'elle, mais c'est elle, on dirait qu'il...
[1:16:11] C'est ça, dans le monde plus des affaires,
[1:16:13] puis de, justement, prendre sa place en tant que
[1:16:15] femme, je pense que ça l'a vraiment drillée
[1:16:17] à travers les années, sans, comme, être vraiment
[1:16:19] overbearing, puis... Mais non!
[1:16:20] C'est juste à force de tout le temps... Mais c'est dans des petites choses...
[1:16:22] Exact, c'est tout le temps, en le disant, tout le temps, tout le temps,
[1:16:25] que là, c'est ça qui me vient en tête
[1:16:26] quand je pense à, comme, une femme
[1:16:28] qui se bat plus pour les...
[1:16:30] les droits, puis la place des femmes dans le sport...
[1:16:33] Prendre sa place, qui en doute pas, qui remet pas
[1:16:35] en question, qui se remet pas tout le temps en question...
[1:16:37] Elle, c'est plus dans les affaires, mais
[1:16:38] tu sais, ça se transmet vraiment au sport de la même façon.
[1:16:41] Tout à fait. Puis...
[1:16:42] C'est ça, puis après, il y a tous les athlètes, justement,
[1:16:44] quand on parle des athlètes plus vieilles,
[1:16:46] ou juste avec qui je peux m'entraîner,
[1:16:49] puis, comme je disais, qui mettent un peu
[1:16:51] leur brillant sur moi.
[1:16:53] Tu te sens-tu imposteur, des fois, ou...
[1:16:56] Bien, ça, c'est une définition
[1:16:57] que je devrais relire, parce que j'ai envie de dire non,
[1:16:59] parce que la définition clé
[1:17:01] de, comme, le sentiment de l'imposteur,
[1:17:03] c'est... Tu sens que
[1:17:05] ça devrait pas être toi. Oui, un peu.
[1:17:07] On dirait, moi, quand je suis arrivée aux Olympiques, c'était pas...
[1:17:10] C'était pas que je...
[1:17:11] Je sentais pas que ça devait être moi.
[1:17:13] C'est qu'on dirait, je me suis dit,
[1:17:15] ah, bien, vu que je suis là, ça veut dire que c'est facile,
[1:17:17] genre. OK. Fait que c'est comme un sentiment
[1:17:19] de l'imposteur, un peu... Oui, non, c'est
[1:17:21] différent, mais... Ou c'est comme,
[1:17:23] ah,
[1:17:25] comment je l'ai... Genre, j'oublie que c'est ça
[1:17:27] un peu comme on parlait tantôt, je l'ai fait une fois,
[1:17:29] des fois, j'oublie, comme, comment je vais le refaire,
[1:17:31] parce que c'était pas moi, comme, qui l'a fait.
[1:17:33] Oui. OK. Hé, c'est tellement
[1:17:35] cool. Puis si, mettons, justement, en réponse
[1:17:37] à tout ça, ou peut-être pas là-dessus, mais si
[1:17:39] t'avais, comme, genre, une
[1:17:41] leçon que t'as apprise, puis
[1:17:43] que t'avais envie de partager à tout le monde,
[1:17:45] tu sais, genre,
[1:17:46] la chose qui te vient en tête, qui est comme,
[1:17:49] ça, c'est mon corps, puis genre,
[1:17:50] je le pense, puis je vais toujours vouloir le partager,
[1:17:53] puis le mettre en valeur.
[1:17:54] Mais ça, comme je t'ai dit, cette année, il y a eu plein de, comme, un peu
[1:17:56] remises en question, mais
[1:17:57] je pense que, mettons,
[1:18:01] qu'est-ce qui a toujours été mon corps, c'est
[1:18:02] de, comme, se faire confiance,
[1:18:05] un peu comme fake it till you make it, je pense
[1:18:06] que c'est ça aussi qui a été dans des moments, comme,
[1:18:09] où j'ai été un peu lancée, puis c'était comme,
[1:18:10] hé, c'est toi, le go, c'était de, comme,
[1:18:12] OK, ben, c'est moi. Fait que c'est pour ça aussi que je dis
[1:18:14] le sentiment de l'imposteur, il est pas tout à fait...
[1:18:17] Non, non, c'est bon.
[1:18:18] C'est comme, fuck off l'imposteur, là,
[1:18:20] je vais être l'imposteur parce que je veux y arriver.
[1:18:22] C'est ça, fait que je vais, comme, prendre le chapeau d'imposteur,
[1:18:24] puis je vais vraiment me le mettre, là, puis...
[1:18:25] Ouais, assumer ça. C'est ça, assumer, on dirait,
[1:18:27] c'est ça, assumer d'être imposteur, c'est correct,
[1:18:29] de, comme, c'est moi, fait que je vais le faire,
[1:18:32] mais sinon, c'est vraiment de pas,
[1:18:34] comme, se
[1:18:35] count yourself out, genre,
[1:18:38] dis-toi, justement, ça revient un peu au fait de,
[1:18:39] comme, si c'est toi, ça peut être toi,
[1:18:42] genre, dis-toi pas, comme,
[1:18:44] ah, c'est les autres, moi, je vais jamais faire ça.
[1:18:45] Prends ta place. C'est ça, prends ta place,
[1:18:47] puis même quand...
[1:18:49] C'est ça, un peu comme le relais mix, au début,
[1:18:51] je me suis peut-être un peu count myself out, parce que je me suis dit,
[1:18:54] ah, c'est... Mais après, quand ils m'ont
[1:18:56] mis dedans, j'ai pas dit, hey, ben non, ça peut pas être moi,
[1:18:57] j'ai vraiment, comme, je suis allée à fond, puis...
[1:19:00] Ouais. J'ai juste fait ce que j'avais
[1:19:02] à faire. Tu t'es rendue,
[1:19:04] comme,
[1:19:06] j'ai le mot inestimable
[1:19:07] en tête, mais c'est pas ça, là, tu t'es rendue, genre,
[1:19:10] t'es allée
[1:19:11] prendre la valeur, puis tu mets
[1:19:13] de la place.
[1:19:14] C'est la place, en fait, que tu méritais d'avoir, là.
[1:19:16] Mais ça, je pense que je me suis un peu détachée
[1:19:18] de ça dans les dernières années, mais ce qui m'a aidée
[1:19:20] à me rendre à ce niveau-là, c'est que
[1:19:22] au secondaire, quelque chose que je me répétais tout le temps,
[1:19:24] c'était... Ben, au secondaire, c'est Jeff, mettons,
[1:19:25] c'était comme, know your worth.
[1:19:27] Mais ça, c'est... Personne va te... C'est comme, cette phrase-là,
[1:19:30] c'est de, genre, savoir sa valeur, mais c'est pas...
[1:19:33] C'est de, genre, pas attendre que
[1:19:33] quelqu'un te dise ta valeur, c'est qu'il faut que toi,
[1:19:35] tu la saches toi-même. Ouais.
[1:19:37] Ouais. C'est fou, hein? C'est ça, vraiment.
[1:19:39] Comme, il y a un moment où je pensais me faire tatouer ça,
[1:19:41] genre, dans le dos, là, tu sais, comme, il fallait que je me le répète
[1:19:43] à chaque jour, de, comme, know your worth.
[1:19:46] C'est un peu... C'est un peu, avec les jeux,
[1:19:47] j'ai l'impression que c'est justement là
[1:19:49] que tu t'es dit, oh, mon Dieu, mais my worth
[1:19:51] est peut-être encore plus gros que ce que je pensais, finalement.
[1:19:53] Ouais, c'est ça. Puis là, t'es comme, oh, my God, genre.
[1:19:55] C'est ça, mais encore une fois, comme là, le dire
[1:19:57] avant autre, je suis comme, voyons, je vais juste le faire.
[1:19:59] Ouais, ouais. Fait que venir au podcast, ça m'a vraiment
[1:20:01] comme... C'est cool, hein? Ouais.
[1:20:02] On unlock plein de choses. Ouais, c'est ça.
[1:20:04] Fait que je pense que c'est de... Je vais devoir me rappeler
[1:20:07] ça de, comme... C'est même pas...
[1:20:09] C'est ça. C'est fake it till you make it,
[1:20:11] mais la façon que tu peux arriver à ça,
[1:20:12] c'est de savoir qu'est-ce que toi t'amènes.
[1:20:14] Hum-hum. Ouais. Ouais, puis
[1:20:16] on continue d'évoluer, fait que ce qu'on pense
[1:20:19] qu'on est capable d'amener, genre, mettons,
[1:20:21] aujourd'hui, et on écoutera ce podcast-là
[1:20:23] dans cinq ans ou dans même
[1:20:25] un an, puis on va dire, oh, my God, j'ai tellement
[1:20:27] réalisé. Plus qu'à ce moment-là,
[1:20:30] quand j'ai enregistré
[1:20:30] ce que je pensais qui était my word, genre.
[1:20:33] En tout cas. Ouais, c'est ça, exact.
[1:20:34] Puis de penser que mon loyer allait toujours être gratuit.
[1:20:37] C'est vrai. C'est bon.
[1:20:39] Ouais. Papa, maman. Ouais, c'est ça.
[1:20:41] Mais c'est ça, je suis vraiment chanceuse de...
[1:20:43] C'est sûr que, tu sais, des...
[1:20:45] des... Tu sais, comme...
[1:20:47] Dire ça, know your worth, ça vient aussi avec...
[1:20:49] Tu sais, je... Je sais que j'ai eu...
[1:20:51] Make yourself accountable aussi.
[1:20:52] Ouais, c'est ça, puis je sais... Non, non, mais j'allais dire
[1:20:55] comme... C'est sûr qu'il faut
[1:20:57] aussi reconnaître un peu son privilège de
[1:20:59] comme... Tu sais, c'est ça. Savoir que
[1:21:01] je suis dans un environnement qui est clé à faire ça,
[1:21:02] puis après, de justement make yourself accountable,
[1:21:05] c'est vrai que je veux pas perdre ce prix.
[1:21:07] Tu sais, j'ai toutes ces choses-là
[1:21:08] qui sont à ma disposition, je veux pas comme les...
[1:21:10] Ouais. Je veux me rester accountable
[1:21:12] de les faire pour vrai.
[1:21:14] Mais tu sais, je te garantis, t'es privilégiée,
[1:21:16] mais il y a plein de gens qui sont privilégiés,
[1:21:18] qui poussent pas autant que tu le fais.
[1:21:20] Fait que comme, pour n'importe qui
[1:21:22] qui souhaite se découvrir
[1:21:24] dans le sport ou comme
[1:21:26] personnellement ou genre se réaliser
[1:21:28] dans la création de contenu ou whatever,
[1:21:30] genre whatever you wanna do, genre
[1:21:32] just do it, là, genre c'est... C'est ça, ouais.
[1:21:34] Je pense que vraiment, c'est comme prendre l'opportunité,
[1:21:36] je pense que c'est une de mes forces, que ça soit
[1:21:38] justement pour les réseaux sociaux ou quand
[1:21:40] j'ai une opportunité qui va peut-être pas se représenter,
[1:21:43] j'ai la force
[1:21:44] de la prendre. Let's go.
[1:21:46] Ouais. Hey, c'est tellement... Mais c'est super
[1:21:48] inspirant, là. Genre ça m'a vraiment
[1:21:50] inspirée, puis je sais que probablement
[1:21:52] tout le monde, mais... Bien, merci.
[1:21:54] Si tout le monde... S'il y a des gens qui ont des questions
[1:21:55] dans le commentaire, n'hésitez pas, là,
[1:21:57] on y répondra, puis les gens
[1:22:00] peuvent te suivre sur Instagram, TikTok.
[1:22:02] C'est tout ça. Bien, mon TikTok est dans ma bio
[1:22:04] Instagram, mais j'essaie de mettre mes trucs...
[1:22:07] Ton Instagram, c'est quoi?
[1:22:08] C'est marie2barambaéloïse.
[1:22:10] OK, on va te dire que t'as des tips.
[1:22:11] Bien, merci pour que j'ai mon 400 000.
[1:22:13] Oui, let's go. Bien sûr. On a touché plein
[1:22:16] de sujets, mais c'était vraiment un feu roulant.
[1:22:18] Ah non, c'est parfait, honnêtement, c'est méga
[1:22:20] inspirant, puis... Bien, tant mieux. Merci trop.
[1:22:21] Bien, justement, moi, ça m'a inspirée, là.
[1:22:23] J'ai hâte de le réécouter pour...
[1:22:25] J'ai 5 kilos à faire, puis ça m'a toute motivée
[1:22:28] à aller le faire, parce que mon 5 kilos, ça me tentait
[1:22:29] vraiment pas, aujourd'hui. Bien là, tu le vois pas
[1:22:32] comme une fraction de ton...
[1:22:34] Non, c'est ça. Des fois, genre, un 5 kilos,
[1:22:36] je trouve ça plus tough que quelque chose qui est
[1:22:37] comme vraiment difficile, que j'ai vraiment
[1:22:39] hâte d'y aller. Tu sais, c'est comme...
[1:22:42] En tout cas, moi, quand je le vois,
[1:22:44] c'est que ton gros, vraiment difficile,
[1:22:46] c'est comme un... Tu le lock-in,
[1:22:48] puis tu sais qu'il y aura des étapes, mais le 5,
[1:22:49] c'est ça. Le 5 kilos, bien, je sais
[1:22:51] que je suis capable, c'est comme moi.
[1:22:53] Oui, c'est comme moi. Il y a plein d'autres sujets
[1:22:55] que j'aurais voulu toucher, parce que, comme on disait au début,
[1:22:57] genre, versus les gars, là, le même...
[1:22:59] En tout cas, là, je sais pas si ça enregistre,
[1:23:01] mais quand t'allais au jeu...
[1:23:03] Je pense qu'il s'enregistre encore. On a une petite anecdote
[1:23:05] à dire, si on peut la garder.
[1:23:07] Non, mais c'est quand on est allés au jeu, comme nous,
[1:23:09] on a eu notre course, puis
[1:23:11] on a couru les filles, puis c'était les gars
[1:23:13] juste après. Fait qu'on est arrivés sixièmes,
[1:23:15] puis là, c'était genre, yes!
[1:23:17] Enfin! Genre, non seulement,
[1:23:18] on a fait la finale, mais comme là,
[1:23:21] c'est ancré dans le papier,
[1:23:23] genre, c'est fait, le résultat.
[1:23:25] Puis c'était comme, on est là, let's go,
[1:23:27] puis j'enlève rien aux sprinters canadiens
[1:23:29] masculins, parce qu'ils ont fait leur preuve,
[1:23:32] mais c'était pas leur meilleur jeu
[1:23:34] en termes de résultats individuels,
[1:23:35] tu sais. Fait que...
[1:23:37] Puis le relais était dans le corridor neuf, là.
[1:23:39] Fait que, tu sais, ça, c'est pas le meilleur indicatif que ça a été une médaille d'or.
[1:23:42] Puis comme, je suis
[1:23:43] plus qu'heureuse pour le Canada, qui est
[1:23:45] justement plus wrong, les gens,
[1:23:47] qui pensaient pas qu'ils allaient gagner, puis ils ont gagné du corridor neuf.
[1:23:50] Mais comme,
[1:23:51] mon premier sentiment, quand on regardait la course,
[1:23:54] j'étais comme, OK,
[1:23:55] j'ai dit n'importe quoi, mais nous, on est arrivés sixièmes,
[1:23:57] on était comme, let's go, enfin, t'sais, sixièmes,
[1:23:59] c'était comme...
[1:24:00] C'était un moment historique un peu.
[1:24:02] C'était comme un petit pas, puis vu que c'est sixièmes, c'est pas une médaille,
[1:24:05] mais c'est genre un G en pas, parce que, c'est ça,
[1:24:07] pour plein de raisons. Puis là, après, on voit les gars,
[1:24:09] puis ils arrivent premiers, puis j'étais juste comme...
[1:24:12] J'ai eu comme un moment, genre, de flatline
[1:24:14] dans ma tête, que j'étais comme, ah,
[1:24:15] OK.
[1:24:17] Genre, évidemment, 95 % de moi
[1:24:20] est ultra contente de voir, en plus,
[1:24:21] t'sais, quelle opportunité incroyable
[1:24:23] de voir cette médaille-là,
[1:24:25] puis même, il y a plein d'images,
[1:24:27] parce qu'après, on a pu aller sur la piste,
[1:24:29] comme, célébrer les deux relais ensemble.
[1:24:31] Tu sais, tu peux pas, comme, c'est...
[1:24:32] C'est fou, là.
[1:24:33] Exact. Genre, je vais jamais rien enlever à ce moment-là,
[1:24:35] mais juste le, comme, une seconde dans ma tête,
[1:24:37] que j'étais comme, ah.
[1:24:38] Pour une fois, c'était comme les filles qui rayonnaient vraiment,
[1:24:42] puis l'équipe de relais qui, enfin, c'était genre,
[1:24:44] hein, quelle surprise,
[1:24:46] t'sais, les filles qui arrivent,
[1:24:47] qui vont en finale, qui se battent jusqu'à la fin,
[1:24:49] puis comme, on a tellement hâte d'en voir plus d'eux,
[1:24:51] puis là, c'était comme immédiatement éclipsé.
[1:24:54] Qu'est-ce qu'on peut faire, nous, hein,
[1:24:55] comme individus, genre, pour, comme,
[1:24:57] encourager plus le sport au féminin?
[1:24:59] Bien, je pense que c'est juste de...
[1:25:00] T'sais, les chandails, c'est comme
[1:25:01] « Everyone watches women's sport ».
[1:25:02] Je pense que c'est juste de le faire,
[1:25:05] t'sais, de regarder les sports féminins,
[1:25:06] puis de pas juste dire...
[1:25:07] D'en parler, donner du réel.
[1:25:08] C'est ça, juste d'en parler,
[1:25:09] puis de, comme, leur donner une place.
[1:25:11] Je pense qu'ils sont pas tellement de loin
[1:25:12] que juste donner une place.
[1:25:14] C'est comme, oui, les gars sont arrivés en premier,
[1:25:16] mais de réaliser que, même, nous,
[1:25:17] si on est arrivés sixièmes...
[1:25:19] Parlez-en.
[1:25:20] C'est ça, c'est cool, quand même,
[1:25:21] pour tellement d'autres raisons
[1:25:22] qu'on soit arrivés sixièmes,
[1:25:23] puis c'est ça, il y a...
[1:25:24] C'est pas une comparaison de, comme,
[1:25:26] « Ah, bien, on enlève ça aux gars,
[1:25:28] puis regardez juste nous. »
[1:25:29] Je pense que c'est ça, aussi, le féminisme,
[1:25:30] c'est vraiment l'égalité.
[1:25:31] Ma gueule, on dépasse, mais...
[1:25:33] Non, non, mais...
[1:25:34] C'est vraiment l'égalité de sans dire
[1:25:35] « Ah, bien, les gars sont poches,
[1:25:36] fait que les filles sont bonnes. »
[1:25:37] C'est les deux, on a le droit d'avoir notre place.
[1:25:39] Puis de dire « Oui, les gars sont arrivés premiers,
[1:25:41] mais c'est leur histoire,
[1:25:44] puis comme leur ligne,
[1:25:45] puis nous, on a notre ligne,
[1:25:46] qu'on est arrivés sixièmes,
[1:25:47] mais que c'est autant impressionnant
[1:25:48] pour tellement d'autres raisons. »
[1:25:50] Est-ce que tu l'entends, des fois,
[1:25:51] c'est plus impressionnant, la performance,
[1:25:54] genre, voir des hommes performer
[1:25:56] que des femmes?
[1:25:57] Non, non.
[1:25:58] Je n'écoute pas les gens qui disent ça,
[1:25:59] mais pour vrai, je ne l'entends pas,
[1:26:00] parce que je ne pense pas
[1:26:01] que personne en a dit ça.
[1:26:03] OK, parfait.
[1:26:04] Mais c'était plus dans d'autres sports
[1:26:05] que je l'ai entendu dire.
[1:26:06] Oui, c'est ça, parce que, tu sais,
[1:26:07] les gens, ils disent « Oh, OK,
[1:26:08] c'est plus rapide au soccer,
[1:26:09] il kick plus fort. »
[1:26:10] Mais en athlétisme,
[1:26:11] c'est tellement comme un don de ton corps
[1:26:13] que les gens, ils savent que les filles,
[1:26:15] tu sais, comme...
[1:26:16] Dans les autres sports aussi, évidemment.
[1:26:17] Il n'y a personne qui t'a...
[1:26:18] Mais c'est ça.
[1:26:19] Mais en tout cas, moi, dans tous les sports,
[1:26:20] je suis comme « Blah, blah, blah. »
[1:26:21] Ça m'énerve, là, mais...
[1:26:23] Oui, en tout cas, comment je l'ai formulé,
[1:26:24] on dirait qu'au soccer,
[1:26:25] ils kick moins fort
[1:26:26] parce qu'ils ne se donnent pas pour vrai,
[1:26:27] mais ce n'est pas ça.
[1:26:27] Mais c'est pas ça.
[1:26:28] Oui.
[1:26:29] En athlétisme, je l'entends vraiment moins.
[1:26:30] Pour vrai, les gars en athlétisme...
[1:26:33] Les gars en dehors, non,
[1:26:34] parce qu'ils me disent tout
[1:26:34] qu'ils pourraient me battre, là.
[1:26:35] Ce qui n'est pas vrai, en passant.
[1:26:37] Mais les gars en athlétisme,
[1:26:38] je pense qu'ils savent
[1:26:39] qu'on se donne au même niveau,
[1:26:40] c'est juste biologiquement comme...
[1:26:41] J'aime tellement ça que tu dises
[1:26:43] « Ce n'est pas vrai, en passant. »
[1:26:44] Oui, mais tu sais,
[1:26:45] la première réaction des gars,
[1:26:47] quand je...
[1:26:47] Tu sais, je fais des conférences
[1:26:48] dans des camps de jour
[1:26:49] puis les moniteurs sont genre
[1:26:50] « Je te bats. »
[1:26:51] « De quoi tu parles? »
[1:26:52] Oui, non, c'est ça.
[1:26:53] En tout cas.
[1:26:53] Mais ça, si je le prends à la blague...
[1:26:55] Bien, pas à la blague,
[1:26:56] mais genre...
[1:26:57] C'est de la naïveté, là.
[1:26:58] Non, c'est ça.
[1:26:59] Mais c'est ça.
[1:26:59] Fait que ça, je pense qu'on est...
[1:27:00] Je suis quand même chanceuse
[1:27:01] à ce niveau-là
[1:27:01] qu'il n'y a pas de gars
[1:27:02] qui me disent
[1:27:03] « Ah oui, mais toi, ton 100 m,
[1:27:04] il est moins difficile que le mien. »
[1:27:06] Oui.
[1:27:07] Mais c'est ça.
[1:27:09] Au final, je pense que...
[1:27:10] Comment tu dis pour un peu contrer ça,
[1:27:11] c'est donner la chance aux filles
[1:27:13] que quand je suis aux Jeux olympiques
[1:27:14] et que je vois la finale des gars
[1:27:15] puis qu'ils gagnent,
[1:27:16] il n'y a pas un moment dans ma tête
[1:27:17] que je me dis
[1:27:18] « Ah, mon moment vient d'être perdu. »
[1:27:21] Pas mon moment, tu sais,
[1:27:22] comme mon moment d'attention,
[1:27:26] de relevance,
[1:27:27] il n'est pas obligé d'être éclipsé
[1:27:29] parce que les gars ont gagné.
[1:27:30] Il peut être autant valorisé.
[1:27:32] Tout à fait.
[1:27:33] C'est ça.
[1:27:33] Je trouve que de plus en plus,
[1:27:35] tu sais, mettons,
[1:27:35] avec le Tour de France des femmes,
[1:27:36] mettons, genre, tu sais,
[1:27:37] la visibilité,
[1:27:39] elle semble comme quand même bonne.
[1:27:41] Il y a de plus en plus d'initiatives,
[1:27:43] mais clairement...
[1:27:43] Mais c'est pour ça le podcast, en fait.
[1:27:44] Oui, c'est ça.
[1:27:45] C'est clairement pour ça.
[1:27:45] C'est ça le but.
[1:27:46] Bien, c'est ça la bonne place.
[1:27:47] Merci.

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