# Stéphanie Simpson — Traversée du Canada à la course: Trajectoire, résilience & changer des vies

An episode of [umea](https://invisiblenetwork.ai/podcast/1869986285), 16 Jun 2026, 1 h 18 min.

Audio: https://episode.flightcast.com/01KST4RV1HHFAF15R6SZK496TR.mp3

Dans cet épisode du balado umea, je reçois Stéphanie Simpson — courtier hypothécaire, chef d'équipe, entrepreneur, maman, famille d'accueil, et une athlète d'ultra-endurance qui incarne quelque chose de rare : la capacité d'aller au bout d'elle-même tout en restant profondément ancrée dans le sens de ce qu'elle fait. Stéphanie, c'est une femme qui a transformé le mouvement en quelque chose de plus grand qu'elle. Une femme qui jongle entre une carrière professionnelle exigeante, une famille recomposée, plusieurs entreprises, et des défis sportifs qui repoussent les limites de l'endurance humaine. Badwater 217 kilomètres dans la chaleur extrême de Death Valley, le Thor 330 kilomètres avec 25 000 mètres de dénivelé, Cocodona 400 kilomètres en Arizona. Et maintenant, son plus grand projet : Trajectoire 2027, la traversée du Canada à la course à pied, du 1er mai au 25 juillet, avec une mission simple mais puissante : lever des fonds pour envoyer des jeunes dans des camps de vacances, parce qu'un seul pas peut changer la trajectoire d'une vie. On plonge dans une conversation profonde, vulnérable et nécessaire sur l'équilibre, la priorisation, la gestion du temps, la culpabilité, la performance, l'acceptation de l'imperfection, et surtout, comment vivre une vie riche sans se perdre dans le chaos. Dans cet épisode, on explore : • Le parcours de Stéphanie — courtier hypothécaire, chef d'équipe, entrepreneur, maman, famille d'accueil, et athlète d'ultra-endurance • Comment elle jongle entre plusieurs entreprises — Multiprès, Épic, un magasin général de quartier, une place à crème glacée, l'herboristerie Desjardins, et plusieurs propriétés immobilières • Pourquoi la course longue distance est devenue sa méditation — comment courir 217 kilomètres la force à être dans le moment présent • La gestion du temps et des limites — pourquoi elle désactive toutes ses notifications, pourquoi elle se couche à 20h30 pour se lever à 4h, et comment elle protège son sommeil de 8 à 9 heures par nuit • Être famille d'accueil — comment elle et son conjoint ont ouvert leur porte à deux petites filles pendant plusieurs mois, et pourquoi ce geste peut changer une trajectoire de vie • Apprendre à dire non — pourquoi elle refuse maintenant des invitations sans culpabilité, et comment se respecter soi-même libère du temps pour ce qui compte vraiment • La métaphore du jongleur — comment elle priorise les balles importantes dans sa vie en acceptant qu'on ne peut pas tout faire en même temps • Le Thor 330 kilomètres avec 25 000 mètres de dénivelé — la plus belle course de sa vie, 135 heures de déconnexion totale, et cette amie rencontrée en montagne avec qui elle a parlé pendant des heures sans se comprendre • Le Fond Possible — lever des fonds pour envoyer des jeunes dans des camps de vacances, parce que ces expériences peuvent changer une trajectoire de vie • La philosophie derrière Trajectoire — un seul pas peut changer une trajectoire, autant pour les jeunes que pour les adultes qui cherchent à devenir la meilleure version d'eux-mêmes Stéphanie parle avec une vulnérabilité rare de ce que personne ne dit assez : que l'équilibre parfait n'existe pas, mais qu'on peut apprendre à prioriser ce qui compte vraiment. Que dire non est un acte de respect envers soi-même. Que performer sans se détruire est possible. Que la comparaison vient de l'intérieur. Que chaque jour, on fait de notre mieux, et que c'est suffisant. Et que parfois, un seul pas, une seule conversation, une seule expérience peut changer la trajectoire d'une vie. Un épisode essentiel pour toutes celles et ceux qui jonglent entre plusieurs sphères de vie, qui rêvent de repousser leurs limites sans perdre leur humanité, et qui croient qu'il est possible de vivre une vie riche, pleine de sens, et profondément ancrée.

## Transcript

[0:00] Aujourd'hui au balado UMEA, je reçois une grande amie, j'ai en fait la chance de dire aujourd'hui que c'est une amie parce que pendant longtemps c'était plus une grande source d'inspiration, un modèle, un jour c'est devenu une mentor, puis là maintenant c'est une amie.
[0:18] Donc Stéphanie Simpson, c'est une femme qui incarne quelque chose de rare, la capacité d'aller au bout d'elle-même en restant profondément ancrée dans le sens de ce qu'elle fait. Donc Stéphanie, c'est une athlète d'ultra-endurance, puis c'est une femme qui a appris à transformer le mouvement en quelque chose de plus grand qu'elle.
[0:38] Récemment, elle a annoncé son plus grand projet, Trajectoire 2027. Vous comprendrez Trajectoire 2027, que ça aura lieu en 2027.
[0:48] Puis qu'il s'agit en fait de la traversée du Canada à la course. La traversée du Canada à la course, c'est comme pendant des mois, courir des ultras d'environ 80 à 90 kilomètres. Évidemment, tout ça restait à déterminer.
[1:07] Puis ce projet-là, elle le porte avec une conviction assez simple, mais vraiment puissante, qu'un seul pas peut changer la trajectoire d'une vie.
[1:17] Aujourd'hui au balado UMEA, on peut...
[1:18] On parle de ce projet-là, mais on parle aussi de l'une de ses dernières courses, son expérience sur Bad Water, que j'ai vraiment de la misère à prononcer, je m'excuse.
[1:28] Comment ça a été pour elle de repousser ses limites dans des environnements assez extrêmes et pourquoi elle le faisait.
[1:35] On a parlé aussi de la place des femmes dans le sport d'endurance, les perceptions, les barrières, puis aussi la force qui émerge quand on arrête de se définir par ce que les autres projettent sur nous.
[1:48] Puis finalement, on parle d'un sujet qui revient vraiment souvent dans les commentaires, puis avec les discussions que j'ai avec l'audience du balado UMEA, mais sur le fameux concept de conciliation.
[2:03] Parce que Stéphanie, c'est aussi une maman, une professionnelle, une entrepreneur, et entre performance, famille, ambition, il y a comme une grande quête d'équilibre qu'elle explique.
[2:18] Super bien dans le balado. Donc, une conversation sur l'endurance, puis aussi sur les trajectoires, et méga, méga inspirante.
[2:27] Donc, j'arrête de parler, puis je vous laisse sur ce beau balado. Bonne écoute!
[2:32] Bienvenue au balado UMEA. Merci d'être là avec nous aujourd'hui.
[2:35] Plaisir. Merci de m'inviter.
[2:37] Oui, bien non, mais c'est parce que dernièrement, on se parlait, Stéph et moi, on est des grandes amies, puis en tout cas, du moins, moi de mon côté, je te respecte énormément.
[2:48] Tu as été une figure d'inspiration pendant toutes mes premières années de Co-Centrale, puis je sais que tu l'es toujours pour beaucoup, beaucoup de femmes.
[2:59] Les femmes qui sont déjà actives ou qui ont envie de le devenir de plus en plus, parce que tu es tellement accomplie sur beaucoup de sphères.
[3:09] Puis là, récemment, tu as fait l'annonce d'un projet plus grand que grand.
[3:14] Oui, très grand.
[3:16] Plus grand que grand, je ne peux même pas dire à quel point il est grand.
[3:18] Plus grand que grand, je ne peux même pas dire à quel point il est grand.
[3:20] Puis, bien, je suis heureuse et très honorée d'avoir la primeur de pouvoir décortiquer ce projet-là avec toi, parce que c'est énorme.
[3:27] Est-ce que tu peux nous le décrire?
[3:28] Bien, en fait, introduis-toi quand même. Bonjour, je suis Stéphanie, si tu es pour ceux qui ne te connaissent pas quand même.
[3:33] C'est comme une question large à chaque fois.
[3:35] Oui, je suis.
[3:35] Je suis comme, OK, on peut m'emport de où?
[3:37] C'est la périsserie.
[3:38] Oui, c'est ça. Stéphanie Simpson, courtier hypothécaire dans la vie. Je fais plusieurs choses, un peu comme tu as dit.
[3:44] Chef d'équipe chez Multiprès. J'ai une couple de courtiers qui travaillent dans mon équipe.
[3:49] Je fais aussi des placements chez Épic. Mon conjoint et moi, on a plusieurs propriétés.
[3:56] On a aussi une petite épicerie de quartier qu'on a ouverte il y a quelques années.
[4:01] Ça va faire peut-être un petit peu plus que deux ans. Puis, l'été, il y a une place à crème glacée aussi là-dedans.
[4:06] Puis, dernièrement, bien, ce n'est plus dernièrement. Dans le fond, ça fait plus qu'un an.
[4:09] On a acheté aussi l'herboristerie Desjardins qui était comme à 50 mètres de chez moi.
[4:13] Puis, ça fait comme 100 ans qu'il est dans le quartier.
[4:16] Ça fait qu'assez diversifié.
[4:17] Puis, sinon, bien, on a des enfants. Puis, bien, je cours.
[4:22] Tu cours pas juste un peu.
[4:23] Oui, longtemps.
[4:24] Donc, il y a comme tous ces chapeaux-là.
[4:27] Femme professionnelle, entrepreneur, athlète, quand même connectée avec la nature puis avec son corps, j'ai l'impression.
[4:35] Oui. Bien, je pense que quand tu fais ça avec, j'appelle ça la sagesse, tu finis par pas vraiment avoir le choix.
[4:43] Ça devient, c'est comme un mal nécessaire.
[4:45] Oui, mais c'est cool.
[4:47] Puis, ton magasin, c'est un magasin général, le quartier général?
[4:51] Oui, magasin général.
[4:53] Tellement hot, en plus. Il y a comme un petit café, boulangerie. Je me suis créée vraiment plein de besoins.
[4:58] J'avais envie de tout acheter. C'était parfait pour me créer plein de besoins.
[5:02] Bravo, Steph. Puis, quand on parle de toutes tes courses, du volet course, c'est quoi que t'aimes le plus dans la course?
[5:10] Je pense que plus c'est long.
[5:12] Je pense que ça te force à être dans le moment présent.
[5:16] Puis, c'est quelque chose qui est de plus en plus important.
[5:17] De plus en plus difficile. Surtout un peu avec faire plusieurs trucs en même temps.
[5:24] À un moment donné, tu es comme, oui, ça va vite.
[5:26] Puis, je pense que c'est ma façon de déconnecter.
[5:30] Puis, de juste dire, OK, bien là, il n'y a rien d'autre qui est vraiment important à part le moment présent.
[5:35] Puis, de gérer, avancer, puis de continuer.
[5:38] Ça fait que pour moi, c'est ça que je pense que j'aime le plus.
[5:41] Mais comment tu fais pour gérer?
[5:42] Parce que, tu sais, mettons, là, je ramène en moi parce que je suis un parallèle, OK?
[5:47] Oui.
[5:47] Mais on n'est pas là pour parler de moi.
[5:49] Comment je fais?
[5:50] Tu sais, quand il faut que je déconnecte de mon ordi, puis de mon travail, puis de tout ça,
[5:55] pour aller courir une plus longue distance ou un plus gros entraînement,
[5:59] parfois, ça me rend vraiment anxieuse.
[6:00] Parce que je me dis, tu sais, s'il y a des feux à allumer, je suis tellement loin.
[6:04] Je me sens des fois coupable.
[6:08] Puis, souvent, je vais raccourcir mon entraînement ou des fois pas y aller du tout.
[6:13] Ça m'arrive parce que, justement, pas parce que je n'ai pas envie d'y aller,
[6:17] c'est que je me suis lancée dans plein de gros projets.
[6:20] Puis, tu es l'exemple parfait d'une personne qui a une multitude de gros projets
[6:25] qui ont aussi plein de surprises, tu sais.
[6:28] Tes propriétés immobilières, il doit y avoir des soucis.
[6:31] Ah, mais non, souvent, je dis, je suis professionnelle en gestion de problèmes.
[6:34] Mais comment tu fais pour gérer?
[6:36] Bien, tu sais, pour rappeler un peu ta question par rapport à la course,
[6:39] j'ai ça aussi.
[6:40] Je pense que c'est tout le monde.
[6:44] À un moment donné, tu te sens mal.
[6:45] Même le dimanche matin, des fois, je suis comme,
[6:47] « Ah, je devrais être écoutée. »
[6:47] Je suis avec les enfants ou faire quelque chose.
[6:49] Je pense que ne plus avoir cette culpabilité-là à 100 %,
[6:54] je pense que c'est quasiment impossible.
[6:58] Mais j'ai remarqué que si je me mets dans une course,
[7:01] puis il y a une date, puis c'est prévu d'avance,
[7:03] je vais être capable d'avoir ce switch de dire,
[7:05] « OK, à partir de là, ce n'est pas grave. »
[7:08] Versus que, mettons, un dimanche, que des fois, inconsciemment, je vais…
[7:12] Puis là, j'ai commencé à essayer justement pour m'aider et diminuer
[7:16] ce sentiment.
[7:18] J'ai mis mon téléphone en mode…
[7:20] – « Do not disturb ».
[7:21] – Oui, au sommeil ou peu importe.
[7:23] Fait que je n'ai pas l'impression que les textos ou n'importe quoi
[7:27] sont tous en train de sonner.
[7:28] Puis que là, ça fait comme, « OK, tu reviens un peu. »
[7:32] « OK, c'est vrai, je devrais faire ça. »
[7:33] Puis là, il y a ça.
[7:34] Puis des fois, tu as juste envie d'arrêter puis de répondre.
[7:36] Fait que, à un moment donné, ça ne finit plus.
[7:37] – C'est vraiment un bon truc, honnêtement.
[7:40] Puis est-ce que tu enlèves tes notifications de tous tes e-mails?
[7:42] – Je n'en ai pas.
[7:43] – Tu n'as pas de notification d'aucune plateforme?
[7:45] – Non, je n'ai même pas de sonnerie sur mon téléphone.
[7:49] – Wow!
[7:49] – Fait que mon téléphone va sonner, puis mettons, dans la vie,
[7:51] sur ma montre, puis là, je vais le voir.
[7:53] Mais un message texte, il faut que je le regarde.
[7:56] Mais c'est sûr que ça vibre, au pire.
[7:58] Mais je n'ai pas de sonnerie.
[7:59] Je n'aime pas avoir la sonnerie.
[8:00] Je n'ai jamais de sonnerie.
[8:01] – Mais ça vibre sur ta montre en tout temps?
[8:03] – Non, c'est juste un appel.
[8:04] – OK.
[8:05] – Mais je n'ai pas de courriel, je n'ai pas de notification
[8:07] d'aucun réseau social, sur rien, jamais.
[8:10] – Est-ce que tu en as déjà eu?
[8:11] – Je ne me rappelle pas la dernière fois que j'ai eu ça.
[8:15] – OK, c'est bon.
[8:16] – C'est bon.
[8:17] C'est vraiment bon ce que tu dis là,
[8:18] parce qu'à chaque fois que je rentre en course,
[8:21] je fais la même chose.
[8:23] Puis des fois, j'oublie de le remettre à « on ».
[8:25] Ça m'apaise tellement.
[8:27] Puis là, ça revient à « on »,
[8:29] puis je ne comprends pas pourquoi je suis anxieuse.
[8:31] Mais c'est sûr que c'est ça, dans le fond.
[8:32] – Bien oui, c'est sûr.
[8:33] – C'est vraiment bon, ça.
[8:35] – Puis, tu sais, la culpabilité vis-à-vis de ta famille,
[8:39] parce que tu es une maman, tu as combien d'enfants?
[8:41] – Bien, maximum.
[8:41] Maxime a deux filles, puis moi, j'en ai un, Charles,
[8:44] donc la famille va composer.
[8:47] Puis là, dernièrement, on a eu deux petites filles aussi,
[8:50] temporairement.
[8:51] Ça fait que oui, ça tient à occuper.
[8:53] – Oui, parce que vous êtes famille d'accueil.
[8:56] – Bien, ce n'est pas vraiment famille d'accueil.
[8:58] Tu sais, j'ai comme appris tout le processus.
[9:00] Je pense qu'il faut que tu appliques.
[9:02] Puis là, il y a comme un processus.
[9:04] Puis là, à un moment donné, tu peux devenir une famille d'accueil.
[9:07] Puis il y en a qui, c'est quasiment un peu leur travail dans la vie.
[9:12] Mais nous, c'était plus comme un...
[9:14] Je ne sais pas c'est quoi le terme, mais plus dépanné.
[9:17] C'est vraiment un peu d'urgence qui se retrouve.
[9:20] OK, on fait quoi avec les enfants?
[9:22] Ça fait que c'est un peu aussi temporaire.
[9:24] – C'est temporaire, mais ça fait quand même quelques mois.
[9:25] – Bien, ça fait depuis le mois, la mi-décembre.
[9:28] Puis là, tu vois, en théorie, ça serait la fin du mois.
[9:31] – Ça doit quand même être difficile de se séparer des petites filles après.
[9:35] – Oui, mais c'est plus que tu dis,
[9:36] est-ce que je vais avoir encore un contact pour voir
[9:39] comment il évolue dans la vie?
[9:41] Ou ils vont-ils s'en rappeler?
[9:43] C'est plus ça que tu te poses des questions.
[9:45] C'est sûr que oui, tu t'attaches quand même.
[9:49] – Mais sais-tu si tu vas pouvoir communiquer avec elles dans le futur?
[9:51] – Je ne sais pas.
[9:53] Ça aussi, c'est tout un système.
[9:55] On a la date, on n'a pas d'heure.
[9:57] On ne sait pas trop comment ça va se passer.
[9:59] Ils ne sont pas au courant.
[9:59] Puis là, on parle dans quelques jours.
[10:02] Oui, ça fait que c'est quand même...
[10:03] En tout cas.
[10:04] – Oui.
[10:05] On n'est pas obligés de rentrer trop, trop cru là-dedans,
[10:07] mais c'est quand même des émotions.
[10:09] – Oui, c'est ça.
[10:09] – Oui, c'est ça.
[10:09] – Oui, c'est ça.
[10:09] – Puis vous êtes vraiment hot de faire ça en tant que famille.
[10:13] Vous avez déjà une grande famille,
[10:14] puis des grandes responsabilités.
[10:16] Puis d'ouvrir vos portes à deux jeunes filles,
[10:20] c'est quand même...
[10:20] Ce n'est pas toutes les familles qui le feraient.
[10:22] – Bien, je me dis que si ça peut montrer aussi à les nôtres
[10:26] que sont très chanceux dans la vie,
[10:31] puis qu'ils auront peut-être eux aussi changé un peu
[10:34] la trajectoire de deux petites filles,
[10:37] bien, je pense qu'ils vont s'en rappeler.
[10:39] Je pense qu'ils vont s'en rappeler toute leur vie.
[10:40] – C'est vraiment inspirant.
[10:42] Puis tu as continué à travers tout ça,
[10:44] comme tu disais, à courir, puis à faire tout ça.
[10:48] Puis comment ça se passe à gestion avec ton conjoint, par exemple,
[10:50] pour comment vous arrivez à segmenter justement les moments
[10:53] où est-ce que vous passez du temps ensemble,
[10:55] tu sais, pas se perdre dans tout ça?
[10:57] – Bien, tu sais, nous, notre moment,
[10:58] c'est le matin très tôt, prendre un café.
[11:00] Fait que tu sais, on se lève quand même très tôt,
[11:03] puis tu sais, les enfants sont personnes élevées à part nous.
[11:06] – Quand on dit tôt, on dit quelle heure?
[11:07] – Dans les 4 heures, mettons.
[11:09] – Ah oui.
[11:10] Puis là, je suis vraiment curieuse
[11:11] que tu m'expliques aussi ta routine de soirée.
[11:14] – Ah oui, mais je ne me couche pas très tard.
[11:16] – Justement.
[11:16] – Il n'y a rien d'extraordinaire.
[11:17] – Non, mais tu dis qu'il n'y a rien d'extraordinaire,
[11:19] mais moi, je trouve ça vraiment extraordinaire
[11:21] parce que, tu sais, ça prend de la discipline
[11:24] pour être capable de se prioriser
[11:26] et de dire non à des événements sociaux ou autres,
[11:32] de mettre tes limites parce que tu sais
[11:33] ce qui te fait du bien dans la vie,
[11:34] puis ce que tu aimes.
[11:36] On a eu ces conversations-là pendant des longues courses ensemble,
[11:39] puis moi, personnellement,
[11:41] je suis revenue avec comme des leçons
[11:43] à tirer dans ma vie.
[11:45] Je te laisserais l'expliquer.
[11:48] – Je pense que, à un moment donné,
[11:49] puis ça, c'est le problème de pas mal de gens,
[11:51] c'est qu'à un moment donné, tu te rends compte
[11:52] que tu dis oui à plein de choses,
[11:55] puis souvent, j'étais comme,
[11:55] « Ah, je n'ai même pas envie d'aller là,
[11:57] je n'ai pas envie de faire ça. »
[11:58] Puis là, tu es comme, « Mais pourquoi? »
[12:00] Puis souvent, j'étais fâchée après moi-même.
[12:02] J'étais comme, « Pourquoi j'ai dit oui? »
[12:04] Parce que je n'ai pas envie, dans le fond.
[12:06] Fait que là, j'ai dit, « Ok, non,
[12:08] il faut que j'apprenne à dire,
[12:10] « Ok, non, ça ne me convient pas, ça ne me tente pas. »
[12:13] Fait que là, maintenant, je suis capable
[12:14] de dire à quelqu'un, « Non. »
[12:16] Ou une autre fois.
[12:18] – Tu le dis vraiment, sans te sentir mal.
[12:20] – Non, c'est ça.
[12:21] C'est un apprentissage, puis ce n'est pas parfait.
[12:25] Je pense que c'est difficile.
[12:27] Je pense que pour bien des gens,
[12:29] c'est apprendre à dire non.
[12:31] Puis je pense qu'à ce moment-là,
[12:33] c'est que tu te respectes toi-même.
[12:36] Puis après, ça laisse aussi
[12:37] beaucoup d'espace pour d'autres.
[12:38] D'autres choses que des fois, les gens sont comme,
[12:40] « Ok, mais comment t'arrives? »
[12:42] Bien, c'est justement toutes ces petites choses-là
[12:44] que les gens auraient peut-être dit oui,
[12:46] puis ils n'ont pas vraiment envie de le faire.
[12:48] Bien, à un moment donné, ça compte bien du temps.
[12:50] Puis à un moment donné, il en reste peut-être plus temps
[12:52] pour les choses que tu veux vraiment faire.
[12:53] – Comment t'arrives à sélectionner, c'est quoi,
[12:55] les choses que tu voudrais, que tu veux vraiment faire
[12:58] versus les choses
[13:00] qui seraient bonnes que tu fasses?
[13:03] Puis les choses que tu dis,
[13:05] « Je n'ai pas vraiment envie de le faire,
[13:06] mais ça pourrait avoir
[13:08] une plus-value à long terme. »
[13:09] Ça pourrait peut-être être bon que j'y aille.
[13:12] – Bien, ça revient un peu,
[13:13] j'avais déjà écrit là-dessus, que j'appelle,
[13:16] c'est comme un peu jongler,
[13:17] que chaque balle est comme une sphère de ta vie,
[13:20] que ce soit la famille, le travail,
[13:22] l'entraînement,
[13:24] des défis, des projets que tu as.
[13:26] Puis, avec les années,
[13:28] j'ai appris que tu ne peux pas tout faire en même temps.
[13:30] Parce que j'ai comme l'impression,
[13:31] sûrement pour tout le monde, que tu es comme bon dans rien.
[13:34] Tu essaies de tout nier de front,
[13:36] puis à un moment donné, tu es comme, ok,
[13:37] mais il n'y a comme rien qui marche,
[13:38] ou rien comme tu veux, parce que c'est juste trop.
[13:42] Fait que tu sais, j'ai juste appris à,
[13:43] ok, bien, à ce moment-là, dans l'année,
[13:46] bien, les balles importantes,
[13:48] mettons vraiment, si on prend l'image de jongler,
[13:50] c'est les balles dans les airs.
[13:51] Fait que c'est eux que je priorise,
[13:53] mais en gardant aussi, tu sais, en étant consciente
[13:55] qu'il y a d'autres choses qui sont en dessous,
[13:57] puis qu'il ne faut pas t'échapper non plus,
[13:59] mais qu'éventuellement, il va falloir
[14:01] que je monte ces autres balles-là.
[14:03] Fait que tu sais, que ce soit, mettons,
[14:05] un entraînement pour une course spéciale,
[14:07] spécifique, puis que ça va prendre plus de temps,
[14:09] bien, je suis consciente qu'après,
[14:10] bien, il va falloir que je fasse de la place
[14:11] à quelque chose d'autre que j'ai peut-être négligé
[14:14] pendant, tu sais, cette période-là.
[14:17] Fait que tu sais, en acceptant comme ça
[14:19] que c'est un peu cyclique,
[14:21] bien, je pense que ça te permet de faire
[14:22] beaucoup plus de choses, puis d'être un peu
[14:24] meilleure dans ce que tu fais.
[14:25] Oui. C'est comme, je ne sais pas si c'est de qui
[14:28] je l'entendais dernièrement, mais c'est comme en disant,
[14:31] ah, ah oui, c'est
[14:32] Ellen Gu, qui est comme une
[14:35] athlète olympique,
[14:37] elle est d'origine
[14:38] chinoise, mais athlète olympique,
[14:41] étudiante en chimie
[14:42] ou je ne sais pas quoi,
[14:44] puis model, genre,
[14:46] elle a tout pour elle.
[14:48] Puis elle disait, bien, quand je performe en ski,
[14:50] je ne suis pas en train de performer dans mes études
[14:52] et non plus en train
[14:54] de faire du mannequin,
[14:56] du mannequinat, mais quand je prends
[14:58] une pause, quand je suis en train
[15:00] de faire du ski, ça me permet
[15:02] de me reposer vis-à-vis de ces deux éléments-là,
[15:05] genre, puis ça me fait du bien. Puis après ça,
[15:07] quand je suis en train de faire du mannequinat,
[15:09] bien, ça me permet de prendre
[15:11] un peu de recul puis de repos
[15:13] par rapport au ski. Puis j'y vais
[15:15] en cycle comme ça, qui me fait du bien,
[15:17] qui m'apaise au final,
[15:19] puis ce sont tous des passions
[15:21] pour moi, puis comme je les équilibre
[15:23] comme ça. Je trouve ça quand même intéressant.
[15:25] C'est très intéressant.
[15:26] C'est sûr que dans les faits, ça a l'air plus...
[15:29] ça se dit bien, mais c'est quand même
[15:31] dur, concrètement.
[15:32] C'est vraiment pas facile.
[15:35] Oui.
[15:36] Puis ça sera pas...
[15:37] ça sera jamais parfait, mais je pense que c'est d'accepter
[15:39] justement que ça le sera pas.
[15:41] Tu sais, je pense que c'est souvent, on se met cette
[15:43] pression-là, qu'on veut que ça soit parfait, puis on
[15:45] essaie de tout faire affiter, puis là, quand ça marche pas,
[15:48] on... tu sais, comme un peu...
[15:49] mettons, on est un peu déçus par rapport à nous-mêmes,
[15:51] mais je pense que
[15:53] au contraire, il faudrait juste accepter
[15:55] que ça sera pas parfait, mais c'est
[15:57] d'essayer de se trouver sa propre équilibre un peu
[15:59] dans tout ça. Pour vrai,
[16:01] c'est tellement important
[16:02] ce que tu dis, accepter que c'est
[16:04] pas parfait, genre. Parce que...
[16:07] c'est drôle que ça sorte de ta bouche, parce que
[16:08] quand on te regarde de l'extérieur, tout a l'air
[16:11] parfait. Tu sais, tout a l'air...
[16:13] tout a l'air
[16:14] carriériste, entrepreneur,
[16:17] avoir un super
[16:19] bel impact dans la société,
[16:21] dans la communauté, dans la vie de jeunes
[16:23] filles aussi, proches de toi, bref, dans la vie
[16:25] de tellement de gens, caractère
[16:27] philanthropes aussi, tu sais, je veux dire, je peux
[16:29] continuer longtemps.
[16:31] Tu peux gêner. Non, mais tu sais,
[16:32] je peux continuer.
[16:34] C'est correct.
[16:35] C'est correct.
[16:37] Mais, tu sais,
[16:39] t'arrives quand même à accepter,
[16:41] tu te mets des hautes expectations
[16:43] et des hautes attentes, mais t'acceptes
[16:45] que tu vas peut-être pas rendre les résultats
[16:47] de façon parfaite,
[16:49] à la hauteur de ce que tu souhaiterais.
[16:52] C'est quand même dur.
[16:53] Ben, je pense que, dans n'importe quoi,
[16:55] si tu as le sentiment que
[16:57] t'as quand même fait de ton mieux,
[16:58] pis des fois, à un moment, ça va être
[17:01] ça de ton mieux, pis des fois, ça va peut-être être ça,
[17:03] pis c'est un peu la même chose, un peu, dans
[17:05] les entraînements et tout, ben, je pense que
[17:07] c'est correct, parce que j'ai dit, OK, pour
[17:08] aujourd'hui, j'ai fait ce que je pouvais.
[17:11] Pis j'ai fait de mon mieux, pis c'est correct.
[17:13] Versus, tu sais, quand t'es allée
[17:15] à moitié, non, j'ai dit, OK, aujourd'hui, c'est
[17:16] le meilleur de ce que je peux faire, pis c'est correct, tu sais.
[17:19] C'est vraiment, vraiment
[17:21] bon à savoir,
[17:23] pis à apprendre,
[17:25] pis à mettre en pratique, pis
[17:26] je sais qu'il y a beaucoup de filles,
[17:28] de femmes qui nous écoutent,
[17:31] pis qui ont ce même
[17:33] désir de performer,
[17:35] de devenir plus
[17:37] actives, de réaliser leur première
[17:39] course cette année, pis qu'ils se disent,
[17:41] bon, ben, tu sais, moi, si je veux être une Stéphanie
[17:43] Simpson, faut pas que
[17:45] j'ai manque mes entraînements, pis il faut que
[17:47] je performe dans ce que je fais,
[17:49] pis, tu sais, c'est tellement
[17:51] rien ce que je fais à comparer à Stéphanie,
[17:53] par exemple. C'est quoi que tu leur dirais à ces personnes-là?
[17:55] Ben, tu sais, first, tout est relatif,
[17:57] là, tu sais, c'est toujours comparé à quoi,
[17:59] pis c'est drôle, moi, je suis fan
[18:01] de, c'est comme un, c'est un documentaire
[18:03] qu'ils ont fait, là, pis c'est comme un petit escargot,
[18:05] je sais pas son nom, Marcel,
[18:07] de Shell, with shoes on.
[18:08] Hé, pour vrai, c'est à écouter. C'est tellement
[18:10] cute. C'est pour les enfants?
[18:12] Ben non, moi, j'ai, tu sais, c'est même
[18:14] le fond de ma montre.
[18:17] Mais? Ouais, ok. Pis,
[18:18] pour revenir, mettons, en gros,
[18:21] c'est comme, il se retrouve dans un
[18:23] Airbnb, là, comme si t'étais un, t'sais,
[18:24] c'est pas un bonhomme, là, pis
[18:26] il a perdu sa famille
[18:28] et tout, pis bref, il fait un documentaire, pis il parle
[18:30] tout seul, mais il est vraiment drôle.
[18:32] Mais bref, un moment donné, il y a quelqu'un qui dit,
[18:36] déjà,
[18:36] il est,
[18:37] il pense que j'ai, ils me disent que j'ai une grosse tête.
[18:39] Pis là, il dit juste,
[18:41] mais comparé à quoi?
[18:42] Pis, t'sais, pis il y a plein de moments
[18:45] comme ça, un peu, dans le film,
[18:47] que, t'sais, c'est cute, ça te refait
[18:49] repenser, mais c'est vrai aussi, c'est
[18:50] toujours comparé à quoi.
[18:52] T'sais, moi aussi, là, j'ai commencé un moment donné, pis
[18:54] 5 kilomètres, c'était énorme, là.
[18:57] C'est quand que t'as commencé la course?
[18:59] Hum, mettons,
[19:00] vraiment beaucoup, là, je te dirais, c'est en
[19:02] 2007-2008, fait que ça fait quand même
[19:05] longtemps, là, pis j'ai pas fait
[19:06] un premier ultra avant
[19:08] 2015. Hum. Est-ce que t'avais
[19:10] des enfants, à ce moment-là? Non, j'ai eu
[19:13] Charles en 2014. OK.
[19:15] Fait que, t'sais, il y a quand même un...
[19:17] C'est pas du jour au lendemain,
[19:19] là, t'sais, pour arriver
[19:20] à ça, fait que, t'sais, il y a comme un...
[19:24] Je pense qu'il faut que tout le monde
[19:24] commence ça à quelque part, pis
[19:26] c'est comme dans n'importe quoi, là, si demain, je voudrais
[19:28] apprendre un instrument de musique,
[19:31] ben, ça serait ça, là.
[19:33] Je commence à la base. Tu serais-tu capable de faire ça?
[19:35] Commencer quelque chose de nouveau,
[19:36] de nouveau? Ben, t'sais,
[19:38] des fois, quand t'as des périodes que, mettons,
[19:40] que tu peux pas moins courir, ou que t'es...
[19:43] T'sais, pour ça que t'es blessée, ou peu importe,
[19:45] là, des fois, faut-tu prendre une pause,
[19:47] je trouve ça intéressant de dire
[19:48] OK, là, je vais m'essayer de m'intéresser à quelque chose
[19:50] d'autre. Il y a comme un...
[19:53] Y a-t-il des choses que t'as faites dernièrement que tu dis
[19:54] « Ah, ça, j'ai fait ça? » Ben, pas...
[19:56] T'sais, j'aime dessiner ou écrire.
[19:58] Fait que, t'sais, des fois, dans les moments que, comme, peut-être
[20:00] que j'ai moins couru, ben, des fois,
[20:02] t'sais, comme j'ai passé un peu de temps
[20:04] là-dessus, sans que ça soit de dire « OK, j'ai développé
[20:07] une passion, là, j'ai commencé à m'acheter
[20:08] toutes les sortes de crayons, là, mais... »
[20:10] Mais bref, je pense que des fois, ça fait du bien
[20:13] de dire « OK, il y a quand même
[20:14] autre chose, t'sais. » Parce que, OK,
[20:16] ça arrive qu'un jour, mettons, pour une raison X,
[20:18] tu peux plus le faire.
[20:20] Mais c'est un peu pour ça aussi que c'est le fun
[20:22] que t'es ta business,
[20:24] mais que t'es la course, pis que t'es ta famille.
[20:27] Parce que quand on est blessée,
[20:29] c'est le fun de pouvoir se retourner
[20:31] sur quelque chose qui nous anime,
[20:32] pis qui nous challenge aussi,
[20:34] mais sur un autre niveau qui est peut-être
[20:36] pas physique, qui est quelque chose
[20:38] qui nous donne du réconfort, pis du bien-être
[20:40] qui est pas nécessairement
[20:41] dopamine et compagnie.
[20:44] Notre famille, par exemple.
[20:46] Mais, ouais, je trouve ça bon que tu dises ça.
[20:48] Je trouve que plus on vieillit, plus
[20:50] on oublie,
[20:54] pis on trouve ça
[20:54] difficile d'essayer des choses
[20:55] dans lesquelles on n'excelle pas.
[20:57] Mais au contraire, on devrait.
[20:59] Je sais.
[21:00] C'est comme Maxime, il a commencé à faire du surf
[21:02] il a passé 40 ans, pis il aime ça,
[21:04] pis il est super bon. Je crois qu'il y a quelque chose
[21:06] encore plus
[21:08] admirable à quelqu'un qui est comme
[21:10] mettons, plus vieux,
[21:12] qui commence quelque chose de nouveau.
[21:14] On veut pas, on évolue dans la vie.
[21:17] Fait que, tu sais, des fois, de juste dire
[21:18] « Ok, je passe à autre chose »,
[21:21] c'est correct aussi.
[21:22] Ça se peut qu'à un moment donné, t'as couru toute ta vie,
[21:24] pis c'était ça ton centre d'univers,
[21:26] pis à un moment donné, tu te dis « Hé, j'ai envie de faire autre chose. »
[21:29] Pis c'est bien correct.
[21:29] Est-ce que tu penses que ça pourrait t'arriver, ça?
[21:32] Hum...
[21:34] Non, pas.
[21:35] T'sais, on sait jamais, là.
[21:39] T'sais, pas à court,
[21:40] moyen terme, je pense pas.
[21:41] Mais t'sais, là, j'ai 40 ans,
[21:44] est-ce que dans 25 ans, ça va me tenter
[21:46] peut-être de faire
[21:48] des trucs, justement,
[21:50] des 5 kilomètres le dimanche,
[21:52] pis ça va me suffire, pis ça va être correct, t'sais.
[21:54] Fait que, t'sais, je pense que c'est correct
[21:55] d'accepter, à un moment donné, d'évoluer à travers
[21:58] tout ça, pis de juste dire « Ok, mais maintenant,
[22:00] c'est ça qui me convient, pis c'est correct, là. »
[22:02] Ça ressemble à quoi, une semaine dans ta vie?
[22:06] Ouh! Ça s'est varié.
[22:08] Parce que souvent, là, je peux faire
[22:09] bien des choses vraiment
[22:10] très variées, là. Comme juste en m'en venant,
[22:13] il y avait quelqu'un qui a essayé de voler au magasin.
[22:16] Ah! Surprise!
[22:17] Exact. Un dossier de financement
[22:20] qui est comme plus difficile.
[22:21] T'sais, c'est vraiment très...
[22:23] un peu de touche-à-tout, mais en même temps,
[22:25] je trouve ça le fun, parce que c'est pas tout le temps
[22:27] la même chose.
[22:29] Fait que c'est très diversifié.
[22:32] Fait que c'est très diversifié, disons.
[22:33] Où est-ce que tu places... Ah, attends, mais
[22:35] on est allés à plein d'endroits, pis il y a des trucs
[22:38] que j'ai oubliés de...
[22:40] Ben, vas-y.
[22:40] de terminer, là. T'sais, justement, qu'on parlait
[22:42] de ta structure de semaine.
[22:44] On parlait aussi, t'sais, du moment que tu prenais avec
[22:46] Maxime, justement, le matin vraiment tôt.
[22:48] Mais le soir, là, dans le fond, quand tu structures
[22:50] ta semaine, là, t'sais, tu vas te
[22:52] prioriser, donc tu vas dire non à des
[22:54] éléments. Tu te laisses donc de la borne
[22:56] passante, quand même, dans tes journées
[22:58] pour être prête à dire oui ou non
[23:00] à des urgences comme...
[23:02] Comme celle que tu me nommes, là. Genre, te faire...
[23:04] Ben, vous faire voler ou...
[23:06] Un dossier plus...
[23:07] qui prend plus de temps.
[23:09] Ouais. Pis t'sais, j'ai réalisé aussi avec le temps
[23:12] que comme avoir, t'sais, mettons, un gros
[23:14] lundi de foule de rendez-vous,
[23:16] ça va me rendre anxieuse la fin de semaine.
[23:18] Fait que je le fais plus. Fait que t'sais, j'essaie
[23:20] de condenser ça le mardi,
[23:22] mercredi, jeudi. Fait que t'sais, à un moment donné,
[23:24] tu te souviens que tu te connais.
[23:26] Fait que, OK, là, comme ça, je commence
[23:28] le lundi, pis c'est comme plus smooth, t'sais.
[23:29] Fait qu'il y a comme, des fois, à un moment donné,
[23:31] tu découvres que, OK, ça, ça me convient mieux.
[23:33] Pis des fois, c'est juste des petits changements,
[23:36] mais que ça fait comme
[23:37] toute une différence. T'sais, avant, des fois,
[23:39] je pouvais avoir 5, 6, 7 rendez-vous
[23:41] le lundi, mais je trouvais ça dur.
[23:43] Le dimanche, je pensais rien qu'à ça.
[23:45] Ouais. Pis aussi, t'sais, si
[23:46] on fait des gros week-ends de course
[23:49] les vendredis, samedis, dimanches,
[23:51] mettons, un week-end choc, pis t'sais,
[23:53] Dieu sait que tu fais quand même beaucoup de volume aussi.
[23:56] C'est quand même dur
[23:57] de récupérer, d'avoir récupéré
[23:59] le lundi. On dirait, personnellement, j'ai de la
[24:01] fatigue un peu accumulée le lundi.
[24:03] Pas nécessairement une fatigue musculaire,
[24:05] mais que mon énergie est un peu basse.
[24:07] Ouais. Je suis un peu plus
[24:09] blanche, j'ai un peu plus
[24:11] faim, j'ai envie de
[24:13] cocooner un petit peu plus, mettons.
[24:15] Ouais. Fait que t'sais, des fois, justement, tu remarques
[24:17] toutes ces choses-là,
[24:19] mais là, c'est comme plus facile d'ajuster
[24:21] ton horaire aussi. Pis là, après ça aussi,
[24:23] après, par rapport à les soirs,
[24:25] ben, j'en fais deux maintenant, et non...
[24:27] Avant, c'était comme, je disais un peu oui à
[24:29] n'importe quand, pis là, tu te ramasses à...
[24:31] Faire un là, un là, pis...
[24:33] Quand tu dis que tu fais un soir, c'est...
[24:34] Ben, des rencontres clients, là. Fait que t'sais, maintenant,
[24:36] je vais me concentrer maximum deux soirs.
[24:39] Pas plus de fin de semaine.
[24:41] Des fois, le dimanche, parce que ça me
[24:43] tente l'après-midi. Des fois, c'est vers
[24:45] quatre heures, là. Des fois, trois, quatre heures, des fois,
[24:47] j'en fais. Fait que t'sais, c'est d'essayer de voir,
[24:49] OK, voici ce qui me convient, voici
[24:51] ce que j'aime aussi.
[24:53] Pis là, après, j'essaie de jouer avec ça.
[24:55] C'est pas parfait, là.
[24:57] Pis des fois, ben, je pense que je vais faire ça, pis...
[25:00] Ça marche pas.
[25:01] Mais c'est correct, là. Je m'adapte.
[25:04] Pis comment tu gères les canaux
[25:05] de communication, admettons, avec tes divers
[25:07] employés ou avec tes clients?
[25:09] Arriver à mettre des limites comme ça?
[25:11] Parce que c'est quand même
[25:13] beau, d'une part, dire, genre,
[25:15] « Ah, voici mon horaire
[25:17] idéal », mais après ça, c'est
[25:19] quand même dur de le faire respecter
[25:22] dans une
[25:23] réalité normale. Donc, t'sais,
[25:25] je peux me dire ça, mais finalement, je reçois un appel
[25:27] à sept heures, pis j'ai pas vraiment le choix,
[25:29] finalement, fait que, t'sais, tout déborde, là.
[25:31] Ben, souvent, t'sais, comme tout ce qui est comme
[25:32] employé, ils le savent.
[25:34] Ils savent, ils passent une heure, là, mon téléphone, moi, à partir de sept heures
[25:36] et demie, ils tombent en mode avion tout seuls.
[25:38] Fait que, t'sais, à part, c'est une urgence, là,
[25:41] ils vont pas... Il y a personne
[25:42] qui va essayer de m'appeler
[25:43] à ce moment-là, mais, t'sais, aussi,
[25:47] versus les clients, ou peu importe,
[25:49] ça se dit aussi.
[25:51] T'sais, dans une rencontre
[25:53] initiale,
[25:54] c'est genre un...
[25:56] C'est comme banal, mais ça... Pis eux autres
[25:58] aussi, ils vont pouvoir te dire, « Hé, moi, c'est la... »
[26:00] « Cette façon-là, j'aime ça communiquer.
[26:02] Voici les meilleures heures. »
[26:04] Vice-versa, pis ils sont comme, « OK, parfait.
[26:07] C'est clair. » Pis ça fait que
[26:08] j'en reçois presque plus des appels
[26:10] dans des heures.
[26:12] Est-ce que t'es en train de dire qu'il faut qu'on demande d'être respecté?
[26:15] Ben, ça se dit dans une
[26:16] conversation avec quelqu'un. Très bien, OK,
[26:18] ben, on va travailler ensemble, pis
[26:20] c'est quand le meilleur moment si j'ai
[26:22] besoin de communiquer avec toi? Est-ce que tu préfères
[26:24] que je t'envoie un texto, un courriel,
[26:27] que je... Peu importe.
[26:28] Parfait, ils vont te répondre, pis ils disent, « OK, ben, regarde,
[26:30] moi, c'est ça. »
[26:32] Je sais pas si tu comprends
[26:34] à quel point c'est dur.
[26:36] Ben, je sais que tu le comprends, parce que, clairement,
[26:38] t'avais parti, mais c'est tellement dur, des fois, comme
[26:40] femme, mais aussi comme,
[26:42] peu importe, whoever on est, quelqu'un
[26:44] qui souhaite performer, mais il y a beaucoup
[26:46] de femmes au balado, fait que je parle surtout de femmes.
[26:49] C'est tellement
[26:50] difficile de pas se sentir mal, de dire,
[26:52] « Ouais, mais moi, il faut absolument que je sois partie. »
[26:55] Tu sais, on est comme souvent dans la justification
[26:56] de genre, « Ah, mais je serai pas disponible
[26:58] de 16h30 à 18h30. »
[27:00] « Je suis vraiment désolée, mais là, je vais rattraper
[27:03] à telle heure, mais là, je suis vraiment désolée. »
[27:04] T'as même pas besoin d'expliquer, pis t'as remarqué
[27:06] à un moment donné, avec le... Tu sais, plus que
[27:08] tu vas t'affirmer et
[27:10] te respecter à travers
[27:13] ça, les gens, ils vont se respecter.
[27:15] Ils vont arrêter d'empiéter.
[27:16] Ils vont dire, « Non, c'est vrai, elle m'a dit cette heure-là. »
[27:18] C'est ça. C'est tout. Mais c'est que
[27:20] souvent, c'est nous-mêmes, quand t'as cette
[27:22] réflexion-là, qui se respectent
[27:25] pas encore totalement.
[27:26] Ça fait que c'est nous qui pensent
[27:28] qu'ils vont dire ça et tout. En vrai,
[27:30] ça change pas grand-chose. Ils vont s'ajuster dans ton
[27:33] créneau, pis c'est tout. T'as même pas besoin
[27:35] de dire pourquoi. Non, entre
[27:37] 4h30 pis 18h, je suis pas disponible.
[27:39] C'est vraiment
[27:40] excellent, comment tu le mentionnes, parce que
[27:43] c'est un apprentissage que j'ai fait et que je continue
[27:45] de faire, que je trouve vraiment plus
[27:47] facile à dire aux autres de mon
[27:49] équipe versus moi-même.
[27:51] Pis même aux gens qui travaillent
[27:53] avec moi, par exemple,
[27:55] des fournisseurs des services, justement, qui m'appellent pis qui
[27:57] s'excusent. Tout de suite, à partir du moment que
[27:59] quelqu'un... Pis c'est souvent des
[28:00] femmes qui m'appellent pis qui disent
[28:02] « Ah, je suis super désolée, je suis un peu en retard.
[28:04] Il y a même pas une minute ou deux minutes
[28:06] de retard à la rencontre. » Ou comme
[28:08] le e-mail a été répondu dans les 24
[28:10] heures. Il y a pas de souci, là. Je pense que tout va
[28:12] bien. Mais du moment que la personne
[28:14] s'excuse, dans ma tête, ça sonne
[28:16] un peu comme de l'insécurité.
[28:19] Ben, ça l'est. Ben, exactement.
[28:21] Tu sais, ça sonne comme de l'insécurité, pis
[28:22] comme si ces personnes-là n'étaient
[28:24] pas pleinement conscientes
[28:27] de ce qu'elles apportaient
[28:28] concrètement à l'équipe, par
[28:30] exemple, ou de la
[28:32] qualité des services qu'elles rendent, par exemple.
[28:35] Fait que je trouve que plus on est confiantes
[28:36] et certaines,
[28:38] plus les gens avec qui on travaille
[28:40] vont nous respecter, pis être
[28:42] comme « Désolée de te déranger. »
[28:44] Justement, tu sais, plutôt « Je te relance.
[28:47] Désolée. Moi, je suis
[28:49] désolée de te déranger pour te relancer. »
[28:51] Par exemple. En tout cas, c'est comme un
[28:53] mindset différent
[28:55] à avoir, mais
[28:56] ta sagesse m'inspire beaucoup.
[28:59] Mais d'un autre côté, faut pas non plus, tu sais,
[29:00] ça peut être perçu aussi, quelqu'un qui est en retard,
[29:03] comme un peu, tu sais, comme...
[29:05] Non, non, il y a un équilibre. Ouais, c'est ça.
[29:07] Tu sais, faut que ça soit pas comme
[29:08] un manque de... Tu sais, moi, je dis
[29:10] « Un heure, c'est mon heure. »
[29:12] Ton temps est précieux, mon temps est précieux.
[29:14] Tout à fait. Fait que, tu sais, c'est plus de respecter aussi
[29:16] le temps des gens, que des fois,
[29:19] je trouve, de plus en plus, des fois,
[29:20] les gens, ils oublient ça, là. Tu sais, tu fais travailler
[29:22] quelqu'un, pis finalement... Oh non, non, non.
[29:24] Tu y parles plus, ou peut-être pas.
[29:26] Mais tu vois ça souvent?
[29:28] Ben, c'est rare, mais c'est quelque chose...
[29:31] Tu sais, moi, ça fait comme...
[29:33] Ça fait peut-être 17-18 ans
[29:35] que je fais des hypothèques. Jamais
[29:36] que t'aurais pu avoir ça avant, là.
[29:38] Tu sais, on voyait les clients en personne, pis tu sais,
[29:40] il y avait comme un genre de... Un peu un lien,
[29:42] mais tu sais, maintenant, avec les vidéoconférences,
[29:44] pis les appels, tu sais, t'as perdu
[29:46] un peu cette proximité-là
[29:48] que t'avais. Fait que je pense que c'est bien plus facile
[29:50] de flusher quelqu'un. Tu sais, c'est vrai.
[29:54] C'est vrai.
[29:54] C'est vraiment un bon point.
[29:55] Pis, à quelle heure tu te couches?
[29:59] Bonne question.
[30:01] Autour de
[30:03] 8h, 8h30.
[30:04] Fait que t'as tes heures de sommeil, là.
[30:06] Oui, oui, je dors entre 8 et 9h par jour.
[30:09] Ah. Ouais.
[30:10] Wow. C'est bon. C'est excellent.
[30:12] C'est bon pour notre santé.
[30:13] Je pense qu'avec le sport et tout,
[30:17] c'est comme un bon...
[30:19] Y'en a qui sont
[30:20] capables de fonctionner avec moins de
[30:22] sommeil. Moi, je vais l'essayer, pis même
[30:24] c'est drôle, j'avais déjà essayé de trouver un livre
[30:26] pis des genres de podcasts pour essayer
[30:28] d'apprendre à être quelqu'un qui a besoin
[30:30] de dormir moins. Je disais, je préfère bien plus d'affaires.
[30:33] Pis, c'est impossible, là.
[30:34] Mais c'est bon, tu sais, je veux dire, tu te respectes,
[30:36] pis je veux dire...
[30:38] C'était quoi les conseils qu'ils donnaient?
[30:39] Je sais pas, là, mais...
[30:41] Autant que je peux faire une couple de jours,
[30:44] pas trop de sommeil dans une course,
[30:47] je vais même pas pratiquer
[30:48] en entraînement de courir la nuit.
[30:51] Je vais dire, non, j'aime mieux dormir.
[30:53] Je vais le vivre ce moment-là, pis c'est tout.
[30:54] Pis, fait que, tu sais,
[30:56] je pense que c'est... Ouais, pour moi,
[30:58] c'est important. Huit heures...
[31:00] Attends, mais là, justement, ça m'amène à beaucoup de questions.
[31:02] Parce qu'on a parlé que t'étais une coureuse. Dans l'intro,
[31:04] je vais probablement avoir discuté
[31:06] justement du nombre de kilomètres
[31:09] que tu fais dans une course.
[31:10] Mais mettons que t'introduis un petit peu le genre de course
[31:12] auquel tu participes, c'est quand même
[31:14] fou que tu sois une grande dormeuse.
[31:17] Tu sais, généralement, les gens, ils font des nuits
[31:18] debout
[31:20] en entraînement, quasiment, là, tu sais.
[31:22] Ouais, non, je suis pas...
[31:23] Là, c'est...
[31:24] C'est sûr que c'est propre à chaque personne, là.
[31:26] Je suis pas coach non plus, mais je suis comme
[31:27] pas pour ça.
[31:30] Tu sais, à part qu'il y ait quelqu'un, là,
[31:32] qui ferait juste ça dans la vie, pis il pourrait se le permettre,
[31:34] pis aller se coucher après et tout, là.
[31:35] Mais je pense que ça a trop un gros
[31:37] impact de commencer à négliger
[31:40] le sommeil.
[31:41] Je pense qu'on en demande déjà beaucoup à notre corps
[31:44] avec l'entraînement et tout.
[31:46] Fait que là, c'est en plus, tu vas gruger
[31:47] dans ton sommeil. Il y a une différence
[31:49] entre y aller à deux, trois heures une fois
[31:51] parce que tu veux essayer la frontale, là.
[31:54] Tu sais, c'est quoi, pis comment ça marche,
[31:56] pis je pense que t'as plus besoin
[31:58] de le refaire, là. Tu sais, c'est correct.
[32:00] Mais je suis un peu pareil dans le monde
[32:02] de l'alpinisme, dans le sens que
[32:04] tu sais, quand je reviens d'exprès
[32:06] ou quand je m'en vais en exprès, j'ai pas besoin
[32:08] d'aller faire du camping d'hiver quand j'arrive
[32:10] à Montréal pendant, comme,
[32:12] une couple de week-ends pour me préparer mentalement.
[32:14] Je préfère profiter de chaque instant,
[32:17] me reposer,
[32:18] pis quand je partirai, là,
[32:20] je serai dans le dur un petit peu plus,
[32:22] pis c'est correct. Je vais être prête,
[32:24] je vais être reposée, genre.
[32:26] Ouais, je pense que souvent, c'est mieux d'arriver reposée
[32:28] que d'avoir fait plein d'affaires,
[32:30] pis à un moment donné, t'es comme, OK, j'ai plus
[32:32] envie, là. Je veux plus être là, là, tu sais.
[32:35] Tes plus belles courses
[32:36] que t'as envie de nous partager, quelques-unes,
[32:38] par exemple? Ouh, j'en ai fait
[32:40] une couple les plus belles.
[32:42] Ben, c'est sûr que Badwater,
[32:44] qui était l'année passée, c'était comme un rêve.
[32:46] Ça ressemble à rien, là, tu sais, c'est comme
[32:48] couvrir sur de l'aspect. C'est quoi, Badwater?
[32:50] Badwater, c'est 217 kilos
[32:51] à Dead Valley, fait que
[32:54] je pense que c'est pas l'endroit le plus
[32:56] chaud, c'est un des endroits les plus chauds.
[32:59] Tu sais, ça peut facilement atteindre
[33:00] le 55, là. Il fait très chaud,
[33:02] mais c'est un... Genre, un vrai 55, c'est impossible.
[33:04] Mais c'est sec. Fait que c'est pas la même chose
[33:06] que comme un 55,
[33:08] mettons, humide, là. Tu sais, fait que tu le sens
[33:10] pas vraiment. Tu le sens pas?
[33:13] Ben, oui, parce que c'est comme...
[33:15] Mettons, c'est le même feeling qu'émettre un séchoir,
[33:17] le partir, pis te mettre la face dedans.
[33:19] Pis là, tu cours 217 kilomètres
[33:21] là-dedans. Pis c'est
[33:22] 217 kilomètres sur route,
[33:24] avec beaucoup de dénivelé. Ouais, il y a quand même
[33:26] vraiment beaucoup. C'est presque 5000 mètres
[33:28] de dénivelé. Fait que pour de la route, c'est quand même
[33:30] beaucoup, là. Ouais. 5000 mètres, OK.
[33:33] Ouais. Pour de la route, parce qu'à un moment donné,
[33:34] il y a une limite à... C'est pas comme en forêt que...
[33:37] Tu sais, ça peut être, tu sais,
[33:38] accidenté quand même pas mal, là. Tandis qu'une route,
[33:40] ça reste que... Il y a quand même des véhicules, là.
[33:42] Fait que ça, il y a une limite à... Tu sais,
[33:44] quand t'es rendu à 12 %, c'est quand même...
[33:46] 12 %. Là, je vais te poser la question
[33:48] que beaucoup de personnes te poseraient.
[33:51] Est-ce que tu cours tous les 217
[33:53] kilomètres? Non. C'est normal, hein?
[33:55] Non, je pense que tout ce qui est...
[33:58] Tu sais,
[33:59] passer un marathon, puis même...
[34:00] Probablement qu'il y en a qui vont le marcher
[34:02] des parties, puis c'est bien correct. C'est sûr
[34:04] qu'il y a de la marche, là. Tu sais, tout ce qui est trail,
[34:06] tout ce qui est longue distance, c'est comme...
[34:09] C'est comme inévitable, là.
[34:10] Je veux pas, là. C'est bon, ça.
[34:13] Puis comment tu t'es préparée
[34:14] à ta Badwater? Parce que l'histoire
[34:16] est belle de la Badwater, puis je sais que t'en as
[34:18] déjà beaucoup parlé, mais pour ceux qui
[34:20] la connaissent pas, peut-être un petit... Je peux la
[34:22] résumer. Bien, je peux répondre
[34:25] vite, vite là-haut, comment on s'entraîne.
[34:27] C'est drôle, j'avais toujours dit,
[34:28] le jour que je vais être prise, j'aimerais ça prendre
[34:31] une couple de mois un peu plus
[34:32] relax de travail pour vraiment
[34:34] me concentrer là-dessus. Puis finalement,
[34:37] c'est jamais arrivé. C'était même pire que pire.
[34:39] Fait que j'ai juste... Au début,
[34:41] j'ai trouvé ça dur, là, pendant genre
[34:42] deux, trois semaines. J'ai comme...
[34:44] C'est comme j'ai pas de chance.
[34:47] Puis j'ai dit à qui, regarde, j'ai pas le choix de faire avec
[34:48] ce que j'ai. Fait que c'était vraiment
[34:50] pas parfait, mais tu sais, regarde, j'ai fait ce que je
[34:52] pouvais, puis je suis arrivée là avec
[34:54] le mieux que je pouvais faire.
[34:58] Bien, c'est sûr que c'est pas évident
[34:59] parce qu'il fait tellement chaud. Fait que
[35:00] j'avais souvent un genre de soude. Ça ressemble à un soude
[35:03] de peinture, là.
[35:05] Pour un peu essayer de reproduire
[35:06] la chaleur.
[35:08] Puis sinon, je faisais des côtes
[35:10] dans Westmount, up and down,
[35:12] avec mon soude, puis c'était
[35:14] pas mal ça. J'ai fait
[35:16] un peu de sauna vers la fin, là, mais
[35:17] je pense que là-dessus, je me suis
[35:20] dit, OK, j'ai quand même assez d'expérience
[35:22] sur des longues distances.
[35:22] Je vais me miser là-dessus.
[35:25] J'ai pas nécessairement
[35:26] l'énergie ou le temps d'en faire
[35:28] comme je voudrais.
[35:30] Fait que ça va être ça, puis
[35:32] c'est correct, tu sais.
[35:33] Oui, mais c'est bon ça. C'est tellement excellent
[35:36] de se le rappeler, puis
[35:37] tu sais, c'est comme ton corps, il y a une mémoire.
[35:40] Il se souvient de toutes les courses d'ultra
[35:42] que t'as faites. Il se souvient
[35:44] aussi, tu sais, je veux dire,
[35:46] ton corps puis ton mental a été dans
[35:48] des situations de stress puis de pression
[35:50] aussi liées à ta charge professionnelle,
[35:52] à ta charge familiale.
[35:54] Puis tout ça, ça rentre en ligne de compte.
[35:57] Nombre de fois que je me suis fait dépasser
[35:58] en course par des mômes,
[36:00] puis des grands-mamans d'ailleurs aussi,
[36:03] tu sais, on est fort
[36:04] parce qu'on a une mémoire aussi.
[36:07] Tu sais, en tout cas,
[36:08] je pense que toutes les situations
[36:10] qu'on vit nous aident à
[36:12] performer un peu mieux la prochaine
[36:14] fois. Sans nécessairement
[36:16] avoir à en mettre
[36:18] les bouchées doubles, puis c'est pour ça que c'est tellement
[36:20] important de pas, après ça, se comparer
[36:22] à d'autres personnes qui
[36:24] font, bien, tu sais, par exemple, là, tu pouvais suivre
[36:26] les autres personnes qui étaient, qui allaient s'entraîner,
[36:28] bien, qui allaient réussir Badwater.
[36:30] Est-ce que tu le fais, regarder leurs entraînements, puis comment ça...
[36:33] Non, pas vraiment. Je suis pas
[36:34] genre de... Non. J'ai vraiment
[36:36] pas vraiment...
[36:38] Puis, ils t'ont placée dès le
[36:40] départ sur
[36:41] la team Elite,
[36:44] Badwater. Bien, c'est pas vraiment Elite, là, dans le fond,
[36:46] la façon que ça fonctionne, c'est que trois départs,
[36:49] un à huit, un à neuf, un à dix.
[36:50] À dix, c'est le plus rapide.
[36:53] Mais, ouais, c'était comme un peu
[36:54] intimidant, parce que, tu sais, c'est quand même,
[36:56] tu sais, des gros noms, là, les autres.
[36:59] Puis, t'es comme, hé, qu'est-ce que
[37:00] je fais, là? Puis, veux, veux pas,
[37:03] je savais que j'étais pas
[37:04] nécessairement,
[37:06] tu sais, au top de qu'est-ce que je
[37:08] pourrais faire, tu sais, avec
[37:10] plus de temps ou plus de préparation.
[37:14] Mais,
[37:14] c'était correct. J'ai dit, regarde, je vais faire
[37:16] ce que je peux, puis, tu sais, rendu là,
[37:18] le but, c'était juste, OK, il faut juste que j'aille
[37:20] à la fin de ça, tu sais. Je veux juste
[37:22] puis, c'est aussi pour ça
[37:24] que c'est difficile. C'est que
[37:26] ils font tellement une sélection
[37:27] des personnes qui sont invitées que le taux
[37:30] de personnes qui abandonnent
[37:32] est très minime. Tu sais, je pense qu'on a pris,
[37:34] on était 99 qui a pris le départ
[37:36] de mémoire,
[37:38] 94 a fini ou 95.
[37:41] Wow! Ouais, ouais. Fait que, tu sais,
[37:42] c'est comme, c'est drôle,
[37:44] il y avait un autre coureur qui a fini presque
[37:46] en même temps que moi, ou presque,
[37:48] ou un peu après ou un peu avant, là, je m'en rappelle
[37:50] plus. Puis, tu sais, lui aussi,
[37:52] c'était un coureur, c'était un bon
[37:54] coureur, puis, je pense,
[37:56] il a comme dit qu'il n'y a pas eu la course
[37:58] qu'il aurait voulu avoir,
[38:00] puis il a dit, tu sais, quand tu as l'honneur d'être invité ici,
[38:02] tu fais juste te rendre à la fin.
[38:04] Tu sais, peu importe ce qui arrive, parce que ça aurait pu être
[38:06] facile de dire, hey, c'est pas ma journée,
[38:08] bien, je débarque, puis tant pis.
[38:10] Je pense que les gens
[38:12] qui vont à cette course-là
[38:14] se font le devoir
[38:15] de, OK, si ça fonctionne pas
[38:18] comme je veux, je vais quand même
[38:20] tout faire pour me rendre à la fin.
[38:22] Tu as la course, puis tu respectes le privilège
[38:24] qui t'est donné, parce qu'il y a plein d'autres personnes
[38:26] qui voudraient être là à ta place.
[38:27] À part si c'est quelque chose de majeur, que là, tu n'as pas,
[38:29] tu sais, ça se peut qu'il arrive quelque chose, puis là, tu n'as pas le choix,
[38:32] mais tu sais, si c'est juste parce que tu n'as pas
[38:34] une bonne journée,
[38:36] ou, tu sais...
[38:38] Parce qu'on le voit, là.
[38:39] Ça l'arrive, là, ça. Que, tu sais, les gens,
[38:42] tu sais, souvent, ça l'arrive un petit peu plus dans les élites,
[38:44] ils n'ont pas la journée qu'ils veulent, puis, tu sais,
[38:46] c'est facile de dire, OK, parfait, je débarque, puis je vais
[38:48] me reprendre sur une autre, mais ça,
[38:50] je pense que c'est genre la course que...
[38:52] Je pense qu'ils sauraient
[38:54] que tu ferais ça, je pense qu'ils ne vont pas te réinviter, tu sais.
[38:56] Pourquoi elle est autant
[38:58] comme... pas prestigieuse,
[39:00] mais pourquoi c'est autant un honneur
[39:02] d'être invitée à cette course-là?
[39:03] Bien, first, ils en prennent juste 100 par année,
[39:06] puis, tu sais, ça limite
[39:08] le nombre de personnes. Après, tu sais,
[39:10] il y a souvent des vétérans
[39:12] qu'il y avait, des gens qui ont déjà fait la course,
[39:14] qui vont réappliquer.
[39:15] Ça donne pas tant de place pour des nouvelles personnes,
[39:18] c'est peut-être 33-35
[39:20] coureurs par année.
[39:22] Fait que, tu sais, sur 10 ans, là, si tu fais le calcul,
[39:24] c'est 300-350
[39:26] nouveaux coureurs seulement.
[39:28] Ensuite, il y a aussi le facteur
[39:30] du... tu sais, c'est quand même 217
[39:32] kilomètres, les conditions
[39:34] sont pas faciles, fait que je pense qu'ils veulent s'assurer
[39:36] que les gens qui s'inscrivent
[39:38] puis qui vont être à la ligne de départ
[39:39] ont les capacités pour se rendre
[39:42] à la fin
[39:43] de la course.
[39:45] Quand t'as fait cette course-là,
[39:46] est-ce que tu savais...
[39:48] le projet que tu vas nous parler tantôt?
[39:51] Non.
[39:52] C'est drôle parce que, tu sais, aussi
[39:54] la réflexion de... tu sais, moi, c'est un rêve,
[39:56] là, de... tu sais, pour revenir
[39:58] à ce que j'avais pas expliqué, là.
[40:00] Dans le fond, quand j'ai commencé à courir,
[40:02] moi, c'était à l'époque, tu sais, que ma mère était malade.
[40:05] Fait que c'était un peu, moi, ma façon de m'exprimer
[40:07] à travers ça, là.
[40:08] Je suis moins pire, mais j'étais pas la personne
[40:10] qui parlait le plus, là.
[40:12] Fait que je pense que j'avais trouvé, OK, ça fait du bien,
[40:15] j'ai pas vraiment besoin de parler, mais c'était comme
[40:16] ma façon de m'exprimer
[40:18] ou d'évacuer un peu ces genres
[40:20] d'émotions-là.
[40:23] Puis, ma mère voulait aller
[40:24] à Palm Beach, ça s'appelait
[40:26] l'Institut Hippocrate.
[40:29] En tout cas, bref, c'est comme un
[40:30] petit univers des jus verts, puis tout est cru,
[40:33] puis, bref.
[40:35] Ça, c'est un autre sujet, mais...
[40:37] Mais, comme tu peux pas dire
[40:39] à quelqu'un qui est comme en
[40:41] cancer avancé,
[40:43] non, va pas là, tu sais, peu importe.
[40:45] Tu sais, si... je pense que si quelqu'un,
[40:46] un espoir, puis il pense que
[40:48] quelque chose peut fonctionner, bien, je pense
[40:50] que c'est correct, il faut que tu lui laisses
[40:52] la chance. C'est comme un peu dire que, OK,
[40:54] elle m'a un projet, non, tu pourras pas le faire.
[40:56] C'est un peu la même... la même... la même
[40:58] chose. Fait que moi, j'étais allée pour la
[41:00] dernière semaine, elle est allée là trois semaines,
[41:03] puis, tu sais, y'avait pas grand-chose à faire.
[41:05] Là, tu sais, elle allait dans des genres de conférences,
[41:06] des trucs comme ça, puis je...
[41:08] Puis, je veux pas, à l'époque, j'avais quand même
[41:10] début vingtaine, là. Ça t'intéressait pas
[41:12] les desintox de jus...
[41:14] Hé, j'ai rentré là, là, je me bouchais le nez,
[41:16] je capotais, là.
[41:17] Mais maintenant? C'est différent?
[41:20] Oui, probablement différent maintenant, mais
[41:22] je capotais, puis à un moment donné, même,
[41:24] j'ai pris un taxi, j'étais sortie
[41:26] pour aller me chercher un McDo, puis je suis
[41:28] revenue, j'ai mangé juste du cru,
[41:30] c'était pas habitué, j'avais mal au ventre,
[41:32] j'ai capoté, là. Fait que, bref.
[41:34] Puis, à un moment donné, c'est ça,
[41:36] y'avait comme une genre de piscine, on était
[41:38] sur le bord, puis y'avait un livre,
[41:40] puis là, justement, le gars, dans le livre,
[41:42] il parlait de bad water,
[41:44] mais j'ai juste tombé sur ce livre-là, puis j'étais comme,
[41:46] mais non, personne peut courir 217
[41:48] kilomètres, puis le gars se faisait
[41:50] livrer la pizza sur le coin, puis il pliait
[41:52] ça, puis il mangeait ça, j'étais comme, mais non.
[41:54] Mais non, ça se peut pas. Fait qu'on a
[41:56] comme un peu une conversation par rapport à ça,
[41:59] puis j'ai dit, écoute, si un jour,
[42:00] t'es juste lancé ça de même,
[42:02] sans que ce soit comme une grande conversation
[42:04] full sérieuse, si un jour,
[42:06] c'est possible, je vais le faire.
[42:08] Puis là, après, ma mère est décédée et tout,
[42:10] puis après, c'était un processus de
[42:12] ok, parfait, je vais me rendre là.
[42:14] Fait que...
[42:14] Dès le début, t'as commencé à courir, t'avais 100 têtes.
[42:17] Oui, ça fait que ça fait très longtemps, là.
[42:19] Puis j'ai appliqué, j'ai pas été prise
[42:21] des fois, après ça,
[42:23] les règles ont changé, à un moment donné, c'était,
[42:25] mettons, trois courses de 100 000 et plus,
[42:27] après ça, c'est tombé à quatre, fait que t'sais,
[42:29] j'ai eu comme une couple de fois
[42:31] des déceptions,
[42:34] il y a aussi l'année d'avant,
[42:36] j'avais juste décidé de pas appliquer.
[42:38] J'ai dit, je me rappelle pas
[42:40] pourquoi,
[42:42] bref, pour une raison, j'ai dit ok, non,
[42:44] je vais appliquer tant qu'à ça,
[42:45] je vais appliquer pour l'année d'après.
[42:47] J'ai dit ok, ça va être l'année que je vais avoir 40 ans.
[42:49] Puis finalement, j'ai été prise,
[42:52] mais ça a été vraiment
[42:54] un processus. Fait que ça aussi,
[42:56] là, après, il y a...
[42:57] Il y a eu des courses qualificatives aussi qui fonctionnaient pas, me semble.
[43:00] Oui, bien dans le fond, tout ce qui était backyard,
[43:02] puis tout ce qui était course
[43:03] sur
[43:05] piste, mettons,
[43:07] qui est comme en continu, même si t'avais fait plus que 100 000
[43:10] en 24 heures, ça compte pas.
[43:11] Puis c'est drôle, les backyard, l'année d'après,
[43:14] que je l'ai faite. Fait que là, pour mettre
[43:16] cette année, mettons, ça compte.
[43:18] Fait que là, on a comme rajouté.
[43:20] Fait qu'il m'en manquait une, puis l'an passé,
[43:21] il m'en manquait encore une parce qu'il avait changé
[43:23] la formule. Puis
[43:25] qu'est-ce qui a été difficile aussi,
[43:27] c'est que ça m'a fait que j'ai détesté la distance
[43:30] de 100 000. Parce que là, ça t'a fait
[43:32] obligée à t'inscrire à des
[43:34] 100 miles que je voulais pas faire.
[43:36] Comme Bromont?
[43:37] J'en ai fait, là, puis ça a été finalement
[43:39] la distance que j'ai
[43:42] le plus abandonnée, mais probablement,
[43:44] pas pour les bonnes raisons. Juste parce
[43:46] que, hey, il y a des fois, je pleurais la veille
[43:48] et j'avais pas envie de le faire. C'était juste
[43:50] vraiment pour faire
[43:51] un check, là. Puis j'étais comme qui, Stéphanie,
[43:54] pense-t-il, c'est 24 heures dans ta vie, à 24 heures,
[43:56] on en parle plus. Tu sais, fallait que j'aille à cette
[43:58] conversation-là avec moi-même,
[44:00] parce que plein de fois, j'avais pas vraiment envie de faire
[44:02] la course. C'était juste vraiment
[44:04] pour faire un check. Puis là, c'est
[44:06] pour ça que j'ai dit, OK, faut plus peut-être
[44:08] que tu vises des 100 000. Va
[44:10] pour un peu plus long.
[44:12] Puis finalement, j'ai mis eux
[44:13] ce format-là.
[44:14] Puis ça m'a fait dire, OK,
[44:16] j'ai enlevé ce genre de focus
[44:18] sur le 100 000 que
[44:19] finalement, c'est devenu que comme si
[44:21] la distance que j'aime
[44:24] pas, mais pas parce que j'aime pas, mais c'est
[44:26] parce que c'est obligé. Mais c'est plus les courses aussi, j'ai l'impression.
[44:28] Tu sais, parce que souvent, les 100 000,
[44:30] c'était des courses d'ultra en montagne
[44:32] avec vraiment beaucoup
[44:33] des plus. Puis t'as quand même,
[44:36] si je me trompe pas, puis là,
[44:37] il me semble qu'on en avait parlé, tu m'avais dit que tu préférais
[44:40] les courses plus sur route. Ou plus
[44:42] au roulant, tu sais. Oui, c'est ça. Exact.
[44:43] Puis il y en a
[44:44] plus sur route.
[44:44] C'est pas des millions, des 100 000 sur route
[44:46] ou plus roulant. Donc,
[44:48] ça oblige à rester dans le coin,
[44:50] à faire des courses
[44:51] qui ont beaucoup de dénivelé positif,
[44:54] qui sont techniques, moins d'ensile,
[44:57] beaucoup moins
[44:58] de plaisir. Puis en plus, en sachant que
[45:00] c'est pas l'objectif, tu sais, c'est pas ça
[45:01] qui est gagnant pour ton training, pour Badwater
[45:04] aussi. C'est un peu
[45:05] un dissuasif. Puis là, souvent,
[45:08] je mélangeais, tu sais, comme je faisais un peu de backyard.
[45:10] Après ça, j'allais faire une course avec full de dénivelé
[45:11] technique que je ne tentais pas. Fait que là,
[45:14] à un moment donné, tu essaies d'être un peu partout.
[45:15] Puis là, c'est là que tu réalises
[45:17] que ça ne marche pas.
[45:19] Fait qu'après, c'est ça. J'ai dit que je vais faire plus long.
[45:21] J'ai fait le Thor, puis le Cocodona.
[45:23] Mais là, ça a changé un peu
[45:24] le mindset que j'avais
[45:27] de penser
[45:29] que c'est un 100 000 absolument.
[45:31] Le Thor, c'est vraiment
[45:33] Hutt qui était comme juste, dit ça comme ça
[45:35] au passage. C'est quoi le Thor
[45:37] puis Cocodona pour ceux qui savent pas?
[45:39] Cocodona, c'est
[45:40] en Arizona, c'est 400 kilomètres.
[45:44] Qui va être justement
[45:45] un peu plus mon profil de course.
[45:47] Un peu plus roulant. Il y a 10 000
[45:49] mètres de dénivelé sur 400.
[45:51] C'est pas énorme. C'est pas technique.
[45:52] C'est ça en altitude, oui.
[45:55] Oui, mais pas tant.
[45:57] Ça se fait très bien.
[46:00] Versus
[46:00] le Thor, qui est pas technique.
[46:03] Mais le dénivelé, c'est
[46:05] presque 25-30 000 mètres.
[46:07] C'est comme le tour du Mont-Blanc, fois 3.
[46:09] Deux fois et demi, mettons.
[46:10] Puis c'est 330 kilos.
[46:12] Mais tu vois, en termes de
[46:13] paysage, en termes d'expérience,
[46:16] même si Badwater est un rêve,
[46:18] le Thor reste la plus belle
[46:20] course que j'ai jamais faite.
[46:21] Est-ce que c'est difficile de se qualifier pour le Thor?
[46:23] Non, c'est un tirage.
[46:25] Fait qu'il faut juste que t'aies un peu de chance.
[46:27] Ça nous prendrait un peu de chance à toi et moi.
[46:30] Ouais, mais c'est drôle.
[46:32] Sais-tu, l'année passée,
[46:34] j'avais réappliqué puis ils m'ont repris.
[46:36] Mais là, j'étais comme, non, je vais pas faire
[46:37] Badwater. Puis après, encore
[46:39] le Thor, c'est trop proche.
[46:42] Je pense que...
[46:43] Je l'ai déjà fait, faire des trucs trop
[46:46] proches, puis ça marche pas.
[46:47] Mais t'as failli le faire, quand même.
[46:48] J'ai pensé.
[46:49] Genre la semaine avant.
[46:50] Non, mais tu sais, c'est juste toujours, ah, j'aimerais ça.
[46:53] Mais j'aimerais ça, c'était plus
[46:55] pour revivre l'expérience
[46:57] de, hey, tu déconnectes,
[46:59] ça m'avait pris, je pense, j'avais toutes eu
[47:01] les conditions imaginables, mais ça m'a pris 135 heures.
[47:04] Mais là, pas de téléphone,
[47:06] pas de courriel, un peu genre
[47:08] perdu. Puis là, des fois, c'est long les montagnes.
[47:10] Je partais d'un ravito en bas, puis ça pouvait
[47:11] se rendre 6 heures à monter.
[47:13] Mais il y avait quelque chose
[47:15] de comme...
[47:17] Je pense qu'il faut que tu le vis
[47:19] pour le voir. T'es tellement dans le moment...
[47:21] Il y a comme plus rien qui te dérange.
[47:23] C'est juste ça, c'est là.
[47:25] On regarde les arbres, on avance.
[47:27] Tu te rends compte de... Puis j'avais même fait
[47:29] une genre d'amie, là.
[47:31] Elle parlait anglais, puis espagnol,
[47:33] puis moi français, puis anglais.
[47:35] Fait que tu sais, quand on voulait se comprendre,
[47:37] on se parlait en anglais. Puis à un moment donné,
[47:39] il y avait une nuit, je pense la quatrième,
[47:42] qu'on était vraiment
[47:43] fatiguées toutes les deux, puis on a dit, OK, il faut juste
[47:45] se rendre au prochain ravito, puis on va
[47:47] se trouver un petit coin, on va dormir 20 minutes.
[47:49] Mais, tu sais, c'était quand même limite,
[47:51] là, que tu pouvais tomber, puis
[47:53] c'était grave, là, si tu tombais.
[47:55] Fait qu'on a dit, on va se parler.
[47:57] Mais je pense qu'on s'est parlé pendant des heures.
[47:59] Moi, j'ai parlé en français, elle, elle me parle en espagnol.
[48:01] J'ai aucune espèce d'idée de ce qu'elle m'a dit.
[48:03] Je me rappelle rien, mais à un moment donné, j'ai juste réalisé,
[48:05] hé, on comprend absolument rien, les deux, là.
[48:08] Oh là là!
[48:08] C'était normal, mais c'était comme vraiment,
[48:11] j'y parle en français, j'arrête,
[48:13] elle parle, comme si c'était une conversation,
[48:15] mais que personne ne comprenait.
[48:16] C'était vraiment spécial.
[48:18] Est-ce que tu lui as reparlé par après?
[48:20] On s'est comme revus.
[48:23] Après, je pense que son conjoint a parlé un peu avec
[48:25] Maxime, parce qu'il faisait le coup en même temps.
[48:27] Mais moi, je n'y ai pas reparlé.
[48:29] C'est des belles...
[48:31] C'est incroyable.
[48:32] Mais Coco Donner, le Thor,
[48:35] Bad Weather, c'est tellement des courses
[48:37] de rêve, là.
[48:39] Puis quand on voit tes images,
[48:40] j'invite tout le monde.
[48:41] Allez suivre Steph sur les réseaux sociaux.
[48:44] Vous allez voir, elle documente ses courses,
[48:46] mais comme Coco Donner...
[48:48] Je ne me souviens pas des images du Thor,
[48:49] mais je me souviens des vidéos que vous avez faites
[48:51] de Coco Donner, ça se peut-tu, avec Mélodie?
[48:53] Oui, on a fait une vidéo sur Coco Donner, oui.
[48:56] En tout cas, magnifique, magnifique, magnifique course.
[48:58] Oui, c'était très beau.
[48:59] Puis, comment ça s'est passé, Bad Weather, finalement?
[49:04] Ça a quand même été tough.
[49:06] Oui.
[49:07] Tough, pourquoi?
[49:09] Genre de...
[49:10] Un peu d'erreur, là.
[49:12] Tu sais, c'est pas question d'entraînement, rien.
[49:15] Tu sais, t'es très exposée au soleil.
[49:18] Tu sais, plusieurs fois, là.
[49:21] Tu sais, à un moment donné, j'avais comme quasiment...
[49:22] Comme, tu sais, quand t'as des brûlures de...
[49:24] de coups de soleil, là.
[49:27] Tu sais, je voyais comme ça...
[49:28] Ça commençait à clocher et tout, là.
[49:30] Fait que, tu sais, un peu trop exposée.
[49:33] C'était en fait comme un peu une insolation.
[49:35] Fait que, tu sais, à un moment donné, Maxime me disait
[49:37] que non, ça ne marche pas.
[49:38] Après ça, le crew, des fois, il m'arrosait,
[49:40] il m'arrosait pas quand il venait avec moi.
[49:41] Tu sais, il y a une couple de petites affaires
[49:42] qui, à un moment donné, ça s'accumule, ça s'accumule.
[49:45] Puis là, ça vient que c'est comme un peu trop gros.
[49:47] Fait que, en gros, c'est comme une insolation.
[49:48] Fait qu'ils m'ont mis, à un moment donné,
[49:50] il y avait un ravito, il y avait comme une petite cabane, là.
[49:53] Puis il y avait une douche, puis ils m'ont mis habillée
[49:55] dans l'eau froide, là.
[49:56] J'ai resté là 20 minutes, là.
[49:58] Après ça, j'ai essayé de manger, je me suis couchée un peu.
[50:01] Mais après, tu sais, si quelqu'un a déjà fait une insolation,
[50:04] c'est dur de revenir, là.
[50:05] Ça prend du temps.
[50:06] Fait que, tu sais, je me rappelle, là, des fois,
[50:08] puis après ça, j'ai comme une fatigue aussi, là,
[50:10] qui est reliée au soleil.
[50:14] Tu sais, souvent, je fais 5 kilomètres,
[50:16] puis après ça, je me mettais une serviette à terre,
[50:18] genre, littéralement à terre, me couchais,
[50:21] puis je disais, OK, réveille-moi dans 15 minutes.
[50:23] Puis, tu sais, je faisais des petites siestes,
[50:24] puis je me rappelle avoir la conversation avec moi-même,
[50:27] puis ça, ça arrive souvent,
[50:29] qu'il faut, premier mois, de juste se rendre à la fin,
[50:31] puis après, je te donne du repos.
[50:33] Fait que, tu sais, souvent...
[50:33] Est-ce que tu disais ça à toi?
[50:34] À moi.
[50:35] Tu disais ça à ta mère?
[50:36] Dans ma tête.
[50:37] Wow.
[50:37] Souvent, je me dis ça, là, OK.
[50:38] Fait que juste se rendre à la fin, là,
[50:40] puis après, je te promets que je te donne le repos que tu veux.
[50:42] C'est bon, ça.
[50:43] Fait que, tu sais, souvent...
[50:44] Puis, tu sais, j'ai fait ça plein de fois.
[50:46] Fait que c'était un peu le discours intérieur
[50:48] que j'avais avec moi-même, là, tu sais.
[50:50] Rendu là, peu importe, là, je veux juste me rendre à la fin,
[50:52] puis c'est drôle, à un moment donné,
[50:55] bien, c'est pas drôle,
[50:56] parce que la façon que ça fonctionne,
[50:57] c'est que si il faut que tu sortes du parcours
[50:59] pour une raison X, tu mets un genre de bâton,
[51:05] là, mettons, l'hôpital la plus proche
[51:07] est à Vegas, c'est trois heures, là.
[51:10] Comme, non, non, tu peux pas y aller, revenir,
[51:12] puis comme, penser que tu vas finir, là.
[51:14] Fait que, tu sais, à un moment donné,
[51:15] ils m'ont donné le bâton,
[51:17] puis je pense qu'il y a une vidéo de ça,
[51:19] puis en voulant dire, comme, qu'est-ce que tu veux faire, là.
[51:21] Puis j'ai juste redonné le bâton.
[51:23] Puis j'ai dit non, puis je suis partie.
[51:25] Tu t'en souviens pas?
[51:26] Oui.
[51:27] Je me souviens d'avoir redonné le bâton,
[51:28] puis d'avoir dit non, puis je suis juste repartie,
[51:31] puis on a continué.
[51:32] Tu te rappelles ce que t'avais dans la tête à ce moment-là?
[51:34] Bien, je pense que c'était juste,
[51:35] elle t'a pas fait tout ça.
[51:38] Tu sais, dans le sens que, tu sais,
[51:39] j'étais consciente de ce qui se passait,
[51:41] j'étais correcte, ça allait pas vite, c'est tout.
[51:43] Mais j'avais pas de raison de, comme, dire, OK...
[51:46] Est-ce qu'il y a un certain moment
[51:48] que t'as commencé à douter de toi
[51:51] parce que les gens avaient tellement des hautes attentes
[51:57] envers la performance que t'allais faire, par exemple?
[52:00] Parce que, tu sais, il y a des courses
[52:01] que t'as faites d'un point de vue, tu sais,
[52:02] dans une position vraiment élite, par exemple,
[52:05] en allant chercher un temps,
[52:07] puis t'es capable de le faire, on le sait tous.
[52:10] Il y a d'autres courses que t'as faites
[52:11] plus pour check une marque
[52:13] ou pour ton plaisir personnel,
[52:15] parce que t'avais envie,
[52:17] parce que t'avais rien d'autre à faire ce week-end-là,
[52:18] tu sais, des trucs comme ça.
[52:21] Mais reste que, venant d'un parcours autant élite,
[52:24] c'est quand même difficile, des fois,
[52:26] prendre un peu de recul quand ça va pas
[52:28] à la hauteur de ce qu'on souhaite.
[52:30] Mais quand les autres le remarquent aussi,
[52:34] il me semble que c'est tough, là.
[52:35] Mais, tu sais, aussi un message à dire aux gens,
[52:38] c'est que c'est pas toujours parfait non plus.
[52:41] Puis, tu sais, je veux pas, j'avais pas de raison.
[52:43] Oui, la seule truc qui était à voir,
[52:46] c'est que j'avais commencé à enfler de partout.
[52:49] J'avais plus de définition de genre.
[52:52] Fait que là, j'étais comme un peu mal dans mon corps.
[52:55] Mais à autre que ça, j'avais pas de blessure,
[52:58] il y avait rien, fait que, tu sais,
[53:00] je pense que c'est correct aussi de montrer aux gens
[53:03] que même quand ça va pas comme on veut,
[53:05] c'est correct de juste aller au bout des choses.
[53:07] Puis, tu sais, t'apprends de ça aussi, là.
[53:10] Tellement, tellement, tellement bien dit.
[53:11] Puis, je trouve que dans l'univers de la trail,
[53:15] on a de plus en plus d'histoires de personnes
[53:18] qui finissent leur course malgré le fait
[53:21] que ça va pas comme ils le souhaitent.
[53:23] Puis, c'est des modèles vraiment, vraiment inspirants.
[53:26] Je pense à la performance historique
[53:28] de Courtney DeWalter qui finissait, je sais pas,
[53:30] je sais pas quelle course, dans un état quand même difficile.
[53:35] C'était très vulnérable de l'avoir dans cette position-là.
[53:38] C'était le Mont-Blanc.
[53:40] Oui.
[53:40] L'UTMB.
[53:41] C'était l'UTMB.
[53:42] Puis, elle a accepté d'être dans un top 10
[53:44] qu'elle aurait d'habitude, d'être habituée de gagner et tout,
[53:47] mais c'est correct, tu sais, je pense.
[53:49] Oui.
[53:49] Puis, à aucun moment, elle s'est excusée aussi
[53:51] ou, tu sais, elle a dit, ah, c'était pas une bonne performance
[53:53] et est sortie de cette course-là en disant,
[53:55] c'était une excellente performance.
[53:58] Elle a autant donné ma journée, mais ça revient.
[54:00] Oui.
[54:00] Elle a fait le meilleur pour la journée.
[54:02] Puis, ça revient un peu à ce qu'on disait tantôt.
[54:05] Puis, tu sais, souvent, c'est nous qui se met cette pression-là
[54:07] puis c'est cette attente, mais, tu sais,
[54:10] que t'aies fini personnellement 5e ou 3e,
[54:13] ça change absolument rien, là, pour tout le monde, tu sais,
[54:15] tu comprends?
[54:16] Bien, c'est comme un équilibre des deux, des fois, je trouve,
[54:18] parce que des fois, je trouve que c'est une question de,
[54:21] comme, ça change rien dans la vie des autres.
[54:24] C'est vrai, tout le monde se regarde le nombril.
[54:26] Les gens regardent pas le nombril de l'autre, tu sais,
[54:27] on s'entend.
[54:28] Mais les gens sont...
[54:30] sont faciles à mettre leurs attentes sur la performance
[54:34] des autres, quand même.
[54:36] Genre, de se dire, ah, bien là, j'aurais cru que cette personne-là
[54:39] allait gagner la course, ah, j'aurais cru que...
[54:42] Puis là, quand l'athlète en question réalise pas
[54:45] l'objectif désiré de la population externe
[54:49] qui a aucune idée dans quel contexte l'athlète se trouve,
[54:53] bien, des fois, ça crée comme un sentiment d'insatisfaction
[54:56] quand t'es l'athlète.
[54:58] Puis, c'est dur à expliquer parce que tu sais
[55:00] que t'as tout donné, tu sais.
[55:01] Tu sais que t'as fait de ton mieux.
[55:03] Fait que je trouve ça beau et inspirant d'en parler
[55:06] puis dire que, bien, dans le fond,
[55:08] ça, c'était une solide performance
[55:10] de ce que t'as fait.
[55:10] Mais je pense qu'on n'a pas à se justifier, tu sais.
[55:12] Bien, tout à fait.
[55:12] Tu sais, moi, il y a des fois, je me sens inscrite,
[55:14] je dis toujours qu'il faut faire, comme,
[55:16] une chose dans l'année qui est vraiment pas
[55:18] dans notre zone de confort.
[55:19] Puis, tu sais, comme il y a une année, c'était...
[55:21] J'avais fait le 50 km de la clinique du coureur.
[55:25] Mais genre, la pire année de l'année,
[55:26] je pense qu'il y avait la grosse pluie,
[55:28] tu sais, c'était glissant, c'était...
[55:30] Il y en a eu une couple des années comme ça, non?
[55:32] Puis, tu sais quoi? C'était correct, là.
[55:34] J'étais genre mid-pac, je parlais avec le monde.
[55:36] Puis, à la limite, j'étais comme contente.
[55:38] Hé, je pensais pas un moment donné courir avec toi.
[55:39] Puis, j'ai appris, j'ai rencontré des histoires
[55:42] puis tout, puis c'était parfait.
[55:44] Puis, c'était ça que je voulais cette journée-là,
[55:45] juste comme pas de stress,
[55:48] jouer à la vitesse du jour.
[55:49] Puis, c'était bien correct, là.
[55:50] J'ai tombé dans une flaque d'eau,
[55:51] j'ai trouvé ça bien drôle.
[55:53] Puis, tu sais, ça change aussi.
[55:54] Ça n'a pas toujours besoin d'être...
[55:57] OK, genre, aujourd'hui, j'y vais,
[55:59] puis j'ai envie de gagner à tout prix.
[56:01] Tu sais, des fois, c'est correct de faire,
[56:03] justement, comme tu dis, des courses pour le fun
[56:05] ou juste dernière minute
[56:08] parce que t'as décidé que ça te tentait la veille
[56:09] puis c'est tout, puis c'est pas grave si c'est pas...
[56:12] C'est vraiment, vraiment inspirant.
[56:14] C'est vraiment un bon rappel, puis je sais que...
[56:16] Bien, moi, ça va résonner longtemps dans ma...
[56:18] On n'a pas à justifier aux gens
[56:20] si on a performé ou pas,
[56:23] puis pourquoi, là, tu sais.
[56:25] Ça nous appartient, puis c'est tout, là, tu sais.
[56:28] Puis là, il y avait l'aspect aussi physique, là,
[56:32] de ton corps qui enflait.
[56:33] C'est quand même...
[56:35] C'est pas la première fois que ça t'arrive.
[56:36] Non, ça m'est arrivé aussi sur le tort.
[56:38] Oui.
[56:39] Puis, t'as-tu su pourquoi?
[56:41] Pas vraiment, là.
[56:41] Fait que, tu sais, c'est sûr que, là,
[56:43] pour le prochain projet, je vais essayer de trouver
[56:45] c'est quoi, puis c'est quand même bizarre
[56:47] parce que je suis pas mal, là, tu sais.
[56:48] Je suis consciente, tu sais.
[56:51] Fait que ça élimine bien des trucs
[56:52] qui, finalement, pourraient être graves.
[56:54] Puis même pendant le tort,
[56:56] même les deux fois,
[56:57] il y a des médecins qui ont checké,
[56:58] puis c'est vraiment physique, là.
[57:01] Ça fait pas mal à la peau quand ça...
[57:04] Non, mais c'est juste...
[57:04] Non, mais c'est juste...
[57:05] Oublie pas qu'il faut que tu le traînes, là,
[57:06] ce poids-là.
[57:08] Puis c'est drôle, il avait mis mon...
[57:10] Il m'avait pédé sur le bad border,
[57:12] puis il avait mis mon nouveau poids
[57:14] en arrière de mon dossard.
[57:17] Hé, la première chose que j'ai faite
[57:18] quand j'ai fini la course,
[57:20] j'ai pris un sharpie, puis je l'ai rayé.
[57:22] C'était vraiment que j'étais comme
[57:23] « Non, non, il y a personne qui peut voir ça,
[57:25] ce chiffre-là. »
[57:26] C'était horrible, puis même pendant le tort,
[57:29] j'avais dit à Maxime à un moment donné
[57:31] « Hé, faut-tu me prêter tes vêtements, là?
[57:32] Je rentre plus dans le mien. »
[57:34] Ça a pas de sens.
[57:34] Ce qu'il m'a prêté, c'est le jogging,
[57:37] que finalement, il était rendu des leggings.
[57:40] C'était tout serré, c'était...
[57:42] Mais tu sais, après, ça part,
[57:44] puis il y a comme rien.
[57:45] Ça va être à moi d'essayer de trouver
[57:46] c'est quoi, mais ça semble pas...
[57:51] À part être inconfortable
[57:52] et pas beau pour les photos,
[57:54] c'est pas grave.
[57:55] Comment tu fais pour
[57:56] être détachée de ça
[57:57] par rapport à ton apparence
[58:00] physique,
[58:02] puis que ça te joue pas dans la tête?
[58:03] À un moment donné, c'est comme...
[58:05] « Faut-ce que tu veux faire? »
[58:07] Puis tu sais, il y a toujours, après ça,
[58:08] tu te dis « OK, moi, mais les autres,
[58:11] peut-être qu'ils font pas ça, puis tout. »
[58:13] Je pense qu'il faut aussi être un peu plus doux
[58:14] avec notre corps, puis dire « Hé, il me permet de faire tout ça. »
[58:18] Je présume que si ça l'arrive,
[58:19] c'est qu'il y a quelque chose que je fais
[58:21] qui est pas correct.
[58:22] Fait que c'est comme un signe qui me dit
[58:23] « OK, peu importe, c'est quoi. »
[58:26] Mais c'est sûr que c'est pas évident.
[58:31] C'est pas pour rien que j'ai enlevé
[58:32] le poids au charfi.
[58:33] Tu sais, tu veux...
[58:36] Je pense que surtout pour une femme,
[58:38] c'est qu'on perd un peu.
[58:40] Puis là, des fois, tu regardes, même,
[58:41] comme on regardait le départ de Badwater,
[58:43] les filles sont comme, mettons,
[58:46] typiquement filles
[58:47] de shape coureuse. Puis là, tu te regardes,
[58:49] t'es comme « Ouais! »
[58:50] En plus affûtées, puis...
[58:52] Je parle de l'image
[58:55] qu'est-ce que la société dit.
[58:57] Mais en fond, il n'y a pas de...
[58:59] Il n'y a pas de corps typique de coureuse.
[59:02] Mais tu sais, je pense que...
[59:04] On ne veut pas inconsciemment...
[59:05] On finit tout le temps, surtout les femmes,
[59:07] par se comparer.
[59:10] Mais je pense qu'à un moment donné,
[59:11] il faut juste dire...
[59:12] Je pense que ça ne va jamais disparaître.
[59:15] Il n'y a pas une femme dans la vie, honnêtement,
[59:17] qui va dire qu'elle ne se compare pas jamais.
[59:19] Je pense que c'est...
[59:21] On a peut-être des phases où ça va vraiment bien
[59:23] puis on se compare moins.
[59:24] Mais moins, mais je pense que ça reste
[59:26] toujours inconsciemment un peu là.
[59:29] C'est juste d'apprendre
[59:30] à comme dire « Ok, non, tu sais,
[59:32] je t'en sors ça, puis
[59:33] je n'écoute pas ça. Moi, je suis moi, puis... »
[59:37] Ah oui, c'est tellement...
[59:38] Mais tu sais, c'est un sujet qui est sensible.
[59:40] Même moi, j'ai de la misère à parler plus en balado
[59:42] puis j'aime entendre les gens en parler
[59:44] parce que je pense que, tu sais,
[59:46] je n'ai pas encore trouvé toutes ces solutions-là.
[59:48] Je pense que ça n'y a pas...
[59:50] En vieillissant, tu sais, à un moment donné,
[59:52] tu es totalement...
[59:54] D'autres choses changent, là.
[59:55] Puis là, tu sais, à un moment donné,
[59:56] tu t'écoutes d'autres choses.
[59:57] Là, c'est drôle, j'ai dû dire ça une fois
[1:00:00] puis mon téléphone n'arrête pas
[1:00:02] de me suggérer des trucs.
[1:00:03] Mais là, à un moment donné, tu te dis « Ok, mais ça va être
[1:00:05] la préménopause, la ménopause. »
[1:00:08] Là, c'est tout l'aspect hormonal
[1:00:11] versus que quand tu es plus jeune,
[1:00:13] c'est autre chose.
[1:00:14] Je pense qu'il y a tout le temps un peu quelque chose.
[1:00:16] Oui, il y a tout le temps quelque chose.
[1:00:17] Je réécoutais le balado qu'on a fait avec
[1:00:19] Élie, Jean-Pierre Blais, puis Véronique Larouche.
[1:00:22] Le dernier épisode qu'on a sorti, c'était
[1:00:24] par rapport aux reds, par rapport aux troubles alimentaires,
[1:00:27] par rapport à la pression,
[1:00:28] plus de performance,
[1:00:30] puis au fait que
[1:00:32] la majorité des... Bien, pas la majorité,
[1:00:34] mais beaucoup, beaucoup de femmes athlètes
[1:00:36] qui vont les voir.
[1:00:38] Puis quand je dis athlète, c'est juste des femmes actives.
[1:00:40] On n'entend pas nécessairement athlète élite
[1:00:42] qui vont les voir.
[1:00:45] Elles se disent comme
[1:00:46] « C'est impossible que je sois en surentraînement
[1:00:49] ou en sous-alimentation. »
[1:00:52] C'est la première personne.
[1:00:53] Puis finalement, bien, tu sais, je veux dire,
[1:00:55] ça les... Bien, en fait,
[1:00:58] elles arrivent en situation de surentraînement
[1:01:00] puis tout ça. Puis je faisais partie
[1:01:02] de ces personnes aussi.
[1:01:04] C'est correct de le dire aussi, puis d'être
[1:01:06] consciente de tout ça.
[1:01:08] Mais tu sais, de l'autre côté,
[1:01:11] tu sais, on va revenir un peu à
[1:01:12] ce qu'on disait versus le poids puis l'image.
[1:01:15] Tu sais, moi, je suis un peu...
[1:01:16] Maintenant, je m'en fous un peu
[1:01:18] dans le sens que j'accepte comme je suis.
[1:01:20] Puis, tu sais, j'ai pu dire, OK,
[1:01:22] je veux un standard puis fité là-dedans.
[1:01:25] Mais de l'autre côté, je me blesse pas.
[1:01:27] Fait que, tu sais, quand ils disent
[1:01:28] « Mangez plus. »
[1:01:30] « Tu sais, vous en avez besoin. »
[1:01:33] Tu sais, des fois, peut-être,
[1:01:34] c'est le genre de 10 livres de plus.
[1:01:36] Bien, il va faire que tu vas peut-être faire des choses
[1:01:38] comme je fais, puis pas être blessée.
[1:01:40] Puis ça va te permettre d'en faire des années et des années.
[1:01:42] Tu sais, je sais pas que c'est la recette, mais...
[1:01:44] Bien, je pense que c'est la recette.
[1:01:46] Tu sais, des fois, le monde dit « Comment tu fais? »
[1:01:48] Mais pour vrai, le fait de pas être blessée
[1:01:50] puis tout le temps en train d'être sur la ligue,
[1:01:52] c'est souvent ça, le problème, c'est que les femmes,
[1:01:55] surtout, sont tout le temps sur ce genre de ligne
[1:01:56] entre trop puis pas assez,
[1:01:59] pas trop, mais genre, OK,
[1:02:01] puis comme, tu sais, déficitaire.
[1:02:04] Fait que, tu sais, t'en jouer là-dessus,
[1:02:05] je pense qu'à un moment donné,
[1:02:07] les blessures, les reds,
[1:02:09] tout ça, ça sort.
[1:02:11] Puis après, bien, c'est une spirale,
[1:02:12] puis je pense que c'est dur de t'en sortir.
[1:02:15] Mais je pense que par un moment que t'acceptes
[1:02:17] que ton corps, tout ce qui peut te permettre de faire,
[1:02:20] puis que t'es aussi comme t'es,
[1:02:21] puis il faut que tu...
[1:02:22] que tu te nourris comme un peu une machine,
[1:02:25] bien, je pense que là,
[1:02:27] tu fais plus face à tous ces problèmes-là.
[1:02:30] Puis il doit tellement avoir aussi
[1:02:31] quelque chose de mental,
[1:02:32] d'arrêter de se dire des choses,
[1:02:35] tu sais, d'arrêter d'être difficile envers nous-mêmes
[1:02:38] puis de s'envoyer des messages constants
[1:02:39] qu'il faut qu'on fasse attention
[1:02:41] et compagnie.
[1:02:42] Ça, je pense que c'est quand même un stress additionnel
[1:02:45] qu'on n'a vraiment pas besoin
[1:02:46] de se mettre sur les épaules en tant qu'athlète.
[1:02:49] Puis je trouve que, tu sais,
[1:02:50] toutes les gens qui viennent sur le balado
[1:02:52] et qui nous parlent d'à quel point
[1:02:53] elles mangent pour performer,
[1:02:57] bien, ça se démontre dans leur performance, tu sais.
[1:03:00] – Exact.
[1:03:00] – Mais c'est juste que des fois, c'est difficile à...
[1:03:02] – À mettre à appliquer.
[1:03:03] C'est vraiment dur à appliquer.
[1:03:04] – À appliquer, puis aussi aux gens
[1:03:06] qui ne font pas de sport,
[1:03:08] puis qui nous voient nous alimenter
[1:03:09] puis qui émettent des commentaires,
[1:03:11] ça, moi, je trouve ça challengeant quand même.
[1:03:13] – C'est sûr.
[1:03:13] Puis, tu sais, c'est la même chose
[1:03:14] que même des fois...
[1:03:17] Tu sais, moi, je me rappelle des parents,
[1:03:18] des fois, qui pouvaient te dire
[1:03:19] « Hey, t'as bien mangé. »
[1:03:20] Tu sais, tu as des petits commentaires
[1:03:21] à un moment donné qui, des fois,
[1:03:22] ils peuvent juste « trigger » des trucs.
[1:03:24] Mais tu sais, il y a aussi peut-être
[1:03:26] un peu notre société qui, au lieu de...
[1:03:29] Tu sais, ils devraient...
[1:03:30] Tu sais, même comme parents,
[1:03:32] plus avoir aussi une conversation,
[1:03:34] d'éduquer les filles, surtout,
[1:03:37] mais quand même les garçons.
[1:03:38] Puis nous, on essaie quand même
[1:03:39] avec nos enfants que...
[1:03:41] Tu sais, qu'est-ce que tu manges
[1:03:44] versus qu'est-ce que tu fais
[1:03:45] et un peu leur expliquer comment ça marche et tout
[1:03:47] au lieu de leur dire
[1:03:48] « OK, non, mange pas ça. »
[1:03:50] Tu sais, ma mère, elle me disait des fois,
[1:03:51] parce que j'aimais bien la limonade,
[1:03:52] tu sais, tu vas avoir des grosses fesses
[1:03:54] ou tu vas prendre du poids.
[1:03:56] Tu sais, je pense qu'il y a une façon
[1:03:58] de l'expliquer que, oui,
[1:03:59] tu ne peux pas juste boire de la limonade,
[1:04:01] c'est correct, c'est plein de sucre,
[1:04:02] mais pourquoi, tu sais, et tout,
[1:04:04] par rapport au « voici ce que tu as besoin,
[1:04:06] voici tout le sport que tu fais,
[1:04:08] l'effort, tu as besoin de plus de ça. »
[1:04:10] C'est correct que tu en prends,
[1:04:11] mais il y a comme un genre d'équilibre.
[1:04:12] Fait que tu sais, je pense qu'il y a aussi,
[1:04:14] en tant que société,
[1:04:14] une genre de conversation à avoir aussi
[1:04:19] par rapport à ça.
[1:04:20] Tu sais, je pense que même dans les écoles,
[1:04:22] il devrait y avoir des cours
[1:04:23] qui expliquent un peu comment ça fonctionne,
[1:04:26] tu sais, la nourriture, le sport et tout,
[1:04:29] pour peut-être prévenir
[1:04:31] des éventuels troubles alimentaires
[1:04:33] ou que les filles, justement,
[1:04:34] arrêtent de faire du sport jeune
[1:04:36] à cause qu'ils se comparent.
[1:04:38] Hier, je suis allée dans un groupe de filles actives,
[1:04:40] justement, dans les écoles,
[1:04:42] puis c'était, tu sais, c'est comme,
[1:04:44] ils arrivent, puis là, il y a une responsable du groupe,
[1:04:47] puis les filles vont sortir dehors
[1:04:50] une fois par semaine pour aller faire du sport,
[1:04:52] puis bien,
[1:04:52] en fait, c'est pour aller faire de l'activité physique.
[1:04:54] Fait que peu importe c'est quoi,
[1:04:55] l'activité physique, elle bouge,
[1:04:57] puis il n'y a aucune notion de compétition,
[1:05:01] de restriction, de...
[1:05:04] Tu sais, c'est bon pour notre corps,
[1:05:07] ou tu sais, d'image corporelle,
[1:05:08] c'est vraiment juste comme un jeu d'enfant
[1:05:10] pour le plaisir de bouger,
[1:05:12] puis d'être ensemble.
[1:05:15] J'étais tellement émue, là, quand je savais que...
[1:05:16] Puis là, je suis revenue à la base,
[1:05:18] genre la base.
[1:05:19] Puis tu sais, je me dis,
[1:05:19] si on avait tous eu notre petit groupe filles actives
[1:05:21] quand on était jeunes,
[1:05:23] je pense que notre perception de l'activité physique
[1:05:25] puis d'être en santé
[1:05:27] aurait changé du tout au tout.
[1:05:30] Bien, c'est sûr que ça leur a aidé, là.
[1:05:31] Oui.
[1:05:32] Puis, OK, c'est vraiment intéressant, là.
[1:05:35] Je vois le temps qui file,
[1:05:36] puis je veux vraiment que tu me parles
[1:05:37] de ta prochaine aventure.
[1:05:40] Récemment, tu as annoncé que tu allais faire
[1:05:42] la traversée du Canada à la course à pied.
[1:05:46] Exact.
[1:05:46] La traversée du Canada à la course à pied.
[1:05:48] Exact.
[1:05:49] C'est dans combien de temps que tu pars?
[1:05:51] Premier mai.
[1:05:51] C'est dans...
[1:05:51] C'est dans...
[1:05:51] C'est dans...
[1:05:51] C'est un projet qui t'annonce vraiment l'avance
[1:05:54] parce que c'est un énorme projet.
[1:05:55] Oui.
[1:05:55] Puis dans le fond, c'est plus aussi pour...
[1:05:58] Tu sais, je n'ai pas la prétention de dire
[1:05:59] que demain, tu me dis,
[1:06:00] il faut que je fasse ça, puis je prête.
[1:06:02] Autant que ce soit physique, logistique,
[1:06:05] aussi comprendre, comme on a dit,
[1:06:06] cette affaire qui fait que je gonfle.
[1:06:09] Tu sais, moi aussi, j'ai un travail à faire.
[1:06:11] Fait que je lui dis, c'est quand même intéressant
[1:06:13] de pouvoir le partager puis l'exposer
[1:06:15] pour que les gens, tu sais,
[1:06:16] voient un peu l'envers de tout ça
[1:06:18] versus de, je ne sais pas, je l'annonce,
[1:06:20] je pars tout de suite.
[1:06:21] Mais tu sais, je pense qu'ils ont manqué le bout
[1:06:24] de, OK, comment qu'on arrive à faire ça
[1:06:27] puis à décider qu'on peut faire quelque chose
[1:06:29] qui est un peu démesuré comme ça.
[1:06:32] Ça va être quoi exactement, concrètement,
[1:06:34] la traversée du Canada?
[1:06:35] Bien, ça va être de l'est en ouest.
[1:06:38] Tu sais, là, c'est sûr que j'ai fait
[1:06:39] un genre de plan approximatif.
[1:06:43] Je lui dis, OK, si je pars avec une base
[1:06:44] de 85 km par jour,
[1:06:47] ça ferait, mettons, jusqu'au 24, 25 juillet.
[1:06:50] Donc, juillet.
[1:06:52] Trois mois, un petit peu moins que trois mois.
[1:06:53] Un petit peu moins que trois mois,
[1:06:54] mais là, plus ou moins, là, tu sais.
[1:06:56] Mais tu sais, je veux le faire aussi,
[1:06:58] pas de, comment dire,
[1:07:00] pas d'objectif par jour.
[1:07:02] Ça va être plus, OK,
[1:07:04] j'ai une horaire fictive.
[1:07:06] Tu te lèves à 4 heures.
[1:07:07] Moi, j'aime ça que ça prend mon temps le matin.
[1:07:09] À 6 heures, tu pars.
[1:07:10] Puis à 6 heures le soir, c'est fini.
[1:07:12] Peu importe.
[1:07:13] Ça va permettre d'avoir des bonnes journées,
[1:07:15] des moins bonnes journées,
[1:07:16] puis peut-être enlever cette pression
[1:07:18] d'arriver absolument,
[1:07:20] à un chiffre que des fois,
[1:07:21] elles ne seront peut-être pas faciles à atteindre
[1:07:23] parce que, bien, peu importe, là.
[1:07:27] Tu sais, à un moment donné,
[1:07:27] je pense qu'il y a une fatigue qui est accumulée et tout.
[1:07:29] Sur trois mois et...
[1:07:30] Oui, c'est ça.
[1:07:30] Et chez...
[1:07:31] Fait que, tu sais, je pense que j'aime mieux
[1:07:32] mentalement le faire comme ça,
[1:07:34] puis juste m'adapter au fur et à mesure,
[1:07:36] puis on va voir un peu comment ça va se passer.
[1:07:42] Tu vas avoir une équipe avec toi
[1:07:43] et des gens qui vont venir courir avec toi, je m'imagine.
[1:07:45] Oui, c'est l'idéal, comment que j'aimerais, là.
[1:07:48] Fait que ce serait d'avoir, tu sais,
[1:07:50] comme un genre de van,
[1:07:51] puis tout le temps avoir un ou deux autres personnes en plus,
[1:07:54] tu sais, qui viennent, tu sais, courir.
[1:07:57] Soit ils viennent...
[1:07:58] Tu sais, le but, ça serait de les amener
[1:07:59] où je suis rendue.
[1:08:01] Bon, ils viennent rejoindre,
[1:08:02] on leur paye leur billet d'avion,
[1:08:04] puis ils viennent, passent la semaine,
[1:08:06] puis faire le coup.
[1:08:07] Je ne sais pas, peut-être midi, là, en même temps.
[1:08:10] Et, tu sais, peu importe, là,
[1:08:12] ils sont là pendant une semaine,
[1:08:14] ils font partie de l'aventure,
[1:08:15] ils courent quand ça leur tente, puis...
[1:08:17] Puis c'est tellement hot, Steph.
[1:08:19] Ça t'intéresse?
[1:08:20] Ça t'intéresse?
[1:08:20] T'avais-tu peur?
[1:08:20] Bien, c'est sûr que...
[1:08:22] Oui, mais...
[1:08:24] Tu sais, après ça, il y avait toujours la notion
[1:08:26] d'OK, je fais ça un peu plus tard,
[1:08:28] quand je vais avoir un peu plus de temps.
[1:08:29] Mais là, après ça, tu te dis,
[1:08:31] OK, mais qu'est-ce qui arrive
[1:08:31] si finalement, ce temps-là n'est jamais possible?
[1:08:33] Tu sais, on ne sait jamais
[1:08:34] qu'est-ce que la vie, tu sais, peut arriver.
[1:08:37] Fait que, tu sais, là, je me dis,
[1:08:39] OK, des fois, on repousse toujours des choses
[1:08:42] pour des raisons.
[1:08:43] Puis là, des fois, les gens, comme moi,
[1:08:44] mais tes enfants, oui,
[1:08:46] mais de l'autre côté, je dis,
[1:08:47] bien, ça leur fera un projet d'exposé à l'école.
[1:08:49] Mais, tu sais, ils passent un mois, nous,
[1:08:51] déjà dans un camp de vacances
[1:08:53] dans cette période-là.
[1:08:55] Bon, fait qu'il va rester un genre de...
[1:08:57] Un mois et demi, deux mois, me tombe.
[1:09:00] Bon, on pourrait venir, tu sais.
[1:09:02] Après ça, ça passe quand même vite.
[1:09:04] Dans une vie.
[1:09:05] C'est quoi dans une vie?
[1:09:06] C'est ça.
[1:09:06] Fait que, tu sais, des fois,
[1:09:07] on se met nous-mêmes des freins
[1:09:09] parce qu'on se dit,
[1:09:10] ah, les enfants sont trop jeunes aussi et ça.
[1:09:13] Mais, tu sais, on oublie que peut-être
[1:09:15] que ça peut toujours pousser,
[1:09:16] ça n'arrivera jamais.
[1:09:17] Fait que, tu sais, moi, je suis plus du genre,
[1:09:19] un peu même comme en affaires,
[1:09:21] on se lance puis on s'ajuste au fur et à mesure.
[1:09:24] Tu penses-tu qu'ils vont venir avec toi?
[1:09:26] Bien, j'aimerais ça qu'idéalement,
[1:09:28] ils finissent le camp et ils viennent pour la fin.
[1:09:30] Tu sais, ça serait comme le meilleur des scénarios.
[1:09:32] Ça serait de voir...
[1:09:33] Puisque ça ressemble à peu près dans les dates.
[1:09:37] Mais là, ce sera...
[1:09:39] Tu sais, c'est la question de logistique
[1:09:41] qui n'est pas évidente de tout ce truc-là.
[1:09:43] Tu sais, question de chemin, sécurité,
[1:09:46] tu sais, tout ça.
[1:09:47] Mais, bref.
[1:09:48] Tu as-tu une équipe
[1:09:49] qui t'aide pour l'organiser?
[1:09:50] Oui, oui.
[1:09:51] Puis, je suis quand même très chanceuse.
[1:09:52] Tu sais, la fondation aussi,
[1:09:53] là, ils sont du Centre jeunesse de la Montérégie,
[1:09:56] là, où le fond possible est avec eux.
[1:09:59] Tu sais, ils m'aident vraiment beaucoup.
[1:10:00] J'ai aussi Patricia puis Véronique
[1:10:03] qui sont comme un peu joints.
[1:10:05] Fait que moi, je suis quand même chanceuse dans la vie.
[1:10:07] J'ai tout le temps des gens qui...
[1:10:08] Qui t'aiment.
[1:10:09] Oui, qui m'aident.
[1:10:09] Puis, tu sais, ça fait vraiment toute la différence
[1:10:11] de juste être bien entourée, là.
[1:10:13] Je pense que ça fait que tu peux faire pas mal n'importe quoi.
[1:10:16] Wow, c'est vraiment hot.
[1:10:17] Mais si ça, tu veux lever des fonds?
[1:10:19] Bien, dans le fond, c'est le fond possible
[1:10:20] qu'on a créé pour...
[1:10:22] Dans le fond, le but, c'est d'envoyer le plus
[1:10:25] de jeunes enfants dans les camps de vacances.
[1:10:28] Parce que, tu sais, nous, on le voit,
[1:10:28] nos enfants, ils vont depuis vraiment plein d'années.
[1:10:31] Puis, ça fait vraiment une différence.
[1:10:33] Tu sais, ils découvrent des passions que...
[1:10:35] Tu sais, probablement que je n'aurais pas montré ça
[1:10:37] parce que je suis...
[1:10:38] Bref, il y a une limite à ce que tu peux montrer à tes enfants.
[1:10:41] Ils développent aussi une certaine autonomie
[1:10:42] parce qu'ils sont là.
[1:10:43] Tu sais, moi, je me rappelle la première fois
[1:10:44] que j'ai laissé Charles, il y avait comme 7 ans.
[1:10:47] J'ai installé son linge dans sa petite armoire.
[1:10:49] Puis, j'ai dit, bien là, il faut que tu te rappelles
[1:10:51] que tes bas sont là, tes shorts sont là.
[1:10:53] Moi, je ne serai plus là, là.
[1:10:55] Ton savon est là.
[1:10:56] Puis là, tu voyais que...
[1:10:57] OK, mais ça a duré comme 10 minutes
[1:11:00] qu'il était comme inquiet.
[1:11:01] Mais après ça, finalement, ça a l'air
[1:11:02] qu'il a porté le même linge tout le mois.
[1:11:05] Mais bon, c'est une autre affaire.
[1:11:07] Mais, tu sais, tu le vois, là,
[1:11:09] puis ils ont cette chance de pouvoir aller
[1:11:12] dans ces genres de camps-là.
[1:11:13] Fait que, tu sais, je me dis, tu sais,
[1:11:14] il y a des jeunes qui ont déjà un parcours pas facile.
[1:11:19] De leur offrir un peu une opportunité, des fois,
[1:11:21] de sortir de ce genre de cadre
[1:11:25] ou de milieu qui n'est pas facile.
[1:11:28] Bien, tu sais, on sous-estime des fois
[1:11:30] l'impact que ça peut avoir dans leur vie.
[1:11:32] Fait que c'est un peu de pouvoir leur offrir ça.
[1:11:35] Puis, en même temps, bien, le projet,
[1:11:36] il s'appelle Trajectoire.
[1:11:38] Parce que je me dis que, même comme adulte,
[1:11:41] on peut aussi avoir cette réflexion de,
[1:11:44] tu sais, c'est quoi les trajectoires
[1:11:45] qu'on a eues dans notre vie?
[1:11:47] Ou peut-être qu'il y a...
[1:11:48] Il y a encore les possibilités d'en prendre d'autres
[1:11:51] pour avoir la vie qu'on voudrait avoir
[1:11:54] puis être la meilleure version de nous-mêmes, là.
[1:11:56] Bien, c'est ça.
[1:11:56] C'est tellement beau comment tu l'écris.
[1:11:58] C'est parce qu'un seul pas peut changer
[1:12:00] la trajectoire d'une vie.
[1:12:01] C'est tellement vrai, là.
[1:12:02] Puis, tu sais, souvent, c'est la même chose.
[1:12:04] Tu sais, on réalise pas, on rencontre des gens,
[1:12:07] puis des fois, on leur a dit quelque chose,
[1:12:08] on a fait quelque chose,
[1:12:09] puis ça leur se met une petite affaire dans leur vie.
[1:12:12] Puis, des fois, ils vont te rappeler,
[1:12:13] « Hey, tu te rappelles, tu m'avais déjà dit ça.
[1:12:15] Bien, moi, j'ai fait ça, ça, ça après. »
[1:12:17] Puis, il y a quand même quelque chose d'extraordinaire,
[1:12:20] de des fois, tu sais, souvent, on le réalise même pas,
[1:12:22] mais qu'on a eu vraiment un impact dans la vie
[1:12:24] de plein de gens.
[1:12:25] Moi, je trouve ça quand même vraiment impressionnant.
[1:12:27] Bien, t'as eu cet impact-là dans ma vie, là?
[1:12:29] Bien, tant mieux, mais je pense que...
[1:12:31] Puis, il y en a plein qui ont...
[1:12:32] Tu sais, t'as eu des choses.
[1:12:33] Toi aussi, tu fais des trucs impressionnants.
[1:12:36] Puis, je pense que de tout se...
[1:12:39] Comment s'inspirer entre nous et tout,
[1:12:42] bien, moi, je trouve que c'est la plus belle chose, tu sais.
[1:12:44] Oui, mais ça nous élève.
[1:12:45] Genre, on est comme ailleurs.
[1:12:47] C'est sûr.
[1:12:48] Puis, tu sais, ça fait en sorte que nos standards sont...
[1:12:52] Bien, c'est ça.
[1:12:53] Nos standards sont constamment en train d'augmenter.
[1:12:56] Oui.
[1:12:57] Steph, je pense que pour ce qui est de la trajectoire,
[1:13:00] j'aimerais ça qu'on puisse peut-être te suivre,
[1:13:03] tu sais, au fur et à mesure.
[1:13:05] Ça serait cool que tu reviennes au balado
[1:13:07] dans les prochains mois,
[1:13:08] au fur et à mesure que ta préparation avance.
[1:13:12] Oui.
[1:13:12] Si t'as des appels à l'aide à faire aussi.
[1:13:16] Oui.
[1:13:16] Comment est-ce qu'on peut,
[1:13:17] t'encourager?
[1:13:18] Là, je sais...
[1:13:18] Comment est-ce qu'on peut t'encourager aujourd'hui
[1:13:20] dans ta trajectoire?
[1:13:22] Bien, tu sais, présentement,
[1:13:23] on est vraiment dans le tout départ, là.
[1:13:25] Tu sais, comme on réalise, on est comme...
[1:13:27] Hé, on est comme dans...
[1:13:28] Bon, c'est qui qui embarque?
[1:13:29] Est-ce qu'on fait un film?
[1:13:30] Est-ce qu'on n'en fait pas?
[1:13:31] Est-ce que, tu sais, commanditaire?
[1:13:32] Puis là, c'est sûr que les gens peuvent faire des dons,
[1:13:34] mais là, je me rends compte que je suis comme...
[1:13:35] OK, c'est vraiment pas mon domaine, tout ça.
[1:13:38] Fait que là, on est comme...
[1:13:39] C'est une job à temps plein.
[1:13:40] Ah non, c'est comme...
[1:13:42] Ah!
[1:13:42] Fait que là, on est un peu là-dedans,
[1:13:44] mais bref, je me dis...
[1:13:45] Tu sais, comme je suis quand même chanceuse,
[1:13:46] d'habitude, ça va se placer, là.
[1:13:48] Oui, les choses vont arriver.
[1:13:49] Mais c'est là que je fais comme...
[1:13:50] OK, oui, je suis pas mon...
[1:13:52] Tu sais, je suis pas...
[1:13:52] Tu cours pas.
[1:13:53] Je suis pas une influenceuse, là.
[1:13:54] Tu vas pas.
[1:13:54] Tu es loin d'être ça.
[1:13:55] Oui, mais c'est pas grave.
[1:13:56] Mais c'est parfait.
[1:13:56] Mais honnêtement, c'est ça.
[1:13:57] Tu vas impacter la vie des jeunes
[1:14:00] puis des gens qui vont te suivre.
[1:14:01] Puis c'est ça qui est le plus beau.
[1:14:03] Pour vrai, on te souhaite le meilleur des succès
[1:14:05] dans cette trajectoire,
[1:14:07] c'est de traverser du Canada à la course
[1:14:10] puis, bien, hopefully,
[1:14:11] je vais pouvoir venir courir un petit peu avec toi.
[1:14:12] Bien oui, ça serait le fun.
[1:14:13] C'est sûr.
[1:14:14] On a passé une semaine...
[1:14:15] Ah oui.
[1:14:15] Tu feras du télétravail dans la vanne.
[1:14:17] Bien, c'est ça.
[1:14:17] Je vais te poser la question.
[1:14:18] Est-ce que tu travailles en même temps?
[1:14:20] Tu vas répondre à ton téléphone
[1:14:21] pendant que tu vas courir.
[1:14:22] Oui, c'est ça, pour me, comme, un peu diriger, là.
[1:14:25] Mais, tu sais, le but, c'est aussi...
[1:14:26] C'est un exercice pour moi-même.
[1:14:28] C'est d'arriver là
[1:14:29] puis d'avoir été en mesure
[1:14:32] d'un peu déléguer bien des choses
[1:14:34] pour, justement, me donner cet espace
[1:14:37] pour pouvoir faire ça
[1:14:38] pendant ces, genre, trois mois-là.
[1:14:40] Fait que tu vas déléguer plein de choses
[1:14:42] pour te fouler à temps plein
[1:14:44] sur la préparation de la traversée.
[1:14:46] Oui, que je n'ai pas réussi d'en faire ça.
[1:14:48] Exactement. Oui, c'est ça. OK.
[1:14:50] Puis, ça revient à vous dire, aussi,
[1:14:52] ça fait plusieurs années que moi et Maxime,
[1:14:54] on est comme qu'il faut qu'on ralentisse un peu
[1:14:56] puis, finalement, on se ramasse
[1:14:57] à juste en empiler tout le temps.
[1:15:00] Fait qu'en même temps, pour moi, c'est comme un...
[1:15:03] OK, là, je n'ai pas le choix
[1:15:03] parce que je ne pourrais pas faire
[1:15:05] ce que je fais présentement
[1:15:06] dans une journée, dans ce contexte-là.
[1:15:09] Fait que je trouve que c'est quand même...
[1:15:11] C'est du force, comme un espèce d'ultimatum forcé.
[1:15:15] Oui, puis je trouve ça quand même intéressant
[1:15:16] parce que, pour vrai,
[1:15:19] pour moi, c'est la partie la plus dure.
[1:15:22] Tu sais, au-delà de, comme, la logistique
[1:15:23] qui est comme, bien, je peux un peu déléguer,
[1:15:26] l'aspect physique, bien, à un moment donné,
[1:15:27] tu sais, tu fais des tests, puis tu y vas,
[1:15:29] puis à un moment donné, tu ne pourras jamais
[1:15:31] reproduire ça. Fait que c'est juste, à un moment donné,
[1:15:33] on y va. Mais c'est...
[1:15:35] Oui, ça va être de tout dire, OK,
[1:15:37] pour essayer d'arriver là aussi, le plus...
[1:15:39] OK, je n'ai pas encore mille affaires dans ma tête,
[1:15:41] puis que là, je ne suis comme pas là, tu sais.
[1:15:44] Fait que ça, pour moi, c'est un défi.
[1:15:45] Fait que...
[1:15:47] On va t'encourager là-dedans, puis...
[1:15:49] Tu as dû faire de la préparation mentale un peu pour ça?
[1:15:53] Spécifique?
[1:15:54] Je ne sais pas.
[1:15:56] Tu vas voir Annabelle.
[1:15:57] Annabelle Guy. J'ai commencé à travailler avec elle.
[1:16:00] Généralement, c'est quand même un peu
[1:16:01] ma force, mais tu sais, c'est pas...
[1:16:03] Tu sais, moi, je pense,
[1:16:05] que dans...
[1:16:06] Oui, avoir une conversation,
[1:16:09] quelqu'un spécialisé un peu là-dedans,
[1:16:11] mais je pense que ce serait peut-être pendant,
[1:16:14] tu sais, de dire, OK,
[1:16:15] je ne sais pas, je t'appelle une fois par semaine
[1:16:17] pour voir un peu,
[1:16:19] OK, est-ce que
[1:16:22] je suis encore
[1:16:23] comme un peu
[1:16:25] la pensée de la personne qui a commencé,
[1:16:28] ou là, ça commence à un peu
[1:16:29] dévier parce qu'il y a une fatigue, puis et tout,
[1:16:32] qui... pour que quelqu'un dise, OK, non, non,
[1:16:33] on traligne un peu, là.
[1:16:35] Un peu, là. Mais généralement, ça, c'est quand même
[1:16:38] le... Mais tu sais, je vais avoir
[1:16:40] l'épreuve de rien.
[1:16:41] C'est dur sur trois mois de rester autant focus, quand même.
[1:16:44] Oui, c'est plus... Oui, tu sais, de te rappeler à chaque jour,
[1:16:46] OK, pourquoi je fais ça,
[1:16:48] puis, tu sais, quand même quand c'est difficile, tu sais.
[1:16:50] Pourquoi?
[1:16:51] Parce que c'est une personne externe, des fois, parce que, tu sais,
[1:16:53] on peut l'avoir à l'intérieur de nous, puis on peut l'avoir
[1:16:56] aussi auprès des proches, mais comme de l'avoir
[1:16:58] à l'int... Bien, d'avoir une personne
[1:17:00] qu'on sait que c'est pas
[1:17:02] notre meilleure amie, nécessairement.
[1:17:04] C'est pas... Bien, quelqu'un qui te dit,
[1:17:05] c'est vrai chose, là. C'est ça, exact.
[1:17:07] Qui pose les vraies questions, les plus difficiles, aussi.
[1:17:11] Ça, ça fait du bien.
[1:17:12] Moi, je suis dans le processus avec elle, là, puis
[1:17:13] ouf, ça fait du bien. En tout cas, mais...
[1:17:16] Tu m'en reparles pas. Mais j'ai pas ton mental.
[1:17:18] J'ai pas ta... Ah, bien, c'est pas...
[1:17:19] Puis, tu sais, là, c'est quand même assez loin,
[1:17:22] là, fait que, tu sais, ça donne...
[1:17:23] Probablement qu'il va y avoir ce sentiment
[1:17:25] d'un peu de vertige, plus que
[1:17:27] t'approches, là. C'est comme un peu...
[1:17:29] Tu sais, je compare ça un peu à quelqu'un qui a déjà
[1:17:31] sauté en parachute, là. C'est tellement haut que
[1:17:33] tu peux pas avoir le vertige, là. T'es comme...
[1:17:35] La notion est plus là. Fait que, là, c'est la même chose.
[1:17:37] C'est tellement loin. Mais, tu sais,
[1:17:39] quand on va être le 1er avril
[1:17:40] l'année prochaine, je vais peut-être faire...
[1:17:43] Oh, my God, c'est tellement proche. Pourquoi j'ai pas fait ça, ça, ça, ça?
[1:17:45] Ouais, fait que, là, peut-être qu'il y aura un autre
[1:17:47] discours par rapport à ça. Là, ça me paraît
[1:17:49] encore juste vraiment trop loin, tu sais.
[1:17:51] OK. En tout cas, on te souhaite la meilleure des chances.
[1:17:53] Merci, Sèphe, d'être venue au balado.
[1:17:55] C'était fun. Fais l'inspirante. Bye.

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