# Jade x Sarah - On répond à des questions tirées au hasard 🤍

An episode of [Le podcast de Jade 🦋](https://invisiblenetwork.ai/podcast/1844832555), 29 Apr 2026, 36 min.

Audio: https://traffic.megaphone.fm/APO5520461773.mp3

Dans cet épisode, on pioche des questions dans un bocal et on y répond.Des questions simples, d’autres un peu moins — mais qui obligent à réfléchir, à se positionner, à dire des choses qu’on ne prend pas toujours le temps de formuler.Une façon différente de se découvrir, et de comprendre comment on pense vraiment. 🫶🏼

## Transcript

[0:00] Bonjour à toi, j'espère que tu vas bien.
[0:02] Je suis contente de te retrouver pour un nouvel épisode.
[0:04] Aujourd'hui je vais partager ces ce petit temps précieux avec
[0:09] Sarah qui est présente aujourd'hui.
[0:11] Bonjour Sarah, Bonjour comment tu vas ?
[0:13] Ça va super. Merci à toi Jade.
[0:14] Ouais. T'es prête ?
[0:16] Qu'est ce qu'on va faire aujourd'hui ?
[0:18] Écoute aujourd'hui. On va poser pas mal de
[0:21] questions. Je pense qu'il y a plein de de
[0:23] questions que que les gens se posent et que moi même je me
[0:26] pose. Et du coup du coup je pense que
[0:28] ça va être ça. Ok alors pour expliquer un petit
[0:31] peu, on a un petit bocal qui est au milieu de la table et euh
[0:37] voilà. Et l'idée c'est de piocher
[0:40] chacune à notre tour dans ce petit bocal.
[0:43] Tu es d'accord, je commence. Ah bah.
[0:45] Ouais ça me va allez, peut-on vraiment aimer quelqu'un si on
[0:49] ne sait pas rencontrer ? Soi-même c'est fou, mais tu vois
[0:56] vraiment le l'univers fait bien les choses.
[0:58] C'est la la question qu'on s'est posée il y A quoi une semaine ?
[1:03] Est ce que je peux vraiment aimer quelqu'un si je me suis
[1:05] pas rencontrée moi même ? Je pense que on peut aimer, mais
[1:08] je sais pas si on aime de la bonne manière.
[1:12] Moi tu sais, j'ai longtemps, j'ai longtemps aimé les gens,
[1:15] mais je les ai pas bien aimé parce que je m'étais pas bien
[1:18] aimée moi non plus. Non tu vois, je m'étais pas
[1:23] aimée de la bonne manière et pourtant j'étais persuadée que
[1:26] que ce que j'avais à offrir aux autres c'était bien.
[1:28] J'étais persuadée que ce que je mettais sur la table, c'était du
[1:32] lourd quoi. C'était waouh.
[1:33] Et en fait aujourd'hui, avec le recul, Ben je me rends compte
[1:36] que non. Si je m'étais pas, si si j'avais
[1:39] pas été à la rencontre de moi, je je pourrais jamais être celle
[1:43] que je suis aujourd'hui. Et aujourd'hui, je sais que je
[1:45] suis en mesure d'aimer les gens, mais de les aimer de la bonne
[1:48] manière parce que je ne les aimerais pas au détriment de
[1:50] moi. Et ce sera toujours toi d'abord.
[1:56] Ouais. En fait, j'oublierai jamais de
[1:58] me tenir la main. Et parce que, et je pense que
[2:00] quand on a longtemps oublié de se tenir la main, on se rend
[2:06] compte peut être de l'urgence de devoir le faire.
[2:08] Et je le dis pour toutes les personnes qui traversent ça et
[2:11] qui sont aujourd'hui dans ça, et peut être que ça va te parler.
[2:14] Mais si vous êtes dans cette étape de votre vie, s'il vous
[2:18] plaît, ne protégez votre cœur et ne devenez pas.
[2:21] Ne vous fermez pas au monde. C'est noté.
[2:26] Ne vous fermez pas l'amour et et et n'oubliez pas peut être être
[2:31] bienveillant avec vous même parce qu'on fait vraiment du
[2:33] mieux complexe qu'on a. C'est vrai ?
[2:37] À toi, alors tu as une préférence de couleur ?
[2:42] Bleu, vert, c'est ma couleur préférée, j'ai peur.
[2:47] Si tout devait s'arrêter demain, qu'est ce qui pour toi aura
[2:51] vraiment compté ? C'est une question qui est
[2:58] difficile parce que on leur dit aussi qu'on est pas absolument
[3:02] pas préparé aux questions. Mais de toute façon, moi je je
[3:05] fais rien de préparé pour les gens qui me suivent.
[3:07] Vous savez pertinemment que je ne me prépare jamais.
[3:09] Donc, et elle nous. Prépare jamais avec elle.
[3:11] C'est vrai, pardon ? La, la chose que j'aimerais
[3:16] laisser, c'est ça derrière moi, pardon, excuse moi.
[3:18] Si tout demain, si demain tout devait s'arrêter, qu'est ce qui
[3:21] pour toi aurait vraiment compté ?
[3:22] Je me comme ça, je te dirai la manière dont les gens vont se
[3:25] souvenir de moi. J'espère qu'ils s'en
[3:29] souviendront quand même bien. Mais ouais, ce ce serait ça quoi
[3:33] de me dire. Voilà, si si on doit penser à
[3:35] moi ou si on voit quelque chose, on se dit Ah bah Sarah elle
[3:38] aimait bien ça, ou Sarah elle était plutôt comme ça, ou Sarah,
[3:41] elle adorait faire ça, et cetera, et cetera.
[3:43] Je pense que ce serait oui, le souvenir que que je laisserais
[3:45] de moi quoi. Et est ce que tu penses que
[3:49] aujourd'hui tu as assez montré celle que tu étais pour
[3:51] pouvoir ? Être sûr de laisser ce que tu as
[3:55] envie de laisser. Alors honnêtement non, mais
[3:59] aujourd'hui j'y travaille. OK Jade, c'est quoi pour toi ?
[4:07] Un cœur qui se sent vraiment en sécurité ?
[4:09] Je dirais que un cœur qui se sent en sécurité, c'est un cœur
[4:13] qui peut s'exprimer. Moi j'ai, tu le sais, mais.
[4:20] Moi en grandissant, j'ai eu beaucoup de mal à être celle que
[4:22] j'étais. Je me sentais pas forcément
[4:26] beaucoup à ma place et très paradoxale puisqu'aujourd'hui je
[4:31] suis-je crois appréciée pour celle qu'on me qu'on me
[4:34] reprochait d'être et je me sentais pas forcément très
[4:37] comprise. Et donc en ce sens, j'étais pas
[4:42] forcément en sécurité tu vois. Et donc j'avais pas forcément
[4:44] envie de montrer celle que j'étais vraiment.
[4:46] Et je dirais que un cœur qui se sent en sécurité, c'est.
[4:50] Un cœur qu'on ne juge pas vraiment, je le répète, mais on
[4:53] n'a pas besoin que les gens nous comprennent.
[4:54] T'as pas besoin de comprendre ce qui se passe à l'intérieur de
[4:56] moi, t'as raison de te mettre à ma place.
[4:58] La seule chose que tu as besoin c'est de me laisser un espace,
[5:01] de m'offrir un espace sans jugement, un espace de de
[5:06] respect, un espace où bienveillant dans lequel je vais
[5:09] pouvoir m'exprimer. Je vais pouvoir me découvrir et
[5:11] je pense que c'est c'est ce qu'on attend des gens et c'est
[5:13] ce dont on a besoin. On n'a pas besoin que les gens
[5:16] ressentent à notre place, vivent à notre place, c'est pas sain.
[5:20] Ou viennent nous sauver. Ou viennent nous sauver aussi.
[5:22] On a juste besoin qu'ils nous laissent la place pour pouvoir
[5:26] nous sauver nous même, qu'ils nous accompagnent et peut être
[5:30] qu'ils nous disent Bravo tu peux être fière de toi, bien ce que
[5:33] tu as fait, je suis trop fière de toi.
[5:35] Tiens qu'ils nous aident à voir peut être ce que nous on voit
[5:39] pas tout de suite par leur bienveillance, par leur
[5:42] gentillesse, par leur amour, par leur considération, par le fait
[5:45] qu'ils restent. Est ce qu'on guérit vraiment ou
[5:51] est ce qu'on apprend à vivre autrement ?
[5:55] Je pense qu'on apprend vraiment à vivre autrement.
[5:57] Clairement. Euh, moi qui suis en plein
[5:59] processus de plein de choses, guérir c'est non, mais
[6:04] comprendre ce qui s'est passé et vivre avec et avancer.
[6:07] Euh, c'est plutôt dans cette dynamique.
[6:09] Euh, je pense qu'on s'inscrit tous et chercher à guérir pour
[6:13] moi, euh, c'est une erreur. Ah ouais, pourquoi ?
[6:17] Parce que je pense que ce sera la conséquence.
[6:22] Enfin ce sera la la conséquence. En fait, avec le temps, si on
[6:26] avance, si on met des choses en place pour ne plus retomber dans
[6:29] certains schémas, et cetera, en fait on on s'offrira la
[6:33] guérison, mais on peut pas commencer par vouloir s'offrir
[6:36] la guérison sans rien faire quoi.
[6:39] Donc en fait, ce qu'on peut dire, c'est le fait d'avoir vécu
[6:43] des choses difficiles. Bah on on va pas forcément la la
[6:48] récompense ça va pas être forcément la guérison, c'est ça
[6:49] ça. C'est un point très intéressant
[6:50] parce que j'ai remarqué que quand tu sais on souffrait
[6:54] beaucoup à cause des autres pour les autres.
[6:56] Et Ben dès qu'on arrêtait de souffrir on voulait tout de
[6:58] suite limite qu'on nous remette un prix.
[6:59] Voilà merci de tout le travail que vous avez fait et voilà
[7:03] votre récompense. Sauf qu'en fait il y a personne
[7:04] pour nous applaudir. Non, il y a personne.
[7:07] À part nous ? C'est ça, mais nous, on.
[7:08] N'a pas envie de s'applaudir, on a envie que les autres le
[7:10] fassent pour nous parce qu'on dit que ça y est, j'ai trop
[7:12] donné. C'est peut être cette idée de se
[7:14] dire mais j'ai trop donné pour les autres mais cette fois-ci je
[7:16] donne pour moi ouais puis. On a aussi envie que l'autre
[7:19] reconnaisse le mal qu'il nous a fait.
[7:20] Oh. Ça, c'est un point très
[7:21] important. J'ai besoin que la personne qui
[7:24] m'ait fait du mal valide le fait qu'elle m'ait fait du mal.
[7:27] Et quand elle l'aura fait, je pourrais passer à autre chose.
[7:29] Mais en fait. C'est marrant parce que c'est ça
[7:31] et en fait c'est, je me suis toujours posé la question de
[7:33] savoir. Pourquoi j'en avais besoin ?
[7:35] Parce que j'en ai eu besoin à un moment donné dans ma vie.
[7:38] Euh. Aujourd'hui, je suis plutôt en
[7:38] paix avec ça parce que j'ai compris que j'en avais pas
[7:40] besoin. Comment tu l'as compris ?
[7:42] Euh. J'ai repris un peu le contrôle.
[7:45] Je sais pas si je peux dire ça mais j'ai repris le contrôle de
[7:47] de moi même. En fait je sais ce que j'attends
[7:51] de moi envers moi même. Et tu dirais que c'est quelque
[7:55] chose qui fait du bien ? C'est très difficile, c'est pas
[7:59] naturel, c'est euh. Je pense que c'est vraiment un
[8:02] combat intérieur de un peu tous les jours quoi.
[8:06] Mais euh mais ça marche bien, ça marche bien.
[8:10] Je pense que je suis en train de récupérer le pouvoir en fait.
[8:12] Ah mais t'as aussi beaucoup récupéré celui de te faire du
[8:16] mal pour aujourd'hui être en train d'acquérir celui qui te
[8:19] fera du. Bien, c'est ça ?
[8:21] OK. Tiens.
[8:22] Que reste-t-il de quelqu'un qui disparaît et qu'on continue de
[8:25] porter ? Je sais pas si on là par exemple
[8:27] on peut parler d'un EST ce que c'est en lien avec le deuil peut
[8:30] être ou est ce que c'est en lien avec des choses qu'on garde ?
[8:33] Que reste-t-il de quelqu'un qui disparaît ?
[8:35] Qu'on continue de porter ? On continue à porter sa
[8:38] dépendance qu'on porte ? Je pense que chaque personne va
[8:40] comprendre la la question. Différemment, mais peut être
[8:43] qu'on soit. On continue à porter l'amour
[8:46] d'une personne qui n'est plus qui donc là on parle du deuil,
[8:50] de la perte d'un proche. Soit on peut se dire qu'on
[8:53] continue de porter peut être les regrets ou les remords des
[8:57] choses qu'on n'a pas dites ou des choses qu'on a mal faites et
[9:00] que la personne est sortie de notre vie.
[9:04] Je dirais que quoi qu'il arrive, ce qui reste de la personne qui
[9:08] disparaît et ce qu'on continue à porter après la disparition de
[9:12] cette personne, j'ai envie de dire le poids de ce qu'on a
[9:14] vécu, le poids de ce qu'on a ressenti.
[9:16] C'est bizarre que je dise le poids parce que c'est pas hyper
[9:18] positif, mais toutes les émotions qui nous ont traversé,
[9:21] tout ce qu'on a ressenti, tout ce qu'on a été.
[9:25] Et du coup euh, ça peut passer aussi par euh.
[9:27] Enfin je sais pas si y a peut être d'autres filles qui le
[9:29] font. Euh.
[9:30] Est ce que ça peut passer aussi par euh.
[9:32] Souvent tu vois, quand on on vit une rupture ou quoi, on aime
[9:36] bien porter les vêtements, porter des encore.
[9:38] Le bijou peut être si c'est une bague pour certaines filles qui
[9:41] sont peut être fiancées ou mariées, et cetera, ce qui n'est
[9:43] pas mon cas. Mais en tout cas je sais que on
[9:46] ressent parfois le besoin de garder ses vêtements en fait, et
[9:48] on les porte comme si bah comme si on était encore, enfin comme
[9:52] s'il était encore là quoi finalement.
[9:55] Oui ouais, je pense que ça passe aussi par là.
[9:57] C'est pas vraiment important ce qu'on fait.
[9:59] Le plus important C'est pourquoi je le fais.
[10:01] Pourquoi est ce que moi je le fais ?
[10:03] Qu'est ce que j'essaie de nourrir ?
[10:05] Ouais, parfois c'est difficile quand on est en plein d'œil de
[10:07] de vraiment répondre à la question sincèrement de se dire
[10:10] pourquoi pourquoi je porte son t-shirt encore je ?
[10:14] Pense que tu vois, on n'est pas obligé de répondre à la question
[10:16] qu'on est en train de traverser. Je pense que quand on est en
[10:18] train de traverser son deuil, ça demande déjà beaucoup de
[10:21] travail, de juste ressentir et de laisser les émotions nous
[10:23] traverser. Mais si après qu'on ait traversé
[10:27] nos étapes du deuil, on est encore en train de de.
[10:31] De le faire. Et puis est ce que c'est si
[10:32] grave que ça ? Si j'ai quitté une relation
[10:34] toxique dans laquelle j'étais éperdument amoureuse de la
[10:38] personne, mais que je suis quand même partie, mais que je
[10:39] continue à porter ces affaires, est ce que c'est si grave que ça
[10:42] la décision je l'ai prise ? Oui, je suis plus là.
[10:45] Je suis plus là si moi avec moi même j'ai encore besoin de
[10:48] porter une bague ou de porter un t-shirt c'est moi avec moi c'est
[10:51] pas si grave tu vois on peut pas tout faire, on peut pas être
[10:54] parfait dans notre guérison, dans notre apprentissage.
[10:56] Est ce ? Que ça fait pas partie aussi du
[10:58] deuil finalement ? On laisse partir l'autre
[11:01] physiquement de notre vie. Il n'a plus accès à nous.
[11:03] Mais d'une certaine manière, si nous, quand personne ne regarde,
[11:06] on a envie que la personne ait encore accès à nous d'une
[11:09] certaine manière. Parce que c'est si grave que ça,
[11:11] non ? Je pense pas que dirais tu à la
[11:13] toi d'il y a 10 ans ? Waouh, waouh, je vais prendre 2
[11:22] Min. Bien sûr.
[11:25] À la moi d'il y a 10 ans déjà, je lui dirais de.
[11:30] De s'écouter. Ouais.
[11:32] Juste de s'écouter, parce que si, si.
[11:35] À un moment donné, dans ma vie je m'étais écoutée, je pense que
[11:41] les choses auraient été différentes, mais peut être que
[11:42] qu'il fallait que je passe par là et que c'était nécessaire.
[11:45] Et je suis OK avec ça aujourd'hui, mais.
[11:48] Mais plus écouter. Ouais, je je suis intimement
[11:53] persuadée que. On sait, ouais, l'intuition.
[11:59] Ouais, on. Ah oui oui non mais on sait, on
[12:01] sent, on, on sait quand ça va pas, quand on n'est pas bien.
[12:05] Dès le début, finalement, on sent qu'il y a quelque chose qui
[12:07] nous convient pas et. Tu sais pourquoi on ?
[12:09] Y va quand même, c'est toute la question justement.
[12:11] Parce que il y a ce que je ressens, ce que je sais
[12:15] intimement. Tu vois, tu sens quand une
[12:16] personne n'est pas bonne pour toi, comme tu dis.
[12:17] Mon intuition est forte, mais il y a quelque chose qui est plus
[12:20] fort. Mes croyances, mes peurs, mes
[12:23] schémas dépassent. Mon instinct, mais du coup,
[12:26] comment on fait pour déconstruire ça dès le début ?
[12:28] Je te donne un exemple, admettons que je viens de
[12:30] rencontrer quelqu'un, je suis avec, voilà, je me sens bien
[12:32] avec la personne, et cetera, et cetera.
[12:34] Sauf que les semaines passent et je sens qu'il y a quelque chose
[12:37] qui va pas, mais à côté de ça, je suis hyper bien avec on
[12:40] s'entend bien, y a plein de choses sur lesquelles on est, on
[12:44] est d'accord et tout. Sauf que au fond, y a quelque
[12:46] chose qui qui me dit que ça va pas quoi.
[12:49] Pourquoi est ce que je vais automatiquement nourrir le
[12:51] potentiel finalement alors que c'est pas ce que je reçois ?
[12:55] Une feuille et un stylo. Ouais.
[12:58] Je détaille la relation depuis le début, c'est c'est pour ça
[13:01] que c'est bien de tenir un journal, comment je me sens avec
[13:05] la personne quand je vais la voir et que je rentre chez moi,
[13:07] comment est ce que je me sens, quelles sont les émotions
[13:10] prédominantes et quels sont, quel est mon état émotionnel les
[13:13] jours suivants, est ce que je suis angoissé, est ce que je
[13:16] suis stressé, est ce que j'ai peur ?
[13:17] Si oui, pourquoi est ce que mon système nerveux est régulé, oui
[13:20] ou non, s'il l'est, comment il est, s'il ne l'est pas, pourquoi
[13:23] il l'est pas, qu'est ce qui me manque pour qu'il le soit ?
[13:26] Est ce que les actions de la personne sont en adéquation avec
[13:29] ce qu'elle dit ? Si ce n'est pas le cas, je m'en
[13:30] tiens aux actions et non pas à ce qu'elle dit parce que je peux
[13:33] tout te dire avec les mots et c'est les actions qui parlent.
[13:36] Oui tu vois. Et surtout être en mesure d'être
[13:39] vulnérable et de poser une question, j'ai cette sensation
[13:42] là, est ce qu'on peut en parler ?
[13:43] Comment la personne reçoit ce que je lui dis, est ce qu'elle
[13:45] me donne de la considération, est ce qu'elle m'offre un espace
[13:48] de sécurité dans lequel je peux m'exprimer, ou est ce qu'on est,
[13:51] ce qu'au contraire elle me dit que je réagis trop, que je suis
[13:53] un problème. Que ça fasse, c'est pas si grave
[13:55] parce qu'elle minimise mes émotions.
[13:56] Et du coup ouais. Et du coup, une fois qu'on a
[13:58] bien défini ça, comment est ce qu'on passe à l'action
[14:01] concrètement ? Parce que c'est difficile en
[14:04] fait. Je me suis rendu compte que OK,
[14:05] c'est pas top la relation pour moi, je suis pas là où je
[14:08] devrais être, et cetera. Sauf que il y a toujours ce
[14:11] petit truc qui qui retient. Tu te dis ?
[14:14] Est ce que vraiment j'ai envie de tu vois et donc du grave que
[14:16] ça ? Est ce que c'est si grave que
[14:16] ça ? Est ce ?
[14:16] Que et puis on. Essaye et puis on relativise, on
[14:19] relativise, et cetera, et puis on se dit que finalement c'est
[14:22] pas une si mauvaise personne, donc on reste.
[14:26] Comment est ce qu'on peut faire pour déconstruire ça tout de
[14:28] suite et se dire OK j'ai fait, j'ai pris mes petites notes,
[14:32] j'ai bien remarqué qu'il y avait quelque chose qui allait pas, ça
[14:34] va à l'encontre de ce que je veux parce que moi finalement je
[14:36] suis bien avec cette personne là qu'est ce que je peux mettre en
[14:38] action tout de suite mais tout de suite quoi pour me dire OK,
[14:41] est ce qu'il faut que je bloque ?
[14:45] Limite je lui dis pas. D'avoir mal.
[14:48] Il y a cette croyance assez inouïe, assez je sais pas d'où
[14:53] elle vient. Dès qu'on est venu au monde, on
[14:58] a diabolisé et on a fait de la douleur un tabou, comme si tout
[15:02] nous était dû, comme si c'était pas normal qu'on ait mal.
[15:06] Je me sens pas bien, c'est pas normal, je suis triste, c'est
[15:09] pas normal, je me sens angoissée, c'est pas normal.
[15:12] Comme s'il y avait qu'un seul type d'émotion qui était qui
[15:16] était OK. Toutes les autres émotions,
[15:17] fallait les mettre à la poubelle.
[15:18] Mais ce qui fait de nous des êtres humains, c'est notre.
[15:20] C'est cette ambivalence. Si je n'ai jamais été triste, je
[15:22] peux pas reconnaître les moments de bonheur.
[15:24] Tu vois, si j'ai jamais ressenti certains types d'émotions, je
[15:29] peux pas reconnaître les autres, non.
[15:30] Plus donc je le quitte et j'accepte de souffrir en fait.
[15:32] On. C'est un peu ça, c'est.
[15:34] Accepter l'idée de c'est je le fais quand même, indépendamment
[15:39] de ce que je veux-je vais faire ce qui est bon pour moi.
[15:41] Et je me pose la question, est ce que pour pouvoir choisir
[15:44] cette personne je me dis non à moi et je me dis pas est ce que
[15:47] je vais avoir mal ou pas mal ? La douleur est indissociable de
[15:49] l'apprentissage. Est ce que pour pouvoir te dire
[15:52] oui à toi je suis en train de me dire non si la réponse est oui
[15:57] ouais tu vois mais il faut accepter dans un coin de sa
[16:00] tête. Il faut peut être déjà s'être
[16:01] familiarisé avec la douleur et avoir fait la paix avec la
[16:05] douleur. C'est souvent ça le problème, on
[16:07] fait pas la paix avec la. Douleur, OK.
[16:11] Si tu n'avais plus rien à perdre, qui serais tu ?
[16:19] C'est difficile comme question. Je suis contente que ce soit pas
[16:23] tombé sur. Moi si je n'avais plus rien à
[16:27] perdre en fait le problème c'est que j'ai ma réponse.
[16:31] Mais tu sais quand tu sais que quand tu vas donner la réponse
[16:33] les larmes vont monter donc tu peux pas la donner.
[16:38] Très sincèrement, si j'avais plus rien à perdre, je passerais
[16:40] ma vie à aimer. Parce que j'ai rien à perdre
[16:50] parfois, peut être qu'on se retient d'aimer, de faire des
[16:54] choses. Ça nous coûte.
[16:55] Ça nous coûte tu vois ? Parfois on me dit Ah là
[16:59] dernièrement des filles qui m'ont dit Mais Jacques t'adores
[17:00] les animaux t'as pas d'animaux ? C'est bizarre.
[17:02] Je leur dis bah non, déjà que j'ai mes proches, que je vais
[17:04] devoir perdre si en plus de ça je me prends un animal et que je
[17:07] sais qu'il va partir. Ah ça fait beaucoup là.
[17:09] Il y a des douleurs que que qui sont là et que j'accepte
[17:12] d'avoir. Mais je vais pas m'en rajouter.
[17:14] Mais si demain je n'ai plus rien à perdre, je passerai ma vie à
[17:17] aimer, je ferai que ça. Tu te retiens du coup
[17:20] maintenant ? Je sais pas si je dirais que je
[17:22] me retiens, je dirais que j'aimerais éperdument j'aimerais
[17:31] sans limite, j'aimerais, j'aimerais, j'aimerais l'amour
[17:35] tu vois, mais dans toutes ses formes.
[17:38] Je pense que je vois je, je serais vraiment, euh.
[17:40] Passionnée ? Ouais, une amoureuse de l'amour
[17:43] et sauf que tu peux pas dans le monde dans lequel on y l'aide
[17:47] parce que ça ça coûte. Je pense que je ferai ça y avait
[17:49] pas de y a pas de conséquence et que j'avais rien à perdre.
[17:54] C'est beau. L'amour, c'est quoi ça ?
[18:00] C'est fou ça. Ensemble ce que l'on donne ou ce
[18:03] que l'on ose recevoir. Bon je dirais quand même que
[18:09] c'est un peu des 2. Ouais mais je pense que c'est
[18:14] aussi, c'est aussi vraiment recevoir l'amour.
[18:17] Ça serait pas plutôt s'autoriser à recevoir.
[18:18] Ouais, c'est ça, vraiment s'autoriser à recevoir quoi ?
[18:21] Et du coup, c'est l'amour de qui ?
[18:23] Bah déjà l'amour qu'on peut s'offrir à soi-même, c'est déjà
[18:25] bien. Quand tu t'autorises à recevoir,
[18:29] c'est quel amour que tu fais vivre ?
[18:32] L'amour propre. Et quand tu donnes, qu'est ce
[18:36] que tu fais à ton avis ? Je transmets.
[18:42] Je tu le renvoie, tu le renvoie. Ouais.
[18:45] Tu deviens 1 1 transmetteur d'énergie d'amour tu vois, tu
[18:52] deviens un socle, une personne vers qui on peut, sur qui on
[18:59] peut. S'ancrer, du coup.
[19:03] Qu'est ce que je pourrais mettre en place tout de suite justement
[19:05] pour rentrer dans dans cet état de d'amour propre ?
[19:07] Ça a raté beaucoup dans le tout de suite, c'est vrai.
[19:09] C'est marrant parce que on sent l'urgence.
[19:12] Tu vois de tout de suite qu'est ce que je peux faire ?
[19:15] Ouais, parce que je pense que on est tous un peu pressés, entre
[19:18] guillemets. On est tous un peu dans
[19:20] l'urgence, c'est ça ? On a envie d'arriver, on a envie
[19:23] de le ressentir, on a envie de le vivre, et cetera.
[19:25] Mais c'est vrai que. Je sais que je je, je rencontre
[19:29] beaucoup de personnes et tout. Et souvent c'est ça, souvent
[19:31] elle. Comment je fais tout ?
[19:33] De suite comment je fais ? Tout de suite qu'est ce j'ai
[19:34] envie de mettre quelque chose en place et on essaie de trouver en
[19:37] fait des petites choses qu'on peut faire un peu tous les jours
[19:39] finalement pour pour se rapprocher du but.
[19:41] Quoi donc l'amour propre, ça passe par quoi ?
[19:44] Savoir dire non ? Poser des limites ?
[19:48] Poser des limites, être en mesure de poser des limites et
[19:51] respecter les. Limites ouais c'est ça parce que
[19:53] du coup c'est vrai que moi j'ai eu beaucoup de mal avec ça
[19:56] pendant. Pendant un petit moment dans ma
[19:58] vie, c'est à dire que je fixais pas forcément mes limites et ça
[20:03] m'a coûté. Du coup aujourd'hui j'ai moins
[20:07] de de mal à le faire et je pose des limites et surtout je m'y
[20:10] tiens. C'est ça parce que la
[20:12] complexité, elle est dans la. Régularité, en fait, c'est
[20:14] vraiment de tous les. Jours, je ne me trahis pas tous
[20:16] les jours, c'est ça et et et travailler sur soi et s'aimer.
[20:19] On se réveille pas un bon matin et on se dit je m'aime.
[20:22] C'est tous les jours qu'on se choisit de la même manière que
[20:24] quand on est dans une relation amoureuse avec quelqu'un.
[20:27] L'amour, c'est d'être, on choisit tous les jours son
[20:29] partenaire. J'aimerais bien que juste tu si
[20:32] tu peux nous détailler ce que c'est que réellement se choisir
[20:35] si t'as 2 3 exemples comme ça qui te viennent en tête pour
[20:37] qu'on comprenne à quel moment réellement il faut qu'on se
[20:41] choisisse. Quand ce que je vais devoir
[20:44] faire me demande de me trahir. Mais pour pouvoir en avoir
[20:46] conscience, j'ai dû en amont définir celle que j'étais.
[20:50] Ça passe par la définition de mes besoins, la définition de
[20:53] mes limites, l'application de mes limites.
[20:55] Ça passe par l'accueil émotionnel, le fait que j'ai
[20:56] accueilli mes émotions que je suis, que je sois familière avec
[20:59] ce que je ressens et que je sois pas dans la fuite ou dans le
[21:01] rejet de ce que je ressens ou que ce que les autres ressentent
[21:03] soit plus important que moi. Je ressens.
[21:05] Donc il y a tout un travail qui est fait en amont, c'est
[21:07] vraiment développer la conversation.
[21:09] Ça, c'est s'asseoir face à face avec soi-même et développer la
[21:11] relation qu'on peut avoir avec soi-même.
[21:13] Ça passe par l'écrit aussi, peut être tenir un journal.
[21:16] Je te dirai forcément oui, mais oui, ça passe par l'écrit aussi.
[21:21] Comment est ce que je me sens ? On n'a pas beaucoup d'impact sur
[21:24] les choses qui nous arrivent dans la vie.
[21:25] On n'a pas beaucoup d'impact sur le temps qui passe, sur les gens
[21:28] qui peuvent nous blesser, sur les épreuves qu'on peut
[21:30] traverser. Mais on a un impact et on a une
[21:33] responsabilité de se demander comment on se sent quand les
[21:36] choses nous arrivent. Et en réalité, notre pouvoir,
[21:39] notre super pouvoir, il est là. Comment je me sens ?
[21:44] Comment je me sens, tu vois ? Jade, est ce que la paix
[21:48] intérieure c'est l'absence de problème ou une autre manière
[21:51] d'y faire face ? Je pense que tu connais déjà ma
[21:54] réponse, mais si je le répète souvent aux personnes que j'ai
[21:57] pu accompagner ou en atelier, je l'ai dit, je l'ai dit dimanche à
[22:00] la conférence. Une personne m'a dit, mais.
[22:02] Moi je suis très bien toute seule, je suis en paix, et
[22:04] cetera. Je leur dis la paix, si on
[22:06] s'enferme dans une pièce à double tour, sans fenêtre, sans
[22:09] porte, c'est pas la paix. La paix c'est retourner dans le
[22:14] monde extérieur. Tu vois réouvrir son cœur à la
[22:18] vie, aux émotions, aux sentiments, réouvrir
[22:20] éventuellement son cœur à la souffrance et à la douleur, mais
[22:23] de ne pas oublier de se choisir et et je dirais que la paix elle
[22:28] se cultive tous les jours. Elle se cultive aussi beaucoup.
[22:32] Moi, pour ma part, par la gratitude.
[22:33] Tu vois, je me lève tous les jours et c'est mes 2 jambes qui
[22:36] m'ont amené jusqu'ici. Ouais, c'est mes 2 jambes.
[22:39] Il y a personne qui m'a porté. Ouais, c'est hyper important de.
[22:43] Là j'ai la, j'ai la possibilité de te regarder.
[22:45] C'est vrai tu ? Vois, je peux, je peux plonger
[22:47] mon regard dans le tien. Je peux m'exprimer toute seule,
[22:49] il y a pas de machine. Qui parle ?
[22:50] On peut parler. Je mange à ma faim, j'ai un
[22:53] doigt au-dessus de la tête, j'ai pas peur que ma vie se termine
[22:56] pour des raisons. Je vis dans un pays qui est en
[23:00] sécurité. Oui, les gens que j'aime vont
[23:03] bien, tu vois. Donc je pense que la gratitude
[23:08] fait partie intégrante de la paix qu'on peut cultiver.
[23:10] Et c'est un peu comme ça que mon père m'a éduquée.
[23:11] Regarde toujours celui qui mange moins, pas celui qui mange plus
[23:15] dans celui qui mange moins. Tu vas développer ton empathie
[23:17] dans celui qui avec celui qui mange plus, tu vas te demander
[23:19] pourquoi toi aussi tu as pas autant dans ton assiette et donc
[23:21] tu vas te poser des questions auxquelles tu n'as pas la
[23:23] réponse et tu vas mener des combats qui peut être n'ont pas
[23:26] vraiment besoin d'être menés et auxquels.
[23:28] Peut être que tu pourras jamais mener comment tu peux justifier
[23:32] à un enfant qui vit dans un pays difficile ?
[23:37] Comment tu peux dire que c'est normal qu'il ait pas de quoi
[23:38] manger ? Et si il se demande pourquoi lui
[23:41] il est là, comment tu veux qu'il réponde à la question ?
[23:43] C'est vrai ? C'est des questions qui nous
[23:45] torturent plus qu'autre chose. Donc je dirais que la gratitude
[23:48] fait partie intégrante de la paix qu'on peut cultiver.
[23:51] Et bien évidemment, la paix aussi passe par pas au détriment
[23:54] de moins. C'est ça donc.
[23:56] On est vraiment dans un schéma où il faudrait.
[23:59] S'asseoir avec nos émotions, les écrire, les comprendre, les
[24:02] accepter, les vivre, les ressentir.
[24:04] Tes émotions font de toi l'être humain que tu es.
[24:07] Mais ce Pascal, il disait, l'homme n'est qu'un roseau
[24:08] pensant. Mais ce qui nous différencie de
[24:10] toutes les autres choses, c'est notre capacité à ressentir et à
[24:13] être conscient qu'on ressent. C'est notre capacité à penser.
[24:16] Et aujourd'hui on diabolit ça. On diabolise beaucoup les
[24:19] pensées ou les émotions, comme si c'était pas normal de
[24:21] ressentir. Ah tu ressens trop, tu pleures
[24:23] trop, tu vis trop. Ça veut dire quoi si moi ça, ça
[24:27] me fait pleurer, ça me fait pleurer, c'est ça ?
[24:29] Si moi pour moi ça c'est important, c'est important.
[24:31] Pourquoi vous voulez dénigrer ça, pourquoi vous voulez le
[24:34] minimiser ? On devrait laisser les gens être
[24:36] qui ils ont envie d'être, c'est vrai, si moi je pleure devant un
[24:40] coucher de soleil, je pleure devant un coucher de soleil, il.
[24:41] Y a des moules malheureusement dans notre société et il faut
[24:44] rentrer dedans et pour ceux qui sont un peu en dehors, ça peut
[24:49] être difficile. Ça peut être difficile, je te le
[24:52] confirme, mais on finit par y arriver.
[24:55] On va continuer encore avec une on va faire encore peut être une
[24:58] ou des questions qui es tu quand tu n'as plus rien à défendre ni
[25:00] à expliquer ? Oh c'est hyper intéressant que
[25:05] tu sois tombé sur. Ça qui je suis quand je n'ai
[25:10] plus rien à à défendre ou à je suis.
[25:12] Pas ça dingue que tu as tombé sur ça, c'est ça ?
[25:14] C'est c'est fou fou, plus rien à défendre.
[25:18] Plus rien à expliquer. C'est une question question à
[25:27] laquelle je pourrai pas répondre de toute façon.
[25:29] Très honnête. Aujourd'hui parce que j'aurais
[25:33] pu donner une réponse toute faite.
[25:35] Mais j'ai envie d'être sincère et je pense que c'est important
[25:39] avant de l'être avec tous ceux qui vont m'entendre, c'est
[25:43] d'être d'abord avec moi. J'ai pas la réponse, j'y
[25:47] travaille donc peut être qu'un jour je je je te, je te donnerai
[25:52] une réponse mais pour l'instant je.
[25:54] Mais c'est celle que tu es pour l'instant.
[25:56] Celle que je suis pour l'instant, c'est celle qui
[25:57] travaille, ouais. Celle qui chemine versa.
[25:59] Celle qui a. Oui.
[26:00] C'est déjà beaucoup. C'est déjà beaucoup.
[26:03] J'attends. Je pense qu'on pourrait finir
[26:04] avec ça. C'est hyper intéressant.
[26:05] Est ce que tu pourrais nous dire un mot ?
[26:07] Enfin dire un mot à l'enfant en toi ?
[26:17] C'est une question qui me touche beaucoup.
[26:18] Si je peux faire une petite parenthèse parce que je sais que
[26:21] dans ton enfance, tu tu parlais beaucoup et que ça t'a été
[26:26] beaucoup reproché, et qu'à chaque fois on te demandait
[26:30] justement de de de te taire, et cetera.
[26:31] Et aujourd'hui, c'est tout l'inverse.
[26:33] Les gens te demandent de parler encore et toujours plus et
[26:38] veulent que justement, tu limite.
[26:40] Si tu pouvais faire que ça, ce serait bien.
[26:43] Est ce que c'est, est ce que c'est pas ça pour toi
[26:45] aujourd'hui ? Non ?
[26:57] Si ouais, je parler à son enfant intérieur, c'est très difficile.
[27:04] Et je pense que quand on l'a beaucoup anesthésié, ça paraît
[27:07] même très ridicule de le faire. Tu vois, je pense que je dirais.
[27:12] Les aujourd'hui tu t'apprécies et tu es apprécié pour pour
[27:19] celle qu'on t'a beaucoup reproché d'être et je dirais
[27:22] quelle belle revanche sur la vie aujourd'hui j'ai je pense que
[27:28] j'ai beaucoup moins peur de de regarder celle que j'étais par
[27:32] rapport à avant. Tu vois avant j'avais peut être
[27:34] honte de me regarder parce que je j'étais pas sûre de.
[27:40] D'être sûre d'être fière de celle que j'allais lui montrer.
[27:43] Mais aujourd'hui, je suis capable de m'asseoir sur le banc
[27:45] et d'avoir une conversation avec moi même parce que je suis
[27:47] contente de tout le chemin que j'ai parcouru.
[27:49] Et je suis contente que indépendamment de de toutes les
[27:52] épreuves que j'ai pu traverser, de toutes les difficultés, du
[27:55] nombre de fois où où j'ai pas protégé mon cœur, aujourd'hui je
[27:58] l'ai pas perdu et et je pense que la chose la plus difficile
[28:01] pour moi ce serait de perdre ce qui fait que je suis qui je
[28:05] suis. Et pour l'instant ça va donc.
[28:07] Je suis contente. Si tu devais donner un conseil
[28:10] aux parents, aux futurs parents qui te regardent, quel est le
[28:14] plus beau conseil que tu pourrais leur donner pour leurs
[28:15] enfants ? Parce que je sais que parfois ça
[28:17] peut être compliqué en tant que parents d'éduquer des enfants
[28:20] qui ont parfois des personnalités complètement
[28:21] différentes, et cetera. Ça peut être parfois par
[28:24] compliqué pour des parents, pour des familles de comprendre des
[28:27] des choses comme l'hypersensibilité et.
[28:29] Et c'est difficile pour ces enfants là de grandir dans des
[28:32] familles qui le comprennent pas forcément et qui savent même pas
[28:35] ce que c'est en réalité. Si tu devais leur donner un seul
[28:38] conseil, ce serait lequel ? Je pense je dirais à toutes les
[28:42] personnes qui qui qui ont des enfants et qui parfois se
[28:47] sentent submergés ou qui qui ont pas l'impression de bien de bien
[28:54] de faire ce qu'ils ont envie de faire ou qui ont l'impression de
[28:56] reproduire des schémas. Les enfants ont besoin de
[28:59] stabilité et de sécurité. Offrez leur un espace dans
[29:04] lequel ils peuvent s'exprimer. Vous avez pas le droit de pas
[29:06] faire d'erreur. On demande pas aux parents
[29:08] d'être parfaits, mais autorisez vous à pleurer devant eux,
[29:13] montrez vos émotions et surtout n'ayez pas peur de demander
[29:17] pardon. Tu vois un parent qui sait
[29:21] reconnaître qui a fait une erreur ?
[29:22] On n'en veut pas à un parent qui fait des erreurs.
[29:24] On en veut à un parent qui ne reconnaît pas quand il a blessé.
[29:28] Autorisez vous à pleurer, montrez votre vulnérabilité.
[29:34] Montrez que vous n'êtes pas parfait.
[29:36] Reconnaissez vos erreurs quand vous en faites et et faites en
[29:43] sorte que vos enfants se sentent vus pour qui ils sont, pas pour
[29:48] ce que vous aimeriez qu'ils soient.
[29:50] Et c'est pas grave si vous les comprenez pas.
[29:53] Vous avez juste besoin de leur tenir la main.
[29:55] Ils seront demain leur propre personne de la même manière que
[29:58] vous avez été votre propre personnes.
[30:00] Quel est selon toi le plus bel acte d'amour ?
[30:05] Je pense que le plus bel acte d'amour qu'on puisse faire, je
[30:09] l'ai déjà dit, mais c'est vraiment de laisser partir les
[30:15] gens qu'on aime, indépendamment de tout ce qu'on
[30:28] peut faire, laisser partir les gens.
[30:32] Quand on a envie de l'écarter, je pense que est ce qu'on peut
[30:37] faire plus bel acte parce que ça veut dire qu'on qu'on sacrifie
[30:42] ce qui est pour nous le bonheur. On sacrifie ce qui compte pour
[30:46] nous en faveur de l'autre parce qu'on sait qu'on peut pas le
[30:49] rendre heureux, parce qu'on sait qu'on peut pas être quelque
[30:52] chose de possible dans sa vie. Donc on se dit non à soi pour
[30:56] dire oui à l'autre. Et même si je suis-je dis
[30:59] toujours qu'il faut se dire oui à soi.
[31:02] Avant tout. Mais paradoxalement c'est la
[31:05] plus belle forme d'amour parce qu'on offre à l'autre notre oui
[31:09] et on se donne un nom et donc c'est peut être la seule fois où
[31:15] on se sacrifie soi. Donc je dirais que c'est le plus
[31:19] bel acte d'amour, c'est de laisser partir ceux qu'on aime
[31:22] et de reconnaître quand peut être qu'on les aime pas de la
[31:24] bonne manière. Ou peut être qu'ils qu'ils ont
[31:29] pas besoin de nous dans leur vie, c'est pas ce qu'il leur
[31:31] faut. Et de réussir à partir sans,
[31:34] sans haine, sans colère. Sans les abîmer.
[31:37] Sans les abîmer. Juste partir et et garder et
[31:43] garder cette forme d'amour en essayant de faire en sorte
[31:45] qu'elle soit le plus intacte, le plus pur possible, aussi
[31:47] difficile soit il. Et de réussir toujours à
[31:50] regarder la beauté dans tout ça. Parce qu'il y a de la beauté,
[31:54] il. Y a toujours de la beauté.
[31:56] Même si elle est difficile à voir.
[31:58] Est ce qu'on peut revenir rapidement sur un passage de ton
[32:01] livre que tu nous as lu tout à l'heure ?
[32:06] L'idée c'est de me faire pleurer, ça, c'est ça.
[32:09] J'y arrive, hein ? Je doute que quiconque ait
[32:14] réellement vu mon cœur. Je crois que je le cache, ce
[32:20] cœur fragile et vibrant derrière des couches de silence et de
[32:23] sourire maîtrisé, ce n'est pas par manque d'envie.
[32:26] Mais par une peur tenace, presque viscérale, celle de
[32:29] m'ouvrir complètement à quelqu'un, de me livrer sans
[32:33] réserve, et que cette personne devient ensuite la raison pour
[32:36] laquelle je fermerai, défini définitivement cette porte.
[32:39] C'est étrange, n'est ce pas vouloir être vu vraiment vu,
[32:42] tout en craignant les regards qui pourraient pénétrer trop
[32:44] profondément ? Un jour, ma grand-mère a fermé
[32:49] le poing doucement. Puis l'a ouvert comme une fleur
[32:55] qui éclôt avant de souffler dans sa paume.
[32:58] Je l'ai regardée, intriguée, j'ai souri, amusée par ce geste
[33:02] qui semblait enfantin, presque magique, elle a levé ses yeux
[33:05] fermes, moi, plein de cette sagesse que seul les années et
[33:07] les épreuves confèrent. Et elle m'a dit, Tu vois ma
[33:11] fille, ça, c'est la vie. Ma grand-mère, dans son geste
[33:16] simple, me montrait une vérité universelle, il faut vivre.
[33:20] Pas en essayant de tout retenir, de tout figer, mais en
[33:23] embrassant chaque instant pour ce qu'il est, une étreinte
[33:26] aujourd'hui, un éclat de rire, demain une larme peut être le
[33:29] jour suivant. Et tout cela fait partie de la
[33:32] danse de la vie. Alors après tout, ce n'est pas
[33:34] si grave. Les échecs, les pertes, les
[33:37] adieux, tout ce qui nous semble insurmontable à l'instant
[33:40] présent finit par devenir un souvenir, un souffle parmi
[33:43] d'autres. Et c'est précisément cette
[33:45] fragilité, cette incertitude qui rend chaque instant si précieux.
[33:49] Je me souviens maintenant de ce jour où elle a soufflé dans sa
[33:52] peau et j'entends encore sa voix dans mon esprit.
[33:56] Alors vie ma fille, n'attends pas que les choses soient
[33:58] parfaites pour savourer. Ne te laisse pas emprisonner par
[34:01] ce qui finit toujours par passer, parce qu'en vérité,
[34:03] c'est ça la vie. Un souffle fragile, éphémère
[34:07] mais infiniment beau. Les yeux parlent leur propre
[34:10] dialecte et je me demande quelle histoire racontent les miens
[34:13] désormais sont-ils le gardien de souvenirs brûlants, de rêves
[34:17] fanés ou d'espoir naissant ? Et les yeux ne mentent jamais,
[34:21] vous savez. Ils disent tout, les élans de
[34:24] joie, les abîmes de peine, les torrents de pensées qui dévalent
[34:28] l'âme. Et si les miens hésitent encore,
[34:31] oscillant entre clarté et le mystère, c'est peut être parce
[34:34] qu'ils sont en train d'écrire une nouvelle histoire.
[34:36] Une histoire qui n'a pas encore trouvé ses mots, mais qui déjà
[34:39] vibre d'un souffle nouveau. Ce passage il est incroyable,
[34:44] moi il me, il me parle beaucoup. J'ai juste envie de te poser une
[34:47] une petite question par rapport à ce passage, on parle vraiment
[34:51] de de du moment présent et à quel point c'est c'est précieux
[34:54] en fait dans ce passage, si t'avais un conseil à nous
[34:57] donner, je sais, j'ai demandé beaucoup de conseils
[34:59] aujourd'hui, mais si t'avais un conseil à nous donner, qu'est ce
[35:03] qu'on pourrait faire tout de suite quand on vit à un moment
[35:06] présent justement ? Pour pour revenir à ce moment,
[35:10] pour le vivre pleinement, est ce qu'il y a quelque chose qu'on
[35:12] peut mettre en place pour pour que ça fonctionne quoi ?
[35:17] Ouais, je dirais que la meilleure façon de revenir dans
[35:20] le moment présent, c'est de prendre conscience de ce qu'on
[35:23] ressent dans le moment présent, pas de ce qu'on a peur de
[35:26] ressentir, pas de ce qu'on a déjà ressenti, pas de avoir peur
[35:29] de ce qui s'est déjà passé ou de vouloir modifier ce qui a déjà
[35:32] existé. Mais qu'est ce que je ressens
[35:34] tout de suite maintenant ? Le meilleur.
[35:36] Moyen, le moyen le plus rapide de de revenir à un instant
[35:39] présent, c'est comment je me sens, comment tu te sens tout de
[35:41] suite maintenant, si tu te poses la question et si tu te, si tu
[35:45] essaies de tu vois, tu fermes les yeux, tu dis OK, qu'est ce
[35:47] que je ressens tout de suite maintenant tu vas revenir dans
[35:50] la pièce. Ouais, tu seras pas dans tes
[35:52] pensées perdues, dans des choses que tu as pu traverser ou que tu
[35:55] as pu ressentir, tu reviendras tout de suite.
[35:57] Pour les personnes qui ont du mal à à s'ancrer dans dans le
[35:59] présent, n'oubliez pas de vous demander comment vous vous
[36:02] sentez. On le fait pas souvent.
[36:05] Ça mais c'est important, on le fait pas souvent, c'est vrai,
[36:06] merci. Jade, je t'en prie, merci à toi
[36:08] Sarah d'avoir été avec nous et d'avoir répondu de manière aussi
[36:11] sincère. Je sais que c'est pas un
[36:12] exercice facile à etre vulnérable et merci à vous de
[36:15] nous avoir écouté pendant toute la durée de cet épisode et je
[36:19] vous dis à bientot.

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