# Il n’a pas joué un soldat, il l’est devenu !

An episode of [QUARTIER LIBRE](https://invisiblenetwork.ai/podcast/1843102764), 30 Apr 2026, 55 min.

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Dans la série Cœurs Noirs, il incarne Spit, un dépiégeur des forces spéciales. Un soldat marqué par la guerre. Un homme qui porte ses failles en silence. Victor Pontecorvo raconte comment il s’est préparé pour jouer ce rôle, entre lectures, rencontres, entraînements, manipulation d’armes et immersion au contact de vrais militaires. Dans Cœurs Noirs, les attitudes, les déplacements, les silences et la vie en opération sonnent juste. Ce n’est pas un hasard. C’est le rôle essentiel des conseillers militaires, présents avant et pendant le tournage, pour relier la fiction à la réalité. Leur travail permet aux acteurs de comprendre les réflexes, le vocabulaire, les postures et surtout l’état d’esprit de ceux qu’ils incarnent. Victor parle d’une immersion qui laisse des traces, d’un basculement où l’acteur s’efface derrière l’exigence technique et la charge mentale d’un métier où la moindre erreur est définitive. Dans cet épisode de Quartier Libre, le capitaine Brault interroge l’acteur sur la manière dont il incarne un soldat à l’écran, sur sa préparation physique et mentale et sur ce que la rencontre avec les forces spéciales change dans le regard qu’on porte sur l’armée. Victor Pontecorvo livre un témoignage fort sur ce que la fiction doit à celles et ceux qui s’engagent réellement, souvent loin des regards. ——— LE PODCAST QUARTIER LIBRE ——— Dans beaucoup de podcasts ce sont des civils interrogent des soldats… Et si on inversait les rôles ? Dans Quartier Libre, le Capitaine Brault pose des questions à des leaders civils et militaires sur leur métier, leur expérience opérationnelle et leur vision du commandement. Proposez un invité pour un prochain Quartier Libre👇 https://forms.gle/1hNssx2EdQNwHg1i6 Toutes les infos sur nos métiers : https://www.sengager.fr Rencontrez nos conseillers en recrutement : https://www.sengager.fr/prise-de-rdv

## Transcript

[0:00] aller chercher autant d'humanité en fait, trouver autant d'humanité chez les
[0:04] gens qui font la guerre. Et là, on capte, on attrape tout ça et ça nous a
[0:09] vraiment je pense euh assez bouleversé. C'est le principe d'un acteur. On a on
[0:14] a un côté éponge, c'est-à-dire qu'on absorbe très vite un bon acteur. Il il
[0:18] repère, il regarde comment on fait et dans une forme d'imitation, il sait
[0:22] l'adapter à lui. Il y a eu beaucoup de de discussion mais aussi beaucoup de
[0:25] physique et puis de la manipulation d'armes. Mais c'était vraiment
[0:28] primordial pour nous. c'était de rendre hommage le mieux possible aux forces
[0:32] spéciales
[0:42] avec Victor Pontecorvo comédien vous le connaissez pour son rôle dans
[0:45] Cœurs noirs où il joue le rôle d'un dépiégeur des forces spéciales confronté
[0:50] à la mort d'un de ses frères d'armes mais avant ça je voudrais vous remercier
[0:52] parce que vous êtes déjà des dizaines de milliers à regarder les premiers
[0:55] épisodes de Quartier Libre qui est sur YouTube et aussi sur toutes les
[0:58] plateformes de podcast. Si vous voulez m'écrire pour me donner votre avis,
[1:02] c'est très important pour nous pour continuer. Vous pouvez m'écrire sur mes
[1:05] réseaux sociaux Capitaine Brault. Et maintenant, c'est parti pour ce
[1:09] Quartier Libre avec Victor Pontecorvo. Quartier Libre.
[1:18] Victor, bonjour. Bonjour. Bonjour à tous.
[1:19] Comment ça va ? Ça va très bien merci. Je suis très
[1:22] heureux d'être là. Comment on passe de
[1:25] du théâtre au cinéma où vous c'est peut-être l'inverse que vous avez fait ?
[1:29] Euh ouais les Est-ce que je suis passé de l'un ou à l'autre ? Je sais pas. Je
[1:32] pense que les deux s'entremêent quoi. C'est c'est deux métiers qui sont
[1:35] différents mais complémentair. Euh voilà. Alors certains les les sépar
[1:42] acteur pour les gens qui font de l'image, comédien pour
[1:45] Ah oui, c'est vrai. Il y a la distinction qui font du thé. Il y a des
[1:47] gens qui font la distinction. Moi, je la fais pas tant que ça. Je je sais pas.
[1:50] Euh mais je pense que c'est important de de savoir faire les deux en tout cas. Je
[1:55] Et et vous, c'est quoi votre métier alors ?
[1:59] Bonne question de comédien, acteur ?
[2:01] Euh oui, je suis plus acteur, j'ai fait plus d'images,
[2:04] OK que de théâtre, mais j'ai aussi fait pas
[2:06] mal de théâtre. Je trouve ça passionnant et quelque chose de de l'instant. Euh on
[2:12] peut imaginer que jouer 150 fois la même pièce, ça peut être redondant,
[2:17] fatiguant, usant, pas intéressant, mais en fait pas
[2:21] du tout. Chaque soir, c'est différent. euh de par le le public déjà qui est
[2:27] différent chaque soir et il y a un vrai échange avec le avec le public même si
[2:32] on brise pas le 4e mur. Euh et donc c'est passionnant, les deux sont
[2:37] passionnants. Vous êtes là parce qu'on va parler de de
[2:39] Cœurs noirs, une série qui est hors norme, qui suit des hommes et des femmes des
[2:43] forces spéciales françaises dans une de leurs opérations extérieures, donc en
[2:47] Irak juste avant le le siège de Mossoul. Dis pourquoi ça s'appelle Cœurs noirs
[2:52] cette série ? Alors, Cœurs noirs, ça s'appelle Cœurs noirs parce que le la la
[2:57] faction de djihadiste euh qui s'oppose donc à au groupe 45 euh
[3:05] dans la série s'appelle Qalb Aswad. Et Qalb Aswad, ça veut dire Cœurs noirs. C'est
[3:09] la traduction en arabe de Cœurs noirs. Mais je pense qu'il y a il y a peut-être
[3:13] quelque chose autour de la la psychologie des personnages, notamment
[3:16] le vôtre qui est confronté à la mort d'un de ses camarades.
[3:19] Alors oui, en tout cas euh est-ce que c'est voulu ? Je sais pas mais parce que
[3:26] le syndrome post-traumatique était pas forcément quelque chose qui était écrit
[3:29] à la base et c'est quelque chose qu'on a construit avec
[3:36] notamment l'intervenant Rédouane Louaazizi qui est un ancien du 13e RDP
[3:41] et en discutant avec lui en discutant avec d'autres soldats que j'ai pu
[3:45] croiser pendant notre notre premier passage donc dans un régiment de force
[3:51] spéciale c'était au 13 Et on a beaucoup discuté sur ce personnage, sur quelles
[3:56] étaient ses motivations parce qu'il y avait des trucs au scénario qui me
[3:59] gênaient, qui gênaient aussi pas mal de monde. Je pense le
[4:04] réalisateur, je pense je pense au au gradés qui ont lu le les scénarios et on
[4:12] a eu des grosses discussions là-dessus pour pouvoir le rendre crédible ce
[4:15] personnage. Alors juste pour le recadrer pour ceux qui peut-être ont pas vu
[4:19] encore la série, c'est donc un un dépiégeur des forces spéciales, souvent
[4:24] celui qui est en tête de stick parce que justement c'est lui qui va aller ouvrir
[4:27] la porte, trouver le piège, éventuellement le le désarmer. Et ce
[4:31] personnage là, il vit euh au sein de cette opération euh un traumatisme. Vous
[4:37] avez parlé tout à l'heure de de syndrome post-traumatique. C'est un terme qu'on
[4:41] utilise pour dire une blessure psychique, une un choc autour de la
[4:45] perte de de son frère d'armes. Et donc ça, vous disiez que euh c'était pas
[4:49] prévu à l'écriture du scénario à l'origine.
[4:51] Alors, ce qui était prévu à l'écriture du scénario, c'est qu'effectivement il y
[4:54] a un accident. Euh il faut savoir que je dénigre pas du
[4:58] tout le travail des scénaristes. C'est un très très bon scénario, mais que en
[5:02] France, on a peut-être pas assez de moyens euh pour écrire sur le long
[5:05] terme, vraiment bosser, rémunérer plein de scénaristes, avoir vraiment euh euh
[5:13] un pool de de scénaristes qui travaillent. Donc donc de temps en temps
[5:16] et ben les acteurs, on met les acteurs les différents intervenants, on essaie
[5:21] de mettre un petit peu la main à la pâte pour ben créer aussi quelque chose de de
[5:26] plus riche autour de de la base scénaristique qui est écrite.
[5:29] Donc il a évolué avec vous aussi et effectivement il a évolué avec nous. il
[5:32] a évolué au fil de de ces 5 jours passionnants ou 6 jours, on a fait une
[5:37] semaine euh donc au 13e RDP, donc en il y a 4 ans maintenant et
[5:42] un régiment des forces spéciales. Euh vous êtes en fait comment ça s'est passé
[5:46] ? Vous vous êtes rentré dans le régiment et ils vous ont entraîné ? Ils ont fait
[5:49] quoi ? Voilà, ils nous ont ouvert les portes. Alors, on devait ça a été assez
[5:52] compliqué hein. Vous connaissez mieux l'armée que moi. C'était pas
[5:56] com des choses compliqué avec. Donc on devait d'abord dans un premier
[6:00] temps aller au premier pays ça ne s'est pas fait parce qu'il y a eu un
[6:03] changement de de chef de corps à ce moment-là et euh du coup ça s'est pas
[6:08] fait. Bon, c'est compliqué je pense un parce que ils sont des missions, ils ont
[6:10] autre chose à faire. Exactement. Exactement quand même le
[6:13] rappeler et de parce qu'en plus il y a des sujets de sûreté à faire rentrer des
[6:18] civils dans un régiment de France. Donc juste pour pour dire, je pense que il y
[6:22] a des sujets là-dessus avant tout. Ouais.
[6:24] Oui, j'imagine mais on a quand même réussi.
[6:25] On a quand même réussi et c'était c'était passionnant et
[6:29] heureusement heureusement qu'on est passé par cette étape là
[6:32] justement. Alors déjà, on avait eu quelques quelques discussions avec
[6:35] Redwan Azizi parce qu'il était écrit dans le scénario que ce personnage était
[6:38] un était un drogué et c'est quelqu'un qui prenait des amphétamines et nous on
[6:44] voulait absolument pas euh on s'est battu contre ça et mais tout le monde
[6:49] est allé dans notre sens hecteur, réalisateur, tout le monde est allé dans
[6:52] dans ce sens-là pour enlever ce côté-là et juste
[6:58] le laisser prendre des anxiolitiques. que la les amphétamines sont devenues
[7:02] des cachets pour se calmer. Hm.
[7:04] Et euh et euh et l'erreur de grenade est déjà justifié par un début entre
[7:10] guillemets de syndrome postraumatique. C'est déjà quelqu'un qui est nerveux
[7:12] expliqué pour ceux qui ont pas forcément vu la la série.
[7:15] Non, mais il faut la regarder. Je l'expliqué. Non, mais après il y a les
[7:18] spoils et tout. Euh bon, disons qu'il y a une il y a une
[7:22] action dans lesquelles il y a une erreur professionnelle qui est faite par votre
[7:26] personnage Speed qui derrière il va traîner pendant plusieurs épisodes parce
[7:29] que il se sent la responsabilité d'avoir mis en danger ses camarades.
[7:34] Exactement. Et ça tout ça c'était du coup ça pour le
[7:37] coup c'était écrit par contre ça c'était écrit il a fallu
[7:40] ajuster pour rendre à la crédibilité pour des histoires de grenc de ce qui
[7:44] était vraiment écrit. On a cherché une solution et la solution la plus réaliste
[7:49] qui n'est quand même pas réaliste mais qu'on a trouvé c'était de confondre une
[7:52] OF avec une Ouais. une grenade offensive avec une
[7:54] grenade défensive. C'est marrant parce que vous avez les acronymes enfin les
[7:58] expressions militaires qu'on essaie dans le podcast de de bannir un peu pour
[8:04] voulait un peu étaler ma science. Bah non. Alors, je je déjà vous en je
[8:07] vous en félicite parce que enfin, on sent que vous avez vraiment vous avez le
[8:10] vocabulaire du militaire, quoi. Et puis d'un soldat des opérations spéciales.
[8:15] Je reviens sur vous vous avez dit que vous avez été conseillé avant de rentrer
[8:20] dans un régiment des forces spéciales, vous avez été conseillé par un ancien
[8:22] militaire. Vous pouvez revenir sur son rôle parce que je pense que les
[8:24] spectateurs de films de guerre, de films militaires le savent pas forcément. Il y
[8:28] a d'anciens militaires qui peuvent conseiller des réalisateurs, des acteurs
[8:31] sur leur métier. Exactement. En fait euh c'est pas que
[8:35] avant, c'est vraiment avant, pendant et je sais pas si si je crois que après il
[8:39] doit faire un peu de montage aussi. Je en tout cas il est là quasiment tout le
[8:42] temps. Conseil est là pour faire vraiment le lien entre la fiction et la
[8:47] réalité en fait pour amener un maximum de réalisme dans les contraintes de la
[8:53] fiction. Et là comment ça se passe ? On est dans
[8:55] la phase d'écriture. Vous avez dit tout à l'heure que le personnage a évolué.
[8:59] C'est un dialogue entre vous, lui, le réalisateur et c'est là que vous avez
[9:03] trouvé cette intrigue autour de euh du syndrome post-traumatique. Comment ça
[9:07] vous est venu ? Euh bah ça nous est venu assez euh assez
[9:12] clairement. On savait que de toute façon euh c'était le plus fragile du groupe.
[9:16] Euh enfin, il était écrit comme ça. Euh il était écrit dans une dans une version
[9:22] précédente d'ailleurs qu'il allait se sacrifier pour le groupe à la fin de la
[9:25] saison 1, ce qui ce qui n'a pas été gardé. Il il devait tuer votre
[9:29] personnage dit comme ça. Exactement. Exactement. Et voilà, je dévoile un
[9:34] petit peu les bah c'est bien la bout quelques secrets.
[9:38] Voilà. L'arrière boutique. Exactement. Et ça n'a pas été gardé mais il y avait
[9:43] Ouais. quelque chose euh déjà qui amorçait le syndrome post-traumatique.
[9:47] Nous, on a juste voulu le souligner pour que ce personnage ressorte un peu du lot
[9:51] pour que il y ait quelque chose d'intéressant à jouer euh sur un
[9:55] personnage qui a pas grand-chose finalement à dire euh et qui et qui
[10:00] c'est sur cette fébrilité que moi je trouvais ça hyper intéressant déjà. Euh
[10:05] et puis c'est quelque chose qui me tient à cœur de défendre. Euh j'ai croisé pas
[10:09] mal de gens euh qui sont partis euh euh faire la guerre et qui sont revenus euh
[10:14] euh notamment mon propre grand-père et qui n'étaient pas euh euh comment dire
[10:20] qui avaient des des défaillances, qui avaient des fragilités, qui avaient des
[10:24] des problèmes d'addiction ou des problèmes de et parce qu'ils avaient
[10:29] vécu la guerre. Je pense que de toute façon, on ne revient pas indemne de de
[10:34] ce genre de conflit. Euh il vous a raconté ce qu'il a vécu ?
[10:38] Euh j'ai essayé de lui rcher les verres du nez à un moment et j'ai eu quelques
[10:42] détails. Euh notamment une journée particulièrement dure. Il était dans le
[10:46] génie mon grand-père. Il s il s'est engagé
[10:49] il s'est engagé dans la deuxème déb du du général Lecler à la libération de
[10:53] Paris. Il avait 19 ans. Et
[10:59] euh et ça a été ça a été compliqué. il a
[11:02] fait donc il est parti en Allemagne jusqu'en Allemagne euh il me semble que
[11:08] la campagne d'Allemagne je sais pas. Bon bref
[11:10] après la libération de Paris. Ouais à travers la Belgique.
[11:12] Voilà à travers la Belgique. Toujours est-il que euh il est il a été assez
[11:17] traumatisé par une journée où il longeait une rivière. Ils avaient pas
[11:21] pris la précaution de de de faire de faire
[11:26] sauter un clocher d'église qui se situait derrière la rivière. Non, il y
[11:31] avait un informateur d'artillerie euh allemande et ils étaient trois altftraq.
[11:35] Et en fait, le premier ob tapé euh en plein dans un abtrack, ils sont euh ils
[11:41] sont tous morts hein, sauf euh le chauffeur qui était devenu
[11:43] instantanément fou. Voilà pour la petite histoire. Ils sont partis à 42, ils sont
[11:48] revenus à 7. C'était ce que me disait souvent ma grand-mère, tu comprends ?
[11:51] Ils sont partis à 42, ils sont revenus à 7. Euh, je crois que c'était 16 morts,
[11:54] 17 blessés. C'était voilà.
[11:57] et il me parlait souvent de cette cette espèce de de d'inconscience qu'ils
[12:02] avaient à l'époque dû à la jeunesse, dû à à au dévouement qui qu'ils avaient
[12:09] pour euh le général Leclerc euh et il était très marqué par ça, mais il n'en
[12:16] parlait absolument jamais. Il a fallu que quand quand je j'ai eu la vingtaine
[12:22] euh que je lui tire les vers du nez et quelques mois après ça, il s'est envoyé
[12:27] du 635 dans la cerbelle et c'était fini. Voilà, c'était c'était un moyen de de
[12:33] mettre un point d'org à à son parcours. Vous le quand vous
[12:38] avez grandi, vous avez vu des signes, vous avez vu les ces symptômes là que
[12:43] peut-être après vous avez dit que c'était important pour vous de
[12:46] l'incarner à l'écran. C'est ce rapport entre ce que vous avez peut-être vécu au
[12:51] contact de votre grand-père et le rôle que vous avez incarné. C'est quelque
[12:53] chose qui a qui a nourri votre direction artistique ? Euh
[12:58] pas vraiment parce que j'avais vraiment un rapport de d'enfant à
[13:03] d'enfant à adulte et c'est pas non ce dont je me souviens dans ses
[13:09] comportements, c'était une consommation excessive d'alcool,
[13:13] un repli sur lui-même, une manière de de de moins en moins se confronter de très
[13:19] peu se confronter à la société une fois qu'il a arrêté de travailler et cetera.
[13:22] Euh et c'est pas c'était pas à propos pour nourrir le personnage parce que euh
[13:30] ce qui m'intéressait c'était d'aller chercher chez des soldats bah qui ont le
[13:34] même âge que Speit, qui ont vécu des choses similaires à Speit. Euh donc de
[13:41] lire, de m'intéresser, de discuter, de rencontrer euh euh je me souviens d'un
[13:46] opérateur que j'ai rencontré dans la salle de Crossfit euh avec qui j'ai que
[13:50] j'ai invité à dîner un soir pour justement pour discuter avec lui. Euh
[13:54] c'était passionnant et lui il échangeait. Euh
[13:59] c'est quoi la méthode quand quand on vous donne un rôle comme celui-là ?
[14:02] Vous commencez par quoi ? que vous avez dit de la lecture, vous regardez des
[14:04] films, je sais pas quel est le la méthode pour vous imprégner de cette
[14:08] culture, de ce monde, de cette profession. Ben, exactement, c'est
[14:11] exactement ça. Je lis, je regarde des films et YouTube est une man
[14:16] absolument géniale pour les acteurs parce que bah si tu interprètes un flic,
[14:20] tu peux regarder des des documentaires sur des flics, des reportages, des et ça
[14:25] t'aide sur la manière de se tenir, la manière de parler, la manière de quel
[14:29] est l'équipement, comment vous m'avez dit tout à l'heure que vous
[14:32] regardiez des podcasts. Alors, peut-être J'écoutais des podcasts. Ouais.
[14:35] Ouais. Que vous écoutiez des des podcasts avec des avec des milie. Euh
[14:39] alors au début au début de de Cœurs noirs, Quartier Libre existait pas encore mais
[14:43] j'espère qu'on servira au malheureusement il y aura pas de saison
[14:45] 3 mais euh mais effectivement je je j'aime me replonger euh j'aime j'aimais
[14:50] me replonger dans la saison 2. Quand il y a eu la saison 2, je me suis replongé
[14:53] euh dans plein de il y a VTAN de France qui avait sorti euh entre les deux
[14:57] saisons quand même plein de plein de témoignages et euh voilà défense zone il
[15:02] me semble aussi. Là, je pense à un épisode que nous on a fait dans quartier
[15:05] libre où c'est un des mineurs qui raconte alors pas tout à fait la même en
[15:10] fait, ils ont les quasiment les même qualification que Spit de dépiégeurs
[15:14] opérationnel et lui voilà m'a raconté son tête à tête avec la mine, c'est un
[15:18] épisode bon je je vous le je vous l'enverrai si vous voulez. Euh donc de
[15:23] la lecture, des podcasts, vous avez fait cette rencontre avec un un camarade à la
[15:28] salle de plusieurs. Ouais, plusieurs d'ailleurs,
[15:30] je j'ai je savais qu'il y en avait un qui était parti euh dans les chasseurs
[15:33] alpins et qui était revenu euh blessé donc invisible, ce qu'on appelle
[15:37] Ouais. La blessure invisible liée au blessure psychologique. Voilà. Qui en
[15:40] parlait beaucoup, il en parlait beaucoup sur ses réseaux. Donc je l'ai appelé,
[15:42] j'ai passé 2 heures au téléphone avec lui. Il m'expliquait que maintenant tout
[15:47] devenait une épreuve. euh prendre sa voiture, prendre euh ça c'était
[15:52] intéressant aussi euh de s'imaginer euh après d'imaginer Speit après quand il
[15:57] revient à la vie euh normale. Euh maintenant il s'ag parce
[16:00] qu' apparaît pas dans la Non non non non. Il il s'agissait
[16:02] justement de d'arriver à à quelque chose de subtil qui puisse transparaître à
[16:07] l'image euh et qui qui soit sur le moment, sur le terrain. Quel est
[16:11] comment on peut voir que ce soldat est plus fragile que les autres sur le
[16:14] terrain par ses réflexions, par son, par euh voilà. Et alors c'est bon, il s'agit
[16:21] pas de faire un liste mais ces signes, je trouve intéressant de d'avoir votre
[16:24] interprétation d'acteur avec le travail de recherche que du coup vous avez fait
[16:28] parce que je me dis que ça peut servir aussi à tous les militaires euh cadres
[16:32] et soldats pour repérer certains de ces signaux. Vous c'était sur quoi que vous
[16:38] avez mis votre attention et que vous avez essayé de de d'appliquer dans votre
[16:42] jeu ? C'était une certaine forme de fébrilité.
[16:48] Je travaillais sur bah des émotions intérieures euh
[16:53] fragiles, un équilibre intérieur un peu fragile.
[16:56] Euh après, est-ce que est-ce que ça peut se détecter vraiment ? Je sais pas, je
[17:01] savais pas trop non plus où j'allais. Donc euh voilà, une une certaine forme
[17:05] de fragilité intérieure. Voilà, c'est là-dessus que j'ai bossé
[17:09] et je trouve que ça j'ai l'impression que ça marche bien en tout cas dans pas
[17:12] mal de scènes. Ouais, c'est hyper intéressant. Et
[17:16] alors, je reviens sur la formation que vous avez vécu quand vous êtes allé au
[17:19] 13e RDP. Qu'est-ce que vous avez fait là-bas ?
[17:22] Alors euh très très bon souvenir. Euh très très bon souvenir. Je pense qu'il y
[17:27] avait déjà une idée de la production de créer une vraie cohésion de groupe, ce
[17:31] qui a fonctionné hein, ce qui a fonctionné assez vite. Il faut
[17:34] savoir que je pense que le le premier matin, on était ils ont une
[17:38] espèce de de détent. On est d'ailleurs c'était en octobre fin
[17:43] octobre donc il devrait faire assez froid, l'eau était bien froide et puis
[17:45] on a tous fini là-dedans en tris. Donc déjà ça commençait euh ça
[17:50] commençait c'était c'était assez chouette. On a
[17:53] fait donc c'était pas des rencontres enfin
[17:54] juste vous cherché il y a eu il y a eu beaucoup de discussions mais aussi
[17:58] beaucoup de physique. D'accord. OK.
[18:00] Et de cohésion de groupe et puis de la manipulation d'armes.
[18:04] Ouais. Mais alors là-dessus, moi je trouve que c'est un des points sur
[18:07] lequels la série est hors norme par rapport à ce qui se fait. La
[18:11] manipulation d'armes, elle est bon, elle paraît impeccable à l'écran. Alors que
[18:15] d'habitude, je dois dire que et tous les soldats le disent, quand on regarde des
[18:18] films de guerre ou même des des flic des des des films où on voit des armes,
[18:23] souvent ce qui brise le 4e mur pour nous, c'est la manipulation. les gens
[18:26] font n'importe quoi avec leur avec leur flingue. Là, moi il y a eu aucun moment
[18:29] où j'ai et je trouve que c'était hyper pro, quoi. On se dit d'ailleurs moi
[18:33] j'étais impressionné de savoir que vous avez été seulement formé à ça pendant
[18:35] une semaine au 13e RDP. Ça s'est passé comment cette formation à la
[18:38] manipulation des armes ? Alors euh oui, une semaine c'est bien
[18:43] c'est c'est c'est beaucoup dire. On n pas on a fait
[18:46] quelques heures de manipulation d'armes. C'est oui, c'est quelques heures. C'est
[18:49] pas après on a refait un peu de cubé instructeur parce que à l'écran c'est
[18:54] vraiment professionnel. Alors ce qu'ils disent de nous, c'est que et c'est le
[18:57] c'est le principe d'un acteur, on a on a un côté éponge, c'est-à-dire qu'on
[18:59] absorbe très vite et on on reproduit assez vite ce qu'on voit en fait. Et ça
[19:04] fait partie de notre métier aussi. C'est-à-dire que
[19:06] euh un bon acteur, il il repère, il regarde comment on fait et il sait le
[19:13] dans une forme d'imitation, il sait l'adapter à lui. Donc ça ça on va assez
[19:17] vite là-dessus. C'est-à-dire qu'au bout de de 2 3 heures, on avait déjà un peu
[19:23] moins l'air de de de civils avec des armes mais et un peu plus de militaires,
[19:27] quoi. Et puis alors, tout dépend de chacun. Il y en a certains peut-être que
[19:31] ça marche moins à l'image. Donc l'image c'est aussi une manière de gérer ça et
[19:36] ouais. Et qu'est-ce qu'on voit en premier ?
[19:38] Puis surtout, on peut le refaire aussi. Bon, après, on passe pas notre temps à
[19:40] refaire des prises parce que un tel avait
[19:43] euh Ouais. le le doigt au mauvais endroit.
[19:46] Voilà. Après, après oui, pour le coup, le doigt
[19:51] sur sur la queue de détente, ça ça s'est pas fait entre nous parce que on savait
[19:56] que c'était vraiment à proscrire quoi. Et alors, ils vous ont mis sur le pas de
[19:59] tir, ça c'est il s passé quoi ? Oui, effectivement, il fallait qu'on ait
[20:03] un peu des sensations de de recul. Donc, ils vous ont fait tirer à balle
[20:07] réel. Exactement.
[20:09] OK. Parce que dans donc dans la série vous tirez à blanc tout le tout le long
[20:12] évidemment. Et ouais. Mais souvent intéressant que vous ayez
[20:16] sinon ça fait pas mal de figurants. Non mais par exemple, je pense que les
[20:20] les gens le savent pas forcément mais vous avez pas des armes factices je veux
[20:23] dire dans le dans la série. Ces armes réelles.
[20:26] Tout à fait. Exactement. Euh sont des armes réelles. Euh elles
[20:31] sont euh chargées avec des quarts de charge ou des 8è de charge. Tout dépend
[20:37] tout dépend de l'arme parce qu'il faut que quand même qu'il y ait assez de de
[20:40] gaz pour faire reculer la culasse, éjecter la douille et pouvoir retirer
[20:44] derrière. Donc tout dépend, je sais par exemple
[20:47] les AK47 euh il faut des quarts de charge pour que ça fonctionne. Je pense
[20:52] que le le que les que les HK 416 le le 8e de charge suffit euh si je dis pas de
[20:58] bêtises. Mais on a quelqu'un, on a un armurier qui s'occupe de ça.
[21:01] Euh on a un armurier spécialisé donc là-dedans qui s'occupe de ça. Sont des
[21:04] armes qui sont démilitarisées, c'est-à-dire que le canon est plus ou
[21:08] moins bouché, il peut pas y avoir d'ogives dedans. Euh
[21:12] donc c'est quand même très sécurisé. Euh et euh et donc qui gère les munitions
[21:17] avec euh les différents grammages de poudre à l'intérieur euh euh en fonction
[21:21] de l'utilisation. Euh OK, intéressant. Et c'était la première
[21:24] fois que vous tiriez ou pas euh quand vous étiez au 13e RDP ?
[21:27] Négatif. Ouais. Vous avez déjà fait du tir avant
[21:29] ? Oui. Oui. Oui. Oui. J'ai pas du
[21:31] du tir sportif. Euh oui, mon oncle mon oncle à un moment
[21:35] éta inscrit dans un club de tir et OK. Donc en fait vous avez habité à la
[21:38] campagne, donc j'avais déjà tiré au fusil de chasse, j'avais déjà tiré euh à
[21:43] Winchester, une vieille Winchester, enfin avec pas mal de calibres
[21:46] différents parce qu'il avait tout au 9 mm aussi.
[21:48] D'accord. Donc vous vous aviez déjà un fond quand même dans la manipulation
[21:51] d'armes avant de avant d'entrer dans cette série
[21:53] ? Un petit peu. Je faisais pas ça tous les weekends non plus mais j'avais déjà
[21:55] eu euh Oui. Je pense que parmi parmi les comédiens
[22:00] ça ça doit être assez rare, non ? Ou enfin déjà parmi la population générale
[22:04] ? Oui, j'imagine. Ouais.
[22:08] Et vous là quand vous avez eu le tir au 13e RDP, euh ça s'est passé comment pour
[22:15] certains qui ont peut-être jamais fait ça ?
[22:17] Euh je me souviens d'une actrice qui avait vraiment les larmes aux yeux.
[22:21] Ah ouais ? Pourquoi ? Ouais. Ben l'idée d'avoir quelque chose
[22:24] de létal dans les mains et je ce que je peux comprendre
[22:28] il y a une émotion de toute façon. Il y a une émotion, c'est indéniable. On peut
[22:31] pas on peut pas le la connaître avant de de d'avoir tiré avec une arme une arme à
[22:37] feu. Je trouve qu'il y a vraiment une une émotion particulière.
[22:40] Comment de savoir qu'on a la mort au bout du fusil.
[22:44] C'estàd que c'est voilà c'est oui c'est pas
[22:47] c'est fait pour tuer. Non c'est pas nonin.
[22:49] Et quelle a été sa progression ? Euh et après ça s'est bien passé mais au
[22:53] début c'était un peu compliqué. Euh voilà je peux pas parler en son nom non
[22:57] plus mais je me souviens de d'un passage un petit peu difficile puis après ça
[23:00] allait. OK, ça allait au contraire Attention les
[23:05] elle mettait carton plein sur les sur les cycles.
[23:07] Ah ouais derrière c'est il y avait c'était bien groupé tout ça.
[23:11] D'accord. Bien groupé parce que Ah ouais bah parce que ouais en plus j'
[23:15] une forme de compétition pas du tout malsine he mais on avait envie de mettre
[23:19] de mettre dans la cible aussi hein. C'est
[23:22] qui est passionnant avec le tir sportif et pour ça qu'il y a plein de gens hors
[23:24] militaire qui qui aiment ça. Euh qu'est-ce que vous avez fait d'autre
[23:27] avec le 13e RDP ? Euh un peu de paintball, on a beaucoup discuté. On a discuté avec
[23:32] euh pas mal de soldats euh plus ou moins atteints d'ailleurs euh
[23:37] par ce qu'ils avaient vécu. Euh j'ai très très bon souvenir. On a euh on a
[23:43] dormi euh dehors euh dans la forêt euh en ranger dans les sacs de couchage.
[23:50] Effectivement, vous étiez full équipé régiment.
[23:52] Voilà, on a fait une marche, on a fait une marche de nuit sous JVN.
[23:58] On a fait euh des déplacements en véhicules de nuit sous JVN aussi.
[24:03] On a fait il nous avait concocté une petite mission. Euh donc malheureusement
[24:07] on n'avait pas les petites billes de peinture, on avait que des armes
[24:09] factices. Mais il fallait déloger euh certains certains soldats qui étaient
[24:13] pris au jeu qui fallait libérer un prisonnier.
[24:16] OK. Vous êtes allé donc assez loin dans on peut dire un entraînement.
[24:19] Ouais. Ouais. Il nous avait vraiment fait concooctter quelque chose de de
[24:23] vraiment chouette quoi. On a on a passé une semaine.
[24:25] Ouais. C'est c'est inoubliable. Inoubliable. Je je pense bon je je
[24:29] prêche pour ma paroisse mais au-delà de des capacités et des talents des acteurs
[24:34] à imiter, je pense aussi que vous avez eu affaire à des professionnels de de
[24:38] l'entraînement, de la formation et des gens qui sont capables de de de faire
[24:42] élever rapidement un bon niveau des Bien sûr attention on était très très
[24:46] bien entouré. Bien sûr, c'est c'est une évidence.
[24:49] Euh on était très bien entouré. Euh on avait on avait des professionnels qui
[24:54] ont été euh qui ont été qui nous ont appris plein de choses. On les salut.
[24:59] Alors ça c'était pour la saison 1 et je crois qu'après la saison 2 vous êtes
[25:02] allé chez les fusillers marins là. Changement de décor.
[25:04] Ouais chez le commando de marine et de band. C'est au même endroit. C'est à la
[25:06] for c'était alors j'ai dû enfin j'ai lu ça dans un article qui avait écrit
[25:10] c'était fusiller marin et pas pas les command marines. C'était chez les
[25:13] command marines vous étiez. Oui bien sûr. Ou mon fort rappelle. On
[25:16] les salue. Et alors là qu'est-ce qui s'est passé ?
[25:19] Ah ben c'est c'est c'estàd que déjà je pense qu'il y a une petite distinction
[25:23] entre enfin nous on l'a fait en tout cas entre les marins et euh et l'armée de
[25:27] terre. C'est c'est pas la même école. Il a
[25:30] des cultures différentes. C'est c'est les cultures qui sont différentes. Euh
[25:33] je pense au lever des couleurs d'ailleurs à la Marseillaise qui est pas
[25:36] chanté pareil. Ouais.
[25:37] Par exemple, tu es un peu surpris chez les marins.
[25:40] Euh il la chante comment la mar. Ah bah il chante pas les mêmes couplets.
[25:43] D'accord. Ah j'ignoré.
[25:45] Bon je suis ravi de vous apprendre quelque chose
[25:48] carrément. Mais vous savez enfin honnêtement quand on est dans l'armée de
[25:50] terre on connaît pas très bien la Marine si ça nous arrive de travailler avec
[25:53] eux. D'ailleurs pour info à la Légion étrangère on chante pas la Marseillaise
[25:56] au levier des couleurs donc autre distinction.
[25:59] Qu'est-ce que vous chantez ? On chante pas. Il y a le il y a le
[26:01] refrain de la Marseillaise qui est joué mais les jeunaires ne chantent pas la
[26:04] Marseillaise. Chez les commandos marine pareil, vous avez fait une nouvelle
[26:07] immersion, vous avez eu à nouveau des entraînements.
[26:10] Alors c'était un peu moins entre guillemets immersif parce qu'on avait
[26:12] pas le droit de dormir dans le dans la base
[26:17] à l'Orient. Pardon à l'Orient. on
[26:20] pas le droit de de dormir dans la base alors qu'au 13e RDP,
[26:25] on était d'abord en chambré, ensuite dehors et après dans un hangar sur
[26:29] l'pico. Euh donc on avait quand même moins
[26:35] d'appreté. Je pense que d'ailleurs, ils nous l'ont dit, hein. Euh c'est fameux
[26:41] instructeur en tenue anglaise euh nous ont dit au début, "On vous a pris pour
[26:46] des danseuses." Et en fait, pour la petite anecdote, il y avait le premier
[26:49] jour, il y avait euh des commandos de marine qui passaient euh le stage euh
[26:56] euh donc qui remettaient leur capier en jeu pour le stage chef d'équipe ou chef
[26:59] de groupe, je sais plus lequel des deux. Donc déjà des soldats aguéris euh qui et
[27:06] nous on était spectateur euh de ça. On les voyait repasser leur
[27:10] stage et il y avait une épreuve. Il y a une épreuve euh avec euh il me semble
[27:15] que c'est deux rounds, un round euh paintballint H
[27:19] et un round euh lutte et euh lut et JJB et grappling.
[27:27] Et moi quand j'ai vu le le rand et c'est vrai, j'avais dans mon sac euh ma
[27:33] coquille, mon protège d'ent parce que je pense qu' est
[27:35] Vous faites des sports de combat aussi ? Ouais, j'ai fait j'ai fait des de la
[27:38] boxe piedpoint euh longtemps dans ma jeunesse. Donc euh je sais qu'on avait
[27:42] été mangé à cette sauce-là au 13e RDP, donc j'étais revenu avec euh
[27:45] protège dents. Donc donc j'étais prêt. Et euh quand j'ai vu les les
[27:51] soldats euh bah mettre les gants et euh et y aller de bon cœur.
[27:56] Vous êtes équipé ? Euh non mais je j'ai fait une réflexion
[27:59] du style "Ah ben moi, j'ai mon protège et mon ma coquille. Si vous voulez, je
[28:03] mets les gants, il y a pas de problème. Moi ça
[28:06] et là euh ces fameux instructeurs en ça a retenu plus dans
[28:11] Ouais, c'est plus des dans tiens, c'est marrant. Moi, j'ai j'ai dit "Écoutez, je
[28:15] ne partirai pas de l'Orient sans avoir sauté dans cette cuve." Donc on a
[28:20] rajouté un peu des couches comme ça avec les gars avec qui on était
[28:24] pour quand même avoir ce qu'ils avaient pas prévu à la base. Et finalement, le
[28:28] dernier jour, on a été vraiment accueilli comme il se doit. C'est-à-dire
[28:32] que il y a un soldat, je le salue, euh responsable des sports euh là-bas euh
[28:38] qui nous a concocté une journée digne de ce nom, c'est-à-dire avec euh euh
[28:45] des activités euh maritime d'abord du du kayak, ensuite un parcours bout
[28:52] qui restera mémorable. Un parcours bout,
[28:55] il y a pas d'image de tout ça. Grenade à plâtre. Non, il y a pas
[28:57] d'images du parcours bout parce que le photographe ne n'est pas venu. Par
[29:01] contre, il y a des images. On a des images de de ce qui s'est passé après,
[29:05] c'est-à-dire la cuve. On a fait la cuve et euh
[29:10] donc on a sauté dans cette fameuse cuve, on a fait un parcours un parcours du
[29:16] combattant et on avait un parcours piscine. Parcours piscine non plus, le
[29:20] photographe était pas là. les deux trucs et c'est dommage. J'aimerais tellement
[29:23] avoir des images de ce parcours bou cit incroyable
[29:26] avec donc des fumigènes constamment pour nous empêcher de respirer là
[29:32] de la boue là jusque là tu dois porter ton ton canoé
[29:35] euh et puis des grenades à plâtre tout le temps. La tête dans la boue, je veux
[29:39] plus voir personne machin et tout. C'est incroyable. Vous
[29:42] vous êtes pas dit que vous auriez aimé faire une autre carrière ?
[29:47] Ah, c'est sûr que ça chatouille mais bon. Non, mais c'est effectivement
[29:53] c'est vraiment on a le les côtés positif sans les côtés négatifs. C'est-à-dire
[29:57] que moi le sport, le voilà le le grand a, les difficultés, le
[30:03] la marche, le le dépassement de soi et cetera, ça ça me parle.
[30:07] J'ai fait j'ai fait 391 saut en parachute. En parachute. Moi j'adore ét
[30:12] Ouais, j'étais chuteur à une époque et j'ai adoré ça. J'ai fait de la box pied
[30:16] point. Donc voilà, je suis je suis un grand sportif, je fais du sport, j'ai
[30:18] encore fait du sport ce matin. C'est pour moi c'est un équilibre de vie qui
[30:22] est très important. Mais c'est après je le dis d'ailleurs dans la
[30:27] série, mon personnage le dit dans la série, c'est une c'est une c'est la
[30:31] mort, la guerre, le la confrontation à la violence.
[30:38] Voilà, c'estàd que nous on a on n pas les ces inconvénients là. C'est qu'on
[30:42] vient, on a que du positif et en plus on rencontre des gens extraordinaires. Et
[30:47] il faut avoir cette vocation, cette il faut avoir cette lucidité pour se dire
[30:51] et j'ai un grand respect pour les gens qui disent "OK, je vais aller défendre
[30:54] mon pays jusqu'à donner ma vie." Et d'ailleurs, c'est ce que j'ai trouvé de
[30:59] de plus fort chez les opérateurs, c'est que la générosité ultime, je n'ai jamais
[31:06] rencontré un corps de métier qui est aussi généreux.
[31:11] Parce que finalement la générosité ultime c'est donner son sa vie, c'est
[31:16] d'être capable d'aller donner jusqu'à sa vie et
[31:21] au-delà de son pays le donnait pour son frère d'armess, pour son camarade. Et ça,
[31:27] immense respect. D'ailleurs, cette générosité, elle
[31:31] elle dépasse le soldat même parce que il engage aussi ses proches. Euh il y a sa
[31:39] famille qui reste derrière et qui elle aussi est généreuse dans dans dans
[31:45] cette démarche de défense de la nation. Je tenais à le à le souligner. Euh vous
[31:48] avez dit que vous étiez du coup grand sportif, que vous avez fait beaucoup de
[31:52] sports de combat. Là, il y a eu une préparation physique particulière pour
[31:56] pour ce rôle. Oui. Alors, elle vient de moi. Je pense que c'est une volonté de
[32:00] ma part. Euh effectivement, j'ai mis les bouchées doubles sur la course la course
[32:07] à pied lesté, des tractions lesté, euh beaucoup de poids de corps aussi.
[32:14] Effectivement, à ce moment-là, quand on a quand j'ai commencé la prépa euh
[32:18] physiquement, j'avais envie d'être prêt. Euh donc ouais, j'ai j'ai beaucoup j'ai
[32:23] mis les bouchées doubles quoi. Et puis j'imagine que il y a des dans
[32:25] les scènes, donc les séquences d'action euh enfin moi ça m'a fait penser à mon
[32:31] propre entraînement. Euh quand on juste entrer dans un compound, entrer dans
[32:36] dans une porte, on va le driller parfois des milliers de fois. Donc et puis c'est
[32:39] très très physique, ça a été pareil là à l'écran, vous refaisiez des dizaines et
[32:44] dizaines de fois les mêmes actions. Comment ça se passe le le fait de filmer
[32:47] une action de de guerre ? Oui. Euh alors, on répète dans
[32:52] l'ensemble quand on arrive le matin, mettons qu'on ait une bon, je vais
[32:56] prendre la une des scènes un peu iconiques de de la série pour ceux qui
[33:00] qui l'ont vu. On descend dans les égouts de Mossoul. Hm.
[33:04] Donc euh là, en l'occurrence, les égûts étaient entièrement reconstitués euh en
[33:08] studio et on arrive, on répète la scène. Alors, il y a la scène comme elle est
[33:13] écrite sur les scénarios, il y a euh le le décor qu' a construit donc l'équipe
[33:20] déco. Et euh maintenant, l'idée c'est de de
[33:25] d'aller les deux. C'estàd que le le le scénario euh et et ce qui existe doivent
[33:31] donc s'entremêler pour raconter quelque chose parce que ce qui est écrit
[33:35] forcément ça va dévier, ça va changer en fonction du décor parce que ça change.
[33:40] Euh est-ce que vous c'est pareil ou pas ? J'imagine que si parce que si
[33:48] dans votre préparation vous avez imaginé un enfin non sur la
[33:53] carte il y a un relief qui est comme ça sauf que en fait le relief il y est
[33:57] peut-être plus il est peut-être un peu érodé ou il est différent.
[34:00] Il y a plus ce relief là comment on fait ? Et ben, on s'adapte canon conforme
[34:05] on s'adapte. Donc nous c'est pareil, on s'adapte.
[34:09] Alors euh on a ce temps de répétition qu'on va euh pouvoir faire juste avant.
[34:14] C'est ça qui est bien aussi. Et euh une fois qu'on tourne, on tourne.
[34:17] Mais euh avant, on répète donc parce qu'il faut placer la caméra. Donc on
[34:21] répète, on drille. OK. Donc en fonction euh euh qui passe en premier, euh
[34:27] comment on manœuvre, euh est-ce qu'on se sépare en deux groupes ? Euh on est peu,
[34:31] c'est normal, on n'est pas comme un vrai groupe de de FS parce que ben ouais, on
[34:35] a un stick assez réduit parce que ben justement il faut identifier à peu près
[34:38] tout le monde euh que on essae euh qu'on n' pas non plus les moyens d'avoir 10 ou
[34:43] 12 comédiens. Voilà, exactement.
[34:47] Donc donc on travaille là-dessus. OK, on va
[34:50] faire deux groupes de trois. On se sépare à ce moment-là à son endroit et
[34:53] là c'est le là que rentre en en compte le conseiller technique euh qui est là
[34:58] qui dit non qui un ex militaire.
[35:00] Voilà. Ouais, exactement. Qui discute avec le réalisateur pour dire non alors
[35:03] là on on va faire ça. Est-ce que c'est possible par rapport à la caméra ? OK,
[35:06] on s'adapte et nous on répète, on répète, on voit comment ça se passe et
[35:11] puis après on commence à tourner. Et ça si vous êtes full full gear avec
[35:15] les flingues, ça peut être vite vite fatiguant, non ? Oui. Alors oui, on a
[35:20] effectivement on a on s'habitue hein d'ailleurs au fur et à mesure du
[35:23] tournage, on s'habituait. Euh je me souviens quand j'ai arrêté la saison 1
[35:26] même qui me ça me manquait un peu quand même le
[35:29] Ouais. Le même même le fusil d'assaut, c'était quelque chose qu'on avait
[35:32] vraiment tout le temps sur nous. Euh moi je le gardais jamais. Non, je dormais
[35:36] quand même pas avec. On pouvait pas parce qu'il fallait le rendre au camion
[35:39] le soir. Le camion de Ouais, il y avait l'armée l'armée marocaine qui était là
[35:43] pour contrôler les armes. Il fallait que tout reparte. Donc on arrive le matin,
[35:48] on dépose notre passeport, on récupère les armes et après le soir, on récupère
[35:51] notre passeport et on on dépose les armes.
[35:53] D'accord. Euh ça et euh mais même à la munition
[35:57] près, c'est-à-dire que s'il manque une munition, une munition factice ou
[36:00] quelque chose qu'on a des munitions factes par exemple à certains moments
[36:03] quand par exemple quand on quand on graille on graille les chargeurs
[36:07] euh voilà il fallait à la munition près tout est compté et cetera.
[36:12] J'ai un peu de j'ai fait une petite digression. Alors moi donc cette cette
[36:17] partie action, je trouve hyper intéressant parce que
[36:20] voilà, moi j'avais envie de savoir comment s'est tourné, comment on fait
[36:24] cette captation. Donc merci beaucoup de de l'avoir
[36:27] expliqué. Maintenant, il y a autre chose moi qui m'impressionne dans cette série,
[36:30] c'est pas tellement les parties action qui sont vraiment encore une fois très
[36:34] justes avec une gest une gestuelle que je trouve impressionnante, qu'on voit
[36:38] pas souvent au cinéma, même dans des gros films américains. Mais ce qui m'a
[36:41] marqué aussi, c'est la fidélité, la ressemblance des scènes au quartier,
[36:46] enfin dans la base où ils sont en popote, où il y a tous ces je sais pas
[36:52] tous ces petits éléments où on les retrouve dans leur chambre, tous ces
[36:55] moments un peu off qui ressemblent énormément à la vie du soldat. Ça encore
[37:00] une fois, c'est le conseil technique, c'est les captations quand vous étiez au
[37:03] 13e RDP ou chez les commandos marine. Euh où est-ce que vous avez puisé tout ça ?
[37:07] parce que pour moi faut vraiment enfin pour être aussi proche du quotidien d'un
[37:11] soldat faut être vraiment en immersion quoi.
[37:13] Oui. Alors je pense qu'il y a beaucoup de le conseiller technique a quand même
[37:16] beaucoup et notamment sur la saison 2 parce qu'il a eu la
[37:22] il était plus engagé sur le scénario de la saison 2 donc il a pu quand même
[37:27] on a quand même plein de moments de vie qui sont qu'on peut pas inventer.
[37:32] Après, je pense que c'est vraiment une volonté de production pour le coup
[37:35] d'aller chercher quelque chose de de personnel pour qu'on puisse s'attacher
[37:39] aux soldats. Ce qui peut nous manquer dans certaines autres productions ou
[37:43] films de guerre. On a besoin de s'attacher aussi au côté personnel, la
[37:48] vie. On avait envie de montrer ça quoi. Pendant nos deux immersions euh au 13e
[37:54] RDP et chez les commandu de Marine, les on avait
[37:59] on a rencontré les épouses. Ouais. Mais on a pu discuter avec elle, les
[38:02] rencontrer. Qu'est-ce que vous en avez tiré sur euh
[38:05] la vie des soldats d'un côté puis du coup le votre jeu d'acteur ?
[38:10] Euh plein de choses, je veux dire. C'est
[38:14] c'est hyper c'est c'est hyper important d'aller se nourrir de de ce qu'il y a au
[38:20] fond de l'œil, de de des ressentis, des discussions qu'on a eu
[38:24] avec les soldats et pour essayer d'être le plus crédible possible à l'image en
[38:28] fait. Donc il faut aller chercher quelque chose d'interne, d'émotionnel et
[38:33] pouvoir le rendre c'est mais c'était vraiment une question
[38:37] pour nous he pour nous tous euh après après c'est primordial he ces immersions
[38:43] là après la première immersion parce que ben c'est là que tout commence
[38:48] mais on avait une forme de de de d'honneur
[38:54] à défendre le mieux possible en fait tous les gens
[38:58] qu'on avait rencontré euh parce que c'est des rencontres
[39:03] intense et que je pense qu'on ne s'imaginait pas. On avait on avait
[39:06] probablement peut-être des a priori euh sur l'armée, sur les soldats, sur ce
[39:13] qu'on peut s'imaginer euh d'un d'un militaire
[39:19] et en fait tout est tombé. Mais pareil hein, je pense que c'était c'était
[39:23] vraiment un et les deux fois d'ailleurs même chez les command les commandu de
[39:27] marine, il y avait des a priori des deux côtés
[39:29] et le et le et le rideau est est tombé et ça nous a permis nous derrière aussi
[39:34] de de pouvoir partager avec eux, avec les épouses, avec les soldats avec et de
[39:39] d'être d'autant plus crédible à l'image. C'était primordial.
[39:42] Vous avez dit qu'il vous prenaient pour des danseuses quand vous êtes arrivé.
[39:44] Vous vous les preniez pourquoi ? Alors oui, je voudrais défendre les danseuses
[39:47] un petit peu parce que Oui, c'est vrai que
[39:51] ça reste une expression mais ouais les danseuses classiques c'est c'est un
[39:55] métier très difficile notamment pour le corps
[39:58] et voilà. Ouais. Donc bon, ils avaient ce cliché
[40:00] là, ils s'attendaient à des artistes quel qu'il soit. Et vous, quels étaient
[40:04] vos clichés sur les soldats et les FS que vous avez rencontré après ? Ben
[40:08] peut-être peut-être euh un cliché de
[40:15] de de fermeture de de fermeture euh d'esprit,
[40:21] c'est-à-dire de de pas euh vouloir partager tant que ça. Alors que au
[40:25] contraire, ça a été des moments de partage incroyable. Une fois que le
[40:29] vraiment que le que la glace était brisée, c'était
[40:32] une générosité incroyable dans le partage.
[40:35] Euh ça ouais une certaine forme de peut-être de brutalité alors qu'en fait
[40:41] il y a beaucoup plus de finesse euh de fragilité que ce qu'on peut imaginer
[40:46] parce que la la guerre, les conflits, ce que les horreurs qu'on voit euh en OPEX
[40:53] les horreurs qu'il voit en OPEX fragilise forcément quelque part
[40:57] euh émotionnellement c'est quand même très dur. Je pense notamment aux
[41:00] violentes au aux violences subies par les enfants.
[41:04] Euh je pense que ça marque un soldat profondément et que et que on a capté
[41:11] tout ça en fait. Nous, on est des éponges, on est là, on
[41:14] est sur le terrain avec eux. Euh sur le terrain, quand je dis sur le terrain,
[41:18] c'est dans les régiments avec eux. Et là, on capte, on attrape tout ça et et
[41:24] ça nous a vraiment je pense assez bouleversé.
[41:30] Vous avez parlé des clichés. Qu'est-ce qui vous a le plus surpris dans votre
[41:33] découverte de ces de ces hommes et ces femmes des forcess spéciales ?
[41:37] Ben ce que je disais tout à l'heure, c'est
[41:40] la la dicotomie entre
[41:45] euh euh faire la guerre et l'immense humanité en
[41:49] fait. euh cette fragilité, cette gén cette cette générosité sans limite et
[41:56] d'un côté ce que les opérateurs doivent faire au
[42:02] combat et leur et leur résilience et leur capacité à endurer à et c'est je
[42:09] trouve ça fou en fait aller chercher autant d'humanité en fait
[42:14] trouver autant d'humanité
[42:17] chez les gens qui font la guerre quoi. Hm. Oui. Parmi les meilleurs.
[42:22] Exactement. Exactement. Le
[42:24] Et ça ça m'a vraiment ouvert, j'ai envie de dire
[42:28] ouvert l'esprit sur euh
[42:32] ben sur les les les capacités hors norme et les soldats d'élite et c'est
[42:38] voilà. Ah ben vous leur rendez un bel hommage
[42:41] et par Ouais, c'était vraiment mais c'était
[42:43] vraiment primordial pour nous. c'était de rendre hommage le mieux possible euh
[42:48] aux forces spéciales pour cette série. Euh les les soldats que vous avez
[42:52] rencontré, une fois que la série est sortie, euh vous avez eu des retours,
[42:56] ils vous ont dit ce qu'ils en avaient pensé.
[42:59] Oui oui oui. On est on est on a des des échanges la plupart sont très
[43:04] enthousiastes et euh voilà, je je pense que certains n'ont
[43:09] pas envie de regarder aussi. Ouais. Voilà. Parce que est-ce qu'on a envie de
[43:15] se replonger au boulot quand on Ouais. Ouais. Moi je pense qu'il y a
[43:18] plus de enfin je pense que il y a il y a un public qui regarde pas de film de
[43:21] guerre, c'est très souvent les les soldats. Ouais. C'est euh bon enfin il y
[43:26] a aussi il y a beaucoup de tension dans le dans la série et en effet l'envie de
[43:31] pas forcément revoir le soir envie de se divertir.
[43:34] Mais pareil une fois de tout dépend des je pense des
[43:37] tout tout tout dépend des opérateurs mais il y en a je pense qu'il y en a qui
[43:40] regardent et d'autres non. Mais mais est-ce qu'il y a eu alors je me dis
[43:43] peut-être à un niveau euh peut-être communication des armées et cetera, il y
[43:48] a eu un retour sur euh ce qu'ils en ont pensé peut-être la la crédibilité
[43:53] justement vous disiez que vous étiez attaché enfin que que le réalisateur que
[43:56] la série était attachée à la la crédibilité des éléments militaires de
[44:00] des opérateurs. Est-ce que tout ça il y a eu un un feedback de l'institution ?
[44:04] Oui. Alors de alors de l'institution oui, ils sont très très enthousiastes.
[44:07] Ils adorent ce projet. Ouais, ils ont aimé. Ouais.
[44:09] Ouai. Oui. Euh je suis allé déjeuner à Balar il y a pas si longtemps que ça.
[44:13] Euh le ministère des armées.
[44:15] Voilà. Et on a eu des échange vraiment v vraiment vraiment chouette.
[44:21] Ils aiment beaucoup la série. Ouais. OK. Top. Et bon, je je reviens un peu
[44:25] sur votre carrière parce que dans Carti, il y a toujours un moment où c'est
[44:28] plutôt vers la fin on parle de votre parcours. Alors quand c'est des soldats,
[44:32] bah ils racontent comment ils sont arrivés à leur métier. Vous comment vous
[44:35] êtes arrivés sur les planches ?
[44:39] E bonne question sur les planches et sur les plateaux.
[44:44] Non non dans ce milieu quoi.
[44:45] Non pas forcément. Non pas forcément mais bah je pense que
[44:50] c'est un parcours de vie. C'est quelque chose que
[44:53] peut-être pas iné mais peut-être une petite petite part d'iné
[44:58] mais d'quis part d'acquis aussi. Qu'est-ce que pourquoi la vie m'amène là
[45:02] ? Une forme de de destin aussi. Je pense vous m'avez dit que jeune votre mère
[45:08] vous emmit au cinéma et vous vous étiez fasciné par ce monde-là ?
[45:12] Ouais, je pense que bah très jeune en fait
[45:16] tout petit, j'ai été emmené au cinéma parce que ma mère avait pas de moyens de
[45:21] de garde et puis que voilà, elle m'emmenait avec elle au cinéma et j'ai
[45:24] découvert là j'ai découvert
[45:28] cette art bah via les salles salles de cinéma.
[45:32] J'ai toujours été passionné de cinéma. Donc euh
[45:37] après être acteur, j'avais très envie de de ça, mais j'ai fait d'autres métiers
[45:41] avant. J'étais un informaticien, j'ai fait de la mécanique industrielle, j'ai
[45:45] fait plein de choses et euh mais la vie m'a toujours ramené à ça et puis euh euh
[45:50] ouais, je pense qu'il faut euh croire en ses rêves, aller au bout de aller au
[45:54] bout de ses envies et euh et et je suis je suis content à un moment d'avoir
[46:00] d'avoir, on va dire, tourner la tourner la page de métier
[46:06] de métier qui était moins intéressant en tout cas pour moi
[46:10] et euh et de de m'être lancé dans cette carrière parce que je pense que j'ai
[46:14] fait le bon choix quoi. Quand on a parlé un petit peu avant le
[46:18] l'épisode, vous m'avez raconté votre votre enfance, votre jeunesse. Enfin, on
[46:21] peut dire que rien ne vous avait préparé à arriver dans ce monde là. En plus, moi
[46:27] ce qui m'a touché, c'est que vous avez un parcours
[46:30] assez accidenté, je sais pas si on peut le dire comme ça. Oui. Oui.
[46:33] Qui ressemble à celui de beaucoup de légionnaires ou beaucoup de soldats que
[46:38] j'ai eu sous mes ordres. Et ben figurez-vous qu'avant de avant de
[46:41] décéder, mon grand-père m'a m'a poussé à à me à me
[46:50] engager. Ah ouais, il voulait que je m'engage
[46:51] dans la Légion. Ouais, à la Légion.
[46:53] Ouais. OK. Pourquoi ? Bah parce que il avait
[46:56] euh j'avais eu des des j'avais eu des problèmes avec euh la justice et je
[46:59] pense que lui il voyait ça euh comme une rédemption,
[47:02] comme une manière de Oui. Pour lui c'était le régiment de quand tu avais
[47:06] des soucis avec la justice, il fallait que tu t'engages à la légion. C'était sa
[47:11] manière de voir les choses quoi. C'est c'est intéressant parce que le le
[47:13] un des derniers épisodes qu'on a tourné, c'était avec le le général Givre. Il
[47:18] parle beaucoup de l'école et il fait un peu ce comparatif dans la manière dont
[47:23] l'armée réussit à récupérer des jeunes qui sont vraiment en difficulté, souvent
[47:28] des jeunes garçons euh en grande difficulté qui tiennent pas dans
[47:32] l'institution scolaire. Et voilà, pareil, je vous l'enverrai si ça vous
[47:35] intéresse. Ah mais justement, je trouve ça très
[47:36] intéressant, très intéressant et très important. Moi je pense que il y a
[47:43] il y a vraiment on a vraiment des clés à cet endroit-là pour pour sauver pas mal
[47:47] de jeunes quoi. Bah lui son parmi ses missions, il y a
[47:49] ce dialogue avec le l'éducation nationale pour parce que voilà
[47:52] typiquement moi la Légion étrangère on a des on a d'anciens repris de justice il
[47:57] y a des gars avec des parcours complètement accidentés. Bon, en plus
[47:59] qu' viennent de de partout dans le monde et vous, il y a eu un moment où il donc
[48:03] vous avez passé ce bac, ensuite vous m'avez dit, vous êtes rentré, vous avez
[48:07] bossé à l'usine, après dans la dans l'informatique ou je sais plus dans dans
[48:10] quel ordre. Euh et à quel moment vous bifurquez de retour vers le le théâtre ?
[48:18] Ben, à un moment euh assez assez critique, je m'en souviendrai toute ma
[48:22] vie. Euh c'est c'était un jeudi, j'avais déjà j'avais déjà perdu les freins de ma
[48:25] ma J'avais une 205 à l'époque.
[48:28] Ouais. Euh les les frein 205 aussi. Euh 25
[48:32] voiture iconique. Voilà. Iconique quatre vitesses. Euh voilà. Et puis sur le
[48:35] périf euh j'ai les j'ai les freins qui lâchent le
[48:39] lundi. Je pense que j'ai les nerfs assez usés à ce moment-là. Euh j'ai un
[48:45] collègue qui me met des bâtons dans les roues en permanence. Et puis je suis
[48:48] technicien informatique hein, je je dépanne des ordinateurs ou des réseaux
[48:51] dans dans les entreprises. Donc c'est pas c'est enfin très bon métier mais
[48:55] c'est j'étais très stressé à ce moment-là. Je pense que c'était pas
[48:57] vraiment ce que je voulais faire et je me retrouve dans un salon de coiffure à
[49:00] sur scène un jeudi soir et je j'arrive pas à dépanner le réseau. Ça claque au
[49:05] dernier moment et j'appelle mon patron, je dis j'arrête.
[49:09] Et le lendemain ouais sur un coup de tête. Et le lendemain j'étais dans son
[49:11] bureau. Je je négociais mon licenciement à la MIAB. On on antidatait tout ça
[49:16] parce que j'avais 23 mois de préavis mais on antidatait tout ça et je partais
[49:21] vers de d'autres horizons. Et ensuite
[49:23] et ensuite j'ai fait une école dans la technique. J'ai bossé à la Fnac en
[49:27] parallèle et puis dans la technique parce que je me voyais pas en fait
[49:31] j'avais cette envie, j'avais ce fantasme d'être acteur mais je me voyais pas euh
[49:36] pour moi c'était trop abstrait de de de faire un cours Florent ou quelque chose
[49:41] comme ça. C'était trop trop loin de ce que je faisais. J'étais dans un métier
[49:44] manuel donc il fallait une étape entre les deux et je me suis dit que la
[49:47] technique était quelque chose d'intéressant. Puis j'ai commencé à
[49:50] trouver des stage sur des sur des pubs, sur des tournages où j'étais stagiaire,
[49:56] où je distribuais des des cafés, je conduisais les acteurs justement. Euh et
[50:02] voilà ça. Vous êtes rentré un peu par la petite
[50:03] porte dans le message que vous m'avez envoyé, il y a un mot que vous utilisez
[50:06] beaucoup, c'est assumer. Vous saz que vous assumiez pas tout à fait la ce
[50:11] destin là. Exactement. Ben, je trouve que dans
[50:12] notre société où l'école nous nous formate et cetera, c'est c'est c'est
[50:17] difficile de d'assumer vraiment ses envies. C'est difficile de se dire
[50:21] "Wouh, en fait, je peux le faire." C'est difficile de se dire "OK, bah je vais
[50:25] faire le le stage co en fait." H euh c'est vachement difficile de se
[50:29] dire "Je vais être acteur, h je vais me débrouiller pour être
[50:32] acteur." C'est vachement c'est difficile de vivre ses rêves, en fait. Il y a
[50:35] beaucoup de barrières, il y a il y a il y a beaucoup de portes à fracturer,
[50:39] beaucoup de Oui, effectivement, c'est difficile. Mais
[50:45] est-ce que c'est pas intéressant d'accéder à quelque chose de difficile ?
[50:48] Qu'est-ce qu'on fait de sa vie ? Il y a vraiment une vraie question à se poser.
[50:51] Qu'est-ce qui a débloqué les choses pour vous, le lancement de cette carrière ?
[50:54] Euh, plein de choses. Je pense que mon père m'a encouragé.
[51:00] Euh j'avais la chance d'avoir de vivre avec mon père à ce moment-là et sous son
[51:04] toit et euh et il m'a encouragé à aussi, il m'a
[51:09] poussé, il m'a il m'a dit "Mais vas-y, en fait, on a qu'une vie, fais ce que tu
[51:13] as envie de faire. J'ai la chance d'avoir un père qui s'est beaucoup
[51:16] occupé de moi à partir de ma vingtaine parce qu'il était à la retraite, il
[51:21] travaillait plus, il avait plus de temps. Et voilà." Vous
[51:24] disz que votre père était aussi militaire ? Alors, mon père
[51:28] mon père a fait son service pendant la guerre d'Algérie. Il a été il a été
[51:31] appelé euh euh voilà dans les années 602 je crois.
[51:36] Ouais. Pendant le le conflit euh conflit euh
[51:39] la guerre d'Algérie. Ouais. Et et peut-être ces deux exemples grand-père
[51:43] le père euh ont été des exemples de courage qu'on pu qu'on pu vous vous
[51:47] aider à assumer. Je sais pas. Je pense que c'est aussi
[51:51] quelque chose de comment on devient dans notre société un
[51:56] adulte, à quel à quel moment on assume vraiment. Je pense qu' il y a et c'est
[51:59] difficile dans une société où tu es constamment sollicité par des
[52:05] divertissements, par euh un chemin à suivre, par euh euh l'envie de faire de
[52:13] l'argent facilement euh euh par un entourage de de qui te
[52:20] dit mais non euh bah il y a un risque il y a un risque dans
[52:24] cette car et tu auras toujours tout un tas de gens qui vont te dire non mais
[52:29] non euh c'est pas possible, tu y arriveras pas et cetera. Et
[52:34] je sais pas, je je j'aimerais bien retrouver effectivement le déclic.
[52:37] Qu'est-ce qui m'a fait me dire non mais en fait c'est pas pour moi, c'est pas
[52:40] pour moi ce métier. Je je suis malheureux là-dedans. Me rendre compte
[52:43] moi-même de ce qui n'est ce qui n'allait pas pour moi.
[52:47] Et si c'était à refaire ? C'est pas refaire.
[52:52] Vous êtes partis, vous regardez pas. Non mais c'est pas ça. Et c'est Ouais, c'est
[52:54] qu' un moment il y a qu'un seul chemin. Il y a une Je pense qu'il y a une
[52:57] infinité une infinité de de de possibilités mais qu' a qu'un seul
[53:01] chemin en fait. C'est quoi la suite ?
[53:03] La suite c'est continuer à faire mon métier. Euh
[53:09] j'espère avec de de de très beaux rôles. J'espère. Euh
[53:13] Cœurs noirs malheureusement il y aura pas de saison 3.
[53:16] Non non on aurait bien voulu. C'était c'était c'était écrit enfin ça
[53:20] commençait à s'écrire la saison 3. Ouais. Ouais. Il y a plein de choses sur
[53:23] le papier. Qu'est-ce qui s'est passé ? Euh c'est une question de production,
[53:26] c'est-à-dire que c'est une coproduction entre France Télé
[53:30] et Amazon. Et je pense qu'il y a des accords qui ne se sont pas fait sur B
[53:34] que ça quoi. Ça a pas été un problème d'audience ou de succès parce que ça a
[53:39] très bien marché. Ouais, ça a très bien marché. J'ai vu
[53:41] que al j'ai lu ça en préparation de l'interview, ça a été dans le le le top
[53:45] série de Prime, enfin d'Amazon Prime pendant plusieurs pendant plusieurs
[53:50] semaines. Donc plusieurs semaines. Ouais. Ouais. La
[53:52] saison 1 comme la saison 2, on est on aime on est nous on en tout cas on est
[53:56] très fier d'avoir fait Cœurs noirs avec les moyens qu'on a parce que justement
[54:01] on a vraiment exploité le la série du mieux qu'on pouvait avec ce qu'on avait
[54:05] euh dans le temps à parti et non vraiment on est très content très
[54:09] content du résultat. Ben écoutez, je vous remercie de d'en avoir parlé. En
[54:12] effet, c'est une série canon. Hyper intéressant de de discuter avec vous. Je
[54:15] vous souhaite le meilleur pour bah les projets, les prochains projets et et
[54:19] pour la suite. Merci Victor. Ben je vous en prie. Merci à vous. Si
[54:23] vous êtes toujours avec nous, je mentionne donc les deux épisodes du
[54:25] podcast qu' dont on a parlé là dans cet épisode ici. Donc celui avec le général
[54:29] Givre où il fait ce comparatif entre la manière dont les écoles et l'armée
[54:33] peuvent rattraper des jeunes. Il y a aussi celui sur le D mineur donc
[54:37] vraiment un gars comme Speed qui qui est chargé de dépiéger, qui a eu ses
[54:41] face-àface avec la mine. Je vous les mets en description. Merci encore. Euh,
[54:46] n'hésitez pas à m'écrire sur mes réseaux sociaux pour nous proposer des invités,
[54:50] des questions à leur poser et je précise, c'est nouveau que tous les
[54:53] épisodes de Carellip sont maintenant en podcast, en audio sur les plateformes
[54:58] Amazon, Apple Podcast, Spotify, et cetera. Merci encore et à bientôt.
[55:03] Armée de terre, peux-tu le faire ? Pour le savoir, s'engager.fr. L'armée de
[55:07] terre recrute 16000 soldats et 5000 réservistes par an et format plus de 100
[55:11] métiers.

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