# Christophe Lemaitre: La course qui a sauvé sa vie et ses secrets pour Paris 2024

An episode of [The Elevate House](https://invisiblenetwork.ai/podcast/1834437102), 5 Aug 2024, 42 min.

Audio: https://anchor.fm/s/f1ee8cec/podcast/play/90078889/https%3A%2F%2Fd3ctxlq1ktw2nl.cloudfront.net%2Fstaging%2F2024-7-5%2F384344127-44100-2-4cf7602744f46.mp3

Le Français le plus rapide de l’histoire, ayant traversé une carrière marquée par des hauts et des bas spectaculaires, se confie sur son parcours, au lendemain de la finale olympique du 100m d’hier. Nous avons eu l’immense plaisir de partager un moment avec Christophe Lemaitre, médaillé de bronze aux Jeux de Londres 2012 et de Rio 2016. Dans cet épisode, nous discutons: * Comment les athlètes peuvent éviter leurs propres blessures * Son plus grand COMEBACK * Comment Christophe s’est fait aborder par le Ku Klux Klan * Le plus grand regret de sa carrière Cette conversation est pour tous ceux qui cherchent l’inspiration pour accomplir quelque chose de grand. Nous avons hâte que vous découvriez l’histoire de cet athlète qui a porté la France sur ses épaules à de nombreuses reprises. Le 27 juin 2024 marque la fin de cette carrière à jamais gravée dans l’histoire et nous sommes heureux d’avoir pu discuter avec Christophe avant cela. Merci pour tout, Christophe 🤍 00:00 - Trailer 00:59 - Début 02:16 - Comment Christophe a-t-il été découvert ? 03:53 - Quels éléments de ta jeunesse ont construit le Christophe d’aujourd’hui ? 06:57 - Stratégie de course 09:25 - L’avis de Christophe sur Usain Bolt 10:35 - Pression médiatique 12:00 - Contacter par le KKK 13:52 - Aimer la douleur pour réussir comme athlète 16:40 - Le meilleur conseil qu’un coach lui ait donné 22:49 - La période la plus difficile : les blessures 25:10 - As-tu pensé à arrêter à un moment ? 26:35 - Passion pour le sprint 29:45 - Qui était ton idole ? Qui est ton inspiration ? 32:45 - Quel est l’accomplissement dont tu es le plus fier ? 34:00 - Quel est ton objectif actuel ? 35:12 - Réseaux sociaux et reconnaissance 37:45 - Que faire après ta carrière ? 39:44 - Christophe Lemaitre en un mot 40:40 - Citation Retrouvez Christophe sur: Instagram: https://www.instagram.com/christophe_lemaitre_officiel/ Et retrouvez-nous sur: Instagram: https://www.instagram.com/theelevatehouse/ Tiktok:/https://www.tiktok.com/@theelevatehouse

## Transcript

[0:01] Il. Avait dit que j'avais une forte
[0:05] pression médiatique et il avait raison.
[0:06] Et de sollicitations pendant les entraînements, avant et après
[0:12] les courses, que. Si.
[0:23] Ça avait été la même chose à ton époque, t'aurais eu encore plus
[0:26] de de reconnaissance. On sait très bien que les médias
[0:42] ils sont là quand tu tu réussis, mais quand quand t'es un peu
[0:44] plus en rentrée bon bah ils sont moins là donc.
[0:47] Parce que t'as pensé à arrêter un moment ?
[0:49] Et c'est quelque chose que bah j'ai j'ai regretté maintenant
[0:53] ouais. Christophe, est ce que tu peux
[1:16] me décrire ? À quoi ressemblait ta vie avant
[1:18] l'âge de 15 ans, ton entourage ou t'as grandi, et cetera.
[1:22] Alors j'ai grandi dans un petit village dans l'Ain qui
[1:25] s'appelait Culoz, enfin qui s'appelle Culoz.
[1:28] J'ai fait tout le mon enfance là-bas, depuis mes 3 ans jusqu'à
[1:32] mes 16, 17 ans à peu près. Donc j'ai fait toute ma
[1:37] scolarité là-bas et j'étais. J'avais une enfance normale.
[1:41] Voilà, j'allais, j'allais à l'école, j'allais à l'école et
[1:45] puis à côté de ça, je faisais du sport.
[1:48] J'ai toujours fait du sport depuis que je suis gamin, j'ai
[1:50] fait du Hand, du Fou, du rugby, et cetera.
[1:55] Mais j'avais une vie. Normal, on va dire pas.
[2:00] Il y a eu juste une période un peu compliquée au collège avec
[2:06] le harcèlement à l'école. Mais globalement, j'avais une
[2:09] vie comme tout le monde quoi. Comment t'as été découvert
[2:12] notamment ? Alors justement à à à mes 15 ans
[2:16] ma ma mère voulait me trouver un nouveau sport, un autre sport
[2:21] parce que j'en pratiquais pas plus à ce moment-là et elle
[2:25] cherchait un sport en en relation avec le sprint, la
[2:27] vitesse. Parce que je m'étais toujours
[2:29] démarqué par cette qualité physique.
[2:32] Là, dans mes, dans mes autres clubs, dans les autres sports
[2:35] que j'ai pratiqués, tout le monde me faisait remarque que je
[2:38] courais vite, que j'allais plus vite que les autres.
[2:41] Donc ma mère s'était renseignée pour trouver un un club dans les
[2:45] environs où je pouvais justement bah pratiquer entièrement ce
[2:48] cette discipline. Et il se trouvait qu'il y avait
[2:51] justement un club à côté de de de chez moi, dans une ville,
[2:54] dans une ville voisine. Qui qui faisait des tests sur 50
[2:58] M lors d'une fête du sport. Et c'est durant ces tests là que
[3:02] mon premier coach m'a conseillé bah de me mettre au sprint parce
[3:06] que j'avais des qualités intéressantes et et du coup je
[3:12] me suis inscrit. J'ai fait mes premiers
[3:14] entraînements pour la compétition, ça m'a tout de
[3:16] suite plu. J'ai accroché directement et
[3:18] c'est comme ça que ça a commencé.
[3:19] On m'a raconté que pendant ces tests.
[3:22] Au début, le coach croyait un une erreur de chrono.
[3:25] Oui bah il m'a demandé, il m'a demandé de recourir pour
[3:27] confirmer le le le premier chrono.
[3:30] Du coup je recours et je crois. Alors je sais plus si j'ai fait
[3:34] exactement le même chrono ou je l'ai amélioré.
[3:36] Je sais plus quoi. Quoi qu'il en soit, j'ai
[3:38] confirmé le premier chrono et et c'est là que il m'a demandé
[3:42] ouais de de m'inscrire parce que j'avais du du potentiel dans
[3:45] dans. Je pouvais avoir du potentiel
[3:47] dans cette discipline. Pour toi, c'est quoi les
[3:49] éléments de ta Jeunesse qui t'ont construit, qui ont fait le
[3:52] Christophe Lemaître qu'on connaît aujourd'hui ?
[3:53] Il. Y a toujours eu un depuis que
[3:57] gamin, le un sens de la compétition, un sens de la
[4:01] gagne, ça a toujours été présent.
[4:04] J'avais horreur de. J'avais horreur de perdre, tout
[4:06] simplement. J'étais mauvais perdant, on va
[4:08] le dire. Je voulais toujours gagner, quel
[4:09] que soit. Quel que soit l'occasion, que ce
[4:12] soit des jeux de société, en sport, et cetera.
[4:15] Je voulais toujours gagner la compétition au fur et à mesure
[4:19] de au fur et à mesure des des années m'a m'a forgé aussi parce
[4:24] que ça m'a permis de de retrouver la confiance en moi,
[4:28] que j'ai perdu à cause du harcèlement, parce que je voyais
[4:33] que je progressais de plus en plus.
[4:36] Je gagnais quasiment toutes mes courses à mes débuts.
[4:41] Donc ça m'a permis Bah de de de de forger cette confiance en moi
[4:45] que que que j'avais plus. Et ça m'a permis aussi de de de
[4:51] d'avoir cette trace de de vaincre que que que j'ai
[4:54] toujours eu. Parce que avec le manque de
[4:59] confiance en moi, le harcèlement et tout, il y avait toujours
[5:02] cette envie, bah, de de prouver que je Valais quelque chose au
[5:04] final. Et quand j'ai trouvé que.
[5:08] Qu'avec le sprint, je pouvais justement prouver ma ma valeur,
[5:12] prouver ce que j'étais capable de faire dans un domaine que je
[5:14] maitrisais. Y avait aussi cette volonté de
[5:18] de montrer ce que j'étais capable de faire pour démontrer
[5:21] que j'étais bon dans quelque chose.
[5:23] Et ce qui m'a permis aussi, bah, de toujours me dépasser à chaque
[5:25] compétition. Est ce que tu penses que tes
[5:28] différences justement qui ont qui t'ont amené à être harcelées
[5:31] justement sont devenues bah du coup une force quand t'as
[5:34] commencé le sprint, est ce que c'est quelque chose qui t'a
[5:36] vraiment nourri ? Disons que ça m'a permis de
[5:40] d'être présent dans les grands moments, dans le sens où j'étais
[5:43] quelqu'un d'assez réservé, timide, mais aussi qui était
[5:47] extrêmement dans sa bulle, c'est à dire qui qui faisait pas
[5:49] forcément attention à ce qui se passait autour, qui faisait pas
[5:52] attention aux personnes à côté ou aux discussions.
[5:54] Et cetera. Et et justement, cette bulle là
[5:58] m'a permis justement d'être, d'avoir toujours pu être
[6:01] concentré, d'être dans mon. Dans dans ma concentration, dans
[6:05] ma préparation, dans les grands moments de pas, de pas avoir un
[6:08] stress qui pouvait te paralyser, te te te te te figer tout
[6:12] simplement, te te faire perdre des moyens.
[6:15] Et cette bulle m'a permis justement de de de pouvoir me
[6:20] donner à toujours à fond, à 100%, quelles que soient les
[6:22] circonstances, quel que soit le niveau, la diversité.
[6:26] Et ça a été et ça a été une de mes forces durant toute ma
[6:28] carrière, oui. C'est vrai, c'est vrai que ça me
[6:31] touche ce que tu dis, parce que moi aussi quand j'ai grandi,
[6:33] j'étais super réservé, assez timide et j'ai commencé le
[6:36] basket du coup un peu plus tard. Et c'est vrai que ça m'a, ça m'a
[6:40] beaucoup servi à être plus à l'aise, à me débarquer et à être
[6:43] compétitif aussi. Donc j'ai j'aime beaucoup ce que
[6:45] tu m'as dit. Du coup t'as eu cette jeunesse
[6:47] où tu t'es senti un peu atypique, mais t'es aussi connu
[6:51] pour avoir un style de course qui est assez atypique.
[6:53] Où tu vas commencer un petit peu derrière et rattraper les
[6:56] autres ? Tu peux m'en dire plus sur cette
[6:58] stratégie de course ? On.
[7:00] Va dire c'est pas y a pas vraiment de stratégie de course
[7:02] puisque quand tu fais un sprint à 100 M ou à 200 M, Tu courras
[7:04] fond du début jusqu'à la fin. C'est juste que j'avais des
[7:08] qualités qui étaient d'être capable de de de garder ma
[7:15] vitesse plus longtemps que les autres.
[7:17] C'est ça, c'est ça, c'est tout vu sur le 200 M qui était qui
[7:20] est vraiment ma discipline où. Il y avait peut être pas
[7:24] forcément la la meilleure vitesse Max ou le meilleur
[7:27] départ. Par contre j'étais capable de
[7:29] garder ma vitesse Max le plus longtemps possible.
[7:31] En fait on croyait souvent que j'accélérais mais en fait c'est
[7:33] pas c'est faux. En fait tu peux pas accélérer à
[7:36] la fin de 200 M à cause du lactique.
[7:38] Mais surtout c'est c'est juste que je décélérais moins que les
[7:41] autres et je j'étais capable de garder ma vitesse le plus
[7:44] longtemps possible. Et ce qui donnait c'était c'est.
[7:48] Sensation, cette illusion que j'accélérais, mais en fait,
[7:50] c'est juste que j'étais juste plus solide en fin de course que
[7:53] les autres. Est ce que tu penses que le fait
[7:55] que tu arrives à te tenir du coup aussi longtemps c'est c'est
[7:57] lié à ton histoire de vie ? Disons qu'il m'a fallu du temps,
[8:03] énormément de temps pour apprivoiser le 200.
[8:06] J'étais au départ à cours de 100 M quand j'étais dans mes quand
[8:11] j'étais plus jeune, parce que le 200 M, j'arrivais pas du tout à
[8:14] tenir distance. Être capable.
[8:16] De d'aller à fond à 100% durant à 200 M, c'était pas possible
[8:21] pour moi. Les premiers à 200 M, c'était un
[8:22] calvaire, j'étais vraiment lactique, j'étais vraiment à
[8:25] bout de souffle, c'était vraiment une épreuve qui me
[8:27] hantait, qui était vraiment qui me, qui me moi qui me faisait
[8:31] peur tout simplement quand j'ai quand j'étais certain de départ,
[8:34] j'avais peur, j'avais j'avais pas envie de prendre le 2 sang,
[8:37] j'avais je je, j'avais envie qu'il se passe un truc pour que
[8:39] les profs soient annulés parce que vraiment j'avais, je savais
[8:42] que j'allais souffrir énormément et j'avais j'avais peur.
[8:45] Et il m'a fallu plusieurs années avec bah l'enchaînement des
[8:48] compétitions, des entraînements et et le fait que bah je gagne
[8:52] en en physique tout simplement. Il a fallu tout tout ceci bah
[8:57] pour que j'apprivoise le 200 M et que maintenant bah j'apprécie
[9:00] le fait de courir un 200 M, d'accepter que je sois +1
[9:03] coureur de 200 que 200 M. Et bah justement, contrairement
[9:06] à toi Usain Bolt il avait la particularité de commencer ses
[9:10] courses avec une grosse accélération, du coup un peu
[9:12] plus devant. Et petit à petit peut être se
[9:14] faire rattraper pour pas forcément.
[9:16] Mais voilà, est ce que des athlètes que t'as pu affronter
[9:20] c'est vraiment le plus impressionnant que t'aies jamais
[9:22] vu. C'était le plus fort, ça c'est
[9:25] c'est une évidence. C'est quoi qui le rendait
[9:27] différent finalement ? Y avait, je pense qu'y avait
[9:31] beaucoup d'étages parce qu'il était.
[9:32] Il était fait pour ça, tout simplement.
[9:34] Il avait les qualités physiques, la morphologie qu'il fallait
[9:37] pour aller vite. Y a aussi il a.
[9:40] Il a travaillé aussi, forcément. Il avait aussi cette
[9:44] décontraction aussi qui qui le différenciait des autres.
[9:47] On le voyait souvent dans des finales de Jeux olympiques ou de
[9:51] ou du championnat du monde où il était.
[9:54] Il arrivait quand même à faire le choix au départ de la course
[9:57] et c'est cette je pense, c'est cette fraîcheur qui lui
[9:59] permettait de de le préserver de, de, du, du tracas, du haut
[10:04] niveau aussi, du des, des, du stress que tu peux ressortir et
[10:08] ça l'a je pense. Que ça l'a aidé parce qu'il
[10:11] était au final naturel. Il était, il était, il était
[10:15] toujours lui même et et ça a permis bah de de de de courir
[10:19] relâché et de de faire les Chronos qui qu'il a fait durant
[10:23] durant sa carrière. D'ailleurs, en parlant de lui,
[10:25] il avait affirmé dans un podcast que t'étais un des athlètes les
[10:29] plus talentueux qu'il ai jamais vu et que malheureusement y a
[10:34] t'avais tu subissais une grosse pression médiatique.
[10:36] Oui, il m'a. Il m'avait dit que j'avais
[10:40] entendu dire que j'avais une forte pression médiatique et il
[10:43] avait raison parce que quand il y a eu entre 2010, 2012, il y a
[10:48] eu quand meme une forte présence des médias dans dans dans ma vie
[10:53] avec des sollicitations pendant les entrainements, avant et
[10:59] après les courses. Donc c'est sûr qu'il y avait.
[11:03] Bah pendant ces années-là, il y a eu une forte présence
[11:06] médiatique qui s'est fait ressentir.
[11:07] On est on a je pense géré ça du mieux qu'on a pu.
[11:12] Je pense qu'on a, voilà. On a réussi à faire le tri dans
[11:16] tout ça. Je pense qu'on a quand même
[11:18] réussi à garder une une grande importance sur sur, sur
[11:22] l'entraînement et la préparation.
[11:24] On a bien fait comprendre dès le début aux médias que d'abord
[11:27] c'était l'entraînement qui passait et et on faisait les
[11:29] médias. Bah quand quand on avait le
[11:32] temps. Voilà tout simplement quand on
[11:34] avait du du temps libre parce qu'on savait que bah déjà le
[11:37] plus important c'est de courir tout simplement et que on sait
[11:41] très bien que les médias ils sont là quand tu tu réussis,
[11:44] mais quand quand t'es un peu plus en rentrée bon bah ils sont
[11:46] moins là donc si on voulait. Entre guillemets perfection, la
[11:51] vague bah fallait fallait être performant.
[11:53] Donc le plus important c'est l'entraînement.
[11:55] Oui. On m'a dit que l'impact, il
[11:57] allait tellement loin que étant donné que t'étais le premier
[12:00] européen à passer sous la barre de 10 secondes, t'avais été
[12:03] contacté par le Klux Klan, c'est c'est vrai cette histoire.
[12:06] Oui oui c'est vrai bah ça s'est produit bah seulement quelques
[12:09] temps après le passage des sous les 10 secondes à Valence en
[12:13] 2010 où c'est mon père qui a reçu un mail de de de bah de ce
[12:18] groupe. Et qui m'avaient demandé, bah,
[12:21] de de venir aux États-Unis, au Texas, rejoindre leurs
[12:24] installations, me faire une visite, et cetera.
[12:28] J'étais en fait. C'est à ce moment-là où je
[12:31] comprenais pas comment ça a pu prendre de telles proportions en
[12:35] fait, parce que déjà on m'en parlait déjà avant, parce que je
[12:38] pouvais potentiellement le faire.
[12:42] Mais alors après bon, j'en parle pas.
[12:43] Comment ça a explosé cette affaire ?
[12:46] Mais je penserais pas que ça prendrait des proportions à
[12:48] l'International comme ça vraiment où les les frontières
[12:52] françaises, même européennes et que ça aille aussi loin.
[12:56] Et même bah à tomber dans dans l'oreille de groupuscules comme
[13:00] ça, ça m'a ça m'a vraiment choqué.
[13:02] On a vraiment dépassé le cadre du sport.
[13:04] Moi j'ai vraiment tout fait pour éviter ça.
[13:06] J'ai vraiment dit aux médias que point le plus important, c'était
[13:09] la barre des 10 secondes d'un point de vue sportif parce que
[13:12] c'était. Un un point de passage obligé
[13:15] pour le pour le haut niveau, très haut niveau sur 100 M, le
[13:19] très haut niveau mondial et mais que ça allait pas plus loin, que
[13:22] c'est important dans la progression et malgré et malgré
[13:26] que j'ai j'ai mis les choses au clair.
[13:27] Bah ça a pas empêché de que que ce fait là dépasse vraiment le
[13:31] cadre du sport et que ça ça ça aille plus loin que ça.
[13:35] C'est vrai du coup bah c'est vrai que la pression médiatique
[13:38] ça fait partie des difficultés que tu dois affronter.
[13:39] Un. Donc athlète de niveau, y en a
[13:42] une par exemple, qui est bien traduite par une citation de
[13:43] Thierry Henry qui avait dit que tu dois aimer la douleur pour
[13:47] être un athlète, t'en penses quoi de toute ?
[13:50] Façon on n'a pas le choix. Si tu veux être sportif de
[13:53] niveau, tu dois faire des entraînements durs, tu dois
[13:55] faire des entraînements. Bah ou potentiellement bah qui
[13:59] vont, qui vont te mettre à plat, qui vont qui, qui vont te faire
[14:02] souffrir. Mon comme j'ai dit juste avant
[14:05] le 200 M, j'avais peur parce que je savais que j'allais être.
[14:09] J'allais être mal, j'allais être mal, j'allais mettre du temps à
[14:11] récupérer. Pourtant ça m'a pas empêché à
[14:14] chaque fois. Bah alors c'était plus au mental
[14:16] et à l'orgueil ? Bah de de me donner un fond
[14:18] quand même parce que il y avait l'envie de victoire, de gagner,
[14:20] de progresser. Mais c'est sûr, si tu veux faire
[14:24] du haut niveau, du très haut niveau.
[14:27] En tout cas, si tu ambitionnes de de faire du très haut niveau,
[14:29] il faut passer par des des entraînements durs ou.
[14:33] Tu tu dépasses tes limites les limites de ton corps et les
[14:38] pousser à bout. Faire des entrainements où t'es
[14:41] essoufflé, des Entrainements où t'as les jambes lourdes parce
[14:45] que bah pour pour repousser tes limites en compétition bah tes
[14:49] Chronos Bah t'es encore bah il faut te dépasser tout
[14:51] simplement. C'est ça faut etre prêt à
[14:53] affronter la douleur. Est ce que c'est une
[14:55] philosophie ? Etre prêt à affronter la douleur
[14:57] que t'appliques à d'autres domaines de ta vie ?
[15:02] Disons. Disons que pour le moment non.
[15:04] Je suis vraiment concentré sur le sur le sport actuellement
[15:07] parce que c'est vraiment quelque chose où où j'ai envie de où
[15:11] j'avais j'ai j'ai envie de de de de toujours progresser toujours.
[15:14] J'ai toujours des objectifs personnels donc j'ai toujours
[15:17] envie de de de de m'investir dans donc obligé de de souffrir.
[15:21] J'ai pas encore la chance de trouver un autre domaine où je
[15:24] suis-je suis prêt à souffrir pour ça mais pour pour arriver à
[15:29] mes objectifs. Mais je pense que de toute façon
[15:34] il faut toujours se se donner quoi qu'il en soit dans dans un
[15:39] domaine, si tu veux réussir tu peux pas dire je veux réussir de
[15:42] là-dedans mais mais pas faire certains efforts qu'il faut pour
[15:46] pour y arriver à un moment. À moins de de d'avoir toujours
[15:50] de très heureux hasards qui tombent comme ça et que ça
[15:53] marche, ça marche comme par miracle.
[15:56] Il faut un minimum se se donner si tu veux, si tu veux y
[16:00] arriver. Et c'est c'est c'est l'exemple
[16:04] que que le sport m'a donné, tout simplement.
[16:08] Je je me donne à fond, je je me fais mal parce que j'aime ça,
[16:11] mais aussi parce que c'est quelque chose où j'ai envie de
[16:14] réussir. J'ai envie de de de d'arriver à
[16:16] quelque chose. Et si un jour je trouve un un
[16:19] autre domaine où j'ai envie de de réussir, et Ben je sais que
[16:22] j'aurais pas le choix de de de de me donner aussi.
[16:25] Incroyable. Et c'est quoi la chose qu'un
[16:28] coach t'a appris en dehors de la piste ?
[16:30] Qui t'a le plus marqué ? Et quel coach.
[16:33] Disons bah j'ai j'ai pas eu 150 coachs hein, j'en ai eu 3 4 dans
[16:38] ma vie. Et bah le plus important c'était
[16:40] Pierre carraze. C'est lui bah qui m'a façonné,
[16:45] qui m'a permis d'aller d'être au plus haut niveau.
[16:47] Et je pense que la chose qui m'a appris vraiment, enfin qui ou
[16:51] plutôt qui l'a développé chez moi, c'est c'est plutôt la
[16:54] dépendance. C'est à dire que en compétition
[16:59] à un certain niveau, il m'a dit, Maintenant, dans les gros
[17:02] meetings, tu te débrouilles, tu y vas tout seul, c'est à dire
[17:05] Bah, je prenais l'avion tout seul, j'allais jusqu'à c'est
[17:10] moi, j'allais jusqu'à l'hôtel. Je me renseignais sur la chambre
[17:12] d'appel, l'horaire des compétitions et cetera.
[17:14] Il m'a dit, Maintenant tu te débrouilles et c'était assez
[17:18] formateur parce que, bah, déjà, t'apprends à te démerder tout
[17:22] seul dans un premier temps. Mais surtout.
[17:24] Tu apprends à te détacher du coach, c'est à dire que si ça va
[17:29] pas dans une compétition pour X, pour X ou y raison, tu es
[17:34] capable de de de gérer tout seul ce ce problème.
[17:38] Tu es capable de te dire Bah écoute ça va, il y a ça qui va
[17:41] pas. Bah écoute je vais me
[17:43] débrouiller autrement, je vais faire que d'une autre manière,
[17:46] mais je suis capable de gérer tout seul, c'est à dire que
[17:48] c'est un moment. Imaginons que je suis toujours
[17:51] avec mon coach, à un moment j'y vais pas, mon coach est pas là
[17:53] pour XX ou y raison et que bah y a un pépin.
[17:57] Bah ce qui le problème c'est que je sais pas réagir à à ce
[18:02] problème là. Bah ça peut me perturber dans ma
[18:05] préparation, dans dans la compétition et je peux être ça
[18:09] peut me pénaliser. Donc je pense que c'était
[18:10] quelque chose d'assez important dans ma carrière de cette cette
[18:13] indépendance, être capable de se gérer soi-même.
[18:18] Surtout dans le haut niveau. Bah pour pouvoir justement être
[18:21] capable de répondre à à n'importe quel impondérable qui
[18:26] pourrait qui pourrait survenir le jour J.
[18:29] Donc c'est scotch qui l'a le plus marqué.
[18:31] Si tu pouvais lui dire quelque chose là que t'as pas eu
[18:34] l'occasion de lui dire ça, ça serait quoi ?
[18:37] Tout simplement merci parce que là, malheureusement, il est
[18:41] décédé. Récemment et j'ai pas pu le le
[18:46] voir ces ces derniers moments parce que bah j'étais plus sur
[18:50] Metz et un peu un peu plus sur Metz à à ce moment-là donc
[18:53] j'étais très peu sur Aix les bains donc je l'ai.
[18:55] Je l'avais très peu vu et j'ai pas eu l'occasion vraiment de le
[19:00] remercier pour tout ce qu'il a fait durant ma carrière.
[19:02] Parce que bah c'est grâce à lui si j'ai pu vivre tout ce que
[19:05] j'ai vécu et c'est quelque chose que.
[19:08] Bah j'ai un j'ai regretté maintenant ouais.
[19:11] Est ce que il y a une chose ? Que t'as appris avec
[19:15] l'expérience que t'aurais aimé savoir à tes débuts et qui t'a
[19:18] beaucoup aidé ? Ça, ça va être un peu compliqué,
[19:21] donc je vais essayer d'être moi. J'ai eu toujours une philosophie
[19:27] où le travail passe avant tout. Ça a toujours été la philosophie
[19:30] de mes entraîneurs et j'étais d'accord avec ça.
[19:32] Je pense qu'il y a eu un il y a eu peut être 111 moment alors
[19:37] c'était un peu plus tard. Pas forcément quand j'étais
[19:41] jeune mais y a eu un moment où. Ou peut être on était un peu
[19:48] trop, on s'est un peu trop posé sur les acquis.
[19:50] Sauf que. Bah avec l'âge bah c'est c'est
[19:52] c'est toujours compliqué de garder des des capacités
[19:56] physiques ou ou mentales. Surtout que mentalement Bah tu
[19:59] grandis donc tu changes et cetera.
[20:01] Donc forcément des fois t'as plus la même manière de voir les
[20:04] choses, t'as plus la même manière de de de de de de
[20:09] travailler, t'as plus le même qualité physique.
[20:12] Donc je pense que. S'il y a un truc que j'aurais dû
[20:15] peut être me dire que j'aurais ou j'aurais dû peut être bosser
[20:20] là là-dessus c'était de de se remettre en question, toujours
[20:23] se remettre en question. Est ce que ce que j'ai fait, est
[20:26] ce que ce que j'ai fait avant va marcher maintenant ?
[20:30] Est ce que faut peut être pas voir les choses différemment
[20:33] pour pour reprendre une progression ?
[20:35] Est ce que. Est ce qu'on s'est pas trop
[20:39] reposés sur mes qualités physiques et on les a peut être
[20:42] plus moins travaillées ? Du coup ils se sont amenuisés
[20:44] entre guillemets, ils ont commencé à disparaître petit à
[20:46] petit en pensant que bah en travaillant bah ça va revenir.
[20:51] Si j'étais capable de le faire avant, je vais, je vais
[20:52] forcément le refaire plus tard. Voilà je pense que c'est ce
[20:55] genre de choses là où on était peut être un peu trop dans dans
[20:59] la facilité, même si j'ai connu des périodes compliquées
[21:02] évidemment avec les blessures et cetera, on s'est posé des
[21:04] questions, pourquoi on se blessait pourquoi on n'allait
[21:07] pas aussi vite qu'on ne pensait ?
[21:09] Mais je pense qu'on est pas, on n'a pas poussé les choses assez
[21:11] loin je pense, où on est quand meme resté sur des bases assez
[21:15] similaires et et je pense que ça aurait été bien de vraiment plus
[21:21] creuser et etre capable de se dire et si on changeait les
[21:23] choses, on fait vraiment les choses différemment, est ce que
[21:26] est ce que on se dit on ferait pas totalement autre chose ?
[21:33] Je pense que c'était des choses ces choses là on se dit.
[21:37] On se dit faut vraiment se dire rien n'est jamais acquis et être
[21:41] capable de de vraiment de se remettre en question à chaque
[21:45] instant disant est ce que au final on nous voit pas tout
[21:47] balader, on fait totalement autre chose, on on change de
[21:51] fusil d'épaule et on on fait un entraînement de manière
[21:55] différente. Je pense que c'est surtout ça
[21:58] qui va être plus manquer dans les années précédentes et de
[22:03] croire que ça va. Revenir comme ça alors que
[22:05] beaucoup de choses ont changé. J'ai gagné en maturité, je
[22:08] voyais plus les choses de la même manière au niveau de la
[22:10] même manière, j'étais plus, j'avais plus cette insouciance
[22:15] du début. Donc il fallait aussi peut être
[22:17] changer aussi la manière de s'entraîner, de voir
[22:20] l'entraînement et peut être. Alors je dis bien peut être
[22:24] parce que c'est c'est toujours, on peut jamais, c'est toujours
[22:26] hypothétique mais peut être que ça aurait changé des choses ces
[22:31] dernières années et peut être que.
[22:34] Ça a pu m'aider à revenir au niveau plus vite ou pas du tout.
[22:37] Mais ça, ça, ça a été une piste intéressante à creuser, oui.
[22:41] À partir de 2017, t'as un peu enchaîné des blessures qui t'ont
[22:45] freiné dans ta progression, est ce que tu peux nous parler de
[22:48] cette période, de comment tu as géré ?
[22:50] Ben la gérer du moment qu'on a pu tout simplement.
[22:53] C'est toujours compliqué les blessures.
[22:54] Parce que y a toujours cette question, pourquoi on se
[22:57] blesse ? Parce que faut pas croire que
[23:00] les. On dit souvent que les blessures
[23:02] ça fait partie de la vie de du. Du du sportif de haut niveau et
[23:06] que c'est normal. Mais je pense qu'il faut pas
[23:08] banaliser ce ce genre de réflexion ni même la blessure
[23:11] parce que quand tu te blesses, c'est qu'il y a quelque chose
[23:13] qui qui qui est pas allé tout simplement.
[23:16] Est ce que il y a un problème dans ta préparation ?
[23:18] Est ce que tu étais ? Il y a un problème de fraîcheur,
[23:21] est ce que est ce que il y a eu pas assez de prévention quand tu
[23:25] te bles, c'est à dire que t'as t'as fait quelque chose qui
[23:29] qu'il fallait pas, où t'as oublié de faire quelque chose
[23:31] pour éviter la blessure. Je pense que les gens bah des
[23:35] trous en disant Oh mais sa vie de sportive de haut niveau c'est
[23:37] comme ça. Moi je pense que c'est.
[23:39] J'ai aussi eu cette vision des choses et et après avec la
[23:44] maturité d'expérience je me dis non en fait c'est pas possible.
[23:47] Si tu travailles correctement en harmonie avec ton corps, si tu
[23:51] fais un un gros travail de prévention, si tu as l'écoute de
[23:55] ton corps avec les petits signaux qu'il t'envoie, la
[23:58] blessure peut être évitée. Je pense que la blessure peut
[24:00] être évitée. Et si ça va pas ça veut dire que
[24:03] Bah soit t'as t'as mal fait un un travail dessus, soit la
[24:08] préparation t'es pas bonne, soit t'as t'as une hygiène de vie,
[24:12] manque de sommeil ou tu manges mal et cetera qui fait que Bah
[24:15] tu te blesses. Bah ça veut dire que il faut
[24:21] faire un travail sur soi-même pour comprendre l'origine des
[24:23] blessures pour pouvoir les éviter.
[24:26] C'est pas évident parce que. C'est toujours et c'est
[24:30] toujours. C'est toujours difficile de de
[24:32] d'éviter une blessure. Je pense qu'il faut pas en avoir
[24:35] peur parce que si tu en as peur bah tu t'entraînes plus voilà tu
[24:39] t'entraînes plus tu cours plus en disant je vais peut être me
[24:41] blesser bah tu fais plus rien quoi tout simplement.
[24:44] Donc il il faut être conscient que se blesser ça peut arriver,
[24:50] mais il faut être conscient aussi que.
[24:52] La blessure peut être évitée et qui et que c'est pas quelque
[24:56] chose de de banal, de de qui, qui peut, qui, qui fait partie
[25:01] de la, de la sportive de haut niveau.
[25:03] Naturellement, ça peut être évité ça et par un travail et un
[25:08] travail sur soi, un travail à à l'entraînement, et cetera.
[25:11] Quand t'as traversé ce moment où t enchaînes les blessures, est
[25:14] ce que t'as pensé à arrêter à un moment ?
[25:18] Arrêter non, parce que à ce moment-là.
[25:21] J'avais quand même fait de de un gros travail en terme
[25:24] d'entraînement et j'étais persuadé que si à un moment
[25:30] donné les blessures s'arrêtaient, bah je pourrais
[25:34] reprendre une progression. On a bien vu même en 2016, avant
[25:40] 2000. Avant cette période là il y
[25:42] avait 2015, 2014 où il y avait des blessures, des contre
[25:44] performances et même. J'ai eu même eu des blessures à
[25:46] Rio et pourtant. Enfin avant, à l'année de Rio
[25:49] mais. Et pourtant quand tout allait
[25:52] bien, bah j'ai réussi à être à mon meilleur niveau et à avancer
[25:54] ma de bronze. Donc j'étais persuadé de de de
[25:59] ce fait là que si j'arrivais par une technique ou pour une
[26:04] préparation spécifique j'étais capable de pas me blesser.
[26:08] Bah j'aurais été capable de de retrouver un bon un bon niveau
[26:10] au niveau mondial. Du coup, est ce que tu penses
[26:14] que c'est une passion pour le sprint qui t'a permis de
[26:16] continuer ? Parce que y a beaucoup de
[26:18] d'athlètes qui par exemple sont bons dans un sport assez jeune
[26:21] où leur entourage va le va les pousser à continuer dans ce
[26:24] domaine. Ou alors le fait qu'ils
[26:26] considèrent que c'est un des domaines où vont pouvoir réussir
[26:29] pour et du coup ils envisagent une carrière mais qu'au final
[26:32] ils se rendent compte au bout d'un certain temps que c'est pas
[26:34] vraiment ce qu'ils aiment, que c'est plus la pression sociale
[26:37] et qui les a amenés à faire ça. Est ce que toi y a vraiment une
[26:39] passion pour le sprint ? Oui, il y a totalement une
[26:42] passion pour pour mon sport et je pense que c'est cette passion
[26:45] qui qui qui m'a aidé justement à endurer la douleur.
[26:48] On parlait de douleur mais je pense que ce qui m'a aidé à
[26:50] retourner aux entraînements, des fois sous la pluie, le froid et
[26:55] même à à endurer des entraînements durs qui qui
[27:00] pouvaient me faire souffrir, c'est justement cette passion
[27:02] pour pour ce sport là cette. Bah il y a aussi l'envie de
[27:05] gagner, être performant en compétition et cette passion bah
[27:08] m'a permis de. De revenir chaque fois aux
[27:11] entrainements, de revenir à chaque fois après une blessure
[27:14] parce que je savais très bien qu'il y aurait eu qu'il y aurait
[27:17] un manque, vraiment un manque. Quand quand des fois je suis pas
[27:22] à l'entrainement à cause de de blessure bah il y a un manque
[27:25] quand meme. Quand je suis en vacances après
[27:27] une saison après 2 semaines, bah il y a un manque aussi parce que
[27:31] j'ai envie de de voilà de m'entrainer de courir et j'ai
[27:34] envie de faire des compétitions et faire des sprints et.
[27:40] Et tout ça vient de de de de ma passion pour ce sport.
[27:44] À quel moment tu t'es rendu compte que t'aimais vraiment le
[27:46] sprint dès les premiers entraînements ou c'est venu un
[27:48] peu plus tard ? Je pense que c'est venu plus
[27:53] avec les premières compétitions. OK, parce que il y avait cette
[27:56] confrontation avec les autres, comme j'avais parlé avant de de
[28:01] de montrer ce que j'allais. Et c'est vrai que de depuis que
[28:06] j'ai gamin, j'ai j'ai su que je pourrais vite alors.
[28:09] Pas au point de me dire que je je pourrais faire une carrière.
[28:11] C'est toujours compliqué de se dire que tu peux faire une
[28:13] carrière parce que tu cours un peu plus vite que tes camarades
[28:14] de classe ou tes tes coéquipiers d'entraînement de l'époque.
[28:17] Mais mais voilà, quand, quand je quand y avait, quand on faisait
[28:21] la course, on va dire, j'étais content parce que je savais que
[28:25] j'étais fort et que je pouvais gagner.
[28:27] Et inconsciemment, bah c'était quelque chose qui qui me
[28:31] plaisait. Et et quand y a eu les premières
[28:35] compétitions ? Bah je retrouvais justement ces
[28:37] sensations de quand t'étais enfant, de de de d'aller d'un
[28:40] point à à un point B le plus vite possible et surtout arrivé
[28:42] premier et y avait vraiment y avait la compétition, mais y
[28:46] avait aussi peut être un espèce de jeu aussi où bah je montrais
[28:51] qu'il était le plus rapide, mais en fait c'est c'est vraiment le
[28:56] sprint, c'est c'est surtout le 100 M, c'est un.
[29:00] C'est finalement un jeu vieux comme le monde hein de.
[29:03] Que tu fais quand tu es gamin. Ah on va là de là le premier qui
[29:06] gagne et qui va qui arrive là-bas à gagner c'est vraiment
[29:08] un jeu vieux comme le monde et et tu retrouves et sur le 100 M
[29:12] c'est c'est c'est vraiment ce un jeu mais de manière vraiment
[29:16] plus compétitif avec un voilà avec un classement des Chronos
[29:24] et puis Ben parfois même avec le titre suprême du champion du
[29:28] monde champion olympique qui décerne le.
[29:30] L'homme le plus rapide du monde. Donc t'es t'es t'es le champion
[29:34] de la course quoi. Tout simplement, tu as si on
[29:36] peut vulgariser ça en terme enfantin et et t'avais vraiment
[29:40] des des. Et c'est vraiment la première,
[29:42] les premières compétitions où j'ai vraiment, où je me suis
[29:45] vraiment attaché à ce à ce sport.
[29:48] Du coup c'est bah cette passion pour le sprint qui t'a nourri.
[29:51] c'est quoi la personne qui t'a le plus inspiré dans la vie ?
[29:56] Alors je dirais pas qu'il y a vraiment des personnes qui m'ont
[29:58] inspiré quand j'étais jeune, j'étais en fait.
[30:00] J'ai jamais vraiment idolâtré qui que ce soit, que ce soit
[30:04] dans le sport ou autre, ça a jamais été mon truc pour simple
[30:08] et bonne raison que bah je me suis vite rendu compte que bah
[30:10] je serais jamais cette personne là, j'aurais peut être jamais,
[30:13] j'aurais jamais le même parcours de vie, même même parcours
[30:15] sportif, peut être jamais ses, ses, ses qualités.
[30:22] J'ai en fait j'ai pu respecter. Enfin suivi plutôt d'abord
[30:26] idolâtré des les les équipes de France.
[30:28] De sport s'en foutent, Hand et cetera.
[30:31] D'ailleurs je suis toujours l'actualité des équipes de
[30:34] France qui ont des compétitions donc je suis vraiment plus dans
[30:39] dans ce domaine là. Après je peux toujours, je
[30:41] respecte énormément. Voilà le le travail et les les
[30:45] performances, les carrières de des des athlètes que j'ai
[30:48] rencontrés évidemment parce qu'ils ont certains ont fait des
[30:50] carrières incroyables et que que que que je respecte.
[30:54] Mais après je suis pas dans un dans une idée de d'idolattrer
[31:00] une personne et essayer de d'etre comme lui.
[31:02] Parce que moi j'ai vraiment envie de construire mon propre
[31:04] chemin, mon propre parcours avec ces ces moments difficiles comme
[31:10] ces moments de joie et et je pense que c'est c'est mieux
[31:13] comme ça oui. Du coup si je te disais avec
[31:15] qui, quels personnages ? Même les personnages de qui du
[31:18] passé tu pouvais prendre un café, tu me répondrais personne
[31:21] en particulier ? Bah à part non honnêtement oui à
[31:26] part avec mes amis, mes potes et ma famille.
[31:28] Mais mais mais voilà moi j'aurai aucun nom qui viendra à l'esprit
[31:33] après si si je fais ça avec une personnalité comme ça.
[31:37] Mais on va dire suite à un heureux hasard, bah pourquoi
[31:42] pas, ce serait quelque chose, ce serait quelque chose.
[31:46] Là c'est une entendu incroyable, mais là de tête comme ça là
[31:49] vraiment le dire comme ça là je pourrais pas non ?
[31:51] D'ailleurs est ce que t'as été amené à remontrer des des
[31:53] personnalités grâce au sport justement ?
[31:56] Des est ce qu'il y a un moment où tu t'es dit Ah quand même je
[31:58] croise des gens ? Oui, ça m'est déjà arrivé.
[32:00] Oui bah déjà quand j'étais au jeu, bah d'autres athlètes de
[32:04] d'autres sports qu'on qu'on voyait à la télé, le Hand, le
[32:07] basket et cetera. Donc ça au niveau sportif, j'en
[32:10] ai vu pas mal grâce aux Jeux olympiques.
[32:12] J'ai vu d'autres personnalités grâce à d'autres événements
[32:18] comme de des soirées de lancement de de de certains jeux
[32:20] vidéo ou même dans quand je suis allé voir dans dans voir des
[32:24] matchs de de foot, et cetera. Donc ouais, j'ai vraiment pu.
[32:28] J'ai eu vraiment eu la chance de de rencontrer des personnes que
[32:31] jamais j'aurais cru voir et que je voyais la télé.
[32:34] Mais pour moi qui pour moi étaient, c'était impensable de
[32:38] de la rencontrer. C'est intéressant, si tu pouvais
[32:42] choisir un seul accomplissement de ta carrière pour que toutes
[32:46] les générations futures s'en souviennent, ça serait lequel ?
[32:50] Bah moi je je prendrais le la la, la performance dont je suis
[32:55] le plus fier, c'est à dire la Médaille de bronze aux Jeux
[32:57] olympiques de Rio pour pour plusieurs raisons.
[33:00] Parce que bah, c'était ma première.
[33:03] Bon, parce que c'est une médaille olympique, forcément,
[33:05] c'est ma première en en individuelle.
[33:08] Mais aussi, ça vient aussi après des années de contre performance
[33:11] et de blessure. Et ça montre aussi que on peut
[33:15] être capable de performer plus tard malgré des, des, des, des,
[33:20] des, des moments de de des moments compliqués.
[33:24] Qu'on qu'on continue à travailler.
[33:26] Bah on peut retrouver le, le, le, le, le haut niveau et ou
[33:30] même réussir dans d'autres domaines.
[33:32] Est ce qu'il y a quelque chose que t'as ?
[33:35] Jamais réussi à accomplir et que tu continues de viser.
[33:40] Y avait y a moi quand j'étais dans le haut niveau, quand j'ai
[33:44] vraiment percé dans le haut niveau avec partir de 2010,
[33:47] 2011Y avait cette volonté, bah d'être champion olympique.
[33:50] Quand t'as réussi à à faire une médaille olympique en 2016, Bah
[33:52] tu dis bah prochaine étape c'est c'est viser plus loin.
[33:56] C'est normal. T'es compétiteur, t'as toujours
[33:57] envie de progresser en termes de chrono, mais t'as aussi t'as
[34:00] envie de progresser dans la hiérarchie.
[34:05] Donc t'as envie de de d'être capable d'être champion
[34:07] olympique là là je sais pas si je serai, je serai capable de le
[34:15] faire. Mais quoi qu'il en soit, c'était
[34:18] un être champion olympique, c'était un objectif parce que
[34:22] c'était dans la logique quoi des des choses.
[34:24] T'as envie quand t'as réussi à retrouver une progression ?
[34:26] Bah t'as envie de qu'elle continue et c'est normal.
[34:29] Et du coup, c'est quoi ton objectif actuel ?
[34:31] Actuellement là je m'entraîne pour pour essayer de me
[34:35] qualifier pour pour les jeux de Paris donc il faut que je fasse
[34:37] les minimas ou que je réponde aux critères de de sélection de
[34:42] de la pour. Ceux qui pour ceux qui
[34:43] connaissent pas, c'est quoi du coup les.
[34:44] Ah les minimas c'est c'est des Chronos à poser.
[34:47] Par exemple la Fédération je crois, elle demande 20 secondes
[34:49] 16 au 200 M et sur 100 M je crois que c'est 10 0 0 si je dis
[34:55] pas de bêtises pour être qualifié en individuel.
[34:58] Sinon, si je veux être dans le relais, Ben il faut que je fasse
[35:00] partie Ben des des des des meilleurs français, des dans le
[35:04] top 4 français dans dans les bilans, si je veux avoir une
[35:09] chance d'être dans d'être dans le relais par exemple.
[35:11] Est ce que tu as la sensation quand on regarde l'essor des
[35:14] réseaux sociaux aujourd'hui que si ça avait été la même chose à
[35:19] ton époque, tu aurais eu encore plus de de reconnaissance ?
[35:22] Probablement ou je dirais oui, parce que c'est vrai que.
[35:26] Les réseaux sociaux surtout le nombre de réseaux sociaux qu'il
[35:29] y a, on peut facilement s'auto promouvoir.
[35:33] Donc c'est sûr que si en 2010 il y avait il y a eu, il y aurait
[35:37] eu plus de réseaux sociaux comme Bah comme maintenant avec Bah
[35:41] Facebook, Instagram, Twitter et j'en passe.
[35:46] C'est sûr que j'aurais peut être plus de visibilité et plus de
[35:53] plus de et plus de. Notoriété après bon c'est vrai
[36:01] que moi je suis d'assez discret sur les réseaux je pense pas
[36:03] comme comme beaucoup de gens qui font des fois des un poste par
[36:06] jour, voire plusieurs plusieurs par jour parce que moi je
[36:09] suis-je suis quelqu'un d'assez réservé sur les réseaux, je
[36:15] publie des choses pour vous donner des nouvelles, et cetera.
[36:17] Mais je suis pas dans dans dans dans le dans le poste à outrance
[36:23] où je fais 8 stories par jour. Parce que c'est pas c'est c'est
[36:26] pas mon truc. Même si des fois je des fois
[36:29] peut être je devrais t'être des fois on a des formats que je
[36:33] suis peut être peut être pas assez présent mais c'est pas
[36:35] c'est pas dans mon caractère aussi.
[36:37] Est ce que tu penses que t'as reçu suffisamment de crédit pour
[36:39] tes performances ? Bah disons que je je cours
[36:43] d'abord pour pour moi même, j'essaie vraiment de de quoi
[36:47] pour mes objectifs personnels, pour pour mon envie personnelle
[36:50] et je cours pas pour donner un pour me donner du crédit à des
[36:53] personnes. Je pense que si je dois donner
[36:56] du crédit ce serait peut être plus à mes, peut être plus à mes
[37:00] proches et encore parce que mes proches savent qui me savent qui
[37:05] je suis et ils m'ont toujours dit qu'ils seraient là quoi
[37:08] qu'il en soit et quelles que soient mes mes, mes
[37:10] performances. Donc au final je pense que si je
[37:14] dois donner du crédit c'était plus à moi même dans le sens où
[37:17] bah je travaille. Et j'ai envie de de de
[37:20] récompenser ce travail tout simplement.
[37:21] Et j'ai envie de d'atteindre les objectifs que que je me suis
[37:25] fixés. Et je pense que c'est d'abord ça
[37:29] le le plus important quoi pour soi-même avant de croire pour
[37:32] les autres. Je suis d'accord.
[37:32] C'est vrai que c'est important de se donner à soi des objectifs
[37:35] qui sont réalisables et importants pour nous-mêmes, pour
[37:38] que la vie des autres y ait pas d'impact sur notre bonheur.
[37:42] Tu m'as dit tout à l'heure que t'avais pas vraiment réfléchi à
[37:46] à comment tu ? Tu t'enchaînerais après ta
[37:49] carrière par exemple ? Ben comment tu tu pourrais
[37:51] t'occuper ? T'arrives pas quand même à
[37:53] imaginer ce que tu, ce que tu tu devrais faire une fois que ta
[37:56] carrière sera terminée. Si j'ai déjà ?
[37:59] Si, si, j'ai déjà réfléchi parce qu'à 33 ans, faudrait commencer
[38:01] à réfléchir quand même. Moi j'ai plusieurs idées en
[38:06] tête, donc soit rester dans le dans le milieu du sport, y a y a
[38:09] plusieurs choses, soit être coach, coach sportif,
[38:12] entraîneur. Là j'ai, je m'imaginais pourquoi
[38:14] pas faire un. Un 1BP jeps après ma carrière ou
[38:21] alors où après j'ai d'autres après après j'ai alors si je
[38:28] dirais pas un métier mais c'est plus des passions.
[38:30] Ben reprendre la musique parce que j'avais commencé des le
[38:33] saxophone à l'époque et quelques années, puis après bah là j'ai
[38:35] arrêté parce que entre en étant entre Nantes, Metz et Aix,
[38:39] c'était un peu plus compliqué. Je voulais vraiment me
[38:41] concentrer sur mon projet sportif.
[38:44] T'écoutes de la musique en quand tu t'échauffes pour tes
[38:46] compétitions ? En à l'échauffement ?
[38:48] Non, jamais. Quand je suis quand je commence
[38:50] mon échauffement, je suis vraiment sur mon échauffement.
[38:53] J'écoute plus de musique, je suis ça.
[38:55] C'était aussi on va dire hein, des des, des consignes de mon
[39:02] coach à l'époque, Pierre Carras, qui voulait pas qu'on qu'on
[39:04] écoute de musique à l'entraînement ou à
[39:07] l'échauffement des compétitions parce qu'on doit être dans son
[39:09] truc. Après je.
[39:11] Après moi je comprends totalement les gens qui écoutent
[39:13] de la musique parce que si ça ils les aident à de à aide, de
[39:16] dans leur, dans leur, dans leur préparation, à être à être
[39:19] focalisés sur eux-mêmes. Moi je raconte ça, mais du coup
[39:22] c'est quelque chose qui est resté pour moi.
[39:24] J'écoute de la musique. Bah sur le chemin de la
[39:27] compétition. Après en général beaucoup sur la
[39:31] quand je suis sur les dans les déplacements, mais sinon en
[39:35] compétition c'est quelque chose. C'était on va dire.
[39:38] Quelque chose qui était, on va dire, proscrit par par par mon
[39:43] coach. Si tu pouvais décrire Christophe
[39:45] Lemaitre aujourd'hui en un seul mot, ça serait quoi ?
[39:49] En un seul mot, ouf. Compliqué parce qu'il y en a
[39:53] beaucoup à dire. Je dirais tout simplement
[39:59] changer. Changer tout simplement parce
[40:02] que. Bah comme tout le monde, on
[40:05] grandit forcément. J'ai plus la même mentalité
[40:09] d'avant que que j'avais avant par rapport à maintenant, même
[40:13] physiquement j'ai changé, j'ai j'étais faim comme ça
[40:16] maintenant. Bon, j'ai toujours aussi faim,
[40:18] je suis plus, je suis plus faim avec mon pouce on va dire comme
[40:21] ça. Donc voilà, j'ai gagné un peu en
[40:22] masse mais pas trop tout simplement aussi style de vie
[40:27] différent aussi maintenant avec la vie de famille.
[40:31] Donc tout simplement oui, changer.
[40:33] Changer, c'est magnifique. Ben merci.
[40:36] Pour terminer, on a une petite tradition dans notre podcast,
[40:39] c'est de de faire signer ce livre à l'invité et que
[40:43] t'inscrire une citation qui est importante pour toi à ton avis
[40:46] là ça serait est ce que tu peux nous donner la citation que tu
[40:48] pourrais écrire ? Tout simplement, seul on va plus
[40:54] vite, ensemble on. Va plus loin, c'est bon vas y
[40:56] bah du coup je vais me permettre de passer le.
[40:59] Livre ça va ? Merci.
[41:31] Beaucoup. Et bah du coup merci beaucoup.
[41:33] Euh voilà, c'était un régal de faire ça avec toi et j'espère
[41:37] qu'on pourra devoir courir à Paris cet été.
[41:39] Ça marche, c'était c'était bien aimé aussi.
[41:42] Super, ça fait plaisir. Voilà, merci beaucoup, merci.

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