# Rémi Ragnar : Le pompier le plus connu de France révèle la face cachée du métier pour la 1ère fois !

An episode of [The Elevate House](https://invisiblenetwork.ai/podcast/1834437102), 18 Sep 2024, 1 h 20 min.

Audio: https://anchor.fm/s/f1ee8cec/podcast/play/91872925/https%3A%2F%2Fd3ctxlq1ktw2nl.cloudfront.net%2Fstaging%2F2024-8-18%2F386593706-44100-2-69bdbb1de04ce.mp3

Dans cet épisode, nous avons le plaisir de recevoir Rémi Ragnar, un pompier passionné qui utilise aujourd’hui sa plateforme suivie par des millions de personnes pour partager les coulisses de ce métier qui nous protège chaque jour. Rémi a probablement l’une des histoires les plus inspirantes que nous avons eu le droit d’écouter jusqu’à présent. 00:00 Bande-Annonce 01:10 Début 01:15 Pompier, c'était le métier de ton rêve ? 03:15 L’histoire folle de comment Rémi est devenu pompier 12:15 La salle d'esport peut-elle t'apporter une grande rigueur mentale ? 14:04 Qu'est-ce qui est le plus dur pour un pompier : le mental ou le physique ? 16:56 Les moments brutaux de la préparation pour devenir pompier 20:00 La mentalité de rester calme dans des situations difficiles, ça s'apprend ? 26:23 L’histoire sans filtre de l'accident de Rémi qui a changé sa vie 32:43 Comment sa forme physique a sauvé sa vie 36:34 Le pompier le plus connu de France ? 37:24 Comment est la routine d’un pompier ? 40:55 Comment décider qui part en intervention ? 42:41 L'intervention la plus dangereuse 47:30 Le travail du pompier pour sauver les personnes suicidaires 51:32 Comment rester positif après une journée compliquée ? 54:32 Les débuts sur les réseaux sociaux 47:30 Le travail du pompier pour sauver les personnes en danger 51:32 Comment rester positif après une journée compliquée 54:32 Les débuts sur les réseaux 57:20 L'équilibre entre travail et vie personnelle 58:40 La réaction des pompiers à ses vidéos 1:02:20 Combien gagne un pompier dans le sud de la France ? 1:04:23 Le secret de la routine alimentaire de Rémi 01:09:58 La clé du succès dans un régime 01:14:18 L’histoire de son premier jour comme pompier 01:17:55 Citation du livre Retrouvez Remi sur: Instagram: https://www.instagram.com/remi_ragnar/ Youtube: https://www.youtube.com/c/RemiRagnar Tiktok: https://www.tiktok.com/@remi_ragnar/ Et retrouvez-nous sur: Instagram: https://www.instagram.com/theelevatehouse/ Tiktok: https://www.tiktok.com/@theelevatehouse/

## Transcript

[0:00] Tout s'arrête, mais là vraiment, tout s'arrête.
[0:02] Je vois du sang partout, du sang partout, j'entends sifflement
[0:06] dans ma tête et là je me pale, je me dis qu'est ce qui se
[0:08] passe ? Je regarde, je vois un un trou
[0:10] comme ça dans ma jambe, je vois mon os qui sort des veines
[0:13] partout, je lui dis vont m'amputer, je dis ils vont me
[0:16] couper la jambe, je lui dis C'est bon je vais couper la
[0:17] jambe et là je me touche le ventre et je sens mon ventre qui
[0:20] grossit. Mais je suis en train de faire
[0:22] une mourage interne, je meurs. Rémy ragnard, le pompier le plus
[0:32] célèbre de France et coach sportif qui a transformé la vie
[0:36] de plus de 60000 personnes. J'ai des gens qui ont des images
[0:39] de vous, qui galérez dans dans le pompier, dans le froid,
[0:42] fatigué, et cetera. Les jeunes qui rentrent
[0:44] maintenant vont plus vivre ce que j'ai vécu moi et nous lever
[0:47] à 03h00 du matin pour aller nous faire faire des 20 km pour nous
[0:51] jeter dans la forêt pour faire une marche topo.
[0:53] Ah non, on. A fait des trucs Ouais, ça, ça
[0:55] ressemble vraiment au à ce qu'on voit à l'armée.
[0:56] Ouais. Carrément tu sais c'est quoi
[0:58] l'intervention la plus dangereuse pour toi que tu as dû
[1:00] faire ? C'est du gaz.
[1:04] Y a un moment qui m'a marqué, c'est Rémi.
[1:12] Je suis très heureux d'être ici avec toi.
[1:15] Merci d'être là déjà parce que il me semble que tu sors d'une
[1:18] nuit blanche. Exactement.
[1:19] Une nuit compliquée, déjà partagée, on va parler de tout
[1:22] ça. D'ailleurs je salue tous les
[1:23] pompiers qui nous regardent, j'ai beaucoup d'amis qui sont
[1:25] pompiers aussi et on sait que c'est très important ce que vous
[1:28] faites, donc c'est gentil. Merci à tous les pompiers dans
[1:32] le podcast. J'ai remarqué et aussi dans ma
[1:34] vie que souvent ce que les gens font actuellement, c'est lié à
[1:38] des choses qu'ils ont vécues quand ils étaient jeunes.
[1:40] Qu'est ce que tu penses qui t'est arrivé quand t'étais
[1:43] jeune ? Qui a fait que t'es un pompier
[1:44] aujourd'hui ? Très bonne question, je me la
[1:47] suis jamais posée. Parce que pour à vrai dire, moi
[1:51] je voulais pas être pompier. OK, tu voulais faire quoi ?
[1:53] Coach sportif, prof de muscu, je voulais travailler dans le
[1:56] sport. Je fais du sport depuis que
[1:58] j'ai, depuis que j'ai 3 ans, mon père, il m'a mis de suite au
[2:02] foot. Bon après, généralement tu fais
[2:03] le sport, au début tu que ton père veut que tu fasses.
[2:06] Il m'a mis au foot, j'ai accroché, j'ai joué au foot
[2:08] pendant longtemps, puis après j'ai fait plein d'autres sports.
[2:10] Vu que j'étais un peu hyperactif, ils m'ont mis au
[2:12] judo, au trampoline et tout. Et après je t'avoue que tout ce
[2:16] qui est métier pompier un peu métier uniforme.
[2:19] J'étais loin de tout ça vraiment j'étais j'étais pas trop à je
[2:23] détestais qu'on me donne des ordres, des Trucs comme ça.
[2:25] Donc je pense que ça vient pas de mon plus jeune âge que j'ai
[2:27] voulu faire. Pompier je pense que c'est venu.
[2:31] Généralement y a beaucoup de gens qui sont pompiers parce que
[2:34] leurs parents sont pompiers, qui connaissent des pompiers dans
[2:37] leur dans leur famille et qui ont qui ont cette petite flamme
[2:39] depuis la naissance. Moi j'avais pas du tout.
[2:41] J'ai toujours aimé aider les gens, aider mes mes
[2:43] grands-parents, aider mes parents.
[2:45] Je pense que c'est plus ça qui m'a fait que ce métier était
[2:49] compatible à moi. L'amour envers envers les gens
[2:53] en vrai j'aime les gens tu vois, j'ai toujours toi je te, tu vois
[2:55] dès que je te vois j'ai envie de Tchatcher avec toi dès que non
[2:58] mais j'aime le le l'humain même si à l'heure d'aujourd'hui il se
[3:02] passe des trucs de ouf. Mais j'aime quand même l'humain
[3:05] et et j'aime le sport. J'ai jamais aidé et en fait tout
[3:09] ça c'est mélangé. Et après ?
[3:10] Aujourd'hui, je me régale dans mon métier de pompier.
[3:12] Ok mais t'arrives à savoir quand t'as décidé de faire pompier
[3:15] ou ? Ouais, je peux te raconter.
[3:18] Donc moi, coach sportif, je veux faire coach sportif.
[3:20] Je me suis perdu à un moment donné dans les études parce que
[3:22] j'ai voulu passer mon bac pour faire plaisir à mes parents
[3:25] parce que je mais je savais que je voulais.
[3:26] Je voulais passer un genre de brevet d'État pour travailler
[3:29] dans le fitness dès dès que j'arrivais à 17 ans, si tu veux.
[3:32] C'est ce que j'ai voulu faire. Et bon, je me suis perdu un peu
[3:36] dans les études jusqu'à ce que je fasse une fac de sport et que
[3:39] je me tire la bourre avec des collègues à moi parce qu'il y a
[3:42] eu un on a vu sur j'ai un collègue, un de mes potes qui
[3:44] était avec moi en fac de sport a vu qu'il y avait un concours de
[3:48] sapeur pompier à Aix en Provence donc juste à côté d'ici et il
[3:51] m'a dit viens on va passer le concours.
[3:53] Je lui dis mais qu'est ce que tu veux que je fasse pompier ?
[3:55] Enfin je lui dis c'est pas du tout pour moi, je lui dis mais
[3:57] il me dit viens à faire le concours, on va voir si on est
[4:00] au niveau et en plus on peut aller faire la fête à Aix en
[4:02] Provence. Donc j'ai dit allez, vas y si tu
[4:04] veux-je me suis inscrit, je te jure hein.
[4:05] Je me suis inscrit à l'arrache comme ça au concours de pompier
[4:09] profession pour devenir pompier pro.
[4:12] C'est ma tante qui m'a inscrit le 24 le 24 décembre 2008,
[4:17] quelques heures avant que les inscriptions se ferment.
[4:19] Je me disais de fermer le 25 au matin et elle m'a inscrit genre
[4:22] le 24 à 19h00 parce que à l'époque, c'était pas pareil
[4:25] pour les ordis et tout, c'était un peu plus galère que ça.
[4:27] Donc pour faire les inscriptions, il fallait
[4:28] télécharger des trucs de fou que je comprenais rien.
[4:30] Et elle m'a fait l'inscription comme ça.
[4:32] Et tous mes potes avec qui je suis parti pour passer le
[4:34] concours. Moi je te j'abrège parce que ça
[4:36] peut durer 8 h. Mais ils l'ont tous raté alors
[4:39] qu'ils voulaient vraiment faire ça et et moi je l'ai eu.
[4:43] OK, incroyable, incroyable le concours.
[4:46] Concours génial. Tu commences par du sport à
[4:48] l'époque hein. Maintenant ça a changé.
[4:50] Mais à l'époque tu commençais par du sport, des épreuves
[4:52] sportives style Luc léger, des, des, des tracts.
[4:56] Tu devais rester au-dessus d'une barre des genres de tractions,
[4:58] de la souplesse, des trucs un peu.
[5:00] Complet donc là par là il fallait être le meilleur pour
[5:04] être qualifié et après il y avait de l'écrit, l'écrit
[5:06] c'était des connaissances générales, un peu de français et
[5:09] des maths. J'ai passé en externe et bon
[5:12] comme j'étais un peu encore dans les études avec la fac c'était
[5:14] pas compliqué plus que ça. Et après le plus difficile c'est
[5:18] l'oral. L'oral tu passes devant un jury.
[5:21] Bon il faut faut avoir l'habitude de parler.
[5:23] Moi j'avais à l'époque quand j'ai passé le cours, j'avais 20
[5:24] ans donc tu passes devant un oral, puis je connaissais rien
[5:28] des pompiers. Je te, je te raconte un petit
[5:30] peu parce que cet oral je l'ai préparé, donc quand j'ai réussi,
[5:32] en fait j'ai réussi à avoir l'écrit, c'est un collègue qui
[5:34] m'appelle, il me dit Rémi t'as EU, t'as eu l'écrit chez les
[5:37] pompiers ? Pareil pour le sport, Ouais Rémi
[5:39] t'as eu le sport donc je passe à l'oral, je me dis incroyable, je
[5:42] me rappelle parler à mon père, il me dit papa je passe à l'oral
[5:44] des pompiers, il m'a dit T'inquiète, je connais un
[5:46] pompier, tu vas voir, il va, il va te préparer pour l'oral.
[5:50] Il appelle un collègue à lui qui connait un collègue à lui qui
[5:52] connaissait un pompier donc il jouait à à la caserne d'Antibes.
[5:55] Et le mec il me dit donc le la personne que j'ai vu qui qui
[5:59] devait me me former un petit peu à tout ça.
[6:01] Donc moi je connaissais rien des pompiers hein.
[6:03] Il me pose 2 3 questions style tu sais à quoi sert le maire ?
[6:06] Tu sais à quoi sert le préfet ? Tu sais à quoi sert le Conseil
[6:09] général, tu sais ce que c'est 1VSAV je dis non non non non non
[6:13] le mec il me dit bon le concours c'est dans dans un mois tu seras
[6:17] jamais prêt. Par contre tu as un bon physique
[6:18] que tu pourras reviens me voir si tu quand tu auras pas ton
[6:21] concours et je pourrais te prendre en pompier volontaire.
[6:25] Oh je sors du truc démoralisé, je dis Oh là là moi qui voulais
[6:27] être pompier, enfin c'est parce qu'après une fois que tu rentres
[6:29] dans le truc j'avais envie d'aller au bout, tu vois réussir
[6:33] et je sors du truc je dis bon bah c'est bon c'est mort laisse
[6:35] tomber c'est pas pour moi finalement je travaille un petit
[6:37] peu avec ma sœur qui est prof d'histoire et et le jour du
[6:41] concours je me rappelle hein je rentre dans je suis bah je suis
[6:44] prêt je l'ai préparé. Le cet oral, je rentre dans la
[6:47] dans la salle, donc y avait le jury qui était assis, je
[6:49] m'assois et le président du jury au moyen me dit, asseyez vous,
[6:52] je viens de m'asseoir Oh si tu Oh ça commence mal, je me dis Oh
[6:55] je lui dis non Oh là là alors je m'étais préparé tu sais parce
[6:58] que t'as t'as beaucoup de gestes et posture à savoir, je lui dis
[7:02] Ah ça commence mal et en plein milieu du truc pareil.
[7:04] À un moment donné je m'embrouille un peu avec un un
[7:06] des un des mecs du jury, il me dit je on ne suis pas palliard,
[7:09] on voit que vous avez appris, mais ça sert à rien d'apprendre
[7:11] si on comprend pas le fond. Je dis c'est bon, je sors du
[7:14] truc, ça devait durer 20 Min, ça dure 30 Min sur le truc.
[7:16] Bon je l'aurais jamais en fin de compte pareil.
[7:18] Un autre collègue qui m'appelle un mois a appelé pour me dire Ah
[7:20] Ben incroyable, c'est sur la liste des Mecs qui ont eu le
[7:22] concours, mais je suis toujours incroyable et après après j'ai
[7:27] eu, j'ai eu la chance, j'ai postulé sur une liste
[7:29] d'aptitude, j'ai eu la chance d'être pris dans la dans la FI
[7:32] qui est ensuite qui a suivi, il prenait 4 personnes qui étaient
[7:34] externes donc il y avait 20. En fait si tu veux, tu sais, tu
[7:37] as 2 parties chez les pompiers. Tu avais un concours, tu as
[7:39] enfin tu as 2 concours, un concours qui est interne pour
[7:42] ceux qui sont déjà pompiers volontaires et un concours qui
[7:45] est externe pour un jeune qui veut passer le concours, qui
[7:47] connaît rien des pompiers comme moi et qui veut passer le
[7:49] concours de pompiers. Et ils ont pris 20 personnes qui
[7:51] étaient qui ont eu le concours en interne et 4 personnes qui
[7:53] ont eu le concours en externe. Et j'ai fait partie de ces mecs
[7:55] là et j'ai pu rentrer dans une formation initiale et ensuite ?
[8:01] Tu penses que si ton pote il t'avait pas proposé de faire ce
[8:03] concours là, tu serais coach sportif du coup ?
[8:06] Ah oui bah je le suis, heureusement j'ai la double
[8:08] casquette franchement ouais heureusement que que tout ce que
[8:11] je fais, mais oui j'aurais franchement ça se joue vraiment
[8:15] je te jure regarde, je te raconte encore une anecdote mais
[8:17] c'est vraiment le destin qui m'a poussé à devenir pompier.
[8:19] Le jour où on on le concours, il est à il est à Aix en Provence,
[8:23] je perds ma convocation le jour où j'y vais et c'est vachement
[8:27] strict, si t'as pas ta carte d'identité, ta convocation il te
[8:30] dégage, je perds ma convocation, je te, je te raconte les les.
[8:34] Mes potes que j'ai pas vu depuis longtemps qui étaient avec ma
[8:36] journée, ils ils pensent qu'ils, ils m'ont dit Rémi c'est mort,
[8:38] ils te prendront jamais tout. J'avais mon cousin qui était
[8:40] avec moi, qui a pas le même nom que moi tous mes je lui ai pris
[8:43] sa convocation en couleur, je suis allé dans une dans un tabac
[8:46] faire une photocopie, j'ai mis du Blanco sur son nom qui était
[8:49] écrit à l'ordi, J'ai écrit mon nom donc j'avais une photocopie,
[8:52] j'ai mis du Blanco, J'ai écrit mon nom dessus, j'ai effacé un
[8:55] peu le numéro, j'ai mis un peu des tâches pour que ça soit un
[8:57] peu caché, j'ai refait une photocopie de ce truc et je me
[9:01] suis présenté avec ça et j'ai été pris.
[9:03] Ils ont pas regardé les bons numéros, les trucs, ils ont vu
[9:05] papalia, ils ont vu que j'étais sur la liste, ils ont pris la
[9:07] carte, j'étais et donc ça c'était le premier truc, donc
[9:11] déjà les mecs ils étaient ouais ils ne prendront jamais, jamais.
[9:13] Je donne ma convolt, je tremblais à peu près quand j'ai
[9:14] donné la convol c'est passé donc j'ai pu faire la première
[9:16] épreuve et 2e épreuve c'était le lendemain.
[9:18] Là on était à Aix, on part, on fait la fête, on boit un peu, on
[9:22] picole, bref on se met une charge monumentale.
[9:25] Le lendemain il fallait aller à une, on avait un rendez-vous, à
[9:28] l'époque y avait pas les portables avec les GPS comme
[9:30] maintenant. Donc Regardez un peu sur presque
[9:33] sur une carte mais bon en 2008 c'était pas c'était une merde et
[9:36] on se perd on trouve pas l'adresse, on était fatigué de
[9:41] la soirée qu'on avait fait. Bon mon cousin voit pas mais moi
[9:43] j'étais mort je dis vas y SEB s'il te plaît vas y on rentre
[9:46] bien, laisse tomber le concours de pompier, on rentre en type et
[9:48] on prend l'autoroute d'Aix pour pour rentrer en tube sur la
[9:52] route. On voit les tous les mecs qui
[9:54] étaient avec ton dafy le. L'examen où il se enfin la 2e
[9:57] partie elle se passait juste à côté d'autoroute et on a vu
[9:59] comme ça, il est sorti après la sortie et on est arrivé comme ça
[10:01] une demi-heure en retard après les autres et non je toujours
[10:04] tout faisait pour que pour que je lâche pas la faire dans dans
[10:07] dans ce concours de pompier mais c'est sûr que si il me chauffe
[10:10] pas pour me dire on on passe le concours le le le concours de
[10:13] pompiers, je serais jamais devenu pompier, jamais.
[10:16] Et même pour tout te dire, quand j'ai eu le concours, si ça
[10:19] m'aurait pas plu j'aurais arrêté directement.
[10:21] OK tu vois je suis allé dans le truc, j'avais 20 ans, j'ai dit
[10:24] bon je peux tester ? Dans tous les cas je continue
[10:26] mes mes études pour faire coach, mais je vais quand même tenter
[10:31] pour voir ce que ça vaut. Voilà je suis arrivé un petit
[10:33] peu avec ce truc, je savais pas où j'allais, autant ça me
[10:35] plaisait pas, j'aurais mis le première fois où j'aurais mis le
[10:36] masque, où j'aurais fait un feu en simulation, j'aurais eu peur.
[10:39] Je m'aurais dit Bon c'est pas fait pour moi j'arrête et et en
[10:43] fait c'était waouh laisse tomber je te jure ça a été une une
[10:47] vraie révélation même tout tout l'examen, enfin tout, toute la
[10:50] partie formation, je me suis régalé, c'était du du sport.
[10:54] Du des potes, de l'Adrénaline à à plus savoir quoi en faire.
[11:01] Et tout ça mélangé fait que c'est un métier de dingue.
[11:05] C'est un métier de dingue. Franchement je me je m'éclate
[11:07] dans dans ce métier de pompier. Si si t'as t'étais pas pompier
[11:10] actuellement, tu penses qu'il te manquerait quelque chose.
[11:12] Ouais, carrément à à à l'heure actuelle je je pourrais
[11:17] clairement arrêter de d'être pompier.
[11:19] Je le c'est, c'est mon métier. Je suis pompier professionnel
[11:22] mais je le fais vraiment comme un.
[11:24] Pas comme un loisir, mais comme une, comme une vraie passion
[11:26] quoi. J'y vais, j'y vais vraiment avec
[11:30] pour le plaisir, je pourrais presque être bénévole pour le
[11:32] faire, c'est pas vrai, mais je je, je vais, je suis à la
[11:36] caserne avec mes potes, sauf des gens.
[11:40] On fait des interventions que la plupart des gens n'imaginons
[11:43] même pas avec mes potes, avec des gens avec qui je suis proche
[11:46] hein, avec qui je peux aller au resto, enfin vraiment des amis à
[11:48] moi, on fait des enfin. On on fait des des des trucs
[11:53] inimaginables, impensables ensemble et en plus on
[11:56] s'entraîne ensemble à la caserne et et tout ça fait que
[12:00] franchement c'est c'est du bonheur.
[12:02] C'est vrai que c'est fort. Ouais, c'est fort le mot, c'est
[12:04] ça, c'est fort. Du coup de t'étais plutôt focus
[12:08] sur la muscu, la salle de sport avant tout ça.
[12:11] Est ce que tu penses que ce sport ça t'a pris une certaine
[12:16] rigueur mentale, une certaine discipline qui maintenant te
[12:19] sert dans ton métier ? Ouais carrément à à 100% ce que
[12:24] c'est pour ça que je j'aime bien dire que tout ce que je fais va
[12:28] bien ensemble et marche bien ensemble.
[12:31] Que ce soit mon rôle de de bah, de pompier, de coach sportif.
[12:35] Parce que être pompier t'as besoin d'une bonne condition
[12:39] physique, t'as besoin de pas subir les interventions pour pas
[12:42] subir les interventions, il te faut une discipline.
[12:44] Cette discipline c'est l'entraînement et plus tu sais
[12:47] t'entraîner plus tu t'entraînes plus.
[12:49] Tu vas être facile lorsque tu souhaites un portail pour
[12:51] ramasser une grand-mère qui est tombée pour éteindre un
[12:54] incendie, tirer tes tuyaux. T'as besoin d'avoir une certaine
[12:57] force, une certaine endurance et ça c'est sûr que le fitness, la
[13:00] musculation m'a pris la rigueur, l'amour de l'entraînement, même
[13:03] si je l'avais déjà bien avant hein.
[13:05] J'ai fait du foot pendant 20 ans enfin, mais en tout cas
[13:08] l'entraînement fait que entraînement difficile, guerre
[13:12] facile, mais c'est c'est exactement ça.
[13:14] Donc ça m'a donné une vraie rigueur sur mon métier et je le
[13:16] sais hein, je le montre et les réseaux sociaux envers.
[13:19] Qui aujourd'hui fait partie de ma vie va bien aussi avec parce
[13:22] que je monte cette discipline. Je partage cette motivation avec
[13:28] les gens en leur donnant de la motivation, en motivant les
[13:31] gens. Ça me motive aussi hein ?
[13:32] Tu sais hein, quand tu fais quelque chose vraiment avec
[13:34] passion, ça te motive aussi. Et Ben tout marche bien ensemble
[13:38] en fait. Et j'arrive à la jongler on va
[13:41] dire entre 3 casquettes, entre mon rôle d'influenceur, mon
[13:44] rôle, même si aujourd'hui on le dit plus trop parce que c'est.
[13:47] C'est pas beau mais bon. Mon rôle d'influenceur mon rôle
[13:49] de pompier et mon rôle de coach sportif et je m'éclate dans dans
[13:52] ces 3 casquettes et. Et j'ai j'ai pas du tout envie
[13:56] d'en arrêter un pour faire plus d'autres ou quoi ?
[13:58] J'essaie de vraiment mettre chaque chaque partie bien
[14:03] ensemble pour que ça tombe tout seul et.
[14:05] Du coup bah ce cette pratique de nufication ça va donner cette
[14:08] force mentale et cette force physique, mais tu penses que
[14:11] c'est quoi le plus dur pour un pompier ?
[14:12] Le mental ou le physique ? Le mental.
[14:18] Sans sans mental t'as pas de physique non mais clairement
[14:22] sans mental tu peux tu vas pas t'entraîner ou alors que quand
[14:24] t'es fatigué je te je te des exemples purs, j'ai pas dormi de
[14:27] la nuit, j'ai dormi 1 h cette nuit hein pour aller 01h00 et 30
[14:31] Min et encore si j'appelle ça dormi.
[14:33] Le premier truc que j'ai fait ce matin donc j'ai récupéré mes
[14:35] enfants et j'ai tourné des séances de sport que je devais
[14:38] tourner et en pleine forme. T'as l'air plus réveillé que moi
[14:41] alors ? Que.
[14:41] Et non mais après ouais, c'est l'habitude tout ça.
[14:45] Je sais que si je m'endors de suite mais.
[14:47] C'est c'est ce mental qui me permet de me donner la force
[14:51] physique. Et d'ailleurs tu nous parlais de
[14:53] de la formation de pompiers, est ce que tu peux nous raconter ?
[14:56] Comment ça ça se passe ? Parce que j'ai des gens qui ont
[14:58] des images de vous qui galérez dans dans le dans le froid.
[15:02] Fatigué, et cetera. Ça, ça a bien changé.
[15:05] Ouais, les. Les jeunes qui rentrent
[15:06] maintenant vont plus vivre ce que j'ai vécu, moi OK, mais je
[15:09] pense que c'est. C'est la roue qui tourne.
[15:12] À un moment donné, ça, ça reviendra.
[15:13] Mais là, à l'heure d'aujourd'hui, les les
[15:14] formations, je pense qu'elles coûtaient très cher et ça
[15:18] demandait beaucoup de temps. Moi, j'ai fait une formation de
[15:20] 5 mois. Ah ouais mais je t'avoue.
[15:21] Que j'ai eu des formateurs s'ils me regardent exemplaires des des
[15:26] des machines de guerre et vraiment des mecs avec une très
[15:27] bonne condition physique et nous lever à 03h00 du matin pour
[15:30] aller nous faire faire des 20 km pour nous jeter dans la forêt
[15:33] pour faire une marche topo. Ah non, on.
[15:36] A fait des trucs. Ouais, ça, ça ressemble vraiment
[15:37] au à ce moment, à l'armée, à l'armée.
[15:39] Ouais carrément. Ah ça moi ma la formation que
[15:41] j'ai fait c'est ça. J'avais 3 mois d'internat déjà
[15:44] où je dormais là-bas je rentrais que le week-end sauf que moi je
[15:46] rentrais pas le week-end comme je dis je j'étais externe
[15:48] pendant le week-end je passais mon PSE 1PSE 2 ce qui c'est les
[15:51] gestes secouristes en équipe, ce qu'ils ont déjà les les les
[15:55] pompiers qui étaient volontaires donc moi je restais la semaine à
[15:58] l'internat plus après j'avais une partie du week-end où je
[16:00] devais revenir pour faire cette formation en plus et ouais
[16:03] c'était physique. Je crois que j'ai perdu 5 kilos,
[16:08] 5 kilos. Mentalement tu après tu te
[16:10] rapproches des mecs, c'est ça te donne une, t'as la haine.
[16:14] Des fois j'ai eu envie d'entarter quelques-uns parce
[16:17] que on avait y avait un peu de différence d'âge et puis.
[16:20] Mais ça, ça, ça te donne vraiment cet esprit d'équipe que
[16:24] tu retrouves après dans les Casa et que t'as besoin pour faire
[16:27] pour faire ce métier, hein. Si demain tu je pars au feu avec
[16:30] toi, si je te déteste, j'ai la haine contre toi.
[16:34] Je vais peut être pas t'aider à tirer dessus correctement et si
[16:36] tu tombes dans le feu je vais pas.
[16:36] Alors même si on a, on a des petites embrouilles comme dans
[16:39] tous les métiers du monde, on est quand même vachement soudés
[16:42] les uns envers les autres pour pouvoir se protéger.
[16:45] Parce que quand je pars en intervention avec toi, tu vas me
[16:47] protéger, je vais te protéger et et on a besoin d'avoir cette
[16:50] complicité. Ouais je vois.
[16:53] C'est c'est quoi le truc le plus dur que tu as fait pendant ta
[16:55] formation ? Y a un moment qui t'a marqué ?
[16:59] Ouais, y a un moment qui m'a marqué, c'est.
[17:03] À un moment donné, on on arrive en en le dernier jour si tu
[17:07] veux. De la semaine qu'on avait passé,
[17:09] on avait passé une grosse semaine vraiment dure
[17:12] physiquement, psychologiquement, mais on va dire comme j'ai,
[17:15] j'avais déjà une très bonne condition physique et que
[17:16] j'étais en staps par rapport à d'autres, j'étais bien donc je
[17:19] subissais beaucoup moins que certains.
[17:22] Mais j'étais vraiment arrivé à une semaine où j'étais vraiment
[17:24] cuit et nerveusement je passe avec mon meilleur pote pour les
[17:27] couleurs, les couleurs, c'est à dire qu'à la fin de semaine tu
[17:29] dois monter, tu dois baisser le drapeau.
[17:30] On est tous un peu au garde à vous.
[17:32] On baisse le drapeau et puis y a un une petite cérémonie à faire,
[17:35] je pars avec mon meilleur pote de la FI, enfin Luigi, mon mon
[17:38] binôme de de de cette formation initiale on part tous les 2 sauf
[17:42] qu'on était carbonisés et on s'est tapé un fou rire mais un
[17:47] fou rire genre normalement t'es au garde à vous et et là on
[17:49] pouvait pas s'empêcher de fourrir une fois ils nous font
[17:51] recommencer 2*3*4*5*6 fois nerveusement je te jure on
[17:54] j'avais tu sais le le fou rire explosif.
[18:01] Lui pareil. Donc on arrivait plus, on se
[18:03] regardait plus. Et là ils nous ont les
[18:04] formateurs, ils ont enfin surtout un à exploser.
[18:06] Ça s'est énervé vraiment et on est reparti pour faire un 15
[18:09] Born donc on avait terminé si tu veux cette on arrive le vendredi
[18:14] 18 h. C'était le jour où on rentrait
[18:16] tous à la maison. On est parti faire un 15 km
[18:18] alors qu'on était tous liquides. Et tout le monde est parti,
[18:21] voilà tout le monde. Au début ils nous faisaient
[18:23] faire des caméléons caméléons. C'est à dire que tu es en tenue
[18:25] comme comme je suis là tenue du sport, tu dois te changer le
[18:28] plus vite possible en tenue de feu.
[18:29] Revenir. Et après te rechanger plus vite
[18:32] possible en tenue normale et revenir disons.
[18:34] Au début ils ont commencé comme ça, quand on rigolait une fois
[18:36] on rigolait, allez à caméléon, on vous refaisait 2 fois où on
[18:40] allait faire 20 tractions ou des Trucs comme ça, et à la fin
[18:42] c'est parti sur un 15 km, on pensait qu'on avait fini la
[18:45] formation et au final enfin la semaine et au final on est parti
[18:49] et là franchement j'ai ramassé, j'avais plus envie, mon corps il
[18:52] courrait tu sais quand tu cours tes tes jambes elles suitent
[18:54] plus, enfin horrible. Horrible donc ouais, je me
[18:59] rappelle encore un petit peu, mais c'était.
[19:00] C'est un bon souvenir quand même.
[19:01] Ça reste un bon souvenir. Ah oui, surtout quand je vois la
[19:04] tête de mon pote, enfin on se revoirait je sais pas, c'était
[19:07] un fou rire tellement bon ça fait du bien de rire OK mais
[19:11] voilà, ouais ça a été un des moments les plus durs.
[19:13] Après non le reste de la formation, franchement j'ai ça a
[19:16] plus été comme si j'allais à Disneyland.
[19:19] Tu sais-je rentrais, on m'apprenait à faire du feu, des
[19:22] simulations de feu. Bon je te là, je te prends, je
[19:24] te mets une bouteille d'air. Sur le dos on m'a mis un masque,
[19:29] donc une bouteille, on m'a mis une bouteille d'air sur le dos,
[19:32] un masque et on m'a dit va éteindre des feux, je t'apprends
[19:35] des techniques, tu vas éteindre des feux, faut que tu rentres
[19:37] parce que sinon tu risques de mourir si tu te lèves par
[19:39] rapport aux températures, si tu vois ces phénomènes là tu éteins
[19:41] mais qu'est ce que c'est, c'est génial, ça te demande une une
[19:44] force physique, t'es en en immersion donc on va dire un
[19:47] peu, t'es comme un militaire qui part en investigation, sauf que
[19:49] l'ennemi c'est le feu, donc même si c'est très dangereux, tu
[19:52] risques pas de te prendre une balle quand même.
[19:53] Bon après c'est. Très dangereux hein.
[19:55] Tu peux avoir une bouteille de gaz mais tu vas tuer personne.
[19:59] Au contraire, t'es là pour essayer de sauver de faire des
[20:00] ça. Génial.
[20:02] Donc si tu dis que l'information pour moi ça a été un une vraie
[20:05] révélation. Tu penses qu'on peut s'entraîner
[20:08] du coup à à devenir une personne posée et calme dans des
[20:11] situations stressantes ? Parce que j'ai l'impression que
[20:14] pour prendre les bonnes décisions dans des situations
[20:15] stressantes, il faut être exposé à des des choses comme ça ou
[20:18] t'es sous pression, et cetera. Tu penses que c'est inné ou que
[20:21] c'est nécessaire de s'entraîner à ça ?
[20:23] Non je pense que inné on a, on a tous des réflexes posés ou non,
[20:29] mais ça se travaille avec le temps.
[20:30] Tu vois, tu tu changes pas une personne mais tu peux travailler
[20:33] sur, sur ton, sur toi, sur ta mentalité et et nous en tant que
[20:40] pompier y a des y a des moments donnés, t'as envie d'exploser,
[20:42] tu fais des trucs horribles sur sur des gosses ou sur la.
[20:46] Donc pour prendre la bonne décision au bon moment, c'est ça
[20:49] reste hyper compliqué et. C'est toute l'expérience que tu
[20:52] as eu dans ta carrière de pompier qui te fait que à un
[20:56] moment donné, tu arrives à prendre une bonne décision.
[20:57] C'est pour ça qu'il faut pas hésiter à écouter les plus
[20:59] anciens ou à ou à écouter la personne qui est mieux à
[21:01] certains moments sur une intervention et à prendre un peu
[21:04] de recul pour prendre la bonne décision.
[21:06] Parce que la bonne décision on est la dernière, la dernière
[21:09] roue du carrosse hein. Quand les gens ils nous
[21:10] appellent, y a plus que nous on est, ils sont dans le désespoir
[21:14] des gens, demain ils appellent les pompiers, c'est pas le
[21:17] pompier qui va derrière nous, y a personne donc ils savent qu'on
[21:20] est. Leur sauveur, ils nous voyent
[21:22] comme des héros, mais pour la personne c'est vraiment y a plus
[21:25] que nous, donc nous et nous on A la Une décision difficile à
[21:30] prendre à un certain moment où il faut pouvoir être juste,
[21:33] pouvoir être bien et elle peut être difficile.
[21:35] Donc ça se travaille et ces décisions, elles se travaillent.
[21:37] C'est pour ça qu'on monte progressivement dans les grades,
[21:39] pour pouvoir être le plus et pas mettre en danger mes collègues,
[21:43] parce qu'une décision, moi je te dis Allez Étienne, rentre, va
[21:46] éteindre ce feu là, il faut que je sache de enfin.
[21:49] Quand je te fais rentrer, faut que je sois sûr que y a pas de
[21:52] bouteille de gaz, que les coupures elles sont coupées pour
[21:54] pas, que si tu mets de l'eau Ben que tu sois électrocuté que tu
[21:57] vois. Il faut que j'ai pris quand même
[21:59] suffisamment de de recul sur la sur la mission que je te donne
[22:02] parce que je peux tuer mes potes, je peux empirer
[22:04] l'intervention, je peux. Enfin tu vois, ça reste quand
[22:07] même y a des décisions qui sont très dures à prendre et qui se
[22:10] travaillent, je pense pas que c'est inné.
[22:11] Je pense que c'est nous autant que pompiers qui évoluons et au
[22:13] début on prend des décisions. Des fois on peut se louper un
[22:16] petit peu parce qu'on n'a pas forcément de grosses
[22:18] responsabilités. Et plus tu avances dans l'âge,
[22:21] plus tu avances dans ton grade, plus tu as des responsabilités
[22:24] qui sont difficiles et ça, c'est ton métier de pompier qui t'a
[22:26] appris à à bien les gérer. Est ce que tu penses ?
[22:28] Ça t'a aidé aussi dans ta vie quotidienne ?
[22:31] Le le fait que t'aies des décisions dures à prendre en
[22:34] tant que pompier, ouais, ça te facilite certaines décisions
[22:36] dans ta vie ou pas du tout. Je je.
[22:40] J'ai envie de te dire oui à l'heure actuelle.
[22:44] Après je suis pas l'abri, je fais tourner ça différemment
[22:48] mais je suis pas l'abri que. Les interventions que j'ai
[22:50] faites et ce que j'ai vu et ce que j'ai encaissé dans ma vie me
[22:54] fait prendre des décisions bizarres ou.
[22:57] Et les gens comprendraient pas forcément du.
[22:59] Coup ouais, pas forcément ou ou où où j'aurais pas, je sais pas
[23:07] comment t'expliquer, mais des des des fois ça je sais pas.
[23:12] J'ai tellement été confronté à la mort et tellement des que des
[23:14] fois on a une carapace qui est. Qui est qui est donc dans des
[23:19] mots, dans les dans les ce que tu emploies tu on peut être
[23:21] beaucoup plus dur dans la vie de tous les jours que certaines
[23:24] personnes, c'est plus ça après les décisions.
[23:27] Oui c'est sûr que demain je vois mon après quand c'est ton enfant
[23:30] ou n'importe quoi, mais je vois mon fils qui sait tout, c'est
[23:32] sûr que je je serais un peu plus quoi faire que quelqu'un qui a
[23:35] jamais subi de formation. Après quand c'est ton enfant
[23:37] hein, pour avoir des collègues qui à qui c'est arrivé, tu peux
[23:39] rester encore plus figé parce que au contraire tu sais tout
[23:42] faire, mais c'est ton gosse et ce jour-là t'as tout oublié.
[23:45] Donc voilà, après c'est sûr, quand je vois mon fils qui
[23:47] tombe, qui se fait mal et tout, je suis de suite là, je sais
[23:50] quoi faire, si il se coupe je suis là.
[23:52] Après c'est sûr qu'on qu'on a, qu'on a des réflexes qu'on a au
[23:56] quotidien hein. Si je vois quelqu'un se noyer
[23:58] devant moi, effectivement je vais pouvoir le sortir de l'eau
[24:00] plus facilement que si y avait personne.
[24:01] Ça m'arrivait plein, pas plein de fois, ça m'est arrivé 2 3
[24:04] fois en depuis que je suis devenu pompier, avoir un une
[24:07] grand-mère qui s'est noyée, la sortir de l'eau, ou alors
[24:10] quelqu'un qui a un accident de moto devant moi et.
[24:13] Ou de vélo devant moi, ça m'arrivait encore là y a 2
[24:15] semaines, un jeune qui s'est fait percuter devant moi en
[24:16] vélo, voilà le touchait pas gada a voulu faire les premiers
[24:19] gestes, regarder s'il y a pas une hémorragie, enfin pouvoir
[24:22] anticiper plus vite et au contraire dans ma vie c'est
[24:25] c'est cool de savoir ça, c'est c'est rassurant, mais par contre
[24:29] si je suis pas à la brique que demain je fais une intervention
[24:30] qui me marque à vie et que je finisse en dépression, tu vois
[24:34] j'ai des collègues qui ont été marqués sur des des interforts
[24:37] hein, comme les attentats qu'a eu à Nice sur des trucs et qui
[24:39] ont mis ou sur des enfants. Et qui ont mis du temps à à
[24:44] revenir. Et même encore aujourd'hui, tu
[24:45] sens qu'y a une fragilité sur ce truc.
[24:46] Donc on a un métier où à tout moment on a eu une intervention
[24:50] qui peut nous faire basculer sur toute la carrière que t'as eue.
[24:52] Il suffit d'un truc sur tu touches du bois parce que je je
[24:57] vais pas parler là-dessus, mais moi je travaille dans dans dans
[24:59] la ville où où j'ai grandi, où je suis né.
[25:03] J'ai fait des parents de collègues à moi, j'ai fait des
[25:06] potes à moi qui sont morts. Un jour je je te racontais
[25:09] l'intervention mais j'ai fait dernièrement.
[25:11] J'ai fait un pote à moi qui jouait 10 ans au foot, je
[25:13] connais super bien son père, son truc et il s'est.
[25:16] Il a eu un coup de colère, il s'est jeté du 5e.
[25:18] J'arrive donc mon mon pote que je connais depuis depuis que
[25:22] j'ai 10 ans s'est suicidé devant moi donc je commence à essayer
[25:26] de lui faire le premier mais c'est bon c'est un pote à toi
[25:27] qui a le même âge que moi vu que j'ai fait plein de trucs et
[25:30] c'est moi qui dois attaquer sa réanimation donc c'est.
[25:34] Tu fais des trucs difficiles derrière, il faut que tu dormes
[25:36] tranquille. Faut pas que ça joue sur tes
[25:37] gosses, faut pas que ça joue. Parce que faut.
[25:41] Que tu enchaînes les interventions, faut pas que tu
[25:43] restes sur ça, il faut pas que tu dises putain tu vois c'est ça
[25:46] peut être difficile et t'es emmené à voilà demain moi je
[25:48] peux être amené à faire ma grand-mère à faire et puis je
[25:50] sais pas comment je vais gérer le truc et voilà cette
[25:54] intervention a peut être un peu marqué peut être je peux dire
[25:56] mon allez stop, j'arrête les pompiers, j'en connais qui ont
[25:58] qui ont fait des trucs forts dans les attentats et qui.
[26:01] Et qui m'ont dit allez, il est temps pour moi d'arrêter ce
[26:03] métier et de passer à autre chose.
[26:05] Donc c'est un métier qui est bien, qui est fort, qui te donne
[26:07] une assurance. Mais t'es pas à l'abri de faire
[26:09] quelque chose de tellement puissant dans le sens négatif
[26:13] que ça te fait péter un câble, c'est tout.
[26:16] D'ailleurs, il y a un autre moment marquant de ta vie qui
[26:19] qui a une bascule aussi, qui je pense c'est c'est important d'en
[26:24] parler. C'est l'accident que tu as eu
[26:26] assez jeune. C'était le 28 août 2011.
[26:29] Si je dis pas de bêtises. Très bien c'est ça ?
[26:31] Ouais, c'est ça. Est ce que tu.
[26:32] Peux bah me raconter ouais. Bah ça c'est c'est un peu
[26:35] l'histoire à à l'heure actuelle, c'est l'histoire de ma vie,
[26:38] c'est à dire que je te fais tout ce que je t'ai raconté depuis le
[26:40] début. Je rentre pompier, je finis
[26:43] bien, j'arrive à rentrer pompier professionnel dans la ville où
[26:46] je suis né, où j'ai grandi à une fierté énorme, mon père même
[26:51] cette fierté pour mon, pour mes parents, pour tout.
[26:53] Je suis au top. Ma vie commence à peine, je lui
[26:56] dis je vais pouvoir acheter une maison.
[26:57] Je vais pouvoir acheter, enfin voilà, faire des enfants, je
[27:01] vais, je vais commencer à me projeter vraiment dans ma vie
[27:02] parce que je finissais ma vie de de jeune ADO à ma vie vraiment
[27:05] d'adulte posée avec un métier stable, fonctionnaire, pompier
[27:09] professionnel, vraiment bien et là tout s'écroule.
[27:15] Alors ça fait 2 mois que je suis rentré hein.
[27:16] Je suis rentré le 24 juin à Antibes et mon accident, 28 août
[27:21] 2000020 4 juin 2011 28 août 2000002 mois après que je sois
[27:24] rentré, tout s'arrête mais là vraiment, tout s'arrête.
[27:28] Donc je frappe quelqu'un qui fait je suis en moto, une une
[27:31] personne devant moi qui fait n'importe quoi en voiture, qui
[27:33] me qui me fauche. Je me retrouve allongé au milieu
[27:37] de la route. Ça siffle.
[27:40] Je vois mes collègues qui arrivent sur moi, je vois, j'ai
[27:43] des flashs hein. Encore maintenant.
[27:45] Mes collègues pompiers ? Mon pote, mon pote, je te dis
[27:47] lui dit avec qui j'ai le fou rire tout à l'heure qui vient.
[27:50] Je vois tous mes potes j'enlève. J'ai le temps d'enlever.
[27:53] Je suis là. T'es allongé sur le béton.
[27:56] Sur le coup je tombe pas dessus dans le coma, je vois du sang
[27:59] partout, tu sens partout, j'entends sifflement dans ma
[28:02] tête et là je me pâle, je me dis qu'est ce qui se passe ?
[28:06] Je me je regarde, je vois un un trou comme ça dans ma jambe, je
[28:09] vois mon osse qui sort des veines partout, je lui dis vont
[28:12] m'amputer, j'ai dit ils vont me couper la jambe, je lui dis
[28:13] C'est bon couper la jambe et là je me touche le ventre et je
[28:16] sens mon ventre qui grossit. Je sortais de la formation,
[28:19] j'étais docteur, je me suis en train de faire une mourage
[28:22] interne, je meurs, ça y est. C'est je suis-je suis arrivé à
[28:25] un point où je me suis vraiment dit ça y est je vais mourir,
[28:31] merde, j'ai pas de gosses, je je meurs, je j'ai, j'ai pas mes
[28:36] parents, mes parents en plus moi je suis vraiment proche, je suis
[28:39] très famille, ils étaient partis chez mes grands-parents qui
[28:41] habitent vers Belfort dans dans l'est de la France et donc enfin
[28:48] tout arrive. Je me revois, je me revois
[28:50] encore mes collègues qui viennent et tout ça va aller
[28:52] donc ils me médicalisent sur place.
[28:53] J'ai juste le temps d'enlever. Mais j'avais une chevalière à
[28:55] l'époque, d'enlever la Chevalière et la chaîne que
[28:58] j'avais autour du cou. Donner à au lieutenant qui était
[29:00] là, qui qui gérait l'intervention.
[29:02] Je leur dis, dites à mes parents que je les aime.
[29:04] J'ai repris 2 3 tartes et boum. Je me suis endormi et je me suis
[29:07] réveillé 48 h après. Quand quand tu t'es dit je vais
[29:11] mourir, tu ressentais quoi ? T'avais peur, t'étais enfin.
[29:15] J'ai l'impression que tu pensais plus à ta famille.
[29:17] C'est c'est ouf. Franchement, je me suis vu,
[29:20] ouais, je pensais à ma mère. Putain je pense à ma mère qui
[29:23] qui avait toujours peur depuis que je suis petit avec les
[29:25] scooters, les trucs. J'avais vraiment peur pour ma
[29:27] mère à cette époque à à ce moment-là je pense à ma mère et
[29:32] au fait de de pas avoir de gosses parce que voilà je
[29:36] laissais rien derrière moi et je je pensais pouvoir laisser
[29:39] quelque chose avant, je laissais rien derrière moi.
[29:41] Je partais comme ça et très très très difficile, très très
[29:47] difficile et de quand je donne ça, ça me soulage un peu.
[29:50] Quand je donne ma chevalière et tout et et de pouvoir quand même
[29:53] dire à quelqu'un qu'on allait dire que à mes parents que je
[29:56] les aimais mais je ce qui me faisait le le plus mal à ce
[29:59] moment-là, c'était pas tellement moi, c'était que je savais que
[30:01] je détruisais ma famille parce que si je mourais maintenant, je
[30:05] je tuais mon petit frère, ma grande sœur, mes grands-parents,
[30:09] mes parents, toute la famille qui est hyper proche.
[30:11] Quand un deuil comme ça dans une famille c'est c'est hyper dur.
[30:14] Après à te relever à et tout tout basculer.
[30:18] Et j'avais cette conscience là. Quand au moment où je donne les
[30:21] trucs, je me, c'est ce que c'est là ce que j'ai.
[30:24] J'ai plus de penser, j'avais même plus mal physiquement,
[30:26] j'avais plus de douleur. Alors que quand j'ai tapé, je te
[30:29] jure que j'ai eu une douleur inimaginable dans tout le corps.
[30:34] Et après et après ? Finalement tu vois, j'ai eu la
[30:37] bonne étoile et. Bah du coup Tu t'es réveillé 48
[30:40] h après ? Je me suis réveillé 40.
[30:42] Alors je me rappelle un peu me rappeler.
[30:44] J'ai des flashs que je me rappelle.
[30:45] Après je me dis à des moments donnés, je me vois au-dessus de
[30:47] mon corps. Je me vois mon corps.
[30:49] Ils appelaient mes parents dans la nuit.
[30:50] Oui là c'est grave. Votre fils fait l'hémorragie
[30:52] parce que j'ai j'ai eu plein de fractures sur plein d'organes
[30:55] qui en fait saignaient et a fait des hémorragies, donc il fallait
[30:59] qu'ils réfléchissent à m'enlever certains organes ou non.
[31:01] Enfin une horreur et et le moment le plus dur, c'est quand
[31:06] certains docteurs à une à un moment donné m'ont dit, Vu
[31:09] l'état de ma jambe, en plus ma jambe elle s'est infectée, y
[31:12] avait des cailloux dedans. Ils m'ont, ils m'ont, ils m'ont
[31:14] réparé comme ils m'ont bien réparé, mais comme ils
[31:16] pouvaient. Donc j'avais peur qu'ils me
[31:18] qu'ils finissent par me couper la jambe et donc le et et puis
[31:23] ce qu'ils allaient pouvoir m'enlever comme organe ou non.
[31:25] Et qu'on me dise bon bah voilà, plus de pompiers, plus de
[31:28] sports, en tout cas pas comme tu aimes le faire.
[31:33] Et ça ça a été très très dur. C'est pas possible tous les
[31:36] matins, enfin tous les jours, on me, on me prenait, on me mettait
[31:41] sur le côté pour me laver. On me remettait à côté sur je
[31:44] pouvais plus bouger. J'ai été allongé comme ça
[31:46] pendant pendant plus d'un mois, donc allongé sur un lit ou le
[31:48] lit. Que ceux qui qui ont vécu et qui
[31:52] j'avais mal de d'être allongé sur le lit, tu vois, j'avais un
[31:56] lit anti escarres pour pas faire d'escarres, mais ce lit, je me
[31:59] rappelle de cette douleur, le matelas, la douleur qu'elle me
[32:02] faisait horrible, une une douleur comme si on me mettait,
[32:07] je sais pas, comme si on me brûlait et.
[32:11] Donc voilà, on m'a appris à me lever, j'ai dû réapprendre à
[32:13] aller aux toilettes correctement, donc voilà c'est
[32:15] encore je vais pas rentrer là-dedans, mais c'était encore
[32:17] c'était marrant, mais ça a été encore d'autres trucs, des tu
[32:19] perds ton intimité, tu tu perds tout, tu perds tout, et puis tu
[32:23] te laisses faire, puis tu te laisses rouler, puis tu
[32:25] réfléchis et et voilà. Et après j'ai eu de la chance
[32:30] que tout s'est bien remis à peu près et que et qu'aujourd'hui
[32:34] j'en suis là où j'en suis et. Du coup, malgré cette qu'on t'a
[32:37] dit que tu puisses plus jamais faire pompier, et cetera.
[32:39] Enfin, comment t'as fait pour déjouer ces prédictions entre
[32:41] guillemets ? Est ce que est ce que tu penses
[32:44] que ta ta forme physique t'as ta bonne forme physique ?
[32:47] Ça t'a sauvé ? Ouais, 100% si quand j'ai quand
[32:49] j'ai frappé, je faisais, je faisais 89 kilos, j'étais une
[32:53] Pierre, j'étais vraiment je sortais, je te dis de cette
[32:55] formation, j'étais vraiment bien, musclé, gainé.
[33:00] Et le premier truc qu'il m'a dit, le doc, quand tout ça a un
[33:02] peu passé, c'est c'est ta forme physique qui t'a sauvé.
[33:06] Qu'a sauvé ton cœur qu'à ce que t'aurais dû exploser.
[33:08] J'ai fait 70 km heure 0 dans une voiture, je me suis arrêté net,
[33:14] c'est j'ai eu de la chance de pas si je tapais le menton, si
[33:18] je tapais une partie du visage, je serais plus là aujourd'hui,
[33:20] on on n'aurait pas cette conversation.
[33:22] J'ai eu de la chance que j'ai amorti sur mon buste, sur voilà
[33:27] et puis j'ai eu vraiment eu la bonne étoile, des fois ça se
[33:29] voit rien hein. Puis pour te le dire j'ai j'ai
[33:31] fait la même intervention sur un le petit frère d'un pote à moi
[33:34] au même endroit où j'ai eu l'accident.
[33:36] Le jour où j'ai repris les pompiers, je te jure je reprends
[33:38] le je reprends ma garde, je prends, je fais le petit frère
[33:40] d'un pote à moi à qui j'étais au lycée.
[33:44] Bon, on a essayé de le masser pendant 45 Min, on l'a jamais
[33:47] ramené. Bon et le et c'était le et là je
[33:50] me suis vraiment dit sur mon lit d'hôpital, je me suis dit je
[33:52] l'ai, j'ai juré à ma mère que plus jamais je je rachèterai une
[33:55] moto. Je lui ai, elle m'a fait le
[33:56] jurer, je lui ai juré et en même temps ça me ça me faisait du
[34:00] bien de lui jurer de la réconforter parce que j'étais
[34:02] pas encore sorti d'affaire. Et je me suis dit Ça m'en a tiré
[34:05] du bon et j'ai jamais repris moto.
[34:07] Et en sortant je de tout ça en revenant pompier, en en ayant vu
[34:13] cette enfin vécu cette intervention sur le petit frère
[34:15] d'un pote à moi, ça m'a confirmé que c'était plus pour moi quoi
[34:18] que fallait vraiment que je tourne la page sur sur ces motos
[34:21] et et voilà c'est ouf ouais c'était tu tu penses que ?
[34:25] Cet accident, ça a eu quel impact sur ta vie maintenant, à
[34:29] part le fait que tu fasses plus de motos ?
[34:32] À refaire ? Je le prends pas hein ?
[34:36] Ah je suis passé par tellement de de moments d'émotions, de de
[34:39] dépression, de de de de plein de choses.
[34:43] Parce que même si aujourd'hui ça ça reste une force pour moi à
[34:47] refaire je je je roule tranquille me le me le le le le
[34:51] mettre en voiture mes skis et et je vis pas.
[34:54] Je vis pas ce que j'ai vécu mais aujourd'hui aujourd'hui c'est
[34:57] sûr que c'est c'est une force parce que je sais que tout n'est
[35:00] qu'éphémère qu'à tout moment tu peux tout perdre.
[35:02] Que tu peux enfin que tout peut aller très vite, mais par contre
[35:05] tu peux te relever si tu crois vraiment en toi.
[35:09] Voilà comme ceux qui jouent à l'euromillion qu'ont l'espoir de
[35:11] de devenir millionnaire en en faisant ça, moi je sais que le
[35:15] le, le corps, l'humain, il peut se régénérer, surtout que
[35:18] j'avais le bon âge. Après je sais hein, j'avais
[35:21] j'avais 23 ans donc je savais que j'avais des capacités
[35:24] physiques pour pouvoir se dépasser, surpasser et essayer
[35:28] de contredire un peu tout ce qu'ils t'ont dit.
[35:29] Et puis y avait quand même. Une lueur d'espoir donc.
[35:33] C'est cette force que ça m'a donnée.
[35:35] Aujourd'hui, je l'ai toujours et aujourd'hui quand il m'arrive
[35:38] quelque chose de dur, je sais que j'arrive à rebondir
[35:40] là-dessus, surtout quand c'est physique et voilà, s'accrocher
[35:45] et le temps fait bien les choses, donc apprendre à laisser
[35:48] du temps quand des fois ça peut paraître hein.
[35:50] Moi j'avais sur mon lit d'hôpital une horloge, je te
[35:52] jure les les, les heures, les jours, c'était des semaines,
[35:57] c'était des semaines, je l'ai, je regardais, alors quand tu
[35:59] bouges pas, que tu regardes ça. Tu on on a du mal à s'imaginer
[36:05] la chance qu'on a de de, de de de marcher, de se déplacer, de
[36:07] de faire plein de trucs, de voir les journées qui passent vite
[36:08] quand elles passent vite les journées c'est que finalement
[36:10] c'est que t'as fait ta vie, t'as t'as t'as, t'as vécu, t'as fait
[36:14] ta vie là. Moi je vivais plus donc je te
[36:17] jure tout horrible le temps il s'est, il s'est arrêté
[36:21] totalement quand tu passes par là.
[36:22] Après c'est sûr que ça me donne une force en plus que les autres
[36:25] sur plein de petits trucs. Mais à revivre, je suis pas très
[36:30] pour. Éviter ça c'est clair.
[36:32] Mais du coup t'as voilà, t'as le temps a bien fait les choses.
[36:34] Maintenant on peut dire que t'es le pompier le plus connu de
[36:37] France ou pas pratiquement. Ouais.
[36:40] Pratiquement oui non, clairement.
[36:42] Je pense que j'ai aujourd'hui, avec la notoriété et sur les
[36:48] réseaux, j'ai quasiment plus de 5000000 de personnes qui me qui
[36:50] me suivent sur tous les différents réseaux sociaux que
[36:53] je peux avoir. Donc oui je suis le le pompier
[36:57] français le plus connu de France.
[36:59] Après y en a d'autres qui font d'autres trucs et je prends la
[37:01] place de personne et et et voilà je veux pas m'attirer encore
[37:06] plus de jalousie déjà. Mais de toute façon mon mon
[37:08] cousin qui est JSP, quand je lui avais dit que je t'avais croisé,
[37:10] il était choqué carrément et ça l'a fait marrer à l'époque.
[37:12] Enfin bref. Mais du coup beaucoup de gens.
[37:15] Y a beaucoup de gens qui pensent que le métier de pompier c'est
[37:17] juste éteindre des feux alors que pas du tout.
[37:19] Vous faites tellement de choses. Est ce que tu peux un peu
[37:22] décrire une journée pompier classique entre guillemets ?
[37:25] Mais bien si tu veux, tu tu viens à Gaza quand tu veux-je te
[37:27] fais une journée dessus mais en vrai non, en vrai on va dire 10,
[37:32] 10% de notre métier et encore c'est des incendies mais c'est
[37:36] ce qu'on aime, c'est c'est ce qui fait.
[37:39] Pourquoi tu es pompier pompier ? Pour moi c'est le feu, aider les
[37:43] personnes, c'est le pompier d'aujourd'hui, c'est le pompier
[37:45] de maintenant. Il faut aimer les 2, mais c'est
[37:47] sûr que au départ tu es là pour. Enfin ce qui te fait vraiment
[37:52] kiffer à ta formation c'est pas de faire un pansement sur sur
[37:55] une petite grand-mère, ou on t'apprend à mettre un chut si
[37:57] quelqu'un fait essayer d'éteindre les feux c'est ce qui
[37:59] te fait c'est vraiment le le le Graal, c'est ce qui te fait
[38:02] vraiment kiffer. Après on sait que 10% de nos
[38:05] interventions on va dire le plus gros ça reste le le secours à
[38:08] personne et donc une journée type chez les sapeurs-pompiers.
[38:14] Tu te lèves, tu prends ta garde à Antibes parce que chaque
[38:17] caserne j'ai un peu sa caserne comme elle veut selon le chef de
[38:20] centre que tu vas avoir. Mais on va dire grosso modo, tu
[38:23] prends ta garde, on va à 07h30, t'as un rassemblement avec tout
[38:26] le monde pour savoir lequel piquer.
[38:29] Tu es donc on va dire Rémi, tu es d'ambulance, tu es de de feu,
[38:32] tu es, on m'a donné un un engin et tu vas devoir faire la vérif
[38:36] vérifier que le Matos est bien en place, que les mecs dans la
[38:38] nuit s'ils ont fait des interventions qu'ils ont tout
[38:40] bien remis parce que quand tu fais un terrain à 03h00 du
[38:41] matin, tu peux zapper un truc. Que tout soit bien, que tout
[38:44] soit bien nettoyé, tout bien propre.
[38:47] Si tu pars en intervention, tu pars en intervention en même
[38:48] temps et tu vérifies ton engin. Ensuite tu vas au sport, donc on
[38:53] a un sport obligatoire, OK, pendant 2 h, Ben je te dis hein,
[38:56] ça fait partie de notre job hein.
[38:57] Donc on fait du sport, ce peut être un sport co, comme du
[39:01] Volley, comme un comme du foot, ce que tu veux toujours.
[39:04] Par contre, dans tout ce qu'on fait, on a nos bip, dès qu'on
[39:07] sonne tu prends ton camion, tu pars.
[39:08] Nous on a la chance de vivre sur un type, donc des fois on va
[39:12] même faire le tour du cap. Donc les camions nous suivent,
[39:14] on a 2 camions qui nous suivent de feu, tu fais ton petit tour
[39:17] du cap en courant, génial, tu fais ça pendant sur le travail
[39:21] c'est tu tu fais un tour du cap donc pour moi c'est c'est le
[39:25] plus beau cap d'Antibes, je suis pas les camions et si tu pars en
[39:28] Inter, hop tu te changes, t'as tes habits dans dans le camion
[39:30] tu te changes et hop tu pars sur ton feu donc génial et voilà.
[39:33] On fait donc le sport jusqu'à 10h30, après 10h30 petite
[39:39] douche, 10h45, on fait une manœuvre d'entraînement.
[39:42] Simulation de feu, on fait du secouriste, on fait n'importe
[39:45] quoi, ce que tu veux, on s'entraîne à faire hein, quelque
[39:48] chose qu'on n'a pas forcément l'habitude de faire, mais pour
[39:50] être toujours à jour. Ensuite, on à 12h00, on mange,
[39:54] on est en pause jusqu'à 14 h 14 h, on va faire des vérifs de par
[39:59] exemple, on a des les les vérifs de de groupes électrogènes, de
[40:03] pompes sur les engins. On on a toute la semaine, on a
[40:07] chaque jour un truc à vérifier, ensuite on fait.
[40:10] Alors un cours médical généralement où on se fait un
[40:12] petit cours de de de plan, c'est à dire on on regarde toutes les
[40:15] rues dans le type pour s'apprendre où on est.
[40:17] Enfin on s'entraîne un petit peu à faire du pompier et ensuite on
[40:20] se prend un goûter tous ensemble et on va au sport et on va dire
[40:24] la journée vers 04h30 elle est finie, OK ?
[40:26] Et après ? On est libre.
[40:27] Jusqu'à 19 h aujourd'hui, on est au.
[40:29] On est passé en 12h00 avant de travailler en 24h00.
[40:32] Maintenant on travaille en 12h00 jusqu'à 19h30, après on est
[40:35] libre, donc généralement on retourne à la muscu, on fait une
[40:38] séance de muscu ensemble ou on fait un tennis ballon.
[40:40] C'est en ce moment, c'est du sport qui nous plaît ou une
[40:42] pétanque magnifique et on part en intervention en même temps
[40:46] et. Quand quand vous partez en
[40:47] intervention est ce que vous êtes dispatchés en fonction de
[40:50] vos capacités ou c'est vraiment les premiers discours qui
[40:52] partent ? Par exemple y en a, ils sont
[40:53] meilleurs pour les feux, certains meilleurs pour les
[40:54] accidents. Alors y a des spécialités, OK,
[40:56] par exemple les plongeurs nous anti on a des plongeurs, c'est
[40:59] c'est une spécialité, c'est à dire Tu demandes moi voilà je
[41:02] suis, j'aimerais devenir plongeur, si y a de la place il
[41:04] te faut faire une formation spéciale et tu pars plonger.
[41:07] Moi là je suis pas plongeur donc je peux pas partir.
[41:10] Il y a des spécialités. Après on on est tous apte à
[41:13] partir au feu, à partir en ambulance, à partir au VTU.
[41:18] C'est véhicule tout usage, c'est à dire capture d'animaux ou
[41:20] alors descendre en rappel d'une maison pour pouvoir faire une
[41:24] ouverture de porte. Des interventions cool et et aux
[41:29] secours routiers. OK.
[41:31] On est tous apte, on a tous une formation.
[41:33] Et au feu de feu de forêt, quand je te dis feu, c'est les feux
[41:35] urbains et les feux de forêt. OK, donc ouais, vous avez tous
[41:36] les panels. Voilà, on a tous les.
[41:38] Panels, on a toutes les casquettes, après y en a qui ont
[41:40] des spécialités un peu en en plus par exemple comme je te dis
[41:43] les plongeurs ou alors que ce soit sur tout ce qui est risques
[41:45] chimiques, OKOK risques chimiques.
[41:47] Moi j'ai pas les capacités de te dire si y a un truc, voilà je
[41:50] vais faire venir, c'est pas de la Cnic tu fais venir une
[41:52] brigade spéciale et eux ils sont calés tout ce qui est chimie et
[41:55] ils vont pouvoir regarder. Ce qui se passe pour te dire et
[41:59] après ils vont certainement t'utiliser sur certains trucs
[42:00] pour faire pour travailler avec eux, mais sinon on est on a
[42:04] toutes les casquettes et on on fait tout.
[42:06] Et par contre à l'époque moi à Antibes on avait on avait un par
[42:12] exemple, moi j'étais d'ambulance, une garde la garde
[42:14] d'après j'étais de feu. À l'heure d'aujourd'hui ça
[42:16] marche plus comme ça, c'est chacun son tour, tu sonnes, là
[42:20] ça a sonné. Bon Ben c'était une ambulance,
[42:23] après ça a fait un tour donc après c'est Roger, après c'est
[42:24] Bernard, après on fait tout le tour tour tour.
[42:27] Et quand ça revient à toi, bah si c'est si ça tombe sur un
[42:30] incendie, tu fais un incendie. Si ça tombe sur encore une
[42:32] ambulance, bah tu reprends une ambulance C'est ainsi de suite.
[42:34] Intéressant ? On tourne.
[42:36] Comme ça, c'est quoi l'intervention la plus
[42:37] dangereuse pour toi que tu as dû faire ?
[42:42] C'est du gaz. La, la la plus dangereuse que
[42:45] j'ai faite, c'est les interventions que tu ne
[42:49] maîtrises pas. C'est les interventions qui font
[42:53] peur. Toutes les interventions font
[42:54] peur. J'arrive jamais à dire.
[42:56] Oh non c'est bon je suis pompier, je crains rien.
[42:59] Les interventions où y a du gaz quand je suis dans un feu et
[43:02] qu'on me dit y a une bouteille de gaz et que je suis dans le
[43:05] feu pour éteindre, qu'il y a peut être une victime, quelque
[43:07] chose et que je sais qu'il y a une bouteille de gaz qui peut
[43:09] exploser ou que tu entends des explosions hein, des fois tu as
[43:13] des on se rend pas compte mais y a des gens qui ont des
[43:15] bouteilles de peinture chez eux. Tu sais une bouteille en spray,
[43:17] des trucs comme ça, même les les bombes à chiottes quand tu es
[43:20] dans un feu et que ça explose sur toi, ça ça met un un
[43:23] souffle, ça met un bruit, ça met un.
[43:25] Quelque chose et ça ça te fait, ça te fait flipper et c'est
[43:28] dangereux pour toi. Et des fois t'as même des
[43:29] petites bouteilles de gaz, même si ça ça résiste à une certaine
[43:32] température. Quand tu fais des appartements
[43:34] embrasés, généralisés, où il reste vraiment rien, tu t'as ces
[43:39] bouteilles de gaz donc elles peuvent Péter à tout moment et
[43:42] et ça c'est c'est ça, ça te fait peur.
[43:45] Et c'est les interventions les plus dangereuses que j'ai pu
[43:47] faire ou des des des interventions invisibles où tu
[43:51] fais absolument rien, où c'est calme.
[43:54] Il y a une fuite de gaz dans l'immeuble, faut que tu évacues
[43:57] l'immeuble, tu sais pas si ça a créé des poches parce que le le
[44:02] le gaz c'est ce qui me fait le plus peur parce que je t'ai dit
[44:04] on on n'arrive pas à le contrôler une flamme je le vois
[44:08] quand quand je suis dans un appartement qui brûle, je sais
[44:10] reconnaître certains signes pour savoir si je dois partir ou non.
[44:14] Pour le gaz je dois y aller, je dois aller enlever les gens ou
[44:18] les confiner et tu sais pas si ça a fait des poches.
[44:22] Et le problème du gaz, c'est que en fait, s'il y a trop de gaz,
[44:26] ça explose pas. Enfin on ne sait pas hein, les
[44:28] gens ils pensent que plus tu mets de gaz, plus tu vas faire
[44:30] une explosion. Maintenant s'il y a trop de gaz,
[44:31] il y a pas assez d'air pour ça explose et s'il y a pas assez de
[44:35] gaz, Ben ça explose pas parce que il y a trop d'air par
[44:37] rapport à de gaz. Mais si le mélange il est
[44:39] parfait, t'arrives à un point qui s'appelle le point
[44:42] stochiométrique, ça te fait de l'explosion parfaite, mais ça tu
[44:45] peux tu sais pas. Donc il suffit que le mélange de
[44:48] gaz à un moment donné où toi tu passes pour évacuer des gens, il
[44:50] est parfait. Mais que le frigo il se met en
[44:52] route ou qu'y a un une étincelle, à un moment-là Eh Ben
[44:55] t'exploses et tu te rends même pas compte et pas longtemps.
[44:59] J'ai mis une vidéo comme ça sur une une maison aux États-Unis
[45:01] que j'ai vue exploser et sur mon compte insta tu sais avant hein,
[45:04] je me fais, je me change, je me dis que y a des choses qu'on
[45:06] contrôle pas dans ce métier, je fais semblant que je me change
[45:08] et tout et à la fin je mets cette maison qui explose parce
[45:10] que c'est ce qui me fait vraiment le plus peur dans ce
[45:12] métier et c'est les interventions que je fais où à
[45:15] chaque fois je suis vraiment très prudent parce que tu le
[45:18] contrôle pas parce que voilà c'est quelque chose.
[45:20] Ou je peux pas me défendre, je sais pas.
[45:22] Et si t'as pas de Q à ce moment-là c'est arrivé à la Y a
[45:25] des années à sur Lyon, même à Paris y a une bon un morceau de
[45:31] ville où ils font où y a du théâtre, je sais plus comment ça
[45:32] s'appelle mais où y a eu cet accident là, y a eu des morts
[45:36] dont des pompiers qui sont morts et voilà le gars c'est le truc
[45:40] que tu contrôles pas. Et c'est sur cette intervention
[45:42] là que j'ai le plus peur. Après j'ai fait des
[45:45] interventions violentes sur des gens, j'ai fait des trucs, mais
[45:48] vraiment ce qui me fait moi à l'heure actuelle le.
[45:50] Plus peur, c'est ça, parce que je le maîtrise pas et.
[45:52] Quand tu pars pour une intervention justement de gaz où
[45:55] t'es pas à l'aise, tu préviens ta famille, et cetera.
[45:57] Non, pas du tout, jamais. Jamais, jamais t'imagines, enfin
[46:02] bon Allô Allô, à 02h00 du matin, tu peux me je, je réveille ma
[46:06] femme pour qu'elle me passe mes enfants pour leur dire papa, il
[46:09] part dans une fuite de gaz, je vous aime, non tu peux dire que
[46:12] tu veux, tu peux pas, c'est encore pire, puis tu te mets le
[46:14] stress et puis moi je crois un petit peu au karma et.
[46:19] Ça pourrait me porter la poisse, tu vois ce que je veux dire ?
[46:20] J'aurais peur de de de me porter l'œil et non.
[46:24] Donc j'y j'y pense, j'y pense même pas mais mais par contre je
[46:28] pensais à mes enfants penser à ma femme, penser aux gens que
[46:30] j'aime quand je fais un truc comme ça, tout le temps, tout le
[46:33] temps, tout le temps l'année. Dernièrement j'ai fait un un
[46:36] feu, pas un gros feu, un petit feu, mais à un moment donné y a
[46:39] une bouteille de gaz qu'on enfin y avait une arrivée de gaz qu'on
[46:41] arrivait pas à fermer, on venait d'éteindre le feu donc on a
[46:45] soufflé. La flamme qu'il y avait si tu
[46:46] veux, il y avait une fuite de gaz, on s'en est pas rendu
[46:49] compte, on a un peu de cuisine, on a éteint le feu dans la
[46:51] cuisine, sauf qu'on a soufflé la flamme qui allumait le gaz, donc
[46:56] le gaz au lieu de brûler parce que tant qu'il brûle il se
[46:58] brûle, donc si tu veux il se met pas dans la pièce.
[47:00] Là il s'arrêtait, par contre il continuait à fuir, la pièce
[47:03] était bouillante mais du gaz sortait et s'allumait pas.
[47:06] Tiens, à tout moment ça fait une poche quelque part et on explose
[47:10] et pendant qu'on cherche où est ce qu'elle est, l'arrivée de gaz
[47:12] pour pouvoir la fermer parce que c'était un truc.
[47:16] Pas un squat mais c'était un espèce de petit restaurant qui
[47:19] était improvisé donc c'était pas des des des arrivées standards,
[47:23] on a galéré à trouver et là pendant les 3 4 Min où tu
[47:27] cherches et tu sais qu'y a eu un feu donc c'est tout est chaud,
[47:30] tout est très chaud qu'y a des fumées partout, tu réfléchis, tu
[47:33] tu penses à ta famille, tu dis vite il faut que je le trouve
[47:36] donc ils vont pas me dire Ah mais tu sais tu t'imagines le
[47:38] pire souvent j'imagine le pire sur ces interventions là putain
[47:40] ça y est allez vite je vais exploser quoi, donc ça ça te met
[47:44] un. Et puis quand tu réussis, que
[47:45] t'éteins et tout après, t'as encore une montée d'adrénaline
[47:47] où où t'es content comme si t'avais gagné, comme si t'avais
[47:51] gagné au casino, t'Es contente, t'as une montée de pression et
[47:53] alors que t'as juste fait ton job, mais t'as une satisfaction
[47:57] d'être en vie. Et y a aussi un un autre style
[48:00] d'intervention qui enfin que je trouve compliqué à gérer.
[48:03] Souvent tu t'es dû ma vie. Ben souvent t'interviens avec
[48:06] des gens qui veulent être sauvés, mais par exemple pour
[48:09] une tentative de suicide, c'est des gens qui veulent pas être
[48:11] sauvés. Très compliqué.
[48:12] Et du coup, comment tu gères ça ?
[48:14] Dans les films, t'as des gens qui qui font la négociation,
[48:18] dans la vraie réalité y en a pas, c'est nous.
[48:20] OK, t'as des t'as un docteur qui va venir, t'as des gens, mais
[48:23] c'est c'est nous les premières personnes avec qui on va
[48:26] discuter. Et pour en avoir discuté des
[48:27] fois longtemps avec quelqu'un qui voulait sauter du bastion à
[48:31] Antibes par exemple, c'est la la la dernière que j'ai en tête.
[48:34] C'est très très très compliqué parce que il faut avoir les bons
[48:37] mots, même si on a suivi une petite formation, même si on est
[48:40] un peu psy, tu vois des fois tu le suffit que.
[48:43] C'est c'est très compliqué. Les gens en plus sont très durs
[48:45] et à gérer. Il faut avoir.
[48:48] C'est celui qui se sent le mieux qui va prendre la parole.
[48:51] On est une équipe de 3, des fois de 6.
[48:53] Après t'as un Office, t'as du monde qui vient, mais
[48:54] généralement c'est celui qui se sent le mieux, qui qui a un bon
[48:58] feeling avec. Parce que tu sais souvent avec
[49:00] les personnes, t'as un feeling qui est différent, celui qui a
[49:02] le meilleur feeling, qui prend le dessus sur les autres, qui va
[49:05] discuter avec pour essayer de le ramener à la à la raison.
[49:08] Et d'éviter qu'ils sautent. Je touche du bois à l'heure
[49:10] actuelle je n'ai j'ai jamais vu personne devant moi dans
[49:13] l'instant T sauter suite à une négociation qui aurait mal
[49:16] tournée. Mais bon généralement quand on
[49:19] arrive nous quand ils ont vraiment envie de le faire ils
[49:21] l'ont déjà fait et à ce moment-là bah après tu fais tu
[49:25] fais ton intervention mais mais voilà pas évident et et voilà
[49:31] après ça fait partie de la vie mais mais j'en reviens à notre
[49:33] truc. C'est là qu'on voit qu'il y a un
[49:36] vrai souci chez les gens, c'est que généralement on fait des
[49:38] gens qui peuvent être tranquilles quand tu leur parles
[49:40] et petit à petit qui deviennent pas bien agressifs et ensuite
[49:44] qui essaient de t'agresser. Alors toi t'es là pour les aider
[49:47] et au final tu te retrouves à essayer de maîtriser des gens
[49:50] qui veulent te soit te planter soit te sur des problèmes
[49:54] psychologiques qu'ils peuvent avoir ou sur parce que on les a
[49:57] pas laissé suicider tranquillement.
[49:58] Alors ils s'en prennent à toi, OK ?
[49:59] Tu vois, c'est. C'est c'est pas c'est compliqué
[50:01] à gérer hein ? Quelqu'un qui a envie de mettre
[50:03] fin à ses jours, toi t'arrives pour l'aider, tu lui expliques
[50:05] que t'es là pour l'aider, mais s'il a vraiment envie de mettre
[50:07] fin séjour et que tu viens l'Embêter, tu rentres dans son
[50:09] confort. Toi une fois que t'es là tu peux
[50:11] plus le laisser tout seul donc t'es obligé de de l'emmener pour
[50:14] l'emmener. T'emmènes pas quelqu'un de
[50:15] force, t'es obligé d'avoir d'autres gens forces de l'ordre
[50:17] généralement et tout et ça peut vite tourner, mal tourner.
[50:21] Puis les gens aujourd'hui ils ont des armes, des couteaux, des
[50:23] trucs, donc tu sais pas trop, tu connais jamais vraiment les
[50:25] personnes et ces interventions là fait font aussi très peur,
[50:30] toujours méfiants. Et finalement tu vois, tu
[50:33] connais pas les gens, donc mec il sort tout le monde, il sort
[50:35] un couteau hein, c'est arrivé à à Paris Hein, sur un accident
[50:38] qu'il y a eu y a quelques années où un pompier s'est fait, s'est
[50:41] fait tuer sur un mec qui qui qui voulait simplement être
[50:44] transporté, qui avait des troubles psy.
[50:46] Bon ils connaissaient un petit peu apparemment, à un moment
[50:48] donné ils ont fait un peu moins de négligence parce que le mec
[50:51] il avait l'air calme, sorti un couteau, la planté hein et donc
[50:55] tu vois tout, tout va très vite hein.
[50:56] Les jeunes aujourd'hui ils sont tous, ils sortent en boîte de
[50:58] nuit, moi je suis souvent un type, je te le dis hein, ils
[51:00] sont tous des couteaux. Ouais, nos générations, j'étais
[51:03] loin de tout ça là. Alors aujourd'hui, les jeunes,
[51:06] ils ont tous des couteaux, ils sortent en boîte avec des
[51:08] couteaux de cuisine. Enfin tu vois, on arrive dans un
[51:10] système qui est qui qui fait peur, où les choses évoluent du
[51:15] bon côté sur certains trucs et pas du bon côté sur certaines.
[51:18] Et très compliqué. Finalement ouais, tu vois
[51:21] beaucoup de choses qui sont dures, qui sont tristes parfois.
[51:24] Mais pourtant quand on parle et quand on voit tes vidéos sur les
[51:27] réseaux, tu dégages beaucoup de positivité.
[51:29] Quand ? Comment ?
[51:30] Enfin comment tu fais ça ? Tu, c'est, c'est, c'est le
[51:36] temps. Et puis je pense que je pense
[51:37] qu'on est fait pour ça. Puis on on se crée une carapace,
[51:41] on se crée. Quand quand je suis rentré
[51:44] pompier, je me rappelais de toutes les interventions que je
[51:47] faisais, je rentrais le matin ouah, je racontais, j'ai,
[51:50] j'avais fait 22 interventions, je me rappelais des 22
[51:52] interventions, tu pouvais te les réciter de la première à la
[51:54] dernière. Aujourd'hui, je fais des fois 3
[51:56] interventions la nuit, j'ai oublié ce que j'ai fait.
[52:00] Je me protège, je pense que ton cerveau, ton inconscient, il se
[52:05] protège de tout ça. Donc c'est sûr, quand tu fais
[52:07] des trucs un peu hors du commun, tu vas t'en rappeler, tu vas en
[52:09] parler pendant 3, 4 jours, une semaine et après tu oublies, tu
[52:12] oublies, tu oublies ces interventions parce que tu
[52:15] lâches prise. Puis des fois au début que je
[52:17] suis rentré, j'avais envie, je faisais une quelqu'un qui
[52:20] s'était fait écraser. Le lendemain j'avais envie de
[52:23] prendre des nouvelles, des trucs, savoir est ce que elle
[52:25] s'est sauvée, est ce qu'on a réussi ou pas aujourd'hui,
[52:27] beaucoup moins. Je suis vraiment à 10000% sur
[52:30] l'intervention où je travaille vraiment pro le matin sur
[52:34] certains trucs j'ai envie de savoir mais mais je lâche
[52:37] l'intervention. J'essaie vraiment de couper ça
[52:40] parce que je sais que ça peut t'empoisonner et ça peut prendre
[52:44] le dessus sur plein de choses et voilà ma carrière elle est
[52:46] encore longue je l'espère. Voilà j'ai pas envie de
[52:50] m'écoeurer sur ça et après bloquer sur certains trucs et et
[52:53] me faire peur. Après c'est sûr que je vois plus
[52:55] la mort pareil, je vois plus la vie pareille.
[52:59] Que ça m'a. Ça m'a transformé sur certains
[53:03] trucs forcément. Mais c'est le métier qui veut
[53:07] ça. Et je te dis cette cette preuve,
[53:08] tous les mecs qui sont pompiers comme moi je pense te dire la
[53:11] même chose. On on on oublie.
[53:15] Ouais, notre cerveau il zappe. Je je me suis toujours demandé,
[53:18] ouais justement, quand vous vous intervenez, si vous savez enfin
[53:21] vous y a pas de suivi, vous savez jamais si les personnes y.
[53:23] C'est c'est c'est ce que je on, on peut avoir un suivi si on
[53:27] veut. Aujourd'hui on va dans ce
[53:28] sens-là où beaucoup on essaie de vraiment de mettre en place,
[53:31] même si ça reste encore pas comme ça devrait être.
[53:33] Mais on essaie vraiment d'avoir un suivi psy sur les pompiers où
[53:37] de temps en temps y a des gens qui qui viennent nous voir pour
[53:39] essayer de parler, pour voir si y a quelque chose.
[53:41] Après on on se fait notre notre, notre consultation tous ensemble
[53:47] ou en racontant un peu nos internes.
[53:48] On décharge, on on rigole de trucs qui peuvent être pas trop
[53:52] marrants mais des fois on arrive à rigoler pour en fait pour
[53:55] décompresser. Pour lâcher, pour lâcher prise,
[53:57] pour ça on en a besoin donc on fait vraiment notre consultation
[54:01] Psy tous ensemble en parlant entre pompiers quand on est à la
[54:04] caserne et à la maison, on va, on va, on va pas mêler la moi en
[54:09] tout cas je le fais pas du tout, je mets pas ma famille dans ce
[54:11] que je fais, j'en dis le moins possible, je leur dis pas les
[54:14] trucs qui font très peur parce que je protège de tout ça et et
[54:18] c'est comme ça que je me sens bien et comme ça j'en parle pas
[54:20] plus et je je rabâche pas les choses pendant pendant 1000 ans.
[54:24] Du coup je ferai de ta positivité dans tes vidéos déjà
[54:27] à quel moment t'as t'as commencé à partager des choses sur sur
[54:30] Internet ? Ça fait longtemps.
[54:33] Naissance de mon ouais ça doit faire 8 ans en 2016, naissance
[54:36] de mon fils, pas pareil, ça c'est encore, c'est l'histoire
[54:39] de ma vie encore j'étais loin des réseaux, mais loin hein.
[54:41] 2016 je, je savais à peine mettre une photo sur Facebook,
[54:45] je partais en vacances avec avec mon ex femme.
[54:47] À l'époque je je postais mes je, je mettais une publication sur
[54:51] Facebook, j'envoyais. 200 photos de vacances en même temps et
[54:54] c'était plus pour faire profiter la famille qui me suivait un peu
[54:56] partout que j'ai que pour essayer de faire du Buzz, faire
[55:01] des réseaux, faire un contact. Et à un moment donné j'ai un
[55:05] pote à moi, un collègue à moi de la caserne qui m'a dit Ah tu
[55:06] devrais te mettre sur insta, toi qui vend en plus qui est coach
[55:08] de fitness, Instagram c'est bien, tu y a plein de trucs pour
[55:11] le sport, il donne plein de conseils, c'est c'est top et
[55:14] tout. Je lui dis Ah ouais écoute Ben
[55:15] écoute ça tombe bien mon Facebook il bug à l'époque il
[55:17] buggait j'arrivais pas à bien aller dessus, je lui dis vas y
[55:19] bah crée moi un compte je lui ai donné mon téléphone.
[55:21] Crée moi un compte. C'était à l'époque où la saison
[55:25] première saison de Vikings sortait ragnar ces 2 là où il
[55:30] est sorti un petit peu hein. Moi j'ai mon grand-père qui
[55:33] calabrique les yeux blancs, on l'appelait un peu le Viking
[55:36] Viking. Donc j'ai mis ragnar, Rémy,
[55:37] ragnar et j'ai créé mon mon compte insta comme ça.
[55:42] Et au bout d'une semaine que j'avais créé le compte, il est
[55:45] mon pote, vient boire, il me dit Oh t'as vu peut être 10000
[55:47] abonnés. Une semaine ?
[55:48] Non, une semaine. J'ai dit t'as 10000 abonnés sur
[55:51] insta c'est j'ai dit Ah ouais tout c'est beaucoup et tout.
[55:54] Et là je commence à avoir un premier sponsor qui vient me
[55:56] voir, un marque de compléments alimentaires ou à l'époque pour
[55:59] me demander des trucs. Et j'ai vu qu'il y avait un réel
[56:00] potentiel à faire sur sur de la communication, sur du bien être,
[56:04] sur des trucs. Et au début je lui ai lancé un
[56:06] truc un peu sur le sport donc j'étais ce qui a fait que ça a
[56:10] marché. Je te le dis cash hein, j'étais
[56:12] jeune papa donc pompier. Et je passais bien physiquement,
[56:19] j'avais, voilà, j'étais costaud, un peu musclé, fitness donc
[56:22] musclé et une bonne gueule barbu.
[56:24] C'était à YAYAYAYA, 16 ans, c'était à la mode, y avait pas
[56:27] beaucoup de gens qui portaient la barbe, j'avais déjà la barbe
[56:29] et donc tout. J'ai coché un peu toutes ces
[56:32] cases là et ça a fait que ça, que ça a marché, que moi j'ai pu
[56:35] partager ma ma, ma positivité, ma positivité, ma positivité.
[56:44] Correctement transmettre ma motivation que j'ai essayé de
[56:46] motiver les gens au quotidien parce que ça me fait plaisir.
[56:51] Faire mon métier de coach sportif en plus, montrer que le
[56:54] métier de pompier c'est un super métier et que ça demande de
[56:57] l'entraînement. Et puis en partager tout, tout,
[56:58] toutes ces choses là avec les gens.
[56:59] J'ai eu plein de messages positifs derrière et j'ai créé
[57:03] et j'ai créé mon mon mon truc à partir de tout ça et et
[57:09] aujourd'hui ça marche bien et tant mieux.
[57:11] Comment t'arrives à équilibrer ton travail pompier et les
[57:14] réseaux ? Parce que moi tu vois, quand
[57:15] j'étais basketteur c'était dur de de faire les vidéos et le
[57:18] basket en même temps. Et surtout que toi Bah Ouais,
[57:21] c'est très prenant comme métier. C'est très prenant mais ça me
[57:24] laisse du temps. Et comme je t'ai dit, t'as vu ?
[57:25] J'arrive à à à bien jongler parce que toutes les casquettes
[57:29] collent bien. Après c'est sur tout ce qui est
[57:31] montage de vidéos, créations et tout.
[57:32] Aujourd'hui j'ai j'ai des gens qui travaillent avec moi pour
[57:35] m'aider dans tout ça. Je me suis entouré de de mes, de
[57:38] certains amis qui travaillent aujourd'hui avec moi.
[57:40] De de gens qui bossent pour moi pour m'aider à m'alléger et pour
[57:44] que ce soit pas une galère. L'objectif c'est que je galère
[57:48] pas, c'est que je kiffe tout ce que je fais parce que j'aime
[57:50] vraiment ce que je fais et que et que ça tourne comme ça.
[57:54] Donc j'arrive à bien jongler parce que j'arrive à déléguer
[57:57] les bonnes choses au bon moment et surtout que je fais que des
[58:00] trucs qui me plaît quand on propose des des trucs qui me
[58:03] plaisent pas ou des trucs, je je dis non et je fais pas.
[58:06] Je fais que si ça me plaît, que ça m'intéresse.
[58:08] Et au moins le travail que je fais, je le je le prends pas
[58:10] comme du travail et c'est des choses que je fais tout seul.
[58:13] OK, au lieu de passer 5 h à scroller des vidéos, je vais
[58:16] passer 4 h à faire ma vidéo, à monter les trucs, à retoucher
[58:19] des trucs et et voilà. Donc je passe moins de temps à
[58:21] regarder les autres, je passe moins de temps à répondre à
[58:23] certaines personnes mais je passe plus de temps à à kiffer
[58:26] ce que je fais. Ouais.
[58:28] Là je dis toujours que c'est important sur les autres d'être
[58:30] créateur et pas consommateur. Et y a aussi une autre chose que
[58:33] je pense qu'on a peut être partagée, c'est que quand j'ai
[58:36] commencé mes vidéos. Dans le vestiaire, tu vois,
[58:38] c'était super mal vu. Y a des coachs qui me disaient
[58:41] que j'étais nul parce que je faisais des vidéos, des
[58:43] coquilles qui se moquaient de moi et les pompiers.
[58:45] Je vois ça comme un milieu comme assez conservateur.
[58:48] Est ce que t'as galéré ça aussi ?
[58:50] Ah oui non mais je je tu peux pas t'imaginer le le nombre de
[58:55] je sais pas si je peux appeler ça de la jalousie parce que les
[58:56] gens ils savent pas mais le mais c'est un petit peu toi les les
[58:59] coachs que t'avais c'est un peu pareil je pense.
[59:01] C'est c'est exactement un peu pareil.
[59:02] Je veux dire au début on on m'a pointé du doigt.
[59:05] On m'a pointé du doigt, on m'a dit mais qu'est ce qu'il fait ce
[59:08] charlot ? Il fait le peintre en uniforme,
[59:09] il fait le il se prend pour une star et il montre l'uniforme
[59:12] comme ça c'est c'est un kéké, il veut faire le beau, il fait
[59:14] juste ça pour faire le beau. On m'a mis cette casquette
[59:17] rapidement qui s'est un peu enlevé par la suite parce que je
[59:20] partageais plein de choses et qu'au contraire je pouvais
[59:21] apporter plein de choses au service, à notre métier.
[59:25] À j'étais dans l'air du temps en fait donc, et j'ai j'ai perdu je
[59:31] pense beaucoup d'amis à moi. OK.
[59:33] Bah au début quand tu le fais, que ça marche pas, ils sont
[59:36] contents quand ça marche, tu vois le vrai visage de certaines
[59:39] personnes, c'est comme demain tu je prends toujours cet exemple,
[59:42] mais tu gagnes à l'euro 1000000, tu as des gens qui vont, qui
[59:45] vont, qui vont, tu vois qui vont t'insulter parce que tu as gagné
[59:47] presque tu vois, là c'est c'est pas pareil mais mais mais dans
[59:50] le délire, le fond reste le même, c'est à dire que les gens
[59:52] quand ils ont vu, commencé à avoir de la notoriété, des trucs
[59:55] qui se sont reculés, ou alors ils ont commencé à parler dans
[59:57] mon dos et tout ça à un moment donné.
[59:59] Métier de pompier, ça se sait vite et voilà.
[1:00:01] Moi j'ai créé beaucoup, beaucoup de jalousie.
[1:00:04] Dans mon job surtout au départ, mais ça m'a jamais touché au
[1:00:09] contraire. Au contraire, je pense que si tu
[1:00:12] as de la jalousie, si tu as des gens qui te détestent, c'est que
[1:00:17] tu as réussi. Tu peux tu peux pas réussir sans
[1:00:21] avoir cette partie. C'est à dire que si on est
[1:00:24] jaloux de toi c'est qu'au fond au fond de toi on rêve un peu de
[1:00:28] ce que tu as et moi comme c'est que les réseaux, des trucs comme
[1:00:29] ça. Donc au fond de moi il y a plein
[1:00:30] de gens qui auraient aimé faire ce que je fais mais qui l'ont
[1:00:31] pas fait. Et vu que moi je l'ai fait, que
[1:00:34] ils l'ont pas fait, Ben et qu'est ce que tu fais ?
[1:00:35] Tu, tu, tu, tu, tu, tu parles un peu dans le dos, tu fais des
[1:00:38] trucs, tu essaies de de tailler, de casser comme tu peux et et
[1:00:42] voilà. Et puis les les gens qui
[1:00:44] t'aiment pas essaieront de faire beaucoup plus de bruit que les
[1:00:46] gens qui t'aiment. Moi les tous les jours je reçois
[1:00:48] des milliers de messages privés de gens, pas de milliers mais
[1:00:52] mais pas loin je pense de gens qui qui aiment ce que je fais et
[1:00:55] de temps en temps y en a 2 3 qui m'aiment, tu as 2 3, mais y a
[1:00:58] une centaine peut être qui m'aiment pas.
[1:01:00] Qui vont essayer de faire du bruit en essayant de faire des
[1:01:02] Buzz sur des trucs. Mais bon c'était beaucoup,
[1:01:04] surtout au début quand je commençais vraiment à être connu
[1:01:07] mais sans autant aujourd'hui maintenant et le problème c'est
[1:01:09] qu'il y a beaucoup de gens qui se font ma police pour moi et
[1:01:13] aujourd'hui j'ai réussi si tu veux à vu que j'ai vraiment
[1:01:16] beaucoup de monde maintenant à à sortir un peu de tout ça parce
[1:01:18] que je suis on va dire un peu reconnu et et ça change tout, ça
[1:01:25] change tout parce que voilà je sais ce qui est bon et peut être
[1:01:28] au début aussi je me perdais sur certains trucs.
[1:01:30] Aujourd'hui y a plein de choses que je peux plus faire, peux pas
[1:01:32] mettre une Story comme si j'étais pas connu.
[1:01:34] Je sais que chaque message que je vais donner ça va être vu par
[1:01:36] beaucoup de gens et y aura forcément une répercussion
[1:01:39] derrière. Donc je suis obligé de me de me
[1:01:41] censurer sur certains trucs, ce qui est logique.
[1:01:45] Mais après après dans le fond je reste toujours pareil.
[1:01:49] Puis j'ai beaucoup moins de méchanceté que ce que j'ai eu.
[1:01:51] Toi je pense que toi ça doit être pareil.
[1:01:53] Ça va moi en vrai sur le réseau, j'ai jamais eu de problème.
[1:01:55] C'était plus à l'extérieur au final, mais maintenant c'est.
[1:01:58] Tout va bien, tout va bien. Ouais Ben voilà c'est pareil.
[1:02:00] Oui oui non sur les réseaux, mais je te dis les réseaux.
[1:02:02] L'avantage c'est qu'il y a quand même beaucoup de gens qui nous
[1:02:04] aiment, ils font la police directe pour nous protéger et et
[1:02:07] voilà. Non moi Ah dans dans le milieu
[1:02:10] des pompiers ça a été j'ai fait le tri rapidement et je passe à
[1:02:13] côté de ceux qui m'aiment pas. Dans tous les cas c'est ça
[1:02:15] t'apporte rien. Donc j'imagine que les réseaux
[1:02:17] t'as aussi su en faire une source de revenus parce que un
[1:02:19] un pompier en moyenne, ça gagne combien ?
[1:02:21] À peu près tu peux le dire ou pas ?
[1:02:23] Ouais, moi je peux te le dire alors alors pareil, chaque.
[1:02:27] Un pompier de Paris c'est différent, eux ils font partie
[1:02:29] du corps militaire. Nous on est fonctionnaires, le
[1:02:32] grade que t'as et le département où t'es c'est différent.
[1:02:35] Donc un pompier qui est qui est à Lyon ne gagne pas pareil qu'un
[1:02:39] pompier qui est à Nice. Donc par exemple, d'accord, moi
[1:02:41] aujourd'hui je suis sergent chef, je gagne 2500€ net par
[1:02:48] mois. Est ce que je pense que les
[1:02:49] pompiers ils sont suffisamment rémunérés ?
[1:02:54] Non, je pense que. Pour le métier qu'on fait, pour
[1:02:57] les risques qu'on prendrait réellement et pour ce qu'on
[1:03:00] fait. Non je te parle de moi dans ma
[1:03:03] caserne. Après c'est sûr que peut être il
[1:03:06] y a des pompiers qui touchent que touchent, qui sont des plus
[1:03:08] petites casernes et qui font 40 interventions par an et qui
[1:03:12] touchent le même salaire que moi voire plus.
[1:03:14] Peut être là c'est là où après ils sont dans un truc un peu
[1:03:19] compliqué mais c'est peut être là où le où la différence.
[1:03:22] Je pense que nous dans les grands centres.
[1:03:24] On prend beaucoup de risques, on fait beaucoup d'interventions,
[1:03:26] on devrait peut être avoir une prime supplémentaire pour ça.
[1:03:29] Après c'est pas à moi de prendre tout mais pour moi je pense
[1:03:30] qu'on a un métier où on devrait quand même toucher un petit peu
[1:03:33] plus. Après nous dans département du 0
[1:03:35] 6 on est quand même pas mal par rapport à certains départements
[1:03:38] en France je pense par rapport à ce que j'ai comme message hein.
[1:03:42] Je te dis ça parce que des fois j'ai des messages sur sur les
[1:03:44] réseaux qui me reviennent dessus.
[1:03:45] Après je je sais pas trop mais c'est sûr que demain on propose
[1:03:48] de gagner plus tu c'est dur de dire un.
[1:03:50] An ouais, moi je suis d'accord. Je pense que.
[1:03:52] Enfin. De ce que je j'essaie, de ce
[1:03:55] dont tu m'as parlé aujourd'hui, je trouve que voilà quoi.
[1:03:57] C'est un métier qui a un impact sur tellement de choses que ça
[1:04:00] sera important de le réponcer assez juste valeur. 2000, Ouais,
[1:04:03] je suis à 13 ans, 13 ans de carrière et je suis à 2500€ net.
[1:04:08] OK, et maintenant est ce qu'on peut parler d'autre chose ?
[1:04:11] Un sujet qui m'intéresse beaucoup et qui t'intéresse
[1:04:13] beaucoup, c'est la santé. Ouais, du coup j'imagine que
[1:04:17] avec ton rythme et cetera, il faut que tu t'imposes une
[1:04:19] routine et quand même certaines restrictions.
[1:04:21] Enfin restrictions c'est pas le mot, J'aime pas ce mot.
[1:04:24] Le le sport c'est une bonne chose, ça donne mais ton
[1:04:30] carburant c'est ton alimentation, c'est ta santé.
[1:04:33] Si tu es en bonne santé tu vas pouvoir faire du sport.
[1:04:35] Si tu es en mauvaise santé tu vas pas pouvoir faire du sport,
[1:04:37] tu vas pas pouvoir faire ton métier de pompier donc la santé
[1:04:39] c'est hyper important et. Pour être en bonne santé à
[1:04:43] l'heure d'aujourd'hui il faut bouger, faut bien manger donc
[1:04:45] effectivement je mange bien. Bon moi après en tant que
[1:04:47] préparateur physique, je sais quoi faire, je sais comment
[1:04:51] manger, je sais entre guillemets ce qu'il faut pour être bien et
[1:04:56] je sais qu'il faut aussi faire la fête, mal manger pour se
[1:04:58] sentir bien mentalement et pour être en bonne santé parce que ça
[1:05:01] fait partie de ta santé aussi. Avoir le sourire tous les matins
[1:05:03] et plutôt que pleurer au fond de ton lit, tu auras envie de faire
[1:05:06] plus de trucs. Donc il faut avoir un équilibre,
[1:05:08] trouver un bon équilibre. Moi quand j'étais plus jeune,
[1:05:11] j'ai tenté plein de régimes, plein de trucs pour pouvoir
[1:05:12] avoir des physiques de ouf, des trucs de ouf.
[1:05:14] Et à l'heure d'aujourd'hui, je sais que le bon choix c'est
[1:05:16] d'avoir un un bon équilibre de vie.
[1:05:18] C'est comme ça que je travaille dans mes coachings.
[1:05:20] C'est comme ça que j'aide des des des milliers de personnes à
[1:05:22] être en bonne santé, à se sentir bien dans leur corps, bien dans
[1:05:26] leur, dans leur corps, physiquement et esthétiquement.
[1:05:32] Et on a besoin de cette santé pour vivre longtemps.
[1:05:37] Et pour ça, on est obligé de faire attention et d'avoir, si
[1:05:40] tu veux, une bonne hygiène de vie dans l'ensemble de de
[1:05:43] l'année. Ouais et mais je trouve ça
[1:05:45] marrant que t'aides les gens en tant que pompier.
[1:05:47] Mais tu les aides aussi en tant que coach c'est c'est lié tu
[1:05:51] vois c'est c'est marrant. Non mais c'est c'est clair,
[1:05:53] c'est c'est carrément ça hein. J'ai j'ai aujourd'hui j'ai ça
[1:05:56] fait plus de 15 ans que je fais préparateur physique.
[1:06:00] Franchement, j'ai, j'ai transformé, vraiment et j'ai
[1:06:02] changé de vie. Vraiment des milliers de
[1:06:04] personnes et je peux te le dire parce que j'ai.
[1:06:06] J'ai les statistiques et surtout les retours des gens.
[1:06:09] Quelqu'un qui était pas bien dans leur, dans, dans dans sa
[1:06:11] peau, pas bien avec les gens, qui apprend à avoir une
[1:06:18] assurance, je les aide à avoir une assurance.
[1:06:21] Parce que quand tu te sens bien, quand tu te regardes dans la
[1:06:22] glace et que tu kiffes la personne que tu es devenu, bah
[1:06:25] déjà tu as une satisfaction personnelle, tu es fier de ce
[1:06:28] que tu as fait. Et puis quand les gens te
[1:06:30] partagent ça, bah ça donne de la confiance en soi et tu vas plus
[1:06:33] facilement aller soit voir les filles, soit enfin.
[1:06:36] Je te parle de ça pour pour un bien être au quotidien.
[1:06:38] Mais voilà, j'ai plein de de de de monde qui ont eu un qui ont
[1:06:42] eu du du bon sur leur, sur leur, sur leur vie grâce à grâce à la
[1:06:46] prépa que je leur ai faite. Mais du coup, vu que tu as vu
[1:06:48] plein de plein de personnes qui ont qui ont traversé ce ce
[1:06:53] processus pour toi, les gens qui ont réussi leur transformation
[1:06:58] physique, ils ont quoi en commun ?
[1:06:59] Qu'est ce qui fait que les gens ils arrivent à aller au bout de
[1:07:01] leur objectif ? Tu vois le mental.
[1:07:04] Ils ont une forte, ils ont envie.
[1:07:05] C'est comme quelqu'un qui veut arrêter de fumer tous les lundis
[1:07:08] il dit j'arrête de fumer, je te prends de mon je vais parler de
[1:07:10] mon père mais mentalement il il est pas prêt.
[1:07:14] Il faut être vraiment prêt et avoir un objectif.
[1:07:18] Si tu dis ouais écoute, je veux juste perdre du poids pour, il
[1:07:23] faut te donner un objectif. Voilà, si c'est pour ta santé,
[1:07:25] si c'est pour vivre plus longtemps, si c'est pour faire
[1:07:27] un un marathon, si c'est pour. Pour pour être bien l'été quand
[1:07:31] on te regarde à la plage, si c'est pour être bien dans ton
[1:07:33] quotidien, si c'est pour être bien quand tu vas marcher pour
[1:07:36] aller au travail, quand tu vas te balader le dimanche en
[1:07:38] famille avec tes enfants pour pas être au bout de 5 Min pour
[1:07:41] et je pense qu'il faut avoir un vrai déclic, une vraie envie et
[1:07:44] après tu prends goût à ce que tu deviens.
[1:07:48] Et après pour rester c'est c'est c'est hyper facile mais ils ont
[1:07:51] déjà un un déclic de vraiment avoir Envie de changer eux.
[1:07:55] Pas quelqu'un qui leur dit tiens fais le coaching là tu verras tu
[1:07:57] vas devenir au top au bout de 3. Et réellement ils ont pas
[1:08:00] vraiment envie, ils se mettent le soir devant la télé, ils
[1:08:01] mangent 4 sneakers de trucs et quand il faut aller au sport il
[1:08:05] dit Oh faut sort j'ai de la flemme et j'y vais pas.
[1:08:07] Voilà ça c'est sûr que ces gens-là ils vont-ils vont pas
[1:08:11] réussir tout de suite. Donc moi je serai là en tant que
[1:08:13] coach pour essayer de les motiver, leur donner, leur
[1:08:15] trouver un objectif pour qu'ils réussissent à à se dépasser
[1:08:18] parce que c'est hyper important. Mais mais voilà, il faut qu'ils
[1:08:21] ont un déclic mental obligatoire.
[1:08:23] C'est quoi l'aliment sain et l'aliment pas sain du tout ?
[1:08:26] Que tu manges le plus ? Les 2 genre tes préférés c'est
[1:08:30] quoi ton aliment sain préféré ? Déjà les œufs, les œufs OK et
[1:08:36] pas œufs et. Pas sain, un tiramisu.
[1:08:44] C'est pas tellement un aliment, mais.
[1:08:46] On va dire on va dire le plat. Après pour moi y a y a pas
[1:08:50] réellement, c'est pour ça que beaucoup de gens dire ça y a pas
[1:08:53] réellement d'aliments sains et pas sains, faut juste avoir
[1:08:56] l'équilibre. Tu vois quelqu'un qui boit du
[1:08:58] bouteille de whisky par jour-là et c'est pas bon ?
[1:08:59] Quelqu'un qui boit une petite gorgée de whisky tous les jours
[1:09:02] c'est pas grave, tu vois ce que tu veux dire ?
[1:09:04] Et quelqu'un qui va manger un petit sneakers temps en temps et
[1:09:07] un qui va manger 10 sneakers par jour c'est c'est c'est l'abus
[1:09:10] qui fait que le l'aliment ne devient pas sain.
[1:09:12] Quelqu'un qui mange, je te dis une bêtise, mais quelqu'un qui
[1:09:15] veut perdre du poids, qui mange un kilo de saumon et 40 avocats
[1:09:19] et des graines de chia et du beurre de cacahuète pour la
[1:09:22] santé c'est très bon. Mais au niveau calorique, s'ils
[1:09:25] vont exploser leur rapport calories, c'est comme si vous
[1:09:27] allez manger McDo. Tu vois ce que je veux dire ?
[1:09:29] C'est devenu vachement à la mode de dire que les aliments sont
[1:09:31] bons pour la santé et que les aliments sont mauvais pour la
[1:09:33] santé. Après je te parle pas de de
[1:09:35] toute, de tout ce qui rajoute des additifs, des choses comme
[1:09:37] ça, ça c'est sûr, mais je te parle en termes d'aliments purs.
[1:09:41] Il y a pas vraiment de truc sain et pas ça hein, c'est simplement
[1:09:45] avoir le bon équilibre. Mais du coup tu penses que les
[1:09:48] gens qui arrivent pas à cet équilibre et qui ont du coup pas
[1:09:51] cette mentalité pour aller au bout de leur objectif, c'est
[1:09:55] c'est d'où ça vient ? Tu penses que de nos jours les
[1:09:57] gens ils ils ont une mentalité plus faible ?
[1:10:00] Non, je pense que des fois ils veulent au contraire je pense
[1:10:02] que des fois ils se donnent-ils veulent aller trop vite.
[1:10:05] Donc ils ils passent d'un tout où ils mangent n'importe quoi à
[1:10:08] d'un coup où ils mangent strict. Comme quelqu'un qui fait un
[1:10:11] régime, tu vois il d'un tour hein ?
[1:10:13] Il faut y aller progressivement, faut avoir un juste milieu et un
[1:10:17] bon équilibre, ça prend du temps mais ce temps fait que tu fais
[1:10:22] bien les choses, faut pas aller trop vite.
[1:10:24] Je pense qu'aujourd'hui les gens ils je t'ai dit ils passent d'un
[1:10:26] extrême à l'autre et voilà. Passer de manger un plat de
[1:10:29] pâtes tous les soirs à manger de la salade verte tous les jours,
[1:10:32] Ben ils vont le faire pendant un mois, 2 mois et à un moment ils
[1:10:34] explosent. Tu craques mentalement déjà t'es
[1:10:36] pas heureux. Et et ensuite c'est quand tu
[1:10:41] lâches, tu lâches prise et tu et tu reprends encore pire parce
[1:10:44] que tu vas manger encore plus et ton corps il va rien comprendre.
[1:10:46] Donc c'était fait yoyo et aujourd'hui le système il est
[1:10:49] que tu peux manger de la malbouffe pour pas très cher
[1:10:51] facilement, et ça aussi ça y ça y joue, mais des fois je vais,
[1:10:54] je regarde, je regarde les gens qui font les courses, un jour tu
[1:10:56] vas à Carrefour ou enfin un peu donner une marque, mais tu vas
[1:10:59] faire tes courses parce que nous aussi on a ça et tu vois les
[1:11:01] chaleux des gens. Tiens tu dis, t'as tout ce que
[1:11:04] je vois sur les réseaux, moi de sport, de trucs, de machin.
[1:11:07] Comment tu peux avoir des caddies comme ça ou donner ça à
[1:11:09] tes enfants alors que tu sais que qu'y a qu'y a beaucoup mieux
[1:11:13] à côté quoi. C'est ça qui est facilement qui
[1:11:17] est ouais, qui est facile parce que c'est facile d'acheter
[1:11:19] n'importe quoi, des fois c'est pas cher et et voilà.
[1:11:23] Mais c'est vrai que quand je vois des fois les les les les
[1:11:24] les les chariots des gens, je me dis ouais y a un truc qui va
[1:11:27] pas. Du coup voilà, on a parlé de
[1:11:29] beaucoup de choses, mais j'aimerais bien savoir
[1:11:32] maintenant c'est quoi ton rêve ? Ah peut être si si.
[1:11:37] Mais je vais mon rêve, c'est à je vais parler de rêve réaliste
[1:11:41] et à court. Je veux pas dire d'être
[1:11:43] milliardaire, c'est de mon mon plus grand rêve que j'ai là
[1:11:46] c'est de faire un un gros repas de famille dans ma maison que je
[1:11:52] suis en train de construire avec ma famille et que les gens ils
[1:11:57] disent putain on. Est bien là.
[1:11:59] Tu tu vois ce que je veux dire ? C'est un truc hyper simple.
[1:12:02] Mais voilà, je suis dans voilà pouvoir vivre en famille sur
[1:12:06] mon. Chez moi.
[1:12:07] Enfin je sais pas, j'ai un. C'est un petit rêve réalisable
[1:12:10] que je suis en train de réaliser petit à petit et et voilà, j'ai
[1:12:13] hâte de vivre ce moment. OK voilà.
[1:12:16] Et du coup je te repose la question, t'as plus forcément
[1:12:21] besoin d'être pompier encore pour ta stabilité financière,
[1:12:24] qu'est ce qui te pousse à continuer ?
[1:12:28] Tout ce que je viens de te dire, cette cette passion, c'est.
[1:12:34] C'est comme aller jouer au paddle, c'est comme aller faire
[1:12:39] un un tournoi de foot avec tes potes ou un tournoi de basket
[1:12:42] avec tes potes. Moi je vais à la caserne, j'ai
[1:12:45] la même envie. C'est c'est dur ailleurs parce
[1:12:48] que y en AY en a ils qui peuvent y aller en marche arrière.
[1:12:51] Mais je vais voir mes potes rigoler, sortir de ma vie
[1:12:56] habituelle, aller dans un cocon qui peut être dur, qui peut être
[1:13:00] difficile, qui peut être. Mais un cocon c'est génial.
[1:13:04] C'est génial pour l'instant j'ai pas du tout envie d'en sortir,
[1:13:06] au contraire j'ai envie de de transmettre ça et de partager
[1:13:09] encore mon métier avec tout ce qui me reste à vivre.
[1:13:12] Je te dis pas que je finirai pompier parce que peut être
[1:13:14] qu'un jour physiquement j'aurai plus la même envie, j'aurai plus
[1:13:17] le même cœur et peut être que voilà.
[1:13:20] L'avantage c'est que ce ce que j'ai créé à côté me donne une
[1:13:24] porte de sortie plus facilement que certains.
[1:13:27] Mais à l'heure d'aujourd'hui je me vois, je me vois pas du tout
[1:13:30] arrêter les pompiers et j'en ai. Pas du tout l'envie, bien au
[1:13:33] contraire. Ma carrière, elle est encore
[1:13:35] longue, j'ai encore plein de choses à vivre, surtout dans les
[1:13:37] responsabilités et les décisions qui me restent à prendre.
[1:13:39] Y a plein de choses que je que je ne fais pas encore à l'heure
[1:13:42] actuelle, que j'espère faire dans pas longtemps hein, tu
[1:13:45] vois, j'attends un un grade d'adjudant adjudant, c'est à
[1:13:48] dire que je vais pouvoir devenir le chef de ceux qui partent au
[1:13:50] feu. Génial là pour l'instant je,
[1:13:53] c'est moi qui éteint le feu, là demain c'est moi qui vais
[1:13:55] prendre décision, à qui j'envoie, qui j'envoie pas et
[1:13:58] d'autres responsabilités, et voilà, j'arrive à.
[1:14:01] Bientôt 40 ans, je pense que voilà, j'ai envie de vivre,
[1:14:04] vivre ces choses différemment et et au contraire.
[1:14:07] Donc vraiment mon métier de pompier pour l'instant c'est
[1:14:10] c'est un truc que j'aime, que j'ai pas envie de lâcher de.
[1:14:12] Toute façon, je me dis, Si t'as continué ce métier après ta
[1:14:15] toute première intervention dont tu m'as parlé hors caméra, je
[1:14:19] pense que tu pourras continuer. Tu peux raconter d'ailleurs pour
[1:14:20] les gens parce que. Première intervention que je
[1:14:23] fais dans ma vie, donc c'est une personne qui s'est suicidée sous
[1:14:27] un sous un train. Donc j'arrive, je viens de finir
[1:14:30] ma formation, je connais, faut bien faut bien se mettre que je
[1:14:32] connais rien des pompiers, c'est à dire que je suis rentré
[1:14:34] pompier professionnel, j'ai pas été jeune sapeur pompier, j'ai
[1:14:38] pas été pompier volontaire donc je connaissais absolument rien
[1:14:41] donc je c'est comme vous qui Regardez la vidéo, voilà vous
[1:14:45] faites une formation, on vous apprend des choses.
[1:14:48] Première, vous faites quelqu'un qui se jette sous un train et on
[1:14:51] me demande de ramasser un pied, de le mettre dans un sac.
[1:14:53] Première intervention, je prends un pied, je le mets dans un sac
[1:14:57] et là je me dis bien ça part fort.
[1:14:59] Alors ? Et tu fais un corps, c'est c'est
[1:15:00] ça qui est fort. Voilà quand tu étais jeune
[1:15:04] pompier, que tu partais en intervention dangereuse mais que
[1:15:07] tu avais pas d'enfants, que tu avais pas tous ces gens derrière
[1:15:10] toi, est ce que tu avais moins peur du risque que maintenant ?
[1:15:13] Est ce que maintenant tu as le plus peur de tout perdre ?
[1:15:15] Voilà, rien à voir. Enfin c'est une je, c'est une
[1:15:20] autre, une autre vie. Avoir des enfants, c'est une
[1:15:24] autre vie. Tu oublies la vie que tu avais
[1:15:25] avant. Vraiment.
[1:15:27] Tu verras le jour où tu auras des gosses, tu te rappelleras
[1:15:28] cette phrase, t'oublies la vie que tu avais avant.
[1:15:30] Mais vraiment. Et pareil pour mon métier, pas
[1:15:35] seulement sur ce que je pense quand je vais en intervention et
[1:15:38] même sur ce que je fais. Ou c'est sûr que là là, dès que
[1:15:43] je fais un truc de gaz de n'importe une intervention où je
[1:15:46] sais que ça va être chaud, où je fais une ouverture de porte, je
[1:15:48] sais pas la personne comment elle est derrière, si elle est
[1:15:49] armée par armée. Je pense à mes gosses tout le
[1:15:51] temps, tout le temps, tout le temps, tout le temps.
[1:15:53] Mais c'est pareil dans tout ce que je fais hors pompier.
[1:15:56] Dès que tu prends une décision, est ce que je dois construire un
[1:15:58] truc ? Est ce que je fais ça ?
[1:15:59] Tu penses à tes enfants, à ce que tu vas laisser derrière et
[1:16:02] surtout à ce qu'ils auront plus s'ils t'ont plu.
[1:16:04] Donc tu vois, je te dis une bêtise, mais à l'époque j'aimais
[1:16:06] sauter, je te parlais même plus de pompiers, mais j'avais
[1:16:08] j'aimais sauter à la mer de de 20 M 15 M 10 M, j'adorais ça.
[1:16:14] Aujourd'hui je le fais beaucoup moins et je prends beaucoup plus
[1:16:17] de précautions que ce que je faisais alors quand j'avais pas
[1:16:19] de gosses et sur mes décisions de pompiers pareil mais mais ça
[1:16:23] m'empêche pas de. De de le faire quand même
[1:16:26] prendre des risques pour vous, ça fait partie de ce qui me
[1:16:30] plaît et je le fais demain. On a besoin d'aller sauver
[1:16:33] quelqu'un qui est en train de se noyer ou ou qui est dans les
[1:16:36] flammes et il faut y aller. Je vais pas dire non non j'ai
[1:16:38] mes enfants, j'y vais pas, je vais penser à mes enfants pour
[1:16:41] me donner encore plus d'énergie et je vais y aller avec encore
[1:16:44] plus d'énergie parce que je sais que je dois revenir, je dois
[1:16:46] revenir pas pour moi, je dois revenir pour eux et ça ça te
[1:16:49] donne une force en plus. Par contre, c'est sûr que quand
[1:16:52] tu fais des interventions qui touchent ces enfants.
[1:16:55] À une époque où j'étais plus jeune, ça me touchait, mais
[1:16:58] j'avais plus de sensibilité sur des gens qui avaient mon âge.
[1:17:02] Par exemple, quand je faisais des des mecs de de 20 ans qui
[1:17:04] tuent en t Max, ça me touchait plus parce que je dis putain,
[1:17:08] ils ont mon âge, ils ont rien et tout.
[1:17:10] Alors que quand je faisais des enfants, ça c'était horrible.
[1:17:12] Mais si j'avais plus de on va dire de ça me, ça me touchait
[1:17:16] plus mon petit cœur quand je faisais ces interventions.
[1:17:21] Donc de jeunes en moto maintenant quand je fais des
[1:17:23] interventions sur les enfants. Très difficile parce que je
[1:17:26] pense aux miens directs. Je me projette, je pense à la
[1:17:29] famille, je pense à tout ce que ça a détruit et c'est hyper
[1:17:33] hyper compliqué. C'est le truc que je te disais
[1:17:35] où vraiment il suffit d'une intervention pour que ta vie
[1:17:39] change à jamais. Et ça des interventions sur les
[1:17:42] gosses pour en avoir fait des des très dures sont très
[1:17:47] compliqués à gérer quand tu as des gosses alors que j'avais pas
[1:17:49] quand j'avais pas mes enfants en tout cas beaucoup moins.
[1:17:54] Ben merci beaucoup. Franchement c'était c'était un
[1:17:56] régal super intéressant de discuter avec toi.
[1:17:58] On est une des plus intéressantes discussions qu'on
[1:18:00] a eu sur le podcast je pense. On a, on a une petite tradition
[1:18:04] pour finir, on a un autre livre et j'aimerais bien que t'écrives
[1:18:07] une phrase qui est importante pour toi, une citation ou
[1:18:10] quelque chose que toi t'as ici, que tu signe les livres et
[1:18:13] qu'après tu partages ça avec nous.
[1:18:14] Magnifique. Oh, c'est génial, c'est c'est
[1:18:16] trop bien cette tradition comme ça.
[1:18:58] J'aurais pu te faire un graphe en tant que graffeur.
[1:19:03] Et du coup, tu peux nous dire la phrase que t'as écrite dans le
[1:19:06] livre ? Faire ce que tu aimes pour aimer
[1:19:08] ce que tu fais. Faire ce que tu aimes pour aimer
[1:19:10] ce que tu fais. C'est hyper important.
[1:19:12] C'est une phrase que j'aimais dire plus jeune et qui m'a
[1:19:15] faisait du bien quand je la disais, fais ce que tu aimes
[1:19:17] pour aimer ce que tu fais. C'est quelque chose de fort,
[1:19:19] mais c'est logique. Et t'as réussi à le faire ?
[1:19:21] Exactement, pour l'instant je suis dedans.
[1:19:23] Très bien. Ben merci encore.
[1:19:25] Et voilà. J'espère que tu vas continuer à
[1:19:27] kiffer ton métier, partager ça avec nous et rendre tes enfants
[1:19:30] fiers. Et j'espère que je vais pouvoir
[1:19:32] t'emmener bientôt dans une caserne pour que tu testes le
[1:19:34] métier de pompier un peu plus. Avec plaisir, avec plaisir.
[1:19:37] Merci pour l'invitation, je me suis régalé.
[1:19:39] Merci à toi.

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