# Luc Abalo: Le Triple Champion Olympique DÉVOILE les Dessous de la Compétition et Son Avis L'affaire Karabatic

An episode of [The Elevate House](https://invisiblenetwork.ai/podcast/1834437102), 26 Jan 2025, 58 min.

Audio: https://anchor.fm/s/f1ee8cec/podcast/play/97573632/https%3A%2F%2Fd3ctxlq1ktw2nl.cloudfront.net%2Fstaging%2F2025-0-26%2F393725683-44100-2-f9572fd6af3a3.mp3

Triple champion olympique, mondial et européen, Luc Abalo est une légende souvent mécomprise pour son style de jeu audacieux et spectaculaire. De ses débuts à Ivry jusqu’au sommet du handball mondial, il dévoile son parcours, ses leçons de vie, son avis sans filtre sur l’affaire Karabatic, et pourquoi le handball n’a jamais été une finalité. Un épisode puissant et inspirant à ne pas manquer! Chapitres: 0:00 - Intro 1:17 - Quelle est la chose que je devrais savoir pour comprendre Luc Abalo ? 2:42 - Comment as-tu réussi dans un sport qui n’était pas ta passion ? 5:05 - La jeunesse difficile de Luc à Ivry (son parcours avant la gloire) 8:45 - Quels étaient les rêves des enfants de ton quartier ? 9:30 - Ton premier contact avec le handball ? 13:00 - Est-ce qu’on se moquait de toi parce que tu faisais du handball ? 15:26 - Qu’est-ce qui t’a permis de te démarquer des autres joueurs ? 17:30 - Les débuts de Luc comme joueur en équipe de France 19:48 - « Je ne crois pas en l’hygiène de vie pour les athlètes ! » 23:21 - Le salaire des joueurs de handball 27:03 - Comment c’était de gagner tes premiers Jeux Olympiques ? 31:26 - La clé pour qu’une équipe gagne 3 titres olympiques consécutifs 33:45 - La contribution de Claude Onesta aux titres 37:45 - Le meilleur souvenir en tant que joueur de l’équipe de France 41:02 - La vérité sur l’affaire Karabatic 42:50 - Les critiques envers toi, te qualifiant de showman et non d’un grand joueur 46:35 - Quand as-tu décidé d’arrêter ? 49:05 - Pourquoi te lancer dans la peinture ? 52:00 - Si tu pouvais peindre un moment de ta carrière, ce serait lequel ? 53:16 - La plus belle leçon que tu as apprise Retrouvez Luc sur: Instagram: https://www.instagram.com/lucabalo19/ Et retrouvez-nous sur: Instagram: https://www.instagram.com/theelevatehouse/ Tiktok: https://www.tiktok.com/@theelevatehouse/ Remerciements: Maison Breguet

## Transcript

[0:00] Je pense très différemment du commun des mortels.
[0:02] On va dire qu'est ce que selon toi a fait que tu t'es démarqué
[0:05] des autres joueurs ? Donc j'avais pas le le cœur qui
[0:08] palpitait avant des matchs importants.
[0:10] OK, t'avais pas de pression. Non, j'avais pas de pression
[0:12] pour moi. Quand tu te mets à fond dans
[0:14] quelque chose, Ben tu vas réussir.
[0:15] Tu vois, c'est de la logique. Imagine que là maintenant, tu
[0:17] pouvais aller voir le jeune Luc d'Ivry comme ça en train de
[0:20] jouer et lui dire quelque chose, tu lui dirais quoi ?
[0:22] De retarder le. Plus tard possible.
[0:25] Sa prise de conscience ? Pas grandir trop vite, pas se
[0:28] mettre la pression trop vite pour les choses, s'amuser en.
[0:30] 2012YA eu un moment assez compliqué pour le Hand avec
[0:33] l'affaire Karabatic ? On parlait de Hand parce que dès
[0:36] que je disais Ah, je fais du handball.
[0:38] Ah ouais, comme les Frères c'est ça.
[0:41] Ils connaissaient pas le Hand en fait, tes tes prestations
[0:43] sportives. Ils savaient juste que le
[0:44] handball, voilà, y a lui, y a untel.
[0:47] Tu trouves que ça a eu un impact sur l'équipe ou pas
[0:49] spécialement ? Ouais, je dirais de.
[0:56] Aujourd'hui, dans le podcast, on accueille Luc Abalo, triple
[0:59] champion olympique, triple champion du monde et triple
[1:02] champion d'Europe avec l'équipe de France de handball.
[1:04] Il va nous parler de comment il a fait pour sortir d'une
[1:06] situation difficile dans sa jeunesse à Ivry, comment il a
[1:08] atteint les sommets du handball mondial et de sa période
[1:11] victorieuse avec l'équipe de France.
[1:13] C'est parti comme d'habitude, oubliez pas de vous abonner.
[1:15] Je vous laisse avec le Podcast Luc, c'est quoi la chose que je
[1:20] dois savoir sur toi pour comprendre qui j'ai en face de
[1:22] moi aujourd'hui ? Toi t'as toujours des bonnes
[1:26] questions ? Je te jure.
[1:30] La chose que tu dois savoir c'est que je pense très
[1:35] différemment du du commun des mortels on va dire.
[1:41] Intéressant. Bah ça va être un super podcast
[1:43] j'espère déjà. Bah du coup t'as la plus grande
[1:47] partie de ta vie, t'as fait du Handball, t'as commencé à 14 ans
[1:50] il me semble. C'est un peu tard en général,
[1:53] non ? Moi même moi j'ai commencé le
[1:54] basket à 15 ans et je sais que c'est tard.
[1:56] Donc ouais. Ouais c'est ouais, c'est tard.
[1:57] Mais j'avais j'étais sportif de façon générale, sans être en en
[2:02] club hein. Mais du coup ça a été facile.
[2:04] Même à 14 ans, ça a été facile parce que je savais faire plein
[2:08] de choses vu que j'avais toujours un ballon dans les
[2:13] mains où j'étais en train de d'escalader.
[2:14] Je faisais de l'escalade quand j'étais petit.
[2:16] Tu vois, j'ai grandi avec vous. On avait un mur d'escalade donc
[2:19] en fait. Tous ces trucs là en fait, ça te
[2:21] permet une fois de une fois que tu pratiques bien un sport,
[2:24] d'avoir fait des choses avant, ça te permet d'être bon.
[2:26] Donc ça m'a aidée. Tu penses, tu aurais pu réussir
[2:29] dans n'importe quel sport ou ou pas à ce point.
[2:31] Ben tu vois comme je te disais que je pensais différemment.
[2:33] Moi faut pas me poser ces questions parce que moi j'ai
[2:35] l'impression que je peux réussir dans tout.
[2:38] T'as que je suis un peu. Pareil ?
[2:39] Un peu ? Ah bah c'est bien.
[2:42] OK, et j'ai même vu une interview où tu disais que le
[2:45] handball c'était pas toute ta vie.
[2:47] Mais maintenant t'as été 3 fois champion olympique, 3 fois
[2:50] champion du monde, 3 fois champion d'Europe, t'es un des
[2:52] meilleurs joueurs de l'histoire du sport, comment tu penses que
[2:55] t'as c'est possible de réussir autant alors que c'est pas ce
[2:59] qui t'anime le plus visiblement ?
[3:01] Bah quand j'ai, je me suis posé la même question quand justement
[3:06] tout le monde était un peu intrigué de de mon parcours.
[3:10] J'essayais de comprendre ce qui les intriguait parce que pour
[3:13] moi, quand tu te mets à fond dans quelque chose, Bah tu vas
[3:15] réussir. Tu vois, c'est de la logique.
[3:17] J'avais pas compris ce que c'était l'échec.
[3:19] J'avais pas compris qu'il y a des gens qui des fois avaient
[3:21] envie de faire quelque chose, réalisaient un rêve et n'y
[3:23] arrivaient pas et qu'ils étaient frustrés.
[3:25] Donc je peux pas te dire exactement comment je comment
[3:31] c'est, mais tu vois des fois on a un truc dans la tête et comme
[3:34] toi t'as envie de le faire, tu le fais et tu te poses pas trop
[3:37] la question de de de pourquoi ça marcherait pas, juste tu penses
[3:41] à comment tu fais pour que ça marche.
[3:43] Donc quand j'ai commencé le Hand juste je prenais du plaisir.
[3:47] Déjà, franchement, je m'amusais grave avec les gars des potes et
[3:50] tout le fait de faire un sport coach, je pense que ça m'a aidé.
[3:53] Peut être que si j'avais fait un sport individuel, j'aurais
[3:55] j'aurais lâché. Plus vite, OK.
[3:57] Parce que je suis un mec qui lâche les trucs aussi hein, je
[3:59] commence un truc, je kiffe et je peux arrêter de du jour au
[4:02] lendemain. C'est cool dans les trucs que tu
[4:03] as commencé à lâcher comme ça. Le Tafting.
[4:06] C'est quoi ? Ah.
[4:07] Sans faire des tapis là. Ouais, OKOK.
[4:08] Tu vois, j'ai tout acheté, j'ai fait un tapis, j'ai commencé par
[4:11] un truc hyper dur et après j'ai arrêté.
[4:14] OK, t'as fait un tapis quand même ou pas ?
[4:16] Ouais j'en ai fait un, mais il est-il est pas beau, il est beau
[4:19] mais il est pas fini tu vois, y a des trous et tout.
[4:21] Mais bon c'est pas grave, je kiffe.
[4:23] OK mais du coup enfin c'est quoi ton conseil ?
[4:25] Un peu pour devenir un des plus grands même si c'est pas on n'a
[4:30] pas forcément ce feu en nous parce qu'il y a des gens qui
[4:32] l'ont mais d'autres moins du coup.
[4:35] Ouais c'est dur de donner des conseils.
[4:37] Je dis toujours que j'aime pas donner de conseils parce que
[4:41] j'aime pas je sais pas, j'aime pas donner de conseils parce que
[4:44] j'ai l'impression que je suis pas légitime.
[4:45] J'ai l'impression que les gens savent en fait ce qu'il faut
[4:47] faire parce qu'on est tous différent en fait, tout le monde
[4:50] sait ce qu'il faut faire, tout le monde sait ce qu'il doit
[4:52] faire. Sauf que des fois on a besoin
[4:53] d'être rassuré avant de le faire.
[4:55] Donc voilà le Conseil que je donnerai c'est c'est de pas
[4:58] attendre d'être rassuré avant de faire quelque chose.
[4:59] Fais le. Tu vois OK, de commencer ?
[5:03] OK, c'est c'est un de mes conseils préférés.
[5:06] T'as évoqué Ivry que t'avais un mur d'escalade à evry ?
[5:09] Tu peux un peu me me décrire c'était quoi ton ton univers en
[5:11] grandissant là bas ? Mon univers, j'ai habité.
[5:18] Alors moi j'ai habité dans un truc encore plus ghetto qu'une
[5:20] cité. Tu vois, tu vois le le, le genre
[5:23] de petit immeuble qui tombe en ruine.
[5:25] Avec plein de de d'humidité, des chats, de gouttières, des
[5:31] cafards, des rats, tu vois. Et en fait si tu veux.
[5:36] J'étais tellement dans un univers féerique parce que pour
[5:40] moi c'était pas la misère. Moi je m'amusais parce qu'en
[5:42] fait ce truc là faisait qu'on était plein de familles, de gens
[5:44] qui étaient, qui étaient graves, en difficulté et on avait une
[5:48] sorte de cours parce qu'on avait 2 immeubles qui étaient face à
[5:51] face et en face y avait un porche.
[5:53] Ça veut dire que. C'était fermé, c'était un espace
[5:54] fermé donc nos parents nous laissaient jouer et du coup
[5:57] jusqu'à mes 12, 13 ans, j'étais tout le temps-là.
[6:01] Des fois j'allais faire un tour dans le dans dans la cité, mais
[6:04] je traînais beaucoup dans ce dans cette petite cour et on
[6:07] faisait tous toutes sortes de jeux.
[6:08] Donc ma vie c'était jouer en fait tu vois.
[6:11] Et du coup je faisais que de m'amuser et c'est ça ma vie,
[6:14] c'est m'amuser. C'est plus tard là là, depuis
[6:17] que j'ai arrêté le Rand, je me rends compte que je m'amuse
[6:20] moins. Tu vois, c'est un peu plus dur,
[6:22] mais. Mais sinon, ça a toujours été de
[6:23] de de prendre du plaisir, de m'amuser.
[6:25] OK et du coup bah à l'époque quand tu jouais dans la Cour,
[6:28] c'était c'était quoi un peu tes tes rêves et tes ambitions ?
[6:31] J'avais pas de rêves. Tu veux juste t'amuser à jour.
[6:34] Tu sais quoi ? Quand quand j'étais petit,
[6:36] j'avais même pas. J'étais même pas fan de
[6:37] quelqu'un où je connaissais personne.
[6:39] Je connaissais. Une fois, je regardais avec mon
[6:41] père. Je me souviens, je crois que
[6:41] c'était 92 les Jeux olympiques là de Barcelone.
[6:43] Déjà que j'ai découvert Jordan. Donc je commence à regarder et
[6:46] tout. Ouais, c'est quoi Jordan ?
[6:47] Et tout j'aimais bien. Après il y a eu Zizou 98 mais
[6:51] sinon je connaissais pas le sport, moi je je jouais.
[6:54] Tu sais, j'étais un enfant qui était dans mon monde, je te dis
[6:57] donc j'avais pas de rêve, j'étais j'étais un peu vraiment,
[7:01] c'était un peu teubé. Non c'est vrai en fait il faut
[7:06] et c'est tu as déjà entendu ? Peut être ça que les gens les
[7:09] plus heureux c'est les gens, c'est c'est les gens qui sont un
[7:10] peu teubés mais en fait c'était ça.
[7:12] J'étais heureux parce que je me prenais pas la tête donc mes
[7:15] parents j'avais pas des parents qui me mettaient la pression en
[7:17] mode faut devenir ci il faut faire ça donc ouah tranquille.
[7:21] Depuis quand tu te prends plus la tête alors ?
[7:24] Depuis que j'ai réalisé que j'ai, j'ai réalisé le vrai monde
[7:29] en fait, dans lequel on était, moi, j'étais dans un monde.
[7:32] D'amusement. Et tu te rends compte que quand
[7:36] tu t'amuses trop à un moment donné c'est dur.
[7:39] En fait c'est dur mais j'ai envie de rester dans j'ai envie
[7:43] de rester dans dans mon monde pour réussir, pour réussir au en
[7:47] fait la réussite va pas dépendre de moi parce que pour moi on
[7:51] n'est pas. Je suis pas dans un monde de de
[7:53] méritocratie ça veut dire c'est pas parce que je vais être bon
[7:57] que je vais réussir. Je pense OK donc c'est ce qui me
[8:01] fait un peu déchanter dans mon rêve là en ce moment.
[8:02] O. K, Bah du coup tu penses que le
[8:04] Hand ça t'a permis de continuer à t'amuser pendant une certaine
[8:07] période et maintenant du coup que t'as plus ça et c'est peut
[8:11] être ça qui te manque, c'est amusé en fait.
[8:13] Ouais, c'est ça en fait. Là il me manque, je m'amuse mais
[8:17] je me rends compte que j'ai pas le temps de m'amuser parce que
[8:20] les journées sont trop courtes. Et en fait, j'ai en fait la
[8:22] chance que j'avais quand on est sportif.
[8:27] Et et je m'en rendais pas compte, c'était de de de
[8:30] m'amuser, d'être et de m'amuser et d'être payé pour ça.
[8:33] Aujourd'hui je m'amuse mais l'ousé ils rentrent pas tu vois.
[8:36] Donc à côté tu dois bosser, tu dois faire d'autres trucs et des
[8:39] fois tes journées elles sont trop courtes.
[8:40] OK c'est plus ça tu vois. Et pour revenir à au rêve
[8:43] d'enfant, est ce que tu te rappelles un peu ?
[8:45] C'était quoi le le rêve des autres enfants autour de toi ?
[8:48] Et est ce que ça t'a influencé tu penses ?
[8:51] Ben la plupart de mes amis voulaient être footballeurs.
[8:54] Moi j'aimais bien le foot mais sans puce tu vois.
[8:57] J'étais pourtant je pense que j'étais bon hein mais je me
[9:01] disais pas que je voulais en faire mon métier et après il y
[9:07] en a plein qui voulaient je sais pas ou peut être être rappeur
[9:11] mais à l'époque quand j'étais petit en réalité tu faisais pas
[9:14] du rap donc tu faisais un truc. En fait voilà.
[9:17] En fait avant on faisait un truc parce que on aimait ça, pas
[9:19] parce qu'on se disait qu'on allait en gagner, gagner notre
[9:21] vie. Donc la plupart des gars avec
[9:24] qui j'étais, ils voulaient être rappeurs.
[9:25] OK Bah c'est marrant comment ça se fait que bah dans cet
[9:29] environnement où beaucoup se tournent vers le football et toi
[9:32] t'as t'es parti vers le handball, comment ça s'est
[9:34] fait ? Le hasard au au bon endroit, au
[9:38] bon moment, parce que Ivry, c'est une ville dans la dans
[9:42] laquelle y a un club de Hand. Très clairement, c'était juste
[9:45] ça. Donc tu es amené à faire du
[9:46] Hand. Tu vois, tu sors, tu vois des
[9:48] affiches de Handballeurs. Mon prof d'e.
[9:51] PS était un enseignant de valeurs pro, donc c'est facile,
[9:54] tu vois. OKOK.
[9:56] Et j'avais un de mes potes. Du coup dans ma classe qui m'a
[9:59] qui faisait du Hand, il m'a dit VAS y viens tester j'étais j'ai
[10:01] kiffé. Tu as kiffé directement ?
[10:03] Ouais, j'ai kiffé direct, OK. Et je me souviendrai toujours de
[10:06] l'odeur du gymnase. Quand je suis rentré la première
[10:09] fois, ça sentait la résine. Si on met de la résine ?
[10:12] Hein, pas un ballon ? Pour les ballons, c'est le.
[10:15] C'est le meilleur souvenir que j'ai dû en.
[10:16] Tu peux juste t expliquer pour ceux qui comprennent pas la
[10:19] résine à quoi ça sert ? Parce que même encore
[10:21] aujourd'hui, j'ai fait du Hand et j'ai du mal à comprendre.
[10:23] Ouais en fait. Bah dans les dans les sapins il
[10:27] y a il y a de la résine. Tu sais quand tu quand tu coupes
[10:29] le sapin, il y a de la résine qui tombe.
[10:31] Et pour attraper les ballons, ils se sont servis de cette
[10:34] résine. Parce que le ballon comme il est
[10:37] en cuir surtout à l'époque il faisait un cuir qui était assez
[10:40] lisse, on mettait un peu plus de résine parce que c'était comme
[10:43] une colle, du coup tu avais les mains qui collaient légèrement
[10:46] mais en gros ça t aide pas à attraper totalement le ballon
[10:49] hein. C'étouffe tellement le ballon il
[10:50] tombe mais c'était cette sensation de d'avoir la main
[10:54] collée au au ballon. Elle t aidait un peu à à.
[10:57] À mieux sentir le ballon. OK Ouais c'est marrant parce que
[11:00] moi je trouve ça super perturbant.
[11:01] Quand je tire, j'ai l'impression que ça, ça fait dévier mon tir,
[11:04] et cetera. Mais moi j'en mettais pas.
[11:05] Ouais, tu sais pourquoi ? Parce que vu que les autres en
[11:07] mettaient, ça suffisait. OK, j'en mettais, j'en étais
[11:10] quasiment, j'en avais toujours à côté de moi au cas où.
[11:13] Mais sinon t'en mets pas les gars, ils kiffaient, ils en
[11:16] mettaient plein. Ouais ouais, c'est une question
[11:18] d'habitude. OKOK, c'était ton petit secret
[11:20] de ne pas mettre de résine ? Ouais, t'as commencé à
[11:22] t'entraîner beaucoup à quel âge ?
[11:25] Beaucoup, beaucoup ? Bah Ivry, comme je te dis, comme
[11:29] c'était un une ville à handball, même quand tu commences t'es
[11:32] très jeune, Tu t'entraînes beaucoup hein.
[11:34] Donc dès que j'ai commencé, en réalité j'avais 3, presque 4
[11:38] entraînements dans la semaine et donc des depuis mes 15 ans, je M
[11:43] entraîne quasiment tous les jours.
[11:45] Ah ouais, OK Ouais, ouais, ça allait vite.
[11:47] Ah, ça a été hyper vite. Et est ce que t'avais des des
[11:49] obstacles qui qui t'empêchaient un peu de te concentrer sur le
[11:52] Hand quand tu étais jeune ? Non, pas du tout.
[11:54] Ah ouais, non ? Franchement j'ai eu la chance
[11:57] d'avoir bon peut être des petits soucis à la maison mais c'était
[12:02] plus quand mes parents ils étaient tu sais c'était le début
[12:05] du divorce mais franchement mes parents ils ont tout fait pour
[12:10] que les enfants voient pas la leurs problèmes ils ont grave
[12:13] bien géré donc moi tu sais il y a des il y a des enfants.
[12:17] Je sais qui sont perturbés par le la séparation de leurs
[12:19] parents. Moi je te jure je franchement.
[12:22] C'était leur vie quoi, ça me, ça me regardait pas, ça m'a pas
[12:25] perturbé l'école, j'y pensais pas.
[12:29] Enfin 0 pression, Ah non je te dis j'étais y a rien qui m'a
[12:32] perturbé, j'étais à fond dans le Hand, j'arrivais jamais en
[12:35] retard, tu vois, ça peut être ça m'a aidé hein, consciemment,
[12:39] j'aimais tellement ce que je faisais et même de façon
[12:41] générale je suis en retard, tu vois, tu m'as donné 1 h
[12:43] aujourd'hui, j'aime pas ça tu vois et et parce que pour moi je
[12:49] suis un, je suis passionné de ce que je fais en général.
[12:51] Même quand c'est quelque chose que j'aime, que je connais pas,
[12:53] ça me passionne de l'apprendre. Et tu vois, y a quelque ça me
[12:56] fait penser à quelque chose, tu vois que c'est feneu donc le le
[13:01] manager de Wisen. Bref, mais en gros il avait
[13:03] raconté qu'il faisait du Hand quand il était jeune et il a
[13:05] suivi beaucoup de moqueries. Est ce que toi à l'époque dans
[13:08] ton quartier tu t'avais des moqueries par rapport au fait
[13:10] que tu faisais du Hand ? Ou alors dans la ville d'ivry du
[13:12] coup c'est c'était pas. Mal vu ?
[13:15] Non non non, pas de moqueries parce que vu que Ivry comme je
[13:19] t'ai dit c'était une ville handball, déjà ils captaient que
[13:21] tout le monde essayait un peu tu vois ou peut être que en fait
[13:24] moi je prenais pas les moqueries comme des moqueries avant tu
[13:29] vois peut être tu me lâchais une vanne, je te revannais ou ça me
[13:32] faisait rire ou mais pas de moqueries.
[13:35] Après c'est vrai que quand quand tu viens d'une cité et que tu
[13:39] dis que tu fais de la Hand et des Mecs qui comprennent pas au
[13:41] début. Mais aujourd'hui, tu vois, et
[13:44] même quand j'ai eu commencé à avoir 30 ans, je croisais plein
[13:46] de mecs de cité qui me reconnaissaient juste parce que
[13:48] j'avais fait du Hand O. K Ouais.
[13:50] Tu vois donc dans en fait, je sais que j'ai grave représenté
[13:53] parce que j'étais le premier mec de de quartier à faire du Hand,
[13:57] parce que tous les autres ils venaient des DOM Tom.
[13:59] Tu sais, c'était il y avait pas de parisien.
[14:01] Si il y avait Olivier Girault qui était capitaine aussi de
[14:04] l'équipe de France, et on était les 2.
[14:06] Seuls quoi ? Vers quel âge tu as commencé à
[14:07] te dire que tu pouvais devenir pro ?
[14:10] Tu sais que mon premier match de Hand, je l'ai fait à 16 ans ?
[14:12] Ah ouais ? Ouais.
[14:13] SN. Tu t'es entraîné pendant 2 ans
[14:15] et avant de faire ton premier match, c'est pourquoi ?
[14:17] Bah parce que j'ai été y a eu un blessé dans mon club d'ivry et
[14:21] en fait YAY avait plusieurs blessés donc eux ils vont
[14:23] chercher. Le Gaucher qui vient après et
[14:27] c'était moi. Attends, mais tu veux dire ton
[14:28] prix ? Match pro à saison pro ?
[14:29] Ah OK, je crois que ton prix image tout court.
[14:31] C'est bon ? Non ?
[14:32] Non, mon prix, match pro, excusez-moi o.
[14:34] K moi, 2 ans après, on va recommencer, tu fais ton prix
[14:37] image pro, OK ? Donc ça m'est tombé dessus comme
[14:40] ça je, ils m'ont appelé la saison d'après 2017, je fais la
[14:44] moitié de la saison 2000. À 17 ans je veux dire et à 18
[14:48] ans, je fais toute la saison en pro o.
[14:50] K C'est c'est rare de commencer si tôt en pro.
[14:52] Ou quoi, c'est grave ? C'est grave ?
[14:55] Parce que ouais, c'est vrai que c'est un sport physique où t'as
[14:56] besoin d'être développé quand même donc.
[14:58] Ouais mais je sais pas, j'ai eu de la chance.
[15:00] Franchement, t'es quand ? Je t'ai dit au bon endroit, au
[15:02] au bon moment. Ouais ouais c'est vrai.
[15:03] Bah ça me fait penser un peu à moi ou c'est un coach qui avait
[15:06] vu un un de mes matchs par hasard pour regarder un autre
[15:09] joueur et il m'a appelé alors que moi j'avais pas eu tout
[15:11] prévu d'être pro. Je faisais mes études et au
[15:13] final Bah ça ça a dévié un peu ma vie aussi comme ça donc.
[15:16] Ouais, tu as pris l'opportunité, tu vois ?
[15:17] Ouais, ça ça dit non ? Exactement.
[15:20] Bah c'est bien hein. Bah j'allais te demander.
[15:22] Qu'est ce que selon toi a fait que tu t'étais démarqué des
[15:25] autres joueurs ? C'était juste que tu étais
[15:27] gaucher du coup non ? Ça on me l'a déjà dit aussi.
[15:30] On m'a dit Ouais tu as de la chance, t'es gaucher.
[15:33] Bah je pense pas tu vois. Je pense que même si j'avais été
[15:36] droitier, enfin ouais bref, on va pas faire, c'est trop
[15:40] compliqué. Je pense que j'ai eu de la
[15:46] chance parce que je me prenais pas la tête et c'était pas mon
[15:49] monde en fait le handball. Donc j'avais pas le le cœur qui
[15:53] palpitait avant des matchs importants.
[15:55] OK, t'avais pas de pression. Non, j'avais pas de pression,
[15:57] surtout au début, c'est après que j'ai eu la pression quand
[16:00] j'ai compris où j'étais ce que ça allait impliquer blablabla.
[16:04] Mais au début j'y arrivais, je jouais, je prenais pas la tête
[16:07] et ça ça m'a gravé aidé. Tu vois par exemple souvent les
[16:10] mecs il me disaient Ouais il me parlait d'un jeu, il me disaient
[16:11] ouais lui lui je disais mais c'est quoi lui ?
[16:13] Tu vois, il c'est resté et après j'ai compris qu'il fallait pas
[16:16] que je m'intéresse. À mon sport, ça veut dire que je
[16:19] suivais même pas mon sport. Je connaissais même pas des fois
[16:21] les mecs contre qui je jouais. Quand on faisait de la vidéo
[16:24] avec l'équipe, je je voyais à quoi ils ressemblaient.
[16:27] Je savais pas ce qu'ils avaient gagné, je savais pas qui
[16:29] c'était. J'étais en mode aide.
[16:31] Tu sais quoi ? Je m'en fous, je viens.
[16:32] Je vais te taper, c'est tout. OK, tu penses que ça, ça, ça
[16:34] marcherait avec tout le monde cette technique de de se
[16:37] détacher de son sport ou pas ? Moi je pense, ça marche avec
[16:39] tout le monde. Tu sais, j'ai vu, j'ai vu un
[16:42] truc et apparemment c'est une histoire vraie hein.
[16:45] C'est un mec, il arrive en cours de maths.
[16:47] Il arrive en retard donc il prend le cours sur le sur le
[16:52] truc, il rentre, il fait ses devoirs et le lendemain il se
[16:55] rend compte que le prof se rend compte qu'il a résolu le
[16:57] problème. Et en fait c'était une une
[16:59] équation irrésolue. Ça veut dire que le gars comme
[17:02] il avait pas conscience que ce qui ce qui faisait comme devoirs
[17:05] c'était impossible à faire, il l'a fait.
[17:07] C'est une histoire vraie hein ? Donc ça veut dire que je pense
[17:11] que quand tu arrives quelque part et si tu sais pas qui t'as
[17:13] devant toi, tu te mets à son niveau, voire t'essaies d'être
[17:16] meilleur. Si tu commences à trop le
[17:17] respecter, c'est mort. Donc ouais, c'est intéressant
[17:20] comme point de vue. C'est intéressant avec cet état
[17:22] d'esprit de détacher de ton sport.
[17:24] En 2005 t'as remporté le championnat de France avec Ivry
[17:27] et dans la même même année t'es sélectionné pour la première
[17:30] fois en équipe de France. Est ce que tu penses que sans
[17:32] ton titre de champion de France avec Ivry, t'aurais été
[17:34] sélectionné ? Je.
[17:38] Pense je je pense pas, je pense à un tout.
[17:41] T'as raison c'est c'est un tout c'est.
[17:43] C'est ce que tu fais, ce que tu fais, ce que tu marques.
[17:46] Quand on commence à beaucoup parler de toi.
[17:50] Un sélectionneur, il est obligé de te prendre.
[17:52] Au moins, il est obligé de te tester.
[17:54] Et après ? Si.
[17:56] Si il t'aime bien, c'est bien parce que même si il te teste et
[17:59] que ça va mal se passer, bah il va, il va te garder.
[18:03] S'il teste et que ça se passe mal, qu'il t'aimait pas.
[18:05] Il l'a fait parce qu'on lui a dit de le faire.
[18:07] C'est un peu ça, tu sais ? Non mais tu connais.
[18:10] Et est ce que du coup cette sélection de l'équipe de France
[18:12] ça ? Ça t'a poussé plus à t'impliquer
[18:16] dans ton sport ? Ça m'a en fait j'étais impliqué,
[18:19] hein, dans les entraînements. Puis voilà et tout.
[18:22] À connaître les autres joueurs ? Non, non, non, non, pas du tout,
[18:25] pas du tout, pas du tout. Par contre tu vois, moi j'étais
[18:29] hyper respectueux hein. Ça veut dire que les mecs avec
[18:32] qui je jouais, surtout mes coéquipiers plus anciens et
[18:35] tout. J'ai un j'ai un respect de ouf
[18:36] pour les anciens tu vois. Donc c'est quand je dis que je
[18:39] connais pas les joueurs, ça veut pas dire je venais et je parle
[18:42] des adversaires. T'étais pas mépris en non, non.
[18:43] Pas du tout, pas du tout. Même les adversaires, je les
[18:46] respectais et tout, mais je voulais les battre, tu sais.
[18:49] Mais donc du coup, c'est pour moi, c'est c'est une sorte de
[18:51] respect, même limite. T'es resté combien de temps à
[18:54] Ivry au total ? Je suis resté 8 ans. 8 ans OK,
[18:57] pourquoi tu es resté aussi longtemps à ton avis ?
[19:00] Parce que je voulais partir plus tôt, j'avais des des
[19:02] propositions de club allemand. À l'époque c'était l'Allemagne
[19:05] qui était le qui avait le meilleur championnat.
[19:07] Mais j'ai écouté des conseils qui m'ont dit C'est trop tôt, tu
[19:11] si tu te blesses après c'est trop intensif les matchs, je
[19:15] sais pas si c'était vrai, je sais pas si les mecs ils
[19:16] voulaient me garder dans le club, mais ouais, j'ai suivi mon
[19:19] truc, j'étais avec mes potes, je vais à Ivry, j'aimais bien, je
[19:22] suis resté après. J'ai eu une une proposition du
[19:29] de Ciudad de Real, c'est le Real de Madrid du handball, tu vois à
[19:33] l'époque. Mais le club a fermé et là j'ai
[19:36] signé direct. OK Tu tu regrettes de pas être
[19:38] parti plus tôt ou pas ? Non, pas du tout.
[19:40] OK, tout, non, pas du tout. J'ai passé des super années à
[19:44] Ivry. De mes 18 à mes 24 ans, j'ai
[19:47] passé de des bons moments, même dans les.
[19:50] Même des après le les matchs et tout les sorties, la vie
[19:53] parisienne, j'ai, j'ai connu, tu vois ?
[19:55] Ouais, ça devait être cool d'ailleurs, en parlant de
[19:58] sortie, et cetera, c'est quoi la plus grosse erreur qu'un jeune
[20:00] handballeur peut faire pour toi ?
[20:03] La plus grosse erreur qu'il puisse faire c'est de croire
[20:06] qu'il est riche parce qu'en fait on gagne de la thune.
[20:10] Mais tu sais, nous on a un sport intermédiaire, on est bien mais
[20:14] on n'est pas hyper bien. Donc si tu gères mal ton oseille
[20:16] quand tu finis ton ta carrière t'as plus rien.
[20:19] Donc il y a ça et après il y a pas d'erreur.
[20:22] Après à la rigueur tu sais moi quand quand j'avais 18 20 piges
[20:26] je sortais 4 fois dans la semaine et mais je picolais pas
[20:30] tu vois mais je dormais pas beaucoup, je m'amusais, tu vois,
[20:34] je sortais c'est la vie quoi. Donc il s'amuse au contraire
[20:38] c'est pas une erreur tu sais on dit l'hygiène de vie et tout,
[20:41] moi j'y crois pas, j'y crois, moi je mangeais mal.
[20:47] Je sais quoi, faut que je te dis sincèrement hein.
[20:49] Là j'ai fini ma carrière. Je te dis sincèrement je
[20:51] mangeais pas des fast Foods, mais quand je dis mal c'est je
[20:55] mangeais pas 5 fruits et légumes par jour.
[20:58] Je sortais tous les soirs, j'étais toujours avec des potes,
[21:01] c'est bon. Par contre j'étais à l'heure.
[21:03] Mais après, tu penses que si on t'avait, par exemple, t'étais
[21:05] tombé dans un club qui t'interdisait les sorties, qui
[21:07] te forçait à manger bien, est ce que ça aurait eu un impact
[21:10] négatif sur toi du coup ? Ah ouais, c'est moi, j'aime pas
[21:12] la l'autorité. Tu m'as tu en fait, tu me donnes
[21:16] tes règles, je vais les respecter mais je veux pas que
[21:19] tu sois derrière moi pour que je le fasse bien.
[21:21] Je sais pas si tu comprends ce que je veux dire.
[21:23] Donc si y a le club ils disent oui tu manges à telle heure, tu
[21:26] sors pas, Ben c'est trop. Moi tu me demandes d'être là aux
[21:28] entraînements, je fais aux entraînements, je suis bon.
[21:30] Tu m'as pas dit que je pouvais pas sortir la veille, tu vois ?
[21:32] OKOKOK. Donc non non après quand c'est
[21:35] trop c'est relou, faut laisser un peu les gens.
[21:37] Tu quittes Ivry pour Madrid après 8 ans, ça t'a fait bizarre
[21:42] déjà, de déjà de quitter un peu ?
[21:44] Non bah que t'avais pas quitté depuis.
[21:45] Ouais, depuis petit ouais. Ouais toi quand tu poses des
[21:47] questions ça me ouais ouais ça m'a fait chelou.
[21:50] J'étais parti avec un un pote en camion, on avait descendu mes
[21:54] affaires et tout ça m'a fait bizarre de sortir de pays.
[21:57] Moi je savais pas ce que c'était aller vivre.
[21:59] Tu avais jamais quitté la France ou avec l'équipe de France peut
[22:01] être ? Si mais oui oui mais tu sais,
[22:03] quand tu vas jouer c'est pas pareil.
[22:04] Tu tu arrives, tu restes 48 h, tu as rien.
[22:07] Le temps de visiter là, j'allais dans un pays en plus.
[22:11] Je je connaissais rien à l'espagnol.
[22:13] J'ai appris sur place. C'était c'était bizarre de
[22:16] changer de culture et tout, mais c'était grave excitant.
[22:18] Je je kiffais. C'est quoi qui t'a le plus
[22:20] changé ? Ce qui m'a le plus changé dans
[22:23] la vie, c'était déjà le climat. C'est ouf.
[22:26] Avoir du soleil tout le temps, même quand il fait froid en
[22:28] hiver, c'était c'est un autre. C'est un confort de vie
[22:33] franchement super. Et ce qui m'a changé après, Ben,
[22:36] c'était de me prendre la tête à apprendre la langue tout le
[22:38] temps. Tu vois de pousser un peu mon
[22:41] sortir de mon quotidien. Et après, au niveau du handball,
[22:44] franchement ça va. C'était c'était facile, ils
[22:46] étaient hyper cool. OK, du coup, c'était un gros
[22:48] club. C'était à l'époque j'imagine un
[22:50] des plus gros d'Europe en. Gros, t'avais un, t'as un
[22:53] millionnaire ou peut être milliardaire toujours
[22:56] aujourd'hui tu vois qui kiffe le Hand, qui a monté son club dans
[23:00] sa ville donc. Et il a appelé les meilleurs
[23:03] joueurs du monde SN, sincèrement et du coup, pendant 4 5 ans, on
[23:09] a gagné des ligues des champions, des tu vois.
[23:11] Donc c'est incroyable et après ? Y a eu la crise économique en
[23:13] Espagne, les budgets ont baissés, ils pouvaient plus
[23:16] suivre et voilà. Et j'imagine qu à l'époque,
[23:19] enfin cette signature, ça t'a amené un confort financier
[23:22] supplémentaire. Ouais et qu'est ce que ça a
[23:24] changé ça dans ta vie ? Bah comme je te dis moi je suis
[23:28] pas un gros, j'avais conscience qu'il fallait que que ça pouvait
[23:31] s'arrêter du jour au lendemain, donc j'ai mis de l'argent de
[23:33] côté. Mais attention hein, le vent
[23:35] c'est pas c'est pas le Hand hein, c'est pas le Hand, c'est
[23:37] c'est pas c'est pas le foot, c'est pas le rugby hein.
[23:40] Donc tu me dis un confort financier en réalité c'est pas
[23:42] un confort financier tu on gagnait comme un.
[23:45] Un très bon chirurgien, tu vois ?
[23:47] OK, c'est pas non plus tu vois. Ouais, la différence c'est qu'un
[23:50] chirurgien il fait ça toute sa vie.
[23:51] Donc voilà c'est ça comme toi tu fais ça une petite durée donc je
[23:53] m'enflammais pas avec l'argent. Glantier donc ça, ça t'a pas
[23:57] spécialement changé ? Non, j'avais investi dans
[23:59] l'immobilier à l'époque grâce à ça et après, en partant, j'ai
[24:03] revendu. Tu l'as évoqué, t'as t'as gagné
[24:05] des ligues des champions avec Madrid et tu jouais avec les les
[24:07] plus grands joueurs. Même si du coup tu tu savais pas
[24:10] qui t'avait en face de toi. Est ce que y a quand même un
[24:12] joueur qui t'a marqué et qui t'a impressionné ?
[24:15] Ben les joueurs qui étaient hyper forts dans les autres
[24:17] équipes, c'était les Français, donc je les connaissais.
[24:19] Tu vois, il y avait Karabatic à Montpellier, il y avait Guigou
[24:25] et impressionné par d'autres joueurs.
[24:28] Sincèrement non, jamais je. Des fois je me suis dit il y a
[24:32] des mecs, voilà, sur tel mouvement, il sait faire mieux
[24:34] que moi, il maitrise et tout. Mais il y avait rarement des
[24:38] trucs où je me disais lui ce qu'il fait, je peux pas le faire
[24:40] tu vois. Et en fait c'est c'est ça, c'est
[24:43] que depuis tout petit, dès que je voyais un un par contre pour
[24:46] apprendre ce que je t'ai pas dit, ça c'est excuse moi je t'ai
[24:49] au point du doigt pour apprendre.
[24:51] Je regardais des matchs de Hand mais sans m'intéresser aux
[24:55] joueurs, juste en regardant les les mouvements.
[24:57] Ça quand j'avais 14 ans et après j'allais et j'essayais de les
[25:00] refaire. Donc quand j'ai quand j'ai été à
[25:03] à Ciudad Real, je savais faire tous les mouvements, presque.
[25:07] J'étais technique quoi. Ouais, donc t'étais un peu un
[25:10] scientifique du Hand. C'est ça frère je je prenais un
[25:13] moment et je m'entraînais à le faire dans ma chambre avec des
[25:15] chaussettes tu vois et même avec des potes on faisait des des tu
[25:19] sais on travaille, ça veut dire que même quand on était pas à
[25:22] l'entraînement on s'entraînait et même souvent après tu tu
[25:25] commences à rêver handball. Même aujourd'hui je continue à
[25:27] rêver handball, je te jure c'est un truc de ouf, tu rêves de ton
[25:30] match, tu te dis le gardien va faire ça, je vais faire ça,
[25:33] c'est un truc de fou. Hein ?
[25:34] OK, donc t'étais quand même bien piqué.
[25:36] Ouais, je suis piqué, mais inconsciemment.
[25:38] Tu sais, ça c'est intéressant. J'essaie toujours de faire des
[25:40] choses en m'amusant. Du coup quand tu étais à Madrid
[25:42] tu faisais comment pour garder le contact avec ta famille et et
[25:45] pas avoir l'impression de je sais pas rater quelque chose ?
[25:48] C'était dur ça ? Ah.
[25:49] Franchement, je les appelais jamais.
[25:51] Ah ouais ? Ah ouais ?
[25:53] Ouais Ah j'étais dans mon truc, j'étais dans mon monde.
[25:55] En fait moi y a un truc que les gens m'ont reproché de dans mes
[25:59] proches et tout. Maintenant ils me connaissent,
[26:01] c'est que quand je suis pas avec toi, je te calcule pas.
[26:05] Quand par contre quand je suis avec quelqu'un je suis à fond,
[26:07] ça veut dire je vais pas sortir mon téléphone, je vais pas te
[26:10] parler de quelqu'un d'autre, je vais, c'est toi tu vois ?
[26:13] Et quand j'étais en Espagne, bah j'étais dans ma vie J apprenais
[26:16] la langue, j'étais avec mes nouveaux coéquipiers donc c'est
[26:21] c'est pas bon des fois parce que c'est vrai que tu perds contact
[26:23] avec des gens que tu aimes vraiment hein, mais tu tu les
[26:26] appelles plus, tu les vois pas et mais je sais pas, je suis
[26:29] comme ça, j'ai pas le temps tu sais-je passe à autre chose,
[26:31] vite tu. Vois OK et du coup est ce que tu
[26:33] as ? T'as un regret par rapport à
[26:35] ça ? Est ce que tu penses que ta
[26:36] carrière elle t'a empêché de vivre quelque chose ou pris
[26:38] quelque chose ? Non non non pas du tout.
[26:41] Grâce à ma carrière j'ai rencontré plein de gens et tu
[26:44] vois si un jour je me Marie ça sera le moment de réinviter tout
[26:47] le monde, mais ça sera le moment de voir tout le monde.
[26:50] Mais non non, grâce à à ma méthode.
[26:53] Là ce que je te dis c'est même pas une méthode, mais en fait je
[26:55] rencontre trop beaucoup de gens et je passe des temps de qualité
[26:59] avec eux donc je regrette rien. La même année où tu signes à
[27:03] Madrid, tu gagnes tes premiers Jeux olympiques, tu peux me
[27:08] parler du du match contre l'Islande où t'as été
[27:11] incroyable. La finale ?
[27:12] Ah ouais Ah ouais, tu trouves que j'étais incroyable ?
[27:15] Ouais Ah c'est gentil j'ai trouvé nul, tu veux pas nul mais
[27:19] pas à mon niveau parce qu'en fait j'étais Ouais tu vois moi
[27:23] je suis un frustré hein, moi je je pour moi c'est jamais bien ce
[27:25] que je fais, juste tu saches je suis hyper gentil.
[27:30] Donc j'avais l'impression de de pas avoir été à mon niveau.
[27:33] Mais c'est vrai que après quand tu regardes le match tu dis
[27:34] Ouais ça va, tu as fait un bon truc quoi, tu as fait ton taf
[27:38] donc ce machin. Par contre j'ai c'était stressé
[27:40] hein ? Ah ouais, c'est.
[27:41] Vrai ouais là là ça a commencé à venir.
[27:43] Le stress quand j'ai commencé à être en équipe de France, à voir
[27:47] les enjeux du truc, tu vois de me dire putain, on s'est
[27:49] entraînés pendant 2 mois parce que avant les Jeux olympiques on
[27:52] faisait une vraie prépa hein. Alors franchement on rentrait
[27:54] pas chez nous pendant 2 mois. Tous les jours tu t'entraînes
[27:57] dur. Tu te réveilles tous les jours à
[27:59] 08h00 du MAT. Tu te couches quasiment tout le
[28:01] temps à 00h00 t'as 2 3 entraînements dans la dans la
[28:05] journée. À la fin ton corps laisse tomber
[28:07] vous. Faisiez pas des entraînements en
[28:08] en montagne aussi ? Des trucs ?
[28:09] Ouais ouais. On faisait tout, c'était des
[28:11] fous. Hé franchement, c'est moi.
[28:14] J'appréhendais la Prépa olympique hein.
[28:16] C'est vrai que des fois les gens me disent Pourquoi t'as pas fait
[28:17] les Jeux 2024 ? Je me dis non c'est trop dur.
[28:19] Non sincèrement c'est hyper dur, c'est pas, c'est pas des.
[28:23] Tu vois plusieurs de la prépa plutôt que les Jeux ?
[28:25] Mais bien sûr. Après le en fait, ils font en
[28:27] sorte que ce soit dur avant pour que pendant ça soit facile.
[28:32] Ok. Ok donc en fait tu te dis je me
[28:37] suis entraîné pendant 2 mois, vas y là c'est le dernier match,
[28:39] j'ai pas intérêt à à à Chier tu vois.
[28:41] Et ça s'est passé, ça s'est bien passé.
[28:44] Après tu as une libération tu vois.
[28:45] Ça t'a fait quoi concrètement de remporter cette médaille parce
[28:49] que quand tu repenses à toi qui jouait dans la Cour entre les 2
[28:52] immeubles, est ce que t'imagines gagner une médaille d'or un
[28:54] jour ? Sincèrement je me suis dit à
[28:59] l'époque hein ? Je me rendais compte que j'étais
[29:02] content pour pour ce que je vivais avec ce groupe, mes potes
[29:07] et tout. Tu vois de d'avoir réalisé un
[29:09] truc pour la France, premier titre olympique.
[29:11] J'étais même pas là à me dire moi moi tu sais tu sais ou je me
[29:18] disais pas ça va changer ça dans ma vie.
[29:19] Je m'en rendais pas compte vraiment.
[29:22] Je me rendais même pas compte limite de ce que c'était les
[29:24] Jeux olympiques, c'est là aujourd'hui, en ayant bossé avec
[29:28] le Comité olympique, là pour 2024, je me suis rendu compte
[29:31] que ouais, les Jeux olympiques en fait, c'est une histoire de
[29:33] fou tu sais. Mais sur le coup quand j'ai
[29:35] joué, ouais, j'avais compris que c'était la compétition
[29:37] importante, mais je me rendais pas compte de.
[29:41] Et je pense que tu sais-je c'est pour ça que je veux être dans ce
[29:43] truc, toujours de pas me rendre compte de ça.
[29:45] Je me rends pas compte de l'interview qu'on fait là tu
[29:47] sais-je me rends pas, je te jure hier il y a il y a une amie qui
[29:51] m'a dit Ouais putain tu vas faire une interview avec Étienne
[29:53] et tout c'est assez bien et tout il est lourd et tout.
[29:55] J'ai dit Ah ouais et tout je sais pas c'est vrai en plus je
[29:58] te jure je te crois, je sais que tu le prends pas parce que tu as
[30:02] compris mon mindset. Ouais, bien sûr, très bien.
[30:04] Mais tu vois, moi, Ce que j'aime, c'est les gens.
[30:06] Tu penses que le fait que tu pensais au groupe avant toi
[30:10] quand vous gagnez la médaille ? Ça décrit un peu l'esprit que
[30:12] vous aviez, qui a fait que vous avez, que vous avez eu autant de
[30:15] succès avec les experts. Ouais c'est sûr.
[30:17] Même si de toute façon dans le sport tu as toujours des
[30:20] individualités, des gens qui des fois vont penser à eux, c'est
[30:22] normal. Tu vois il y a le côté
[30:24] marketing, il y a le côté carrière ou tu sais que si tu
[30:29] veux être starifié c'est toi qui va prendre peut être les
[30:31] contrats blabla. Mais malgré ça on avait quand
[30:34] même un respect les uns pour les autres donc quand on était sur
[30:37] le terrain. Quasi de et qu'il fallait gagner
[30:41] et que c'était dur, vraiment dur.
[30:43] Le côté équipe il passait avant et quand des fois bah ça on a
[30:47] déjà fait l'erreur. Tu vois.
[30:47] Des fois on jouait des matchs, on savait qu'on allait gagner,
[30:50] limite on était meilleur et Ben là on jouait tout seul donc.
[30:54] Des fois là. On a perdu à cause de ça tu
[30:57] vois. Donc ça faut savoir le gérer.
[30:59] Et ça pour l'avoir vécu. Des fois quand je vois des des
[31:02] sports co, je sais qu'ils sont dans cet état d'esprit là tu
[31:04] vois quand je vois des matchs. Je vais dire bah là ils ont joué
[31:07] pour leurs pommes parce que l'autre il a voulu briller, il a
[31:09] voulu croquer, il aurait pu faire la passe.
[31:11] Tu vois le truc de que t'as au bistrot tu vois, mais moi je
[31:14] l'ai vécu donc je sais que là les gars ils sont-ils veulent
[31:18] chercher la la lumière. Et dès que tu veux chercher la
[31:20] lumière pour les autres avant toi, en général ça marche mais
[31:24] c'est pas facile. Ouais, c'est clair, et tu penses
[31:26] que c'est quoi la clé pour arriver à à garder l'esprit
[31:30] d'équipe avec autant de stars justement ?
[31:32] Bah la clé, la clé, c'est de se connaître quand même.
[31:37] Si tu veux aimer quelqu'un, tu dois le connaître.
[31:39] Donc c'est vrai, si tu as dans un groupe tu as que des des
[31:43] gens, je te donne, c'est pour ça qu'il faut bien faire son
[31:45] groupe. C'est pour ça que les coachs ils
[31:47] des fois ils essaient de faire ça, ils ont compris.
[31:49] Imagine, dans un groupe, tu prends, allez, 12 introvertis,
[31:55] tout le monde est dans son coin, personne va vers l'autre blabla.
[31:58] Ils n'ont pas réussi à par contre il en faut des
[32:00] introverties mais il faut aussi des fois tu sais comme tu vois
[32:02] dans des images de groupes, tu vois des grandes gueules, des
[32:05] mecs qui vont qui vont fédérer, il y a des mecs qui vont être
[32:08] plus calmes. C'est pour ça que les
[32:10] différences dans un groupe en fait font la force.
[32:13] Mais il faut se connaître, faut aller vers l'autre, faut.
[32:16] Et quand tu apprends à te connaître, tu apprends à t'aimer
[32:18] à t'apprécier et après tu as envie de te taper pour ton pote,
[32:21] tu vois ? C'est aussi simple que ça.
[32:23] Et qu'est ce qui fait que vous vous connaissiez aussi bien ?
[32:25] Vous juste vous avez joué beaucoup de matchs ensemble ou
[32:27] ou vous faisiez des trucs en prépa ?
[32:30] Je sais pas. Des activités ensemble et tout.
[32:31] On on faisait des activités ensemble à table, on mangeait
[32:36] ensemble, on avait des discussions, rigolait.
[32:39] Et je pense que, inconsciemment, ce qui fait que, à un moment
[32:41] donné, on se connaît bien et qu'on s'entend bien, c'est c'est
[32:45] que nous, on était dans un sport.
[32:48] Où il y avait pas de budget au début tu vois de con galérer
[32:51] dans le Hand il y avait pas avant quand j'ai commencé, nous
[32:54] on allait aux campagnes hein, moi mon premier match je te
[32:57] jure, la dernière fois j'ai croisé Onesta et j'étais dans un
[32:59] coach, là je lui disais tu te suivais quand on allait aux
[33:02] campagnes, tu sais on n'avait pas d'Osé tu vois donc tu déjà
[33:04] tu t'es humble, tu viens, tu te têtes, tu te la racontes pas, tu
[33:07] vois. Et je dis pas qu'aujourd'hui les
[33:09] sports qui ont de la Thune se la racontent.
[33:12] Je sais pas, tu vois je suis, mais je te parle de juste de
[33:14] nous notre expérience. Fait que bah on partait de rien
[33:18] et peut être que ça nous a aidé aussi à nous connaître, partager
[33:22] des moments de galère plus intenses quoi.
[33:24] OKOK, je pense que dans la galère, l'humain se rapproche
[33:26] toujours. Mais bien sûr, tu as besoin des
[33:29] autres, tu vois, c'est con. Mais nous quand on arrive à
[33:33] l'aéroport, il y a personne qui nous porte nos sacs hein.
[33:35] Nous on vient, on va aider l'autre, on va aider le gars qui
[33:39] est à a 4 sacs parce qu'il porte les maillots, tu vois ?
[33:42] Tu viens de mentionner Claude Onesta, du coup c'était quoi un
[33:45] peu son rôle et sa contribution dans votre succès ?
[33:48] C'était enfin c'est marrant Claude.
[33:52] Pour moi Claude c'était pas un grand tacticien de balle, mais
[33:56] par contre c'était un bon meneur d'hommes.
[33:59] Il comprenait les l'humain, il savait comment le gérer.
[34:02] Bon des fois il faisait déjà hein, c'est pas, c'est pas non
[34:05] plus. Grand manitou, des fois il
[34:08] faisait mal certains trucs mais des fois il comprenait que lui
[34:10] il fallait lui crier dessus, lui fallait le laisser tranquille,
[34:14] lui fallait Ben moi il me criait toujours dessus moi alors qu'il
[34:17] fallait me laisser tranquille. Mais non parce que du coup tu
[34:20] vois ça me faisait des ça me faisait réagir mais moi sur le
[34:22] coup des fois j'avais le seum contre lui, des fois il me
[34:25] prenait la tête pour rien. Après c'était plus facile,
[34:28] c'était plus facile de prendre la tête toujours aux petits
[34:29] jeunes tu vois. Mais bref c'était c'était relou
[34:33] des fois mais. C'est un bon bonheur d'homme
[34:35] franchement. Et aujourd'hui quand je le
[34:38] croise, on rigole. J'entendais mais quand il était
[34:40] coach ? Ah j'aimais pas mon coach hein ?
[34:43] Façon de parler. Je l'aimais bien.
[34:45] Enfin tu vois, c'était pas mon pote.
[34:46] Ouais, c'est la relation au joueur, coach.
[34:47] Quoi ? Voilà et moi j'avais beaucoup de
[34:48] respect pour les anciens, c'était pas mon pote, j'étais
[34:51] poli, il était poli. Mais aujourd'hui quand on se
[34:55] voit, on rigole, tu vois, on rigole et je pense qu'il faut.
[34:59] Tu sais, c'est comme c'est l'exemple que je prends toujours
[35:01] en moi perso. Quand j'aurai des enfants, je
[35:04] pense que j'aurai cette distance avec eux en mode de mon.
[35:07] Enfance et de l'équipe. Mais mais t'es pas, t'es pas mon
[35:10] pote, tu vois ce que je veux dire ?
[35:11] Et je serai leur coach et je pense que c'est ce qu'ils
[35:14] faisaient. Onesta tu vois, vous êtes mes
[35:16] joueurs, en tout cas avec moi, mais t'es pas mon pote.
[35:20] Donc pas de prise de confiance de dans les 2 sens.
[35:24] Et après quand l'histoire elle est finie et que t'as grandi
[35:26] t'as prend maturité, on peut rigoler.
[35:29] Tu vois et est ce que dans l'équipe, je me suis toujours
[35:30] demandé que vous aviez des un peu des rituels ou ?
[35:33] Des habitudes avant les grandes compétitions où c'était, chacun
[35:36] avait sa routine. Il y en a qui avaient des
[35:40] routines, un peu là comme Zizou, là je commence par le pied
[35:42] gauche, le pied droit tu vois, mais moi 0 routine, Ah bon ?
[35:48] Ah non, 0 routine. Petit, au bout d'un mois, j'ai
[35:52] une routine de muscu. Tu sais-je faisais de
[35:54] l'élastique parce que j'ai j'avais des problèmes d'épaules,
[35:57] d'ailleurs, machin, j'ai fait ça, j'ai mal, faut que j'en
[36:00] prenne. Mais sinon j'observais pas les
[36:03] routines des autres et ils essayaient pas de comprendre la
[36:06] note. Là si on va dire, la seule
[36:07] routine qu'on avait c'est on mettait de la musique dans le
[36:10] vestiaire, chacun avec son rôle, c'est moi le DJ, je venais avec
[36:14] les enceintes, d'ailleurs j'étais un des premiers à venir
[36:16] avec tu sais les enceintes portables parce que les
[36:19] générations d'avant ils avaient pas tu vois, je venais avec les
[36:22] enceintes portables Claude, il disait rien, il voyait que dans
[36:24] le vestiaire ça, ça rigolait, ça mettait un truc et tout, donc il
[36:28] a laissé. Et après des fois on arrivait
[36:31] meme dans des compètes je te jure des nations il faisait pas
[36:33] ça vraiment c'est pas pour faire ci.
[36:35] Je suis un influenceur sport mais j'étais un des premiers
[36:39] avec ma grosse enceinte mettre le son et après on s'est mis à
[36:41] gagner donc les autres ils se sont dit attends si ils mettent
[36:44] du son mais si on va faire ça tu vois OK ?
[36:47] Et en plus Onesta il était hyper tranquille sur tu sais les
[36:49] tenues on avait notre notre dotation mais on on mélangeait
[36:55] des fois tu vois. Tu mettais le haut jaune avec le
[36:58] truc bleu et les autres nations c'était tous toujours pareil.
[37:01] Nous on était en mode vas y de les organiser mais on et du coup
[37:05] ils faisaient tous ça après ce qu'on gagnait tu vois.
[37:07] Donc ils essaient de comprendre. Ça, c'est ouf.
[37:09] En fait, c'est la liberté, tu vois ?
[37:11] Tu réalises l'impact que vous avez eu sur le handball en
[37:14] général ? Franchement ouais, je réalise
[37:17] aujourd'hui parce que j'ai l'impression qu'on me reconnaît
[37:20] 10 fois plus dans la rue aujourd'hui que quand j'étais
[37:22] genre. OK.
[37:23] Vraiment ? Quand j'avais 22 ans, que l'on
[37:27] avait déjà été champion du monde, champion d'Europe,
[37:29] champion olympique, je me baladais dans Paris.
[37:31] Y a personne qui m'aura reconnu hein ?
[37:33] Tu vois ? Donc là aujourd'hui, je réalise
[37:37] et et je réalise que que c'est dur.
[37:41] Que c'était dur en fait à réaliser.
[37:44] Et j'imagine que t'as Bah t'as plein de souvenirs accros avec
[37:46] l'équipe de France déjà est ce que y a un souvenir que qui t'a
[37:48] marqué, auquel tu repenses de temps en temps ?
[37:54] Souvent, je parle de 2012, les Jeux Olympiques 2012 à Londres,
[37:58] parce que franchement, ce qui m'a marqué, c'est qu'on s'était
[38:01] pris la tête en interne. Les joueurs, on s'était engueulé
[38:04] et tout ça, ça sort pas dans la presse parce que et qu'à la fin
[38:08] on a gagné. Donc des fois tu vois.
[38:10] Du coup ça me rappelle que des fois tu te prends la tête avec
[38:13] les gens que t'aimes et vas y, tu passes à autre chose et vous
[38:16] allez jusqu'au bout, tu vois. Pourquoi vous vous êtes pris la
[38:17] tête ? Non parce qu'en plus j'allais te
[38:19] dire tu vois, des fois tu te prends la tête même avec tes
[38:21] proches et tout, la famille et tout.
[38:22] Et au final à la fin vous faites un truc beau quoi.
[38:24] Nous on s'était pris la tête parce que ça c'est c'est de la
[38:27] technique de jeu, tu vois, il y en avait pas, il y en a qui
[38:30] voulaient jouer d'une façon de les autres d'une autre, et on
[38:33] avait perdu la compète d'avant l'euro d'avant, donc on est on.
[38:36] On était dans un moment de faiblesse et on s'est pris la
[38:40] tête dans des réunions, on s'est dit des trucs face à face.
[38:43] Il y en a tu tu avais peur de comment ils allaient prendre le
[38:45] truc, mais en fait on ça va et au final ça va.
[38:48] On commence à trop à rebosser ensemble et on gagne la compète
[38:52] à la fin. Ah, c'est magnifique, c'est
[38:54] magnifique. Franchement, des fois faut faut
[38:57] se prendre la tête, dire ce qu'on veut faire, où on veut
[39:00] aller et quand tu vas au bout après tu es trop.
[39:03] Content et c'était ton beau souvenir, mais c'est quoi pour
[39:05] toi le ton plus beau match ? Mon plus beau match ?
[39:09] Ouah, c'est plus des matchs avec.
[39:13] Donc là non, j'ai faim. Moi pour moi c'est la finale des
[39:17] championnats d'Europe au Danemark, mais tout le monde on
[39:22] a fait un match parfait style sinon on ratait rien, je te jure
[39:25] je l'ai revu la dernière fois, on ratait rien, on faisait un
[39:28] tir, ça rentrait, on faisait que des trucs pertinents, on a gagné
[39:31] à la mi-temps, on était à +10 en finale, c'est c'est rare, tu
[39:34] vois on gagnait 10 buts à la finale, après ils sont remontés,
[39:36] tu vois, ils ont fait leurs petites remontada, mais on avait
[39:39] pris tellement d'avance que. Donc on ratait rien.
[39:42] Et ouais, c'était celui-là. Et sinon, les matchs avec Ivry,
[39:45] c'était le feu dans une petite salle.
[39:47] Le chaudron, tu vois, c'est plus ça que j'aimais moi.
[39:51] Et tu m'as dit tout à l'heure que tu aimais bien sortir et vu
[39:54] que vous avez beaucoup gagné, j'imagine que vous avez beaucoup
[39:56] célébré quand même. C'est quoi la plus grosse
[39:58] célébration que vous avez faite alors ?
[40:00] Nous on allait, nous c'est particulier, on allait au Queen.
[40:05] C'est où ça ? C'était une boîte à sur les
[40:07] champs. Mais tu sais pourquoi ?
[40:08] On allait là-bas parce que c'est la seule boîte qui était ouvert
[40:11] le lundi et en fait, on jouait souvent la finale le dimanche,
[40:15] c'est nous les dans le Hand, c'est toujours le dimanche, les
[40:17] finales, on rentrait le le lendemain et à lundi, le à Paris
[40:23] y a rien de d'ouvert, donc on allait toujours dans cette
[40:25] boîte. Et franchement, après on était
[40:27] des habitués puisqu'on gagnait souvent.
[40:29] Tu vois donc le le le fils du Queen, je l'ai recroisé après au
[40:34] City Twister. Tu vois les gars, ils
[40:36] connaissaient notre tête quoi, tu vois après on était habitués
[40:39] dans les autres boîtes et mais les les gars de l'équipe de
[40:42] France quand ils sortaient sur Paris, eux c'était leur sortie
[40:44] de l'année parce qu'ils étaient pas de Paris donc c'était une
[40:47] super. C'était une super soirée
[40:48] toujours tu avais nos familles qui venaient, c'était tranquille
[40:52] hein, c'était pas tu avais nos familles qui venaient et tout.
[40:55] Bah oui ils nous avaient pas vu pendant un mois maintenant.
[40:57] On va aborder des sujets plus sensibles, notamment l'affaire
[40:59] Karabatic. Si ça vous plaît jusqu'ici,
[41:01] oubliez pas de vous abonner et de liker.
[41:03] On continue ? Ben tu as mentionné 2012.
[41:05] D'ailleurs en 2012, il y a eu un moment assez compliqué pour le
[41:07] Hand avec l'affaire Karabatic. Déjà toi, quand tu as appris
[41:12] enfin quand tu as eu vent de cette histoire, comment tu as
[41:14] réagi ? Moi j'étais surpris.
[41:19] J'ai été surpris parce que tous ces trucs de Paris, tu sais, moi
[41:23] je connais pas. Moi déjà je connais pas ça.
[41:25] Moi franchement je sais même pas comment ça fonctionne.
[41:28] Je connais. Donc j'étais surpris qu'il soit
[41:29] dans cette sauce. Ensuite, sincèrement après je me
[41:33] suis dit Tu sais quoi, je m'en fous, ils font ce qu'ils
[41:35] veulent, je les prends, moi c'est mes potes, je les prends
[41:38] comme ils sont et tout. J'étais pas là à vouloir savoir
[41:41] ce qui s'était passé. L'histoire je m'en fous, moi
[41:43] j'ai grandi dans une cité, on fait tous des conneries tu
[41:46] vois ? Donc s'ils étaient, s'ils
[41:48] avaient fait la Connerie, Bah je m'en fiche et s'ils l'ont pas
[41:50] fait c'est bon ils sortent de leur truc et tout tu vois.
[41:53] Donc même après j'ai même pas cherché à savoir comment ça
[41:56] s'est déroulé le truc, l'histoire.
[41:58] Je m'en fiche, moi j'aurais jamais posé la question.
[42:01] Tu trouves que ça a eu un impact sur l'équipe ou pas
[42:02] spécialement ? Je m'en souviens plus à
[42:08] l'époque, mais je crois pas hein, je crois pas, il a pas été
[42:10] trop sanctionné ou des trucs comme ça je.
[42:12] Veux dire, vous dans votre état d'esprit, t'as pas ressenti que
[42:15] ça vous a ralenti, ça vous a un peu enlevé de la saveur ?
[42:18] Non après je peux pas te dire tout pour tout le monde, c'est
[42:21] juste moi. C'est comme s'il s'était rien
[42:23] passé, tu vois moi, tout ce que je retiens, c'est que ça l'avait
[42:26] rendu plus célèbre. Ah ouais ?
[42:28] Bah ouais, tout le monde le connaissait tu vois.
[42:30] Donc c'était là que limite c'était ça qui était marrant.
[42:32] Tu vois, on parlait de Hand parce que dès que je disais Ah
[42:36] je fais du handball, Ah ouais, comme les Frères c'était ça le
[42:40] truc. Tu connaissais pas ta ta, ils
[42:43] connaissaient pas le Hand en fait tes tes prestations
[42:45] sportives, ils savaient juste que le handball, voilà, il y a
[42:48] lui, il y a untel, donc c'est marrant.
[42:50] Et aussi tout à l'heure, tu m'as parlé de 2012 avec la votre
[42:53] contre performance au championnat d'Europe.
[42:56] J'ai vu qu'à l'époque il y avait beaucoup de critiques sur ton
[42:58] style de jeu, beaucoup de personnes qui disaient que tu
[43:01] jouais comme un showman, et cetera.
[43:03] Est ce que ce ce genre de critique des médias, et cetera,
[43:05] ça, ça, ça t'a impacté à l'époque ?
[43:07] Aujourd'hui, ils jouent comment les gens ?
[43:11] Tu vas en venir là ? Aujourd'hui, ils jouent comment
[43:12] les gens ? Ils essaient de faire ça ?
[43:14] Tu vois, je. Quand je regarde le Hand
[43:16] d'aujourd'hui, ils font tout ça les jeunes.
[43:18] Donc moi à l'époque oui ça m'a impacté parce que j'étais moi
[43:22] même, j'essayais pas de faire le show pour de vrai, je
[43:24] faisaisais, c'était ma gestuelle, c'était c'était mon
[43:27] truc quoi. Après bien sûr, des fois tu veux
[43:29] faire qui fait le public, tu arrives, tu vois, tu peux faire
[43:32] un beau geste ou au lieu de faire un tir tu fais un beau
[43:34] geste. Et C'est pourquoi on aime le
[43:36] sport nous nous quand on regarde le sport, on aime regarder qui,
[43:40] Messi, Neymar, les mecs qui font des des tu vois, il faut des
[43:45] joueurs comme ça donc. Moi j'ai j'essaie d'être ça dans
[43:49] le mais pour le public, pas pour qu'on parle de moi ou quoi, mais
[43:53] pour le public, il faut les faire kiffer.
[43:55] Et j'ai été critiqué un peu. Ouais mais.
[44:00] Franchement, ça l'a fait son style de jeu ?
[44:02] Quand tu sais, ça m'a attend quand quand les coachs me
[44:04] disaient de pas le faire, OK ça ça me.
[44:06] Une fois j'ai eu un coach à Paris, il est venu me voir, il
[44:08] m'a dit au PSG hein. Il me dit première année, il me
[44:11] dit Si tu fais encore des des gestes comme ça, je te vire de
[44:14] l'équipe. J'avais plus le droit de faire
[44:17] j'ai plus rien fait pendant une saison et après dans la presse
[44:20] on écrit Ouais il est moins fort et tout je me dis Ouais faut
[44:25] rester toi même ils avaient raison ils avaient raison tu
[44:28] faisais plus kiffer les gens bah ouais faut rester toi même au
[44:32] pire tu te fais virer. Moi je me suis pas fait virer
[44:34] j'étais au bout de mon contrat mais tu vois au bout d'un moment
[44:37] des fois trop vouloir être bridé.
[44:41] Tu casses, tu casses le niveau des gens, en fait, il.
[44:44] Y a eu ces moments de critiques qui peuvent être compliqués,
[44:47] mais pour toi, dans ta carrière, c'était quoi le moment le plus
[44:49] difficile ? Le moment le plus difficile,
[44:53] justement, ça a été toutes les fois on a voulu me me me brider
[44:59] et aussi quand quand on n'a pas respecté les la règle du sport
[45:06] pour moi dans le sport, tu t'es bon, tu joues.
[45:10] T'es fort, tu joues, et des fois j'étais dans des équipes où je
[45:14] citerais pas les noms hein, mais je disais t'es fort mais le
[45:17] coach vas y aujourd'hui j'ai pas envie de te faire jouer parce
[45:21] que et limite on disait ouais je te fais pas jouer parce que t'es
[45:23] t'es l'autre il a besoin de jouer toi t'es chaud déjà je te
[45:26] jure on me l'a déjà dit hein plusieurs fois et moi une fois
[45:31] même j'ai j'ai et ça ça me faisait.
[45:34] Ça m'a fait beaucoup de mal des fois d'être limite trop fort une
[45:38] fois je dis à un gars. Ouais, pourquoi vous me mettez
[45:41] pas sur sur le Instagram et tout du club là je te jure parce
[45:46] qu'il me mettait jamais ma tête. Il me dit ouais mais toi t'as
[45:49] pas besoin, t'as t'as grave des Followers, t'imagines ?
[45:53] La réponse ça veut dire en fait c'était ça un peu à un moment
[45:56] donné le Hand c'était on pousse les mecs parce que ils sont-ils
[46:01] ont plus de mal ou ils sont un peu claqués et et du coup moi je
[46:04] le prenais mal, je te jure OK. Mais bon tranquille faut savoir
[46:08] mettre, faut savoir mettre de l'eau dans son bain comme on
[46:11] dit. Après tu fermes la bouche et tu
[46:13] fais hein, c'est tout. C'est c'était des moments où tu
[46:15] te sentais un peu incompris, je. Me sentais non, ouais, je me
[46:19] sentais quasiment trahi. En fait, toi, tu te tapes pour
[46:22] être fort et quand tu es fort, on te dit ouais, tu es trop
[46:25] fort. Non mais c'est vrai, tu ?
[46:26] Vois, il y a pas de. Logique qui en fait ?
[46:28] Pendant ta carrière où globalement ça s'est très bien
[46:31] passé pour pour faire un euphémisme, à quel moment t'as
[46:34] réussi à te dire que c'était le moment de l'arrêter ?
[46:36] Parce que pour beaucoup, c'est ça le plus dur en fait, décider
[46:39] quand on s'arrête parce que on n'a jamais l'impression d'avoir
[46:42] atteindre cet objectif, on veut toujours plus.
[46:44] Toi, c'était quand le moment où tu t'es dit c'est bon ?
[46:46] J'arrête alors. Moi je suis resté 8 ans au Paris
[46:49] Saint Germain. Au bout de 7 ans, on n'avait
[46:53] j'ai toujours pas gagné avec des champions.
[46:55] Et il voulait je sais pas pourquoi il voulait rechanger
[47:00] l'équipe alors je sais pas pourquoi il voulait se séparer
[47:03] de plein de joueurs et et ils sont venus me voir.
[47:08] Ils m'ont dit Bon en fait bon je te dis sincèrement en gros ils
[47:12] m'ont dit Tu coutes trop cher en fait, c'est un peu ça pour pour
[47:16] mon poste, pour tu peux trouver des mecs forts beaucoup moins
[47:22] chers que moi, tu vois. Et donc j'avais un gros salaire
[47:26] pour et je les comprends. Tu vois, je lui dis et donc du
[47:30] coup ils m'ont dit Tu coûtes trop cher, on va aller chercher
[47:32] un autre d'autres joueurs et et moi je me suis dit tu sais
[47:38] quoi ? J'ai pas envie de repartir à
[47:39] l'étranger, changer de club, je vais avoir, je sais plus comment
[47:43] j'allais avoir mais je vais, c'était 2020 donc je vais avoir
[47:46] 36 ans, j'arrête après les Jeux olympiques comme ça je finis sur
[47:52] une médaille en au Japon. Blablabla.
[47:55] Et après y a eu le COVID, ils ont tout reporté donc j'ai
[47:57] arrêté l'équipe de France en 2020.
[47:59] Et un OK. Mais arrivé au Japon, je me
[48:03] disais, Ah putain, j'aimerais bien vivre ici et j'ai fait,
[48:06] j'ai demandé à des contacts à moi pour intégrer un club au
[48:09] Japon, donc j'ai fait un an au Japon.
[48:10] Incroyable tu vois qu'est ce qui était plus le mois et demi ?
[48:13] Ouais. Qu'est ce qui était plus ?
[48:15] Bah. Déjà j'ai j'aime comme tout le
[48:18] monde, j'aime voyager et je suis dit tiens, tu peux voyager,
[48:20] vivre dans un autre pays. Être payé pour un pour jouer au
[48:24] Hand ? Vas y tu vois, c'était un peu ça
[48:26] tu vois. Découvrir le Hand là-bas,
[48:28] découvrir les gens, découvrir la vie.
[48:30] J'y allais surtout pour la vie, pas pour le pas, pour le côté
[48:33] professionnel, sport et tout. Et en fait tu es arrivé là-bas
[48:36] et j'ai kiffé les mon club japonais, je me suis donné à
[48:39] fond donc c'est sur le terrain et tout j'étais à fond donc au
[48:42] final après là-bas c'était encore des saisons dures tu vois
[48:45] mais j'ai kiffé. Incroyable ouais tu tu tu vas y
[48:48] retourner un jour, tu penses. Ouais, je vais retourner.
[48:50] Vivre ou juste comme ça ? Ils verraient mais j'aimerais
[48:53] bien hein. Ouais, je suis toujours en
[48:54] contact avec eux là-bas j'ai encore j'ai laissé 2 sacs là-bas
[48:58] faut que j'aille les récupérer. J'ai fait mon déménagement,
[49:00] j'avais trop de trucs parce que là-bas j'ai acheté plein de
[49:01] fringues et tout et ils me les gardent là donc il faut que j'y
[49:04] aille. Et du coup, Bah maintenant que
[49:06] tu as que tu as arrêté le Hand, c'est l'art qui t'intéresse
[49:09] beaucoup. Tu peux me parler un peu de ça.
[49:10] Pourquoi l'art ? Bah en fait moi depuis petit, je
[49:15] dessine, je dessine, je dessine, je fais que de dessiner.
[49:18] Et avant meme de faire du on hein, je prenais des cours de
[49:21] dessin tu sais, avec la mairie, Ivry, ils ils mettaient en place
[49:25] des des cours accessibles, je prenais des cours de dessin, je
[49:29] me suis jamais arreté et je me suis toujours dit quand j'ai
[49:33] commencé le Hand, que après le Hand, j'essaierai de faire une
[49:36] carrière dans dans le dessin ou la peinture.
[49:41] Et parce que quand j'étais petit, la première question
[49:43] quand on me disait qu'est ce que tu veux faire plus tard ?
[49:45] J'ai des dessinateurs. Donc c'est vrai qu'en fait quand
[49:47] tu m'as dit si j'avais des rêves, si je disais je voulais
[49:50] être dessinateur, peindre, tu vois tous ces trucs là et après
[49:54] maintenant voilà, c'est rester. Et toute ma vie, même pendant ma
[49:57] carrière de Hand, je continue à dessiner, à peindre.
[50:00] Mais j'aimais pas communiquer dessus parce que je voulais pas
[50:04] qu'on me voit comme un handballeur moyen qui aime faire
[50:08] plein de choses parce que on aurait du mal à je pense à à
[50:12] cautionner qu'un mec soit chaud. Dans la qui soit passionné de
[50:16] peinture, pas de Hand mais qui soit bon tu vois donc je savais
[50:19] pas trop me placer. C'est compliqué.
[50:21] Ouais, c'est vrai, c'est intéressant et.
[50:22] Du coup, j'en parlais pas. Tu dessines pour toi ou pour
[50:26] faire ressentir quelque chose aux autres ?
[50:29] Pour les 2, les 2. Mais beaucoup pour un peu plus
[50:34] pour moi, mais surtout pour en ce moment, je peins.
[50:38] Déjà, je peins à partir de 16, 17 ans.
[50:40] C'était la peinture qui avait la tête de dessin.
[50:42] Et je veux pas les portraits parce que je trouve que l'être
[50:46] humain est beau en fait, et j'adore.
[50:49] Et c'est pour ça que j'ai une très bonne mémoire visuelle.
[50:52] Quand je vois quelqu'un quelque part, je te, je ne sais pas
[50:54] pourquoi je vais le recroiser 2 3 ans après, je vais lui dire
[50:56] toi Je t'ai vu là. Par contre les prénoms j'ai plus
[50:59] de mal tu vois. Mais les visages c'est un truc
[51:01] de ouf. Et en fait, j'adore les
[51:04] portraits, je je regarde les gens, les visages, on a tous des
[51:07] formes de visages différentes. Tu vois, j'aimerais bien faire
[51:10] une une expo sur sur tous les visages qui ont marqué le sport.
[51:13] Tu vois pour faire un un lien avec ce que j'ai vécu, Ce que
[51:18] j'aime faire aujourd'hui et du coup là je me lance sur ça là.
[51:21] OK, tu dis que tu tu un peu pour faire ressentir quelque chose
[51:24] aux gens, mais tu aimerais que les gens ils ressentent quoi
[51:26] quand quand ils regardent des tableaux ?
[51:28] J'aimerais que les gens se rendent compte que on est beaux.
[51:32] Non ? C'est vrai, on est tous beaux et
[51:34] en fait. Tu vois, moi j'ai jamais eu de
[51:35] problèmes avec la beauté, tu vois ?
[51:37] Ouais je suis claqué. Ouais je suis beau, je suis pas
[51:39] beau, je me suis jamais posé la question parce que pour moi il y
[51:42] a de la beauté dans dans chacun. Après il y a des gens qui
[51:45] prennent plus soin d'eux que d'autres et ça ça faisait tout
[51:49] de suite la différence. Mais de façon générale je pense
[51:51] qu'on est tous beaux et et j'aime mettre ça sur sur une
[51:56] toile. Si tu devais peindre à un moment
[51:59] de ta carrière, tu peindrais lequel ?
[52:04] De ma carrière, je vais peindre les débuts parce que les débuts
[52:07] c'est toujours des. Je pense que je vais peindre mes
[52:12] premiers matchs en équipe de France, mais là je te parle de
[52:13] l'équipe de France jeune, carrément.
[52:15] Tu diras les premières fois où tu mets le maillot bleu et que
[52:18] tu dis, Ouah, je suis en équipe de France, c'est chaud, c'est
[52:20] trop bien, tu vois. Et ça c'est ça, c'est des
[52:23] moments inoubliables. Parce que même toi, quand tu tu
[52:27] penses que quand tu te demandes. Tes tes meilleurs moments c'est
[52:30] avec tes amis d'enfance et tout, c'est tes premières fois non ?
[52:33] Il y en a beaucoup des des bons moments.
[52:34] C'est vrai que c'est dur de choisir.
[52:36] C'est. Du genre de choisir hein ?
[52:37] Moi je dirais les premières fois.
[52:39] Est ce que quand tu vivais ces premières fois tu, tu réalisais
[52:41] à quel point c'était les les bons moments où tu réalises que
[52:44] maintenant ? Non, c'est après que 3 c'est 3
[52:46] contes. Après que.
[52:48] Et c'est pour ça que j'aime bien les nouvelles choses aussi.
[52:50] J'aime bien les nouveaux défis comme je te disais, c'est pour
[52:52] ça que j'aime j'arrête des choses.
[52:54] Parce que les premières fois, le début c'est trop bien et après
[52:56] tu te rends compte, tu vois. Et j'aime le j'aime les débuts
[52:59] de quelque chose, la la création de d'un projet.
[53:03] J'aime tout ça. Tu sais l'excitation de dire vas
[53:05] y, je vais faire ci, je vais faire ça, je découvre telle
[53:07] personne, j'aime. Bien, j'imagine que tu as
[53:10] rencontré beaucoup de gens, appris beaucoup de choses, mais
[53:13] pour toi, c'est quoi la plus belle leçon qu'on t'ait donnée
[53:15] en dehors du sport ? Moi je pense que le plus beau
[53:19] truc qu'il faut se dire c'est en tout cas moi ce que je me dis
[53:23] c'est que je je ne sais rien. Tu vois tout ce que je sais
[53:27] c'est que je ne sais rien parce que en fait, tu remets toujours
[53:31] tout en question. Des fois ça fait mal à la tête
[53:33] hein, parce que tu sais pas à quoi choisir.
[53:35] Tu sais pas où aller, mais ça te permet aussi d'être d'être bon
[53:41] avec les autres. Parce que quand ils font de la
[53:44] merde tu te dis bah lui non plus il sait pas moi je suis qui pour
[53:48] le juger mais je sais pas si je peux le juger et en fait tu
[53:50] remets toujours tout en question et après t'es plus tranquille
[53:53] avec les autres t'es ça t'enlève du stress il y a quelqu'un dans
[53:56] il y a quelqu'un qui fait de la merde quand tu conduis tu le
[53:59] laisses tranquille tu t'énerves pas t'es avec ta t'es avec ta
[54:02] Meuf tu sais elle t'a elle a dit quelque chose qui t'a qui aurait
[54:05] pu te blesser bah elle savait pas tu vois elle sait pas tu
[54:08] vois c'est pas grave ou. De moi pour moi de se dire quand
[54:11] on sait pas les choses qu'on n'a pas la science infuse ça nous
[54:14] permet d'être beaucoup plus pisse et d'apprendre beaucoup
[54:17] plus de choses, donc c'est la merde.
[54:18] C'est vrai, c'est vrai, mais je pense que ça demande un peu de
[54:20] force quand même d'accepter de se dire qu'on sait pas certaines
[54:23] choses. Il y a des gens qui en sont pas
[54:24] capables, c'est. Chaud, c'est chaud o.
[54:27] K, maintenant, il y a une question que j'ai bien posée et
[54:31] essaie de te revoir, toi qui jouait entre les 2 immeubles et
[54:34] cetera. Imagine que là maintenant, tu
[54:36] pouvais aller voir le jeune Luc d'Ivry comme ça en train de
[54:39] jouer et lui dire quelque chose, tu lui dirais quoi ?
[54:43] Je lui dirais de de retarder le plus tard possible son.
[54:51] Sa prise de conscience, ça veut dire que rester un gosse c'est
[54:56] trop bien. Rester pas grandir trop vite,
[54:59] pas se mettre la pression trop vite pour les choses et voilà,
[55:03] s'amuser. S'amuser ouais, j'ai
[55:05] l'impression que c'est vraiment le le mot le plus important pour
[55:08] toi. Ah s'amuser ?
[55:09] Ouais c'est c'est le mot le plus important.
[55:10] Mais regarde tu même vous j'imagine que dans les je dis
[55:15] vous ton équipe, toi les moments où vous que vous vous allez
[55:20] retenir, c'est les moments où vous avez fait du bon boulot en
[55:22] vous amusant c'est même quand c'est dur, faut savoir s'amuser,
[55:28] c'est pas toujours facile parce que tu t'entoures de gens qui
[55:31] qui des fois. Vont avoir du mal à avancer à la
[55:36] même vitesse que toi mais et c'est là que ça devient des des
[55:39] supers défis. Moi j'adore les défis tu vois.
[55:41] Donc ouais je dirais aux petits jeunes, continue de t'amuser,
[55:44] fais toi plaisir, te lâche lâche hein.
[55:46] Incroyable et dernière question, ça sera, si un jour tu es plus
[55:50] là, comment tu veux qu'on se souvienne de toi ?
[55:53] C'est pour ça que je peins. C'est pour laisser une trace
[55:57] aussi. Je pense que.
[56:00] Et je m'en suis rendu compte y a pas longtemps justement en en je
[56:03] sais plus qui a dit ça, je regardais un truc, un
[56:06] documentaire et il disait que la peinture c'est vrai que ça
[56:07] allait. C'est une façon de laisser une
[56:09] trace, une empreinte sur ce monde et c'est ça peut être une
[56:15] fierté de te dire mais à plus tard les gens contempleront ma
[56:18] peinture et mes peintures et essayeront de trouver le de
[56:21] décrire le message qu'il y avait derrière c'est je pense, c'est
[56:25] ça tu sais de se creuser la tête sur ça, c'est.
[56:28] C'est la peinture. Ben merci beaucoup.
[56:30] En tout cas c'était très cool de parler avec toi.
[56:31] On a une petite tradition dans le podcast.
[56:33] J'ai ce livre où je demande à chaque invité d'écrire une
[56:36] citation ou une phrase qui est importante pour lui et de le
[56:38] signer si ça te dérange pas. Juste pour terminer, est ce que
[56:42] tu peux nous partager ce que tu as écrit dans le livre ?
[56:45] Bah ce que j'ai partagé dans le dans ce livre, c'est la citation
[56:49] qui m'a pu faire réagir et prendre conscience que que on a
[56:54] tellement à toujours se remettre en question pour avancer.
[56:58] Et si je me trompe pas, c'est Socrate.
[57:02] Il a écrit des stoïciens. OK et.
[57:04] Du coup, c'est un truc qui m'a qui m'a bien fait avancer sur
[57:08] les dernières années de handball.
[57:10] J'en avais besoin, je l'ai, j'en ai pris conscience.
[57:14] J'ai, j'ai connu cette citation à un moment où j'en avais
[57:17] besoin. O.
[57:17] KOK c'était quoi ce moment ? À un moment justement où comme
[57:21] je te disais tout à l'heure ça me saoulait on, des fois on me
[57:23] faisait pas jouer alors que j'étais fort.
[57:27] Et du coup, la citation C'est. Tout ce que je sais c'est que je
[57:29] ne sais rien. OK donc peut être que c'était
[57:33] bon pour moi de vivre ce moment-là.
[57:34] Tous ces trucs là tu vois le truc, je suis vraiment un retour
[57:36] en question. C'est vrai, c'est fort.
[57:38] Ben merci beaucoup. En tout cas c'était un plaisir
[57:39] de faire sur le podcast. Merci et Ouais j'espère que tu
[57:42] la feras cette exposition des de tous les visages et du sport et
[57:45] je vous. Inviterai tous ça ?
[57:46] Marche avec plaisir, merci, en tout cas merci.

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