# ULTRAMAN : Comment forger une DISCIPLINE et un MENTAL INÉBRANLABLE ? | Mathieu Blanchard

An episode of [The Elevate House](https://invisiblenetwork.ai/podcast/1834437102), 14 Sep 2025, 1 h 08 min.

Audio: https://anchor.fm/s/f1ee8cec/podcast/play/108276265/https%3A%2F%2Fd3ctxlq1ktw2nl.cloudfront.net%2Fstaging%2F2025-8-14%2F407452643-44100-2-91425ff4b2779.mp3

The Elevate House, le podcast d’inspiration N°1 en France. Mathieu Blanchard avec The Elevate House Dans cet épisode, Mathieu Blanchard raconte son parcours hors norme, marqué par une course extrême de 650 km en 12 jours à -50°C et par une capacité unique à rester inébranlable face à la douleur. Il dévoile les routines surprenantes qui forgent sa discipline, sa vision du flow dans la course – quand 80 km peuvent sembler s’effacer – et son avis tranché : faut-il vraiment souffrir pour être heureux? Chapitres: 00:00 – Bande-annonce 01:34 – Qu’est-ce qui est “anormal” chez toi ? 03:02 – 12 jours pour faire 650 km à -50°C 06:25 – As-tu douté de pouvoir rester en vie ? 10:30 – Comment es-tu resté inébranlable malgré les douleurs intenses ? 15:20 – L’expérience folle d’Étienne dans l’Ironman 18:30 – Le secret de la longévité ? Se jeter dans la jungle et sortir du cadre urbain ! 23:50 – L’état de flow dans la course (“J’ai couru 80 km sans m’en rendre compte !”) 26:22 – Faut-il souffrir pour être heureux ? 29:23 – La routine surprenante d’un Ultraman ! 32:10 – L’habitude la plus sous-estimée pour développer sa discipline ! 34:20 – Kipchoge : la discipline agit comme un rouleau compresseur avec le temps ! 37:11 – Publicité 37:40 – C’est quoi la vraie différence entre les winners ? 42:30 – Pourquoi as-tu quitté ton 9-5 pour devenir ultra-trailer ? 49:00 – Pourquoi la course à pied explose ? 53:10 – “Dans le futur, on paiera très cher pour être dans la nature ! Parce que…” 54:40 – On ne se met pas de limites, ce sont les autres qui… 01:00:01 – La vérité sur l’ultra-trail aux JO 01:04:10 – Pourquoi je veux qu’on se souvienne de moi ? 01:07:25 – Citation Chaque dimanche, j’interviewe des experts, des célébrités et des athlètes qui partagent leurs parcours de croissance et d’inspiration, en révélant des facettes inédites d’eux-mêmes. Mon ambition est de fédérer une communauté engagée, animée par l’envie de s’élever et de devenir la meilleure version d’elle-même. Mon engagement: vous inspirer à grandir et à vous accomplir pleinement. Présenté par - Étienne Ca Retrouvez-nous sur: Instagram: https://www.instagram.com/theelevatehouse/ Tiktok: https://www.tiktok.com/theelevatehouse The Elevate House, le podcast d’inspiration n°1 en France.

## Transcript

[0:00] Que il y a aussi une forme de de plaisir dans la souffrance.
[0:02] Souffrir, c'est aussi ressentir et ressentir, c'est vivre.
[0:05] Aujourd'hui, on a une relation à l'inconfort qui est quelque
[0:08] chose d'ultra négatif. Il fait chaud, on met la CLIM,
[0:10] il fait froid, on met le chauffage et on veut plus rien
[0:13] ressentir et rien ressentir. Pour moi en fait, c'est c'est
[0:14] être mort. J'ai vu une interview de Keep
[0:15] Shogi qui disait que les personnes les plus disciplinées
[0:18] justement, c'est les plus libres.
[0:19] Le potentiel humain, physique et mental est beaucoup plus grand
[0:24] que ce qu'on imagine. Je sais pas si tu le sais mais
[0:25] on. Est des mutants.
[0:26] C'est quoi qui te pousse à continuer justement, à surmonter
[0:28] la douleur et à vraiment finir et.
[0:30] Tu pourrais juste t'arrêter. On se met pas des limites, c'est
[0:32] les autres qui nous mettent des limites.
[0:33] Youcon t'en parlais tout à l'heure sur 650 km, je pense que
[0:36] j'ai souffert 620 km, y a un danger de mort permanent et puis
[0:39] le froid extrême en fait tue en très peu de temps.
[0:42] Si on fait une erreur on peut vraiment mourir.
[0:43] J'avais extrêmement froid, j'avais extrêmement faim,
[0:47] j'avais mal partout mais Ben je continuais à avancer donc c'est
[0:50] vraiment dans la tête que ça se passe et c'est ce qui va tout
[0:53] piloter. Comment toi tu penses que t'as
[0:55] fait pour détruire des limites mentales que que t'as pu avoir ?
[0:58] Ouf. Voilà.
[1:00] Question philosophique. Ben écoute.
[1:05] Salut tout le monde, je veux juste prendre le temps pour vous
[1:07] remercier, pour votre soutien et pour tout l'engouement qu'il y a
[1:09] autour du podcast. Ça fait un peu plus d'un an
[1:12] qu'on a commencé et on aurait jamais imaginé avoir autant de
[1:15] soutien de votre part. En revanche, on entre dans une
[1:17] nouvelle ère et vous êtes plus de 90% à regarder les vidéos et
[1:19] à pas être abonné. Donc on a vraiment besoin de
[1:22] vous que vous vous abonniez pour ne plus rater aucun podcast.
[1:23] Parce qu'à partir de maintenant, on va sortir un par semaine.
[1:26] Merci à vous. On continue avec le Podcast
[1:36] Mathieu, Salut. Étienne.
[1:38] Salut Ben Janté, je suis très content d'être ici avec toi
[1:41] aujourd'hui. T'as un palmarès vraiment
[1:42] impressionnant, podium LUTMB, vainqueur de la diagonale des
[1:45] fous, vainqueur du Yukon article Ultra, t'as fait le record du F
[1:49] Quêta du GRA un y a rien de tout ça qui est normal.
[1:52] SN, tu fais vraiment des choses extrêmes anormales.
[1:57] Mais qu'est ce qu'il y a d'anormal chez toi ?
[1:59] Qu'est ? Ce qu'il y a d'anormal chez moi,
[2:02] je pense que c'est la profonde passion de passer du temps dans
[2:06] les milieux naturels et pas que de passer du temps d'exposer mon
[2:10] corps dans ses retranchements dans les milieux extrêmes.
[2:15] C'est ça qui me passionne en fait, c'est vraiment de d'aller
[2:18] voir un petit peu où se trouvent les limites et et comment les
[2:22] dépasser en en optimisant notre potentiel.
[2:26] Parce que plus jeune j'ai été éduqué un petit peu comme tout
[2:29] le monde, avec des limites hein, qui nous sont racontées par
[2:34] notre éducation, voire nos nos plus proches comme nos parents.
[2:38] Et en fait quand on commence à aller titiller ces limites là,
[2:40] on se rend compte qu'en fait la vérité elles sont pas là les
[2:43] limites. Et après ?
[2:45] Ben ça m'a très très vite passionné de voir que finalement
[2:49] le potentiel humain, physique et mental.
[2:53] Est beaucoup plus grand que ce qu'on imagine, et il faut
[2:57] parfois même se replonger très loin dans nos passés d'homo
[3:01] sapiens pour voir ce qu'on était capable de faire.
[3:03] Et puis se dire que Ben on serait, on est encore capable.
[3:06] De le faire aujourd'hui carrément.
[3:07] J'aimerais t'as parlé de d'exposer son corps dans des
[3:09] milieux naturels. J'aimerais direct parler de
[3:11] l'épreuve que t'as fait qui m'a le plus impressionné.
[3:13] Je sais même pas si on peut appeler ça une épreuve, mais le
[3:15] yukon articulera t'as été le premier à terminer cette course.
[3:19] C'est 600 km dans dans un froid extrême.
[3:22] Avant de parler de l'épreuve, est ce que tu peux m'expliquer
[3:24] comment tu t'es préparée pour affronter une épreuve aussi
[3:27] unique ? Bah alors des épreuves comme ça
[3:29] on peut pas vraiment s'y préparer parce que tu l'as dit à
[3:33] plus de 600 km. Donc déjà c'est des distances,
[3:35] c'est c'est dur à imaginer. Alors c'est sûr que si on a
[3:39] toute l'année pour le faire ça passe.
[3:40] Sauf que là c'est dans le cadre de d'une course, donc y a un
[3:44] chronomètre qui est lancé au départ et y a une barrière
[3:45] horaire qui fait que si on va pas assez vite on est arrêté.
[3:49] Donc c'est ça qui est difficile, c'est de parcourir ces longues
[3:52] distances dans une échelle de temps assez.
[3:55] Courte c'est quoi horaire sur cette course ?
[3:57] C'était si mes souvenirs sont bons.
[3:59] C'était 12 jours pour faire les 650 km, donc ça faisait à peu
[4:03] près entre 50 et 60 km par jour à faire pour pouvoir tenir les
[4:07] barrières horaires. Sauf que la particularité ?
[4:09] Ben le grand froid. Donc on est descendu à des
[4:12] températures en dessous de moins 40 °C.
[4:15] En réel hein ? Parce que souvent y a le
[4:17] ressenti qui est pas tout à fait pareil.
[4:18] Et et en fait, pour s'y préparer, c'est de l'expérience
[4:21] de vie pendant des années. Parce qu'au final, tout ce qui
[4:25] est matériel, tout ce qui est gestion du froid, c'est juste
[4:27] technique. Bon, on pourrait presque
[4:29] l'apprendre dans 1£. Par contre, l'expérience de le
[4:32] vivre pendant longtemps et d'être complètement déconnecté
[4:36] du monde et de devoir s'adapter à des situations très complexes
[4:40] où la vie est même en péril. Ça c'est vraiment des
[4:44] expériences de vie qui se font sur des années et.
[4:47] Et donc c'est pour ça que dans ce titre d'épreuve, si on arrive
[4:50] et qu'on est un excellent technicien mais qu'on n'a pas
[4:52] d'expérience, ça fonctionnera pas.
[4:54] Et l'inverse peut marcher aussi. On peut arriver un petit peu.
[4:57] Je vais pas dire à l'arrache, moi je suis pas arrivé à
[4:58] l'arrache, mais je suis pas non plus quelqu'un du grand Nord,
[5:01] même si j'ai vécu un petit peu au Canada, mais toute mon
[5:04] expérience. Et justement ces ces
[5:06] dispositions mentales ultra difficile dans lesquelles j'ai
[5:09] pu me mettre dans ma vie, dans les différents défis.
[5:11] M'ont aidé à passer à travers ce cette aventure.
[5:14] Tu penses que construire justement un esprit et un corps
[5:17] aussi prêt à affronter ça, ça prend vraiment du temps ou c'est
[5:20] l'intensité de ton entraînement qui qui peut jouer ?
[5:22] Je pense que c'est surtout ouais, le temps et l'expérience.
[5:25] Parce que parce que en fait le corps humain et même le mental,
[5:30] on peut le voir aussi comme comme une sorte de de de de
[5:32] muscles qui va se renforcer. Il va s'adapter quasiment à tout
[5:38] te les charges que tu vas lui appliquer en fait.
[5:41] Je sais pas si tu le sais, mais on est des mutants, on a
[5:44] vraiment quand tu es exposé à une charge extérieure par
[5:48] exemple, très simple, tu soulèves des Haltères, Ben tes
[5:51] muscles ils vont grossir. Donc voilà, quand tu es exposé
[5:54] par exemple à de la chaleur, tu fais des séances de sauna ou tu
[5:56] t'entraînes dehors dans la chaleur.
[5:58] Ton corps va développer aussi des adaptations, tu vas
[6:00] augmenter ta capacité de sudation, tu vas avoir tes tu
[6:02] vas augmenter ton volume de plasma donc tu vas avoir plus de
[6:05] sang. Tu vas augmenter aussi le
[6:07] diamètre de tes de tes artères. Et ça c'est la même chose pour
[6:10] le froid. C'est la même chose pour pour le
[6:13] sommeil, pour la gestion du sommeil, pour la gestion de
[6:15] l'effort. Et si tu t'exposes un petit peu
[6:17] tous les jours un petit peu à des contraintes qui sont pas à
[6:22] celles du confort de chez toi, Bah Ton corps devient mutant,
[6:25] s'adapte à ça. Et le jour où tu te retrouves
[6:27] dans des situations ultra difficiles, Bah t'es prêt à
[6:29] passer au travers. Est ce que tu penses que cette
[6:32] course que t'as faite c'est la plus difficile que t'aies jamais
[6:34] faite ? Oui, c'est clairement la plus
[6:36] difficile que j'ai jamais faite parce que je m'étais jamais
[6:39] retrouvé vraiment dans des événements où y a un danger de
[6:41] mort permanent. Chaque journée, j'étais ouais,
[6:45] c'était si on fait une erreur, on peut vraiment mourir.
[6:49] Et c'est pas une exagération de marseillais.
[6:51] Là c'est vraiment on peut mourir.
[6:53] Parce qu'on est loin de tout, on n'a pas de réseau.
[6:56] Et puis le froid extrême en fait tue en en très peu de temps.
[7:00] Voilà, j'ai eu aussi des des expériences dans le désert du
[7:03] Sahara par exemple. Voilà où avec des températures à
[7:05] plus de 50 °C, on a le temps de se poser même si y a pas d'ombre
[7:08] et de réfléchir et de d'essayer de trouver des solutions, si on
[7:11] a un problème, si on se casse une cheville ou voilà là dans le
[7:15] froid en fait, c'est que si on s'arrête à moins 40, le froid,
[7:18] vraiment ? Le corps en fait veut se
[7:20] maintenir à notre température de base qui est de 38° et quand il
[7:23] fait moins 40, Ben le combat contre le froid et il peut pas
[7:26] durer bien longtemps. Et ce qui fait qu'en fait on va
[7:28] faire une hypothermie et puis s'endormir tranquillement c'est
[7:31] pas une mort douloureuse mais mais c'est quand même quelque
[7:34] chose d'extrême et ça peut aller très très vite parce qu'en fait
[7:38] on quand on s'arrête en fait on perd par exemple les doigts, on
[7:41] peut plus, on n'a plus d'appréhension, on peut plus
[7:45] pincer avec le pouce. Et si il faut gérer des trucs,
[7:48] on peut plus le faire. En fait c'est et donc c'est
[7:51] c'est c'est là que c'est là que c'est assez critique.
[7:52] Parce que bon, on a quand même des balises GPS sur nous, mais
[7:55] parfois si y a un mauvais temps ou que on est vraiment très
[7:58] loin, Ben d'un village, le temps qui vienne c'est trop tard quoi.
[8:03] Donc en fait y a un palier où ton corps répond plus et tu
[8:06] tombes tout seul vers. C'est ça ?
[8:08] Ouais, OK, et et ce qui est, et ce qui est très très ce qui fait
[8:11] très très peur aussi, c'est justement le sommeil.
[8:13] Parce que. Quand on se met dans un sac de
[8:16] couchage par terre dehors comme ça à des températures extrêmes
[8:20] et qu'on tremblote un petit peu dans le sac de couchage et qu'on
[8:22] sait comment justement le mécanisme d'hypothermie se fait
[8:27] ça c'est à dire que Ben Tu t'endors et tu te réveilles pas
[8:30] quoi donc donc c'est un peu angoissant.
[8:33] Là tu trouvais un sac de. Coucher à doute des fois comme
[8:35] ça. Bah oui donc j'étais j'étais un
[8:37] petit peu, j'avais très peur donc finalement c'est ça tu dois
[8:39] si vraiment. Tu commences à trembloter un
[8:41] petit peu avant de t'endormir. Ben finalement ce que tu fais
[8:44] c'est que tu sors du sac de couchage et tu repars.
[8:45] Donc tu dors pas en fait. Est ce que tu peux me parler
[8:49] justement de j'ai évoqué les doutes de ton état mental
[8:52] pendant la course, est ce qu'y a des moments où t'étais vraiment
[8:54] au plus bas et tu te doutais de pouvoir finir ou même de rester
[8:57] en vie ? Ben je dois te dire que c'était
[8:59] tout le temps, et même dès le départ, dès la première minute,
[9:02] faut savoir qu'on était donc on partait de tesline, un petit
[9:05] village des premières nations du yukon.
[9:08] Donc on était à l'intérieur tous là.
[9:10] On était une cinquantaine de participants dans un chalet au
[9:13] chaud, il devait faire 30° là-dedans et au moment où on est
[9:16] parti en fin d'après 12h00, il faisait déjà moins 35 dehors.
[9:18] Donc ça faisait un delta de température de +30-35 65°.
[9:21] Ce qui fait que je me suis dit mais là comme ça pendant 650 km,
[9:26] en fait, j'étais sur la ligne de départ, j'arrivais pas du tout à
[9:28] me projeter, à me dire Mais comment je vais faire 650 km
[9:31] dans ? Dans ces températures là quoi.
[9:35] Et en fait, il suffit de de découper par étape, d'aller à de
[9:39] check point en check point. Mais c'est sûr que chaque nuit
[9:42] que j'ai passé, chaque moment où j'arrivais plus à tirer ma luge,
[9:45] je me disais qu'il restait encore beaucoup de kilomètres.
[9:47] Jamais je vais aller au bout quoi.
[9:48] Mais mais voilà, on s'accroche et en découpant un petit morceau
[9:50] et on finit par y arriver. Ça quoi.
[9:52] Parce que oui t'avais dit la luge pour les gens qui savent
[9:54] pas. Tu Tires ton matériel derrière
[9:55] toi dans une petite luge, C'est ça ?
[9:56] Ouais, tout à fait. Quand on fait des des des
[9:57] projets dans le grand froid, en fait, on a besoin quand même de
[10:00] beaucoup de matériel. Pour pouvoir survivre.
[10:02] Et ce matériel est trop lourd pour le porter sur le dos.
[10:06] Déjà par rapport à la distance, ça ferait trop mal aux épaules.
[10:08] Et puis tu t'enfoncerais dans la neige, ce qui fait que tout le
[10:10] matériel, on le met dans une luge qu'on appelle dans le
[10:12] langage une pulca qui est derrière, accrochée avec 2
[10:16] petites cordes. Et puis on tire notre matériel
[10:18] comme ça pour, pour pouvoir, pour pouvoir avancer.
[10:20] C'est incroyable. Et et quand y a la descente, on
[10:23] peut s'asseoir sur. La luge aussi.
[10:24] J'avoue, ça ça doit être des, ça doit être des et j'ai.
[10:27] Je t'ai posé la question Si t'as douté de finir à certains
[10:30] moments ? Parce qu'y a beaucoup d'athlètes
[10:32] qu'on leur demande, est ce que tu penses ?
[10:33] Que est ce que la démon t'as douté ?
[10:34] Ils disent non, je savais, j'ai toujours su que j'allais finir.
[10:37] Est ce que toi déjà c'est comme ça ou y a vraiment des moments
[10:39] où tu te poses des questions ? Bah en fait c'est sûr que je
[10:42] reste humain, je suis pas un robot.
[10:44] Et puis j'ai peur comme tout le monde j'ai j'ai eu des moments
[10:49] de doute et puis des douleurs aussi extrêmes dans mon corps
[10:52] comme j'ai déjà ressenti dans d'autres épreuves.
[10:55] Après moi je suis, voilà je suis-je suis dangereux pour moi
[10:57] même je pense et que tant que je peux toujours.
[11:00] Faire un pas de plus, un centimètre de plus quitte à pas
[11:03] ramper non plus dans la neige mais peut être peut être marcher
[11:06] à 4 pattes je l'ai jamais fait encore mais mais je vais
[11:08] continuer à avancer en fait et et ce qui montre que voilà c'est
[11:12] cet aspect mental aussi prend vraiment le dessus sur sur tout
[11:16] le reste. J'avais extrêmement froid,
[11:18] j'avais extrêmement faim, j'avais mal partout mais Ben je
[11:20] continuais à avancer donc c'est vraiment c'est vraiment dans la
[11:24] tête que ça se passe et c'est ce qui va tout piloter quoi.
[11:26] Donc voilà après faut rester aussi.
[11:30] Faut rester aussi humble par rapport à à à ce qui se passe
[11:32] autour. Mais voilà, tant que tant que ça
[11:36] avançait, j'avançais, mais à aucun moment c'était gagné.
[11:40] Et je te dirais même que jusqu'à la dernière journée, j'étais pas
[11:44] sûr d'arriver au bout. J'avais j'avais des douleurs
[11:46] dans les jambes et la, la fin de parcours était vraiment en
[11:48] montagne avec des des pentes extrêmes et des moments où
[11:52] c'était tellement raide que je n'arrivais même plus.
[11:53] J'étais épuisé. À tirer ma luge et je me et je
[11:56] m'arrêtais en bas de la pente. Je la regardais en je regardais
[11:58] en haut de la pente. Je me disais mais je sais même
[12:00] pas comment je vais monter, je vais peut être monter en haut,
[12:02] faire un système de de treuils pour remonter ma ma luge.
[12:06] Donc ouais, tant que t'es pas arrivé au bout tout peut
[12:08] t'arriver, et et voilà faut faut bien rester concentré.
[12:12] Est ce que tu penses que cette volonté de faire que t'as qui te
[12:14] pousse à toujours faire un pas si tu peux c'est quelque chose
[12:17] d'inné ou c'est quelque chose que n'importe qui peut
[12:19] développer avec de l'entraînement ?
[12:20] Alors c'est une très bonne question et c'est je suis
[12:23] encore. Dans l'introspection pour pour
[12:27] trouver cette réponse, j'ai pas envie de dire que c'est inné
[12:30] même si je pense que c'est inné parce que je voudrais pas que
[12:33] des personnes se disent je l'ai pas donc je vais pas essayer tu
[12:36] vois, je suis quelqu'un qui aime bien aussi inspirer et pousser
[12:39] les gens à eux aussi expérimenter, voilà des des
[12:43] aventures qui les dépassent. Mais voilà, après je sais que ça
[12:47] se travaille aussi parce que mes premiers mes premières épreuves
[12:50] d'ultra endurance, j'avais bah je.
[12:54] Je disons que j'abandonnais un petit peu plus facilement
[12:56] maintenant. Je sais aussi qu'est ce que
[12:59] c'est, qu'est ce que c'est une échelle de douleur, qu'est ce
[13:01] que c'est une des premiers signes de douleur et qu'est ce
[13:04] que c'est vraiment quelque chose d'extrême qui va mettre en péril
[13:07] ton intégrité physique. C'est vraiment une échelle
[13:09] qu'aujourd'hui je sais évaluer. Au début tu ne la connais pas,
[13:12] mais c'est sûr que dès mes premiers événements, j'avais
[13:16] quand même cette capacité à me pousser plus que d'autres qui
[13:18] débutent, ce qui fait qu'il y avait quand même quelque chose
[13:20] en moi d'un petit peu inné donc. Je pense que voilà, on a quand
[13:24] même. On est quand même avec un mental
[13:26] plus ou moins déterminé, mais ça se travaille aussi, c'est vrai.
[13:31] Qu'il y a 2 types de de souffrance, la souffrance
[13:33] physique et la souffrance mentale, pour toi, c'est quoi le
[13:36] plus difficile ? Bah c'est clairement le mental
[13:39] parce qu'au final le physique c'est une seule information, une
[13:43] seule information. En général ça va être soit une
[13:46] douleur ciblée. Donc voilà tu vas être capable
[13:49] de quand t'es assez connecté avec ton corps.
[13:51] À scanner un petit peu cette douleur, essayer de réfléchir
[13:54] d'où elle vient, est ce que je l'avais avant, est ce que c'est
[13:56] nouveau, est ce que c'est lié à un mauvais pas que je viens de
[13:58] faire ? Est ce que c'est quelque chose
[13:59] qui va passer ? Est ce que ça va continuer à
[14:03] s'amplifier, à m'amener dans quelque chose de vraiment
[14:05] dangereux pour ma santé ? Donc voilà, y a une seule
[14:07] information, tandis que dans la tête c'est un tout à gérer hein.
[14:11] Le le cerveau en fait, c'est vraiment un ordinateur central
[14:15] qui va qui va contrôler justement tes battements
[14:17] cardiaques. Qui va te faire suer si il fait
[14:20] chaud ? Qui va essayer de te créer de
[14:22] l'énergie ? Si, si, il fait froid.
[14:24] Les émotions aussi à gérer parce que quand t'es dans des épreuves
[14:28] comme ça, tous les masques ils tombent en fait hein.
[14:31] Là quand on est dans le confort, on peut se cacher derrière ce
[14:35] qu'on veut, mais là on est vraiment à fleur de peau, ce qui
[14:38] fait qu'y a si on est assez sensible et qu'on a vécu
[14:42] beaucoup de d'expériences fortes dans notre vie, ça ressort
[14:44] toujours à ces moments-là. Et puis il peut ressortir de la
[14:48] de la colère, il peut ressortir de la tristesse et ça, ça peut
[14:52] nous amener dans des mécanismes de de discussion interne que si
[14:59] on l'ajoute à la douleur. Bah en fait c'est un cercle
[15:02] vicieux qui va forcément te pousser vers l'abandon.
[15:06] Donc c'est c'est ça qui est dur à gérer, c'est de d'avoir une
[15:09] douleur. Et en même temps, si on a un
[15:10] discours interne qui est pas forcément positif, bah de.
[15:14] De prendre le contrôle là-dessus consciemment pour sortir de
[15:17] cette passe là avec des schémas mentaux pour se remettre dans un
[15:20] dynamisme de d'aller vers l'avant.
[15:23] Bah tu vois par exemple, y a un mois et demi, j'ai fait
[15:24] l'ironman de Nice et sur le marathon, c'était un marathon
[15:27] sous canicule. J'étais, j'étais vraiment dans
[15:30] le. Dur j'en ai entendu parler,
[15:31] hein ? Mais mais je sais-je sais pas
[15:34] comment j'ai fait pour continuer ni pourquoi j'ai continué, mais
[15:37] je l'ai fait. Est ce que toi dans tes moments
[15:39] de doute tu sais ? C'est quoi qui te pousse à
[15:41] continuer justement à à surmonter la douleur et à
[15:43] vraiment finir alors que tu pourrais juste t'arrêter ?
[15:45] Bon il y a plein de raisons hein, c'est des des raisons
[15:47] profondes. Je sais pas pourquoi tu as
[15:49] participé à cet événement de Nice.
[15:51] Voilà peut être que tu t'es même pas posé la question, c'est
[15:53] possible aussi. Après c'est tout simplement
[15:56] essayer un défi, quelque chose de nouveau, d'autres le
[15:58] d'autres, d'autres le font et et c'est peut être aussi tout
[16:01] simplement nourrir un petit peu ton ego et de voir que tu es
[16:03] capable toi aussi de faire des choses incroyables.
[16:05] C'est très bien comme ça maintenant, il y a quelque chose
[16:07] aussi au fond de nous. C'est ce qu'on appelle la
[16:12] survie. L'esprit de survie, c'est c'est
[16:15] quelque chose que on l'a un petit peu perdu parce que quand
[16:18] on est, on est tout de suite pris dans un cocon de sécurité.
[16:23] Mais ce qui est fou, c'est que si on te prend comme ça et qu'on
[16:25] te jette dans la jungle ou peu importe, ou dans le désert ou
[16:30] dans un milieu froid, même si tu n'as jamais eu aucune expérience
[16:34] là-dedans, je peux t'assurer que tu vas te découvrir.
[16:37] À faire des choses à à à tout d'un coup, à à voilà, à te à te
[16:43] mettre dans, à te mettre dans un dans un dans une optique de de
[16:46] survie, pour pouvoir Ben finalement rester le plus
[16:50] longtemps possible. Et ça, c'est quelque chose qui
[16:52] ressort vraiment quand on est au fond, au fond, dans les moments
[16:55] les plus difficiles, mentales et physiques, et c'est ce qui t'est
[16:58] peut être arrivé, t'avais t'avais quelque chose en toi,
[17:01] une ressource insoupçonnée dans ton cerveau qui t'a permis de de
[17:04] trouver. Voilà les ressources pour pour
[17:06] continuer. Et pour pouvoir les expérimenter
[17:09] ces ces sensations de survie, faut vraiment se mettre
[17:11] volontairement dans des situations difficiles.
[17:14] Et c'est pour ça aussi ce que je disais tout tout à l'heure en
[17:16] introduction, c'est que j'aime me mettre dans ces situations là
[17:19] parce que je me découvre Ben des des codes qu'y a dans ma tête
[17:23] qui est que je savais pas qu'ils étaient là.
[17:25] Et et notamment sur l'icône, je me suis découvert à faire des
[17:27] trucs pour survivre que jamais j'aurais imaginé.
[17:30] J'ai, j'ai développé des des systèmes pour pouvoir survivre
[17:33] quoi ? T'as un exemple de truc que
[17:34] t'as ? Bah par exemple, qu'est ce que
[17:36] j'ai fait ? Bah y avait des nuits où
[17:38] vraiment je me battais contre le froid, il faisait c'était
[17:41] c'était c'était ingérable. Bah j'avais j'avais froid au
[17:44] niveau du ça me prenait ici. Bah j'ai j'ai pris une petite
[17:46] bouteille en plastique que j'avais, j'ai mis de l'eau
[17:48] bouillante dedans, que je faisais chauffer et je me la
[17:50] mettais ici à l'intérieur contre ma veste.
[17:53] Je fermais la veste gortek, ça me faisait une sorte de ça me
[17:56] faisait une sorte de de sauna. Enfin, c'est pas un sauna sauna,
[17:59] mais ça me faisait comme une bouillotte ici au niveau du
[18:02] ventre, et ça me ça me permettait de passer toute la
[18:03] nuit comme ça. Et ça, j'ai découvert la 2e nuit
[18:06] et après les les nuits étaient étaient beaucoup plus faciles.
[18:08] Jamais quelqu'un m'avait dit de de faire ça, tu vois.
[18:11] Après par exemple aussi, l'air était extrêmement sac et
[18:13] extrêmement froid, ça me faisait très mal aux poumons et j'ai
[18:16] fini par comprendre qu'en me mettant un petit tissu sur le
[18:19] visage. Ça, ça en fait.
[18:22] Quand tu expires, tu tu mets un petit peu de gouttelettes.
[18:24] Voilà dans dans le tissu. Et quand j'ai inspiré, Ben ça
[18:26] humidifiait l'air et c'était beaucoup plus facile.
[18:29] Donc ça c'est des trucs que je sais pas.
[18:31] Ça sort d'un coup naturellement et ça te permet de de survivre.
[18:34] Tu penses qu'on devrait un peu plus se jeter dans la jungle
[18:37] comme tu l'as dit de nos jours ? Oui oui, 100% c'est c'est c'est
[18:41] ouais, j'en suis convaincu parce que pour plusieurs raisons déjà.
[18:46] Ça te, c'est une école qui est hyper puissante pour, pour, pour
[18:50] le cerveau. Tu vois de de tu travailles tout
[18:53] en même temps, tu travailles la mémoire, tu travailles la
[18:57] créativité, la recherche de solutions et en même temps ton
[19:01] corps travaille aussi. Et tout ça, Ben c'est c'est
[19:04] vital, c'est vital. On est.
[19:07] On est enfin on est a encore aujourd'hui, peut être que dans
[19:09] les 1000000 d'années on sera, on évoluera différemment, mais
[19:12] encore aujourd'hui on on a besoin de bouger notre corps de
[19:15] manière intense, donc dans l'intensité, c'est à dire avec
[19:18] des des rythmes cardiaques élevés et aussi en endurance,
[19:23] c'est à dire un effort sur des petites intensités, mais
[19:25] longtemps et être exposé à justement à du froid, à du
[19:30] chaud. Voilà et et ça en fait, c'est
[19:33] parce que au niveau cellulaire. Ça va un petit peu, voilà
[19:37] activer. Et c'est un petit peu comme ça
[19:39] aussi que fonctionne la longévité.
[19:41] Voilà et puis aujourd'hui on essaie de de consommer des des
[19:44] petites gélules le matin là parce que on a des bilans
[19:48] sanguins catastrophiques, mais en fait la solution c'est
[19:50] surtout ça. Mais mais voilà, c'est
[19:54] aujourd'hui on a une relation à l'inconfort qui est qui est
[19:58] quelque chose d'ultra négatif et qui fait que Ben on n'aime pas
[20:01] s'exposer à l'inconfort, c'est c'est comme ça.
[20:03] Il fait chaud, on met la CLIM, il fait froid, on met le
[20:06] chauffage et puis on on veut plus rien, on on veut plus rien
[20:10] ressentir et et rien ressentir. Pour moi en fait c'est c'est
[20:12] être mort. Donc je dis pas que j'aime pas
[20:14] l'inconfort. J'aime aussi me mettre dans un
[20:15] bon gros canapé comme ça de temps en temps devant un gros,
[20:18] une grosse série où j'ai pas chaud, j'ai pas froid mais mais
[20:20] ça doit rester très ponctuel. C'est c'est intéressant.
[20:23] Bah en vrai c'est un peu pour ça que j'ai fait l'ironman en fait.
[20:25] Quand y a quelque chose que j'ai pas du tout envie de faire, je
[20:27] me force à le faire et je me rends compte que ça me permet de
[20:30] grandir. Fois 1000 sur carrément.
[20:32] Bah t'es t'es fier de ce que tu fais.
[20:33] Tu peux aussi inspirer des personnes autour de toi à tu le
[20:38] sais pas, mais est ce que t'as partagé peut être à se mettre
[20:40] aussi à l'activité physique, pas forcément faire un ironman, mais
[20:43] ils se sont dit Ah tiens, il a fait ça.
[20:44] Je vais essayer d'aller courir, je vais aller essayer d'aller
[20:46] faire du vélo et puis. Et puis ça va directement les
[20:50] remettre vers un chemin de santé.
[20:52] D'ailleurs, tous ces gens qui commencent, ils ont souvent, tu
[20:54] sais, des petites douleurs, des choses qui ne vont pas quand
[20:56] commencent un exercice. Et ils se disent que les gens de
[20:58] ton niveau, ils ont pas de douleur, ce qui leur permet de
[21:00] s'entraîner dans. J'ai mal tous les jours, j'ai
[21:03] mal tous les jours, je je pense que j'ai y a aucune journée où
[21:05] je me lève, où j'ai pas mal, je me lève, j'ai les tendons
[21:07] d'Achille bloquée pour aller aux toilettes le matin, c'est un
[21:10] enfer mais mais voilà, après c'est parce que si je suis
[21:14] aujourd'hui, c'est mon métier, le sport et je mets mon mon
[21:17] corps à à rude épreuve. Mais mais non, la douleur, la
[21:21] douleur, encore une fois, c'est c'est une échelle, y a douleur
[21:23] et douleur et c'est. Moi j'appelle ça des petites
[21:25] douleurs parasites. Forcément, tu te lèves si tu te
[21:27] lèves un matin, que t'as un petit peu des, des, des
[21:29] courbatures, des petites douleurs, Ben c'est que la
[21:30] Veille t'as fait quelque chose. Après, à toi d'être assez
[21:32] intelligent pour bien gérer ce que ce que ce qu'on appelle la
[21:35] quantification du stress mécanique, c'est à dire d'être
[21:38] toujours dans cette limite où le corps travaille et mais où le
[21:42] corps a le temps de récupérer aussi.
[21:43] Ce qui fait que t'es dans l'adaptation et ton corps
[21:45] progresse. Et parfois certains sont dans.
[21:50] Dans cette voilà dans ce dogme du no pain no gain qui est de
[21:53] passer au-dessus de la courbe et de se blesser.
[21:55] Et ça c'est dommage parce que parce que se blesser déjà de
[21:58] une, la blessure peut être assez grave pour pour tes capacités
[22:00] pendant plusieurs mois et finalement c'est dommage.
[22:03] Mais le pire ça serait que ça te fasse tellement mal que ça te
[22:06] démotive à arrêter ce que ce que tu as commencé.
[22:08] Ça c'est c'est vraiment le pire. Donc l'idée c'est de d'en faire,
[22:12] de trouver juste ce qu'il faut pour pour pouvoir toujours être
[22:16] dans la progression pas trop bas.
[22:17] Sinon bah finalement tu stagnes pas trop haut sinon tu te
[22:19] blesses. Et ça, c'est c'est beaucoup
[22:21] d'expérience et surtout beaucoup de connexion avec son corps
[22:23] aussi. Parce que j'avais une vidéo où
[22:25] tu faisais l'analyse de ton corps et je je lisais un peu
[22:29] tout ce qu'y avait de périostites, des des fractures
[22:32] de fatigue, des entorses, des douleurs aux tendons pendant 8
[22:34] ans. Et malgré tout ça, bah t'arrives
[22:36] à vivre avec et. Ouais, après moi j'ai un profil
[22:39] particulier, c'est que j'ai commencé mon sport à l'âge de 30
[22:43] ans, donc c'est sûr que aujourd'hui, ce qui me passionne
[22:46] c'est la course à pied et le trail.
[22:48] Et c'est un sport qui est où y a quand même beaucoup d'impact.
[22:51] Donc quand tu commences tout jeune à courir, que tu fais de
[22:53] l'athlétisme, voilà. Donc ton corps a le temps de
[22:56] s'adapter à la charge que peut représenter la course à pied.
[22:59] Sauf que quand tu commences fin vingtaine, Ben le corps il est
[23:03] resté 20 ans sans pratiquer une activité à impact.
[23:08] Ce qui fait que Ben c'est ce que je disais tout à l'heure, le
[23:11] corps va s'adapter, mais il faut lui laisser du temps.
[23:13] Sauf que moi, comme j'ai voulu un petit peu.
[23:16] Aller plus vite que ce que que ce que était capable de prendre
[23:19] mon corps. Bah au début ça a été ouais, ça
[23:21] a été un carnage mais. Mais aujourd'hui si c'était à
[23:25] refaire, je ferais différemment et je fais, je coache aussi,
[23:28] voilà, je, je, je, je, je coache un petit peu et et je conseille
[23:32] des coureurs et et je leur recommande absolument pas
[23:35] d'aller faire des courses de plus de 100 km dès la 2e année
[23:38] de pratique. Faut surtout pas faire ça.
[23:41] Pour revenir aux aux courses de 100 km par exemple.
[23:43] Sur une course par exemple, l'u. TMB où y a moins de contraintes
[23:45] climatiques par exemple. Moi j'étais basketteur pro avant
[23:48] et tu sais, y a des moments dans le match où t'as l'impression
[23:50] que tout coule, tu penses plus à ton cardio, tout se passe bien,
[23:54] t'es dans dans ta zone un peu. Est ce que des fois t'es fait un
[23:57] peu de voler, de flotter sur la course ou alors t'es toujours
[24:00] dans la souffrance ? Alors oui ça arrive et nous dans
[24:03] notre langage on appelle ça l'état de flot, je sais pas si
[24:06] c'est pareil dans notre support. C'est très très rare.
[24:08] Moi je pense que ça m'est arrivé peut être 2, peut être 3 dans ma
[24:12] carrière sur des dizaines de courses et et puis j'ai jamais
[24:16] su en fait. J'ai pourtant j'ai vraiment
[24:18] travaillé après à essayer de de regarder en détail qu'est ce que
[24:21] j'ai fait à l'entraînement, de regarder en détail qu'est ce que
[24:23] j'ai fait dans ma course en termes de passing, c'est à dire
[24:25] de d'allure de qu'est ce que j'ai mangé et j'ai jamais su le
[24:30] reproduire donc. C'est quelque chose qui est qui
[24:33] est assez cool aussi de se dire que tout n'est pas contrôlable
[24:36] et qu'y a une part de magie aussi dans le corps humain, dans
[24:39] le mental et dans le sport et mais c'est fabuleux quand ça
[24:44] arrive. C'est à dire que Ben normalement
[24:46] courir sans voilà comme une épreuve comme l'ultra traîne du
[24:48] Mont Blanc que tu viens de citer qui fait plus de 170 km, t'es
[24:51] censé souffrir tout le long. Mais non.
[24:54] En fait tu peux vraiment avoir des moments entre le kilomètre
[24:57] 130 et 170 où y a plus aucune douleur et où t'es capable
[25:00] d'accélérer. Et où où tout est fluide quoi.
[25:04] Et ça c'est ça. C'est c'est totalement paradoxal
[25:08] et contradictoire pour notre esprit parce que on se dit on
[25:11] part au départ, on est plein d'énergie, on a les muscles qui
[25:14] sont qui sont bien frais et tout, et puis en fait ça devrait
[25:16] être juste une courbe descendante jusqu'à la ligne
[25:18] d'arrivée et en fait ça se passe pas comme ça, c'est plutôt alors
[25:21] c'est pas une sinusoïde constante mais ça va plutôt être
[25:23] un roller coaster il va y avoir des bas, des hauts et et ça
[25:26] défie toute logique parce qu'en fait à mesure qu'on avance, on
[25:29] est de plus en plus fatigué. Mieux on réussit à être de mieux
[25:32] en mieux, de mieux en mieux parfois.
[25:33] Et ça c'est c'est quelque chose qui qui me passionne aussi dans
[25:36] dans dans dans le fonctionnement de notre corps quoi.
[25:39] C'est clair. Et voilà, je l'ai déjà vécu ce
[25:42] flow et c'est vrai que je recommande à tout le monde de le
[25:44] vivre maintenant. Je me dis que c'est peut être
[25:46] une bonne chose de pas avoir les clés pour pouvoir l'utiliser
[25:51] quand tu veux parce que c'est bien que ça reste rare.
[25:54] Et je pense aussi que c'est dangereux pour nous même parce
[25:58] que quand tu rentres dans un État de flot.
[26:00] Tu peux vraiment te mettre dans des dispositions physiques,
[26:03] enfin tu peux vraiment pousser très très loin et c'est comme si
[26:06] tu mets tu vois le nose là sur ta voiture.
[26:08] Là quand tu joues aux jeux vidéo, là faut pas le faut, pas
[26:12] l'utiliser trop souvent, sinon tu sers le moteur quoi tu vois.
[26:14] Donc je pense que c'est bien de le vivre ponctuellement mais de
[26:18] pas avoir les clés, de le garder un petit peu secret et et que ça
[26:21] arrive par surprise parfois c'est c'est très bien comme ça.
[26:23] Mais je trouve que c'est une belle chose parce que pour le
[26:26] vivre, tu dois souffrir en fait et.
[26:28] C'est la souffrance qui te rend heureux finalement, et ça c'est
[26:31] en corrélation avec ce que tu dis.
[26:32] Moi c'est ce que je dis souvent la la, la souffrance fait partie
[26:35] de la vie et et et moi en fait tu vois au Youcon t'en parlais
[26:38] tout à l'heure sur 650 km, je pense que j'ai souffert 620 km
[26:42] mais. Mais en fait c'est ce que je
[26:45] veux dire, c'est que y a aussi une forme de de plaisir dans la
[26:47] souffrance. Souffrir c'est aussi ressentir,
[26:50] et ressentir c'est vivre. Tu vois quand j'ai froid, quand
[26:55] je. Je je sens mon corps, Ben je me,
[26:58] je me je m'ancre tu vois et je me sens vraiment je suis là
[27:01] quoi, je suis pas en train de de pas exister tu vois, je me sens
[27:03] exister dans un environnement et aussi la souffrance met un
[27:06] référentiel, c'est à dire que quand je rentre après le yukon à
[27:09] l'hôtel qu'il fait chaud, je me prends une bonne douche et tout
[27:12] là là là j'ai j'ai j'ai comme voilà un un plaisir de la joie
[27:16] qui monte qui est beaucoup plus grande que les douches que je
[27:18] prends habituellement tous les soirs chez moi tu vois parce que
[27:21] j'ai mis un référentiel de ce que c'est de pas prendre de
[27:23] douche pendant 10 jours dans le froid et de souffrir de ça.
[27:26] Donc c'est aussi, c'est faut aussi voir ça comme comme une
[27:29] manière de d'être plus heureux de souffrir.
[27:33] Est ce que la sensation que t'as ressenti quand t'as passé la
[27:35] ligne d'arrivée de cette course, c'était quelque chose de
[27:38] vraiment unique ? Alors c'était très particulier
[27:41] parce que habituellement sur les lignes d'arrivée, bon comme
[27:43] d'habitude, j'arrive assez à fleur de peau et puis y a c'est
[27:46] des courses voilà assez médiatisées auxquelles je
[27:48] participe. Donc y a du monde, du public et.
[27:51] Et ça crie, ça chante, y a de la musique et c'est sûr que bon,
[27:54] j'ai toujours des larmes qui sort ou voilà, j'ai des émotions
[27:56] très fortes, ça me prend dans la poitrine et tout.
[27:59] Et là en fait, j'étais tellement vidé de tout, de fatigue, que
[28:04] j'ai que j'ai rien eu. C'était assez perturbant comme
[28:08] sentiment. Je me je me suis dit, Mais tout
[28:10] ça pour ça quoi ? Ça faisait, je sais pas, voilà
[28:13] 600 plus de 600 bornes que que je, que j'avance, que je
[28:15] crapahutais au fin fond de ces forêts canadiennes.
[28:18] Et j'ai vu ce village, ce village au loin, les maisons qui
[28:21] arrivaient, et j'attendais d'avoir quelque chose qui monte,
[28:24] de la chaleur, une larme et puis rien du tout quoi, absolument
[28:28] rien. Et je pense que voilà, l'émotion
[28:31] aussi est quelque chose qui qui consomme de l'énergie.
[28:36] Et après je n'ai plus assez d'énergie pour pouvoir même
[28:38] vivre des émotions. Donc ça c'est vraiment et ça a
[28:41] vraiment été une expérience aussi particulière de se dire Ah
[28:42] ouais, on peut se pousser jusqu'à ne plus avoir
[28:44] d'émotions. Alors j'ai une petite larme qui
[28:45] est sortie quand même après une fois que je suis vraiment arrivé
[28:48] sous la ligne d'arrivée. Mais j'ai pas trop su su dire si
[28:52] cette larme c'était de la joie, de la tristesse, de la, du
[28:55] soulagement. Mais mais j'étais vidé.
[28:57] Voilà ça ça arrive aussi. Donc voilà je veux partager que
[29:01] parfois attention on peut préparer des mois et des mois à
[29:04] une épreuve sportive, plus rien, rien ressentir le jour J mais
[29:07] c'est pas grave, on ressentira ces bonnes.
[29:09] Épreuves la larme, elle a gelé immédiatement.
[29:11] Ou pas. Elle a quasiment gelé
[29:12] immédiatement. Ouais.
[29:13] C'est marrant, ouais, ça gelé, ça gelait, tout ce qui coulait
[29:15] sur mon visage, ça gelait, ça s'accrochait ici sur mes poils,
[29:18] moustaches, et ça faisait des stalactites comme ça.
[29:19] Ouais donc ouais, ouais, ça, ça gèle très très vite.
[29:21] Ouais. J'aimerais bien que tu me parles
[29:22] maintenant de ta préparation, est ce que tu peux me décrire la
[29:25] la journée classique d'un d'un ultraman ?
[29:30] Et donc moi une journée typique en général.
[29:33] Donc déjà ça c'est un luxe, mais c'est de ne pas mettre de réveil
[29:36] donc le matin, ce qui fait que je laisse mon corps.
[29:40] Se réveiller naturellement quand il quand il a assez dormi, voilà
[29:43] et qui voilà. Donc ça c'est ça, peut être 6 h
[29:46] du matin, ça peut être 7 h, ça peut être 8 h, ça dépend un
[29:49] petit peu de l'heure du coucher la veille aussi et de la, et de
[29:50] ce que je me suis mis la veille, le corps plus ou moins besoin de
[29:53] dormir, mais en général c'est entre 8 et 10 h ensuite Ben
[29:58] Voilà, je suis un peu comme je suis, un peu comme un véhicule
[30:01] de course quoi, c'est faut chauffer un peu le moteur au
[30:04] début quoi, le matin c'est un peu raid, alors ça veut pas dire
[30:07] que je suis pas en santé, mais c'est sûr que quand t'as.
[30:10] Une structure musculaire développée, des articulations
[30:13] plus développées, des tampons plus gros.
[30:15] Bah tout ça faut que ça chauffe un petit peu donc je m'accorde
[30:17] toujours une bonne heure de routine du matin où là vraiment
[30:22] je j'essaye de de faire monter progressivement mon cortisol là
[30:26] et et mes hormones pour pas aller tout de suite dans les
[30:28] écrans. Tu vois les trucs anxiogènes
[30:31] donc là c'est vraiment une routine de je suis sur un petit
[30:33] tapis de yoga, parfois je me lance un petit podcast.
[30:37] Et puis et puis je fais des exercices de mobilité quoi, pour
[30:39] pour réveiller mon corps tranquillement.
[30:41] J'aime beaucoup les exercices de respiration aussi, c'est quelque
[30:43] chose que j'ai appris plus jeune sous l'eau et ensuite Ben je
[30:47] vais programmer la journée en général elle est programmée par
[30:50] un par une programmation d'entraînement hein, parce que
[30:53] ce que je te disais tout à l'heure, c'est que le corps
[30:55] s'adapte dans la limite où t'imposes la charge.
[30:57] Voilà bien calculée donc en gros c'est des courbes qui augmentent
[31:01] progressivement de semaine en semaine et puis t'essayes donc
[31:04] voilà de. De de de respecter ces charges
[31:07] là donc c'est des charges d'intensité ou ou d'heures par
[31:10] jour et et en général c'est 2 entraînements par jour.
[31:13] Voilà c'est soit 2 entraînements par jour, un le matin et un en
[31:16] fin de journée, soit un gros entraînement ce qu'on appelle
[31:18] les très longues sorties toute la journée et après j'essaye
[31:21] pour rester assez dans le cirque, un petit peu circadien
[31:25] et puis aussi social de rentrer pour manger le 12h00 avec ma
[31:28] compagne ou si je suis avec des amis et d'essayer de respecter
[31:31] ça quoi. Parce que sinon quand t'as ta
[31:33] tête pro et que t'as pas de rendez-vous, tu peux très vite
[31:36] complètement décaler. Ça m'est déjà arrivé, tu pars
[31:39] courir à 11h00, tu reviens à 14h00, t'as sauté le repas, du
[31:41] coup là tu manges à 15h00 puis t'as plus faim le soir c'est
[31:43] faut vaut mieux éviter de faire ça parce que tu pars, tu pars
[31:46] complètement dans tous les sens. Et puis les 2 séances par jour
[31:50] ça peut être une séance de vélo, une séance de course, 2 séances
[31:52] de course, une séance de course, une séance de muscu à la salle.
[31:55] Voilà mais c'est c'est activé le corps 2 fois, je préfère
[31:57] l'activer un petit peu, 2 fois que que beaucoup, une seule fois
[32:01] voilà. Et et puis y a rien de y a rien
[32:05] de sorcier quoi, hein ? Et l'idée c'est d'être constant
[32:08] quoi, hein ? Constant, fréquent un petit peu
[32:11] tous les jours. Plutôt que faire le bourrin ou
[32:14] essayer de faire du rattrapage au dernier moment, ça, ça
[32:16] fonctionne pas du tout. Je vais te demander justement
[32:18] pour toi, c'est quoi dans ton entraînement ?
[32:20] L'habitude la plus sous-estimée mais qui fait le plus la
[32:23] différence selon toi ? Bah c'est tout simplement de de
[32:29] sortir quoi qu'il arrive tous les jours.
[32:33] Qu'il pleuve, qu'il vente, qu'il neige.
[32:34] Et en fait, c'est que moi je considère que même une toute
[32:36] petite sortie ça compte. Et ça c'est ce que c'est ce que
[32:39] j'essaie de partager souvent aussi, qu'on est dans cette dans
[32:43] cette, dans cette société de la performance, dans cette société
[32:45] du même. Aujourd'hui, voilà, y a des
[32:47] réseaux sociaux de où on partage nos activités, où tout le monde
[32:50] nous regarde et donc sortir moins d'une heure, c'est un peu
[32:55] la honte. Tu vois, si tu pars sur ton vélo
[32:56] ou courir moins d'une heure, finalement tu vas pas y aller
[32:59] parce que tu te dis ça sert à rien.
[33:01] Et ça c'est vraiment une habitude que j'ai commencé très
[33:04] très tôt, c'est de me dire que même si aujourd'hui je suis pas
[33:06] très bien ou la météo est vraiment dégueulasse, même pour
[33:10] 20 Min, je sais que c'est chiant.
[33:12] Il va falloir mettre les baskets, s'habiller et tout,
[33:14] mais j'y vais quand même tu vois.
[33:15] Et ça c'est quelque chose qui fait que quand tu le multiplies
[33:19] sur les jours, les semaines, les années, Ben finalement ça fait
[33:23] un volume accumulé énorme. Et et tu ton corps ne se a pas
[33:28] le temps de se désadapter parce que je disais tout à l'heure que
[33:31] on s'adapte très vite mais on se désadapte très vite aussi.
[33:37] Et ce qui est très ingrat dans dans voilà dans le sport et
[33:41] surtout dans les sports d'endurance, c'est que t'arrives
[33:45] à un certain niveau et si après tu t'arrêtes un petit peu que tu
[33:48] te désadaptes, bah tu quand tu vas reprendre, tu vas vouloir
[33:51] reprendre où t'en étais alors que il faut surtout pas faire
[33:54] ça. Si là t'as fait un Iron Man et
[33:56] tu te remets les entraînements que tu t'es mis dans les dans
[33:58] les derniers mois avant l'iron Man, je peux t'assurer que tu
[34:00] vas te blesser et et c'est frustrant.
[34:03] Alors je dis pas que tu repars à 0 parce que t'as quand même une
[34:05] mémoire musculaire, mentale, articulaire, tissulaire qui fait
[34:09] que tu vas revenir à ton niveau plus vite que le temps que ça
[34:12] t'avait pris à l'origine pour pour pour y aller.
[34:14] Mais il faut quand même repartir assez bas.
[34:16] C'est vrai ? Bah finalement c'est un peu la
[34:18] discipline, la l'habitude la plus importante.
[34:21] J'ai vu une interview de Kepcher qui disait que les personnes les
[34:23] plus disciplinées justement, c'est les plus libres, est ce
[34:26] que t'es d'accord avec ça ? Ouais je pense.
[34:28] Et puis je suis d'accord aussi sur le fait que bah la
[34:30] discipline en fait c'est c'est un état d'esprit où tu te donnes
[34:35] pas d'excuses quoi. Là pour le coup t'essaies d'être
[34:37] un petit peu robot, t'as pas envie et tu le fais.
[34:39] Et c'est vrai que quand t'es discipliné, Bah tu te libères.
[34:43] Tu te libères de tout ce que t'as à faire dans ta journée, de
[34:47] ce qui est humain, de ta vie sociale, de tes autres projets.
[34:50] Parce que si tu es pas discipliné, ce que tu vas faire
[34:52] c'est que tu vas procrastiner. Donc si tu procrastines au
[34:55] lendemain, Ben finalement tu vas avoir mauvaise conscience toute
[34:57] la journée de pas avoir fait ton activité physique, ou en tout
[35:01] cas le travail, la tâche que tu devais faire professionnelle.
[35:04] Et si tu procrastines au sein du même journée, ce qui ce qui fait
[35:07] que tu vas rien faire de la journée parce que tu vas
[35:08] reporter à l'heure suivante toute la journée et à la fin de
[35:10] la Journée tu l'auras pas fait, ou au pire tu vas le blackly en
[35:12] fin de journée et tu vas tu vas le faire sous le coup de de
[35:15] l'énervement et ça fonctionne pas.
[35:17] Donc effectivement, quand t'as discipliné, quand tu te dis à
[35:19] tel heure, je fais mon entraînement.
[35:20] Quand c'est fait, c'est fait. Et puis après t'es t'es libre
[35:23] toute la Journée, t'as plus cette mauvaise conscience et
[35:24] t'as t'as une t'as une liberté d'esprit pour faire tout le
[35:27] reste et qui est fabuleuse, c'est ça.
[35:28] Donc c'est un petit y a un petit côté militaire là-dessus mais
[35:30] mais la discipline agit comme un rouleau compresseur sur le
[35:33] temps. Donc c'est c'est comme ça.
[35:35] Il parle aussi dans son interview de la vitamine N, tu
[35:37] sais ce que c'est la vitamine ? N de ouais bien sûr.
[35:39] Ouais c'est c'est de savoir dire non, de savoir dire non, non.
[35:42] Mais je suis tout à fait d'accord.
[35:42] Moi j'avais pas la vitamine N avant parce que.
[35:46] Je suis un peu un artisan dans mon sport, j'ai tout appris tout
[35:49] seul, je suis, j'ai toujours été comme ça, je suis autodidacte et
[35:51] ayant commencé très tard, Ben je suis pas passé par les écoles
[35:53] classiques du sport et et c'est sûr que quand tu commences à
[35:58] progresser, à te passionner, Ben tu reçois beaucoup de
[36:01] sollicitations, de participer à des courses.
[36:03] Moi quand je recevais une invitation pour aller faire une
[36:05] course à Tahiti, j'étais là, je fais mais attends moi, on
[36:07] devrait vraiment en train de m'inviter, on va me payer un
[36:09] avion, un hôtel et tout pour aller courir à Tahiti, c'est une
[36:11] blague ? Donc t'Acceptes t'acceptes tout.
[36:13] Les sollicitations médiatiques. Et puis au bout d'un moment, tu
[36:15] te rends compte que la vie en fait, c'est c'est de l'énergie
[36:18] aussi. Et l'énergie elle se dépense pas
[36:20] que avec le mouvement, elle se déplace aussi, elle se dépense
[36:23] aussi avec avec l'activité mentale et ça c'est de la
[36:25] charge. Et je m'en suis sorti finalement
[36:28] en me faisant accompagner, voilà en montant une équipe.
[36:30] Et puis aujourd'hui, aujourd'hui, voilà, j'ai, j'ai.
[36:33] J'ai un agent par exemple qui qui est capable de de
[36:35] réceptionner toutes ces sollicitations et de faire le
[36:37] tri et de dire non à ma place, parce qu'en fait dire non, c'est
[36:43] difficile aussi. Parce que quand tu dis non t'as
[36:45] l'impression que que que Ben c'est pas cool pour la personne
[36:49] qui t'invite à faire quelque chose, tu vois et c'est assez en
[36:52] c'est c'est dur de dire non à quelqu'un et quand c'est
[36:55] quelqu'un d'autre qui le fait à ta place c'est c'est beaucoup
[36:59] plus facile. Donc je recommande aux personnes
[37:01] qui ont pas cette vitamine n de de travailler avec quelqu'un qui
[37:05] disent non à leur place. Et ça, ça aide beaucoup à à
[37:07] garder le focus et à se concentrer sur.
[37:10] Des projets ambitieux. Nouvelle interruption, merci à
[37:13] l'hôtel Lilou à Hyères de nous avoir accueilli.
[37:14] C'est un lieu vraiment magnifique qui a été conçu par
[37:16] des designers avec en plus un super brunch.
[37:19] On s'est régalé tout à l'heure. Si tu es encore ici et que tu
[37:22] regardes le podcast c'est qu'il te plaît vraiment donc n'hésite
[37:24] pas à t abonner si c'est pas déjà fait et aussi à le partager
[37:26] avec quelqu'un que ça pourrait intéresser.
[37:28] Peut être que tu peux aider un pote à commencer la course à
[37:30] pied. Merci à toi, on continue avec le
[37:32] Podcast, j'ai l'impression que tous les athlètes élites dans ta
[37:35] discipline, dans les dans l'ultra trail.
[37:38] Ils arrivent à peu près tous à faire la même charge
[37:39] d'entraînement et pour moi en termes de perf y a pas forcément
[37:42] des différences énormes, est ce que tu penses que la différence,
[37:46] le vainqueur et les autres c'est le mental ?
[37:48] Ouais le le le mental joue énormément non ?
[37:50] Les différences de niveau au final c'est assez proche comme
[37:53] tu dis. Parce que voilà c'est c'est y a
[37:57] quand même une limite en termes de de volume d'entraînement que
[37:59] tu peux faire alors. Je dois aussi qu'il y a une
[38:01] petite part de chance. Y a une petite part de chance ce
[38:05] jour-là, tu sais pas pourquoi t'as mal au bide alors que t'as
[38:08] jamais eu mal au ventre sur d'autres cours soit à
[38:10] l'entraînement ce jour-là tu loupes un appui, tu te fais une
[38:14] cheville alors que tu t'es pas fait des chevilles à
[38:16] l'entraînement et t'as fait des descentes à bloc comme un malade
[38:18] au milieu des pierres et des racines.
[38:20] Aucun souci. Voilà, y a aussi ce ce ce truc
[38:23] là qui fait que Ben des fois ça passe pas et c'est frustrant
[38:27] parce que. Quand on fait de l'ultra
[38:29] endurance, c'est des épreuves. Tu as pas 10000 cartouches par
[38:32] an quoi hein. Quand tu te si tu fais, si tu
[38:34] fais une épreuve de plus de 100 bornes vraiment tranquille à un
[38:37] niveau des intensités très très bas, tu peux en faire des
[38:39] dizaines par an, y a pas de souci.
[38:40] Par contre si tu les fais à bloc c'est très très demandant sur le
[38:45] plan physique, énergétique et il faut plusieurs mois pour 100 M.
[38:47] Après tu peux en faire tous les weekends mais tu vas avoir une
[38:50] longévité de de 4 ans dans le sport.
[38:52] Donc donc ce qui fait que t'as pas beaucoup de cartouches et si
[38:54] tu fais 3 bon en général tu fais 3 gros ultra parents t'as 3 fois
[38:58] pas de chance. Ben les années passent quoi
[39:00] hein. Donc ça c'est quand même quelque
[39:01] chose qui qu'il faut considérer maintenant.
[39:05] Maintenant c'est sûr que que le mental il joue, faut faire un
[39:08] petit peu aussi, ça reste un sport stratégique aussi hein.
[39:11] Tu peux énormément jouer dans la tête d'un adversaire hein, c'est
[39:16] facile hein, c'est c'est mettre une attaque à un moment et jouer
[39:19] un coup de bluff et puis. Il se dit mais waouh il est
[39:21] tellement au-dessus que je laisse tomber je je lâche et et
[39:25] là tu vas pouvoir lui prendre 10 Min sur une montée ou sur une
[39:27] descente et quand 10 Min sont installées après t'arrives à les
[39:30] conserver à peu près jusqu'au bout donc y a y a une part de
[39:33] stratégie et pour pouvoir jouer la stratégie bah faut avoir le
[39:36] mental de la mettre la de la mettre la la cartouche au bon
[39:38] moment parce que je peux t'assurer que quand ça fait plus
[39:41] de 20h00 que tu cours pour mettre pour mettre un petit coup
[39:45] là faut faut s'accrocher quoi mais ça peut marcher.
[39:48] Je l'ai déjà vécu et. Et et voilà c'est c'est c'est
[39:51] très stratégique et il faut aussi.
[39:54] C'est très complexe en fait c'est c'est en fait les sports
[39:59] d'endurance. Quand on connaît pas ce sport là
[40:01] on se dit ils sont tous complètement teubés en fait ils
[40:04] c'est complètement débile de courir ou de pédaler comme un
[40:06] calus sur un vélo ou peu importe de nager.
[40:09] En fait tu as tellement de paramètres à gérer en fait c'est
[40:11] le plus facile de courir ou pédaler, c'est tout le reste qui
[40:13] est difficile. C'est c'est justement quand il
[40:15] fait chaud, comment t'arroser pour faire baisser la
[40:17] température ? Quand il fait froid, pensez à
[40:19] mettre la veste au bon moment, pas trop tôt, pas trop tard,
[40:21] pensez à manger, quelle quantité bien bien, bien diffuse.
[40:26] Enfin tout ça c'est énormément de paramètres à gérer qui sont
[40:29] très très durs à gérer, parce que quand tu es fatigué, tu
[40:30] parles de la lucidité et puis tu t'arrives plus, t'as tu, tu la.
[40:34] La notion du temps et de l'espace est complètement
[40:37] déformé, le temps il s'étire, il se contracte.
[40:40] L'espace quand ça va bien, 20 bornes, t'as l'impression que ça
[40:44] en fait 2. Quand ça fait mal, 2 bornes t'as
[40:45] l'impression que ça en fait 200. Et ce qui fait que si t'as pas,
[40:48] si t'as pas cette capacité mentale et intellectuelle de
[40:52] gérer tous ces paramètres, tous ces facteurs, Ben en fait tu t'y
[40:55] arriveras jamais. Donc ouais, je peux dire que les
[40:59] meilleurs athlètes. D'ultra endurance sont des sont
[41:02] des personnes très intelligentes aussi.
[41:04] En fait, t'es un peu devenu un ingénieur de du corps humain et
[41:06] de ton corps. Ouais alors je suis ingénieur de
[41:09] d'origine mais mais c'est vrai qu'y AYAYA les ingénieurs ils
[41:12] ils sont quand même pas mauvais dans les sports d'ultra
[41:15] endurance j'ai remarqué. Alors c'est pas une généralité
[41:17] mais beaucoup sont très très bons.
[41:18] Et d'ailleurs y a une épreuve qui s'appelle la Barclays aux
[41:21] États-Unis qui est un genre d'ultra un peu fou.
[41:24] Y a pas vraiment de balisage, un peu de l'orientation.
[41:27] Bon voilà c'est y a tout un. Voilà les cérémonies autour de
[41:31] ça et. Et je crois que plus de 90% des
[41:34] fournisseurs sont des ingénieurs.
[41:37] Bah c'est vrai que j'ai fait des études d'ingénieur avant de
[41:39] faire du basket et j'ai pas mal de potes qui font de l'ultra
[41:41] d'ailleurs Bonjour à eux non ? Parce qu'il y a un côté aussi.
[41:44] Bien. Bien sûr que l'instinct est
[41:46] hyper important d'y aller un petit peu comme un animal.
[41:48] Ressentir ça doit être, ça doit être important.
[41:49] Mais c'est vrai qu'il y a aussi un côté où faut un peu, voilà,
[41:54] réfléchir à ce qu'on fait et puis théoriser un petit peu la
[41:57] pratique, le fonctionnement. Du corps et de l'esprit et.
[42:00] Et ça, ça peut aider à à aller à aller dans l'ultra performance.
[42:05] Ouais, faut aussi très bien, juste être dans une optique
[42:07] d'être finisher et s'affranchir totalement de la performance.
[42:11] Mais si tu veux aller vraiment dans l'ultra performance, c'est
[42:13] à dire poser pousser ton corps dans ses limites, comme je te
[42:15] disais tout à l'heure en introduction, là il il faut
[42:19] quand même travailler la théorie aussi.
[42:21] Ouais. Et.
[42:23] Quand t'as arrêté, c'est quand que t'as arrêté ton travail pour
[42:26] te consacrer à 100% du coup ? J'ai arrêté en 2002, 1000, début
[42:31] 2023, donc vraiment 100%. Je j'avais déjà du sponsoring
[42:35] depuis 2020, à peu près voilà, mais pour vivoter quoi.
[42:40] Mais vraiment avoir un équilibre financier de sponsors qui me
[42:44] permette de vivre pleinement de mon sort.
[42:45] C'est arrivé vraiment en 2022. 2023 ?
[42:48] Ouais. Et tu l'as vécu comme une
[42:49] libération d'arrêter ton travail ou pas forcément.
[42:52] Oui oui bah c'est ça fait toujours un petit peu peur parce
[42:55] qu'il y a toujours cette pression de la société, de, de,
[42:57] de la carrière, des longues études de d'avoir un, d'avoir
[43:01] une certaine stabilité liée à au système quoi.
[43:04] Voilà, c'est des étapes jusqu'à jusqu'à commencer à vivre à la
[43:07] retraite à 60 ans. Et quand tu diètes un petit peu
[43:10] comme ça dans quelque chose de d'atypique dans tes systèmes,
[43:15] bah c'est ça fait un petit peu peur parce que t'as beaucoup
[43:18] moins de repères, t'as beaucoup moins de personnes autour de
[43:19] toi. Qui l'ont fait sur toutes tes
[43:21] proches, ils l'ont pas fait, alors eux ils sont, c'est les
[43:23] pires, c'est ceux qui ont le plus peur et et qui vont avoir
[43:26] qui vont émettre le plus de doutes.
[43:27] Et c'est finalement les doutes qui te font le plus mal parce
[43:28] que tu es proche et ceux que tu aimes.
[43:30] Et puis les voir douter, les voir un petit peu craintifs, ça
[43:33] ça ça te remet en question, mais mais après quand ?
[43:36] Bah quand tu l'as au fond de toi, y a rien qui peut t'arrêter
[43:39] hein, c'est c'est ça, ça y va et finalement voilà, après après
[43:43] voilà, après quelques temps, maintenant je peux te dire que
[43:45] je reviendrai jamais en arrière. Parce que voilà, je je vois
[43:49] aussi où tu vas après le sport professionnel.
[43:51] Quand t'es vraiment passionné, tu peux trop convertir dans dans
[43:55] plein de projets autour de ce qui te passionne sans forcément
[43:58] retourner dans dans un système classique.
[44:00] Donc tu vois même des fois on me dit ça fait plaisir à à aux gens
[44:04] de se dire Ah mais de toute façon ton diplôme d'ingénieur il
[44:06] est valable toute ta vie, sous entendant que bah quand ma
[44:09] carrière elle sera finie, je retournerai dans un bureau faire
[44:11] de l'ordinateur. Mais non en fait plus jamais
[44:13] donc. Voilà du coup est ce que tu
[44:14] penses que tu cours ? Vers quelque chose ou tu cours
[44:17] pour fuir quelque chose ? Ah c'est c'est une très bonne
[44:20] question je pense un petit peu. Les 2, je cours pour fuir ce que
[44:25] j'ai toujours détesté dans ma vie, c'est à dire me retrouver
[44:28] assis sur une chaise dans dans des études, à écouter un guignol
[44:32] qui me raconte des trucs totalement ennuyeux et tu te
[44:35] retrouves là parce que t'as pas vraiment le choix et t'es guidé
[44:36] dans des couloirs et et donc voilà j'ai j'ai grâce à la
[44:40] course, j'ai pu fuir tout ça. Et puis je cours vers quelque
[44:44] chose parce que c'est ce que je te disais tout à l'heure, je
[44:45] cours vers vers, vers, vers la recherche, vers la curiosité.
[44:49] Je suis quelqu'un de très très très curieux et le mot courir,
[44:53] c'est au sens propre et figuré, tu vois, voilà, au sens propre.
[44:56] Ben je cours, je suis coureur pro, mais j'aime courir aussi
[44:59] vers des projets complètement aucun rapport avec la course à
[45:02] pied, tu vois là toute la journée, avant d'enregistrer son
[45:04] podcast, j'étais sous l'eau, sous l'eau, en plongée,
[45:07] sous-marine, dans une épave. Voilà enfin de d'autres projets.
[45:10] Et donc là aussi c'est aussi pour pour explorer, voilà le le
[45:13] corps. En fin d'année je vais traverser
[45:16] l'Atlantique sur un voilier, j'ai jamais fait ça de ma vie et
[45:20] donc je cours vers aussi cette expérimentation de voir mais
[45:23] qu'est ce que c'est de vivre sur un bateau au milieu de la mer,
[45:24] comme ça tout seul ? Comment je vais encore une fois
[45:27] découvrir mon mon corps, comment être capable de survivre
[45:30] là-dessus dans cet élément, de gérer les peurs aussi et et donc
[45:34] voilà je cours vers vers la curiosité.
[45:36] C'est vrai que je trouve que dans ces sports aussi tu crées
[45:38] des des relations qui sont vraiment uniques.
[45:40] Ouais parce que tu vis, tu vis des.
[45:42] Tu vis des trucs tellement extrêmes, des émotions tellement
[45:45] fortes que en fait c'est une communauté qui est assez soudée
[45:48] puisque c'est très difficile de pouvoir raconter ce que tu vis
[45:52] dans ces épreuves là, à tes proches en fait, à tes amis, à
[45:55] tes parents, parce que tu trouves pas forcément les mots.
[45:57] Et puis même si tu réussis à trouver les mots, ils
[46:00] comprennent pas et c'est. Alors alors que quand tu parles
[46:04] avec des personnes qui ont vécu la même chose après la course ou
[46:07] même plus tard, Ben tu sens dans les yeux que on parle de la même
[46:10] chose. Et c'est très agréable de
[46:12] d'avoir des souvenirs communs et ça crée, ça crée des liens très
[46:15] très forts. Et c'est pour ça que la
[46:17] Communauté dans les sports d'ultra endurance, c'est surtout
[46:20] dans l'Ultra Trade, parce qu'on est aussi un petit peu soumis
[46:23] aux aléas de la nature, de la météo.
[46:26] Les liens sont très forts. Et quand tu vas doubler
[46:28] quelqu'un qui est mal sur un sentier, tu vas pas passer à
[46:31] côté en te disant je t'ai pris une place, non, non, tu vas, tu
[46:34] vas t'arrêter. Tu vas lui demander si tu as
[46:35] besoin de quelque chose, d'où de nourriture, de le relever.
[46:38] Et y a vraiment y a vraiment ces valeurs là qui sont très très
[46:41] puissantes. C'est.
[46:42] Vrai, c'est rare après tout ça. Tout le chemin que tu as
[46:46] parcouru. Tu es devenu maintenant une des
[46:47] figures les plus reconnues de l'Ultra trail.
[46:50] Comment tu tu vois le rôle des médias dans dans ta carrière ou
[46:53] il est dans la carrière d'un athlète en général ?
[46:55] Bah les médias font partie du sport, font partie de la
[46:59] carrière, parce que c'est eux aussi qui te donnent de
[47:02] l'exposition, c'est eux aussi qui vont relayer tes histoires
[47:06] maintenant on le sait hein, ça c'est comme à tous les sports,
[47:09] c'est un jeu avec les médias. Le boulot du journaliste c'est
[47:13] pas de te, c'est pas de te dresser un portrait élogieux en
[47:18] tout temps, c'est de vendre des papiers ou vendre, ou en tout
[47:21] cas maximiser le nombre de clics hein, c'est ça aussi.
[47:25] Leur leur retour sur investissement.
[47:27] Donc voilà c'est c'est c'est assez difficile, il faut faire
[47:30] quand même attention à 2 choses. La première c'est justement aux
[47:35] histoires qui peuvent être un petit peu dérivées.
[47:39] Voilà ou en tout cas qui qui reflètent pas la totale réalité,
[47:42] qui peuvent faire que Ben une communauté ou un public
[47:45] interprète des éléments qui sont totalement faux et qui peuvent
[47:49] finalement dévaloriser ton image.
[47:51] Ça, c'est la première chose. Et la 2e, C'est de faire
[47:54] attention à la charge aussi, à ta charge mentale.
[47:57] Parce que c'est sûr que quand tu parles à un gros média, parfois
[48:01] tu sors d'un gros entraînement ou d'une grosse course, t'es
[48:02] fatigué, t'es à fleur de peau, tu parles comme tu serrais.
[48:06] Voilà un repas de famille après quelques quelques verres.
[48:09] Et finalement d'être un petit peu enfin trop laxiste sur ses
[48:14] propos. Ben ils le prennent aux mots.
[48:15] Et puis parfois même une phrase un petit peu trop choc qui ?
[48:18] Et ça va devenir le titre de l'article et là et là ça va
[48:20] partir en buzz, en polémique. Et puis tu peux te retrouver
[48:24] voilà dans des petites tourmentes pas agréables et qui
[48:26] vont encore plus se charger mentalement.
[48:27] Donc au début ça a été très dur pour moi, je pense que c'est
[48:30] très dur pour tous les athlètes aussi.
[48:32] Mais après quand tu commences, quand tu finis par comprendre ce
[48:34] que c'est le jeu et comment ça fonctionne.
[48:37] Tu tu, tu prends le contrôle là-dessus justement, tu tu dis
[48:40] non à ceux qui t'ont qui t'ont trahi, hein, voilà hein les les
[48:44] journalistes qui t'ont trahi, et puis tu sais aussi, voilà,
[48:47] trouver les mots pour pour pas te faire avoir quoi.
[48:50] Mais voilà, faut pas faut pas cracher dans la soupe hein,
[48:53] c'est c'est c'est ça fait partie aussi du métier et et voilà,
[48:58] faut savoir bien le gérer et. D'ailleurs, c'est vrai que y a
[49:01] un engouement énorme sur la course à pied.
[49:03] Et je trouve que ça fait qu'y a un petit changement, pas
[49:05] forcément très très haut niveau, mais dans la mentalité du trail
[49:08] où je vois plein de le concept de la killcam, ça te parle par
[49:11] exemple ? Oui bien sûr, tu vois ce genre
[49:12] de choses, tu vois, ça change un petit peu toi, t'en penses quoi
[49:14] de ça ? Oui bah c'est bien, mais ça, ça,
[49:16] ça a apporté des nouveaux codes aussi.
[49:17] Parce que le trail reste quand même un sport très jeune à
[49:22] l'échelle de l'histoire du sport, même si ça fait plus de
[49:25] 30 ans, 40 ans que ça existe. Mais c'est sûr que c'est un
[49:27] sport qui a connu. D'après les statistiques, c'est
[49:30] sur les 5 dernières années, c'est le sport qu'a connu la
[49:32] plus grosse croissance tous sports confondus en termes de
[49:35] croissance. Je parle pas en nombre
[49:35] d'adhérents hein en termes de croissance et et c'est sûr que
[49:40] Ben ça a fait une explosion anarchique.
[49:42] Donc là tout d'un coup y a eu Ben y a eu aussi des intérêts
[49:46] financiers énormes, des marques, des courses, des coureurs
[49:50] charismatiques qui avaient leur avis sur comment organiser ça.
[49:53] Et ça a été un brouillon monumental.
[49:57] Et après ? Ben aujourd'hui ça évolue et y a
[49:59] des jeunes qui qui arrivent dans ce sport là avec leur code, avec
[50:01] le code du jeu vidéo, avec le code de leur, de leur voilà, de
[50:05] leur, de leur âge et qui et qui amènent aussi.
[50:08] Voilà cette jeunesse au sein du sport.
[50:10] Voilà c'est c'est, c'est c'est moi, moi je suis moi, je suis OK
[50:13] avec tout ça, tant que tant qu'on reste dans un esprit qui
[50:15] est ce qui est ce qu'on fait d'aimer courir en nature, y a y
[50:18] a pas de souci, voilà je veux pas devenir.
[50:21] Ce vieux qui comprend pas un jeune qui parle à table en
[50:24] verland, tu vois, c'est ce que je faisais le plus jeune.
[50:26] Je me rappelle de mes grands-parents quand je parlais
[50:27] en verlan, il comprenait pas ce que je disais.
[50:29] Ben voilà, c'est un petit peu ça aussi, c'est faut savoir évoluer
[50:31] avec son parent. Et puis.
[50:33] Et puis si tu veux t'amuser à faire des kilcam parce que ça
[50:35] fait rire et que ça peut inspirer des gens à se mettre à
[50:37] la pratique parce que y a un côté fun là-dedans, Ben il faut
[50:39] le faire. D'ailleurs pourquoi est ce que
[50:41] selon toi la course à pied c'était une telle tendance ?
[50:44] Très bonne question. Moi moi ma théorie c'est que
[50:47] c'est une réponse à aux mots MAUX de la société.
[50:51] On est on bat tous les records hein en termes de de dépression
[50:56] hein ces statistiques, surtout les États-Unis.
[50:58] Et puis en France aussi on est quand même pas mal.
[51:00] Chaque année, le nombre de de enfin de dépressions et puis de
[51:03] de de médicaments, de de consultations psychiatriques
[51:06] explosent. Et moi j'ai une théorie que on
[51:11] est de plus en plus urbain, de plus en plus.
[51:13] Voilà coincé entre 4 murs à chercher l'ultra confort jusqu'à
[51:18] aujourd'hui, parler à son téléphone pour qu'il essaie de
[51:21] d'en faire le moins possible. Et je pense que c'est contre
[51:23] nature. Je pense que c'est contre nature
[51:26] parce que l'ultra confort en fait.
[51:28] T'éteins te fait rien ressentir, te fais pas ressentir de
[51:30] l'émotion. Et et quand tu veux te, quand tu
[51:34] te prends un petit peu conscience de ça, là que tu te
[51:36] sens d'un coup tu sors de ton corps, tu te regardes et tu dis
[51:38] tiens mais je suis un putain de robot.
[51:42] Ben le sport le plus simple, c'est la course à pied déjà,
[51:45] donc tu pars dehors avec des baskets, tu tu commences à
[51:48] ressentir des petits trucs, c'est hyper facile.
[51:50] T'as pas besoin de t'inscrire à un club, à avoir peur, à avoir
[51:54] peur de te faire juger parce que t'es nul ou parce que t'as
[51:56] commencé trop tard, ou parce que t'as pas les compétences
[51:57] techniques. C'est hyper facile, tu peux le
[51:59] faire en secret discrètement autour de ton quartier.
[52:01] Et après quand t'ajoutes à ça ? Le côté nature, c'est à dire
[52:04] d'aller courir en nature, Ben là y a quelque chose de magique qui
[52:06] se passe. Alors là c'est un côté un petit
[52:08] peu plus énergétique, mais avec tes sens, t'entends des bruits,
[52:12] des odeurs, les couleurs, la nature, la la la nature est fait
[52:15] pour interagir avec toi, on est fait pour vivre en nature, on
[52:19] n'est pas fait pour vivre entre 4 murs de béton et tu commences
[52:21] à ressentir des trucs et tu rentres chez toi et là t'as des
[52:23] sensations de plénitude, tout d'un coup t'as besoin de rien,
[52:27] t'es heureux. Comme t'as pas ressenti depuis
[52:29] longtemps et et et je crois que les gens en fait ont besoin de
[52:34] revenir à une à une forme de de nature primaire originelle en
[52:38] termes de de mouvements corporels et et d'activité
[52:41] mentale. Et je pense que le Trail Running
[52:44] répond vraiment à ce besoin là. Donc c'est un phénomène de
[52:48] société. Voilà pour pour dire très
[52:52] simplement revenir à la nature d'une manière ludique.
[52:55] Exactement. Bah c'est exactement ce que j'ai
[52:56] ressenti. J'ai pas eu l'occasion de faire
[52:57] beaucoup de travail dans ma vie mais j'en ai fait un peu et
[53:00] voilà. Juste être seul sans rien dans
[53:02] la nature c'est c'est vraiment une sensation unique et je
[53:05] comprends tout à fait pourquoi. Et puis c'est un luxe.
[53:06] Je pense que dans dans quelques années, je pense que ça existe
[53:10] déjà aussi. On paiera très très cher pour se
[53:12] retrouver dans les environnements sans bruit, sans
[53:15] réseau, sans téléphone et avec de la, de l'espace mental.
[53:21] Parce que aujourd'hui on est tellement chargé.
[53:25] Par la sollicitation qu'on a plus d'espace pour résoudre les
[53:29] problèmes qu'on a ou tout simplement pour créer et.
[53:32] Et aujourd'hui, je me je m'estime hyper chanceux de
[53:35] pratiquer ce sport parce que ça me permet d'avoir beaucoup de
[53:37] temps avec moi, même quand je suis en nature, sans avoir
[53:40] quelqu'un qui me parle ou un écran qui interagit avec mes
[53:42] yeux pour pour créer des projets, pour résoudre des
[53:46] problématiques. Et si aujourd'hui je suis
[53:47] capable de. De de de de créer des projets et
[53:50] puis des aventures un peu folles avec des super équipes.
[53:53] Ben je fais tout quand je cours en fait, je fais jamais ça sur
[53:56] un ordi sur un bureau, tu vois, c'est en fait le flow aussi le
[54:00] le mouvement aide à créer je trouve ça maximise ta créativité
[54:05] qu'être assis sur une chaise à essayer de réfléchir à
[54:07] brainstormer quand tu te déplaces, t'as de l'espace
[54:10] mental d'un coup qui se crée et alors là tu t'es un esprit
[54:13] créatif de de fou. Donc je parlais de, je parlais
[54:16] de d'avantage. Sur la santé physique et
[54:19] mentale, mais aussi davantage sur sur ta carrière, sur tes
[54:22] projets et sur ta vie en général.
[54:24] Quoi ? Tu trouves beaucoup de solutions
[54:26] que tu te retrouves tout seul avec toi même et que t'as le
[54:29] temps de d'explorer les pistes mentales.
[54:32] Une des choses qu'on peut un peu retrouver de notre conversation,
[54:34] c'est que on se met des limites dans la vie, mais que tu
[54:37] montres, t'as vu qu'on peut les exploser ?
[54:41] Comment toi tu penses que t'as fait pour détruire des limites
[54:45] mentales que que t'as pu avoir ? Ben en fait on se met pas des
[54:48] limites, c'est les autres qui nous mettent des limites dès la
[54:51] naissance. C'est ton grand frère, c'est ta
[54:53] grande sœur, c'est ton père, c'est ta mère, c'est tes copains
[54:55] qui disent y a des requins dans la mer, faut pas y aller, ils
[54:58] vont te manger qui te disent une araignée, dès que tu en vois une
[55:01] elle va te piquer. Donc dès que y a des gens qui
[55:03] font des phobies sur des araignées, des serpents, c'est
[55:05] juste parce que toute leur leur jeunesse on leur a dit si tu
[55:08] croises une araignée ou un serpent, il va te tuer quoi.
[55:11] Ils ont peur des loups, la nuit je vais me faire manger par un
[55:14] loup, la nuit le grand méchant loup va venir parce que toute ta
[55:16] jeunesse on t'a répété ça alors que le loup peut te dire que tu
[55:18] en vois un. Tu as une une chance de fou
[55:19] quoi, tu les verras jamais, ils sont hyper discrets mais tout ça
[55:23] pour dire que en fait Ben malheureusement si un si un jour
[55:27] on on se rend compte qu'on s'est fait berner avec toutes ces ces
[55:33] peurs, ses craintes et ses limites, Ben c'est d'aller les
[55:35] explorer tout simplement. Voilà c'est c'est d'essayer de
[55:38] se dire bon on m'a dit que. On m'a dit que bah je sais pas,
[55:41] les serpents sont dangereux. Bah tiens dans un pays exotique
[55:44] je vais me rapprocher d'un serpent et je vais voir qu'il va
[55:46] fuir. Ah bah tiens il est pas, il
[55:47] m'attaque pas finalement tu vois.
[55:48] Donc je vais peut être aller pouvoir explorer la jungle sans
[55:53] problème tu vois encore aujourd'hui j'étais sur un port
[55:56] là à plonger, puis je partais plonger, puis y a une petite
[55:58] fille qui vient, on discutait tout et elle me disait qu'elle
[56:01] elle voudrait jamais plonger parce que elle a peur de de pas
[56:03] voir le fond, parce que au fond y a des monstres tu vois,
[56:05] j'étais. On était là à à hier tu vois.
[56:08] Donc ça c'est c'est forcément ses parents qui ont dû lui
[56:11] montrer un film ou ses copains à l'école qui ont dû lui dire des
[56:12] trucs. Et c'est dommage que parce que
[56:14] peut être ça va lui fermer des une porte à aller explorer
[56:17] l'océan Tu vois donc donc voilà c'est c'est ça c'est ça ma
[56:21] réponse, c'est le jour où on se rend compte qu'on s'est fait
[56:23] berner. Bah il faut-il faut aller bah
[56:27] challenger ses limites et se rendre compte que finalement
[56:29] elles sont elles n'existent pas ou en tout cas elles sont
[56:31] beaucoup plus loin que là où on nous les a placées.
[56:34] Et du coup toi c'est quoi la la prochaine limite que tu vas
[56:36] exploser tu penses ? Ben en fait je suis pas non plus
[56:40] tête brûlée à tu sais à à à mettre ma vie en péril, mais ça
[56:44] ça se fait petit à petit. En fait je suis-je suis très
[56:46] curieux tu vois, j'aime en fait c'est marrant mais une fois que
[56:51] ça peut paraître très paradoxal ce que je vais dire, mais quand
[56:53] je deviens hyper confortable dans un environnement qui était
[56:57] au début ultra inconfortable pour moi, Ben je vais commencer
[57:01] à m'ennuyer. Et c'est pour ça que par
[57:03] exemple, le grand froid, tu vois où je suis allé l'hiver dernier
[57:06] dans le yukon, j'ai fini l'expédition, j'ai beaucoup
[57:09] souffert et j'étais pas du tout confortable, ce qui et j'ai et
[57:13] quelqu'un de normal dirait Ah j'ai énormément souffert, plus
[57:16] jamais. Et en fait je me dis non, je
[57:18] veux. Là j'ai appris, j'ai appris
[57:19] beaucoup de trucs, je suis déjà en train de bricoler du
[57:22] matériel, je suis déjà en train de réfléchir comment j'aurais pu
[57:24] être meilleur pour avoir moins froid, pour avancer plus vite
[57:26] tout ça. Et j'ai qu'une envie, c'est de
[57:28] retourner pour expérimenter ce que.
[57:30] Ce que les nouveautés que j'ai appris et le jour où je serai
[57:33] dans le grand froid pépère avec mon petit thé Ben j'arrêterai,
[57:37] je ferai autre chose et voilà. Et c'est pour ça que c'est pour
[57:40] ça que j'aime. Voilà explorer aussi des des
[57:42] nouveaux environnements, notamment la voile aussi parce
[57:46] que je trouve que la voile c'est c'est c'est, c'est la liberté
[57:49] ultime quoi, hein, on on vit sur une planète qui est voilà pour
[57:53] pouvoir se déplacer, c'est c'est voilà, c'est forcément toujours
[57:56] tu sais avec des avions, c'est ça, c'est c'est difficile, les
[57:58] voitures machins, y a des bouchons, ça me.
[58:00] C'est pas fluide de quoi ça t'énerve tu vois alors que le
[58:02] bateau va un petit part et y a rien qui t'arrête quoi.
[58:05] Et tu peux aller à peu près partout.
[58:06] Et sauf que c'est un environnement qui est totalement
[58:08] inconfortable quand t'as jamais été là-dessus.
[58:11] Les mal de mer, les vagues que tu prends dans la tronche,
[58:13] l'humidité permanente, enfin tout ça.
[58:15] Et donc ça c'est un petit peu les projets à court terme qui
[58:18] vont arriver. Et ce qui est marrant c'est que
[58:20] tous ces projets là comme l'ultra trail, j'ai ça me
[58:24] passionne encore parce que même si j'ai trouvé un certain
[58:27] confort aujourd'hui, partir pour 160 bornes.
[58:29] Je dois t'avouer que ça me fait pas peur.
[58:30] Ce qui me fait peur c'est la vitesse à laquelle on va le
[58:32] faire avec les les compétiteurs autour.
[58:35] Mais. Mais ce qui fait que je ramène
[58:37] beaucoup d'éléments que j'apprends dans dans ces autres
[58:39] environnements à à la pratique centrale de du Trail Quoi tu
[58:43] vois sur sur des aspects mentaux.
[58:44] Et puis même le froid par exemple, j'ai beaucoup appris
[58:47] là-bas sur place, vraiment de manière très très pointue sur la
[58:49] gestion de l'humidité, la transpiration qui est qui est
[58:52] vraiment le le le paramètre critique.
[58:54] À partir du moment où tu es mouillé, Ben la conduction
[58:56] thermique augmente et c'est là que tu peux te vraiment danger.
[58:58] Mais je sais que dans le Trail maintenant, quand je vais passer
[59:01] dans des cols où il va faire très froid, je vais, je sais que
[59:03] je vais beaucoup mieux gérer mes couches, mes ouvertures.
[59:06] J'ai déjà changé mon matériel pour mettre des ouvertures à
[59:08] certains endroits, tu vois, et donc je ramène comme ça des
[59:10] éléments, c'est vraiment des des projets d'échange et c'est
[59:14] passionnant. Je pourrais te parler d'apnée
[59:15] aussi, tu vois, je travaille très très fort sur un projet
[59:17] d'apnée aussi, je me suis rendu compte que la respiration en
[59:19] fait ça de c'est un facteur de performance énorme.
[59:22] Si tu le conscientises, on respire tous de manière
[59:25] inconsciente. Et si tu consentis cette
[59:27] respiration ou tu prends en main tes inspirations, tes
[59:31] expirations un certain temps avec des certains volumes, Ben
[59:35] t'as t'as t'as des gains dans les dans les sports d'endurance
[59:39] qui sont loin d'être marginaux quoi, c'est c'est énorme et et
[59:42] plutôt que que de faire un cours devant un écran, une master
[59:45] class de comment respirer, Ben tu le fais, tu dis Ben dans quel
[59:49] sport ? Vraiment ?
[59:49] La respiration c'est utile, et Ben et l'Apnée, et donc
[59:53] t'apprends par la pratique, et c'est ça c'est super.
[59:56] Et après tu le ramènes ? Ce qui fait que moi maintenant
[59:58] dans mes trails, Ben quand je suis dans un col voilà.
[1:00:02] Ou dans certaines dans certaines dispositions d'intensité, je
[1:00:05] vais volontairement prendre le contrôle sur ma respiration pour
[1:00:08] choisir mon rythme de respiration et mon amplitude
[1:00:11] respiratoire pour pour mieux performer, ce que les autres ne
[1:00:15] feront pas forcément. Tu vois où ils vont entrer dans
[1:00:17] les mécanismes de de d'essoufflement qui va peut être
[1:00:22] limiter leur niveau de performance.
[1:00:23] J'ai aussi entendu parler de. De l'Ultra Trail aux Jeux
[1:00:27] olympiques de L et 2028, est ce qu'on t'y verra ?
[1:00:31] Je ne pense pas, alors je je sais plus exactement ce qui va
[1:00:34] se passer. Mais le trail prend une telle
[1:00:36] ampleur que c'est sûr qu'on va le voir de plus en plus dans des
[1:00:38] événements comme ça. Je crois que pour LA, ça sera un
[1:00:40] sport de test là, un peu comme vous avez fait le Breakdance à
[1:00:42] Paris là. Et puis si si y a l'engouement
[1:00:45] et que ça fonctionne bien, ça deviendra un vrai sport aux JO
[1:00:47] d'après. Les Jeux olympiques en fait
[1:00:51] c'est c'est des c'est les épreuves, elles sont
[1:00:54] dimensionnées pour être médiatisées donc pour pouvoir
[1:00:58] être filmé en tout temps, il faut pas que ça dure trop
[1:01:00] longtemps. Je crois que la plus longue
[1:01:02] épreuve ça doit être le marathon.
[1:01:03] Et puis y a pas grand monde qui regarde parce que c'est trop
[1:01:05] long quoi, faut que ça soit, ça reste du spectacle.
[1:01:07] Les Jeux olympiques, c'est comme ça que que ça a été construit
[1:01:10] hein, c'est du sport, c'est du jeu quoi, c'est c'est de la,
[1:01:12] c'est du divertissement et moi mon sport c'est l'ultra trail.
[1:01:16] Alors on a l'impression que le Trail c'est du Trail.
[1:01:18] C'est pareil comme cours, 20 bornes, 170 bornes.
[1:01:19] Mais là je vais mettre ma casquette d'expert, c'est pas du
[1:01:22] tout le même sport, tu t'entraînes pas pour un 20
[1:01:24] bornes comme tu t'entraînes pour 170 bornes.
[1:01:25] Et ce qui fait que les épreuves de DJO seront forcément très
[1:01:29] très courtes, très très très spectaculaires, très rapides.
[1:01:31] Je pense pas qu'il y ait forcément des des dénivelés
[1:01:35] majeurs et je pense que ça va probablement ressembler à un peu
[1:01:39] à une épreuve de cross là ou du cours dans l'herbe.
[1:01:44] Et un peu avec quand même quelques ça sera pas comme ça,
[1:01:47] mais je pense que en terme de d'image ça ressemblera un petit
[1:01:50] peu à ça, un petit peu comme ils font le le le VTT tu vois, voilà
[1:01:52] ils vont peut être te faire passer un peu dans un parc et
[1:01:55] dans une colline derrière, mais il faut qu'il y ait des caméras
[1:01:58] partout en fait. Et si tu vas vraiment dans une
[1:02:00] montagne sauvage profonde, y a pas de réseau, c'est compliqué
[1:02:03] de mettre des caméras. J'ai j'ai, j'ai peur que ce soit
[1:02:07] un petit peu aseptisé, ça le sera mais mais tant mieux ça
[1:02:09] sera, ça sera aux JO. Mais ce que j'espère c'est que
[1:02:12] ça. C'est que ça devienne pas après
[1:02:16] les terrains des Jeux olympiques soient reconstruits ailleurs
[1:02:20] dans des centres pour entraîner les jeunes à chaque cycle de JO,
[1:02:24] parce que ça ça dénature un petit peu le le sport.
[1:02:26] Et c'est ce qui est arrivé avec l'escalade, c'est ce qui arrive
[1:02:28] avec le VTT aussi. Et voilà ça on a.
[1:02:30] On a quand même un petit peu cette crainte, mais pour te
[1:02:34] répondre non Ben ce qui fait que à moins que à partir de de
[1:02:37] maintenant, je me mette à faire du cours.
[1:02:41] Peut être mais ça me plaît pas trop le court moi c'est vraiment
[1:02:43] le côté aventure de l'Ultra qui me plaît.
[1:02:44] Donc des chances que j'y sois peut être pour encourager le
[1:02:48] sport s'il y a lieu d'être mon sport s'il y a lieu d'être ou en
[1:02:51] tant que qu'expert pour apporter quelque chose dans le projet.
[1:02:55] Mais en tant que qu'athlète je ne pense pas.
[1:02:58] Si demain tu tu pouvais plus jamais courir, qu'est ce que tu
[1:03:02] voudrais laisser au monde ? Oh la question philosophique.
[1:03:07] Ben écoute. Aujourd'hui, en fait, je me
[1:03:12] suis-je suis quelqu'un aussi qui qui pense beaucoup.
[1:03:15] J'aime un peu la philosophie, j'aime un peu l'actelecte et
[1:03:17] c'est vrai que enfin moi je pense que c'est un peu tout le
[1:03:19] monde. Des fois on se lève et on se
[1:03:21] dit, mais c'est quoi le but de la vie ?
[1:03:23] À quoi on sert ? Et c'est vrai que quand j'étais
[1:03:27] ingénieur, j'avais beaucoup plus l'impression de servir à quelque
[1:03:29] chose que depuis que je suis coureur.
[1:03:30] Et c'est quelque chose qui m'a beaucoup angoissé aussi quand
[1:03:32] j'ai commencé à courir parce que quand j'étais ingénieur, en
[1:03:35] fait, je produisais. Tu pouvais produire.
[1:03:38] Bah du Software, donc des lignes de code ou du matériel, tu vois.
[1:03:40] Bon moi en l'occurrence c'est des centrales thermiques qui
[1:03:42] produisaient de l'énergie pour des industries ou des villages,
[1:03:45] donc y avait quelque chose de concret.
[1:03:46] J'avais l'impression de me lever le matin et de construire
[1:03:47] quelque chose de concret. Quand tu es sportif,
[1:03:51] professionnel et que ton boulot c'est de te lever, d'aller
[1:03:53] t'entraîner, tu as vraiment l'impression Ben de pas être
[1:03:57] utile quoi. Et c'est vrai que ça m'a
[1:03:59] beaucoup angoissé au début. Et en fait, et en fait j'ai fini
[1:04:03] par par par comprendre qu'il fallait pas trop hyper
[1:04:07] intellectualiser l'utilité pragmatique enfin matérielle
[1:04:12] qu'on a sur terre et en fait l'utilité.
[1:04:15] Bah en fait vivre ça sert à rien aussi quoi, c'est on peut se
[1:04:19] dire que que c'est que vivre c'est enfin c'est tout
[1:04:22] simplement, c'est tout simplement ça le but.
[1:04:25] Et. Et puis moi bah voilà en fait
[1:04:27] c'est que j'ai. Le message que je veux laisser
[1:04:31] en fait, c'est que j'étais quand même un petit peu.
[1:04:34] J'étais pas forcément super heureux dans dans ma super vie
[1:04:38] où tout s'était bien passé, où j'avais fait des belles études,
[1:04:41] voilà où j'avais une super carrière bien payée, où voilà je
[1:04:45] m'étais tout ce qu'il fallait sur des plans retraite, je sais
[1:04:48] pas quoi tous les mois là et et en fait et en fait je me suis
[1:04:54] rendu compte que. Que que il me manquait.
[1:04:59] Tu vois de bouger mon corps et de connecter à la nature.
[1:05:03] Et vraiment quand j'ai quand j'ai ressenti ça de manière très
[1:05:06] très concrète, j'ai commencé à vraiment rentrer sur une courbe
[1:05:09] d'épanouissement et un but de vie qui a été très très fort.
[1:05:13] Et donc c'est ce que je fais aujourd'hui de manière très très
[1:05:14] simple, c'est d'essayer de raconter ce que je vis, de
[1:05:18] raconter des histoires et d'essayer de vraiment quand je
[1:05:20] vis des courses, de pas juste courir avec moi même, d'essayer
[1:05:23] d'imprimer aussi ce que je vois autour des scénarios, des.
[1:05:26] De ce que je ressens aussi de pas pour moi mais pour les
[1:05:29] autres pour essayer de m'en rappeler.
[1:05:29] Donc c'est un exercice de plus que je fais pour pas tout le
[1:05:32] temps hein, parce que des fois c'est trop dur, mais pour
[1:05:34] essayer de le ramener aussi et ensuite Ben le partager à
[1:05:39] travers divers canaux tu vois. Bon ça peut être les réseaux
[1:05:42] sociaux, j'aime bien faire des films aussi.
[1:05:43] J'ai écrit un petit bouquin et et en fait aujourd'hui mon but
[1:05:47] dans la vie c'est de recevoir des messages des personnes qui
[1:05:49] me disent Ah Ben ce que tu as raconté ou ce que tu as fait là
[1:05:52] ça m'a donné moi aussi envie alors pas forcément d'aller
[1:05:54] faire l'u. TMB.
[1:05:56] Mais juste de me bouger un peu les fesses, de sortir un peu de
[1:05:57] mon trait train du quotidien et d'aller marcher ou courir
[1:06:01] quelques kilomètres dans le petit bois autour de chez moi et
[1:06:04] qui et qui me dit Ben et ça m'a fait le plus grand bien.
[1:06:06] J'ai qu'une envie c'est d'y retourner et voire même de
[1:06:09] d'essayer de faire un objectif ambitieux dans dans un sport
[1:06:12] d'endurance. Ben là je me trouve, je trouve
[1:06:15] que c'est un but, que c'est un but super utile quoi.
[1:06:18] Donc c'est ça que je laisse des histoires.
[1:06:20] Et puis aujourd'hui voilà, c'est, je crois que d'ailleurs
[1:06:24] je l'ai, je l'ai dit cette phrase dans mon livre.
[1:06:25] Ça fait un moment que je l'ai écrit, mais c'est c'est pas
[1:06:27] forcément d'accumuler un maximum de matériel, mais plutôt
[1:06:31] d'accumuler, d'accumuler un maximum d'histoires à raconter à
[1:06:34] mes petits enfants qui seront posés sur mes genoux dans une
[1:06:37] dans quelques années, enfin dans beaucoup d'années j'espère.
[1:06:40] Je pense que ils te prendront pour un menteur de temps en
[1:06:42] temps, mais. Je sais pas si t'as vu le film
[1:06:44] Big Fish non ? Ben c'est en fait c'est un film
[1:06:47] qui est pas mal où en fait c'est le père qui avait vécu des des
[1:06:50] trucs incroyables dans sa vie et qui il est tellement passionné
[1:06:54] qu'il raconte toutes ses ses aventures de vie à son fils.
[1:06:56] Mais il les romance un petit peu tu vois, il les il les exagère
[1:06:59] un petit peu mais elle se et et son fils du coup il l'a jamais
[1:07:01] cru. Il a dit il a dit toute sa vie
[1:07:03] c'est un bullshitter, il me ment jusqu'au jour où son père il a,
[1:07:07] il a une maladie, il a un cancer et donc il refait un périple et
[1:07:11] il revoit tous les personnages qu'il a, qu'il a, qu'il a, qu'il
[1:07:14] a croisé dans sa vie. Et le fils, effectivement, quand
[1:07:17] il voit le géant, en fait, c'était quelqu'un qui était très
[1:07:18] grand comme toi, qui faisait pas 3 M, mais qui faisait quand même
[1:07:21] 2 M, Tu vois et et donc, et donc c'est ça qui est qui est beau
[1:07:25] aussi, c'est de c'est de vivre des trucs.
[1:07:27] Et après si tu les romances un petit peu pour pour mettre des
[1:07:30] autres dans les yeux dans à tes petits enfants, Ben Ben tant
[1:07:31] mieux quoi. Mais mais mais mais le but
[1:07:34] c'était quand même d'en construire des histoires.
[1:07:36] Moi, je leur raconterai que j'ai fait un podcast avec Mathieu
[1:07:37] Blanchard. En tout cas, j'espère que t'as
[1:07:39] eu l'impression d'avoir pu raconter des belles histoires
[1:07:42] aujourd'hui. Moi en tout cas, j'ai adoré.
[1:07:43] On a une petite traduction dans le podcast.
[1:07:45] Je demande à chaque invité d'écrire une citation qui ou une
[1:07:48] phrase ou peu importe qui est importante pour lui.
[1:07:50] OK, ça marche et voilà, j'écris comme un chien, mais et ?
[1:07:57] Du coup est ce que tu peux partager avec nous ce que ce que
[1:07:59] t'as écrit ? J'ai écrit, l'aventure est
[1:08:01] simplement un état d'esprit qui fait vivre fort.
[1:08:04] Et puis après j'ai signé dessous.
[1:08:05] Merci beaucoup, merci Mathieu. C'était un vrai plaisir.
[1:08:08] Je suis impatient de voir la suite de tes aventures et et
[1:08:11] peut être que un jour je te raconterai une des miennes,
[1:08:13] hein ? Voilà, j'espère aussi, merci.
[1:08:15] Pour.

Shows are listed from Apple Podcasts' charts and directory, and Podcast Index where it is used. Every show and episode belongs to its publisher and plays from the publisher's own feed; this site hosts none of them.
