# La Chute du dictateur le plus corrompu d'Afrique : Mobutu - LFH

An episode of [La Folle Histoire](https://invisiblenetwork.ai/podcast/1828450248), 13 Feb 2026, 34 min.

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Surnommé le Léopard de Kinshasa, il a fait du Zaïre sa propriété personnelle. Un royaume à sa gloire, bâti sur la peur, la propagande et une corruption sans limite. Voici l'ascension et la chute de Mobutu.

## Transcript

[0:03] Pendant plus de 30 ans, il a régné d'une main de fer sur son
[0:06] pays. Son nom, Mobutu Sesse Seko.
[0:11] Surnommé le léopard de Kinshasa, il a fait du Zaïre sa propriété
[0:15] personnelle, un Royaume à sa gloire, bâti sur la peur, la
[0:20] propagande et une corruption sans limites.
[0:22] Mais Mobutu n'est pas né dictateur.
[0:25] Comment un enfant du système colonial est-il parvenu à
[0:28] s'imposer comme l'un des hommes ?
[0:29] Les. Plus puissant d'Afrique.
[0:31] Qui sont ceux qui l'ont soutenu, protégé, enrichi parfois en
[0:35] fermant les yeux sur les pires horreurs ?
[0:37] Comment AT il transformé le Zaïre en rempart contre le
[0:40] communisme au cœur de la guerre froide ?
[0:42] Et surtout pourquoi sa chute, loin d'être une libération pour
[0:46] le peuple congolais, a en vérité plongé le pays dans une spirale
[0:49] de violence qui marque encore l'Afrique centrale aujourd'hui ?
[1:03] Joseph Désiré Mobutu, né le 14 octobre 1930 au nord de ce qui
[1:08] est alors le Congo belge. Depuis la fin du 19e siècle, les
[1:12] Européens se sont partagés la quasi totalité du continent
[1:15] africain au travers de colonies. Mais à l'époque, le Congo n'est
[1:19] pas une colonie comme les autres.
[1:22] En fait, elle n'est pas la propriété d'un État, mais d'un
[1:26] homme. Le roi des Belges Léopold 2, qui
[1:30] en fait sa possession personnelle en 1885 et Léopold 2
[1:32] n'a qu'un seul but, exploiter au maximum la région, sans égard
[1:36] pour ses habitants, en s'appuyant sur des compagnies de
[1:39] mercenaires. Léopold 2 fait du Congo un
[1:41] véritable enfer. La violence y est omniprésente.
[1:44] Pendant des décennies, des dizaines de milliers de
[1:48] Congolais sont brisés, mutilés et tués pour le commerce du
[1:52] caoutchouc et de l'ivoire. Lorsque Leopold 2 meurt en 1909,
[1:58] l'État belge découvre l'ampleur du désastre et décide de
[2:02] reprendre le contrôle sur la colonie.
[2:04] Les mercenaires disparaissent alors pour laisser place aux
[2:07] administrateurs coloniaux belges.
[2:08] Mais si sur le papier le système change, dans les faits la
[2:13] situation reste quasi identique. C'est dans ce système que voit
[2:19] le jour Mobutu. Son nom, Mobutu signifie
[2:22] littéralement poussière. Comme un rappel permanent de sa
[2:28] place supposée dans l'ordre colonial.
[2:30] Né d'un père inconnu, il appartient au bandit, une des
[2:33] 250 ethnies que compte la colonie.
[2:35] Grâce à la femme belge qui emploie son beau père, le jeune
[2:39] Mobutu apprend à lire et à écrire le français.
[2:42] Après ça, il erre pendant plusieurs années avant d'entrer
[2:46] dans une école de missionnaires. Mais son mauvais caractère lui
[2:49] vaut rapidement d'être exclu. Sa vie bascule une première fois
[2:56] en 1950, lorsqu'il est enrôlé dans la force publique, l'armée
[3:00] coloniale belge. Il vit alors une véritable
[3:03] révélation. là-bas, il apprend à obéir, mais aussi et surtout à
[3:08] diriger et à manœuvrer dans ce système colonial.
[3:11] Travailleur, intelligent et très à l'aise avec les autorités
[3:15] belges, ils gravirent rapidement les échelons.
[3:17] En 1955, il devient sergent, le Graal le plus élevé accessible
[3:20] pour un Congolais. Pourtant, un an après, Mobutu
[3:28] quitte l'armée coloniale. Il passe un brevet de secrétaire
[3:31] comptable et commence une carrière de journaliste où il
[3:34] travaille pour des journaux favorables aux colons.
[3:36] Quand. Aujourd'hui, par exemple, je
[3:38] prends position sur un problème bien déterminé, tous mes
[3:41] lecteurs sont d'accord avec moi. C'est dans ces années-là qu'il
[3:43] fait la rencontre qui va changer sa vie.
[3:46] Patrice Lumumba, pour comprendre qui il est-il faut savoir une
[3:53] chose. Dans la colonie belge, seule une
[3:56] petite minorité de congolais ont accès aux études universitaires.
[3:59] On les appelait alors par un terme paternaliste, les évolués,
[4:03] quelques centaines de Congolais jugés suffisamment doués par les
[4:06] colons belges pour occuper des postes importants, et Patrice
[4:10] Lumumba et l'un d'eux. Formé dans le système colonial,
[4:13] il a été envoyé en Belgique où il a pu découvrir le
[4:16] syndicalisme et surtout les mouvements anticolonialistes et
[4:20] communistes. Car pour replacer le contexte, à
[4:23] la fin de la 2nde Guerre mondiale, tous les grands
[4:25] empires coloniaux vacillent. Leur est à la décolonisation.
[4:31] Les Congolais, dont une partie a combattu pendant la guerre et
[4:35] qui a vu ses ressources servir l'effort de guerre, estiment
[4:38] avoir aussi le droit à s'émanciper de la Belgique.
[4:41] D'ailleurs, pour l'anecdote, dans ses ressources, il y avait
[4:44] l'uranium qui a permis aux Américains de fabriquer leur
[4:46] première bombe atomique. Quand ils rentrent au Congo,
[4:49] Lumumba est désormais certain d'une chose, l'indépendance
[4:53] n'est plus un rêve inaccessible. Dans les années 50, plusieurs
[4:58] des évolués commencent donc à s'organiser politiquement.
[5:02] Patrice Lumumba fonde le MNC, le mouvement national congolais, et
[5:07] devient le principal visage de la lutte pour l'indépendance.
[5:10] C'est à ce moment qu'il fait la rencontre de Mobutu et très
[5:14] vite, les 2 hommes deviennent amis malgré certaines
[5:17] divergences déjà évidentes. Le Mumba est proche du
[5:20] communisme et farouchement anti-impérialiste, alors que
[5:23] Mobutu est lui, on le verra après quelqu'un de beaucoup plus
[5:27] pragmatique. À la fin des années 50, la
[5:31] situation au Congo belge devient explosive.
[5:34] Une crise économique frappe la colonie et les tensions sociales
[5:37] dégénèrent en violentes émeutes, comme à léopoldville en 1959 qui
[5:41] pousse de nombreux colons à rentrer en métropole.
[5:45] C'est dans ce contexte que la Belgique ouvre au début 1960 les
[5:48] négociations pour accorder l'indépendance à la colonie.
[5:52] Lors des différentes rencontres qui se déroulent à Bruxelles
[5:56] entre les autorités belges et les représentants
[5:58] indépendantistes congolais menés par l'Umumba, Mobutu est
[6:01] présent. Mobutu, désormais âgé de 29 ans,
[6:06] est entre-temps devenu le plus proche conseiller de l'Umumba.
[6:11] Les 2 hommes assistent à ce que tant de Congolais ont attendu.
[6:15] Les Belges acceptent d'accorder l'indépendance au Congo à
[6:19] condition que le pays garde de solides liens politiques et
[6:22] économiques avec la métropole. Mobutu ne le sait pas encore,
[6:26] mais sa vie s'apprête de nouveau à basculer.
[6:38] On est le 29 juin 1960. Ce jour-là, le roi des Belges
[6:43] Baudouin atterrit à Léopold ville pour participer aux
[6:46] célébrations de l'indépendance. Il est accueilli par Joseph
[6:49] Kassavubo, qui vient d'être élu premier président de la
[6:52] République démocratique du Congo, et par l'Umumba qui a été
[6:55] nommé Premier ministre. Le lendemain, le Roi Baudouin
[6:59] tient un discours devant une assemblée congolaise, un
[7:02] discours paternaliste dans lequel il salue le génie de
[7:05] Léopold 2 et rappelle les bienfaits de la colonisation.
[7:09] L'indépendance du Congo. Constitue l'aboutissement de
[7:14] l'œuvre conçue par le génie du roi Léopold 2.
[7:17] Mais quand vient le tour de Lumumba de prendre la parole, le
[7:21] ton change radicalement. Il ne prend aucune pincette.
[7:26] Alors que le roi parlait d'un Congo construit par la Belgique,
[7:30] Lumumba voit en ces mots la négation de 8 décennies de
[7:33] souffrance. Il rappelle l'oppression
[7:35] coloniale, les violences, l'humiliation et les décennies
[7:39] de domination. C'est un discours historique qui
[7:41] va inspirer de nombreuses luttes coloniales à travers le globe
[7:44] et. Les Congolais, Dieu des.
[7:46] Ce nom ne pourra jamais oublier ses pandas et c'est par la lutte
[7:50] qu'il a été conquise. Sauf que voilà, ce n'est pas
[7:53] parce que le pays devient indépendant que tous les
[7:56] problèmes disparaissent instantanément, bien au
[7:58] contraire. Le tout jeune État congolais est
[8:03] plus que fragile. La majorité des membres du
[8:06] gouvernement n'ont jamais été formés pour gérer un pays,
[8:09] surtout de cette taille, avec une population aussi diverse et
[8:12] avec d'immenses richesses. Mais en plus, les 2 hommes à la
[8:16] tête de l'État ne s'entendent pas, tandis que Casavobo est un
[8:20] modéré qui est prêt à faire des compromis avec la Belgique.
[8:23] Lumumba, lui, soutient une indépendance totale, quitte à
[8:27] rechercher l'appui de l'Union soviétique pour s'affranchir des
[8:31] Belges. Et sans surprise, il ne faut pas
[8:33] attendre longtemps pour que la situation dégénère.
[8:39] Quelques semaines après l'indépendance, les soldats
[8:41] congolais se mutinent contre leurs officiers qui eux, sont
[8:44] restés belges. Étant l'un des rares à avoir une
[8:47] expérience militaire, Mobutu est alors promu dans l'urgence au
[8:50] grade de colonel et nommé chef d'État Major par Lumumba.
[8:54] Il espère comme ça que Mobutu va réussir à rétablir l'ordre et
[8:58] dans le même temps sauver la jeune démocratie congolaise.
[9:00] Ce dernier a réussi à ramener l'ordre au prix d'une violente
[9:04] répression. Mais très vite, un autre
[9:07] événement met le feu aux poudres.
[9:11] Au sud est du pays, la province du Katanga, l'une des plus
[9:14] riches en minerais, décide de faire sécession.
[9:18] À la tête de la rébellion, Moïse, tombée, un autre évolué,
[9:22] resté proche des milieux d'affaires belges et qui ne
[9:24] souhaite pas s'envoler les gisements miniers du Katanga en
[9:29] quelques semaines. L'indépendance tant espérée se
[9:32] transforme en une sanglante guerre civile.
[9:36] Un chaos directement hérité du système colonial dans lequel
[9:40] chacun tente désormais de tirer profit du désordre.
[9:43] Et c'est justement au milieu de ce chaos que notre Joseph Désiré
[9:47] Mobutu va tirer son épingle du jeu.
[9:56] On est le 05 septembre 1960. Et alors que le Congo est au
[10:01] bord de l'implosion, un véritable coup de théâtre a lieu
[10:04] au sommet de l'État. Le Président Kassavubu accuse
[10:10] Patrice Lumumba de dérive autoritaire et de comploter avec
[10:14] l'Union soviétique. C'est alors que Mobutu entre en
[10:18] scène. Il fait arrêter son ancien
[10:20] camarade et le fait placer en résident surveillé.
[10:23] Lumumba est mis hors jeu. Dans la foulée, Mobutu
[10:27] neutralise les institutions et installe un gouvernement de
[10:30] technocrates sous le contrôle de l'armée.
[10:32] Mais problème, le leader indépendantiste reste
[10:35] extrêmement populaire et pour Mobutu comme pour ses soutiens
[10:39] occidentaux, il devient un danger.
[10:43] Le 27 novembre, le Mumba tente de s'enfuir pour rejoindre ses
[10:46] partisans, mais il est rattrapé par les hommes de Mobutu,
[10:50] torturé et exposé à la foule comme un criminel après
[10:54] plusieurs semaines de détention. Décision est prise de le
[10:57] transférer chez son pire ennemi, Moïse tsombé, ce qui de fait est
[11:02] une façon de signer son arrêt de mort.
[11:07] Lumumba est donc transféré au Katanga le 17 janvier 1961.
[11:11] Officiellement, Lumumba aurait tenté de fuir à son arrivée et
[11:15] aurait fini tué dans la brousse par des villageois en colère.
[11:21] Mais en réalité, Lumumba est exécuté par des séparatistes
[11:25] catangués dès son arrivée en présence d'officier belge.
[11:28] Son corps est ensuite découpé et dissout dans l'acide.
[11:32] Seule une dent conservée par un officier belge servira de preuve
[11:36] pour sa mort. Même s'il n'était pas
[11:40] directement présent, l'assassinat de Lumumba n'aurait
[11:44] pas été possible sans l'aide d'un homme, Joseph Désiré
[11:47] Mobutu. Mais en plus de ce dernier,
[11:52] cette élimination sert également les intérêts d'une autre
[11:55] puissance étrangère, les États-Unis.
[11:58] Oui, j'en ai pas encore parlé. Mais vous le savez, dans ce
[12:01] genre d'affaires, ils ne sont jamais bien loin.
[12:04] Depuis l'indépendance, les États-Unis surveillent de près
[12:07] ce qui se passe au Congo. Contexte de Guerre froide
[12:10] oblige, Washington craignait que l'umumba, jugé trop proche de
[12:13] Moscou, ne transcende le Congo en un 2e Vietnam au cœur de
[12:17] l'Afrique. C'est pourquoi il fallait s'en
[12:21] débarrasser. la CIA avait d'ailleurs déjà tenté de
[12:24] l'assassiner par le passé, mais sans succès.
[12:26] C'est pourquoi depuis déjà un certain temps, la CIA avait noué
[12:30] des liens avec Mobutu pour les services américains.
[12:33] Il est vu comme un anticommuniste fiable et
[12:35] facilement contrôlable. Mais si Lumumba a été dissous,
[12:39] il reste toujours le président kassafobu.
[12:42] Beaucoup plus modéré que l'umumba, il reste perçu par les
[12:45] Américains comme trop faible. Et ça, dans un pays en guerre
[12:49] civile, c'est pas terrible. Ça serait à nouveau prendre le
[12:52] risque que le pays ne bascule dans le camp soviétique.
[12:55] Alors tous les espoirs reposent donc sur Mobutu et les
[12:58] Américains vont lui donner toutes les cartes pour réussir.
[13:05] Grâce à une aide militaire et financière américaine et belge,
[13:09] il peut moderniser son armée et écraser une autre rébellion,
[13:12] cette fois-ci à l'est du pays, mené par un certain Pierre
[13:16] moulélé et d'anciens soutiens de Lumumba qui ont pris les armes
[13:19] après sa mort et qui sont soutenus par l'u.
[13:21] RSS, le Congo devient à son tour l'un des nombreux champs de
[13:25] bataille de la Guerre froide et c'est durant cette guerre
[13:29] civile. Que Mobutu se forge une image de
[13:32] chef de guerre en prenant personnellement part au combat.
[13:35] Rien à faire, nous devons marcher à fond, même conclure
[13:38] des accords avec le diable pour refaire l'unité du.
[13:41] Congo. Quand la guerre civile prend fin
[13:43] en 1965, Mobutu est devenu un héros national.
[13:45] Même s'il doit pour le moment toujours partager la gloire avec
[13:49] le président Kassavoubou, c'est bien lui le nouvel homme fort du
[13:53] régime. Et d'ailleurs, Mobutu n'attend
[13:54] pas bien longtemps avant de tenter sa chance.
[14:01] Dès le 24 novembre 1965, il lance son 2nd coup d'État,
[14:04] fragilisé par 5 ans de guerre. Le Premier ministre ivariste
[14:08] Kimba et le président Kassafupu sont renversés sans difficulté.
[14:12] Après le mumba, c'est la 2e grande figure de l'indépendance
[14:16] congolaise qui disparaît désormais. le Congo n'a plus
[14:19] qu'un seul visage, celui de Mobutu qui, dans la foulée, se
[14:25] proclame président. Et contrairement à ses
[14:30] prédécesseurs, jamais il ne flirtera avec Moscou.
[14:34] En lien étroit avec la CIA, il ancre fermement son pays dans le
[14:38] camp occidental, le transformant en un rempart contre le
[14:42] communisme au cœur de l'Afrique. Aux yeux des puissances
[14:45] occidentales, Mobutu est donc l'homme idéal, et c'est
[14:48] précisément pour cette raison qu'elles accepteront.
[14:52] Pendant des décennies, de détourner le regard en le
[14:56] laissant installer tranquillement sa dictature.
[15:05] Quand Mobutu prend le pouvoir, il a un problème.
[15:08] En fait, il sait très bien que si il est là, c'est grâce au
[15:11] soutien de l'Occident. Mais quand on est censé incarner
[15:14] un pays qui vient tout juste de s'émanciper, Eh bien, de
[15:18] l'Occident, ça fait un peu tâche.
[15:20] Alors pour ça, il va tout faire pour tenter de rompre avec
[15:23] l'héritage colonial, du moins en apparence.
[15:28] Première étape, tout renommer. À commencer par le pays lui même
[15:32] avec le kongo qui devient le Zaïre, histoire d'effacer le nom
[15:36] donné par les colons belges. Plusieurs villes sont aussi
[15:39] renommées comme la capitale léopoldzilde nommée en l'honneur
[15:42] du roi Léopold 2 qui devient Kinshasa.
[15:46] Le fleuve Kongo est lui aussi renommé Zaïre et la monnaie
[15:49] nationale devient aussi le Zaïre.
[15:52] Il leur donne aussi la fin des non chrétiens.
[15:55] Mobutu lui même change de nom. Oubliez Joseph Désiré Mobutu,
[15:59] place à Mobutu C se seco qui signifie celui qui ne meurt
[16:03] jamais. Enfin ça, c'est la version
[16:05] courte, car la version longue qu'il a choisie, c'est moi.
[16:10] Mobutu C se seko pour kombendu wazabanga Mobutu.
[16:16] C se seko coucou nbanda wazabanga, le guerrier tout
[16:19] puissant et éternel qui laisse le feu derrière lui et à qui
[16:23] rien ne résiste. En toute simplicité.
[16:25] Oui, vous allez voir avec Mobutu, on fait pas vraiment
[16:28] dans la dentelle hein, on est vraiment sur le cliché du
[16:31] dictateur. Dans la foulée, il se proclame
[16:36] président fondateur et comme tout bon dictateur, il se
[16:40] choisit un surnom, ce sera le léopard de Kinshasa.
[16:44] Pourquoi un léopard ? Eh bien parce que selon la
[16:47] propagande du régime, Mobutu aurait tué un léopard à l'âge de
[16:50] 10 ans, armé avec une simple lance.
[16:52] Bon, que ce soit vrai ou faux. Peu importe, hein.
[16:55] Le mythe est martelé par le régime et devient rapidement le
[16:58] seul récit valable. C'est la raison pour laquelle il
[17:03] porte en quasi permanence un couvre chef en peau de léopard.
[17:07] Quant à sa tenue baptisée Labacoste, une simplification du
[17:11] terme Abal costard, elle devient un symbole iconique du régime,
[17:14] au même titre que le fameux col Mao. en Chine, le Zaïre devient
[17:19] un État dirigé par un parti unique créé par Mobutu en 1967.
[17:24] Le MPR, mouvement populaire de la révolution et nous.
[17:28] Ne sommes pas un parti unique, parti unique suppose quelque
[17:33] chose qu'on impose, nous n'imposons.
[17:36] Rien. Avec son parti, le léopard
[17:39] écrase l'opposition. Il s'accapare tous les pouvoirs
[17:42] et en profite pour récupérer à son profit toute la gloire de
[17:44] l'indépendance. Il se présente comme l'héritier
[17:47] de l'umumba qu'il proclame héros national.
[17:50] Se gardant bien de révéler à son peuple le rôle de premier plan
[17:54] qu'il a joué dans son assassinat.
[17:58] En bref, en quelques années seulement, Mobutu est passé d'un
[18:02] militaire opportuniste à véritable père de la nation, un
[18:06] Dieu vivant que chaque zairois doit vénérer.
[18:20] Tout le monde n'est pas dupe et Mobutu a de nombreux opposants
[18:23] dont il va se charger de faire taire tout au long de son règne,
[18:27] dès sa prise de pouvoir en 1966. Profitant du weekend de la
[18:31] Pentecôte, Mobutu fait arrêter l'ancien Premier ministre
[18:34] evariste kimba et 3 de ses anciens ministres.
[18:36] Le lendemain, devant une foule de 300000 personnes, les 4
[18:39] hommes sont pendus devant un public déchaîné.
[18:41] La date de la Pentecôte n'est évidemment pas choisie au
[18:45] hasard. C'est un moyen de faire passer
[18:47] un message avec moi. Même la religion ne vous
[18:50] protégera pas rapidement. D'autres figures de
[18:55] l'indépendance suivent le même destin.
[18:57] Moïse tomber, qui avait mené la sécession du Katanga, est enlevé
[19:01] à bord d'un avion vers l'Algérie en 1967.
[19:03] Il trouve la mort dans des conditions mystérieuses dans une
[19:05] prison algérienne. Pierre moullele, le prolu Mumba,
[19:08] qui avait mené la rébellion communiste, est lui torturé à
[19:12] mort dans une prison de Kinshasa.
[19:15] De façon générale, dès qu'émerge un officier un peu trop
[19:18] charismatique, un intellectuel trop influent ou un ministre
[19:21] trop populaire, il se charge de le discréditer, de l'écarter,
[19:26] voire de le faire éliminer. Pour ça, Mobutu a notamment
[19:28] recours à ce qu'on appelle les largages, une pratique déjà
[19:33] utilisée par Pinochet au Chili et qui consiste à faire monter
[19:37] dans un hélicoptère un prisonnier politique avant de le
[19:40] jeter de nuit dans le fleuve Congo.
[19:43] Ceux qui voyaient à l'époque les hélicoptères sillonnaient le
[19:46] fleuve dans la nuit. D'autres croyaient que c'était
[19:49] une surveillance nocturne de notre frontière avec le Congo.
[19:54] Ce n'était pas le cas. C'était exactement le le largage
[19:56] des cadavres humains des personnes exécutées par les
[20:00] services secrets de Mobutu. Pour se protéger, Mobutu crée
[20:04] une garde présidentielle composée exclusivement de
[20:06] bandits, l'ethnie à laquelle il appartient.
[20:09] Ce sont des hommes très bien payés, loyaux et surtout
[20:12] redoutables en matière de répression.
[20:16] Mais l'ironie dans tout ça, c'est que malgré la brutalité du
[20:20] régime, l'armée régulière zaïroise est dans un état
[20:23] lamentable, mal entraîné et mal équipé, avec des hommes sous
[20:27] payés. Résultat, en 1978, lorsqu'éclate
[20:30] une insurrection au sud du pays, Mobutu passe à un cheveu de tout
[20:34] perdre. Il ne doit sa survie qu'à une
[20:38] intervention militaire française ordonnée par le président Valéry
[20:41] Giscard d'Estaing, qui fait parachuter des troupes de la
[20:44] Légion étrangère dans la région malgré une débâcle évitée de
[20:47] justesse. Mobutu en profite après ça pour
[20:50] se remettre le titre de Maréchal.
[20:53] Mais si les Occidentaux, dont la France, se donne autant de mal
[20:55] pour venir en aide à leurs amis africains, ce n'est pas qu'une
[20:59] question de lutte antisoviétique.
[21:01] Car si le Zaïre a bien une qualité, c'est que c'est un pays
[21:05] immense qui déborde de ressources, des minerais et du
[21:08] pétrole. Autrement dit, c'est un pays
[21:10] riche, du moins qui pourrait l'être.
[21:13] Problème, malgré l'indépendance, le Zaïre ne semble pas
[21:16] s'enrichir. Alors pourquoi ?
[21:19] Eh bien parce que derrière les discours africanistes du léopard
[21:22] de Kinshasa, dans les faits, rien n'a vraiment changé depuis
[21:25] l'époque du Congo belge. Comme au temps de la
[21:30] colonisation, les ressources restent toujours exploitées par
[21:33] des entreprises étrangères. La seule différence c'est que
[21:36] dans tout ça, il y a Mobutu qui prélève sa part.
[21:39] Et oui, que serait une bonne dictature sans la corruption ?
[21:43] Bon la corruption on en voit un peu partout, mais bon, comme
[21:46] Mobutu le disait lui même. Qui nous a appris la
[21:48] corruption ? Je.
[21:50] Crois que c'est vous autres parce que ouais, au Zaïre,
[21:53] c'était vraiment quelque chose. Avec tous ces accords passés
[21:57] avec des entreprises étrangères et à d habile montage financier,
[22:00] le maréchal et sa Cour réussissent à capter une
[22:03] quantité phénoménale d'argent et de joyaux directement payés sur
[22:07] les richesses du Zaïre. Les zaïrois se moquent
[22:09] d'ailleurs de la devise de leur chef qui est toujours servir,
[22:12] qu'ils détournent en toujours se servir.
[22:15] Mobutu et ses proches s'offrent des villas sur la Côte d'Azur,
[22:18] des Châteaux en Belgique, des voitures de luxe ou encore
[22:22] remplissent des comptes bancaires en Suisse.
[22:23] Dans les années 80, Mobutu est si riche qu'il est l'un des
[22:27] rares milliardaires de la planète et lorsqu'il décide de
[22:30] réinvestir, il le fait quasi exclusivement dans sa région
[22:34] natale. Il fait construire dans le
[22:36] village de Badolite un palais extravagant, du marbre, des
[22:39] dorures et des bois précieux pour ce qui est appelé le
[22:42] Versailles dans la jungle. Construit dans un pays où la
[22:45] population ne fait que survivre, il fait même construire un
[22:48] aéroport privé juste à côté, spécialement pour lui, sa
[22:51] famille et ses 2 maîtresses. Mais encore une fois, tout ce
[22:56] qui se passe à l'intérieur du Zaïre reste au Zaïre.
[22:59] Les Occidentaux ferment les yeux sur les agissements du
[23:01] dictateur. C'est comme ça qu'il peut
[23:05] voyager aux 4 coins du monde et rencontrer tous les puissants de
[23:09] son époque. Et avec tout ça, il peut même se
[23:14] permettre de dépenser 10000000 de dollars pour organiser à
[23:17] Kinshasa le combat du siècle entre les boxeurs Mohammed Ali
[23:21] et George Foreman. Et ça juste pour son auto promo.
[23:32] Mais voilà, combien de temps un tel système peut-il tenir ?
[23:35] Car au fond, qu'est ce qui fait tenir Mobutu ?
[23:38] C'est son talent, son aura, son armée.
[23:40] Non, c'est ceux qui veulent bien le laisser en place car ils le
[23:43] trouvent utile. Mais ce que Mobutu n'avait sans
[23:45] doute pas prévu, c'est que ses amis n'allaient bientôt plus
[23:48] avoir besoin de lui, car le contexte international qui lui
[23:52] avait permis de prendre le pouvoir allait bientôt prendre
[23:55] fin. Depuis 1965, le contrat était
[24:02] clair, en échange d'un anti communisme sans faille, Mobutu
[24:07] pouvait tout se permettre et c'est ce qui se passe pendant 25
[24:11] ans. les États-Unis ferment les yeux.
[24:13] En échange, Mobutu s'arrange pour toujours soutenir la cause
[24:16] occidentale. A l'ONU, le Zaïre vote quasi
[24:18] systématiquement dans le sens de Washington.
[24:24] Sur le terrain, les troupes aéroises servent de supplétifs
[24:27] dans tous les conflits en Afrique liés à la guerre froide,
[24:30] comme par exemple pendant la guerre civile angolaise où ils
[24:33] combattent la milice communiste du MP.
[24:36] LA. Pour les Américains, nombutu
[24:41] n'est peut être pas l'homme le plus fréquentable.
[24:44] Mais il est utile et on l'a vu. C'est justement ça qui lui
[24:48] permet d'être intégré dans le petit club des puissants.
[24:51] Sauf que tout ça reposait sur une condition, la guerre froide.
[24:58] Or, au tournant des années 90. L'ordre du monde bascule, le mur
[25:03] de Berlin vient de tomber, le rideau de fer se disloque, les
[25:06] dictatures du bloc de l'Est tombent les unes après les
[25:08] autres, et même les régimes communistes les plus durs, comme
[25:11] l'u. RSS et la Chine, sont obligés de
[25:13] se convertir au libre marché. En d'autres termes, la guerre
[25:16] froide et le conflit idéologique qu'elle représentait est
[25:19] terminée. Soudain, Mobutu devient un
[25:23] problème, comment continuer à soutenir un dictateur aussi
[25:26] brutal ? Quand on se proclame, comme le
[25:28] font les États-Unis, les champions du monde libre, alors
[25:31] qu'en plus il n'y a plus de menace soviétique à brandir.
[25:34] Résultat, en 1990, les États-Unis suspendent une partie
[25:36] de leur aide au Zaïre. Au même moment, le prix du
[25:40] cuivre, l'une des principales ressources du pays, s'effondre
[25:42] et ses exportations avec le pays plonge alors dans une grave
[25:47] crise économique. Sous pression des Occidentaux et
[25:49] de son peuple, le léopard est obligé de lâcher du lest.
[25:55] Horrifié de la façon dont a fini son ami Romain Ceausescu, il se
[25:59] décide à autoriser d'autres partis politiques.
[26:01] J'ai estimé seul devant ma conscience, de tenter de nouveau
[26:08] l'expérience du pluralisme politique dans notre pays, avec
[26:12] à la base le principe de la liberté pour chaque citoyen.
[26:18] D'adhérer à la formation politique de son choix.
[26:22] Mais alors qu'on aurait pu penser que le Zaïre allait enfin
[26:24] pouvoir emprunter la voie de la démocratie, dans les faits, rien
[26:28] ne change vraiment. Mais malgré une légère
[26:31] démocratisation du Zaïre, Mobutu garde son pouvoir d'une main de
[26:34] fer. Une des raisons est que la
[26:37] décision d'autoriser d'autres partis politiques fait que ce
[26:39] sont plus de 200 partis qui sont créés en quelques mois, avec
[26:43] chacun leurs revendications en fonction de leurs opinions.
[26:47] Ou de leurs origines ethniques. Donc, même si elle existe,
[26:51] l'opposition zairoise est très divisée.
[26:55] Mais force est de reconnaître que le système Mobutu est à bout
[26:59] de souffle. En septembre 91, les soldats
[27:04] zairois sous payés, se mutinent à Kinshasa et sèment le chaos
[27:07] dans toute la ville. Le 16 février 1992, 1000000 de
[27:10] Zairois manifestent contre le maréchal, malgré la répression
[27:12] qui fait des dizaines de morts. L'année suivante, c'est au tour
[27:19] de ses vieux amis américains de le lâcher.
[27:22] En 1993, Bill Clinton est élu président des États-Unis et
[27:24] entend bien tourner la page. Mobutu Game chef match it over,
[27:28] we will have a New president of the nutage Clinton décidé de
[27:32] condamner publiquement les agissements du dictateur.
[27:37] Il lui impose des sanctions économiques et lui demande de
[27:40] quitter le pouvoir. Mais voilà, malgré ça, Mobutu
[27:49] semble indéboulonnable. Comme si le seul capable de le
[27:53] chasser du pouvoir, c'était lui même.
[27:55] Ou plutôt son propre corps. Car à 65 ans, le dictateur est
[28:00] rattrapé par la maladie. Les médecins viennent de lui
[28:03] diagnostiquer un cancer de la prostate.
[28:08] Mobutu qui s'affaiblit de jour en jour, ne peut plus lutter
[28:11] comme avant pour la sauvegarde de son régime.
[28:15] Retranché dans son palais de badolithes, le vieux et léopard
[28:18] s'isole de plus en plus. Se sachant condamné, il organise
[28:22] ses dernières fêtes avec sa Cour qui vit coupé des réalités et
[28:25] qui pense encore pouvoir échapper à leur sort grâce aux
[28:28] richesses captées sur le dos de la population zairoise.
[28:33] Enfin, ça, c'est ce qu'il pense. Car contrairement à ce qu'a
[28:36] martelé la propagande pendant 3 décennies, le léopard n'est pas
[28:39] éternel. Fin 1996, Mobutu part en Suisse
[28:41] pour subir une opération pour son cancer.
[28:43] Au même moment, profitant de l'absence du maréchal, ses
[28:47] opposants passent à l'action à l'est du pays, un certain
[28:53] Laurent desile. Et Kabila, un ancien soutien de
[28:56] l'UMUMBA et opposant de longue date de Mobutu, forme l'a FDL.
[29:02] L'Alliance des forces démocratiques pour la libération
[29:05] du Congo, Kabila parvient à rallier à lui non seulement une
[29:08] partie de l'armée et de la population zaïroise, mais aussi
[29:11] d'autres pays comme le Rwanda et l'Ouganda.
[29:14] Pour les États-Unis, l'occasion est trop belle.
[29:17] Le Président Clinton abandonne toute forme de soutien à Mobutu
[29:20] et offre son soutien à Kabila à condition qu'il assure l'ordre
[29:24] et organise des élections libres.
[29:26] C'est le début de la guerre de libération.
[29:29] En novembre 1996, l'est du pays s'embrase lorsque Kabila et ses
[29:32] hommes lancent son offensive en direction de Kinshasa.
[29:35] L'armée de Mobutu, mal entraînée et sous payée, prend rapidement
[29:39] la fuite. De retour au pays après sa
[29:42] convalescence, Mobutu tente de redresser la situation à son
[29:45] avantage, mais sans succès. Malgré la répression toujours
[29:48] aussi sanglante, des milliers de zairois défilent dans les rues.
[29:57] Sur le front, il ne faut que 6 mois pour que le régime de
[30:00] Mobutu ne s'effondre comme un château de cartes.
[30:02] Le maréchal n'a alors pas d'autre choix que de négocier
[30:05] avec Kabila en présence de Nelson Mandela, venu servir en
[30:09] tant qu'arbitre. Mais ces négociations ne mènent
[30:12] à rien et la guerre reprend de plus belle.
[30:14] Dos au mur, le dictateur choisit la fuite.
[30:17] Le 16 mai 1997, il monte à bord de son avion personnel,
[30:20] direction son palais de badolite.
[30:24] Madame, Monsieur, Bonjour. Les événements se précipitent
[30:26] donc au Zaïre. Les troupes rebelles ont fait
[30:28] leur entrée ce matin dans la capitale Kinshasa.
[30:34] Le lendemain, les rebelles s'emparent de Kinshasa.
[30:39] Immédiatement, Kabila se proclame président de la
[30:42] Nouvelle République démocratique du Congo.
[30:45] Pendant ce temps, toujours pour chasser, Mobutu s'exile quelques
[30:47] jours plus tard au Togo, puis vers le Maroc, à bord d'un avion
[30:51] criblé de balles, gravement malade.
[30:53] Il passe ses derniers mois entre le Maroc et des hôpitaux
[30:56] français. Le 7 septembre 1997, Mobutu
[30:59] Cessezco meurt à Rabat à 66 ans, pour le meilleur et surtout pour
[31:04] le pire. Mobutu fait partie des grandes
[31:09] figures de l'Afrique post-coloniale.
[31:11] Formé par les Belges, porté par l'indépendance du Congo, puis
[31:16] inspiré par des figures comme Lumumba, il choisit très vite
[31:20] une autre voie. Celle de la trahison et de
[31:25] l'égoïsme pour se forger son propre destin pendant plus de 3
[31:28] décennies. Mobutu est le seul homme fort du
[31:30] Congo où il incarne un rôle de rempart contre le communisme.
[31:35] Un rôle qui lui offre un passe droit exceptionnel, celui de
[31:38] pouvoir installer une dictature personnelle corrompue et d'une
[31:42] brutalité extrême aux yeux de tous, sans être inquiétés du
[31:46] moment que les Occidentaux y trouvaient leur compte.
[31:49] Mais une fois la guerre froide terminée et la menace soviétique
[31:53] évaporée, Mobutu n'était plus qu'un homme encombrant dont il
[31:56] fallait se débarrasser. Dans son sillage, le vieux
[31:59] léopard laisse un bilan accablant. au-delà de la
[32:05] violence des purges et des opposants assassinés, Mobutu a
[32:08] surtout hypothéqué l'avenir de son pays.
[32:12] Les chiffres parlent d'eux mêmes.
[32:13] En 1987, au moment de sa chute, alors que la population a triplé
[32:16] depuis 1965, le PIB du Zaïre est resté pratiquement le même qu'à
[32:19] l'indépendance. Mobutu, c'est 32 ans au pouvoir
[32:21] pour 32 ans de stagnation, alors qu'il avait pourtant hérité d'un
[32:25] pays plein de potentiel, il s'est tout accaparé pour lui
[32:28] même, ruinant son pays pour les décennies à venir.
[32:31] Car ce que les Congolais ne savent pas encore en 97, c'est
[32:34] que l'espoir né de la chute de Mobutu, incarné par.
[32:43] Le rang des il et Kabila va très vite se heurter à la réalité.
[32:48] Dans un pays ruiné, divisé et sans institutions solides, sa
[32:52] prise de pouvoir ne débouche pas sur une reconstruction du pays
[32:55] mais sur un nouveau chaos. Les zaïrois redevenus congolais
[33:02] se retrouvent pris dans une spirale de conflit où chacun
[33:06] règle ses comptes en tentant de s'enrichir sur les ruines du
[33:08] régime du léopard, une série de guerres meurtrières.
[33:12] Qui continue encore aujourd'hui ?
[33:16] Je viens d'un pays le plus riche de la planète, pourtant le
[33:22] peuple de mon pays est parmi les plus pauvres du monde.
[33:28] Bientôt 30 ans après sa mort, alors que se dressent les ruines
[33:32] de son palais dans une République démocratique du Congo
[33:35] qui n'a de démocratique que le nom, difficile de dire si le
[33:37] pays a vraiment tourné la page de Mobutu.
[33:40] Ou si son fantôme plane toujours au-dessus du pays.
[33:52] Merci beaucoup d'être resté jusqu'à la fin de cet épisode.
[33:55] J'espère que ce petit retour en Afrique vous a plu.
[33:57] Je vous donne rendez-vous sur Instagram où je crée beaucoup de
[34:00] contenu là-bas et je vous dis à très bientôt.

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