# Épisode 1 “Des voix et des droits”, le podcast de la LDH, avec Patrick Baudouin, président de la LDH

An episode of [Des voix et des droits, le podcast de la LDH](https://invisiblenetwork.ai/podcast/1717604225), 5 Jun 2023, 21 min.

Audio: https://dts.podtrac.com/redirect.mp3/www.vodio.fr/emissions/_rjounin59E8/ep1.mp3

Patrick Baudouin, le président de la LDH, inaugure “Des voix et des droits”, avec un état des lieux des libertés associatives en France. Si la LDH s’est récemment attiré l’ire du gouvernement, elle est malheureusement loin d’être la seule association menacée ces dernières années. Patrick Baudouin déplore une remise en cause croissante de la liberté d’association, une volonté de mainmise préoccupante par le pouvoir politique. Pourtant, la liberté d’association est essentielle en démocratie, où la société civile doit pouvoir s’exprimer par le biais de contre-pouvoirs. La LDH continue son combat contre l’injustice et l’arbitraire, et poursuit son engagement en faveur de la justice sociale et de la reconnaissance de l’égalité des droits.

## Transcript

Bonjour. Pour ce nouveau podcast de la LDH, nous allons revenir sur une actualité récente et assez inédite.
Deux ministres du gouvernement français, et non des moindres, se sont livrés à des attaques en règle contre la LDH.
Patrick Baudouin, président de la Ligue des droits de l'homme, va nous les rappeler.
Ensuite, avec lui, nous allons aborder aussi d'une manière plus générale les nombreuses atteintes aux droits des associations
et les pressions que certains entendraient faire peser sur elles.
Le podcast de la Ligue des droits de l'homme.
La première salve d'attaques a été déclenchée par M. Darmanin.
Patrick Baudouin.
Qui a estimé, en réponse à une question d'un sénateur, qu'effectivement, les subventions accordées à la Ligue des droits de l'homme
devaient être regardées de près, ce qui était une espèce de menace voilée sur les financements qui peuvent être accordés à la LDH.
Et puis, il y a eu, je dirais, une deuxième salve, à laquelle on s'attendait encore moins de la part de la première ministre, Mme Borne.
Cette fois, presque plus virulente, d'une certaine manière, puisqu'elle remettait en cause des positions politiques de la LDH,
que ce soit sur notre contestation d'arrêter d'interdiction de port des armes par destination lors des manifestations,
et puis, surtout, le fait que nous aurions pu avoir des espèces de complaisances vis-à-vis de l'islamisme radical.
Alors, face à des attaques d'une telle violence, la LDH a été amenée à réagir.
À réagir doublement, je dirais, premièrement, d'un point de vue spécifique, mais plus largement touchant la liberté associative,
puisque la position exprimée par M. Darmanin revenait, en fait, à remettre en cause la liberté d'association,
puisque ça consistait à dire que, finalement, on maintiendrait les subventions ou on les supprimerait en fonction des prises de position d'une organisation,
qui, évidemment, est une organisation indépendante, qui est un contre-pouvoir.
Donc, c'est une volonté de mainmise de la part du pouvoir sur les associations,
ce qu'on rencontre dans des pays tout autres que les pays démocratiques, ce qu'on appelle les pays libéraux,
comme aujourd'hui la Hongrie, la Pologne et quelques autres, voire les pays autoritaires.
Donc, on a évidemment argumenté en indiquant que c'était une atteinte grave qui était portée à la liberté associative.
Le deuxième axe de réponse, c'est évidemment de s'indigner des propos tenus par Mme Borne.
Il va de soi que, par exemple, puisque c'était vraiment la charge maximum qui résultait de ces propos,
il va de soi que la Ligue des droits de l'homme défend des valeurs qui sont totalement opposées à la vision que peut avoir de la société et des rapports humains l'islamisme radical.
J'ai l'impression d'enfoncer une porte ouverte en disant cela.
Donc, on s'est défendu en rappelant tout le passé de la LDH, tous les combats d'aujourd'hui de la LDH,
qui sont des combats pour l'égalité, pour la liberté, pour la fraternité, pour la justice et la justice sociale en particulier,
le respect d'autrui, la tolérance, le fait que chaque être humain en vaut un autre,
enfin tout ce qui fait la force des valeurs que nous défendons avec beaucoup d'autres organisations.
Il y a eu tout un côté évidemment très négatif parce que certains ou certaines de nos ennemis ou de nos adversaires,
on pense en particulier évidemment à des milieux par exemple de l'extrême droite,
se sont engouffrés médiatiquement et politiquement à la suite de ces deux salves qui nous étaient destinées
pour en rajouter un peu et pour essayer de profiter de l'occasion pour critiquer la LDH
et essayer vis-à-vis de l'opinion publique de la discréditer.
En revanche, l'aspect positif et inverse, c'est que la LDH a bénéficié immédiatement,
c'est-à-dire dès après les déclarations, les premières déclarations qui étaient celles de M. Darmanin,
d'un soutien absolument extraordinaire.
On a eu en quelques jours des personnalités diverses,
pas seulement des personnes, on pense que la Ligue est plutôt, ce qui n'est pas tout à fait faux,
est plutôt liée à la gauche qu'à la droite, mais on a eu des personnalités bien sûr de gauche
mais aussi du centre et voire de la droite, pas de la droite extrême, mais qui nous ont soutenus.
Il y a eu mille signatures qui ont été très très vite recueillies par le journal l'Humanité
pour dire ne touchez pas à la LDH.
Il s'en est suivi aussi toute une série d'adhésions à la LDH.
On était sur le point de lancer une campagne justement d'adhésion.
On se demandait comment on allait procéder, car nous n'avons pas des moyens considérables
et quand on s'adresse à des agences de publicité ou de communication pour faire une campagne,
ça coûte de l'argent, donc on a toujours des difficultés.
Et là, M. Darmanin, c'est vraiment le seul remerciement qu'on pourra lui faire.
Il a fait notre campagne.
Parce qu'à la suite de ces déclarations, d'emblée, on a eu plus d'adhésions
qu'on aurait pu le faire par une campagne normale, qui nous aurait coûté de l'argent.
Et M. Darmanin, je m'empresse de dire qu'on ne l'a pas payé.
Finalement, là, les deux membres du gouvernement ont perdu une bonne utilisation de ce terme
parce que c'était quand même ridicule.
Je conçois que pour les gens qui sont impliqués au quotidien, ça soit blessant,
mais vu de l'extérieur où j'étais moi à ce moment-là, tout ça est parfaitement ridicule.
Et ça replace, y compris pour le grand public,
qui finalement voyait l'ALDH comme quelque chose qui faisait partie du paysage,
ça la replace au centre du débat.
Effectivement, ça lui redonne toute sa force, toute sa légitimité.
Et qu'on vienne adhérer ou pas, qu'on fasse comme moi partie de la promo de Darmanin,
on voit que l'ALDH est un pivot essentiel d'une démocratie.
Oui, je pense que, on dit toujours, alors c'est un peu prétentieux,
mais je pense que c'est largement vrai quand même que l'ALDH est une sorte de vigie des libertés.
Mais en plus, ce qui a été, et vous avez tout à fait raison de le souligner,
ce qui est peut-être le plus positif de cette période,
c'est que ça a replacé, je reprends votre expression, l'ALDH au centre du jeu,
et ça nous facilite l'objectif qui est le nôtre dans la période difficile actuelle
en matière d'atteinte aux droits et libertés,
l'objectif qui est de rassembler, l'objectif de rassemblement.
Et on a vu qu'on a pu, par exemple, ici dans cette maison qui est celle de la Ligue des droits de l'homme,
le siège de l'ALDH, on a pu rassembler très récemment
à peu près plus de 60 organisations associatives syndicales,
je pense par exemple les syndicats la CGT, la FSU, Solidaires et autres,
ou l'Organisation de défense de l'environnement,
qu'on rassemble autour de nous,
sachant que l'ALDH à elle seule n'est pas en mesure, évidemment,
d'être le contre-pouvoir suffisant pour faire basculer les choses,
mais en rassemblant justement, en fédérant,
nous jouons un rôle qui paraît mobilisateur
et susceptible, espérons-le, d'inverser un peu les tendances actuelles
au désarroi, au désenchantement face, il faut le dire,
à notre adversaire principal qui est l'extrême droite
avec une montée spectaculaire non seulement de l'extrême droite
mais des idées que véhicule l'extrême droite
puisqu'on voit très bien que par capilarité
un parti comme le LR, c'est pas tout à fait nouveau,
se rapproche, voire reprend à son compte en les aggravant
beaucoup des idées d'extrême droite et ne parlons pas du macronisme
où il y a toute une tendance au sein de ce mouvement
qui aussi est en train de servir, volontairement ou pas,
aveuglément ou pas, je ne sais, de marche-pied à Mme Le Pen.
Justement, en ce qui concerne les libertés,
l'ALDH n'a pas été la seule association à être attaquée,
il y a eu les soulèvements de la terre qui ont été menacées
de dissolution par le même Gérald Darmanin,
SOS Racisme qui a été renvoyé dos à dos avec l'extrême droite
par Sarah El Haïry, tout ça est grotesque
mais c'est quand même une vraie attaque
contre la liberté associative en France.
Oui, mais bien sûr.
C'est pourquoi cette question très grave
dépasse de beaucoup l'ALDH.
Beaucoup d'autres organisations sont dans le collimateur
au niveau de la liberté associative.
Je vais citer un exemple.
Alternatiba est une association
qui organisait au mois de septembre 2022
des ateliers, il y avait deux journées d'ateliers
sur toute une série de sujets qui intéressent la société civile,
environnement, droit et liberté.
L'un des ateliers était consacré à la désobéissance civile.
Alternatiba avait bénéficié pour ces deux journées
de subventions qui avaient été accordées par la maire de Poitiers
et la communauté d'agglomération de la région de Poitiers.
Le préfet a exigé auprès de la maire de Poitiers
qu'elle retire les subventions qui avaient été accordées à Alternatiba.
Le préfet, c'est-à-dire le représentant de l'État ?
C'est-à-dire le représentant de l'État.
La maire de Poitiers a bien évidemment refusé
et le préfet a saisi le tribunal administratif
pour que le tribunal prenne une décision
en faisant en quelque sorte injonction à la maire
de retirer ses subventions.
La procédure est en cours,
mais c'est dire la gravité tout de même de la situation.
C'est un exemple ici à Poitiers,
mais on retrouve ça dans beaucoup d'autres régions
qui sont atteintes à la liberté associative.
Par exemple dans la région Rhône-Alpes,
ça ne surprend personne avec monsieur Wauquiez
qui est à la tête de cette région.
Donc il y a une tendance très très forte effectivement
à la remise en cause de la liberté d'association
avec des menaces de dissolution
telles que celles que vous évoquiez sur les soulèvements de la terre,
des mouvements environnementaux, écologiques
et une criminalisation précisément de ces mouvements
qui ne plaisent pas au pouvoir.
Avec des expressions, on pourrait les multiplier,
qui pourraient paraître risibles mais qui sont graves,
du genre éco-terrorisme qu'on a utilisé justement
vis-à-vis d'organisations qui ne font rien d'autre
que de manifester pour la défense du droit environnemental
et de mener les combats les plus légitimes qu'ils soient
face aux problèmes climatiques,
tous les problèmes qui peuvent concerner la planète.
Donc c'est vraiment une situation extrêmement préoccupante.
Il faut rappeler que la liberté d'association
c'est absolument essentiel évidemment dans une démocratie
où la société civile doit pouvoir s'exprimer
par ce biais de contre-pouvoir
qui constitue souvent les aiguillons les plus avisés
pour essayer de prévoir l'avenir
et de prendre les mesures permettant d'éviter le pire dans l'avenir.
Vous parlez de criminalisation des associations,
on peut aussi parler de criminalisation des militants eux-mêmes.
Et moi je daterais ça aux manifestations de la loi travail
où on a commencé à arrêter les militants, les manifestants
et à leur mettre le même tarif à tous, quoi qu'il arrive.
Et évidemment ça n'a fait que s'amplifier.
Depuis on attaque d'un côté l'association, de l'autre côté l'individu.
Oui, ça va de pair.
Je dirais que malheureusement ça a une certaine logique
de la part d'un pouvoir qui devient de plus en plus répressif
et qui pense qu'on va régler les problèmes sociaux à travers la répression
ce qui est quand même assez monstrueux
parce que la réponse à des préoccupations sociales, à une crise sociale majeure
c'est de prendre des mesures de nature sociale
qui soient à donner au plus démuni ce qui leur manque aujourd'hui.
Il faut savoir qu'il y a un taux de précarité en France
c'est-à-dire de personnes qui n'ont pas le minimum de subsistance
qui est de 13%, ce qui est énorme pour un pays comme la France.
Et c'est vrai qu'il y a des atteintes portées aux individus.
Ça remonte, là aussi, je pense, ça peut remonter même plus loin
mais c'est vrai qu'il y a un vrai élément déclencheur fort
avec les contestations sur la loi travail
et on voit d'ailleurs une dégradation des relations sociales
et du droit du travail tout court
avec toute une série de salariés
qui constituent des réserves de main-d'oeuvre
qu'on utilise selon le bon vouloir en quelque sorte
et on a perdu beaucoup des droits, par exemple, en matière de licenciement
c'est aussi très net.
Le droit du licenciement, progressivement
a vu ses dispositions les plus protectrices des salariés reniés
pour aller vers des systèmes à l'américaine ultra-libéraux
qui permettent de congédier, il faut le dire, beaucoup plus facilement.
Qu'est-ce qu'il faut faire ?
Que doivent faire les associations, les militants ?
Comment est-ce que maintenant la Ligue des Droits de l'Homme
de son côté, mais j'imagine avec les autres associations
peut lutter contre cette tendance musellement si j'ose dire ?
Première observation qui mérite quand même d'être formulée je pense
c'est que malheureusement ce type de dérive et de situation
préoccupante sur le plan des droits et libertés n'est pas propre à la France.
Deuxièmement, il ne faut pas se leurrer
on est sur une période qui, comparaison n'est pas raison
mais qui à certains égards ressemble quand même à celle des années 30.
Pourquoi ? Parce que l'extrême droite, puisque c'est là le danger aujourd'hui
prolifère sur un terreau.
Et ce terreau c'est quoi ?
C'est une crise sociale, une crise économique, une précarité
une grande partie de la population qui se sent délaissée, marginalisée
qui en vient à détester des élites qui n'ont pas rempli leur rôle
ou des gouvernants qui n'ont pas rempli leur rôle.
Une crise qui a été quand même une crise sanitaire
qui a beaucoup marqué aussi.
Une crise qui devient guerrière avec l'Ukraine
avec des angoisses, des peurs
et puis des problèmes qui existent qui doivent être résolus
pas de la manière dont le fait le pouvoir
mais des crises qui seront liées aux migrations
car il y aura de plus en plus de migrations dans les années à venir
du fait du réchauffement climatique.
Alors crise est un mauvais terme
parce qu'on doit pouvoir résoudre le problème des migrations
mais il ne faut pas se dissimuler que ce n'est pas non plus toujours facile.
Donc on a tout ce terreau
et on a un rassemblement national qui tire argument de tout cela
qui essaye de passer sous silence ce qu'a été son passé
et qui promet la lune
avec beaucoup d'émagogie
vient dire nous on va vous apporter du meilleur
sans programme réel.
Je crois qu'il faut continuer quand même
de rappeler ce qu'est le RN historiquement.
Ensuite de dénoncer les idées
l'idéologie du RN
c'est quand même encore le parti de la préférence nationale
de la xénophobie, du rejet de l'eau
du rejet des migrants, des étrangers, des roms
et après surtout il faut proposer une alternative au pouvoir actuel
quelque chose qui puisse être crédible, cohérent
et qui permette aux électeurs, aux électrices
puisque ça se traduira sans doute quand même dans les urnes
dans les années à venir
d'avoir de l'espoir
et l'espoir c'est fondé sur la justice sociale
sur la reconnaissance des droits équivalents
égaux pour tous et toutes.
Ce qui veut dire qu'après avoir réuni les syndicats
la LDH pourrait réunir les partis politiques pour en être un aiguillon ?
Alors la LDH a toujours indiqué
qu'elle agissait en dehors des partis politiques
ça ne veut pas dire qu'elle ne fait pas de la politique
elle fait toujours de la politique quand on est dans le combat politique
au sens noble du terme, ce qui est le cas de la LDH.
Ça veut dire simplement qu'on peut faciliter
aux côtés et avec les partis politiques
cette union et ces perspectives nouvelles
qu'il va bien falloir tracer.
Bon, historiquement, comme vous le savez
la Ligue des droits de l'homme a par exemple joué un rôle tout à fait essentiel
dans la constitution du Front populaire en 1936
cette constitution du Front populaire, c'était très symbolique
c'est passé au siège même de la Ligue des droits de l'homme
donc c'est dire qu'on peut jouer cet élément fédérateur et rassembleur
ça ne veut pas dire qu'on a à s'intégrer ou à se substituer aux partis
mais on peut essayer modestement mais avec conviction
d'apporter notre aide dans ce mouvement de renaissance politique
tournant autour encore une fois de ce qui paraît essentiel
c'est à dire redonner l'espoir à travers plus de justice sociale
dans un monde où au contraire l'injustice est de plus en plus omniprésente
il suffit de voir les inégalités monstrueuses
auxquelles on parvient en termes par exemple de rémunération
jamais le capitalisme n'a été aussi omniprésent et puissant.
En conclusion, est-ce qu'on peut considérer que ça fait partie
avec d'autres que vous allez nous citer
des principaux défis qui attendent la LDH dans les mois et les années à venir ?
Oui bien sûr, la LDH conserve quand même ses combats fondamentaux
le premier ça reste la lutte contre l'injustice et l'arbitraire
qui se couplent forcément puisque c'est une question d'égalité
entre les êtres humains et de dignité de la personne humaine
avec la lutte contre le racisme, l'antisémitisme, la xénophobie
la violation des droits des LGBTQI ou des roms
la lutte contre toutes les discriminations
ça reste le combat fondamental de la Ligue
alors ça rejoint forcément le combat contre l'extrême droite
et puis tout ce qui peut être aujourd'hui lié aux droits économiques, sociaux, culturels
mais avec un volet supplémentaire qui est contenu d'ailleurs
dans les droits économiques et sociaux
forcément c'est la défense de l'environnement
et la LDH m'a ajouté d'ailleurs dans ses statuts l'année dernière
cette question dans l'objet même de la Ligue
de l'environnement y compris au niveau d'actions juridiques ou judiciaires
que nous pourrions entreprendre de façon à être à la fois sur le terrain politique
sur le terrain associatif et sur le terrain, pourquoi pas, juridique
quand il faut aussi agir de cette manière
C'était Patrick Beaudoin, président de la Ligue des Droits de l'Homme

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