# 🎙️133 - La frustration dans l'apprentissage des langues

An episode of [impolyglot | French Podcast](https://invisiblenetwork.ai/podcast/1435731963), 11 Mar 2024, 22 min.

Audio: https://anchor.fm/s/6aa8718/podcast/play/83858981/https%3A%2F%2Fd3ctxlq1ktw2nl.cloudfront.net%2Fstaging%2F2024-2-11%2F370478846-44100-2-a7b3ad1a8cc3c.m4a

📲 https://linktr.ee/impolyglot Aujourd'hui, je vous parle de la frustration dans l'apprentissage des langues. C'est un phénomène qu'on rencontre tous à un moment ou un autre. Mais il y a plusieurs facteurs à prendre en compte pour bien comprendre d'où ça vient. --- MY FAVORITES 🎥 DJI Osmo Pocket 3: https://amzn.to/45CaMU2 🎥 DJI Osmo Action 5 Pro: https://amzn.to/4oEeGEr 🎙️ DJI Mic: https://amzn.to/419anXM 🎙️ Micro Shure MV7+: https://amzn.to/4lut0N8 🎙️ Focusrite Scarlett 2i2: https://amzn.to/4mhOjCJ 💻 MacBook Pro: https://amzn.to/4lEt2lO 📖 Kindle Paperwhite: https://amzn.to/4lsuibu --- MY PODCASTS 🎙️impolyglot: https://pod.link/1435731963 A French podcast for upper intermediate learners and native speakers that explores language acquisition and other fun topics, with occasional guests. 🎙️Le BroCast: https://pod.link/1623307432 A podcast with my best friend Quentin, where we chat at a normal speed about everything we enjoy. For advanced learners and native speakers. --- WHO AM I I'm Lionel, a polyglot who helps language learners through my podcast impolyglot, digital courses, and content on YouTube, my newsletter, and Patreon. I also co-host the podcast Le BroCast. --- GET IN TOUCH If you’d like to talk, I’d love to hear from you. You can contact me here: lionel@impolyglot.com PS: Some links in this description are affiliate links that I get a kickback from

## Transcript

[0:14] Je viens de faire une classe avec un élève que j'aime
[0:16] beaucoup ce matin et ça m'a donné un petit peu l'inspiration
[0:19] pour faire cet épisode. Donc l'épisode d'aujourd'hui va
[0:21] porter sur le thème de la frustration dans l'apprentissage
[0:25] des langues. Et en fait, c'est parce que ce
[0:27] matin, je savais que ça allait être une classe un peu
[0:29] compliquée. Parce que je j'ai voulu faire en
[0:33] fait un exercice que j'adore qui est utiliser une scène d'un
[0:36] film. Donc un extrait assez court
[0:38] hein. Souvent c'est entre 30 secondes
[0:40] et une minute 30 grand Max et on va dire, décortiquer, analyser
[0:45] sous tous les angles cette scène de film.
[0:47] Donc l'idée c'est de l'écouter plusieurs fois, d'où le fait
[0:50] d'avoir une scène très courte. Donc on va la regarder, on va la
[0:54] regarder peut être 234 fois et ensuite demander à la personne,
[0:58] à l'étudiant, Eh bien qu'est ce qu'il comprend ?
[0:59] On va on va dire voilà, imagine que je n'ai que je n'ai pas vu
[1:02] cette scène de film. Eh bien, qu'est-ce que tu peux
[1:04] me dire ? Comment tu peux m'expliquer
[1:06] cette scène ? C'est vraiment un exercice que
[1:07] j'adore parce que au début, on a donc cette idée de compréhension
[1:11] globale générale, l'étudiant fait ce qu'il peut, évidemment,
[1:14] il y a des termes, il y a des mots, il y a des expressions
[1:16] qu'il ne comprend pas, mais c'est pas grave.
[1:18] L'idée c'est qu'il me m'explique, on va dire tout ce
[1:21] qu'il a compris, donc on part sur une base, on va dire
[1:24] là-dessus, et ensuite ça va être, Eh bien, de faire des
[1:27] pauses après chaque petit morceau de phrase pour que
[1:31] l'étudiant puisse répéter ce qu'il entend et analyser le
[1:33] vocabulaire, et là ça. Je savais que ce matin, ça
[1:36] allait être compliqué parce que j'ai prévu.
[1:38] Un extrait de film Assez complexe, avec beaucoup de
[1:41] contraction de mots, d'argot, des petits problèmes de de de
[1:45] bruit, c'est à dire que des fois les personnages chuchotent.
[1:48] Donc voilà, c'était vraiment complexe.
[1:49] C'était vraiment le niveau ultime de la compréhension orale
[1:53] et donc évidemment, ça a résulté en frustration parce que il y a
[1:58] beaucoup de choses que l'étudiant ne comprenait pas et
[2:01] c'est complètement normal. Et en fait, je voulais parler de
[2:04] ça parce que je pense que la frustration dans l'apprentissage
[2:08] d'une langue, c'est quelque chose dont on parle pas beaucoup
[2:10] et pourtant qui nous touche. Tous je pense, même moi encore
[2:14] actuellement. Des fois ça m'arrive d'être
[2:16] frustré en anglais alors que l'anglais c'est vraiment une
[2:18] langue que je maîtrise quand même vraiment bien.
[2:20] Mais ça n'empêche pas que. Bah j'ai moi aussi mon lot de
[2:24] frustrations. Alors je voulais revenir sur
[2:26] quelques points on va dire très importants fondamentaux.
[2:29] J'ai envie de dire sur l'apprentissage des langues.
[2:32] Si vous prenez par exemple des cours privés, que ce soit avec
[2:35] moi ou avec quelqu'un d'autre, évidemment ne vous allez gagner
[2:39] normalement rapidement en fluidité en ce qui concerne la
[2:43] conversation, parce que vous allez prendre cette habitude de
[2:45] converser en un contre un, donc 2 personnes.
[2:49] Et ça va être vraiment un contexte relativement idéal on
[2:53] va dire pour vous, pour votre compréhension et votre
[2:56] production orale. Pourquoi ?
[2:57] Bah déjà on est que 2 personnes, normalement vous êtes dans une
[3:01] pièce au calme, donc vous avez pas de bruit autour.
[3:05] Et en plus de ça, normalement, un professeur fait des efforts,
[3:08] on va dire, pour être plus compréhensible que quand il
[3:11] parle normalement avec ses amis, avec sa famille, et cetera.
[3:14] Même moi par exemple, j'avoue que j'essaye de, on va dire que
[3:17] j'essaie de trouver un bon équilibre entre parler
[3:21] complètement, naturellement, en. Dans des contractions à un
[3:24] rythme relativement correct, pas rapide mais en tout cas normal,
[3:29] naturel, et de l'argot, des contractions, et cetera.
[3:32] Bref donc j'essaie de faire ça mais tout en restant quand même
[3:35] compréhensible. Et en fait peut être que il y en
[3:37] a certains d'entre vous qui ne se rendent pas compte de ça,
[3:40] mais en fait le fait que vous me compreniez bien tout en étant
[3:45] avec un français naturel, Bah c'est parce qu'en fait j'essaie
[3:47] de de faire en sorte déjà de d'expliquer les choses de
[3:50] plusieurs manières différentes dans le même épisode.
[3:53] Donc des fois quand je quand je parle de quelque chose.
[3:56] En fait je me répète mais je le dis d'une autre manière et donc
[3:59] des fois peut être que vous comprenez pas tout de suite ce
[4:01] que je veux dire au début de l'épisode, mais comme je me
[4:03] répète, je je précise, on va dire mon explication.
[4:08] Eh bien du coup à la fin de l'épisode vous avez ce sentiment
[4:10] de OK, j'ai tout compris ce qu'il disait.
[4:12] Enfin j'ai bien compris en tout cas l'idée générale, et cetera,
[4:14] c'est pour ça. J'essaye en général de me
[4:17] répéter et d'expliquer les choses sous plusieurs angles
[4:20] différents pour faciliter votre compréhension.
[4:23] Donc si vous prenez des cours. Avec un prof.
[4:26] Bah normalement vous allez passer beaucoup de temps à faire
[4:28] de la conversation et le prof va vous donner beaucoup de
[4:31] corrections. En tout cas moi c'est ce que je
[4:32] fais en grande partie. Évidemment j'ai plein d'autres
[4:35] exercices, mais de manière générale, j'aime beaucoup tout
[4:39] ce qui est apprentissage naturel à travers la conversation et en
[4:43] donnant Eh bien des des corrections et en m'arrêtant
[4:46] quand c'est quand c'est quand c'est nécessaire.
[4:49] Pour revenir sur des points de grammaire, et cetera, donner des
[4:52] petites astuces mnémotechniques pour se rappeler de telle ou
[4:55] telle erreur, et cetera. Donc évidemment, en faisant ce
[4:58] genre d'exercice. Bah vous allez gagner en
[4:59] fluidité, en confiance, en vous pour converser avec une
[5:03] personne. Vous allez être dans dans dans
[5:05] un contexte on va dire qui va vous aider à parler de de divers
[5:10] sujets de la vie quotidienne, et cetera.
[5:12] Vous allez gagner peut être du vocabulaire, des expressions, de
[5:16] la syntaxe, des constructions de phrases que vous allez pouvoir
[5:19] répéter et réutiliser. Et donc ce ce phénomène encore
[5:22] une fois de de pratique hein, de répétition de refaire les choses
[5:25] plusieurs fois. Eh bien ça va vous aider à
[5:27] gagner une fluidité globale. Mais ça n'empêche pas que vous
[5:31] aurez toujours des difficultés sur d'autres domaines, notamment
[5:35] par exemple, si vous ne faites absolument pas de compréhension
[5:37] orale, Eh bien vous aurez toujours le même problème.
[5:41] Il faut bien comprendre plusieurs choses quand il s'agit
[5:44] de compréhension orale, il y a plusieurs supports.
[5:47] Si vous écoutez un podcast comme le mien par exemple, ça va être
[5:50] on va dire un support qui n'est pas le support le plus simple
[5:54] mais un des supports les plus simples.
[5:56] Je pense que les supports les plus simples, vraiment, c'est
[5:59] des supports que je n'aime pas. C'est les gens qui font des
[6:01] podcasts, vraiment. Et qui prennent les apprenants
[6:04] de langue pour des idiots parce qu'ils parlent vraiment comme ça
[6:08] et ils vont essayer de prononcer le plus facilement possible.
[6:13] Moi personnellement c'est quelque chose que je déteste, je
[6:15] déteste ça, c'est c'est on est on est pas des bébés donc on
[6:19] devrait pas apprendre comme comme ça quoi.
[6:21] Donc ça c'est quand même le support le plus simple.
[6:24] Ensuite vous avez des supports comme par exemple Inner french
[6:27] qui est donc le podcast de Hugo qui est excellent hein, très
[6:32] très bon. Mais qui va être encore un peu
[6:34] plus facile que le mien. Et donc moi du coup, ma niche.
[6:37] Et d'ailleurs j'ai décidé de faire ça quand j'ai commencé mon
[6:39] podcast, c'était de viser un niveau intermédiaire, mais plus
[6:42] on va dire. C'est à dire vraiment les gens
[6:44] qui sont. À un niveau intermédiaire depuis
[6:46] longtemps qui comprennent très bien par exemple le Podcast
[6:49] d'Hugo, pas de problème, mais le mien c'est on va dire un niveau
[6:53] un petit peu plus complexe parce que y a un peu plus de
[6:56] contraction, c'est peut être un peu plus rapide, y a un peu plus
[6:59] d'argot, c'est un peu plus naturel on va dire.
[7:01] Donc c'est un niveau qui est pas natif, natif, natif.
[7:03] On va dire que c'est plus facile d'écouter mon podcast que
[7:06] d'écouter un podcast qui est vraiment complètement fait pour
[7:10] les natifs, comme par exemple Bah le Broadcast Hein, celui que
[7:12] je fais avec Quentin c'est beaucoup plus complexe.
[7:15] Mais en tout cas, ça va être déjà, on va dire, un tremplin
[7:18] pour vous emmener vers le haut, vers.
[7:20] Un niveau qui vous permet, Eh bien, de consommer du contenu
[7:24] pour les natifs. Et ensuite vous avez évidemment
[7:27] d'autres contenus, donc par exemple dans les supports
[7:29] vidéos, donc regarder une vidéo Youtube, regarder.
[7:32] Non, je veux dire, on va commencer plutôt au plus simple,
[7:36] ça va être par exemple regarder les news, regarder l'actualité,
[7:39] ça, ça va être plus facile parce que les journalistes vont avoir
[7:43] une très bonne prononciation, ils vont parler peut être plus
[7:45] lentement, et cetera, donc ça va être très propre.
[7:48] Ensuite, vous avez par exemple les vidéos Youtube, donc ça
[7:51] c'est un petit peu ce que vous faites avec un prof pendant les
[7:53] classes, donc c'est quelqu'un qui va parler de manière assez
[7:55] naturelle à la caméra. Mais ça reste très
[7:57] compréhensible parce que normalement quand on parle dans
[8:01] la vie quotidienne, c'est pas comme dans les films, on va
[8:03] prendre notre temps pour réfléchir à ce qu'on dit et donc
[8:06] du coup ça va être plus facile. Ensuite, vous avez par exemple
[8:10] les séries et les films et là ça devient très complexe.
[8:13] Pourquoi ? Pour plusieurs raisons.
[8:15] Déjà dans les séries et dans les films, faut savoir que les
[8:17] acteurs jouent des rôles. Donc des fois ils vont faire
[8:20] exprès d'avoir des accents un peu complexes, ils vont parler
[8:23] plus vite parce qu'ils ont mémorisé leur texte.
[8:25] Donc des fois. Les répliques, les réponses on
[8:28] va dire, arrivent très rapidement.
[8:30] Donc on n'a pas vraiment le temps de de bien traiter
[8:33] l'information quand on l'entend, d'accord ?
[8:35] C'est c'est à dire que ça va tout tellement vite.
[8:37] On. Oublie finalement de de
[8:40] comprendre l'information. On comprend peut être les mots
[8:42] mais on a du mal à comprendre l'information.
[8:44] Et aussi vous avez le phénomène du son, des fois vous avez des
[8:47] bruits ambiants, vous avez je sais pas quand quand c'est un
[8:50] film d'action YAYAYA du bruit à côté.
[8:51] Bref, y a plein de facteurs qui font que comprendre un film est
[8:54] plus difficile que comprendre une personne qui s'enregistre
[8:57] avec une caméra ou regarder les news, et cetera, c'est plus
[9:01] compliqué. Donc vraiment, quand vous
[9:04] travaillez avec une scène de film, pour moi c'est le niveau
[9:06] extrême, un petit peu de la complexité de la langue.
[9:11] Ce qui est intéressant c'est que quand on regarde un film, il y a
[9:14] beaucoup de personnes qui me disent écoute j'arrive pas à
[9:17] comprendre et souvent du coup j'analyse un petit peu, tu
[9:20] vois ? J'ai ce qui m'intéresse moi
[9:22] c'est d'analyser pourquoi ? La personne a du mal à
[9:25] comprendre et donc souvent je demande à l'étudiant et je
[9:28] demande, bah selon toi pourquoi tu as du mal à comprendre ?
[9:32] Et souvent on me dit bah je pense que c'est parce que c'est
[9:34] trop rapide. Il est trop rapide, ça va trop
[9:37] vite et c'est vraiment génial parce que souvent c'est une
[9:40] illusion, souvent c'est pas trop rapide en tant que tel.
[9:44] Le truc c'est que souvent on a des problèmes avec les
[9:47] contractions qui font que ces contractions se transforment en
[9:51] liaison avec des mots. Et ça fait en fait un espèce de
[9:55] compactage des mots dans une phrase qui est compliquée à
[9:58] diviser. Donc souvent en fait on entend
[10:01] des sons mais on n'arrive pas à identifier, à analyser et à on
[10:06] va dire à. À mettre la lumière sur des mots
[10:11] spécifiques, donc, par exemple, si je dis.
[10:16] Parce que c'est toi, parce que c'est toi, donc ça veut dire
[10:19] parce que c'est toi. Eh Ben quand je le dis très
[10:23] vite, parce que c'est toi, parce que c'est toi.
[10:25] Bah des gens qui sont pas habitués à ce genre de
[10:27] contraction, ils vont dire mais qu'est ce que c'est, où est ce
[10:29] qu'ils sont les mots ? Il y a combien de mots dans la
[10:31] phrase en fait ? On sait même pas combien il y a
[10:33] de mots dans la phrase, on a l'impression que c'est un gros
[10:35] paquet de sons, mais on a du mal à identifier chaque mot et c'est
[10:38] ça en fait qui va donner cette impression de rapidité.
[10:41] Parce que du coup on cherche instinctivement à à déchiffrer
[10:45] la phrase et on a pas le temps. Donc ça c'est des choses qui
[10:49] sont très importantes à à prendre en compte.
[10:51] Et c'est pour ça que moi j'adore travailler avec des extraits de
[10:54] films qui proposent bah de l'argot, du vocabulaire, mais
[10:57] surtout des contractions. Parce que souvent c'est des
[11:00] choses dont on parle pas beaucoup en français, dont on
[11:03] commence à parler beaucoup plus. En anglais les gens sont
[11:05] beaucoup plus au courant, par exemple des contractions en
[11:08] anglais comme les wanna, les gonna et tout ça, mais en
[11:11] français c'est pas encore très populaire.
[11:12] Et donc par exemple je suis, c'est toujours, je suis-je suis.
[11:18] Parce que on a 3 syllabes. Parce que en fait ça va devenir
[11:23] parce que parce que 2 syllabes et c'est toujours comme ça.
[11:26] Franchement moi c'est très rare que je prononce chaque syllabe.
[11:29] J'utilise beaucoup, beaucoup, beaucoup de contractions et
[11:32] parce que c'est naturel. Et donc tout ça c'est des choses
[11:35] qui au début, quand vous allez travailler avec des scènes de
[11:37] films, ça va être très compliqué, mais petit à petit
[11:40] vous allez vous habituer à ces contractions et vous allez tout
[11:42] de suite comprendre que parce que c'est parce que je suis,
[11:45] c'est je suis, et cetera, et cetera, ou par exemple, quand on
[11:49] dit il est elle, donc par exemple, si je dis elle va bien,
[11:52] ta sœur, c'est très normal de changer, elle paraît, elle va
[11:57] bien, ta sœur ou il va devenir II va bien ton frère, au lieu de
[12:03] il va bien ton frère. Donc tout ça c'est des choses
[12:06] qui sont très importantes à comprendre.
[12:08] Vous êtes pas obligé de parler de cette manière, même si je
[12:12] vous conseille de le faire de temps en temps.
[12:14] Vous êtes pas obligé de le faire tout le temps, mais c'est bien
[12:16] de de mixer, de mélanger un peu. Mais par contre ce qui est
[12:18] fondamental c'est de bien comprendre que ça existe pour
[12:22] votre compréhension. Parce que même si vous même vous
[12:25] décidez de ne pas parler de cette manière, Eh bien les les
[12:28] Français natifs vont parler de cette manière et donc du coup
[12:31] c'est très important de bien pouvoir identifier ces sons et
[12:34] de dire Ah OK, il y a un petit son I, mais en fait ça veut dire
[12:37] il, c'est le sujet il. Et donc ça c'est hyper important
[12:40] d'être capable de faire ça, de comprendre un peu ces choses là.
[12:44] Quand vous écoutez du Français. Donc pour revenir sur le sujet
[12:48] maintenant, de de la frustration dans sa globalité, bah en fait
[12:52] faut faut bien comprendre que déjà l'apprentissage d'une
[12:55] langue c'est quelque chose de frustrant.
[12:57] Pourquoi ? Bah parce que on n'a pas une
[12:59] courbe d'évolution qui est parfaite, c'est à dire que on va
[13:02] pas partir du stade 0 au stade 100%.
[13:05] D'accord, c'est c'est pas une une progression comme ça, c'est
[13:08] une courbe en fait où y a beaucoup de fluctuations, c'est
[13:10] une courbe où vous allez avoir peut être de la stagnation.
[13:14] Ensuite vous allez vous améliorer et ensuite vous allez
[13:16] stagner ou alors vous allez même régresser un petit peu des fois.
[13:19] Selon les contextes. Par exemple quelqu'un qui part
[13:22] vivre un an en France et qui revient après dans son pays
[13:26] natal et pendant 2 ans, il pratique pas le français.
[13:28] Bah il va y avoir une petite régression mais c'est un peu
[13:30] comme. Et j'aime bien utiliser cette
[13:33] analogie du sport. imaginez-vous faites du sport à la salle de
[13:36] sport, donc au gym vous faites de la musculation.
[13:39] Bon bah vous allez devenir énorme, vraiment super
[13:41] bodybuildé et ensuite vous allez arrêter.
[13:44] Vous allez perdre du muscle, mais il y a quelque chose qui
[13:47] s'appelle la mémoire musculaire, ce qui va vous permettre, quand
[13:50] vous allez reprendre la musculation, de regagner du
[13:55] muscle plus rapidement que quelqu'un qui débute.
[13:58] Et en fait la langue, c'est un peu pareil.
[14:00] C'est à dire que si vous atteignez un stade assez élevé
[14:04] et que vous arrêtez et que vous régressez un petit peu.
[14:06] Bah il suffit de vous y remettre un petit peu.
[14:08] Allez la personne par exemple qui est allée vivre en France et
[14:11] qui est arrêtée pendant 2 ans et qui est repartie vivre en Italie
[14:13] par exemple. Bah il suffit qu'elle repasse
[14:15] peut être une ou 2 semaines en France et son niveau va revenir
[14:18] très rapidement par rapport à quelqu'un qui débute.
[14:22] Et donc du coup, c'est quelque chose d'un peu frustrant parce
[14:24] que on un peu comme le bodybuilding par exemple.
[14:27] Encore une fois, bah les les gains sont assez longs à
[14:31] arriver. Par contre, on a l'impression
[14:33] qu'on oublie des choses très vite, du vocabulaire.
[14:38] Je sais pas des règles grammaticales.
[14:39] Bref, peu importe on oublie des choses assez rapidement et c'est
[14:42] normal. C'est c'est comme ça.
[14:43] Notre cerveau est fait pour oublier les choses qui sont
[14:46] inutiles ou ou en tout c'est pas utilisé donc si vous utilisez
[14:49] pas la langue que vous essayez d'apprendre bah votre cerveau va
[14:52] essayer de faire disparaître un peu cette information parce que
[14:55] en gros il va dire Bah c'est de l'information inutile
[14:57] apparemment vu qu'il l'utilise pas donc c'est vraiment
[15:00] l'apprentissage d'une langue. C'est une aventure qui ne
[15:03] s'arrête jamais c'est à dire que vous pouvez pas dire Je veux
[15:07] apprendre une langue en 2 3 mois c'est pas possible.
[15:11] Ou en 2 3 ans vous allez pas atteindre.
[15:13] Enfin ce que je veux dire c'est que vous allez pas partir du
[15:14] stade 0 au stade 100%. En n'importe quel laps de temps,
[15:19] c'est à dire qu'on est jamais à 100%.
[15:20] C'est une aventure continue qui ne s'arrête jamais.
[15:23] Et moi par exemple, ça m'arrive encore maintenant d'être frustré
[15:26] d'apprendre des choses en anglais, de devoir mettre des
[15:29] sous-titres sur certaines séries en anglais parce que j'ai du mal
[15:31] avec un accent ou quelque chose. Et donc du coup c'est je
[15:35] pourrais penser aussi de cette manière-là.
[15:36] Je pourrais me dire, Bah, j'ai quand même fait des études de
[15:40] philologie anglaise, j'ai fait un master de sociolinguistique
[15:43] en anglais, Je suis parti vivre aux États-Unis, je parle tous
[15:46] les jours en anglais avec ma femme et pourtant j'ai quand
[15:48] même des problèmes de compréhension avec telle ou
[15:50] telle série. Si je vois les choses de cette
[15:53] manière, c'est très frustrant évidemment, mais en fait faut
[15:55] l'accepter. Faut se dire Voilà OK, c'est
[15:57] cool. Au final, j'ai toujours quelque
[15:59] chose à améliorer et. Le point sur lequel j'aimerais
[16:03] terminer, c'est, il y a toujours des points forts et des points
[16:09] faibles à chaque personne. En général, c'est toujours un
[16:11] peu la même chose, mais ça dépend.
[16:13] Mais en général, par exemple, tout le monde va avoir plus de
[16:15] facilité avec de la compréhension écrite parce qu'on
[16:18] a un support visuel plutôt que de la compréhension orale où on
[16:21] a pas de de support visuel. On n'a pas le on n'a pas le
[16:23] texte. Pareil, en général les gens vont
[16:27] avoir plus de facilité à la compréhension de manière
[16:31] globale, plutot que la production, que ce soit oral ou
[16:33] écrite. Bon ça c'est des choses qui
[16:35] normalement sont assez communes pour tout le monde, mais il y a
[16:39] des exceptions hein. Il y a des gens par exemple qui
[16:40] sont très habitués à écrire et du coup la production va être
[16:44] très bonne. Par contre quand ils vont lire
[16:45] un livre, Ben ils sont pas habitués, peut être au registre
[16:47] de la littérature et ils vont avoir plus de problèmes, ça ça
[16:50] peut arriver, mais en tout cas ce qui est intéressant c'est
[16:53] enfin ce qui est utile. Ce qu'il faut faire c'est ne pas
[16:56] se concentrer sur ses points forts et on va dire.
[17:00] Ne pas sortir de sa zone de confort finalement.
[17:02] C'est à dire que par exemple si avec votre prof vous faites que
[17:04] de la conversation et que ça se passe bien, bah il va falloir
[17:07] que votre prof trouve des méthodes pour vous faire sortir
[17:09] de votre zone de confort. C'est ce que j'ai fait ce matin
[17:11] avec mon étudiant, je l'ai amené sur un territoire un peu inconnu
[17:15] de la compréhension d'une scène de film et là bah il était très
[17:18] frustré mais je lui ai expliqué c'est pas grave, c'est c'est
[17:21] complètement naturel et je savais que ça allait être
[17:24] compliqué. Je le savais parce que c'est
[17:25] quelque chose qu'on a jamais fait ensemble.
[17:28] Et donc c'est pour ça qu'il va falloir toujours sortir de cette
[17:30] zone de confort. Surtout pareil si vous parlez
[17:32] avec votre professeur toujours de la même chose, bah vous vous
[17:35] allez pas apprendre plus. Donc il va falloir trouver des
[17:38] sujets qui vont vous obliger à utiliser un champ lexical
[17:41] différent du vocabulaire différent des choses que vous ne
[17:43] savez pas. Moi par exemple ce que j'adore
[17:46] faire et là je vous donne un peu des secrets de de mon travail.
[17:49] J'aime beaucoup aussi l'exercice de une description d'image, donc
[17:53] j'ai des images qui sont vraiment superbes, des
[17:55] illustrations où il se passe beaucoup de choses sur l'image,
[17:57] il y a beaucoup de détails, et cetera, et je demande à la
[17:59] personne de me faire une description la plus complète
[18:01] possible. En utilisant les bonnes
[18:03] prépositions pour essayer de localiser les éléments dont il
[18:06] veut parler, et cetera. Et ça c'est des choses.
[18:09] Bah vous, vous avez beau parler de la pluie, du beau temps, de
[18:11] comment vous allez et cetera, Bah quand je vous montre une
[18:14] image d'un skatepark par exemple et que là il y a du vocabulaire
[18:18] en rapport avec ça et que vous vous avez jamais vu ce
[18:20] vocabulaire, bah automatiquement vous allez apprendre beaucoup de
[18:23] choses, beaucoup de vocabulaire. Alors évidemment, encore une
[18:26] fois, faut privilégier la qualité et non pas la quantité,
[18:29] donc faut faire une sélection. Vous êtes pas obligé de tout
[18:31] apprendre, mais c'est cool parce que à la fin d'une d'une classe
[18:34] comme ça, normalement vous avez une grosse liste de vocabulaire.
[18:37] Et vous pouvez vous créer quelques Flash Cards pour
[18:39] améliorer votre votre vocabulaire au global donc ça
[18:42] c'est des exos qui sont vraiment bien ce que ça vous pousse
[18:45] au-delà de vos limites. Si vous vous contentez de de
[18:48] parler de de la même chose tout le temps, bah malheureusement
[18:52] vous allez pas progresser, vous allez stagner donc c'est bien.
[18:54] Vous allez gagner peut être en confiance, vous allez gagner en
[18:58] fluidité au global mais vous allez rester dans cette bulle on
[19:02] va dire qui est assez limitée. Donc il faut essayer de trouver
[19:04] des exercices qui vous sortent, qui vous font sortir de votre
[19:08] zone de confort. C'est hyper important, mais en
[19:10] tout cas en ce qui concerne la frustration pour terminer.
[19:13] Bah surtout ne vous inquiétez pas, il faut toujours garder à
[19:17] l'esprit que ça fait partie de l'aventure.
[19:19] Il y a des moments, il y a des jours peut être où vous allez
[19:22] vous sentir bien et des jours où vous allez vous sentir moins
[19:25] bien. C'est pas grave.
[19:26] Encore une fois la courbe de de progression elle a des
[19:29] fluctuations, ça ça augmente, ça diminue, ça stagne, mais la
[19:33] courbe globale quand on se recule un peu et qu'on voit la
[19:36] globalité de la courbe, elle augmente toujours.
[19:39] Alors peut être que des fois l'inclinaison on aimerait bien
[19:42] qu'elle soit un peu plus rapide, mais non c'est comme ça, mais il
[19:44] y a toujours une évolution de toute façon donc faut pas être
[19:47] frustré. Faut accepter nos points faibles
[19:51] et nos points forts et justement analyser nos points faibles et
[19:53] se concentrer sur ça, essayer d'améliorer certaines choses.
[19:57] Et d'ailleurs vous allez voir que par exemple pour revenir sur
[19:59] la compréhension orale, bah une fois que vous avez compris les
[20:03] les contractions les plus communes, bah en fait elles
[20:06] reviennent très souvent. Et donc plus vous allez regarder
[20:09] de de films et de séries plus vous allez avoir de facilité.
[20:12] C'est vraiment cool. Et d'ailleurs je rajouterai même
[20:14] que sur un film des fois on a pas le temps de s'habituer aux
[20:17] acteurs mais par contre sur une série.
[20:20] Bah c'est peut être plus facile parce que comme vous avez
[20:22] beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup d'épisodes et de
[20:23] saisons. Eh bien vous allez vous pouvoir
[20:26] vous habituer aux personnages joués par un acteur, donc vous
[20:30] allez plus. Vous avez plus de temps
[20:31] finalement pour vous habituer à à sa manière de parler.
[20:34] Moi ça m'avait fait ça. Par exemple quand j'étais à
[20:36] l'université, quand je faisais mes études de philologie
[20:38] anglaise, je regardais beaucoup la série How I Met Your Mother
[20:42] et les personnages de de de cette série.
[20:45] Bah peut être que je sais plus hein, mais à la première saison
[20:48] j'avais beaucoup de mal et après je je m'adaptais.
[20:51] Il y avait aussi beaucoup de d'expressions qui revenaient
[20:53] très souvent parce que les personnages parlent d'une
[20:55] manière. Qui leur est propre et ils
[20:58] utilisent toujours les mêmes expressions comme nous dans la
[21:00] vraie vie en fait hein, on a tous notre manière nos de
[21:03] parler, nos nos, nos expressions préférées, et cetera.
[21:07] Et donc du coup on a plus de temps de pour s'habituer à un
[21:10] personnage et vers la fin de la série on comprend pratiquement
[21:13] tout donc c'est vraiment super, mais en tout cas faut
[21:16] persévérer. Faut faut comprendre que voilà,
[21:18] c'est c'est normal d'avoir des frustrations sur un exo qu'on a
[21:22] jamais l'habitude de faire. C'est pas pareil que quand on se
[21:25] connecte et on fait la même classe tout le temps, tout le
[21:27] temps, tout le temps, tout le temps pareil.
[21:29] Bah c'est évidemment vous allez gagner, vous allez évoluer à ce
[21:32] niveau-là, mais si je vous propose un exercice qu'on a
[21:34] jamais fait, évidemment ça va être plus compliqué donc il faut
[21:37] pas avoir peur de ça. Faut pas.
[21:39] C'est même une bonne nouvelle finalement de de d'avoir cette
[21:41] frustration, d'avoir cette incompréhension parce que ça
[21:43] montre que on a encore des choses à apprendre, à améliorer,
[21:47] donc faut le prendre de cette manière-là.
[21:49] Voilà, j'espère que. Je vous en ai un petit peu.
[21:54] Bah je vous ai un petit peu raconté tout ça au niveau de la
[21:56] frustration, donc j'espère que ça vous a plu, que ça vous fait
[21:59] un petit peu. Réfléchir sur vous, votre
[22:02] évolution. Et bah dites-moi un commentaire
[22:04] si vous avez d'autres suggestions, d'autres petites
[22:07] idées, des peut être des pensées à propos de de ce sujet qui vous
[22:11] viennent à l'esprit. C'est cool de partager ça avec
[22:13] tout le monde. Et Quant à moi Ben je vous dis
[22:15] salut et à la prochaine.

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