# Les Djinns

- Music: G. Fauré (died 1924)
- Words: V. Hugo (died 1885)
- Licence of the score: Public Domain
- Credit: Typeset by Ludovic Sardain for the Mutopia Project (Public Domain)
- Source: https://www.mutopiaproject.org/cgibin/piece-info.cgi?id=669

## The words

Dans la plaine naît un bruit  
C'est l'haleine de la nuit  
Elle brâme, comme une âme  
Qu'une flamme toujours suit.  
La voix plus haute semble un grelot,  
D'un nain qui saute c'est le galop,  
Il fuit, s'élance, puis, en cadence,  
Sur un pied danse au bout d'un flot,  
C'est comme la cloche d'un couvent maudit  
qui tantôt s'écroule et tantôt grandit  
Dieu!  
La voix sépulcrale des djinns!  
Quel bruit ils font, Fuyons sous la spirale  
de l'escalier profond  
déjà s'éteint la lampe et l'ombre de la  
rampe qui le long du mur rampe,  
monte jusqu'au plafond!  
Cris de l'enfer! voix qui hurle et qui pleure,  
L'horrible essaim poussé par l'aquilon,  
sans doute, ô ciel s'abat sur ma demeure,  
le mur fléchit sous le noir bataillon,  
La maison crie et chancelle, penchée,  
et l'on dirait que du sol arrachée Ainsi  
qu'il chasse une feuille séchée le vent la  
roule avec leur tourbillon  
Fais que sur ces portes fidèles Meure leur  
souffle d'étincelle Et qu'en vain l'ongle  
de leurs ailes grince et crie sur ces vitraux  
noirs!  
De leurs ailes lointaines Le battement  
décroit Si confus dans les plaines,  
Si faible que l'on croit ouïr la sauterelle  
crier d'une voix grêle ou pétiller la grêle  
Sur le plomb d'un vieux toit.  
Les djinns funèbres fils du trépas,  
dans les ténèbres pressent leurs pas Leur  
essaim gronde Ainsi, profonde,  
murmure une onde qu'on ne voit pas.  
Ce bruit vague Qui s'endort  
C'est la vague Sur le bord,  
C'est la plainte Presque éteinte  
D'une sainte pour un mort  
Murs, ville  
et port, asile  
de mort, mer grise  
où brise la brise,  
tout dort,  
Dans la plaine naît un bruit  
C'est l'haleine de la nuit  
Elle brâme, comme une âme  
Qu'une flamme toujours suit.  
La voix plus haute semble un grelot,  
D'un nain qui saute c'est le galop,  
Il fuit, s'élance, puis, en cadence,  
Sur un pied danse au bout d'un flot,  
L'écho la redit C'est comme la cloche d'un  
couvent maudit  
qui tonne et qui roule qui tantôt s'écroule  
et tantôt grandit Dieu!  
La voix sépulcrale des djinns!  
Quel bruit ils font, Fuyons sous la spirale  
de l'escalier profond  
déjà s'éteint la lampe et l'ombre de la  
rampe qui le long du mur rampe,  
monte jusqu'au plafond!  
Cris de l'enfer! voix qui hurle et qui pleure,  
L'horrible essaim poussé par l'aquilon,  
sans doute, ô ciel s'abat sur ma demeure,  
le mur fléchit sous le noir bataillon,  
La maison crie et chancelle, penchée,  
et l'on dirait que du sol arrachée Ainsi  
qu'il chasse une feuille séchée le vent la  
roule avec leur tourbillon  
Fais que sur ces portes fidèles Meure leur  
souffle d'étincelle Et qu'en vain l'ongle  
de leurs ailes grince et crie sur ces vitraux  
noirs!  
De leurs ailes lointaines Le battement  
décroit Si confus dans les plaines,  
Si faible que l'on croit ouïr la sauterelle  
crier d'une voix grêle ou pétiller la grêle  
Sur le plomb d'un vieux toit.  
Les djinns funèbres fils du trépas,  
dans les ténèbres pressent leurs pas Leur  
essaim gronde Ainsi, profonde,  
murmure une onde qu'on ne voit pas.  
Ce bruit vague Qui s'endort  
C'est la vague Sur le bord,  
C'est la plainte Presque éteinte  
D'une sainte pour un mort On doute,  
la nuit, j'écoute  
Tout fuit, Tout passe,  
l'espace efface  
le bruit.  
La voix plus haute semble un grelot,  
D'un nain qui saute c'est le galop,  
Il fuit, s'élance, puis, en cadence,  
Sur un pied danse au bout d'un flot,  
C'est comme la cloche d'un couvent maudit  
qui tantôt s'écroule et tantôt grandit  
Dieu!  
La voix sépulcrale des djinns!  
Quel bruit ils font, Fuyons sous la spirale  
de l'escalier profond  
déjà s'éteint la lampe et l'ombre de la  
rampe qui le long du mur rampe,  
monte jusqu'au plafond!  
Cris de l'enfer! voix qui hurle et qui pleure,  
L'horrible essaim poussé par l'aquilon,  
sans doute, ô ciel s'abat sur ma demeure,  
le mur fléchit sous le noir bataillon,  
La maison crie et chancelle, penchée,  
et l'on dirait que du sol arrachée Ainsi  
qu'il chasse une feuille séchée le vent la  
roule avec leur tourbillon Prophète,  
si ta main me sauve de ces obscurs démons des  
soirs J'irai prosterner mon front chauve  
devant tes sacrés encensoirs!  
Fais que sur ces portes fidèles Meure leur  
souffle d'étincelle Et qu'en vain l'ongle  
de leurs ailes grince et crie sur ces vitraux  
noirs!  
De leurs ailes lointaines Le battement  
décroit Si confus dans les plaines,  
Si faible que l'on croit ouïr la sauterelle  
crier d'une voix grêle ou pétiller la grêle  
Sur le plomb d'un vieux toit.  
Les djinns funèbres fils du trépas,  
dans les ténèbres pressent leurs pas Leur  
essaim gronde Ainsi, profonde,  
murmure une onde qu'on ne voit pas.  
La rumeur approche  
C'est comme la cloche d'un couvent maudit  
comme un bruit de foule  
qui tantôt s'écroule et tantôt grandit  
Dieu!  
La voix sépulcrale des djinns!  
Quel bruit ils font, Fuyons sous la spirale  
de l'escalier profond  
déjà s'éteint la lampe et l'ombre de la  
rampe qui le long du mur rampe,  
monte jusqu'au plafond!  
Cris de l'enfer! voix qui hurle et qui pleure,  
L'horrible essaim poussé par l'aquilon,  
sans doute, ô ciel s'abat sur ma demeure,  
le mur fléchit sous le noir bataillon,  
La maison crie et chancelle, penchée,  
et l'on dirait que du sol arrachée Ainsi  
qu'il chasse une feuille séchée le vent la  
roule avec leur tourbillon Prophète,  
si ta main me sauve de ces obscurs démons des  
soirs J'irai prosterner mon front chauve  
devant tes sacrés encensoirs!  
Fais que sur ces portes fidèles Meure leur  
souffle d'étincelle Et qu'en vain l'ongle  
de leurs ailes grince et crie sur ces vitraux  
noirs!  
De leurs ailes lointaines Le battement  
décroit Si confus dans les plaines,  
Si faible que l'on croit ouïr la sauterelle  
crier d'une voix grêle ou pétiller la grêle  
Sur le plomb d'un vieux toit.  

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